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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 06:00
Le désespoir du cidre…

Le Point, qui n’a pas mobilisé pour l’occasion Jacques Dupont, sans doute afin d’éviter une quelconque homonymie avec les excellents cidres et Calvados Louis Dupont, mais pompé, comme c’est la tradition de nos jours, dans une dépêche AFP, titre Le cidre s'offre une cure de jouvence pour séduire une nouvelle clientèle…

 

Cette ritournelle que l’ai-je entendue au cours des 5 années au cours desquelles j’ai présidé, à Caen, l’Interprofession des Calvados, cidres, poirés et pommeau d’AOC de Normandie et Bretagne réunies ?

 

Pourquoi n’ai-je rien vu venir et que je continue de douter que le cure de jouvence annoncée fera malheureusement pschitt !

 

Attention, lisez-moi bien, il y a sur le marché de merveilleux cidres de producteurs artisanaux, ils sont bien valorisés et n’ont aucune peine à séduire leur clientèle.

 

En effet, bien plus visiblement que dans le secteur du vin, il y a dans la production de cidre deux types de production bien différenciés dans leur process : l’industrielle dominante en volume distribuée dans la GD mais aussi dans le CHR, les fameuses crêperies et l’artisanale, souvent méconnue, et vendues chez les cavistes.

 

Le secteur industriel, est dominé par la coopérative Agrial avec ses marques, Ecusson et Loïc Raison 

 

Chiffres clés :

 

194 000 tonnes de fruits à cidre collectés

193 400 tonnes de pommes à cidre

600 tonnes de poires

79 % des fruits issus des vergers d’adhérents d’Agrial

110 millions de bouteilles produites

150 millions de litres vendus (vrac + bouteilles)

 

Eclor est la branche Boissons de la coopérative agricole Agrial, créée en 2004, avec l’acquisition par la Coopérative des entreprises CCLF et CSR (groupe Pernod-Ricard) alors leaders français des cidres et jus de pommes.

 

Eclor est leader sur le marché du Cidre (Loïc Raison et Ecusson), présent sur le marché des softs et de la bière (Breizh Cola et Lancelot) ainsi que sur le marché du jus de fruits (Danao, Sunny Delight et La Passion du Verger.)

 

Eclor est un acteur économique important de l’Ouest de la France. Agrial fédère 10 000 agriculteurs adhérents dont 6 000 producteurs de pommes et de poires à cidre.

 

Eclor présente trois innovations pour 2015 : Cidre blanc et Agrumes et Cidre, vodka et citron vert pour la marque Loïc Raison et cidre et pêche pour la marque Ecusson (voir les photos ci-dessous). Trois nouveautés pour mieux inscrire le cidre au moment de l’apéritif et sortir des historiques cidres doux et bruts très consommés au moment de l'Epiphanie et de la Chandeleur. « Ces nouvelles variétés ont été élaborées pour être plus rafraichissantes que des cidres classiques, détaille Franck Malinowski, directeur général d’Eclor. Notre service R&D a beaucoup travaillé sur la sélection de pommes pour que ces cidres soient faciles à boire, moins saturés en sucre qu'un doux ou un brut ».

 

Depuis 2001, ce leader du cidre avec 35% du marché (15% pour la marque Ecusson, 20% pour Loïc raison) a mené plusieurs vagues de communication, notamment l’été, une saison où les Français ne pensent pas toujours à cette boisson naturelle à base de pommes.

 

Jusqu’ici les Français ignorent qu’ils peuvent commander un cidre dans un bar ou une brasserie. Ils pensent encore que cette boisson ne se trouve que dans les quelques 3500 crêperies de l’Hexagone. « Les bars et brasseries sont un axe de développement. C’est là où les consommateurs s’éduquent », pense Daniel Alcabas directeur du marketing. Pour le moment, ce cidrier est présent dans 3000 bars (sur environ 30 000 en France).

 

À côté de ce « grand » à l’échelle du cidre mais si petit dans l’univers des monstres des soft-drink les producteurs artisanaux vivent leur vie avec les moyens du bord en cultivant leurs différences dans une Interprofession différente de celle des industriels.

 

Pour ceux des consommateurs qui découvrent ces cidres artisanaux chez les cavistes l’image du produit est positive, en revanche pour la grande masse la perception du cidre n’est guère valorisante noyé qu’il est dans le rayon des bières de la GD ou accolé ad vitam aeternam aux fameuses bolées des crêperies.

 

Le gap entre les deux produits est immense, plus encore que dans le vin, le bas bruit des cidres artisanaux bien valorisés n’est pas en mesure d’améliorer la piètre image des cidres de marque.

 

Quant à la stratégie annoncée dans l’article du POINT 

 

« Cidre rosé ou parfumé aux fruits, cidre fines bulles; nouveaux contenants, nouvel habillage : la boisson ancestrale de Normandie et de Bretagne s'offre ces dernières années une cure de jouvence en misant sur la qualité et le naturel pour séduire de nouveaux adeptes.

 

De la petite entreprise au groupe industriel, les initiatives fleurissent… »

 

Elle se perdra dans les sables faute de puissance de communication face aux géants des soft-drink et des spiritueux…

 

Comme je suis vieux, je crois plus en la Jouvence de l’abbé Soury que dans celle des cidres parfumés au kiwi…

 

Désolé !

Le désespoir du cidre…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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