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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 08:00
CHAP.18 en vrac, face à MLP si c’est Fillon, ce qui est tout à fait possible, il devra rassembler à gauche… ce qui ne sera pas simple, beaucoup moins simple que pour Chirac en 2002.

L’opération Chartrons visait juste : elle misait sur le désir d’alternance des Français tout en mettant en avant un candidat de droite capable de rassembler au deuxième tour une majorité cohérente pour gouverner le pays. Bayrou partageait cette analyse mais c’était sans compter sur la mécanique des primaires qui, à droite en premier lieu, on permis au candidat le plus clivant de l’emporter ; à gauche même effet : Hamon a rassemblé les déçus de Hollande. Le retrait de celui-ci a permis cet effet boomerang et Valls aurait été bien inspiré, mais le sera-t-il un jour, de passer son tour. Ce double clivage a ouvert un boulevard à deux compétiteurs hors primaires : Mélenchon et Macron, ce dernier profitant de l’appel d’air des affaires de Fillon et du ralliement de Bayrou. Les fameux sondages, s’ils captent l’humeur de l’opinion, humeur très volatile, ils ont bien du mal à pronostiquer quels seront les 2 qualifiés ou, pour les plus pessimistes, le qualifié face à MLP : Fillon ou Macron ?

 

Édouard Philippe, député et maire LR du Havre, proche d’Alain Juppé, pose excellemment le problème :

 

« Tout a été écrit dans les bons manuels de science politique sur les raffinements stratégiques qu’implique cette caractéristique rare dans les grandes démocraties. On peut les résumer en deux principes simples et presque symétriques : le candidat doit rassembler son camp au premier tour et l’élargir au second. L’électeur doit choisir au premier tour et éliminer au second.

 

On peut aussi remarquer que le second tour venant après le premier, il est préférable d’envisager l’exercice avec méthode, en commençant par le premier tour. La présidentielle est une course d’obstacles et elle exige que l’on passe une haie après l’autre, sous peine de tomber très tôt et ne pas finir. Raymond Barre en 1988 ne pensait qu’à Mitterrand et ne vit pas revenir Chirac. Lionel Jospin en 2002, obsédé par son futur second tour contre le même, ne sut empêcher la dispersion de la gauche au premier et fut éliminé brutalement.

 

Même cause et mêmes effets avec l’échec de Juppé à la primaire : il a voulu, et nous avec, convaincre bien au-delà de son camp qu’une action réformatrice déterminée était possible. Tout en étant conscients de l’impatience, de l’exaspération et du désir d’alternance de l’électorat de droite, nous avons fait une campagne de second tour. En connaissance de cause. Pari estimable, mais pari raté, pas pour cette seule raison sans doute. Donc il y a des règles, et il faut les respecter. Mais on peut aussi, sans se déconcentrer avant la première haie, penser à la suivante.

 

Et j’observe que, dans l’hypothèse où Le Pen serait présente au second tour, celui (par construction ce serait un homme, sauf à ce que Mme Arthaud nous réserve la plus grande surprise de l’histoire des élections démocratiques) qui se trouverait en face d’elle aurait besoin de rassembler pour gagner. Si c’est Macron, ce qui ne me semble pas certain, il devra rassembler à droite, et il sera probablement en mesure de le faire. Si c’est Fillon, ce qui est tout à fait possible, il devra rassembler à gauche… ce qui sera moins simple. Beaucoup moins simple que pour Chirac en 2002. La ligne, les mots et ce que Fillon choisit d’incarner mobilisent à droite, mais horripilent au-delà.

 

La logique obsidionale qui s’exprime dans la campagne Fillon, qu’elle soit volontaire ou subie, peut lui permettre, bien plus que ne le disent les sondages, de passer le premier tour. Il serait regrettable, et même dramatique, que cette même logique condamne le candidat LR à l’échec au second. »

 

Je suis inquiet, très inquiet, de la tournure prise par cette campagne, je m’accroche à mes fondamentaux pour résister à cette sourde crainte qui m’habite et je me laisse aller à mes amours impossibles…

 

« Si j’analysais les motifs de la séduction (involontaire) que vous exercez sur moi, vous seriez fort surprise. Sans doute suis-je sensible à la forme d’un visage, à l’éclat d’un regard, à la lumière d’un sourire, à la gravité d’un silence, quand ce visage, ce regard, ce sourire, ce silence appartiennent – c’est comme ça même si ça tombe mal ! – à mon impossible – et chère –... » Le 8 décembre 1963.

 

« Quelle chose étonnante ! Depuis que j’ai l’âge d’homme aimer avait un sens lié à la possession, sans laquelle il me semblait que tout était faux. Votre présence en moi me ramène à ce que j’attendais quand le pressentais l’amour sans le connaître. Je n’ai rien de vous. Et tout ce qui est vous, je le désire et l’accepte. Et j’aime sans savoir qui vous êtes. Imprudence ? sottise ? folie ? Peut-être. À moins que le cœur n’ait la divination plus sûre que les sens. » Le 20 janvier 1964

 

Macron, l’héritier de Giscard et de Mendès France

 

Analyse. Ce modernisateur réformiste devra, comme « VGE », recomposer une « majorité présidentielle ». Il semble pour cela s’inspirer du « contrat de législature » porté par « PMF », explique Patrick Roger, journaliste au service Politique.

 

Le rapprochement entre Emmanuel Macron et François Bayrou a suscité de nombreux commentaires sarcastiques. Une alliance contre nature ? Pas si sûr.

 

Certes, M. Bayrou a dû accepter de forcer un peu la sienne pour renoncer à concourir une quatrième fois à l’élection présidentielle. Mais le principe de réalité l’a bien aidé à se faire une douce violence. En outre, cette association avec le fondateur du mouvement En marche ! n’est pas sans lui rappeler la manière dont Valéry Giscard d’Estaing, chantre d’une « société libérale avancée », bouscula en 1974 le jeu politique à droite, jusqu’alors sous domination du mouvement gaulliste.

 

Tout comme M. Giscard d’Estaing, M. Macron apparaît comme un modernisateur réformiste, réceptif aux aspirations d’une société en mutation. Tout comme le furent, d’une certaine manière, les deux premières années du septennat giscardien, marquées par des réformes significatives. Même si le coup de jeune des débuts vira rapidement au coup de barre à droite. Cela se traduisit, sur le plan sociétal, par l’abaissement de la majorité, et donc du droit de vote, à 18 ans, le divorce par consentement mutuel, le remboursement de la contraception par la Sécurité sociale, la légalisation de l’avortement.

 

Sur le plan social, le plan de relance de 1975 s’accompagna de créations massives d’emplois publics, de fortes augmentations des prestations sociales et du smic et de transferts aux entreprises nationalisées.

 

La Sécurité sociale fut étendue aux non-salariés et, en ce qui concerne le traitement du chômage, les licenciés économiques furent indemnisés sur la base de 90 % de leur dernier salaire pendant un an, et les licenciements soumis à une autorisation administrative.

 

Enfin, sur le plan institutionnel, une réforme majeure de la Constitution élargit la possibilité de saisir le Conseil constitutionnel à soixante députés ou soixante sénateurs. Avant cette révision, seuls le chef de l’Etat, le premier ministre et les présidents des assemblées détenaient cette prérogative.

 

Les communistes hier, le FN aujourd’hui

 

Toutes ces réformes visaient en premier lieu à contenir la montée en puissance de la gauche, dans une société encore animée par le souffle de Mai-68. Cependant, si M. Giscard d’Estaing parvint à battre en brèche la citadelle gaulliste, c’est parce qu’il offrait une perspective plus réformatrice.

 

Lors de la présidentielle de 1974, la « nouvelle société » défendue par Jacques Chaban-Delmas, candidat de l’UDR, était pour une partie des gaullistes irrecevable. Bénéficiant du ralliement de Jacques Chirac et de 43 parlementaires et ministres de l’UDR, M. Giscard d’Estaing s’était imposé comme le seul candidat capable de faire barrage à la coalition « socialo-communiste ». Aujourd’hui, c’est le Front national (FN) qui est « aux portes du pouvoir ».

 

M. Macron, s’il était élu, se trouverait rapidement confronté au même problème que M. Giscard d’Estaing quarante ans plus tôt : à savoir trouver une majorité parlementaire pour soutenir son projet réformateur.

 

A la différence près que, lorsqu’il est élu en 1974, « VGE » hérite d’une majorité issue des élections législatives de 1973 dans laquelle l’UDR se taille la part du lion avec 183 députés, dans une assemblée de 490 membres, tandis que les différentes composantes – républicains indépendants, démocrates sociaux ou centristes – n’en regroupent que 119.

 

Une « majorité de coalition »

 

L’inversion du calendrier électoral, mise en œuvre à partir de 2002, qui fait intervenir les élections législatives dans la foulée de l’élection présidentielle, peut laisser espérer à M. Macron de réussir ce que M. Giscard d’Estaing n’était pas parvenu à faire : recomposer une « majorité présidentielle ».

 

Mais il se heurtera à cette règle déterminante de la Constitution de la Ve République qui a imposé le scrutin majoritaire à deux tours aux législatives ; il pousse à la bipolarisation, offre une prime aux partis majoritaires et oblige chacun à « choisir son camp ».

 

La question est de savoir comment pourrait se constituer cette coalition et quels rapports s’instaureraient entre l’exécutif et le législatif

 

C’est un des principaux axes d’attaque de ses adversaires, qui ne cessent de l’interpeller sur son incapacité à réunir une majorité parlementaire. Le candidat d’En marche !, non sans raison, rétorque qu’aucun des candidats à la présidentielle ne disposera d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale avec son seul parti.

 

Quel que soit le président élu, il estime qu’il aura besoin d’une « majorité de coalition » pour gouverner. La question est de savoir comment pourrait se constituer cette coalition et quels rapports s’instaureraient entre l’exécutif et le législatif.

 

« Contrat avec la nation »

 

Une coalition de gouvernement formée autour du parti majoritaire d’un des blocs opposés ? Une coalition centrale devenant le pivot d’une majorité plus large ? M. Macron fait le pari de réussir à imposer cette dernière option, là où M. Giscard d’Estaing avait échoué face à l’opposition de l’UDR.

 

Quant à la pratique du pouvoir, M. Macron s’inscrit davantage dans une lignée mendésiste qui veut que l’exécutif tire sa force d’une majorité assise sur l’acceptation d’un programme qui forme une référence commune au gouvernement et à sa majorité parlementaire. Ce que Pierre Mendès France résumait dans l’idée d’un « contrat de législature » et que M. Macron appelle « contrat avec la nation ».

 

Pour l’ancien président du Conseil de la IVe République, comme il l’expliquait dans La République moderne (1962, Gallimard), ce contrat « associe étroitement l’action, la tâche et la durée de l’Assemblée à l’action, à la tâche et à la durée du gouvernement ». M. Macron semble s’inspirer de cette conception. Il apparaît ainsi comme un lointain héritier de « VGE » et et « PMF ». Dans les deux cas, l’histoire s’est mal terminée.

 

 

« Si toutes les réformes proposées par Macron étaient réalisées, la France serait en bien meilleure forme »

 

Par Olivier Blanchard (Professeur émérite du Massachusetts Institute of Technology et « senior fellow » du Peterson Institute for International Economics (Washington))

 

TRIBUNE. Il y a peu de slogans plus dangereux en politique que « le changement ne peut pas être pire », avec ses variations « tous pourris » ou « tout vaut mieux que les politiciens qu’on a eus jusqu’à aujourd’hui ». Demandez-le aux Allemands de 1933, déçus par la faiblesse de la République de Weimar et qui élurent le candidat du changement. Demandez-le aux millions d’Américains de 2016 qui ont voté pour Trump et qui ont failli perdre leur assurance-maladie. Non, le changement pour le changement peut être désastreux.

 

Pourquoi y a-t-il, aujourd’hui, un tel désir de changement ? Parce que, dans les pays riches, la plupart des problèmes économiques et sociaux n’ont pas de solutions simples. Les gouvernements cherchent les meilleurs ou au moins les moins mauvais compromis, mais ces compromis apparaissent souvent aux électeurs comme des demi-solutions, des abandons. Dans ce contexte, le défi pour les hommes ou les femmes politiques responsables est d’offrir une vision claire du but à atteindre, et de convaincre que le progrès viendra non pas de solutions miracles, mais d’une stratégie de réformes réaliste.

 

« Flexisécurité »

 

Pour moi, et en me limitant au domaine économique et social, le but est clair. Il a deux dimensions. D’abord, donner aux entreprises la capacité d’entreprendre. Les gains de niveau de vie ont une seule source : la capacité des entreprises à innover, à augmenter leur productivité. Ensuite, et tout autant, assurer la sécurité des travailleurs, tout au long de leur vie. Leur donner la formation dont ils ont besoin. Leur permettre l’accès au premier emploi. Leur permettre de se développer professionnellement, de se reconvertir quand c’est nécessaire et enfin d’avoir le droit à une retraite sûre.

 

Si cela rappelle la notion de « flexisécurité », ce n’est pas un hasard. C’est peut-être un cliché, mais ça doit rester le but. Certains pays ont largement réussi à le faire. La France peut s’en rapprocher. Mais il est clair qu’elle est encore assez loin du but.

 

L’entrée sur le marché du travail est difficile pour la plupart, presque impossible pour certains. Cela est à la source du découragement des jeunes et du manque d’intégration des banlieues. CDD et stages se succèdent, sans progression professionnelle. Même une fois en CDI, les reconversions sont difficiles. La formation professionnelle est médiocre, préparant mal les travailleurs aux changements auxquels la plupart seront exposés.

 

Entreprises frileuses à l’embauche

 

Les petites entreprises ont du mal à grandir. L’incertitude judiciaire sur les conditions de séparation amène les entreprises à être frileuses à l’embauche, à ne pas recruter ceux qui sont à la marge du marché du travail, à privilégier les CDD, à ne pas investir suffisamment dans leur formation.

 

Les cercles vicieux sont évidents, leurs effets désastreux : un taux de chômage au-dessus de 8 % pendant trente-trois des trente-cinq dernières années, le mal-être des jeunes, les taux de chômage délirants dans certaines banlieues. Face à ce constat, certains proposent des solutions magiques, comme la sortie de l’euro. Que peut-on en espérer ?

 

IL NE FAUT PAS SE FAIRE D’ILLUSIONS : LA SORTIE DE L’EURO SERAIT TERRIBLEMENT COÛTEUSE, TERRIBLEMENT COMPLIQUÉE

 

Sortir de l’euro redonnerait à la France plus de flexibilité en matière de politique monétaire et de taux de change. Cela résoudrait-il les problèmes que je viens d’identifier, l’éducation, l’emploi des jeunes, les problèmes d’intégration des banlieues ? Pas de manière évidente. Cela permettrait-il de diminuer le taux de chômage ? Marginalement, car l’expérience des trente-cinq dernières années (dont vingt en dehors de l’euro) indique que le chômage en France est largement structurel.

 

Il ne faut pas se faire d’illusions : la sortie de l’euro serait terriblement coûteuse, terriblement compliquée. Et surtout le retour à la flexibilité des changes n’est pas une panacée : la faillite du système de changes flottants qui a précédé l’euro, la crise des monnaies de 1992 faisaient partie des motivations du passage à l’euro. On peut imaginer des circonstances où une sortie de l’euro serait raisonnable. Mais ce ne sont pas les circonstances auxquelles est confrontée la France aujourd’hui.

 

Le poids trop destructeur des impôts

 

Quelles mesures permettraient de s’attaquer aux problèmes ? Pour moi, la liste est claire. Elle n’est pas nouvelle, mais cela ne veut pas dire qu’elle soit fausse : un effort d’éducation beaucoup plus important dans les zones d’éducation prioritaire ; une vraie formation professionnelle ; des incitations plus fortes aux entreprises à investir dans les compétences de leurs salariés ; une simplification des procédures de séparation ; une plus grande part laissée aux négociations au niveau de l’entreprise, avec des minima fixés au niveau sectoriel ou national.

 

Au niveau macroéconomique, une utilisation plus intelligente et plus agressive de la politique budgétaire, en particulier pour faciliter les réformes, mais, en même temps, une réduction progressive des dépenses de l’Etat. Même si on pense que toutes les dépenses de l’Etat sont justifiées, un pays ne peut pas fonctionner quand elles représentent 57 % du PIB : le poids des impôts que cela implique est simplement trop destructeur.

 

Ces réflexions m’amènent à me sentir le plus proche du programme d’Emmanuel Macron. Je ne crois pas à l’homme providentiel, je sais d’expérience que les programmes annoncés sont rarement totalement réalisés, et je n’adhère pas nécessairement à toutes ses mesures. Mais, quand je lis son programme, j’y vois une vision et un diagnostic largement similaires aux miens. J’y vois le désir à la fois d’aider les entreprises et de protéger les travailleurs. Je vois un but, et des mesures réalistes.

 

Certains critiquent ce programme pour son manque d’ambition. Je ne partage pas ces critiques. Je n’ai guère de doute sur le fait que si toutes les réformes proposées par Emmanuel Macron étaient réalisées, la France serait en bien meilleure forme à la fin de son quinquennat.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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