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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 08:00
CHAP.17 extrait sec, « vous allez monter la première marche qui va vous mener à la salle à manger des petits bourgeois... » et Emmanuel Tood dans tous ses états.

L’absence, le silence, l’oubli peut-être, je ne pouvais que subir. Me taire, ravaler ma fierté, me réfugier dans l’écriture. Ne rien lâcher, résister. Surtout ne pas geindre, me plaindre, pester contre le sort. C’est dans la douleur muette et la colère contre soi-même que l’on peut espérer accoucher ce que l’on porte au plus profond de soi-même. Je m’y employais en retrouvant Marie.

 

« Le matin nous allions à vélo, par le sentier côtier, jusqu'à l'anse des Vieilles. Au soleil levant l'eau, d'une extrême transparence, semblait de pur cristal. Marie l'intrépide s'y plongeait sans la moindre hésitation et, de son crawl fluide et silencieux, elle filait vers le large. Moi je m'adossais à la pente sableuse pour lire. De temps à autre je relevais les yeux pour repérer le point blanc du bonnet de bain de ma naïade favorite. La montée du soleil m'emplissait d'une douce chaleur mais je ne pouvais réchauffer la pointe d'angoisse qui ne disparaîtrait que lorsque Marie serait de nouveau à portée de ma brasse minable. L'océan, avec ses airs paisibles, me déplaisait. Je connaissais sa nature profonde, charmeuse et hypocrite comme celle de tous les puissants. À la fin juillet, en un accès de rage soudain, de ses entrailles obscures, il avait enfanté une tempête féroce. Avec Marie, blottis dans la faille d'une falaise, à l'abri du vent et des embruns, pendant des heures, nous nous étions grisés de ses outrances. Dans le grand lit de la Ferme des Trois Moulins, ce soir-là, pour conjurer mon angoisse, j'avais pris Marie avec une forme de rage désespérée. Après notre étreinte, blottie dans le creux de mon épaule, elle m'avait dit « tu m'as baisé mon salaud et c'était vachement bon... »

 

Marie m'ôta ce carcan de froideur. Moi le silencieux, le garçon qui tient tout sous contrôle, je me laissais aller à lui confier mes peurs et mes faiblesses. Cet abandon je le devais à l'absolue certitude, peut-être que le temps m'aurait démenti, que jamais Marie ne retournerait ces armes contre moi. Nous étions si différents, nos origines étaient aux antipodes, mais notre nous s'érigeait sans question, avec naturel. Elle me donnait la chance de m'aimer moi-même, de me départir de la protection de mes hautes murailles. Jamais nous ne faisions de projets. Nous vivions. À chaque moment, seuls ou ensemble, nous inventions notre vie. Tout ce j'écris semble idyllique, une reconstruction du passé idéalisée, alors que nous eûmes des orages, des divergences mais ce ne furent que des scories dont nous avions besoin de nous débarrasser. J'abordais notre vie à deux avec dans ma besace de jeune homme rien de ce qui encombre les gens de mon âge : tous ces désirs refoulés qui le jour où la flamme décline resurgissent à la surface.

 

Pour maman j'étais l'expression la plus aboutie de ce qu'une mère pouvait rêver. Ses amies lui disaient « Madeleine comme vous en avez de la chance, votre Benoît a tout pour lui... » Ce statut d'enfant doué, à qui l'on donnait le bon dieu sans confession, j'en avais joué tout au long de ma prime jeunesse pour préserver mon petit jardin d'intérieur mais aujourd'hui, introduire entre maman et moi, une femme aimée, celle avec qui je voulais partager mes jours et mes nuits, n'était pas chose simple. Jusqu'à ce jour, même si mon goût pour le butinage devait lui causer quelques frayeurs, un accident était si vite arrivé en ces temps obscurs, ma chère maman s'accommodait fort bien de ne voir aucune fille s'installer dans mon coeur d'artichaut. Lors de ma dernière visite je m'étais bien gardé de préparer le terrain. Maman n'avait rien perçu, les mères aimantes sont aussi aveugles que les maris trompés, ou les épouses d'ailleurs. Pas un mot sur Marie, je m'en voulais de ce manque de courage et, chaque matin qui se levait, je me disais que j'allais lui écrire une belle lettre et, chaque soir, en me glissant au plus près du corps de Marie, la mauvaise conscience s'installait. Comment le lui dire ? Lui dire tout simplement.

 

Dans nos conversations, parlant de mon pays crotté, de mon enfance de sauvageon, de mes ballades dominicales dans les métairies, avec mon père, pour voir ses clients si peu pressés de lui régler son dû, je ne cessais de dire à Marie « Tu vas lui plaire, il va t'adorer... » ce qui me valait en retour de ma douce et tendre un beau sourire ponctué d'un regard rieur que je traduisais « … et ta maman, elle, elle va me détester. Je suis une voleuse, la rivale absolue, celle par qui le cordon invisible se rompt pour toujours... » Jamais elle n'allait au-delà, Marie attendait. À la veille du 15 août je revins de Port-Joinville avec deux allers-retours pour le continent. « Je vais te présenter à maman Marie... » Son regard se voilait d'un léger nuage et, pour faire diversion, elle voltait pour que sa jupette tournoie « je vais tout faire pour lui plaire mon Benoît… » Achille, lui aussi, esquissait une gigue pataude. Jean, de derrière son journal ouvert, en bon célibataire inoxydable commentait « vous allez monter la première marche qui va vous mener à la salle à manger des petits bourgeois... »

 

Et pendant ce temps-là la vie de tous les jours suit son cours avec son lot d’horreurs déchainant sur les réseaux sociaux la haine ordinaire de ceux qui n’en peuvent plus de n’être que ce qu’ils sont : des moins que rien.

 

Emmanuel Tood, à l’image de notre caste intellectuelle, qu’il pourfend pourtant, est tout à la fois un historien, un anthropologue, un démographe, un sociologue et un essayiste. L’homme parfait, bien fait, qui sait tout sur tout, sûr de lui et dominateur, arrogant et méprisant sous des dehors de fausse humilité. Et pourtant il faut le lire attentivement. C’est ce que je fais.

 

Atlantico : Le 23 juin, le Royaume-Uni a fait le choix de sortir de l'Union européenne. Emmanuel Todd, on vous imagine très satisfait de ce résultat…

 

Emmanuel Todd : C'est une évidence mais ce n'est pas vraiment le problème. Je m'intéresse à ce qui se passe en tant qu'historien de l'Ecole française de la longue durée, celle de Fernand Braudel et de mon maître Emmanuel Le Roy-Ladurie; j'essaye de m'extraire du court-termisme de l'agitation des hommes politiques. Le Brexit fait partie d'un phénomène global sur lequel je travaille et qui concerne l'ensemble des sociétés les plus avancées, incluant l'Amérique, le Canada, l'Australie, le Japon : la divergence. Les démographes savent que les niveaux de fécondité sont très différents, que certaines populations se reproduisent, que d'autres n'y arrivent pas, que certaines doivent donc faire appel à l'immigration et d'autres non ; les travaux d’Atkinson et de Piketty montrent que la vitesse et l’ampleur de la montée des inégalités sont différentes.

 

L’anthropologie des structures familiales permet de comprendre l’origine de ces différences et de cette divergence généralisée. Ce qui se passe actuellement, dans le contexte de la globalisation, ce n'est pas seulement que les cultures nationales résistent, mais que le stress et les souffrances de la globalisation conduisent les sociétés, non pas à s'ouvrir plus et à converger, mais au contraire, à trouver en elles-mêmes, dans leurs traditions et dans leurs fondements anthropologiques, la force de s’adapter et de se reconstruire. C'est ce que j'observe, et ce, bien au-delà du contexte européen.

 

Le Japon est dans une période de recentrage sur lui-même, des gens rêvent de la période d'Edo durant laquelle le pays se développait de manière autonome, et à l'insu de l’Europe. Ce sont des forces du même ordre qui ont permis l'émergence de candidats comme Bernie Sanders ou Donald Trump aux Etats-Unis, et qui exigent une sortie du "consensus de Washington" et du discours mondialisé, avec un rêve de refondation de la nation américaine.

 

En Europe, c'est encore plus intéressant parce que nous sommes un système de vieilles nations. L'Europe s’est engagée la première dans ce processus parce que l'Allemagne est partie la première. La problématique du retour à la nation a été imposée à l’Allemagne en 1990 par sa réunification. C’était son devoir, elle devait reconstruire sa partie orientale. Elle a eu une sorte de temps d'avance qui l’a menée, presque par accident, à sa situation de prééminence sur le continent européen depuis 2010 environ. Le deuxième pays en Europe qui se soit recentré sur un idéal national, après bien des troubles, c'est la Russie. L'Empire soviétique s'est décomposé, la Russie a traversé une période de souffrances terribles entre 1990 et 2000, mais l'accession de Poutine a finalement incarné ce retour de la Russie à un idéal national, recentré sur une notion néo-gaulliste d'indépendance. Il a fallu une quinzaine d'années aux Russes pour se retrouver en situation économique, technologique et militaire de ne plus avoir peur des États-Unis. Ce que l'on a pu constater, par étapes, en Géorgie, en Crimée, puis en Syrie. On en arrive àune situation où les armées occidentales qui veulent survoler la Syrie doivent demander l'autorisation aux Russes.

 

Ce référendum sur le Brexit, dans cette logique, c'est l'étape numéro 3 : la réémergence du Royaume-Uni en tant que nation.

 

Et quelle serait la spécificité du Royaume-Uni dans cette dynamique de retour à la nation ?

 

Ils ne sont pas les premiers mais c'est probablement l'étape la plus importante parce que c'est l’un des deux pays leader de la mondialisation. Avec Margaret Thatcher, ils avaient un an d'avance sur les Etats-Unis dans la révolution néo-libérale. Ils font partie de ces pays qui ont les premiers impulsé cette logique. Un re-basculement anglo-américain vers l’idéal national est plus important que l'émergence allemande ou la stabilisation russe. Depuis le XVIIe siècle, l'histoire économique et politique du monde est impulsée par le monde anglo-américain. La nation anglaise a deux caractéristiques combinées et contradictoires. Il s'agit d’abord de la culture la plus individualiste d'Europe, la plus ouverte ; c'est le pays qui a inventé la liberté politique. Ensuite, et paradoxalement, c'est aussi une identité nationale à base ethnique pratiquement aussi solide que celle des Japonais. Comme les Japonais, les Anglais savent qui ils sont.

 

Si l'on suit votre raisonnement de retour à la nation, après l'Allemagne, la Russie, et maintenant le Royaume-Uni, quel pays est le suivant ?

 

Pour accepter ce que je vais dire, il faut sortir des poncifs sur l'Angleterre, ces Anglais bizarres qui ont des bus à deux étages, qui roulent à gauche, qui ont de l’humour, une reine respectée, etc…Tout cela est vrai. Mais il faut surtout voir les Anglais en leader de notre modernité, dans la longue durée braudélienne. La révolution industrielle est venue d'Angleterre et d’Ecosse, et elle a économiquement transformé l'Europe. Les révolutions industrielles française, allemande, russe et les autres n’en sont que les conséquences. Mais avant même la transformation économique, les Anglais ont inventé notre modernité libérale et démocratique. Le véritable point de départ, c'est 1688, ce que les Anglais appellent la "Glorious Revolution" par laquelle la monarchie parlementaire a été établie. Si vous lisez les "lettres anglaises" de Voltaire de 1734, vous verrez son admiration pour la modernité anglaise, avec des choses très drôles sur les quakers ou l'absence de vie sexuelle de Newton. En 1789, le rêve et l’objectif des révolutionnaires français, c'est de rattraper l'Angleterre, le modèle de la modernisation politique. C’est le modèle, que j’accepte, de Daron Acemoglu et James Robinson, dans leur bestseller Why Nations Fail, d’autant qu’ils sont très sympas pour la France; ils soulignent que l'apport de la Révolution française à l’ensemble du continent a été capital, que notre Révolution a généralisé l’idéal d'inclusion du peuple. Reste que c’est l'Angleterre qui a inventé le gouvernement représentatif.

 

Dans ce contexte, il n'est pas illogique de constater que le premier référendum qui aura vraiment des conséquences pour l'Union européenne, le référendum historique, a eu lieu au Royaume-Uni. Un référendum est une procédure inhabituelle en Angleterre. Mais l'objet de ce référendum, et cela est très clair, c’est que la première motivation des électeurs du Brexit, selon les sondages "sortie des urnes", c'est, avant l’immigration, le rétablissement de la souveraineté du Parlement. Car jusqu'au Brexit, le Parlement anglais n'était plus souverain alors que le principe de philosophie politique absolu pour les Anglais, c'est la souveraineté du Parlement.

 

Je conclus : logiquement, l'étape numéro 4, après le réveil de l'Allemagne, de la Russie, et du Royaume Uni, doit être le réveil de la France. Suivre les Anglais est conforme à notre tradition révolutionnaire.

 

A vous entendre, finalement, et en suivant votre logique, l'axe qui convient pour "changer l'Europe", n'est plus le couple franco-allemand, mais le couple Paris-Londres ?

Oui. Il y aura une Europe des nations. Mais dans cette Europe des nations, pacifique, j’espère, il y aura toujours des problèmes d'équilibre des puissances et, bien entendu, l'Allemagne va rester quelques temps encore la puissance économique prédominante. A moyen terme, la crise démographique et l’aventurisme migratoire des Allemands laissent présager une grave crise politique dans le pays, et sur le continent - mettons dans les 20 ans qui viennent.

 

L’une des fautes majeures des dirigeants français est de ne pas avoir compris, de ne pas avoir été capables d’anticiper que le bon rééquilibrage avec l'Allemagne, ce n’était pas l’euro, qui nous détruit, mais l’axe Paris-Londres, inéluctable à moyen terme, qui ne définira pas un couple de circonstance parce qu’il est dans la logique des forces et des cultures.

 

Il y a un grand mensonge des élites françaises lorsqu’elles prétendent se méfier de l'Angleterre. C'est en réalité le seul pays européen auquel nous faisons absolument confiance et c’est pour cela que c’est le seul pays avec lequel on peut efficacement collaborer sur la sécurité militaire. Ce n'est pas technique, cela révèle un rapport de confiance extrêmement fort. Continuons à dévoiler la réalité. Il n’y a que quelques dizaines de milliers de Français à Berlin alors qu’il y en a des centaines de milliers à Londres. Comme il y a des Anglais en France. Il y a deux mégalopoles jumelles en Europe, qui sont Londres et Paris. Les dynamiques démographiques des deux pays sont les mêmes, proches de deux enfants par femme. Le discours sur l’opposition entre l'Angleterre néolibérale et inégalitaire et sur la France de l’Etat social contient un élément de vérité, mais lorsque l'on observe ces deux pays, on voit qu’ils évoluent en parallèle, sur l’oppression des jeunes, les privilèges des vieux. Toutes les nations sont différentes. Mais l’objectivité comparative doit nous faire admettre que le véritable monde étranger, avec ses jeunes si rares, ses loyers bas dus à la dépression démographique, son union structurelle de la gauche et de la droite, son autoritarisme social, c’est l’Allemagne, pas l’Angleterre.

 

Et comment s’opérera cette période de transition vers une Europe des Etats-nations ?

 

D’abord sur le continent, malheureusement par une accélération et une accentuation de la dérive antidémocratique. Désormais, avec une Angleterre libérale qui nous a quittés pour se refonder, les ordres vont arriver encore plus brutalement de Berlin. Sans masques. Les classes dirigeantes – pardon dirigées – françaises doivent s’attendre à être publiquement humiliées. N’oublions pas qu’avec le départ des Britanniques, les Etats-Unis aussi perdent définitivement le contrôle de l’Allemagne. Avec le Brexit, la germanosphère prend son indépendance officielle. Le niveau de contrôle des Américains, avait été bien affaibli par le "Nein" stratégique allemand à la guerre d’Irak. Nous avons pu constater l’impuissance américaine dans le refus catégorique des Allemands d’obéir aux injonctions économiques des Etats-Unis, les adjurant de contribuer à la relance économique mondiale en augmentant leurs dépenses. Le Brexit, c’est la fin de la notion de système occidental. Tous les réalignements sont désormais possibles. C’est la vraie fin de la Guerre froide. Et Poutine, par ses commentaires extrêmement prudents, montre qu’il l’a compris.

 

La situation devient dangereuse, effectivement, mais pas pour les raisons avancées par les euroconformistes.

 

C’est vrai, on garde cette sécurité qui vient du fait que personne ne veut la guerre, que nos populations sont vieilles, et riches encore, pour quelques temps. Mais il y a des éléments violents d’affirmation nationale. Il y a la violence de la prise de contrôle économique du continent par l’Allemagne. Il y la violence de la politique allemande d’immigration qui suit logiquement sa politique austéritaire de destruction des économies de la zone euro, avec ce rêve hyper violent de l’Allemagne de récupérer pour sa propre économie les jeunes qualifiés espagnols, italiens, portugais, grecs et bientôt français, réduits au chômage. Il y a la violence avec laquelle l’Allemagne a rejeté les Etats-Unis.

 

L’anti-américanisme français est une blague comparé à celui de l’Allemagne. Je pense que les Allemands considèrent la victoire américaine de la Seconde Guerre mondiale comme illégitime parce qu’ils savent que la vraie victoire, celle du terrain, fut celle des Russes, qui ont fourni 90% de l’effort humain. La politique américaine de maltraitance de la Russie après l’effondrement du bloc soviétique fut une énorme faute stratégique. Les Américains, ivres de leur réussite dans la Guerre froide, ne se sont pas rendus compte qu’ils déstabilisaient l’Allemagne. Les Américains ont humilié les vrais vainqueurs de l’Allemagne, les Russes, ce qui revenait à dire, dans un certain sens, que la Seconde Guerre mondiale n’avait même pas eu lieu. Plus de vainqueur, plus de vaincu. Dès lors, l’Allemagne a été libérée de son passé. La stratégie américaine anti-russe a détruit la prise américaine sur l’Allemagne. De leur côté, les Français, au lieu d’agir comme un contrepoids à l’Allemagne en copinant avec les Anglais, ont passé leur temps à dire que l’Allemagne était merveilleuse. Leur servitude volontaire a contribué à renationaliser l’Allemagne.

 

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Et puis une parole nue et vraie : Va, vis et deviens Français

6 février 2015

Le témoignage d'Ahmed Meguini, athée.

 

« Je m’appelle Ahmed et je ne suis pas Musulman. Habituellement, comme tous les athées, je le tais. D’abord parce que c’est intime, l’athéisme est une solitude et la solitude ça ne se partage pas. Il y a une autre raison : j’ai souvent eu peur de froisser mes ex- coreligionnaires. Pour un grand nombre de Musulmans, je suis ce qu’il y a de pire : un apostat. Dans la plupart des pays musulmans, je risquerais la mort pour cela.

 

Je suis un citoyen français et je n’ai pas d’autre identité à défendre que celle qui a permis mon émancipation. Je suis libre de croire ou de ne pas croire et pourtant, pour ma sécurité, jusqu’à aujourd’hui, j’ai cru bon de ne pas exposer ma non–foi.

 

Cette lâcheté, que j’assume comme telle, n’est plus permise aujourd’hui. En nous attaquant et en nous tuant, les assassins on révélé une terrible faille sismique. Elle n’était pas nouvelle mais, comme vous, je me mentais à moi-même.

 

Je n’ai pas pu avoir la même rapidité d’analyse que ceux qui ne souhaitent « ni rire ni pleurer » et qui, en un temps record, ont mis sur pied un débat sur la place des jeunes Musulmans en France. Non je n’ai pas pu, et n’en déplaise à Spinoza, j’étais occupé à pleurer. »

 

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Et pour finir un petit flash sur l’opération Chartrons : Ils sont de gauche et vont squatter la primaire de droite. Voici leurs raisons

 

270.000 sympathisants de gauche s’apprêtent à voter à la primaire de droite, selon un sondage Ipsos. Nous avons demandé à soixante d’entre eux de nous expliquer pourquoi ils s’infligent cette torture.

 

Près de 3 millions de Français se déclarent d’ores et déjà certains d’aller participer à la primaire organisée par le parti Les Républicains, en novembre 2016. Et au milieu, quelques intrus: on trouve 9% de sympathisants de gauche, selon un sondage Ipsos paru le 6 juillet. Autrement dit, 9% de squatteurs qui vont s’incruster dans une fête à laquelle on ne les aura pas invités, puisqu’ils devront signer un texte avec lequel ils ne peuvent, en toute logique, pas être d’accord: «Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France.» Un chiffre qui représente quand même potentiellement 270.000 personnes. Mais qu’est-ce qui pousse donc ces hommes et femmes de gauche à glisser un bulletin dans des urnes a priori «hostiles»?

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

pax 02/08/2016 06:46

Merci Taulier de nous proposer,ces propos d'Emmanuel TODD, qui sont tout sauf inintéressants et dont le premier mérite est de proposer des hypothèses sérieuses sur ce que pourraient être les conséquences du Brexit. Certes TODD, par moment, illustre la remarque attribuée au psychologue Abraham MASLOW: « quand on n'a pas d'autres outils qu'un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous. » Des lors, entre autre, on comprend tes préventions habituelles et ton mérite est d'autant plus grand que, espiègle va ! tu l'égratignes dans ta présentations mais reconnait qu'il mérite le détour.
Devant cette succession d'atrocité qui nous touche plus particulièrement parce que, ici, chez nous, alors que c'est le lot quotidien de tant d'autre de par le monde, chacun réagit comme il peut . Je me contente de citer RIMBAUD : "Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes,toute lune est atroce et tout soleil amer..."

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