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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 07:20
J’exhume de la naphtaline, 2011, l’interview mystère, d’un homme, grand et sympathique, de l’INAO, par Michaël Steinberger du New York Times…

Cette interview pourrait être sous-titrée par la célèbre réflexion désabusée « Il faut que tout change pour que rien ne change. » que Giuseppe Tomasi di Lampedusa met dans la bouche de Tancredi neveu du prince Salina, Le Guépard.

 

Chronique d’une catastrophe annoncée…

 

« Cet homme, grand et sympathique, choisissant bien ses mots – j’avais affaire à un bureaucrate –, convint que le système était en lambeaux. Accroître si considérablement le nombre des appellations avait été une erreur, reconnut-il, une erreur qui avait sévèrement nuit à la réputation des vins français à l’étranger. « Notre image n’a pas été détruite, mais elle a été affectée par la qualité moindre de ces vins. » Suivait le couplet sur l’agrément, son côté économique et social, les pressions des producteurs et le oui franc et massif dans 99% des cas. Air connu, puis « l’homme grand et sympathique » abordait les réformes en cours d’élaboration « Les problèmes dans la bouteille, me dit-il, ont souvent pour origine des problèmes dans les vignobles ou dans les chais. Nous voudrions éliminer ces problèmes. »

 

- Mais pour résoudre ces difficultés, était-il opportun de créer plus de règles encore ?

 

Et bien sûr de jouer ensuite le provocateur « Soudain, je m’avisai de jouer le rôle de Milton Friedman, le libéral par excellence. Au lieu de multiplier les règles, pourquoi ne pas en réduire plutôt le nombre, et laisser la liberté aux vignerons de faire ce qu’ils ont à faire et aux consommateurs de décider quels sont les vins qui méritent d’être bu ? »

 

Réponse de « l’homme grand et sympathique » :

 

« Au cours des années 1930 et 1940 la régulation était légère. « Les règles n’étaient pas très nombreuses – elles couvraient les limites territoriales et les variétés de cépages. Historiquement, les producteurs d’une même appellation fabriquaient leur vin de la même façon. Ce n’était pas le même vin, mais un vin similaire… « certains d’entre eux s’étaient éloignés de manière inacceptable des pratiques de fabrication traditionnelles »

 

« Lorsqu’on appartient à une tradition collective, me dit « l’homme grand et sympathique » il faut bien établir des règles pour les choses importantes, et vous ne pouvez laisser faire un vin complètement différent. »

 

« Il me paraissait à moi que le problème était que les bons vignerons se trouvaient contraints de transgresser de mauvaises règles. J’invoquai le nom de Jean Thévenet, dont les difficultés avec son appellation dans la région de Mâcon avaient fait l’objet de certains articles de journaux. »

 

« Un excellent producteur – et là « l’homme grand et sympathique » se piégea lui-même, ce qui l’obligea à reformuler –, un producteur qui a une bonne intuition du marché peut faire un vin qui aura beaucoup de succès sans pour autant faire partie d’une AOC. Monsieur Thévenet n’est pas un mauvais homme ; c’est un grand homme, et il fait un grand vin. Mais nous sommes confrontés à ce problème partout ailleurs en France : des gens qui font du vin complètement différent. Et on ne peut laisser faire ça. » Le manque de conviction perceptible dans sa voix laissait penser qu’il ne croyait pas lui-même à son argumentation. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

olivier de moor 04/01/2016 12:38

Bonjour Jacques,

Bonne année à vous tous.

Au grand homme, il faudrait simplement expliquer le concept d'agilité. Comme par exemple le Puma en est un exemple.

Quant au Guépard; sommes-nous Siciliens dans la description qu'en fait Lampedusa ?
Avons-nous 2000 ans de trop ? Réponse du Prince Salina pour refuser un poste de Sénateur à l'émissaire de l'Etat. Quand ce dernier quitte la Sicile, Salina déclare ceci:


“Nous fûmes les Guépards, les Lions ; ceux qui nous remplaceront seront les chacals et des hyennes... Et tous, Guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la Terre.”

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