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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 06:00
Moi consommateur pourquoi CAVB voulez-vous me former à la dégustation, n’est-ce pas me faire perdre mon identité ?

J’ai reçu une réponse * à mon courrier adressé à madame la directrice de Siqocert du 1er avril. Elle n'est pas signée par elle.

 

Datée du 5 avril elle émane du CAVB, qui est le Soviet Suprême des vins bourguignons, et c’est une lettre-type comme le montre la formule « Pour ceux d’entre vous qui valideront cette formation »

 

J’eusse préférer un chouïa de personnalisation du style « Si votre formation est validée. » mais passons sur ce détail de forme pour aborder le fond de cette proposition.

 

Tous les dégustateurs doivent donc faire la preuve qu’ils sont aptes à entrer dans le moule en étant évalués par je ne sais qui d’ailleurs.

 

J’imagine que si Louis-Fabrice Latour, négociant de son état, Claude Chevallier, vigneron émérite, tous deux présidant à, tour de rôle le BIVB, Michel Bettane, énorme dégustateur, Hubert de Bouärd de Laforest le génial wine-maker que le monde entier nous envie et qui rêve de vendre ses éminents services à de beaux Clos bourguignons, postulaient à cette tâche ils devraient se plier à cette forme de figures imposées vu leur absence d’expérience en ce domaine.

 

Mais au-delà de cette remarque, non dénuée de causticité et de réalité, je ne comprends pas bien pourquoi le consommateur que je suis devrait se faire formater ?

 

En effet, ça me semble contraire à la position même du consommateur qui n'est pas un professionnel de la profession, c'est sa singularité au sein de vos commissions. Selon le parours du combattant que vous me proposez je dois perdre ma singularité, m'insérer dans votre univers bien bordé, être des vôtres.  

 

Quel intérêt y-a-t-il à se transformer en clônes ?

 

Naïvement je croyais que cette dégustation avait pour but de mettre sur le marché des vins qui, dans leur diversité, seront aptes à satisfaire le large éventail des goûts des consommateurs. Nous sommes si divers. Au final, ces vins seront vendus pour être achetés et bus par nous, les humbles du bout de la chaîne, ceux qui entrouvrent leur porte-monnaie avant d’entrer dans les statistiques du BIVB si bien commentées autrefois par Louis-Fabrice Latour dans la glaciaire salle des Pôvres le matin de la vente des Hospices de Beaune.

 

Pourquoi diable voulez-vous me faire subir cet entraînement à une technique dégustative ? C’est, hormis le côté « humiliant » pour un vieux cheval de retour blanchi sous le harnois comme moi, vidé cet exercice de sa substance humaine avec un côté je ne veux voir qu’une seule tête.

 

De plus, petit détail d’intendance, vu mon positionnement parisien, je me devrais de payer 4 aller-retour SNCF pour subir vos formations. En clair, de facto, ça rabougri votre échantillon de consommateurs aux seuls Bourguignons. Une forme bien étrange d'autarcie peu conforme au rayonnement international des vins de Bourgogne.

 

Bel entre-soi bien peu conforme à la réalité du marché des vins de la Haute et Basse-Bourgogne.

 

Mais je crois que là je m’aventure dans l’univers des mots qui fâchent, si j'étais admis comme un électron libre mon petit vote original risquerait de troubler les affaires de famille, perturberait l'ordre des choses, ferait peut-être pencher le plateau de la balance du mauvais côté, celui des vins fait pour être déchus de l’identité bourguignonne.

 

Et pourtant, chaque jour que Dieu fait, ou presque, je me fais l’ambassadeur de vos vins, mais est-ce là votre principale préoccupation ?

 

Permettez-moi d’en douter sans pour autant vous faire un quelconque procès d’intention car, comme diraient ceux qui veulent se dédouaner, c’est le système qui eut ça !

 

Mais qui pilote donc ce dit système ?

 

Ceux qui l’ont construit et, que vous le vouliez ou non, en jargonnant comme les économistes : c’est l’aval qui au final pilote le système. Pas vous !

 

Ce n’est pas à vous de décider de soi-disant trier le bon grain de l’ivraie. Ce faisant vous êtes à côté de la plaque, à contre-courant des évolutions de fond qui exigent de la diversité et non de l’uniformité.

 

En prenant cette position ne croyez-pas que je me défile ; ce n’est pas le cas, en effet je ne me vois pas cautionner une mécanique purement technicienne qui me semble contraire à ce que devraient être les fondamentaux d’une appellation d’origine.

 

Je reste donc candidat si je suis pris tel que je suis et non tel que vous voudriez que je sois.

 

J’attends avec impatience la réponse du duo de charme : Louis-Fabrice Latour&Claude Chevallier, les tauliers du BIVB.

 

Qu’ils reçoivent en attendant l’expression de mes salutations les plus bourguignonnes.

 

Jacques Berthomeau

 

 

 

 

Bonjour M.Berthomeau,

 

Un planning des futures formations à la dégustation a été établi. Il s’agit de formations proposées aux dégustateurs pour l’évaluation des vins lors des commissions d’examens organoleptiques dans le cadre de la production des vins d’AOC de Bourgogne (SAQ, SIQOCERT, UPECB).

 

Les formations se composent de 4 séances de 3 heures et demi. Il a été décidé de rapprocher les programmes de formation à la dégustation CAVB (pour dégustation SIQOCERT), Suivi Aval qualité du BIVB et l’UPECB (pour les Crémants) afin de créer un collège unique et de donner accès à tous les professionnels formés aux 3 types de dégustation ensuite. Cette formation fera l’objet d’une évaluation en dernière séance.

 

Pour ceux d’entre vous qui valideront cette formation, nous transmettrons votre dossier à SIQOCERT, au BIVB (service SAQ) et à l’UPECB (Crémant) qui vous convoqueront pour leurs dégustations.

 

Ces formations sont proposées :

 

- A tout nouveau dégustateur qui souhaite participer aux jurys de dégustation UPECB, SIQOCERT et SAQ.

 

Département de formation Dates/horaires Lieu de formation

 

COTE D’OR Groupe 2 Jeudi 7 avril 2016 :

 

8h30-12 et 13h30-17h CITVB, 6 rue du 16e chasseur

21200 BEAUNE

 

Vendredi 8 avril 2016 :

8h30-12 et 13h30-17h

 

Contact à la CAVB pour les inscriptions : Eva Navarro Diego e.navarro@cavb.fr

 

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

 

Cordialement,

 

Eva Navarro Diego

Technicienne - Oenologue CAVB-UPECB

132 route de Dijon 21200 Beaune.

Tel: 03.80.25.00.21 - Fax: 03.80.25.00.27

e.navarro@cavb.fr

www.cavb.fr

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

William Munny 07/04/2016 07:10

Merci Jacques,

Je pense que si les vignerons au travers de cette procédure se prennent au sérieux, c'est qu'ils ne le sont plus tout à fait.

Sur ce ton de la paraphrase, le vin est une chose trop grave pour être confié à des vignerons ( et des techniciens).

Et au final, en utilisant le même auteur vous pourrez remplacer comme vous voulez la citation suivante : "Donnez-moi quarante trous du cul et vous fais une Académie Française".

Bizot jean-Yves 07/04/2016 06:53

La proposition appelait la réponse; elle arrive. Et elle met le doigt sur une partie - et quelle partie ! - du problème : la dégustation est fondée sur des bases purement techniques. La recherche du défaut et un bon vin est donc un vin sans défaut(s). Admettons... même si c'est un peu court. Mais Sur ces bases, il faudrait ne pas lire Proust, bourré de fautes, ne pas regarder les tableaux de Gauguin, sans perspective, et se passer d'art ethnique. Car c'est quoi finalement, un défaut ? On est dans un domaine un peu plus compliqué, moins rationalisable. Une grande partie de ceux-ci reposent sur l'habitude, et donc la tolérance ou non tolérance qu'elle entraine. Nous sommes dans le culturel, le goût, le social, la découverte... bref, l'Homme. L'Amateur, le vrai, qui aime, est le seul à pouvoir nous sortir de cette impasse où nous mène la primauté de la technique.

William Munny 07/04/2016 10:13

Bien entendu j'ai fait des fautes et un oubli:

La citation complète de Clemenceau est : "Donnez-moi quarante trous du cul et je vous fais une académie française".

Pour continuer à me cacher, bien au chaud, Beaudelaire expliquait que le beau était toujours bizarre.
Maria Callas, avec sa voix qui déraillait à l'occasion, jusqu'en dans ses plus belles interprétations, comme Bellini , aurait-elle eu l'agrément par des techniciens, ou des jugements formatés par des techniciens ? Non bien entendu.

Si nous vendons du vin au final, ce n'est pas pour la version congrue qu'est l'appellation: c'est pour l'analyse individuelle que nous en faisons. C'est notre rôle de nous réassumer en tant qu'acteur.
Ne faisons plus cette comédie des agréments, jouons là. Assumons notre interprétation sans cette censure.

Le vrai progrès, le seul actuel est de nous redonner la liberté de faire ce que nous sommes en droit de faire. Par l'arrêt des agréments.

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