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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 06:00
L’Audois Antoine Verdale était 1 précurseur de tendance : les hipsters new-yorkais ont une nouvelle passion le cassoulet de Castelnaudary.

C’était au temps où les politiques de tous bords surveillaient le Midi Rouge comme du lait sur le feu, les VCC : vins de consommation courante devenus le Vins de Table quittaient inexorablement la table du populo. Les Comité d’Action Viticoles avaient la mèche lente facile et les gros bataillons des caves coopératives fondaient comme neige au soleil.

 

« Les Événements de Montredon-Corbières » dramatiques marquèrent les esprits : 1 mort chez les vignerons : Émile Pouytès, un mort chez les CRS, le Commandant Joël Le Goff. Le 4 mars 1976. Lors d'une fusillade qui dura près d'une demi-heure, et durant laquelle plusieurs dizaines d'autres personnes furent blessées par balles ou chevrotine, près du pont de Montredon-Corbières. 

 

Pour apaiser les tensions toujours vives le gouvernement de Jacques Chirac créait par Décret n°76-302 du 7 avril 1976 l’OFFICE NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DES VINS DE TABLE (ONIVIT).

 

L’homme-clé de ce nouvel Office était l’audois Antoine Verdale, de Trèbes, le tout président des Caves Coopératives Vinicoles alors CNCV devenu de nos jours CCVF.

 

Michel Rocard le reconnaît : « L’homme puissant était précisément le président de la Fédération des caves coopératives viticoles. Il s’appelait Antoine Verdale et il était de l’Aude (…) C’était un vieux de la vieille de la SFIO que j’avais le souvenir d’avoir rencontré dans quelques congrès. Bref, on se connaissait un peu. En qualité de vieux militants socialistes, nous nous tutoyions. Mais depuis que j’étais ministre, c’était complètement banni (…) Je ne comprenais que 25 % de ce qu’il me disait. Son accent était plus prononcé que l’Aveyronnais. Bref, c’était dur.»

 

Ayant travaillé de 1978 à 1981 à l’ONIVIT, sans me pousser du col, et les audois peuvent en témoigner, s’il était quelqu’un qui connaissait l’Antoine c’était ma pomme. Petite fourmi auprès du Ministre j’ai œuvré pour faire avaler aux durs des CAV, Jean Huillet en tête, le bougon des cépages, les accords de Dublin.

 

L’Antoine, qui avait le sens des relations publiques et qui aimait le rugby, organisait, lorsque le Tournoi alors des 5 Nations se jouait au Parc des Princes, un déjeuner d’avant-match au restaurant de Roland Garros tout proche. Au menu : Cassoulet de Castelnaudary et y’avait du beau monde autour de la table.

 

L’Antoine devint Président de la Sopexa et il voyagea beaucoup. Un jour qu’il séjournait à New-York on l’emmena dans le club de jazz où Woody Allen avait l’habitude de faire des bœufs et le Woody était présent. Je ne sais comment s’instaura la conversation entre lui et le cinéaste, sans doute par l’intermédiaire d’un collaborateur de la Sopexa car Antoine ne maîtrisait pas l’anglais, mais lorsque Woody Allen les quitta l’Antoine lâcha « C’est un petit con ce Woody Allen ! »

 

Bref, je trouve que le fait que les hipsters new-yorkais aient une nouvelle passion pour le cassoulet de Castelnaudary constitue, « assez curieusement d’ailleurs »* un hommage à la mémoire d’Antoine Verdale qui fut, à sa manière, l’un des artisans du renouveau du Languedoc du vin.

 

* Expression favorite d’Antoine Verdale

 

 

INSOLITE - De Castelnaudary à New York et Osaka. On a du mal y croire mais notre cassoulet, ce bon vieux plat du Languedoc, est la dernière sensation culinaire à New York et au Japon.

 

« Le cassoulet c'est tendance. C'est le nouveau ramen », peut-on lire dans l'interview d'un restaurateur et de blogueurs culinaires par le New York Post

 

Les Américains viennent donc découvrir notre ragoût de haricots blancs et ils en sont fous. Il est présenté par le quotidien new-yorkais comme un plat d'hiver "réconfortant" et parfait pour ce moment de l'année.

 

Le 9 janvier avait même lieu le troisième National Cassoulet Day où plusieurs événements étaient organisés aux États-Unis, notamment dans les restaurants Benoit d'Alain Ducasse.

 

Le propriétaire du restaurant Jimmy's No. 43 explique aussi au New York Post que son concours de cuisine autour du cassoulet n'a jamais attiré autant de monde. Il y a huit ans, sa clientèle était composée de nostalgiques de la période où les bistrots français étaient à la mode, aujourd'hui ce sont surtout des jeunes.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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Myriam 21/01/2016 10:47

Depuis le vaste pays du Cassoulet, je ne peux que me réjouir que de jeunes américains découvrent ce qui est bon. Et pour mettre tout le monde d'accord, le cassoulet est originaire de Castelnaudary, entre Toulouse et Carcassonne. La cassole, plat en céramique qui lui a donné son nom était cuite dans une petite commune près de Castelnaudary. La variété historique de haricots blancs (les mongeta en Occitan) et le confit utilisé étaient produit dans toute la région du Lauragais allant du sud du Tarn, à la Haute-Garonne et au Nord de l'Aude, d'où de nombreuses variantes de la recette. Délice de saison. Mon grand-père y mettait quelques gouttes de vinaigre rouge avant de l'attaquer. A accompagner bien sûr avec un bon rouge du Sud Ouest où du Languedoc Roussillon, pourquoi pas un Fitou ou un Madiran?

pax 15/01/2016 06:39

Voila qui va faire des jaloux du côté de Carcassone et de Toulouse en raison de la sempiternelle revendication de chacun quand au vrai cassoulet. Un conflit de canard qui n'est pas prêt de s'arrêter.

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