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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 06:00
Adresse d’1 courtier de grand cru bordelais à 1 autoproclamé journaliste ennuyeux et très ennuyant.

Suite à la publication de Chronique vacharde et ironique sur le courtier de grands crus ICI j’ai reçu en réponse cette lettre d’un courtier bordelais.

 

Monsieur le journaliste autoproclamé, ennuyeux et très ennuyant,

 

Manier la dérision est malaisé, n’est pas polémiste qui veut, il vous manque l’essentiel : le talent de plume, vous « puttez »* plus haut que votre cul, vous êtes besogneux, votre prose est pesante, poussive comme un diesel.

 

Vous me qualifiez d’espèce en voie de disparition, libre à vous mais permettez-moi de vous signaler, jeune prétentieux, que votre pérennité est bien plus en danger que la mienne. Qui vraiment en notre beau et grand vignoble a besoin de vos lumières ? Croyez ma vieille expérience : pas grand monde !

 

Avec l’irruption du cheval-vapeur, les cochers, les fabricants de pied de fouet ont disparu, alors croyez-vous vraiment, ou êtes-vous tout bêtement jaloux de ma notoriété, que si nous n’étions que des sangsues inutiles se gavant du sang du haut terroir bordelais, ces chers propriétaires continueraient de faire appel à nous.

 

Vous endossez avec facilité les brailles usées de psychologue de comptoir pour affirmer que nous sommes des ignorants, que nous ne connaissons rien à la viticulture, que nous nous contentons de disserter, de contempler notre nombril pour vanter nos mérites, pour nous auto-reproduire, que nous nous irritons des commentaires de certains journalistes : les vôtres je suppose, sur ce point vous faites péché d’orgueil : tout le monde à la propriété se fout de ce que vous écrivez !

 

Vous faites état, dans votre poulet ampoulé, d’un de ces fameux dîners en ville, dont nous nous repaîtrions, où vous auriez été invité. Loin de moi l’idée de remettre en doute la réalité de ce que vous contez, même si vous êtes coutumier du flou dans la relation de vos déboires.

 

La caricature, tout comme la dérision n’est pas à la portée du premier venu, n’est pas Cabu ou Wolinski qui veut. Je ne nie pas qu’il puisse y avoir des cons dans notre profession mais tout de même affirmer que « durant tout le repas, ce ne fut que génuflexions et circonvolutions pour nous expliquer la qualité de son travail, sa valeur ajoutée, son dévouement personnel. Il est comme cela, le courtier de grands crus, il ne compte pas sa passion, juste son argent. »

 

Là vous êtes insultant !

 

À force de forcer le trait vous tentez d'endosser le rôle de Pignon dans le dîner de cons. Vous n'êtes pas à la hauteur du rôle. Que n’avez-vous, du haut de votre suffisance, claqué le bec de ce coq de basse-cour ? Est-ce par couardise ou par sous-développement intellectuel ?

 

Sans doute étiez-vous trop heureux d’être en bout de table chez un bourgeois rance pour qui le vin n’est qu’un faire-valoir. Comment avez-vous pu vous mêler, vous le grand dégustateur, aux convives d’un affreux pour qui peu importe que le vin soit bon ou mauvais, ce n'est qu'un relégué à une ligne dans un catalogue qu’il convient d’optimiser au maximum. Point de qualité de dégustation, non, seul l’aphorisme compte. Cette sentence énoncée en peu de mots est claire : «2016 est grand, augmenter tu dois »

 

Je vous plains vraiment, vous avez dû souffrir face à un tel cuistre, vous avez du bouillir, atteindre un point de fusion où votre bile a pris le dessus sur ce qui vous reste de raison.

 

Comme je n’ai jamais eu l’occasion de vous croiser, vous, l’homme de terrain que je ne suis pas à vos dires, je ne conclurai pas cette adresse par une quelconque formule de politesse, vous laissant à vos phantasmes tout en vous souhaitant d’être toujours présent dans dix ans.

 

Un courtier de salon

 

* Sur le rapport entre ennuyant et ennuyeux, le Littré fait l'observation suivante :

 

« L'homme ennuyant est celui qui ennuie par occasion; cela est accidentel; l'homme ennuyeux est celui qui ennuie toujours; cela est inhérent. Un homme ennuyant peut n'être aucunement ennuyeux. »

 

Mais le fait est que dans l'usage ces deux mots se confondent; seulement, ennuyeux est plus usité qu'ennuyant.

 

* Je fais ici allusion au putting, coup majeur du golf, puisque selon vous nous passons notre précieux temps sur les greens « Cloitré dans (par) un hiver particulièrement gélif blanchissant le gazon impeccable de (son) parcours de golf, le courtier de grands crus bordelais a trouvé le temps long. Impossible de taquiner la balle blanche, pourtant l’essentiel de son travail. Fort heureusement, le printemps revenu, le courtier s’égaye (s’égaille), sort son minois apaisé par un millésime d’exception et la sensation printanière que l’été sera chaud et bon….en trésorerie. »

 

 

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