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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 06:00
Sujet de philosophie au baccalauréat option viti-oeno pour les nuls : « La vraie nature du vin »

Les parents, les grands-parents et leurs mouflons angoissent : en juin les épreuves du baccalauréat pointent le bout de leur nez ce qui permet aux journalistes de nous servir un beau marronnier.

 

Votre serviteur a lui passé 2 bacs, l’un en fin de première dit examen probatoire (l’année suivante il fut supprimé) et l’autre en fin de Terminale le vrai baccalauréat.

 

J’ai donc, dans mon parcours scolaire obtenus 4 diplômes : les 2 bacs, la licence en droit public et un doctorat de 3ième cycle.

 

Se retrouver dans une salle surveillée pour plancher sur 1 sujet choisi parmi 3 propositions m’a toujours excité : j’adore être au pied du mur sans autre possibilité que de réussir à passer de l’autre côté pour retrouver ma liberté.

 

Je choisissais toujours très vite le sujet à traiter en fonction de mon inspiration. Ensuite venait un long temps de réflexion pour pondre la première phrase : c’est important la première phrase c’est comme enfoncer le soc d’une charrue pour commencer à labour. Ça pouvait durer un long moment mais dès qu’elle me plaisait je pondais mieux encore qu’une poule en batterie.

 

Tout à la fin je pratiquais la conclusion ouverte, ça ne mangeait pas de pain et ça laissait le correcteur sur une bonne impression.

 

Autre détail : je m’appliquais à écrire lisiblement.

 

Bref, face au sujet de philo :  «Pourquoi les animaux ne parlent-ils pas ? » je laissais ma plume vagabonder pour me payer un 18/20 qui avec son coefficient 9 me permettait sur les autres matières de me friser la moustache que je n’avais pas encore.

 

En dépit de cette belle note je n’ai jamais envisagé d’aller plus avant, d’embrasser la profession de philosophe. Bien m’en a pris, imaginez que fusse devenu le BHL ou l’Onfray de service, j’en tremble de frayeur…

 

Voilà pour la partie souvenirs d’un gus que les examens n’ont jamais empêché de dormir, reste pour moi à entrer dans le vif du sujet du jour : « La vraie nature du vin ».

 

Je l’ai découvert sur les panneaux Decaux.

 

C’est l’œuvre de Gérard Bertrand qui, bien qu’ancien rugbyman, aime surfer sur les tendances.

 

Le vin Nature, comme nous les serine à tout bout de champ le ronchon Pr Tiron, est l’enfant chéri des bobos parisiens qui, bien évidemment, ne vont pas l’acheter dans les allées de la GD où les vins du Grand Gégé sont omniprésents.

 

Alors pourquoi cette accroche ambigüe ?

 

Ça m’interroge !

 

Deux concepts forts mis bout à bout : la vérité et la nature du vin au sens de la nature humaine.

 

Nature humaine :

 

Ensemble des caractères qui définissent l'homme, considérés comme innés, comme indépendants à la fois des déterminations biologiques et des déterminations sociales, historiques, culturelles.

 

« Le thème de la nature humaine n'avait cessé de susciter l'interrogation, de Socrate à Montaigne et Pascal, mais c'était pour y découvrir l'inconnu, l'incertitude, la contradiction, l'erreur (...). Lorsqu'enfin, avec Jean-Jacques, la nature humaine émergea comme plénitude, vertu, vérité, bonté, ce fut aussitôt pour nous en reconnaître exilés et la déplorer comme un paradis irrémédiablement perdu. Et il fallut peu, par la suite, pour découvrir que ce paradis était aussi imaginaire que l'autre (E. Morin, Le Paradigme perdu: la nature humaine, Paris, éd. du Seuil, 1973, p.20)

 

Vraiment est-ce que le sans soufre ajouté donne un brevet de naturalité au vin de Gégé?

 

J’en doute.

 

Les vinificateurs de GB révèlent-ils par ce simple fait la vraie nature de ce vin baptisé Naturae ?

 

Je suis sûr que non.

 

Vraiment, comme le disait Audiard, « Faut pas prendre les oiseaux du bon Dieu pour des canards sauvages ! »

 

Y’a une erreur de casting et de cible : l’habit ne fait, ici et comme souvent, pas le moine et les petites louves et les petits loups, qui aiment se siffler des vins nus, ne vont pas tomber dans le panneau.

 

Après ces rapides digressions commerciales je vous invite à sortir votre plumier pour commencer à plancher sur le sujet.

 

Comme je suis bon et que je n’irai pas vérifier, vous avez 4 heures.

 

Je ne ramasserai pas les copies parce que je vous fiche mon billet que pas un seul d’entre vous va s’y coller, même les accrocs de Face de Bouc. Se taper une dissertation de philosophie c’est plus difficile que de poster des conneries ou de torcher des commentaires pour faire le beau avec des vannes à 2 balles ou des analyses qui atterreraient le plus extrémistes des économistes atterrés.

 

Au cas où une disserte se pointerais rassurez-vous je noterai sur 1000 grâce à l’algorithme savant de mes amis Butane&Degaz.

 

Le Baccalauréat, deux cents ans d'histoire

 

Pour chaque étudiant qui l’obtient, le baccalauréat sonne comme une victoire. Plus qu’un diplôme, il marque quasiment aujourd'hui le passage à l’âge adulte, tant son obtention coincide avec l'âge légal de la majorité. Etymologiquement, le mot baccalauréat a pour racine la locution latine “bacca laurea” , c’est-à-dire “la couronne de laurier ”. Il s’agit de lacorono triumphalis , la couronne triomphale, distinction honorifique symbolisant la gloire de son porteur. En latin tardif, il devient "baccalaureatus " et prend pour signification "degré de bachelier donné dans les universités".

La racine du mot "bachelier", quant à elle, diffère. Jusqu’au XVIIe siècle, avant que sa signification évolue, le bachelier n'est autre que le “jeune noble aspirant à devenir chevalier”.

Les origines étymologiques du diplôme, qu'il s'agisse de locutions latines ou d'Ancien Français, lui confèrent presque une dimension épique. On est loin d'une épreuve où l'on se contente de réciter des connaissances acquises. Pourtant, l'histoire du baccalauréat ne débute qu’au XIXe siècle.

Un baccalauréat réservé aux élites Le mot "baccalauréat" prend une toute autre signification lorsque Napoléon Ier décide d'en faire un diplôme d'entrée à l'université. L'Empereur veut former les élites indispensables au fonctionnement du pays et, pour ce faire, créé les lycées . Avec l’aide de Foucroy, il publie un décret qui rétablit les universités de l’Ancien Régime.

Au sortir de la Révolution française il n'existe en effet plus d'écoles de tous niveaux. Les écoles primaires sont repensées sous l'impulsion, notamment, de Talleyrand. On créé avec succès des écoles spécialisées, dont l’Ecole polytechnique, qui forme les militaires, ou le Conservatoire National des Arts et Métiers.

Napoléon, lui, s'intéresse essentiellement à l'enseignement secondaire, qui a pour vocation d'apporter "les connaissances premières nécessaires à ceux qui sont appelés à remplir des fonctions publiques, à exercer des fonctions libérales ou à vivre dans les classes éclairées de la société ".

C'est ainsi que sont restaurées les facultés de Droit, de Théologie et de Médecine, et qu'est créée celle de Sciences. Pour accéder à ces dernières, il faut obligatoirement être le titulaire d’une “maîtrise ès arts” dispensée par la faculté de Lettres. C'est cette maitrise qui est nommée “baccalauréat”.C'est en effet la culture gréco-latine qui domine le champ culturel, d'où l'importance de la faculté des Lettres.

Loin de sanctionner les années d’études passées au lycée, le baccalauréat est en réalité conçu comme le premier grade universitaire, ce qu’il est d’ailleurs toujours dans les textes.

Le texte du 17 mars 1808 précise ainsi :

“16. Les grades dans chaque faculté seront trois : le baccalauréat, la licence, le doctorat. [...]

19. Pour être admis à subir l’examen du baccalauréat dans la faculté des lettres, il faudra 1) être âge d’au moins 16 ans; 2) répondre sur tout ce qu’on enseigne dans les hautes classes de lycée. [...]

22. On ne sera reçu bachelier dans la faculté des sciences qu’après avoir obtenu le même grade dans celle des lettres [...].

26. A compter du 1er octobre 1815, on ne pourra être admis au baccalauréat dans les facultés de droit et de médecine sans avoir au moins le grade de bachelier dans les celle des lettres.”

La première session du baccalauréat, en juillet 1809, n’accueille que 39 candidats, tous issus de la haute bourgeoisie. L'examen est alors quasi donné : il n’existe pas encore d’épreuve écrite, l’épreuve consiste simplement en un entretien oral.

“On dit que le bac était difficile au début, qu’on ne prenait que la moitié des candidats, c’est absolument faux, on en prenait au début 95 %, puis 90 %... Et ça dure très longtemps ”, raconteAndré Chervel, historien de l’éducation, spécialiste du bac de lettres dans les 50 premières années de sa création :

La suite ICI

 

 

 

 

 

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