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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 06:00
En 1964, j’avais 16 ans, il ne restait plus que 20 ans à attendre pour savoir si ce qu’écrivait George Orwell 15 ans plus tôt allait se vérifier…

À ceux qui s’étonnent du rythme journalier de mes chroniques, que je me chatouille la nouille chaque matin devant mon écran comme l’a écrit un LPVien vénère que j’eusse osé ne pas encenser le livre du Grand Timonier, dont je tairai le nom afin de lui lâcher la grappe, je réponds en citant Vialatte, l’inventeur de la chronique en tant que genre littéraire, «une chronique il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps.»

 

Je ne vois pas en quoi ça dérange l’engeance dégustatrice que je commette un billet que je jette chaque matin sur la Toile, nul ne les oblige à me lire. S’ils sont masos qui puis-je ?

 

Le temps d’écrire on le prend et pondre une page d’écriture quotidienne ne relève en rien d’une quelconque addiction. J’entretiens mes neurones et, libre à chacun, de faire un sort à ma production.

 

Écrire c’est comme faire l’amour, quand ça vous prend ça ne vous lâche pas.

 

Comme j’ai une tendance certaine à sauter du coq à l’âne, en passant en revue ce que me trottait dans la tête je me souvins que dimanche dernier, dans mon petit roman, j’avais en exergue posé en exergue une citation :

 

« L’amour, c’est comme les oreillons, plus on l’attrape tard, plus c’est grave. »

 

Je n’ai jamais eu les oreillons. De nos jours, dans les cours d’école on n’entend plus parler des oreillons. Et pourtant de mon temps cette maladie infantile semait la terreur chez les garçons. Pensez-donc, le mal, si on y prenait garde pouvait se porter sur les coucougnettes, nos gonades et, si les oreillons descendaient le jeune mâle risquait d’être à sec pour toujours.

 

« Plus on les a tard, plus grand est le risque. On parle de couilles énormes, tuméfiées comme des fruits tropicaux… Il n’est pas certain qu’elles dégonflent un jour. On souffre l’enfer. »

 

Ce n’est pas moi qui écrit ça mais un dénommé Jacques Gaillard dans « Qu’il était beau mon Meccano ! »

 

 

Avec mes histoires de coucougnettes j’imagine la tronche d’un LPVien égaré sur mon espace de liberté. Carton rouge ! Disqualification ! Excommunication !

 

Et pourtant c’est grâce aux oreillons que j’ai pu donner le jour à ma chronique du jour.

 

En effet, le sieur Jacques Gaillard tout à la fin de son opus écrit :

 

« En 1964, j’avais 16 ans, une Vespa et cinq francs d’argent de poche par semaine […] on attendait 6 à 18 mois une auto après la commande, et elle coûtait des années de salaire ouvrier. Lequel était, en francs constants et en pouvoir d’achat comparé, légèrement inférieur (pour 44 heures de travail hebdomadaire) au RMI d’aujourd’hui. On attendait aussi de longs mois pour obtenir le raccordement au téléphone. Pour aller vite, on prenait le train (une nuit pour Paris-Marseille). On allait voir la télé en noir et blanc chez des voisins. On travaillait le samedi. Non, monsieur, il n’y avait plus de dinosaures. »

 

Alors je me dis : puisque tu avais 20 ans en 68 c’est que t’avais 16 ans en 64.

 

Raccord donc !

 

 

En 64, Sylvie Vartan chantait (sic) Ce soir je serai la plus belle pour aller danser… Elle fondait l’espoir que la robe qu’elle avait voulue et cousue point par point serait chiffonnée… sur la banquette arrière d’une SIMCA 1000 (l’auto dans laquelle j’ai passé mon permis en 66) Torride mais ce n’est pas encore Baise-moi !

 

En 1964, le 14 octobre, Martin Luther King (« I have a dream ») reçoit le Prix Nobel de le Paix, et le 22 Sartre refuse celui de littérature.

 

On a enterré des mammouths : Braque, Cocteau, Edith Piaf, Jean XXIII.

 

En 64, comme on le dit de nos jours, c’est la Battle planétaire Rolling Stones « de mauvais garçons, apôtres sataniques d’une musique violente » contre les Beatles « A hard days night »…

 

En 1964, le pompidolisme triomphant permet l’érection de la tour Maine-Montparnasse le « Paris de l’an 2000 » (sic)

 

En 64, l’Europe verte est lancée grâce à un accord sur le prix des céréales, qui va permettre un « élevage moderne » (sic)

 

En 1964, Bernard Pivot écrit dans le Figaro : « Le premier garage d’une automobile, c’est le cœur d’un homme »

 

Enfin, en 64, Alain Peyrefitte « inaugure » un nouveau Journal télévisé, « avec plus d’images » : « Lorsque le gouvernement voudra s’exprimer, il le fera à visage découvert », assure-t-il sans rire. « Pouvait-on espérer mieux ? », écrit André Brincourt.

 

En 1964, l'auteur de science-fiction Isaac Asimov se lançait dans un petit jeu: imaginer le monde de 2014. 50 ans plus tard, son pronostic est tellement proche de la réalité que cela en est presque effrayant.

 

Lire ICI 

 

I have a dream et si les participants à la Nuit Debout ouvraient un atelier : En 2016… Y’a déjà beaucoup de matériaux et ça me semblerait plus intéressant que de réécrire la Constitution…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

pax 17/04/2016 08:24

Est ce la grisaille du temps qui nous vaut cette chronique quelque peu nostalgique? La nostalgie n'est jamais aussi forte que lorsqu'elle empreinte les couleurs de la poésie : Merci pour la belle citation de VIALATTE. Mais on aura beau faire, pour moi , la nostalgie aura toujours ce goût si bien résumé par PAVESE : « Il y a quelque chose de plus triste que de vieillir et c’est de rester enfant.»
Cesare PAVESE – Le métier de vivre – 25 Décembre 1937 ou encore, d'un autre : " Je ne me consolerai jamais d'avoir été enfant "

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