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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 06:00
«De péter en pissant ne faites pas mystère. C'est un ancien usage, aux reins fort salutaire.» Vive le régime de l’escole de Salerne !

Dès que les premiers rayons de soleil s’annoncent les magazines féminins et aussi masculins dégainent leurs régimes : sus au gras, aux bourrelets, aux poignées d’amour, à la petite bedaine, à la cellulite !

 

Toujours à la pointe du combat de la conjugaison des délices de la bonne chère avec les splendeurs des chairs je vous propose d’adopter le Regimen Sanitatis Salernitanum.

 

« Le régime de vie particulièrement y fait beaucoup, comme aussi le choix des vins & des viandes, l’abstinence des excès, & l’usage opportun des medicamens, tant purgatifs, alteratifs, que confortatifs. »

 

« Contre ventre affamé les raisons sont frivoles / Tu perds à discourir ton temps et tes paroles. »

 

« J’ai décidé de tester moi-même le Regimen Sanitatis Salernitanum. Durant une semaine et demie, j’ai suivi, du mieux que j’ai pu, les conseils des médecins de Salerne. J’ai bu du vin dilué au dîner et parfois au déjeuner, j’ai mangé du pain à presque tous les repas, j’ai opté pour de riches plats de viande en sauce dès que j’ai pu. Toutefois, le régime ne se contente pas d’énumérer ce qu’il faut manger (ou non). Il donne également des préceptes d’hygiène de vie à suivre au quotidien.

 

J’ai eu l’impression de vivre dans Game of Thrones. Certains jours, il m’a semblé que je vivais comme un roi du XIIIe siècle. Malgré toute la quantité de vin que j’ai bu, je n’ai jamais été ivre! Pour tout dire, je me sentais vraiment bien. »

 

Ce n’est pas moi qui cause aussi riche mais Sarah Laskow, traduit par Florence Delahoche — dans SLATE le 20.02.2017.

 

« Le régime de santé de l’école de Salerne reposait sur la théorie humorale, selon laquelle une bonne santé réside dans l’équilibre des quatre humeurs du corps –le sang, le flegme, la bile jaune et la bile noire. Les médecins de l’époque considéraient que les aliments possédaient des qualités –chaud, froid, sec ou humide– qui permettaient de préserver cet équilibre. Ces idées trouvent leurs origines dans le monde méditerranéen, à l’Antiquité, plus particulièrement chez le médecin grec Galien. Elles furent ensuite transmises aux médecins du monde arabe avant de faire leur réapparition en Europe. »

 

« Le premier conseil du régime est simple et plein de bon sens: chasser de son esprit les «soucis» et éviter «la colère». Il faut aussi ne pas trop manger, ne pas faire de sieste l’après-midi et ne pas boire trop de vin non dilué. Pour rester en bonne santé, trois grands principes: «le repos modéré, l’esprit gai et la diète».

 

« Quelques aliments sont toutefois particulièrement recommandés : les œufs frais, le vin rouge et les bouillons gras. Les figues fraîches et les raisins sont bons; les pommes, les poires et les pêches un peu moins, puisqu’elles sont «mélancoliques», humeur qui est associée à la bile noire. Le blé et toutes les sortes de viande «fournissent bien le corps de graisse et d’aliment». Les fromages frais sont également considérés nourrissants, mais les fromages affinés sont déconseillés, car considérés «grossiers, froids, durs et astringents».

 

« Les conseils du poème à propos des légumes sont pratiques: l’ail et les radis sont des antidotes aux poisons, la soupe au chou a des propriétés laxatives et les navets donnent des gaz et envie d’uriner. Les pois sont, en revanche, «un bon aliment».

 

L’intégralité de la chronique ICI 

 

Regimen Sanitatis Salernitanum est l'œuvre la plus célèbre de Salerne, du XIe siècle ou XIIe siècle, reproduite et augmentée jusqu'au XVIIIe siècle. Elle est attribuée à Jean de Milan ou le Milanais, personnage imaginaire, mais plus probablement à un collectif, car il s'agit d'un texte à visée pédagogique, destiné à être appris par cœur.

 

C'est un poème en hexamètres latins, une sorte de mémento bréviaire pour le médecin médiéval qui, après la Renaissance, servira de modèle à toute une littérature populaire de santé, car le texte ne parle pas tant de maladie que d'hygiène de vie et de régime diététique selon les saisons.

 

On en connait une centaine de manuscrits et plus de 300 éditions imprimées dans toutes les langues d'Europe (la première à Pise en 1484). La version française retenue est généralement la traduction en vers français de Charles Meaux de Saint Marc, parue à Paris en 1880.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'école de médecine de Salerne a été la première école de médecine du Moyen Âge. Elle a fourni la plus importante source locale de connaissances médicales européennes de l'époque. L'école a gardé vivante la tradition culturelle de la Grèce antique et de la Rome antique, la fusionnant harmonieusement avec les cultures arabes et juives.

 

Un poète du XIIe ou du XIIIe siècle est l'auteur du Regimen Sanitatis Salernitanum (Régime de santé de Salerne), c'est une sorte de poème didactique sur la manière de préserver sa santé, et qui détaille un grand nombre d'aliments, les épices, les vins, le sommeil... L'école de Salerne : la première faculté de médecine.

 

Les étudiants viennent de toute l’Europe et de la Méditerranée y suivre un cursus laïc. Leur diplôme leur confère une estime et une réputation sans pareils. Il semblerait que des femmes aient suivi l’enseignement de l’école de Salerne. L’une d’entre elles, appelée Trotula, y enseignait même la gynécologie.

 

L’école de Salerne doit son âge d’or, entre le XIème et le XIIIème siècle, à l’introduction de la médecine arabe par Constantin l’Africain. Les textes qu’il apporte viennent s’ajouter au corpus de textes grecs et latins issus de l’Antiquité jusqu’alors étudiés.

 

Lire : Jacqueline BROSSOLLET, « SALERNE ÉCOLE DE MÉDECINE DE », Encyclopædia Universalis 

«De péter en pissant ne faites pas mystère. C'est un ancien usage, aux reins fort salutaire.» Vive le régime de l’escole de Salerne !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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Peyronnet 27/02/2017 15:03

"Pisser sans péter, c'est aller à Dieppe sans voir la mer." Extrait de l'ouvrage d'un certain Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, "L'art de péter", paru en 1751 et réédité en 2006 chez Payot (110 pages, 10 €). Selon le sous-titre, il s'agit d'un "essai théori-physique et méthodique à l'usage des personnes constipées, des personnes graves et austères, des dames mélancoliques et de tous ceux qui restent esclaves des préjugés."
Amitiés

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