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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 06:00
Moins la production est vitale pour l'humanité ou la planète, et moins son impact sur l'environnement devrait être important, la méthode Fukuoka appliquée à la vigne.

Hier matin l’ami Olivier dans les frimas chablisiens redoutables m’a expédié ce texte de Masanobu Fukuoka extrait de son livre « La révolution d'un seul brin de paille » Une introduction à l’agriculture sauvage.

 

 

Lecture ICI 

 

 

Le goût

 

Les gens disent: « on ne connait pas le goût des aliments jusqu'à ce qu'on y ait goûté »; mais même si l'on goûte, le goût des aliments peut varier selon le temps, les circonstances et les dispositions de le personne qui goûte.

 

Si vous demandez à un savant ce qu'est la substance du goût, il essaiera de la définir en isolant les divers composants et en déterminant les proportions de sucré, d'acide, d'amer, de salé et de piquant. Mais on ne peut pas définir un goût par l'analyse ni même du bout de la langue. Même si la langue perçoit les cinq goûts, les impressions sont rassemblées et interprétées par l'esprit.

 

Une personne naturelle peut atteindre une alimentation juste parce que son instinct fonctionne bien. Elle se satisfait d'une nourriture simple; elle est nourrissante, a bon goût, elle est une médecine quotidienne. La nourriture et l'esprit humain sont unis.

 

L'homme moderne a perdu la clarté de son instinct, par conséquent il est devenu incapable de cueillir et d'aimer les sept herbes du printemps. Il est parti à la recherche de la diversité des goûts. Son alimentation devient désordonnée, l'écart entre préférences et aversions s'élargit, et son instinct s'égare de plus en plus. A ce point les gens commencent à assaisonner fortement leur nourriture et à utiliser des techniques culinaires compliquées, augmentant encore la confusion. La nourriture et l'esprit humain sont devenus étrangers.

 

Dans ma petite tête de chroniqueur impénitent a resurgi l’une d’elle titrée : « J'ai en horreur la confusion, savamment entretenue par beaucoup, entre méthodes d'agriculture bio ou «naturelle» et vins «nature» ou «naturels »

 

Retour sur images :

 

Le 23/03/2009 je publiais anonymement, avec son accord, le texte d’un vigneron. Ce garçon discret m’avouait qu’il ne goûtait guère le côté place publique de la blogosphère, qu’il n’avait nulle envie de devenir un icône de tous les milieux alternatifs du microcosme de la viticulture française, qu’il ne souhaitait pas rejoindre telle ou telle micro mouvance, qu’il n'avait rien demandé à personne et n’avait aucune aspiration de la sorte.

 

Donc, c’est l’histoire d’un mec * qui un jour me dit, comme ça, qu’il mène un peu moins d'1 ha en « agriculture naturelle » (expression française de la méthode de M. Fukuoka) sur une parcelle expérimentale où il ne revendique aucune AOC car pour lui rien ne lui permet d'affirmer que ce type d'agriculture, qui n'autorise pas de forte densité de plantation à l'ha, permettrait de donner une image fidèle, ou plus exactement traditionnelle du terroir sur lequel elle est implantée. Je lui demande :

 

- pourquoi, faites-vous ça ?

 

- tout simplement parce que 8 années de viticulture de type bio, ne m'ont pas convaincu du bienfondé de cette approche.

 

Comme j’en reste coi, il ajoute :

 

- si le travail du sol permet de se passer de cette saloperie de glyphosate (nom générique du Roundup) et s'il existe bien des moyens de se passer d'insecticides organochlorés (confusion sexuelle, bacillus thuringiensis, abeilles,...) l'abandon de molécule de synthèse de type folpel, dithane et al pour retourner vers le cuivre sous quelque forme que ce soit me dérange énormément. Le cuivre est un polluant d'une rémanence et d'une toxicité exceptionnelle pour l'environnement et ne devrait d'ailleurs pas tarder à être interdit en agriculture conventionnelle comme bio !...

 

Je suis tout ouïe. Je fais bien car, ce qu’il me dit, sans élever le ton, ni se poser en donneur de leçons, exprime fort bien ce que pense au fond de moi.

 

- Dans tous les cas, la plante cultivée reste sous perfusion de l'homme. Et ceci me dérange sur un plan éthique et citoyen. Peut-on justifier qu'une production aussi peu indispensable à l'humanité provoque la mort biologique de sols dont on pourrait avoir un jour besoin pour des besoins vitaux. Rassurez-vous je n'y mets pas la Côte d'Or, mais honnêtement, quel est le pourcentage des terres viticoles qui produisent des vins dignes d'intérêt culturel et gastronomique à l'échelle mondiale?

 

Comme pour s’excuser il se croit obligé d’ajouter :

 

- Voilà mon idée stupide : moins la production est vitale pour l'humanité ou la planète, et moins son impact sur l'environnement devrait être important. Encore une fois, et bien qu'étant un passionné de longue date et tentant d'en tirer un revenu pour faire vivre ma famille, je ne mets pas le vin au rang des absolues nécessité pour la vie, n'en déplaise à Platon.

 

Et moi pour faire rebondir la conversation je le branche sur la méthode Fukuoka. Intarissable.

 

La suite ICI 

 

 

« Depuis des années, essai après essai, erreur après erreur, un agriculteur Japonais, Masanobu Fukuoka, a développé une approche faite de simplicité, une agriculture à contre-courant du modèle occidental. Comme toutes les idées simples mais révolutionnaires, elle surprend par sa banalité et étonne par ses innombrables retombées. Laisser la nature nous nourrir et intervenir le moins possible. Pas de labour, aucun produit chimique, pas de désherbage. Planter lorsque les plantes égrainent naturellement, laisser les plantes sauvages à leur place, enrichir le sol avec des légumineuses, quelques animaux et de la paille. Rien de bien impressionnant à première vue, pourtant vous en entendrez reparler, croyez moi. Quand cela? Attendez la dernière goutte de pétrole! »

 

« La méthode de culture de Masanobu Fukuoka ne pourra donc pas s’étendre tant que l’on vivra dans une société de croissance, car celle-ci est incompatible avec l’idée d’économie de ressources. Le déclin rapide du pétrole qui arrivera pendant ma vie (je suis encore jeune) verra triompher sans gloire des agricultures inspirées de cette méthode énergétiquement économe. Le simple fait que cette technique connue depuis plus de trente ans soit toujours marginale en est à mes yeux une des meilleures preuves. Il y a de quoi se réjouir toutefois, car cet homme simple nous a montré une chose dont les survivalistes ne semblent pas d’accord, la fin du pétrole n’est pas l’apocalypse. En effet, en faisant le pari de la diffusion de cette approche, il est possible à la fois de nourrir la planète sans l’or noir et de vivre en intelligence dans un environnement agréable. Toutefois, si cela se passait mal, je vous conseille de prendre les devants et de vous mettre un lopin de terre de coté…il n’y en aura pas pour tout le monde. »

 

Le texte intégral ICI

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

pax 29/04/2016 08:24

Hihihi ! Cela me rappel ,en bon intellectuel, mes premiers livres d'horticulture quand on a eu notre premier jardin : " Faites travailler les mauvaises herbes " et " Le beau jardin du paresseux"

pphilippe 28/04/2016 09:28

Bonjour Jacques
En matière de confusion, je voudrai en dissiper une autre.
Il me semble que cet article, entretien l'idée qu'il existe deux agricultures, l'une minimaliste et peu productive ( j'exagère sans doute une peu ) et l'autre conventionnelle, moderne et productive.
La première servirai de refuge à de doux rêveurs en rupture avec la société de consommation, la deuxième abriterai les gens sérieux, modernes ... et productifs. Cette confusion permet aux multinationales qui nous empoisonnent d'envisager l'avenir sous un ciel plus radieux.

Je ne pense pas que Fukuoka se retrouve dans cette distinction.
Car depuis cet éminent paysan, de nombreux travaux ont montré que (je vous la joue courte) que l'efficacité d'un sol est proportionnelle à l'activité carboné. sources ( FAO, Christian Pieri, Annadana, Bourguignon et bien d'autres )
Cela veut dire que le mot bio peut recouvrir de nombreuses réalités, il qu'il ne devrait pas être figé dans une posture particulière.
Cela veut dire aussi qu'une agriculture qui s'intéresse à son compartiment organique est aussi efficace à comprendre les ressorts de la fertilité d'un sol et d'en jouer, de la même manière que les médecins qui commencent à comprendre l'intérêt de notre microbiote intestinal sont plus efficace à soigner des pathologies aujourd'hui soignées à grand renfort de médocs.
C'est un peu comme si la musique de Phil Glass ou Eric Satie (pour certaines) ne pouvait se mesurer en terme d'émotion, à celle de Bach au motif qu'elles seraient minimalistes.
Bonne journée

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