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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 06:00
« Le château de Salettes rouge est un vin de Gaillac, sans doute le plus ancien vignoble de France… » même sur les chemins de l’Histoire Jean-Paul Kauffmann rencontre le vin…

Jean-Joseph d’Hautpoul, issu d’une des plus anciennes familles nobles de France est né en 1754 dans la tour ronde coiffée d’un toit en éteignoir du château de Salettes.

 

JPK dans OUTRE-TERRE écrit :

 

« Au milieu du vignoble, dressé sur un éperon rocheux, l’ancien château médiéval a belle allure. Le paysage et ses douces collines rappellent l’Ombrie. Depuis longtemps Salettes menaçait ruine, la bâtisse vient d’être restaurée de fond en comble. L’œnotourisme est à la mode. La gentilhommière s’est transformée en un hôtel de charme au goût du jour : chambres à la décoration contemporaine, pierres brutes, lignes épurées, aménagement minimaliste. Le restaurant, qui jour lui aussi sur le dépouillement, s’enorgueillit d’un macaron au Michelin. » 

 

NDLR : Le Guide Michelin 2016 a retiré leur unique étoile à trois établissements, tous dans le Tarn : L'Esprit du Vin à Albi, le Château de Salettes à Cahuzac-sur-Vère et le Bistrot des Saveurs à Castres. »

 

« Le Château de Salettes rouge est un vin de Gaillac, sans doute le plus ancien vignoble de France. On peut dire qu’il est saisissant par son attaque. Coloré, charpenté, massif, il se signale par ses notes épicées. Sa puissance, n’empêche pas un fond élégant et une vraie complexité qui lui confère beaucoup de charme. »

 

« Dans toutes les nuances de sa typicité, les mérites du vin de Salettes peuvent s’appliquer exactement au futur commandant des cuirassiers, mélange de solidité et de finesse. »

 

Qui est d’Hautpoul ? C’est le titre d’un chapitre.

 

« Il appartient avec Lassalle, Colbert, Nansouty et Caulaincourt à cette poignée de grands cavalier de l’Empire. Fonceur, remarquable meneur d’hommes, tous ces qualificatifs ne suffisent pas à rendre compte de la personnalité de ce guerrier que l’on a fait passer pour un sabreur voire un soudard. Il n’avait pas la parole facile, répugnait au discours mais n’avait pas son pareil pour emmener ses hommes et les pousser à fond. »

 

« On connaît ses capacités militaires, en revanche on sait très peu de choses sur l’homme. »

 

JPK aime se poser, aller humer les lieux, s’en imprégner…

 

De retour d’un séjour à Moscou il a voulu s’arrêter à Gaillac « délicieuse petite ville que la globalisation n’a pas trop endommagée. À l’ombre de ses hôtels particulier en briques roses, de ses jardins, de ses ruelles étroites, de ses placettes à l’italienne, une douceur de vivre y est encore visible. Sur la place principale se dresse le monument dédié au général d’Hautpoul. Cette statue est, si l’on ose dire, édifiante. »

 

 

« À la terrasse d’un café, je me suis placé devant le piédestal sur lequel est inscrit : « Jean-Joseph d’Hautpoul, sénateur, général de division, grand-croix de l’ordre de la Légion d’honneur né à Salettes, arrondissement de Gaillac-Tarn, le XIII mai MDCCLIV, blessé mortellement à Eylau, le 8 février MDCCCVII. »

 

« Pourquoi les mots « blessé mortellement à Eylau » m’ont-ils émus ? »

 

Je vous laisse le soin de le découvrir en lisant le livre de JPK. Sa rencontre sur la terrasse du café, avec où il s’était posé, avec un couple de brocanteurs-antiquaires quadragénaires, des bobos, qui note-t-il, font le commerce d’objets anciens sans s’intéresser au passé, vaut son pesant d’une belle ironie.

 

Et puis vous apprendrez comme moi qu’ « en fin de compte, cette histoire d’Eylau, c’est très camp. »

 

Dixit la femme « belle plante, cigarillo au bec, blouson de cuir, robe chic et style minutieusement décontracté. »

 

Wellington disait : « Quand je vois un cuirassier français à côté de sa rosse, je ris ; quand il est dessus, je l’admire ; quand il charge j’ai peur. »

 

« Les cuirassiers montaient de grands et gros chevaux de la stature des percherons. Cependant leur taille ne devait pas dépasser 1,60 mètre. Au-delà, il était moins facile de les enfourcher même si les cavaliers faisaient figure de géants – ils devaient mesurer plus de 1,73 mètres. »

 

« L’effrayant cuirassier » comme le nomme Léon Bloy va être blessé mortellement à la tête de ses deux mille cavaliers lors de la fameuse charge de Murat.

 

Ces citations sont tirées du chapitre la charge.

 

« Murat décide alors de faire donner la 2e division de cuirassiers commandé par d’Hautpoul. Elle va piquer sur la droite tandis que, sur la gauche, Grouchy attaquera une fois encore avec ses dragons… »

 

« Paulin va assister à ce moment incroyable où Murat en personne emmène cuirassiers et dragons, « une simple cravache à la main, en criant à tue-tête, de sa voie gasconne : Chargez, chargez tout cela est à moi. »

 

« C’est un « ouragan de cavalerie » qui déferle sur l’infanterie russe en poussant des hourras…Le bruit sec des biscaïens retentit sur les cuirasses. Une trépidation sourde pareille à une secousse tellurique traverse la plaine. Un essaim tueur, une nuée exterminatrice, telle est la force qui tombe sur les Russes. »

 

« Cuirassiers ! Chargez à fond ! à fond », tonne d’Hautpoul… »

 

« Dans le corps à corps, les cavaliers se dispersent et se mélangent à l’adversaire, la charge perd de son mordant. Accrochées aux Russes, plusieurs unités ont du mal à revenir et subissent une fusillade à bout portant. Le général d’Hautpoul est touché alors à la cuisse droite fracassée par un biscaïen. Ses hommes parviennent à le ramener à l’arrière. »

 

Selon Percy il aurait pu être sauvé s’il avait été aussitôt amputé mais, devant la multitude de blessés qui attendaient d’être secourus, il avait refusé tout passe-droit. La gangrène s’installa. L’agonie dura six jours. À son cousin, jeune sous-lieutenant d’infanterie, qui avait été autorisé à le voir, il déclarera : « je suis perdu, mais je laisse un bel exemple à suivre. Je meurs pour la France et pour l’Empire. »

 

Il mourut au château de Worienen près d’Eylau, où il fut enterré. Sa dépouille fut rapatriée en France en 1808. Il repose au Père-Lachaise tandis que son cœur est conservé dans le caveau des gouverneurs aux Invalides.

 

 

 

Note :

La boîte à mitraille utilisée pour le combat rapproché. Efficace jusqu’à quatre cents mètres elle contenait des balles en fer battu les biscaïens.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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