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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 06:00
La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

Tous ou à peu près tous, des chauffeurs d’Uber au petit mec du neuf3 en passant par le péquin de Trifouillis-les-Oies, ils ont tous les yeux rivés sur leur GPS pour circuler dans ma ville. À quand la puce greffée pour guider un peuple d’ignorants.

 

Ignorants du nom des rues, de la géographie de Paris, ils sont sur des rails, quasi-aveugles, robotisés, tout droit sortis d’une vidéo de science-fiction.

 

Et moi, pendant ce temps-là, je file, me faufile, nez au vent, fier comme Artaban, j’enfile les anciennes rues au nom de cul.

 

Qui sait que la rue Gratte-Cul dans le 2e arrondissement a laissé la place à la rue Dussoubs.

 

Qui c’est donc ce Dussoubs ?

 

Un révolutionnaire limousin Denis Gaston Dussoubs, tué le 4 décembre 1851 sur une barricade de la rue Montorgueuil, en protestant contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte. (Décret du 9 mai 1881)

 

Ce changement nom est dû à la mauvaise réputation de la rue car le quartier au XIIIe siècle, alors hors les murs, était spécialisé dans la prostitution théoriquement interdite dans Paris depuis 1256 par le pieux Saint-Louis.

 

Mais ce n’est pas tout :

 

  • La rue du Tire-Vit, dans la seconde moitié du XIVe siècle, l'enceinte de Charles V où sont parquées les filles bordelières (ce qui donnera le mot bordel) intègre la Ville et la rue changea peu de temps après de nom (peut-être au début du XVe siècle) pour celui moins vulgaire de «rue Tire-Boudin ».

 

Selon une anecdote apocryphe racontée par l'historien Henri Sauval, la reine d'Écosse Marie Stuart aurait remarqué cette rue après son mariage en 1558 avec le Dauphin (futur François II) : « Marie Stuart femme de François II, passant dans cette rue, en demanda le nom ; il n’étoit pas honnête à prononcer ; on en changea la dernière syllabe, et ce changement a subsisté. De toutes les rues affectées aux femmes publiques, cette rue, et la rue Brisemiche, étoient les mieux fournies. » fut baptisée rue Marie-Stuart.

 

  • La rue Poil-au-con fut, de 1792 à 1800, la rue Purgée, nom qu'elle ne méritait guère, des filles publiques continuant à l'habiter, rebaptisée rue du Pélican par déformation de sa première appellation. Elle est située dans le 1er arrondissement.

 

  • La rue Donne-Joie voisine de la rue Brise-Miche dans le 4e arrondissement où la prostitution était la spécialité (d'où leur surnom commun de rue « Baille-Hoë» : qui donne joie), malgré les plaintes du curé de l'église Saint-Merri. Le curé obtient du prévôt l'expulsion des ribaudes (ordonnance de 1387), mais les habitants de la rue, dont les commerces souffraient de désertification, obtinrent le retour de ces dames (arrêt du Parlement du 21 janvier 1388).
  •  

 

La première est devenue la rue Taillepain et la seconde existe toujours.

 

  • La rue Trace-Putain ouverte au commencement du XIIIe siècle, s'est appelée successivement « rue de Châlons ou de Chalon, rue Trousse-Nonnain, rue Trace-putain, rue Tasse-Nonnain puis Transnonain. C’est aujourd’hui la rue Beaubourg à cheval sur le 3e et le 4e arrondissement.
  •  

NB. Une nonnain était une religieuse.

 

  • La rue Pute-y-Muse de l'ancien français muser, flâner, ou Pute-y-Musse (la putain qui s'y cache), devenue successivement par corruption Petit-Musse, Petit-Muce puis Petit-Musc sa dénomination actuelle. Elle est située dans le quartier du Marais 4e arrondissement.

J’ai gardé pour la bonne bouche l’impasse Guéménée, non pour faire l’andouille, mais parce que son ancienne appellation est très tendance : « Cul-de-sac du Ha ! Ha ! »

 

Pour ceux qui ne le saurait pas le « Lol » est mort, vive le « haha » ! par Marine Benoit

 

« Entrée dans l’Oxford English Dictionary en 2012 et l’année suivante dans le Petit Robert, la célèbre interjection « lol » pourrait bien, d’après les analystes de Facebook, vivre ses dernières heures. Publiée sur le blog du réseau social le 6 août, une étude intitulée « The Not-So-Universal Language of Laughter » (Le ­langage du rire, pas si universel) ­rebondit sur un article du New Yorker paru en avril qui analysait les nouveaux codes virtuels du rire. L’hebdomadaire américain distinguait deux camps : les aficionados du retentissant « hahaha » et les adeptes du « hehehe », plus contenu.

 

Utilisé par 1,9 % des internautes

 

Les chercheurs de Facebook ont décidé d’y mettre leur grain de sel, disposant du matériel idéal qu’est la data. Ils se sont appuyés sur les publications de la dernière semaine de mai, aux Etats-Unis, en se concentrant sur celles qui exprimaient le rire avec les onomatopées « haha » ou « hehe », un émoji (petit visage évoquant une émotion joyeuse) ou l’expression « lol », acronyme de « laughing out loud », souvent ­traduite par « mort de rire ». Les conclusions sont sans appel : seul 1,9 % des internautes utilise encore le petit mot de trois lettres contre 51,4 % pour « haha ». Arrivent ensuite les émojis, vus dans 33,7 % des posts, et « hehe » dans 13,1 % des cas. Le « lol » est mort, vive le « haha » !

 

La désormais marginale exclamation se lit encore ­surtout sur les profils des hommes approchant ­la trentaine, tandis que les émojis séduisent les femmes de moins de 20 ans. Apparu au début des années 2000 dans les SMS, le terme « lol » semble ainsi vieillir avec ses créateurs, adolescents il y a quinze ans. Et, comme la plupart des expressions propres à une génération, il risque d’être bientôt moqué par les plus jeunes. Autre conclusion du bilan que dresse Facebook, les publications relatives au rire représentaient cette semaine-là plus de 15 % des posts émis sur le réseau social aux Etats-Unis. Avec ou sans « lol », le monde rit encore. »

La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

La bouteille du jour le Rhum Rhum de Marie-Galante

 

« Le « Rhum Rhum » blanc provient du jus de canne pur fraichement débarqué par les cabrouets (charettes tirées par des boeufs aux noms éclatants : Tarzan, Noah...) des environs. Fermenté lentement en cuve inox à température contrôlée puis distillé dans des alambics de cuivre de Müller. Maitre Vittorio Gianni Capovilla est en charge de la « repasse » au bain marie. Le Rhum Rhum Bielle subit ensuite une réduction grâce à l'eau du ciel où il atteint ses 56°. C'est un vrai « Rhum Rhum »! Mis en bouteille à la distillerie Bielle de Marie-Galante. »

 

Dégustation : le nez d’abord ample, aérien, délicat avec une palette aromatique très large allant des fruits blancs en passant par des notes de gingembre pour finir sur le goudronné d’un Puros. En bouche c’est du velours, des touches épicées girofle et cannelle, un goût de frangipane tapisse le palais et on se sent envahi de senteurs de lilas. C’est onctueux sans être lourd. J’avale les 56° sans ciller : le cycliste urbain ayant peu de chance de se faire contrôler positif par les volatiles encagés.

La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

J’ai retrouvé la trace de Djamel Tatah chez Michael Woolworth 2 Rue de la Roquette 

 

À mon arrivée à Paris j’ai habité un petit appartement rue Mazarine au-dessus de la librairie Gründ. Nous étions voisins de l’école des beaux-arts. Un après-midi j’y suis allé marauder de la daube absolue sauf les toiles d’un qui signait Djamel Tatah.

 

Djamel Tatah, 56 ans, l'un des rares peintres français connus au-delà de nos frontières.

 

Mon ex-collègue de la SVF, le vin mène à tout, lunettes rouges, écrit :

 

« Il n'y a pas grand-chose sur les toiles de Djamel Tatah, Non, pas grand-chose : déjà, il n'y a pas de fond, pas de décor, pas de paysage, juste des grands aplats monochromes, parfois lisses comme des glacis et parfois légèrement ombrés et vibrants, comme si une vie souterraine y affleurait. De grands rectangles de couleur sourde, où même bleu et rouge semblent avoir été bridés, dé-tonifiés, adoucis jusqu'à la plus extrême sobriété.

 

Pas d'accessoires non plus, pas de meubles, pas d'outils, pas de détails, rien que des hommes et des femmes tels quels, face à nous… Pas d'expression, pas de manifestations visibles de joie ou de haine, de honte ou de peur, de tristesse ou de révolte, non, des visages ternes, sans couleur, sans 'race', désespérément blancs, non-identifiables, non classables, impassibles, figures plutôt que portraits. Parfois un geste, une main, un rapprochement laissent émerger dans l'esprit du regardeur la possibilité d'un sentiment, mais il doit l'assumer seul, le peintre le laisse livré à lui-même.

 

Pas de flonflons, pas de fanfreluches, des habits sombres, quasi noirs (presque tous, depuis la donzelle à la boucle d'oreille), informes, sans coupe, sans apprêts, bêtement fonctionnels, mais marqués d'une hydrographie de plis peinte en blanc et qui, aussi irréaliste soit-elle, signe et structure la forme du corps habillé.

 

Pas vraiment d'action non plus, pas de représentation, ou alors on arrive après le drame quand tout est figé, immobilisé, gelé comme par le flash d'une photographie. Ses tableaux sont des montages, il y assemble des figures posées, posant, gauches, qui, souvent, voisines, ne se voient pas, ne se touchent pas, et qui, quand un ensemble se dégage, quand deux figures interagissent, semblent le faire avec la rigidité d'une sculpture mortuaire.

 

Pas de titres non plus, partout "Sans titre", et ce depuis longtemps, depuis ces Femmes d'Alger qui, après celles de Delacroix et celles de Picasso dont je parlais il y a peu, disent alors (1996) la terreur, le deuil et l'impossibilité de les combattre, alignées dans cette longue frise tragique.

 

Non, il n'y a pas grand-chose dans les toiles de Djamel Tatah, pas grand-chose que la solitude, que l'exil, que la détresse, pas grand-chose d'autre que la tragédie humaine par lui interprétée, à l'aune de sa propre histoire, de sa lignée, de ses émois. Et c'est bien cela qui nous y attire, irrésistiblement, dans cette absolue soustraction du détail, de l'anecdote, du récit, dans cette concentration essentielle.

 

Bien sûr, on peut aisément le réinscrire dans l'histoire de l'art, on retrouve là une Pietà et ici un Torero mort, on revient vers Giotto et vers Géricault, et même vers le Fayoum, puis on bondit vers Barnett Newman ou vers Rothko, mais est-ce si important de déceler dans sa peinture des filiations, des logiques, des vocabulaires ? Et on aime que la Fondation Maeght, par l'ouverture d'une baie vitrée, le fasse dialoguer avec Giacometti. »

La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault
La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

Mon palais d’été : Les Climats Le paradis des Vins de Bourgogne
41 rue de Lille - Paris - 75007

 

J’ai toujours été fasciné par le titre du roman de Pierre-Jean Remy« Le sac du palais d’Eté »

 

Patrick Besson écrit :

 

« Pour Pierre-Jean Remy, j’ai commencé par faire une folie amoureuse : lors de notre première rencontre en juin 1974, je suis resté chez moi pour lire « Le sac du palais d’Eté » au lieu de me présenter aux épreuves du bac. Par surcroît, j’écoutais du Bach. Je lui rappelai cette anecdote à chacune de nos rares rencontres : à la Closerie des lilas en 1995, dans la rue de Bourgogne au début des années 2000 (il occupait, avec son épouse, Sophie Schmit, un appartement dans l’immeuble mitoyen du mien), au restaurant Laurent pour une réunion préparatoire du prix Nice-Baie-des-Anges sous les auspices souriants de Brigitte de Roquemaurel. »

La traversée de Paris (2) : les rues de cul, Marie Galante, Djamel Tatah, mon palais d’été, Peillon de l’épaisseur du cogito au thriller populo en passant par Ayrault

Le livre du jour : Aurora de Vincent Peillon.

 

Vincent Peillon, romancier : prometteur, a du potentiel, mais peut mieux faire...

6 AVR. 2016 par JACQUES TEISSIER

 

Si quelques écrivains talentueux, de Chateaubriand à Lamartine en passant par Hugo et Bernanos, ont été tentés par la politique, peu d’hommes politiques se sont lancés dans l’écriture romanesque.

 

Ceux qui l’ont fait se sont sans doute bien amusés (ce qui n’est pas négligeable), mais que ce soit Edgar Faure, Valery Giscard d’Estaing ou Jean-Louis Debré, ils ne marqueront pas l’histoire littéraire de notre pays. J’étais donc curieux de savoir comment Vincent Peillon allait s’en sortir avec son Aurora, que les éditions Stock viennent de publier. Il s’en sort plutôt pas mal, à mon avis. Pour rester dans le domaine de l’école qui a été le sien, je pourrais dire avec la concision qui sied si bien aux bulletins scolaires : « Prometteur, a du potentiel, mais peut mieux faire ».

 

Dans cet ambitieux thriller, l’auteur mêle allègrement les convoitises des multinationales, l’OTAN et les conflits entre les services secrets de différents pays. La géopolitique y est constamment présente avec, en arrière-plan, une question brûlante : qui pourra exploiter les formidables richesses de « l’Eldorado du XXIe siècle » en pétrole, gaz et terres rares, le Groenland ? Hans Ritter, vieux nazi revanchard et nostalgique du troisième Reich, a pour parvenir à ses fins politiques (occultes, comme il se doit) créé le puissant consortium Aurora dont l’un des objectifs est de maitriser l’exploitation de ces richesses. Aurora, comme l’explique un de ses dirigeants, « a passé des accords avec les Russes, le Danois et les Groenlandais, mais aussi les Chinois. Elle a associé d’autres compagnies allemandes. Sur le dos des Américains et de leurs valets, de moins en moins nombreux ». Et, faut-il ajouter, avec l’appui occulte de certains faucons nord-américains et d’un petit groupe de responsables de l’OTAN. Au cœur de cette histoire d’espionnage, Vincent Peillon imagine un groupe plus ou moins autonome d’agents du Mossad, qui agissent selon leur propre conception de la défense d’Israël en n’hésitant pas à exécuter tous ceux qui se sont compromis avec Hans Ritter et son projet Aurora. Roland Kuntz, personnage principal, est le chef opérationnel de ce réseau dont Karlo, un vieux général israélien, est le fondateur et l’âme.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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