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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:00
Specific Cheeses – Chavignol Impression à encre pigmentaire sur papier Diptyque

Specific Cheeses – Chavignol Impression à encre pigmentaire sur papier Diptyque

Quand tu veux la paix, prépare la guerre…

 

Quand tu veux te vendre cher fais monter les enchères…

 

La bataille du camembert authentique était menée par Thierry Graindorge président de la société éponyme.

 

David contre Goliath, Graindorge c/Lactalis !

 

Tant et si bien qu’au temps de Bruno Le Maire, élu de Normandie, il me fut demandé d’accompagner, dans une mission de conciliation, un sage aveyronnais ayant ferraillé avec Lactalis du côté de la Société des Caves de Roquefort.

 

Croyez-moi si vous voulez mais nous ne sommes jamais allés voir la Normandie car monsieur Graindorge ne jugeait pas utile de nous recevoir.

 

L’intransigeance est toujours payante lorsqu’elle se conclue par un gros chèque.

 

Alors j’ai bien ri lorsque le 29 juillet l’AFP a titré Normandie: vers une paix des braves dans la guerre du camembert.

 

L’article est intéressant ICI 

 

Mais le véritable enjeu de la bataille n’était pas l’authenticité du camembert AOP mais le fameux camembert fabriqué en Normandie : quelque 5.000 tonnes d’AOP sont produites chaque année contre 60.000 tonnes de camemberts industriels non AOP, vendus en grande distribution ou à l'étranger (8.000 autres tonnes sont produites hors de Normandie puisqu’on produire du camembert sur la terre entière).

 

Croyez-moi, les producteurs de lait, normands y compris, n’étaient pas très chauds pour sa disparition.

 

Quant à l’INAO, c’était courage fuyons !

 

Imaginez un Bordeaux fabriqué à Bordeaux avec du raisin venu de la France entière ou même du Nouveau Monde.

 

« Rien ne leur interdit d'utiliser de la poudre de lait néo-zélandaise », s'inquiète dans le quotidien Ouest France Patrick Mercier, président de l'organisme Camembert de Normandie, qui avait saisi la justice en 2012.

 

Alors qu'a fait l’INAO depuis tant d’années ?

 

Rien, ou presque !

 

Sauf que soudain en mai et juillet, l'Inao a réuni les acteurs de la filière à Caen: « Nous leur avons dit que la situation n'était plus tenable », a déclaré M. Dairien à l'AFP.

 

« Cette tolérance pourrait être utilisée contre nous dans les négociations de l'accord international TIPP (Tafta). On pourrait nous accuser d'être plus tolérants en interne sur la rigueur des AOP qu'en externe », dit M. Dairien: « Et comme le camembert est un produit emblématique de l'alimentation française, nous devons y être très attentifs».

 

D'ici la prochaine réunion en septembre, une solution doit être trouvée pour lever l'ambiguïté.

 

Pour la première fois après des années de "tension maximale" entre les deux camps, Gerard Calbrix, directeur des affaires économiques de l'Association de la Transformation laitière (Atla), qui réunit industriels et coopératives, se dit "optimiste".

 

La raison? Le principal fabricant d'AOP, Graindorge, qui a mené une bataille féroce pour défendre le lait cru face au pasteurisé, vient d'être racheté en juin… par le principal industriel, Lactalis.

 

« Ce rachat change complètement la donne, car pour la première fois un des grands acteurs se retrouve des deux côtés de la barrière », dit M. Calbrix.

 

« Plusieurs pistes sont à l'étude », annonce M. Dairien. L'une des portes de sortie serait la création pour le camembert industriel d'une "IGP" (indication géographique protégée), qui garantit l'origine tout en allégeant les contraintes de fabrication.

 

« Le temps a permis de confirmer que les deux camemberts doivent coexister sur les deux marchés dans l'intérêt de toute la Normandie », dit-il.

 

Ne reste plus qu'à régler le problème le plus délicat. Par quoi remplacer le mot « Normandie » sur l'étiquette?

 

Là je me gondole grave car en effet, si les industriels se sont tant battus c’est pour exhiber cette mention valorisante sur leur étiquette car Normandie = camembert dans l’esprit des consommateurs. Jusqu’à quand ? Je fais du Devos sans le faire exprès.

 

Donc en résumé l’INAO est fort avec les faibles et faible avec les forts.

 

Mou du genou sur le camembert, voilà t’y pas que le vieil institut qui a perdu sa boussole vient de se fendre d’un courrier où il s’attaque à l’art, en l’occurrence à celui exercé par un Boulard, Nicolas de son prénom, fils de Francis le champenois qui fait du champagne avec des bulles...

 

« L’artiste champenois, Nicolas Boulard, qui participe à l’opération Vitrines sur l’art des Galeries Lafayette à Bordeaux, vient de recevoir un courrier du service juridique et international de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) qui lui demande de « réviser » son projet artistique : « Specific Cheeses ».

 

L’institut justifie sa réclamation par la « protection » des appellations « Chavignol » et « Chaource ». Si la première a déjà fait l’objet d’une réalisation artistique, l’Union des producteurs de la seconde a refusé la collaboration artistique. Apparemment appelé à la rescousse, l’INAO écrit à l’artiste le 22 juillet 2016 :

 

« Les fromages d’appellation d’origine protégé doivent répondre à des conditions de production définies par un cahier des charges parmi lesquelles figurent la forme du produit. Ainsi, présenter sous le nom de “Chaource” des fromages dont la forme n’est pas conforme à ces règles est de nature à porter atteinte à l’image du produit et à sa perception par le public. »

 

A propos du « Chavignol », le courrier ajoute que « cette appellation fait également l’objet d’une protection ».

 

C’est un peu comme si l’INPI, à la demande de Jacob&Delafon, poursuivait Duchamp pour réinterprétation de son célèbre urinoir baptisé par l’artiste : FONTAINE.

 

« Fontaine est un ready-made, c'est-à-dire un « objet tout fait », autrement dit une idée que Marcel Duchamp a eue de « choisir » un urinoir industriel en vue d'une exposition d'art moderne au lieu de faire une sculpture de ses mains. L'objet original est un simple article de sanitaire acheté dans un magasin de la société J. L. Mott Iron Works, à New York. Marcel Duchamp a ajouté à l'aide de peinture noire l'inscription « R. Mutt 1917 ».

 

« Fountain fut refusée lors de la première exposition de la Société des artistes indépendants de New York en 1917 avant de disparaître. Il n'en existe que des répliques, certifiées par Marcel Duchamp et réalisées dans les années 1950 et 1960.

La réplique exposée au Musée d'art moderne du Centre Georges Pompidou, réalisée en 1964, est un urinoir en faïence blanche recouverte de glaçure céramique et de peinture. Ses dimensions sont 63 x 48 x 35 cm. Il comporte la signature « R. Mutt » et la date « 1917 » à la peinture noire ainsi qu'une plaque de cuivre, fixée sous l'urinoir, portant l'inscription : « Marcel Duchamp 1964 Ex. / Rrose / FONTAINE 1917 / Édition Galerie Schwarz, Milan ».

 

Sans ironiser, le service juridique et international de l’INAO n’a-t-il rien de mieux à faire que de passer tout un après-midi à la 17e Chambre du TGI de Paris pour venir soutenir l’Hubert dans sa terrible épreuve face madame Saporta ou d’user sa plume pour pondre un courrier en défense de la forme d’un fromage AOP ?

 

Prendre le parti d’en rire, car c’est bête à pleurer, permet tout de même de poser la question aux juristes de pacotille de l’Institut : « En quoi, ce projet artistique induirait le consommateur-acheteur de chaource ou de chavignol en erreur ? »

 

Imaginez monsieur et madame Michu poussant leur caddie chez Lidl après avoir déambulé aux Galeries Lafayette à Bordeaux où Nicolas Boulard participe à l’opération Vitrines sur l’art et se chamaillant avec le gérant parce qu’ils ne trouvent pas de Chavignol en forme de pyramide ?

 

Et pourquoi il ne s’appelle plus crottin de Chavignol ce petit fromage au lait cru et entier de chèvre qui bénéficie d`une Appellation d`origine contrôlée depuis 1976, ainsi que d’une appellation d’origine protégée depuis 1996 ?

 

Ce n’est pas chic le crottin ?

 

Cette ablation est une insulte à l’origine et à l’histoire car c’est depuis le XVIe siècle, les que paysans du Sancerrois élèvent des chèvres et fabriquent des fromages qui constituent leur principale richesse. Un ouvrage de 1829 mentionne que les fromages de chèvre du Sancerrois sont connus sous le nom de « Crottins de Chavignol » le mot «crottin» désignant à l’origine, semble-t-il, une petite lampe à huile en terre cuite.

 

Bref, c’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui !

 

Le directeur de l’INAO, qui n’aime que les fromages pasteurisés, serait bien inspiré s’il en revenait à l’essentiel de ce que fut sa maison. Tout mettre dans le grand panier des signes de qualité constitue une erreur stratégique pour la défense et la promotion de l’authenticité et du fameux terroir.

 

L’extension continue du domaine du terroir tue le terroir et l’air de famille, la typicité, font que, comme pour les bagnoles, qui en arrivent à toutes se ressembler catégories par catégories, tout à le même goût, le goût de rien du tout.

 

Alors, que le camembert soit fait à Camembert ou à l’autre bout de la terre, peu importe s’ils sont fabriqués avec n’importe quel lait, y compris reconstitué, issu de n’importe quel race de vaches, bouffant tout et n’importe quoi.

 

À l’INAO, maintenant qu’Éric Rosaz a décidé de se rapprocher du Sud, au lieu de dériver lentement mais sûrement vers toujours plus de bureaucratie, de verticalité paperassière, un retour au terrain s’impose sinon les derniers survivants de l’esprit des origines auront depuis longtemps déserté l’auberge espagnole que l’Institut est devenu…

 

Lire : ICI Les fromages de Nicolas Boulard ne sont pas au goût de l’INAO

 

Le projet Specific Cheeses de Nicolas Boulard ICI 

 

Des plongeurs découvrent dans une épave un fromage vieux de 340 ans ICI 

 

Ceci n’est pas 1 chaource ni 1 Chavignol par Nicolas Boulard mais ceci est 1 camembert de Lactalis qui n’est pas de Normandie…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

le Taulier pour 1 grand lecteur 03/08/2016 08:53

L’Inao aurait mieux fait de soutenir Gilles Dubois à Chavignol (fromagerie Dubois-Boulay) qui représentait l’authenticité en matière de chavignol et qui a dû baisser les armes et vendre sa fromagerie à un genre de Lactalis. Son fils Romain, a monté un petit affinage de chavignol à Saint-Satur mais la belle fromagerie de la place c’est maintenant un machin industriel. Amitiés

pax 31/07/2016 11:15

Et encore, l'urinoir pu entrer aux E.U.! Ce n'est pas comme BRANCUSI qui du batailler pour obtenir l'exonération des droits de douane accordés aux oeuvres d'art pour sa sculpture ( un bronze ) l'oiseau était considéré par l'administration comme de la feraille !
" Chui pas un imbécile puisque chui douanier " nous faisait rire Fernand RAYNAUD. Mais oui, mais oui
comme en témoigne l'usage qu'en faisait ce faussaire Fernand LEGROS ( Je ne fais pas de faux tableaux, je fait de vrais certificats !). Il importait ses faux aux E.U. et les déclarait comme des copies. Que neni déclaraient les douanes américaines heureuses de faire rentrer des taxes. LEGROS payait et repartait avec ses certificats ! Il semble à la lumière des péripéties narrées par le Taulier qu'il en va des administrations ou organismes similaires, comme de la douane : " Chui pas un imbécile puisque chui douanier ! "

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