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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 06:00
Macaronis ! Macaronis ! Macaronis ! Vita di merda !!! « La Belgique, pays du bonheur ! »

« Avec Macaroni il n’est pas question de pâtes, mais bien de ces immigrés italiens venus en Europe à partir de la fin du XIXème siècle pour trouver du travail dans les bassins miniers du Nord de l’Europe (en Belgique, en l’occurrence).

 

 

« Cette immigration s’est faite dans la douleur. Quand je me souviens de ce que disait ma grand-mère, elle évoquait avec nostalgie le lien qu’elle avait encore avec l’Italie qu’elle n’avait pas quitté de gaîté de cœur. Quand on émigre, le lien avec la terre natale reste fort. » Indique Vincent Zabus le dessinateur de cette bd toute en délicatesse. Il est italien et sa famille a connu l'immigration.

 

« Ottavio est l’un d’eux. Pour bâtir son histoire, Vincent Zabus s’est inspiré de la vie rocambolesque du père d’Inès, une de ses amies, qui l’avait frappé. Un homme aigri qui avait le sentiment d’avoir raté une vie bousculée par les aléas de l’Histoire.

 

Macaroni c’est une histoire, celle d’Ottavio, dans la grande Histoire dont Zabus. Le récit de Vincent Zabus dévoile en effet l’histoire de générations qui se rencontrent enfin, le pépé et son petit-fils qui ne se voyaient qu’une fois l’an, de la découverte d’un passé familial empreint de déracinement et de renoncement, d’identités oubliées. Le travail de scénariste qui a revu plusieurs fois sa copie comme il l’explique dans la postface.

 

« Le tout est brillamment mise en image par Thomas Campi (un dessinateur d’origine italienne : impossible d’y voir un hasard). Au long de ces cent vingt-cinq planches, Campi développe un dessin enlevé et lumineux, bien loin des clichés gris de la cité minière, et qui symbolise toute la force des sentiments de cette communauté italienne. »

 

 

L’histoire se focalise donc sur les rapports entre le grand-père et le petit-fils, de la non-relation initiale, planche après planche le « vieux chiant » et le stupidino apprennent à se connaître, avec peu de mots de VC, beaucoup plus de la part du gamin, ils se comprennent et s’aiment. L’écriture de Zabus est efficace et ne tombe jamais dans le pathos en dépit de la somme des non-dits familiaux, des fantômes du passé qui hante la vie d’Ottavio : la mine, la guerre, la lettre des chemins de fer italiens non transmise, Giulia, sa femme décédée…

 

 

« Je me suis toujours laissé faire. Et j’ai tout laissé filer.

 

- Tout quoi ?

 

- Toute ma vie.

 

[…]

 

« À trois ans mes parents m’ont donné à ma tante.

 

- Donné ? !

 

- Oui. Elle avait pas d’enfants. Et mon père, il en avait beaucoup. Alors, il m’a envoyé vivre chez sa sœur. C’était comme ça….

Au début j’ai pleuré. Puis j’ai compris qu’être fils unique de ma tante c’était mieux qu’un des sept de mes parents. Très heureux, j’ai été avec elle. Puis elle est morte. J’avais douze ans…

Je suis retourné chez mes parents. Là, j’ai vite compris que c’était plus chez moi. Pour eux, j’étais devenu le fils de ma tante…

Puis, à 18 ans, on m’a envoyé à la guerre. Benito Mussolini, il m’a dit de tirer. Je ne savais pas sur qui mais j’ai dit oui…

Puis on m’a dit « Va en Belgique ! » J’ai dit oui ! « Descends à la mine » ? Oui ! « Crève de misère » ? Oui !...

Oui, oui, oui…

J’ai jamais décidé de rien ! Rrr… Comme si cette vie n’était pas la mienne ! …

Jamais je me suis senti chez moi quelque part. Jamais !

 

- Mais en Belgique…

 

- La Belgique ? ! Tu sais comment les gens d’ici nous appelaient quand on est arrivés ? Les Macaronis…

 

Macaronis ! Macaronis ! Vita di merda !!!

 

Une BD à acheter absolument !

 

Macaronis ! Macaronis ! Macaronis ! Vita di merda !!! « La Belgique, pays du bonheur ! »
Macaronis ! Macaronis ! Macaronis ! Vita di merda !!! « La Belgique, pays du bonheur ! »
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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

pax 05/08/2016 10:32

Sacrés ritals ! Leurs " diaspora " à permis à la pizza de devenir peut être le plat le plus universel qui soit et faire de leur grappa, là encore, un des digestifs connu et apprécier dans le monde entier alors que notre marc de bourgogne ou autre n'en finit pas de se survivre. Et puisqu'on en est à la nostalgie
rappelons qu'avant d'atteindre la Belgique il leur fallait traverser les Alpes. Voir la très belle chanson d'Herbert PAGANI qui, comme sont nom ne l'indique pas n'était pas italien mais a su traduire cet esprit bon enfant , plein de vie et d'humour : " Le train de l'espoir "

Dernier tunnel et puis c'est la frontière
Faudra montrer nos têtes et nos passeports
On n'a plus rien, on va savoir tout faire
Pour travailler nos bras sont les plus forts
(Pour travailler nos bras sont les plus forts)

Bonjour la Suisse, la France et l'Angleterre
C'est pour la vie ou c'est pour la saison
Qu'on vous apporte des heures supplémentaires
À faire craquer valises et baluchons
(À faire craquer valises et baluchons)

Le ciel est gris et grises les usines
Et grise aussi la tête du patron
Sur les chantiers pareil que dans les mines
Quand on nous voit, on crie "C'est l'invasion !"
(Quand on nous voit, on crie "C'est l'invasion !")

Dans nos dortoirs on passe des nuits blanches
À s'échanger des cartes d'Italie
On travaille dur en attendant dimanche
Quand c'est dimanche c'est déjà lundi
(On travaille dur en attendant dimanche
Quand c'est dimanche c'est déjà lundi)

Sur les chantiers, on fait monter les briques
On fait pousser les digues et les maisons
T'as pas d' soleil, t'en veux, on t'en fabrique
Quand on travaille y a toujours des chansons
(T'as pas d' soleil, t'en veux, on t'en fabrique
Quand on travaille y a toujours des chansons)

Si un couteau règle une affaire de filles
C'est le sang chaud qui nous tient prisonniers
De toute façon, c'est pas derrière les grilles
C'est au boulot qu'on va vraiment crever
(C'est au boulot qu'on va vraiment crever)

Un beau matin, adieu les Angleterre
Les yeux trop bleus, la neige et le charbon
Merci mon Dieu, on a gagné la guerre
Et les jardins s'allument de citrons
(Merci mon Dieu, on a gagné la guerre
Et les jardins s'allument de citrons)

Quand ils auront conquis toutes les planètes
C'est encore nous qui irons les défricher
Et dans le ciel partout ce sera la fête
Et le parfum celui des orangers
(Et dans le ciel partout ce sera la fête
Et le parfum celui des orangers)

Lalalaï laïlaï laïla...

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