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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 06:00
Pub dans le métro berlinois d’un ophtalmologue qui propose de vous rendre indépendant de vos lunettes et autres lentilles de contact, par une opération au laser

Pub dans le métro berlinois d’un ophtalmologue qui propose de vous rendre indépendant de vos lunettes et autres lentilles de contact, par une opération au laser

Pour faire la nique, et je reste poli, aux autoproclamés défenseurs de la mémoire de Frédéric Dard, c'est du Dard dans un San Antonio « Tout le monde peut se tromper, comme disait un hérisson descendant d'une brosse à habits »

 

Mais moi je vais vous parler de Bardadrac de Gérard Genette

 

« Un Gérard Genette inattendu, plein d'humour, qui regarde son passé et son époque avec tendresse et lucidité. «Bardadrac», c'est le mot-chimère jadis inventé par une de ses amies pour désigner le fouillis de son grand sac à main. Autant dire qu'on trouve de tout dans ce livre : réflexions sur la société contemporaine, ses discours, ses stéréotypes ; souvenirs d'enfance, et d'une jeunesse marquée par quelques engagements politiques ; évocation de grandes figures intellectuelles, comme Roland Barthes ou Jorge Luis Borges ; goût des villes, des rivières, des femmes et de la musique, classique ou jazzy ; rêveries géographiques ; considérations sur la littérature et sur le langage, avec un éclairage corrosif du dialecte des médias ; et autres surprises.

 

Dans cet abécédaire enjoué et souvent ironique, l'auteur des Figures se place à l'intersection du Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, des Chroniques de Vialatte et du Je me souviens de Perec. Un livre revigorant, dont la composition en fragments invite à la promenade et à la cueillette. »

 

Claude Duneton dans le Figaro

 

« L'UNE DES GLOIRES de la sémiologie du siècle dernier, réputée pour la richesse de sa pensée et l'obscurité de son langage, vient de virer sa cuti - comme on dit irrévérencieusement - en publiant un livre plein de légèreté, de saveur et d'insolence. On ne serait pas plus étonné si Kant avait soudain produit un recueil de blagues belges ou un traité de contrepèterie. Bardadrac, mot inventé pour désigner le fouillis d'un sac à main, est conçu par M. Gérard Genette comme un pseudo-dictionnaire où les réflexions, pensées, jeux de mots, souvenirs, confidences, courtes analyses se mêlent, se chevauchent, présentés tout à trac sous l'ordre alphabétique (Le Seuil, 456 p., 21,90€).

 

Tout le livre est malin, et si joliment écrit ! Il est imprégné d'ironie douce, de désillusion non carrément dite, de tristesse voilée comme il sied à un honnête homme qui a beaucoup voyagé, beaucoup appris, énormément réfléchi, et déborde de culture américaine. Le soulignage emphatique de l'anglais est familier à l'auteur : « Bien des gens ne savent pas vraiment ce qu'ils aiment : sans en avoir conscience, ils demandent toujours à autrui (par exemple au diktat du modèle médiatique) de leur dire ce qu'ils doivent aimer. » Très juste !

 

Le livre fourmille de satires dont certaines semblent sortir de chez La Bruyère - voir mégalauque. On y saute d'un clocher roman à une définition de l'homme, à des souvenirs de jeune militant : « La rue d'Ulm passait chez les politiciens de droite pour le bastion communiste qu'elle n'était pas tout à fait, malgré nos efforts, à quoi résistaient quelques-uns, non sans mérite », à l'agonie de la mère aux lèvres desséchées « qu'on ne cessait d'humecter avec un linge mouillé ».

 

La suite ICI 

 

Gérard Genette saute et gambade 

 

LE MONDE DES LIVRES | 26.03.2014 par Jean-Louis Jeannelle

 

« Il y a de cela huit ans, en 2006, Gérard Genette faisait paraître un nouveau livre au titre énigmatique, Bardadrac, dans une collection quelque peu sulfureuse pour un théoricien bon teint : « Fiction & Cie ». Ses lecteurs en furent déboussolés, tout étonnés que le pape de la critique formaliste fût également un écrivain. »

 

Bardadrac surprit tout le monde et valut à Genette un nouveau public. Composé de fragments de longueurs variables et classés par ordre alphabétique, le volume brassait souvenirs intimes, digressions théoriques, portraits d'amis plus ou moins célèbres ou encore dictionnaire des idées reçues. Le tout rehaussé par un humour corrosif dont les critiques s'étonnèrent, mais où les habitués reconnurent le propre de Gérard Genette, celui qui n'hésite pas à juxtaposer aux propos les plus sérieux une liste de « mots-chimères », en digne héritier de Lewis Carroll et de Joyce – « Anarchiviste : bibliothécaire bordélique », « Burlesconi : politique italien», « Crucifiction : sans commentaire », « Phallacieux : se dit d'un sophisme sexiste »…

 

Le pli était pris : en 2009, Genette prolongea Bardadrac d'une addition, baptisée Codicille, suivie en 2012 d'Apostille et, aujourd'hui, d'Epilogue.

 

 

BESTIAIRE

 

« L’éléphant se laisse caresser, le pou, non. »

Lautréamont

 

La pervenche n’est pas un oiseau : vous confondez avec la mésange.

 

La girolle n’est pas un poisson : vous confondez avec la girelle.

 

Le chevreau n’est pas le fils du chevreuil.

 

Le porcelet n’est pas le mari de la porcelaine.

 

La chouette n’est pas la femelle du fourmilier mais tout le monde peut se tromper, comme disait le hérisson en redescendant d’une brosse à cheveux.

 

L’alouette, qui jadis vous tombait toute rôtie dans la bouche, n’est plus guère connue que par la recette de son pâté, mi-alouette mi-cheval soit une alouette, un cheval, etc.

 

La grenouille, d’ailleurs, n’est pas la femelle du crapaud ; ce n’est pas elle qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, mais bien lui, et lui encore qui aspire sans pouvoir l’expirer tout l’air qu’on lui offre au moyen d’un tuyau ou d’une cigarette, et dont il ne peut que crever ; ne lui faites jamais ça, si vous ne voulez pas qu’on vous le fasse ; la grenouille, elle, n’aspire qu’à un roi, dont elle se mordra les doigts.

 

« Le biologiste passe, la grenouille reste. »

Jean Rostand

 

Mais ce n’est plus la même ; elle vit dans le bénitier, la punaise dans la sacristie, le cafard dans le confessionnal, les corbeaux dans le clocher : chacun son métier.

 

De mémoire de drosophile, on n’a jamais vu mourir un généticien.

 

« La vache à quatre pattes qui descendent jusqu’à terre, ce qui facilite la tâche du vacher : pour recenser son troupeau, il compte les pattes et divise la somme par quatre. »

Alexandre Vialatte

 

La carpe et le lapin ne passent pas leurs vacances de noces ensemble.

 

Le lapin et le canard jouent à cache-cache.

 

« Les juments ne sont pas engrossées par le vent. »

Virgile, qui la répand, n’était pas dupe de cette légende.

 

La vipère est lubrique, le rat visqueux, l’hyène dactylographe.

 

La souris ne peut rien sans la puce.

 

Une souris qui accouche d’une montagne, c’est une erreur de casting.

 

La chauve-souris n’est chauve ni souris.

 

Un bouc-émissaire peut-il être une vache à lait ? – Oui, et même, ça aide ses bourreaux.

 

L’œuf de Christophe Colomb n’est pas un œuf de colombe.

 

La musaraigne comme son nom l’indique, naît du croisement d’une souris (mâle) et d’une (araignée femelle), ou inversement.

 

L’orfraie ne pousse des cris que lorsqu’on la prend pour une effraie.

 

Le colibri, hybride de mouche et d’oiseau, est géostationnaire, comme l’alouette.

 

L’ornithorynque est inclassable.

 

La limace est incassable.

 

La cigogne ne demande rien à la fourmi.

 

La tortue brise à coup d’écaille le crâne des poètes tragiques.

 

Le chagrin a de moins en moins de peau.

 

Le congre n’est pas malingre, nongre.

 

La perche n’est pas facile à saisir.

 

« Le gerfaut naît dans un charnier. »

Heredia

 

Le paon n’est pas toujours grand.

 

« L’escargot va lentement, mais il ne recule jamais. »

Vialatte

 

Le zèbre n’ôte jamais son pyjama.

 

La murène adore les esclaves.

 

Les cornes de la gazelle sont comestibles.

 

Le renard aime les raisins, mais leur préfère un fromage ; celui de ma mère orné de faux yeux en verre qui me fascinaient, ne quittait son armoire que pour les grandes occasions.

 

L’anguille ne se met jamais au vert : il faut un Flamand pour l’y mettre.

 

Le flamant, lui, dort sur une seule patte, comme le fakir.

 

Le pinson est toujours gai.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Jacques 08/09/2016 08:15

Tout le monde peut se tromper, a t'il déclaré, imitant en cela le hérisson qui descendait de sur une brosse à cheveux. San-Antonio Ça tourne au vinaigre.1956

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