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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 07:00
Et si la Romanée-Conti faisait des bulles de Bourgogne ?

Pure provocation ou simple interrogation ?

 

Ce qui m’a décidé à écrire cette chronique ce sont les délires des journalistes suite à la mise en place au 31 décembre 2015, des autorisations de plantation qui remplacent les droits de plantation. La mesure s’accompagne du dézonage du vignoble français : il devient donc possible de planter des vignes sur tout le territoire.

 

Fin décembre, les professionnels de FranceAgriMer ont validé officiellement cette décision européenne prise en 2007 et entrée en vigueur vendredi.

 

Rien de vraiment nouveau sous le soleil puisqu’il s’agit de donner l'autorisation aux vignerons d'étendre leurs vignes déjà existantes ou d'en planter de nouvelles dans un contingent : chaque année, la surface viticole nationale pourra ainsi croître de 1 %. Soit 8 057 ha supplémentaires pour 2016.

 

Je signale à la gente journalistique qu’en France on a toujours planté, parfois à l’excès dans de grandes appellations Bordeaux et Cognac, de nouvelles surfaces de vignes. Donc vraiment je ne vois pas où est le loup dans la bergerie.

 

Alors écrire comme dans la Croix que «Pour la première fois en 2016, les viticulteurs français vont pouvoir étendre leurs vignes ou en planter de nouvelles.» en dit long sur la capacité des journalistes à travailler leur dossier. C'est faux. mais bon qui lit encore dans la presse ce type d'article ? Pas grand monde !

 

Et tout le monde reprend en boucle la même antienne : crédibilité zéro...

 

La novation c’est que théoriquement il sera possible de le faire partout en obéissant aux règles édictées pour les AOP, les IGP et les VSIG.

 

Oui, oui chers journalistes les VSIG ça existait déjà...

 

« Dans certaines régions, les plantations de nouvelles vignes seront automatiques. Dans d'autres, nous déciderons de les limiter», prévient Jean-Luc Dairien, directeur de l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité) qui, avec FranceAgriMer, instruira les demandes. Les conseils régionaux des zones concernées pourront aussi imposer un plafond de développement des surfaces plantées. »

 

Bref, le risque de voir la vigne coloniser les nouvelles régions fait partie des fantasmes que certains aiment à cultiver.

 

Je cite :

 

« Mais en Champagne, où les viticulteurs sont très sourcilleux en ce qui concerne leur territoire, des guerres de tranchées s'annoncent pour que la Picardie et son vin blanc ou rosé ne viennent pas piquer la vedette au renommé vin effervescent. » Le Parisien

 

« Ce qui inquiète le monde viticole français, c'est qu'on puisse planter des vignes n'importe où sans tenir compte du terroir, du sol ou de l'ensoleillement. Cela conduirait à abaisser la qualité de la production nationale et à écorner l'image de marque des vins français, notamment à l'export. Dans le vignoble champenois, on s'étrangle déjà de voir arriver de mauvais vins effervescents sur le marché. » France 3 Bourgogne.

 

Moi je m’étrangle de rire.

 

Il suffit de se promener dans la capitale pour contempler les publicités de 2 marques d’effervescents sans indication géographique : Kriter et Charles Volner.

 

La maison Castel vient de lancer des bulles d’Oc sous sa marque La Roche Mazet

 

 

Les bulles ont la cote : « En cette période de fêtes de fin d'année une boisson ne manque sur aucune table de France et de Navarre : le Champagne. Traditionnelle boisson du Réveillon, notamment, avec laquelle on trinque, elle est de plus en plus menacée par son "équivalent" italien, le Prosecco. Ce dernier se vend beaucoup plus en termes de quantité, mais ne dépasse pas son grand frère en valeur. » 

 

Bref, à force de jouer à se faire peur on raconte des grosses bêtises.

 

S’il suffisait de planter des vignes n’importe où pour bien vendre du vin effervescent ou non ça se saurait !

 

L'important c'est de boxer dans sa catégorie et, dans un marché ouvert, la frilosité à la française augure bien mal de l'avenir... Nous nous payons de mots et ce ne sont pas des contingents nationaux qui nous préserveront du dynamisme de nos concurrents italiens et espagnols.

 

Mais laissons les soucis d'avenir de côté, nous adorons les lignes Maginot, pour arriver là où je veux en venir depuis le début. 

 

Et si la Romanée-Conti faisait des bulles de Bourgogne ?

 

Pourquoi poser une telle question quasi-sacrilège ?

 

Explication :

 

 

Pour étayer ma démonstration je vous propose de consulter une publicité d’un site de vente de vin en ligne que j’ai reçu hier.

Et si la Romanée-Conti faisait des bulles de Bourgogne ?
Et si la Romanée-Conti faisait des bulles de Bourgogne ?
Et si la Romanée-Conti faisait des bulles de Bourgogne ?

Louis Picamelot Crémant de Bourgogne Un magnifique crémant aux bulles persistantes ! 13,00 euros

 

Janisson Baradon Champagne Brut Beaucoup de raffinement pour cette cuvée ! 22,50 euros

 

Brimoncourt Champagne Extra Brut Équilibre et générosité pour cette cuvée extra brut ! 40,00 euros

Qu’est-ce qui justifie une telle différence de prix entre un Crémant de Bourgogne et le Champagne ?

 

La notoriété de ce dernier, ses marques mondiales, et comme la notoriété ça ne se bâti en profitant de l’opportunité d’une libéralisation encadrée de l’extension du vignoble c'est la démonstration en vrai grandeur de l'inanité des craintes évoquées par nos gratte-papier.

.

Et pourtant la Champagne et la Bourgogne se touchent via le plus grand village en nombre d'ha de Champagne : les Riceys.

 

Et pourtant Chardonnay et Pinot noir règnent dans les deux régions en maîtres.

 

Et pourtant la méthode traditionnelle utilisée pour élaborer le crémant c’est la méthode champenoise que les Champenois ont exigé de détenir en exclusivité.

 

Et pourtant je ne parle pas des rendements, ça pourrait fâcher.

 

Et pourtant la Bourgogne est aussi prestigieuse que la Champagne.

 

Bref, sans offenser la fierté champenoise j’affirme tranquillement qu’il y a sur le marché un nombre, que je ne saurais évaluer, de champagnes sans intérêt et un nombre de crémant de Bourgogne excellents.

 

Mais Louis Bouillot ça fait un peu péquenot face à la Veuve Clicquot.

 

Alors, si vous voulez bien vous reporter, chers journalistes, à ma chronique sur la fixation des prix j’espère que vous aurez enfin compris que vos craintes sont de purs fantasmes.

 

On ne vend pas du vin comme des choux et des navets ou comme du blé : prière de lire Braudel !

 

Et j’en reviens à mon titre, certes, provocateur : Et si la Romanée-Conti faisait des bulles de Bourgogne ?

 

Qu’Aubert de Vilaine me pardonne ce ne serait en rien déchoir que de faire des bulles de Bourgogne en ce terroir prestigieux mais tout simplement remettre les pendules à l’heure légale. Donner des lettres de noblesse à un produit qui, sans les avoir eu de naissance, les a acquise par son excellence.

 

Merci à Carole Colin du restaurant Les Climats, la meilleure ambassadrice des bulles de Bourgogne, de m’avoir soufflé cette question qui dérange…

 

Démonstration magistrale de l'excellence des Crémants de Bourgogne par Carole sur des plats de Julien Boscus le chef des Climats et de Grégory Mourer, le pâtissier dans la vidéo ci-dessous :

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

jacques 30/12/2015 15:44

si les journaleux disaient la verité ça se saurait,,,,,,,,,voire s'ils ne la détournaient pas,.........au pire désinformation collaboratrice..... pour les vignes c'est pas grave ds le monde paysan on a l'habitude..

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