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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:00
Ne sortez pas vos mouchoirs de  Cholet « c’est un territoire de faiseux, pas de diseux. Ici on travaille, on s’accroche, et si on s’y casse la figure, on s’entraide. On rebondit toujours. »

Je dédie cette chronique à Olivier Legrand, exilé en Champagne, qui n’a jamais osé, au temps où j’étais encore jeune, répondre à mon défi de 1 contre 1 à Beaublanc le temple du basket français. Il se console d’avoir quitté le pont d’Avignon avec la gare des Célestins classée comme la plus belle de France. 

 

Cholet capitale du mouchoir !

 

 

C’est de l’histoire ancienne et dans son Tour de France des villes incomprises Vincent Noyoux a su saisir l’esprit profond de la Vendée du haut-bocage.

 

« … le choletais, ce petit pays du Maine-et-Loire sans Maine ni Loire, écartelé entre l’Anjou et la Vendée… »

 

La Vendée militaire quoi !

 

 

La Vendée industrieuse !

 

La Vendée basketteuse !

 

«Les raisons de ce dynamisme entrepreneurial, sportif et associatif sont à chercher dans les profondeurs géographiques, ethnologiques et historiques du bocage vendéen.»

 

« Une hypothèse se dessine. « Le bocage est un territoire enclavé qui est un frein à la circulation des idées, mais il favorise aussi l’entraide et la solidarité du terroir. »

 

« Ainsi expliquerait-on la remarquable résistance de la paysannerie vendéenne face aux armées révolutionnaires, voilà un peu plus de deux siècles. Après d’âpres combats dans les Mauges, au nord de Cholet, la ville fut mise à sac par les armées républicaines en 1793. »

 

« Les Vendéens (Choletais inclus) sont-ils devenus tenaces et bosseurs à cause de la Révolution, ou l’étaient-ils avant ? »

 

« … le bocage affiche une santé économique et morale qui surprend dans le paysage rural actuel. Et tout cela sans le moindre éclat. On ne claironne pas ici sa réussite sociale ni même sa fierté vendéenne. On est comme ces petites maisons de tisserands alignées en rang, que l’on croise ici et là en centre-ville : modeste s, ternes, presque invisibles à force de discrétion, et pourtant bien debout, faisant front. »

 

« Dans cette morne campagne de haies et de prés à vaches, on a d’abord tissé (le linge et les fameux mouchoirs) avant de fabriquer à façon. Une culture du travail a pris corps en même temps qu’un réel savoir-faire dans le domaine du textile, de la maroquinerie et de la chaussure. Aujourd’hui encore, chaque village ou presque compte un atelier de sous-traitants pour les marques grand public (Kickers, le groupe Zanier) ou prestigieuses (Longchamp, Vuitton, Dior, Agnès B, Yves Saint-Laurent, Hermès, Balenciaga)… On travaille à façon à l’abri des regards, dans des bâtiments anonymes, sous des d’entreprises que personne ne connaît. L’usine à la campagne. »

 

Mais Cholet c’est aussi le basket.

 

L’ancien de la Vaillante Mothaise, un club patro comme il se doit dans ce pays de curés, au temps de sa splendeur est allé souvent jouer dans ce haut-bocage vendéen. En ce temps-là les clubs qui portaient haut le basket étaient l’ABC Nantes, Challans et la Vendéenne de la Roche-sur-Yon.

 

 

Comme le souligne avec malice Vincent Noyoux « Pour une raison qui m’échappe, le championnat de basket français a toujours été mené par de paisibles bourgades de province. Limoges, Dijon, Pau-Orthez, Cholet, Gravelines ou Chalon-sur-Saône y tiennent le premier rang. »

 

« À l’heure où aux USA, les Chicagos Bulls de Michael Jordan, les Lakers de Magic Johnson enflammaient la NBA, ici les rencontres au sommet opposaient l’Élan béarnais de Didier Gadou (Pau-Orthez) au Cercle Saint-Pierre de Richard Dacoury (Limoges), Cholet jouait les poils à gratter auprès de ces deux-là. Son leader était un grand échalas du coin, Antoine Rigaudeau, et le maillot du club arborait le logo de la brioche industrielle Pitch. »

 

Lorsque l'auteur a visité Cholet « à huit journées de la fin, Cholet se traîne en queue de championnat. Classé 15e sur 18, le club reste sur une série de cinq défaites à domicile. L’ombre de la relégation plane dangereusement. Pas de quoi refroidir l’ardeur des supporters. À chaque rencontre, la salle c’est la Meilleraie : 5000 places affiche complet. C’est un hangar chauffé à blanc que je découvre une demi-heure avant le match. Il y règne l’excitation d’un grand évènement de famille. Les hommes boivent un coup de muscadet à la buvette, les dames gardent la place en tribune, un bébé dort à poings fermés malgré la sono assourdissante. »

 

Du côté sponsor « hier c’était Pitch, aujourd’hui Charalito (Charal), et demain ? Ainsi va la vie dans le cycle infini des sponsors qui tuent… »

 

 

« L’adversaire du soir, Rouen, porte un maillot bleu, la couleur des républicains lors des guerres de Vendée. Cholet arbore un maillot blanc (la couleur des royalistes) et rouge (comme le cœur vendéen). »

 

« À la mi-temps, les royalistes sont menés de 8 points. Une énième défaite se profile. Le public siffle, tonne, gronde. Les fanfares s’époumonent. »

 

« Touchés dans leur orgueil, les joueurs choletais réagissent enfin. À la façon des chefs vendéens, ils opèrent par raids tranchant dans les lignes adverses […] L’écart se resserre, la foule trépigne. Les Rouennais balbutie, Delaney se camoufle dans une futaie puis surgit du fossé pour porter l’estocade. Cholet l’emporte de cinq points dans une ambiance de liesse populaire. Qu’importe que les généraux vendéens soient des confédérés d’Amérique. La victoire des Blancs est belle. »

 

« La foule se disperse sur le parking de la Meilleraie. Telle une armée de l’ombre sûre de sa force, elle s’en va rejoindre le bocage. Là où tout a commencé et là où tout fini. »

Limoges-Bénédictins, Haute-Vienne, 1929. C’est la plus belle gare de France, grâce à sa coupole et à son campanile de 67 mètres de haut, mais surtout ses vitraux finement ouvragés et sa décoration intérieure. Construite au-dessus des voies, la gare des Bénédictins est aussi un nœud ferroviaire. Dans un spot publicitaire, assez irréaliste d’un point de vue géographique, Audrey Tautou y embarque pour Istanbul.

Limoges-Bénédictins, Haute-Vienne, 1929. C’est la plus belle gare de France, grâce à sa coupole et à son campanile de 67 mètres de haut, mais surtout ses vitraux finement ouvragés et sa décoration intérieure. Construite au-dessus des voies, la gare des Bénédictins est aussi un nœud ferroviaire. Dans un spot publicitaire, assez irréaliste d’un point de vue géographique, Audrey Tautou y embarque pour Istanbul.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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