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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 06:00
« Du courage ! » Isabelle Saporta en a...

S’il est un reproche que je ne ferai pas à Isabelle Saporta c’est celui de n’être qu'une ouvrière de la 25e heure – ce que je suis moi qui ait passé un si long temps les bras croisés sous les ors de la République – son combat est ancien et sa pugnacité reconnue.

 

Du courage, elle en a !

 

Moi, je ne sais pas, sauf peut-être à barre d’un tribunal, mais là n’est pas le sujet de cette chronique.

 

J’ai lu son dernier livre, de la première ligne jusqu’à la dernière ligne, et je n’ai rien à redire. J’aurais pu appliquer à la réception de son livre la jurisprudence Face de Bouc qui se résume ainsi.

 

La critique littéraire versus Face de Bouc :

 

- Tu reçois le livre d’un membre de ta tribu : tu publies la photo de la couverture et tu écris lisez-le !

 

- Tu reçois le livre de quelqu’un que tu ne peux pas piffer : tu le mets à la poubelle.

 

Économie de mots, choc des photos et surtout, grand avantage, ça évite au critique de les lire…

 

Isabelle Saporta soulève et traite dans son livre avec compétence des sujets de la plus haute importance pour notre avenir, surtout celui de nos enfants et de nos petits-enfants, l’avenir de notre petite planète.

 

L'étiquetage nutritionnel, les cantines scolaires, l'antibiorésistance, l'hygiénisme laitier, les pesticides, les néonicotinoïdes, l'agro-écologie, la souffrance animale...

 

Achetez-le et lisez-le !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur la dangerosité des lobbies je vous engage à lire :

 

Les Courtiers du capitalisme

 

Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles Sylvain Laurens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est du lourd et très ardu mais de salut public.

 

« À Bruxelles, loin des ONG, les lobbies patronaux préfèrent le huis-clos avec les bureaucrates pour faire progresser leurs affaires.

 

Pour un lobbyiste, connaître des bureaucrates plus ou moins personnellement permet de savoir quand il est encore utile de pousser une position et quand, à l’inverse, il ne sert à rien de se montrer insistant : « En fait, le Parlement européen, si tu veux faire une analogie, c’est comme si tu avais une table de poker ; et à cette table de poker-là, les gens doivent montrer leur jeu. Au Parlement, tu dois montrer ton jeu. Donc les libéraux c’est ça, la droite c’est ça et les socialistes c’est ça. Tu lis les amendements, tu vois d’où ça vient. Et le type de la Commission qui bosse là-dessus depuis deux ans à fond, il voit tout de suite dans le style de la rédaction, dans l’idée qui est poussée, comment ça a été amené et à quelle industrie il a affaire. 

 

À partir d’archives inédites et d’observations réalisées auprès des lobbys patronaux, ce livre analyse les relations qu’entretiennent les représentants des intérêts économiques avec les agents de la Commission européenne.

 

Pour parvenir à leurs fins, les lobbyistes doivent se fondre dans les logiques de productivité de l’administration communautaire : les plus grandes firmes apprennent ainsi à manier le jargon des technocrates pour maintenir leur position, et enrôlent des experts scientifiques pour répondre aux attentes pratiques de tel ou tel chef de bureau. Et les liens intimes qu’entretient le capitalisme avec la bureaucratie se voient quotidiennement réactualisés. »

 

Je vous engage aussi à lire, c’est moins long, l’entretien avec Jean Ziegler, sociologue, ancien rapporteur à l'ONU, qui publie « Chemins d'espérance ».

 

« On peut nourrir 12 milliards d'humains. Les victimes de famine sont donc assassinées »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Un jour de décembre 2011, Jean Ziegler déjeunait avec José Bové «Chez Léon», un restaurant lyonnais. Le maire, Gérard Colomb, recevait à sa table un candidat d’alors à l’élection présidentielle, François Hollande. Jean Ziegler et Bové ont ce jour-là tenté d’attirer l’attention du futur président sur le problème de la faim dans le monde, en lui suggérant d’inclure dans son programme quelques mesures pour changer les choses. En vain.

 

Hollande, raconte Jean Ziegler, estimait que ce problème était «trop loin» des préoccupations communes. Et si c’était faux ? La conscience qu’une partie de l’humanité meurt chaque jour de n’avoir pas accès à l’eau et à la nourriture est une blessure très partagée. C’est le sentiment d’impuissance face aux famines, présentées comme une fatalité, qui crée la résignation.

 

Le sociologue suisse, ancien rapporteur de l’ONU sur les questions de nutrition, explique en quoi cette prétendue fatalité est un mensonge. La faim n’est plus comme autrefois la conséquence d’une insuffisance de production alimentaire, mais un drame consenti par tous les parlements dans l’ordre économique contemporain. L’essai brillant et simple que Ziegler publie aujourd’hui restera comme un cours de vérités publiques. Nous nous sommes entretenus avec lui. »

 

La suite ICI 

 

Enfin je déteste le ON, c'est rond, c'est creux, je préfère les NOMS PATRONYMIQUES, ici le mien, alors pour remettre les faits d'aplomb j’ai réécrit un passage du livre d’Isabelle Saporta : pages 168-169.

 

Au mois d’octobre 2016 deux amis vignerons de Chablis Olivier de Moor et Julien Brocard m’alertent « ils se sentent bien seuls à Chablis pour s’opposer à l’usine d’enrobage.

 

Je ponds une chronique Pas d’objection : à Chablis l’INAO aime autant les nuées de pesticides que les fragrances bitumineuses

 

« Du côté de Chablis je suggère que l’on en apposa un nouveau :

 

« Les grands crus de Chablis sont des terroirs gâchés » signé Athénaïs de Béru et d’y ajouter merci à Eiffage d’y contribuer avec un zeste de fleur de bitume.

 

Lors de mon dernier passage à Chablis pour rendre visite aux de Moor dans la bourgade de Courgis par une belle journée de juillet j’ai pu respirer à pleins poumons une belle acidité épandue par des araignées hautes sur pattes gambadant sur les coteaux au terroir bronzé comme un parigot de retour de la Côte d’Azur.

 

Et nous y voilà, les qui vont se faire bronzer le cul en meutes ou respirer le bon air des cimes dans la même formation sont des gens pressés. Pour éviter que les moutons de Panurge bouchonnent faut élargir le tuyau. Et une fois élargi le tuyau faut lui coller au cul du goudron et le goudron faut le fabriquer au plus près. »

 

La chronique ICI 

 

J’envoie un e-mail à Yves Colmou conseiller-politique de Valls Premier Ministre, un ex de chez Rocard, pour lui demander ce qu’il en ait. En retour, il m’indique qu’il a appelé le Préfet de l’Yonne qui lui a indiqué, qu’après l’avis des instances concernées, il donnerait un avis négatif.

 

Ce que je communique à mes deux amis en leur demandant de maintenir la pression et d’essayer de mobiliser les vignerons de Chablis et du Président de l’ODG bien passifs.

 

Puis à leur demande je tiens la plume pour rédiger un courrier à Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture. Lettre expédiée le 17 octobre.(voir plus bas)

 

Mon rôle s’est arrêté-là, et je n’ai jamais affirmé « que Stéphane était aux manettes » car il ne l’était pas et je n’ai eu aucun contact avec lui ou son cabinet, ce qui aurait été contre-productif vu ma cote au 78 rue de Varenne.

 

Bien évidemment je dispose de tous les mails avec mes amis de Chablis échangés sur le sujet mais je ne vais pas révéler une correspondance privée.

 

Je ne suis pour rien dans la décision préfectorale et ce que je regrette, tout comme mes deux amis vignerons, c’est l’absence de mobilisation de la majorité des vignerons de Chablis.

 

Leur ODG a été plus prompte à la détente pour s'associer à  l’irresponsabilité crasse des syndicats d’AOC face à la consultation du Ministère de l’Agriculture sur l’arrêté des produits phytopharmaceutiques.

 

« L'abandon de conscience. En utilisant l'argument de l'autorisation des produits, l'AMM par l'Etat. Ces « salauds ordinaires » oublient que ce n'est pas l'État qui les oblige à utiliser ces produits de merde. Ce sont eux, en pleine conscience, qui les choisissent. Ils savent ce qu'ils font.

 

Et ce qu'ils ne veulent pas c'est l'afficher, faire l'aveu de leur choix du danger chimique par l'obligation de porter des combinaisons qui ne manqueraient pas de poser question. D'éveiller des doutes dans la tête des riverains qui n'ont pas suffisamment de curiosité ou d’informations. Le « voire jusqu'à la récolte » amenant le doute jusqu'au fruit et donc au vin : révélant que le risque a persisté.

 

Les dirigeants professionnels n'en veulent pas. Ce qu'ils veulent c’est rester dans l’ambiguïté, c'est conserver les moyens de leur duplicité.

 

Au lieu de se remettre en question, de se réformer. C'est-à-dire qu'à chaque fois que la question de l'usage se pose, de réfléchir à son utilité. Et que si le traitement est jugé nécessaire, que le choix se porte sur le moins mauvais. Cette question dépasse les familles habituelles : Bio, Biodynamie, conventionnelle. »

Lire ma chronique  ICI

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Lors de votre venue à Maligny le 11/07/2016, suite aux violentes intempéries qui ont touché nos vignes, vous avez partagé avec nous les mêmes convictions sur l’importance capitale de redonner au sol sa complexité et sa diversité afin de lui permettre de retrouver son autonomie. C’est un travail de longue haleine qui exige l’adhésion du plus grand nombre.

 

Notre terroir de Chablis n’est pas délocalisable alors que le projet d’installation d’un poste mobile d’enrobage à chaud à Saint Cyr des Colons, sur les hauteurs du vignoble Chablisien en 2017, lui, ne dépend que de décisions purement économiques de la part de la société APRR.

 

Une telle installation, dont on n’a pas vraiment étudié les risques à moyen et long terme, viendrait abîmer nos terres et nos plantes et constituerait un signal négatif à celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui souhaitent s’orienter vers l’agriculture biologique.

 

Dans un monde ouvert, de plus en plus concurrentiel, c’est aussi, pour nous vignerons qui mettons en avant la richesse et la diversité de nos terroirs, aller à contre-courant des exigences nouvelles, en termes de préservation de l’environnement et de la santé, de nos consommateurs nationaux et étrangers.

 

Cette unité mobile est prévue pour un rendement de 500 tonnes de bitume/heure et pour une durée de 25 ans. Elle engage donc notre avenir et plusieurs publications scientifiques mettent en avant la dangerosité et la résistance des molécules de HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) dans l’environnement (le sol, les plantes et l’eau). La thèse de Dorinne Desalme, maître de conférences à l’Université de Lorraine/INRA va dans ce sens.

 

L’enquête publique est close, avec avis favorable du commissaire-enquêteur, depuis la fin mai 2016 et la décision définitive est entre les mains du Préfet de l’Yonne après avis du CODERST. Cette enquête à notre sens, n’a pas suffisamment pris en compte les effets négatifs, à moyen terme, sur nos sols et nos plantes et la consultation des vignerons est restée trop retreinte et confidentielle. De plus, l’avis « sans objection » de l’INAO Dijon est à la fois bien succinct et ne repose sur aucune étude d’impact sérieuse.

 

Face à cette situation qui nous inquiète à juste raison, et à la faible implication de beaucoup de vignerons peu informés, nous ne pouvions qu’alerter les pouvoirs publics et les élus par les moyens à notre disposition : les médias locaux et nationaux.

 

Il ne s’agit pas pour nous de faire de l’agitation stérile et agressive mais de défendre, avec des arguments sérieux et solides, un dossier qui, rappelons-le une fois encore, engage l’avenir de nos exploitations et de nos familles.

 

C’est pour cette raison, qu’en l’attente de la décision de Monsieur le Préfet de l’Yonne, qui nous dit-on serait négative, nous nous tournons vers vous pour que vous nous aidiez dans notre démarche afin que le dossier technique, scientifique, économique et environnemental, puisse être nourri d’arguments pertinents.

 

Notre volonté c’est que ce projet, certes nécessaire pour répondre aux besoins de la société APRR, qui avait été présenté à l’identique au même endroit il y a quelques années, ne resurgisse plus à nouveau sous cette forme et à cet endroit.

 

La décision qui va être prise doit pour nous s’inscrire dans la durée afin que les vignobles du Chablisien et de l’Auxerrois puissent s’engager résolument dans une viticulture respectueuse de son environnement et de la santé de ses producteurs et de ses clients.

 

Nous sommes convaincus que vous partagez avec nous cette volonté et nous vous remercions par avance de l’intérêt que vous porterez à notre démarche.

 

Bien évidemment nous restons à votre disposition, comme à celle de Monsieur le Préfet de l’Yonne, pour vous apporter, lors d’une rencontre, toutes les précisions que vous jugerez utiles.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sincères salutations.

 

Olivier de Moor et Julien Brocard

 

Cette lettre est restée sans réponse.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

VAN DEN BERGE 28/02/2017 18:24

je me doutais qu'il y avait une bonne part de féminin en vous Jacques ;).... Elle est en effet bien courageuse Isabelle aux côtés de ces autres agriculteurs qui veulent du vrai changement...

Feuilly 28/02/2017 16:26

On se rappellera aussi que l'ami Yves Colmou est un grand amateur de vins...
Mais, au fait, que devient-il, depuis que Manuel Valls n'est plus Premier ministre ?

JACQUES BERTHOMEAU 28/02/2017 18:45

il lit mon blog comme avant Roger :-)

pax 28/02/2017 06:43

Alors mon bon Taulier c'est l'heure de la promenade de SHAUN le mouton ? Bonne idée, j'm'en va ressortir mon ALF ce héros d'une série américaine pendant les années 1988/90 sur Antenne 2.
Quant au lobbyisme, tu te poses là ! Chantre de la bonne bouffe et de la bonne lecture ! Mais à force de suivre tes recommandations force est de crier encore !

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