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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 06:00
Ne confondre l’avocat « arbre à cojones » avec celui d’Hubert le Forestier, ils n’ont pas la même stratégie

Dans le film de Carl Reiner, sorti en 1977, Oh, God ! Dieu interrogé sur ses plus grandes erreurs, du tac au tac, répondait pince-sans-rire : « Les avocats. J’aurais dû faire des noyaux plus petits. »

 

Le mot avocat en tant que fruit n’a pas du tout la même origine qu’avocat dans son sens juridique qui vient du latin advocatus = défenseur, avoué, appelé auprès. Sous l’Ancien Régime, le rôle de l’avocat était de défendre les couvents, les villes etc. Ce n’est qu’en 1790 sous la Révolution française que le mot prit son sens actuel.

 

Il vient de l’anglais avocado (Sir Hans Sloan en 1699) et issu de l’espagnol aguacate, venant d’encore plus loin, à savoir du nahuatl (langue que les descendants des Aztèques parlent au Mexique) ahuacacuahitl qui signifie littéralement arbre à testicule (ahuacatl = testicule) en raison de la ressemblance de forme entre le fruit et l’organe.

 

Pour les professeurs de botanique du monde entier ce noyau est absolument parfait. « Sous sa peau marron, tous les éléments de la graine apparaissent en grand format. Il suffit d’un noyau propre, de trois cure-dents et d’un verre d’eau pour assister à un véritable cours sur la germination. La simplicité du mécanisme n’avait pas échappé aux tout premiers paysans, qui apprirent à le domestiquer depuis la découverte de ce fruit dans les forêts tropicales du Mexique et du Guatemala.

 

En effet, bien avant qu’apparaissent les Mayas ou les Aztèques, les peuples d’Amérique centrale savouraient déjà la chair crémeuse de l’avocat.

 

L’avocatier (Persa americana) n’est connu que comme espèce cultivée. Son ancêtre sauvage disparut des forêts d’Amérique centrale durant des milliers d’années qui ont suivi sa domestication. Une théorie suggère que les nombreux arbres néotropicaux à gros fruits s’éteignirent peu à peu juste après la disparition de ceux qui en disséminaient les graines : tatous géants, glyptodons, mammouths, gomphothères et autres membres disparus de la mégafaune du pléistocène (Janzen&Martin 1982). Vu la taille de ses graines, l’intervention d’un gros animal était sûrement nécessaire à touer dispersion de l’avocatier sauvage. (Bien sûr de nos jours, les humains s’en chargent parfaitement et les avocats poussent sur tous les continents à l’exception de l’Antarctique !

 

MEXIQUE

 

La culture de l’avocat fait des ravages

 

L’«or vert» du premier producteur mondial provoque la déforestation et profite au crime organisé

29 août 2016 |Frédéric Saliba

 

Le monument en forme d’avocat géant trône à l’entrée de Tancitaro, dans l’ouest du Mexique. La sculpture symbolise l’importance de ce fruit pour les habitants de cette petite ville de l’État du Michoacan, devenue la capitale mondiale de l’avocat. Le boom de la consommation des Américains, mais aussi des Européens, Français en tête, fait flamber les prix du fruit, rebaptisé l’« or vert » du Mexique. Une ruée qui provoque une déforestation massive et profite au crime organisé.

 

Vus du ciel, des pans entiers de forêt sont zébrés de champs d’avocatiers sur les flancs des montagnes du Michoacan. La région concentre les quatre cinquièmes de la production nationale d’avocats. Cette terre volcanique au climat tempéré sied au fruit, dans un pays qui en est le premier producteur mondial, avec près du tiers de la récolte. En trente ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares, selon le ministère de l’Agriculture. En 2015, la production a atteint 1,6 million de tonnes, en hausse de 6,6 % en un an.

 

Face cachée de ce succès économique : la destruction des forêts de pins, dont certains endémiques. « Les agriculteurs plantent clandestinement des avocatiers au milieu des pins », explique Victor Manuel Coria, le directeur de l’Institut national de recherches forestières, rattaché au ministère de l’Agriculture. « C’est un travail de fourmi, sur plusieurs années. Petit à petit, ils coupent les branches, puis les troncs desséchés. »

 

La faune est aussi menacée : coyotes, pumas et autres oiseaux rares habitent la forêt, qui accueille aussi des millions de papillons monarques lors de leur grande migration annuelle. Sans parler du problème de l’eau, consommée en masse par les avocatiers, qui affecte le niveau des rivières, ou de celui des pesticides

[…]

 

À qui la faute ? Plus de la moitié de la production est exportée. La France est le second importateur d’avocats mexicains, après les États-Unis, et avant le Japon et le Canada. Dans l’Hexagone, le fruit se mange plutôt en hors-d’oeuvre ou en salade, tandis que le guacamole, purée d’avocat épicée, a gagné ses lettres de noblesse dans les rayons des supermarchés.

 

L’article ICI 

 

Commentaire de Ronald Bouchard - Abonné

29 août 2016 13 h 58

Rien de neuf. C’est pas une nouvelle ça! Il est très connu, qu’au Québec, dans notre système judiciaire, « La culture de l’avocat fait des ravages ».

 

« Nous vivons dans un monde de graines. Le café du petit déjeuner, le coton de nos vêtements, le chocolat chaud que nous buvons avant d’aller nous coucher, du matin au soir, elles sont partout autour de nous. Elles nous fournissent en nourriture, en énergie, en stupéfiants et en poisons, en huiles, en teintures, fibres et épices. Sans graines, pas de pain, de riz, de haricots, de maïs ou de noix. Elles sont l’aliment par excellence, la base de tout régime alimentaire, de l’économie, des modes de vie partout sur la planète. Elles sont aussi l’essence même de la vie sauvage : les plantes à graines constituent plus de 90 % de notre flore. Elles sont si répandues que l’on a du mal à imaginer que durant plus de cent millions d’années, ce sont d’autres types de plantes qui dominèrent la Terre. »

 

Mais qu’est-ce qui à l’intérieur de la graine déclenche la germination et comment la plante avait réussi à développer un système aussi sophistiqué ?

 

Réponse de Carol Baskin professeur de sciences à l’Université du Kentucky

 

« Je raconte à mes étudiants qu’une graine est un bébé plante, dans une boîte, avec son déjeuner. »

 

Avec son analogie du « bébé dans la boîte », Carol réussit à parfaitement synthétiser l’essence des graines : portatives, protégées, bien nourries. « Mais je suis biologiste et on parle là de ma spécialité, alors je vais être un peu plus précise : certains bébés engloutissent leur déjeuner jusqu’à la dernière miette, d’autres se contentent d’une partie, d’autres encore ne mordent même pas dedans. »

 

« Votre noyau d’avocat a tout mangé », ajouta-t-elle d’un air entendu.

 

« Une graine contient trois éléments de base : l’embryon de la plante (le bébé), une enveloppe protectrice (la boîte) et un tissu nutritif quelconque (le déjeuner). Typiquement, la boîte s’ouvre au moment de la germination, l’embryon se nourrit du déjeuner tout en projetant vers le bas des racines et vers le haut ses premières feuilles. Mais il est aussi fréquent de voir le bébé dévorer son déjeuner avant l’heure, transférant toute l’énergie vers une ou plusieurs « feuilles séminales ou « cotylédons » : les deux moitiés d’une cacahouète, d’une noix ou d’un haricot – des feuilles embryonnaires si grandes qu’elles constituent à elles seules la majeure partie de la graine. »

 

La stratégie de l’avocat a quelque chose d’inhabituel.

 

« La plupart des graines sèchent en mûrissant ; leur enveloppe protectrice, épaisse, permet de tenir l’humidité à distance. Sans eau, la croissance de l’embryon ralentit, jusqu’à un quasi statu quo, un état d’arrêt de croissance qui peut persister des mois, des années, des siècles, même, jusqu’à ce que les conditions pour la germination soient réunies. « Mais pas les avocats, lorsqu’on les laisse se dessécher, ils meurent »

 

Pour un avocatier, le bon endroit est un terrain où ses graines ne se dessècheront jamais et où la saison est toujours idéale. Sa stratégie ? Chaleur et humidité constantes, des conditions que l’on trouve par exemple dans la forêt tropicale, ou bien en suspension au-dessus d’un verre d’eau… Ces graines n’ayant aucun besoin de survivre à de longues périodes de sécheresse ou de froid hivernal, elles ne s’accordent qu’une très courte pause avant de tenter de pousser à nouveau. »

 

« … en quelques jours, leurs noyaux commencèrent à se fendre en deux moitiés brunes écartées par des racines en pleine croissance à l’intérieur. À partir de la radicule dans l’embryon, chaque racine principale se développa à un rythme étonnant – une petite chose pâle et pressée plongeant vers le bas et dont la taille tripla en quelques heures. Bien avant l’apparition d’une quelconque feuille, chaque noyau se retrouva doté d’une solide racine atteignant le fond du verre d’eau. Cela n’avait rien d’une coïncidence. Si, en matière de germination, les détails varient, l’importance de l’eau est une constante et pour les jeunes plants la priorité numéro un est de pouvoir s’approvisionner à une source régulière. »

 

« … le noyau d’avocat contient quelques toxines peu virulentes qui lui permettent d’éloigner les nuisibles, mais rien qui ne soit susceptible de ralentir les choses une fois le processus lancé. J’observai la croissance et la ramification des racines durant des jours avant de voir apparaître la première pousse verte, une toute petite tige émergeant d’une fissure toujours plus grande située au-dessus de chaque noyau. « La phase suivante, en effet, se résume en un transfert massif d’énergie provenant des cotylédons », m’informa Carol, expliquant ainsi que ce qui avait d’abord été le « déjeuner » de la graine générait maintenant une poussée de croissance vers le haut. En quelques semaines, mes noyaux se métamorphosèrent en arbrisseaux qui n’avaient plus grand-chose en commun avec les graines d’origine.

 

Ne confondre l’avocat « arbre à cojones » avec celui d’Hubert le Forestier, ils n’ont pas la même stratégie

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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