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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:00
De ce jour, les fascistes désertèrent le bordel. Le fréquenter revenait à se proclamer antifasciste.

Si vous n'avez pas lu les 3 épisodes précédents c'est ICI

 

 

Alors, pour la première fois en soixante ans d’existence, le professeur Santino alla au bordel. Ce fut pour supplier Oriana de lui accorder un quart d’heure.

 

Il sut se montrer convaincant, mais pendant ce quart d’heure il ne consomma pas, se limitât à interroger la jeune femme.

 

Il apprit ainsi qu’Oriana, originaire de Bologne, avait travaillé comme ouvrière à dix-huit ans. On l’avait licenciée parce qu’elle était la fille d'un cheminot, qui lui aussi avait été licencié vingt ans plus tôt pour ses idées socialistes. Accusé de complot contre le fascisme, il avait été arrêté.

 

Le travail d’Oriana constituait la seule source de revenus de la famille, parce que sa mère, institutrice, avait perdu son poste quand elle avait refusé de prendre la carte du parti fasciste.

 

Pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses parents, Oriana avait été obligée de mener cette vie. Mais la police politique s’en était mêlée, craignant que dans l’exercice de sa profession Oriana ne répande les idées socialistes. Par conséquent, pas de contacts prolongés avec les clients, durée maximum un quart d’heure.

 

« La haine mortelle qu’elle voue aux fascistes se concentre chez elle en cet endroit, et les envoie au tapis, expliqua le professeur aux membres du club. J’en veux pour preuve que l’aviateur en est sorti indemne. »

 

De ce jour, les fascistes désertèrent le bordel. Le fréquenter revenait à se proclamer antifasciste.

 

La période écoulée, on ne put renouveler la quinzaine, impossible de voyager sous les bombardements et mitraillages alliés. La maison de tolérance fut fermée. Les filles se dispersèrent.

 

En reconnaissance pour ses mérites, Oriana fut embauchée chez maître Guarnaccia, avocat et vieux député socialistes qui lui aussi avait payé cher ses idées.

 

Quand, trois semaines plus tard, les Américains arrivèrent aux portes de la ville, le comité antifasciste qui les accueillit comptait parmi ses membres Oriana, en pleurs, un drapeau rouge au poing.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans écrits des autres
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Patrick Fossier 06/04/2016 12:41

Il y a dans l'épisode d'aujourd'hui cette histoire passionnante un paragraphe incompréhensible que je vous joins ci-dessous :
Il apprit ainsi qu’Oriana, originaire de Bologne, avait travaillé comme ouvrière à dix-huit ans. On l’avait licenciée parce qu’elle était été licencié vingt ans plus tôt pour ses idées socialistes. Accusé de complot contre le fascisme, il avait été arrêté.

JACQUES BERTHOMEAU 07/04/2016 09:21

Merci en en effet il manquait un morceau de la phrase, je l'ai réintégrée

On l’avait licenciée parce qu’elle était la fille d'un cheminot, qui lui aussi avait été licencié vingt ans plus tôt pour ses idées socialistes.

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