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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 06:00
La reine de Saba Calypso noire aux cheveux blonds, magicienne, tentatrice et porteuse de démons, de la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert en passant par l’élégie de Senghor jusqu’à la délicieuse pâtisserie de maman…

« Salomon et la Reine de Saba » le film de King Vidor sorti sur les écrans en 1959, avec une Gina Lollobrigida roulant les R dans la version française (c’était sa voix) et un Yul Brunner chevelu, me permit d’associer le fameux roi Salomon du catéchisme (son jugement) à la sulfureuse Reine de Saba.

« Qu'il me baise des baisers de sa bouche. Tes amours sont délicieuses plus que le vin, l'arôme de tes parfums est exquis, ton nom est une huile qui s'épanche. »

 

« Dans certaines traditions, la reine de Saba apparaît en tentatrice de Salomon, tout à la fois magicienne et ensorceleuse, Circé ou Calypso noire. C’est ainsi qu’elle est représentée sur un retable de l’abbaye de Klosterneuburg datant de la fin du XIIe siècle. Jusqu’au XVe siècle, dans l’iconographie de l’Allemagne rhénane, la reine de Saba sera tantôt noire aux cheveux blonds, tantôt blanche, magicienne, tentatrice et porteuse de démons. Mais toutes les traditions sont d’accord pour lui accorder une incommensurable richesse. Des décennies durant, sur la foi de voyageur plus ou moins bien informés, son royaume va faire l’objet de recherches sur toute la partie du continent noir situé au midi de la Barbarie, de la Numidie, de la Lybie et de la Terre des Nègres. »

 

Atlas des Contrées Rêvées Dominique Lani Arthaud

 

 

  • Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine

« La foule se prosterne, l’éléphant plie les genoux, et la reine de Saba, se laissant glisser de son épaule, descend sur les tapis et s’avance vers saint Antoine.

 

Sa robe en brocart d’or, divisée régulièrement par des falbalas de perles, de jais et de saphirs, lui serre la taille dans un corsage étroit rehaussé d’applications de couleur qui représentent les douze signes du zodiaque. Elle a des patins très hauts dont l’un est noir et semé d’étoiles d’argent, avec un croissant de lune, et l’autre, qui est blanc, est couvert de gouttelettes d’or, avec un soleil au milieu.

 

Ses larges manches, garnies d’émeraudes et de plumes d’oiseaux, laissent voir à nu son petit bras rond orné, au poignet, d’un bracelet d’ébène ; et ses mains, chargées de bagues, se terminent par des ongles si pointus, que le bout de ses doigts ressemble presque à des aiguilles. Une chaîne d’or plate lui passant sous le menton monte le long de ses joues, s’enroule en spirale autour de sa haute coiffure, poudrée de poudre bleue, puis, redescendant, lui effleure les épaules et vient s’attacher sur la poitrine à un petit scorpion de diamant qui allonge la langue entre ses seins.

 

Deux grosses perles blondes tirent ses oreilles. Le bord de ses paupières est peint en noir. Elle a sur la pommette gauche une tache brune, et elle respire en ouvrant la bouche, comme si son corset la gênait.

 

Elle secoue, tout en marchant, un parasol vert à manche d’ivoire, entouré de sonnettes vermeilles, et douze négrillons crépus portent la longue queue de sa belle robe, dont un singe tient l’extrémité qu’il soulève de temps à autre, pour regarder dessous.

 

- La Reine De Saba.

 

Ah ! Bel ermite ! Bel ermite ! Mon coeur défaille ! »

 

  • Léopold Sédar Senghor Élégie pour la Reine de Saba

« Et la plus belle est la fille du Roi des rois, la Reine-Enfant, reine du Sud ombreux et du matin en l’an de l’ascension.

 

Son nom est cousu dans les bouches : j’en donne les masques mouvants.

 

Elle a l’éclat du diamant noir et la fraîcheur de l’aube, et la légèreté du vent.

 

Comme l’antilope volante elle bondit au-dessus des collines, et son talon clair dans l’air est un panache de grâce.

 

Genoux noirs devant les jambes de cuivre rouge, élan souple du sloughi aux chasses de la saison

 

Qu'il me baise des baisers de sa bouche. Tes amours sont délicieuses plus que le vin, l'arôme de tes parfums est exquis, ton nom est une huile qui s'épanche. »

 

La reine de Saba, personnage mythique des récits hébraïques, chrétiens et coraniques, héroïne de la littérature de Flaubert à Senghor et délicieux gâteau au chocolat.

 

Reine de Saba ©Nataliya Arzamasova shutterstock

Le gâteau préféré de Mademoiselle Papilles ! Il faut dire que c’est un délice ! La recette ICI

 

Célébrée dans le Cantique des cantiques, la Balkis du Voyage en orient de Nerval fascine les hommes depuis les festins arrosés du royaume de Judas. La Makeda abyssine qui, selon la tradition Éthiopienne porta en son sein le fils de Salomon, nous est racontée par Jacques-Noël Pérès, ancien doyen de l’Institut Protestant de Théologie et professeur d’éthiopien classique à l’Institut Catholique de Paris.

La reine de Saba Calypso noire aux cheveux blonds, magicienne, tentatrice et porteuse de démons, de la Tentation de Saint-Antoine de Flaubert en passant par l’élégie de Senghor jusqu’à la délicieuse pâtisserie de maman…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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