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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 00:06
L’hommage posthume nouveau marqueur égotique de certains accrocs des réseaux sociaux…

Même avec la mort c’était mieux avant, je veux dire par là que selon les accrocs des réseaux les gens connus, les stars, les chanteurs, passaient moins l’arme à gauche qu’avant…

 

Plaisanterie mise-à-part, dès qu’une mort est annoncée, parfois faussement, c’est la ruée, non pas vers l’Ouest mais sur la citation qui vous pose un homme.

 

C’est simple comme Wikipédia ou Google : tu tapes citations de… et tu peux, comme la confiture, étaler ta science aux yeux de tes amis.

 

Les journalistes officiels sur Twitter sacrifient à la vitesse de la lumière à ce petit jeu. Grand bien leur fasse ce n’est pas ainsi qu’ils regagneront de la crédibilité tout comme la volaille politique qui, souvent par le truchement de community-manager plus ou moins inculte, fait de même.

 

Laissons-là ces « beaux cas », comme disait le vétérinaire de mon grand-père lorsqu’une vache vêlait en siège, pour redescendre au niveau du vulgum pecus.

 

Là, lors du décès de Michel Déon, un blogueur s’est surpassé en torchant vite fait bien fait une chronique sur le gaz Mort d'un immortel consistant à affirmer dans un maigre paragraphe que « Comme certains savent jouer au piano, d'autres jongler avec les chiffres, d'autres encore découper la viande, Michel Déon avait un métier, mais un métier qui ne s'apprend pas: écrire. Très vite, comme un hommage à cet immortel (bien au-delà de la Coupole) de la Littérature, j'ai attrapé sur le web un texte extrait d'un des romans qui lui survivront, Les gens de la nuit.

 

Lisons. »

 

C’est beau comme une bavette bien découpée.

 

Et toc un copié-collé et c’est emballé…

 

Michel Déon ne fait pas partie de ma bibliothèque pour des raisons qui sont miennes et qui, en l’occurrence, n’ont rien à voir avec les raisons qui ont poussé l’auteur de ces lignes à les publier.

 

Au temps où il vantait les mains calleuses de vignerons d’un village trou-du-cul du monde, avant de les vouer aux gémonies car en fait elles votaient Font National, j’ai écrit « lui se vivait comme un « hussard » à la Roger Nimier.

 

Ça lui avait plu car c’est ainsi qu’il se reconnaissait dans cette droite réactionnaire…

 

Alors cette chronique torchée n’est que le miroir qui reflète l’image qu’il veut donner de lui-même : un pourfendeur des bonnes consciences, un solitaire « talentueux » et mal aimé.

 

C’est beau comme l’antique.

 

Les Hussards désignent un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 60, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier Le Hussard bleu a donné son nom au mouvement.

 

Michel Déon : un Hussard et un mousquetaire par Jean des Cars Le Figaro.  ICI 

 

« On sait qu'il avait rejoint le mouvement littéraire dit des Hussards, galopant aux côtés de Roger Nimier et d'Antoine Blondin et autres talentueux pourfendeurs des bonnes consciences «intellectuelles» et de l'esprit de gauche qu'on respirait alors du côté de Saint-Germain-des-Prés. Anarchiste de droite, Michel Déon n'était pas réellement ni seulement un nostalgique. Il était, comme les Hussards, différent d'auteurs ayant droit aux honneurs. Et pourtant, comblé de grands prix, dont celui du roman de l'Académie française pour le fameux «Taxi mauve» en 1973, il n'arrêtait pas d'écrire en voyageant et de voyager en écrivant, suivi par un public de plus en plus vaste. Il rejoignait Paul Morand quand il m'expliqua, d'une manière lumineuse, comment Londres est une ville exotique. Il savait voir, raconter, décrire la nature, les sentiments. Beaucoup de ses admirateurs et lecteurs furent surpris qu'il se présente à l' Académie française. N'était-ce pas une concession au conformisme qu'il avait combattu et qu'il avait fui? Il fut élu au fauteuil de Jean Rostand. Michel Déon passait pour un pessimiste. En réalité, il était lucide et plein d'humour. A Spetsai, alors que nous buvions un inévitable ouzo sur le port, voyant des pêcheurs qui, dangereusement, étaient tous sur le même côté d'une barque vacillante, il me dit: «Vous voyez, contrairement à ce qu'on croit, les Grecs ne sont pas un peuple de marins!».

 

L'illustration titre est tirée de Causeur feuille de chou de la droite dites décomplexée, il s'agit de Roger Nimier amateur de grosses cylindrées

On aurait tort d’avoir tort avec Sartre

Pour le cinquantenaire de la mort de Nimier, plusieurs livres font revivre « l’esprit hussard »

 

Le 28 septembre 1962, Roger Nimier meurt dans un accident de voiture, avec la blonde romancière Sunsiaré de Larcône, alors qu’ils se rendaient dans la maison de campagne des Gallimard. En plus de la photo de son cadavre dans Paris Match, Nimier aura droit à quelques nécrologies fielleuses : il a eu ce qu’il méritait. Pour certains, les « hussards » ne sont qu’une invention de Bernard Frank qui, dans Les Temps modernes, a sonné la charge contre une poignée d’écrivains : Roger Nimier, Jacques Laurent et Antoine Blondin − Michel Déon venant s’ajouter plus tard à la fine équipe. Leurs torts sont multiples : ils aiment la vitesse, l’alcool et les jeunes filles. Ils n’écrivent que pour divertir. Ils ont un certain succès. Ils sont de droite. Si Frank se moque, en dilettante, de cet art de vivre qui est pourtant le sien, Sartre, lui, a des comptes à régler. Jacques Laurent l’épingle dans Paul et Jean-Paul, un pamphlet qui fait mouche et qui fait rire, car assimiler le penseur révolutionnaire à Paul Bourget, incarnation XIXe de la bien-pensance bourgeoise, il fallait oser !

 

 

 

En 2017, je m’autocélèbre sur Twitter

 

Grâce au retweet, les orgueilleux peuvent s’exprimer en toute liberté, via leurs admirateurs. Une pratique courante pour assurer sa communication.

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par 

 

Le message est apparu sur le fil Twitter du prochain président des Etats-Unis, après sa victoire : « Félicitations à Donald Trump élu par le collège des grands électeurs ». Non content d’avoir remporté l’élection présidentielle, Donald Trump a besoin de retweeter l’hommage de son numéro deux, Mike Pence. Il fut longtemps d’usage de répondre à un compliment par un excès de modestie invraisemblable (« C’est rien, j’ai juste eu de la chance »), voire par un simple merci. Les réseaux sociaux permettent de crier à tous ceux qui nous entourent : « Vous avez entendu ce qu’on vient de me dire ? » Le retweet a mis l’autocélébration à portée de tous les ego.

 

Voilà des gens habitués au succès se comportant sur les réseaux sociaux comme des blogueuses de mode étourdies par le succès. C’est Marc Levy qui retweete l’avis d’un lecteur inconnu sur son dix-septième roman : « Je viens de finir L’Horizon à l’envers, magnifique. » « Brillantissime Raphaël Enthoven ce matin », retweete le professeur de philosophie, animateur sur Europe 1, en toute simplicité. « Nagui et Michel Cymes animateurs préférés des Français », retweete Nagui. « Criant de profondeur ce poème de Frédéric Lefebvre », recrie Frédéric Lefebvre, député (LR) des Français de l’étranger, ancien ministre de Nicolas Sarkozy« Votre livre, Joan Sfarr, est bouleversant. Merci. », retweete Joan Sfarr, bouleversé. Le compliment retweeté, c’est le selfie de l’écrivain.

 

La suite ICI


 
 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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pax 07/01/2017 09:32

Ainsi en va-t-il de ce monde qu'on nous avait présenté comme porteur d'un bonheur radieux pour l'humanité qu'on appelle Internet mais qui charrie plus de gangues et de scories que de pierres précieuses et que je préfère appeler Interlope. Si tu dénonces aujourd'hui, cher Taulier, les auto-promotions à peine masquées et les renvois d'ascenseur convenus, cela fait quelques temps que les associations de défenses de consommateurs mettent en garde contre les commentaires associés aux adresses et/ou sites de restaurants par exemple. Autrefois, pour s'informer, il existait des revues spécialisées ou des rubriques hebdomadaires dans les journaux où l'on se plaisait à retrouver des signatures dont on pouvait apprécier, ou pas selon les cas, les goûts mais surtout le style. Ainsi LA REYNIERE pour Le Monde aujourd'hui J.J.GENE ou encore F.SIMON pour l'Express,P.LEGASSE pour Marianne. Malgré les orientations différentes de ces journaux, la lecture de leur chroniqueur gastronomique importe plus pour le gourmand curieux que la couleur politique .Ne mélangeons pas les genres. Il en va de même pour la littérature puisque c'est le point de départ de ta chronique de ce jour. Tu nous informes de l'absence de Michel DEON des rayons de ta bibliothèque attitude éminemment respectable et qui ne nécessite aucune explication (un non ne se justifie pas : dans le cas contraire ce n'est pas un non). Le bavard, pardon le Causeur, à qui tu fais trop d'honneur en le citant commet, pour moi, non seulement une faute mais une provocation : il cite Bernard FRANK et son articles de 1952 publiés dans les Temps modernes et est édité en 1984 avec une postface aux éditions Le Dilettante.
Pas touche mon vieux ! ( je m'adresse au causeur bien sûrs et non à toi cher Taulier). Comme cette chronique m'a été envoyée six minutes passé minuit, j'ai eu le temps de relire le texte de FRANK. Sur 23 pages de texte on ne voit apparaître NIMIER qu'à la 17 ème et le qualificatif HUSSARDS à la 19 ème. Tout le reste est consacré aux GROGNARDS et bien sûr à la littérature en général puisque, d'abord et surtout, c'est de cela qu'il s'agit. Et la littérature ne saurait s'encombrer de la personnalité civile de l'auteur (dans le cas contraire on oublie la qualité littéraire universelle de La Recherche du Temps Perdu de Marcel Proust pour ne retenir que l'homosexualité et son sadisme - torture de rats - ce qui fait qu'assurément aucun membre de la SPA ne lit Proust.)Certes FRANK n'évite pas d'afficher la couleur politique des uns et des autres mais uniquement pour donner la couleur du temps, essentielle dans ces années où s'affrontaient intelligentsia de gauche et de droite (le parti communiste fort, une guerre d'Algérie etc. etc.) mais ils se gardent bien de prendre parti : « que par commodité je nommerais fascistes »page 24 à propos des HUSSARDS. Par ailleurs dans la postface de 1984 on peut lire cette mise en garde : « pourquoi me faire dire ce que je n'ai pas dit, me prêter des pensées que je n'ai pas pensées. » HUSSARDS et GROGNARDS ne furent jamais, ni d'un côté ni de l'autre des courants littéraires et ou écoles de pensée constituée comme telle. Pas plus que les artistes réfugiés à Zurich n'eurent conscience de créer un mouvement artistique : « DADA »même si le mot y a été créé : il y avait déjà divergence entre les artistes. Ce n'est que plus tard que, par facilité, les historiens de toutes sortes ont repris ces termes pour qualifier ces périodes et ces courants. Pour ces historiens la liste des HUSSARDS est plus importante que les 4 concernés par le texte de FRANK : NIMIER, BLONDIN, LAURENT et DEON. Le bavard de Causeur pêche par ce que Alain SOKAL et Jean BRICMONT dénonce dans « L'IMPOSTURE INTELLECTUELLE » Odile Jacob - 1997 - l'utilisation de concepts non maîtrisés et de termes empruntés mais détournés de leur contexte, pour donner une coloration scientifique à leur thèse et/ou écrit. Ainsi LACAN, DELEUZE, GUATTARI etc.etc.( La French Théorie appréciée et enseignée dans les universités américaines ?)
Pour en terminer revenons à l'article de FRANK.Si vous aimez passionnément la littérature et que vous ne connaissez pas ce texte, je peux vous envier car vous allez découvrir un petit bijou d'intelligence, de charme et d'humour avec suffisamment d'ironie et de férocité pour que votre plaisir soit complet. Tout FRANCK est dans cette description de lui même : « Quand on a compris ce qu'est la littérature, que l'on écrit pour ne pas travailler, il est difficile de s'occuper de sa carrière » ( avant dernière page de la postface de 1984)

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