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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 08:00
C’est devant une poêle que je me sens vivant. L’huile qui crépite est une musique à mes oreilles… J’ai la cuisine dans le sang. Ugo Tognazzi

Je suis ainsi fait, emporté par mon élan amoureux pour l’Italie il m’est difficile de freiner alors je tire des bords, je vais là où j’ai envie d’aller.

 

Avant-hier : la parmigiana d’Erri De Luca, hier : le pesto de Genovese d’Alessandra Pierini, aujourd’hui : L’abbuffone, storie da ridere e ricette da morire d’Ugo Tonazzi

 

Ugo Tognazzi, nul besoin de le présenter, c’est l’un des protagonistes avec Piccoli, Noiret, Mastroianni, Andréa Ferréol, de la grande Bouffe le film de Marco Ferreri...

 

 

Dans la préface de son livre, il nous délivre un acte de foi sans contrition : «Manger non : je mange pour vivre»

 

Dans sa maison de Velletri, près de Rome, « son énorme frigo échappe aux règles de la société de consommation. »

 

« Il occupe un mur tout entier de la vaste cuisine. »

 

Muni de 4 petites fenêtres il permet à Tognazzi « d’épier l’intérieur… de saliver à la vue des saucissons, des fromages, des veaux et des quartiers de bœuf qui pendent, majestueux, à leurs crochets brillants. »

 

C’est sa chapelle de famille.

 

Tognazzi a la cuisine dans le sang « lequel contient sûrement une bonne quantité de sauce tomate en plus de ses indispensables globules rouges et blancs. »

 

Il a le vice des fourneaux.

 

« Je suis un malade des plats de spaghetti… la moindre petite olive me fait réellement saliver. »

 

« Je connais les entrées de service et les cuisiniers des meilleurs restaurants d’Europe.»

 

Ugo « pourrait même adopter le parfum d’un bon ragoût en guise d’après-rasage. »

 

Son histoire d’amour avec la cuisine ne supporte ni médiateurs, ni prescripteurs, il est « à la fois le créateur et l’exécuteur de la scène, le démiurge qui transforme les mots inertes de la recette en une réalité savoureuse et colorée… »

 

« Je participe viscéralement à la friture des pommes de terre… »

 

« Je souffre avec l’ail jeté dans l’huile bouillante… »

 

 

Ugo se perd dans les parfums en « adorant la moindre petite feuille de basilic qui vient d’être cueillie, immolée sur de fumants maccheroncini à la tomate. » 

 

« Chaque aliment me rappelle à moi les temps perdus ou retrouvés. Et la poule bouillie, par exemple, me ramène à ma grand-mère et à la mostarda, le dimanche à Crémone… »

 

Pour finir, Ugo Tognazzi, en un exorde flamboyant, nous invite à réexhumer la morale épicurienne de la joie et de la vie, en fustigeant les hygiénistes moralisateurs : « Goinfrerie, gourmandise : des mots stupides, dictés par la morale ordinaire, punitive et masochiste… »

 

« Chacun est libre de choisir, et pourquoi pas de choisir de mourir gavé de foie gras ou épuisé par les étreintes. »

 

« Redécouvrons ces deux grandes passions, saines et charnelles, trop longtemps réservées au ghetto de la culpabilité… »

 

« Rejoignons de nouveau, et avec force, le flux séculaire et ininterrompu de la bave, du sperme et de la merde… »

 

La conclusion est plus paisible :

 

« Autrefois il y avait une grand-mère, une maman, une terre, un potager.

Recréons-les. Cela ne dépend que de nous. »

 

Ugo Tognazzi (1922-1990) fut un acteur et metteur en scène italien pour le cinéma, le théâtre et la télévision. Il fut avec Alberto Sordi, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et Nino Manfredi l'une des figures marquantes de la comédie italienne. Il obtient en 1981 le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour son interprétation de Primo Spaggiari dans La Tragédie d'un homme ridicule de Bernardo Bertolucci.

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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AnnieS 28/05/2016 17:50

A propos de l'Italie que vous aimez, si vous avez un moment samedi 4 juin, ma chorale "sono solo canzonette" invite La Baita de Cuneo. C'est à la Maison de l'Italie (Cité Universitaire), pas loin avec votre flèche d'argent et c'est gratuit !
http://www.centreculturelitalien.com/chorale-sono-solo-canzonette-avec-le-coro-la-baita-de-cuneo-evenement-1851.html

JACQUES BERTHOMEAU 28/05/2016 17:54

Pourquoi pas s'il ne pleut pas ma flèche d'argent attrape facilement le rhume

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