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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 06:00
Je vis donc je lis… « On tua au nom de tout, de n’importe quoi et de rien du tout. » Lluís Llach… la guerre d’Espagne mère des pires atrocités du XXe siècle…

Vivre d’amour et d’eau fraîche pourquoi pas, je peux, mais me priver de lire : jamais !

 

Mon inextinguible soif de lire en solitaire, le grenier du Bourg-Pailler, une cellule de moine, Robinson Crusoé sans Vendredi, au cabinet, la cabine d’un cargo mixte…

 

« Mon retour vers la France ne fut rien d’autre qu’une balade de santé, sur le cargo mixte je me suis enfilé « A la recherche du Temps Perdu » cadeau de Clarisse.

 

- Encore une qui est passée par la case lit !

 

- Ironise, comme tu le sais je n’ai pas toujours eu le choix...

 

- En plus il faudrait peut-être que je te plaigne coq de basse-cour ?

 

- Non petit cœur ce fut pour moi une belle période de chasteté empli d’un plaisir exquis.

 

- Madame Verdurin !

 

- Oui Jasmine j’ai un faible pour la Verdurin car avec elle on ne sait jamais si ce qu’elle prévoit est pur égoïsme ou d’attention aux autres. Je crois que Proust se moquait un peu d’elle. J’adore ce que disait d’elle sur France-Culture le beau petit précieux Enthoven, le papa du premier mouflon de Carla, Madame Verdurin, tout au délice de son croissant, se trouve littéralement dans la position humienne de celui qui considère qu’ « il n’est pas contradictoire à la raison de préférer la destruction du monde à une égratignure de son petit doigts ». Il cause riche ce garçon je ne suis pas sûr que son successeur atteigne de telles hauteurs de vues...

 

- Arrête ton ironie facile, lis-moi ce passage, j’adore !

 

- Qui te dit que je l’ai sur moi ?

 

- Moi !

 

- J’abdique.

 

- Oui rends-toi tu as tant à te faire pardonner...

 

- Tu ne crois pas si bien dire mon cœur car ces années de plomb ont été surtout des années de sang...

 

« Mme Verdurin, souffrant pour ses migraines de ne plus avoir de croissant à tremper dans son café au lait, avait obtenu de Cottard une ordonnance qui lui permettait de s’en faire faire dans certain restaurant dont nous avons parlé. Cela avait été presque aussi difficile à obtenir des pouvoirs publics que la nomination d’un général. Elle reprit son premier croissant le matin où les journaux narraient le naufrage du Lusitania. Tout en trempant le croissant dans le café au lait et donnant des pichenettes à son journal pour qu’il pût se tenir grand ouvert sans qu’elle eût besoin de détourner son autre main des trempettes, elle disait : « Quelle horreur ! Cela dépasse en horreur les plus affreuses tragédies. » Mais la mort de tous ces noyés ne devait lui apparaître que réduit au milliardième, car tout en faisant, la bouche pleine, ces réflexions désolées, l’air qui surnageait de sa figure, amené probablement là par la saveur du croissant, si précieux contre la migraine, était celui d’une douce satisfaction. »

 

- C’est Le Temps Retrouvé ?

 

- Oui mère de mes enfants... »

 

Mon livre de chevet « Les yeux fardés »

 

Lluís Llach…

 

 

La guerre d’Espagne mère des atrocités de ce XXe siècle…

 

 

« Ces yeux furent pour nous la première annonce des nombreuses exactions commises pendant la guerre civile. Des injustices, des assassinats, une ribambelle de cruautés qui se déchaînèrent et firent remonter en surface la part la plus abjecte de l’être humain. Les pires choses imaginables se produisirent alors. Des folies collectives et des bassesses individuelles d’une férocité déchirante. On tua au nom de la révolution, de la religion, de l’ordre nouveau fasciste de droite, du surprenant totalitarisme de gauche. On tua au nom de tout, de n’importe quoi et de rien du tout. Je vais vous dire une chose : ce fut une insulte à toutes les valeurs et à tous les droits de l’homme. Oui, il y eut de l’infamie des deux côtés. Aussi bien dans mon camp que dans l’autre. Je vous assure que oui. N’allez pas croire que j’ai perdu la mémoire et que je n’en ai pas honte. Vous vous tromperiez cruellement à votre tour… »

 

« … je vais être sincère avec vous : jamais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai entendu la voix des fascistes qui ont gouverné l’Espagne pendant quarante ans par le sang de cette guerre demander pardon pour leur responsabilité dans tous ces massacres, qui se prolongèrent longtemps après la victoire. Jamais. Et je n’ai jamais entendu le moindre regret des catholiques non plus, ni une mise au point critique des communistes, ni des républicains de telle ou telle tendance, qui furent cependant souvent responsables d’incroyables atrocités. Alors ce n’est pas moi qui vais me mettre à présent à rendre responsables les miens, les groupes libertaires de tout ce qui s’est passé. Pendant plus de soixante ans, tous les acteurs de cette époque ont transformé le mouvement anarchiste en grandiose décharge où chacun est venu déverser ses propres immondices, pour mieux les cacher. Et il faudrait que ce soit moi qui vienne maintenant y épandre mes propres remords ? Non ! Il n’en est pas question. »

 

Le père de Lluís Llach était membre de la CNT.

 

Mes lectures m’ont nourri, étayé ma manière d’être, protégé de mes velléités, aidé à vivre dans le nœud inextricable de mes contradictions…

 

Enregistrée en 1974 par Jeanette, alors âgée de 23 ans, cette chanson connaît un succès impressionnant, notamment grâce au film Cría cuervos de Carlos Saura dont elle fait le générique en 1976. 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

pax 10/01/2016 07:24

Tient le Taulier s'est trouvé une nouvelle tête de turc ! " Le beau petit précieux ENTHOVEN " . Il est vrai, qu'il fait partie de ceux qui ont la chance d'être particulièrement " bankable " pour on ne sait trop quelles obscures raisons mais assurément pas par leurs seuls écrits. Leurs figurent masquent l'éventuelle qualité intrinsèque de celles ci. Il me font penser à ce pauvre Paul GUTH auteur du " Naif "
doté d'un réel succès éditorial lui permettant de vivre de sa plume après 10 ans d'enseignement.Il ne se consola jamais de ne pas intégrer l'Académie Française ou à défaut l'Académie Goncourt, bref d'être reconnu par ses pairs.
Quand à la Guerre d'Espagne si, avec le temps les propos de LLUIS LLACH reflètent bel et bien la réalité ( comme pour beaucoup de conflits de toutes natures - Il y a peut être des guerres justes mais il n'y en a aucune et surtout pas la victoire que l'on peut, de quelque manière que se soit qualifiée de belle ) il faut souligner qu'elle a déciller les yeux d'un royaliste inconditionnel et grand catholique pratiquant pour qui la réalité , qu'il savait voir, était plus importante que les professions de foi. Le même qui,antisémite comme beaucoup de Français et de catholique, su tourner casaque lors de l'accession d'Hitler au pouvoir: l'immense George BERNANOS : " Ceux qui parlent ainsi se font traiter d’antisémites. Ce mot me fait de plus en plus horreur, Hitler l’a déshonoré à jamais. "

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