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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 08:00
Seul le parti d’Arlette Laguiller est vent debout contre la «clarification» de la loi Evin : plutôt Rouge que Mort !

J’avoue, toute honte bue – le sujet s’y prête – que mon titre initial était : « Alors les St Thomas du vin qu’est-ce qu’on dit après la «clarification» de la loi Evin ? »

 

Et puis, alors que je pondais, une dépêche est tombée : « Loi Évin : les lobbies du vin ont le bras long… et l’oreille de Macron »

 

Et, ho ! surprise, je découvrais qu’elle émanait de Lutte Ouvrière la crèmerie de notre Arlette « travailleurs, travailleuses… » sextuple candidate à la Présidence de la République.

 

Jamais au grand jamais Google ne m’avait proposé une info émanant de LO.

 

Et c’est le vin d’Evin qui me valait cette première.

 

Ni une ni deux je rangeais mon titre un peu provocateur pour un autre plus vendeur.

 

Cependant, comme ma chronique était déjà pondue je vais d’abord vous la livrer toute chaude avant de vous balancer la prose du parti d’Arlette Laguiller.

 

Le « plutôt Rouge que Mort ! » de mon titre fait référence au slogan des pacifistes qui s’opposait au SS20 américains pointés vers l’Est.

 

Pour Rouge c’était l’organe de presse de la LCR devenue NPA ennemi juré de LO... Ils s'adorent...

 

Ce slogan était lui-même le détournement de l’exorde de Joseph Goebbels à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour motiver l'armée et la population allemande à combattre l'Armée rouge jusqu'à la fin « Plutôt mort que rouge » (« Lieber tot als rot »).

 

Pour Mort l’auteur de l’article de LO écrit « L’alcool tue environ 60 000 personnes par an »

 

J’en reviens à ma question initiale : Alors qu’est-ce qu’on dit après la «clarification» de la loi Evin ?

 

Au Bourg-Pailler, le clan des femmes, ma sainte mère en tête, ne badinait pas avec la politesse, dès que l’on me proposait, un bonbon, un gâteau ou tout ce qui s’apparentait à un cadeau, aussi petit fut-il, avant même que je ne l’accepte, j’avais droit à un « qu’est-ce-qu’on dit ?

 

- Merci…

 

Alors, depuis le temps, qu’à corps et à cri, le ban et l’arrière-ban des gens qui disent compter dans le vin, réclamait disons, pour faire court, la réforme de la loi Evin, et qu’après avoir mis en doute la volonté et la détermination du gouvernement actuel de le faire, celui-ci a suivi l’avis d’une majorité de parlementaires, « Qu’est-ce-qu’on dit ?

 

Vraiment, comme je suis un être simple, qui a gardé son cœur d’enfant, j’aurais aimé qu’ils disent MERCI.

 

Mais la simplicité n’est plus de saison, le temps est au communiqué peaufiné par les experts en communication.

 

Vin & Société nous dit donc :

 

Réunis à l’Assemblée Nationale Mardi 24 novembre, les députés (à une large majorité 102 voix contre 29 et de toutes sensibilités politiques) ont voté la clarification de la Loi Evin. Ce faisant, ils sont dans la continuité de la position du Gouvernement et du Président de la République qui, à Vinexpo en juin dernier, a indiqué qu’il fallait préserver l’équilibre de la loi.

 

« Ce vote sécurise l’information journalistique et œnotouristique sans donner pour autant plus de droits publicitaires. Il devrait également éviter une forme d’autocensure préjudiciable à la fois aux médias et aux acteurs régionaux en charge de développer l’œnotourisme. Le contexte règlementaire ainsi clarifié, permettra à chacun d’exercer sa responsabilité sereinement. Ce vote, n’assouplit pas la loi Evin mais en favorise l’application » déclare Joël Forgeau, Président de Vin & Société. »

 

Ça ne pète pas d’enthousiasme, c’est un peu froid mais les bonnes âmes me rétorqueront qu’il vaut mieux avoir le triomphe modeste pour ne pas chiffonner plus encore celles et ceux qui campait sur la loi Evin comme nos soldats sur la ligne Maginot.

 

Comme je suis mauvaise langue je me dis, dans ma petite Ford d’intérieur, que certains grands chefs de la tribu du vin auraient eu la langue mieux pendue si la clarification était venu du bon côté.

 

Quant aux Saint Thomas – héritier de l’apôtre incrédule – je comprends parfaitement qu’ils ne se fendent pas d’un communiqué pour dire qu’ils se sont trompés, qu’ils n’auraient pas dû douter.

 

Bref, maintenant que la loi Evin est enfin clarifiée contre quoi vont-ils pouvoir râler et qui vont-ils pouvoir vilipender ?

 

Ça va couper le petit sifflet du Pr Tiron, peu nombreux sont ceux qui s’en plaindront.

 

Est-ce que le temps de la paix des braves est venu ?

 

Le président Joël Forgeau le souhaite :

 

« Nous mesurons la responsabilité qui est la nôtre ainsi que la confiance qui nous est accordée. La clarification de la loi Evin est une avancée significative. Nous sommes convaincus par ailleurs que nous devrions travailler tous ensemble, professionnels et acteurs de santé publique, sans passion, en faveur d’une politique de santé publique ambitieuse fondée sur la prévention et l’éducation. Car si nous sommes fiers de notre vin, nous savons aussi que ce n’est pas un produit comme un autre. Il convient de l’apprécier avec respect et responsabilité ».

 

Pour ma part j’ai aussi un souhait à formuler : que nos amis de Vin&Société s’intéressent à notre santé de la vigne à notre verre.

 

Et puis, j’ai une pensée émue pour Jacques Dupont, c’est un peu sa victoire, lui qui s’est dévoué corps et âme à la cause. Va-t-il encore s’Invigner ?

 

Enfin, le petit chroniqueur qui n’a pas l’heur de plaire à certains de ses « confrères », tricard à la RVF et chez B&D pour impertinence, souhaite vraiment que le mélange des genres ne soit plus la règle dans le journalisme du vin. C’est à ce prix que la presse du vin retrouvera de la crédibilité… et assurera sa pérennité… et de surcroît ne prêtera pas le flanc aux pisses-vinaigres ce qui est un comble pour des pisses-copies.

 

Enfin comme annoncé, pour le plaisir de constater que le parti des travailleurs-travailleuses n’aime pas le Rouge, je livre à votre lecture attentive :

 

 

Loi Évin : les lobbies du vin ont le bras long… et l’oreille de Macron 

 

25 novembre 2015

 

« Le vin fait partie de notre patrimoine, soyons-en fiers et faisons-le savoir », a déclaré Macron en soutenant le projet d’amendement à la loi de santé qui assouplit la loi Évin. Les députés l’ont suivi par leur vote mardi 24 novembre, en autorisant la publicité sur l’alcool.

 

Le ministre du Budget avait déjà tenté d’introduire cet assouplissement dans son projet de loi prétendument destiné à relancer l’économie présenté en début d’année, mais la ficelle était trop grosse pour être acceptée même par le Conseil constitutionnel. Les lobbies viticoles n’étaient pas restés inactifs et ils ont de plus l’oreille bienveillante de nombre d’élus. Le Sénat était revenu à la charge en proposant le texte sous une nouvelle forme, qui vient d’être validée par l’Assemblée nationale.

 

Mais attention, selon Macron qui se tortille les méninges pour jouer les vertueux, le but de ce texte n’est pas de faire de la publicité pour l’alcool, il est de donner la possibilité de transmettre des informations à caractère œnologique ! Tout est dans le vocabulaire. « Il faut permettre à certaines régions, et aux emplois qui vont avec, de défendre leurs intérêts, de faire la promotion de ce qu’on appelle l’œnotourisme », a-t-il déclaré. Par régions, il faut bien sûr entendre quelques grandes sociétés vinicoles.

 

Votée en 1991, la loi Évin, qui en principe interdit la publicité pour toute boisson alcoolisée, a plusieurs fois été remise en cause. Trois ans seulement après sa parution, un premier assouplissement permettait les affiches de promotion. En 2005, il devenait légal de diffuser des publicités se rapportant au terroir et en 2009 un autre amendement introduisait la publicité sur Internet. Tout cela bien sûr accompagné du message hypocrite : « avec modération ».

 

Avec une consommation moyenne de 11,1 litres par an, la France dépasse de 25 % celle des pays de l’OCDE et arrive en sixième position des consommateurs d’alcool. L’alcool tue environ 60 000 personnes par an et l’addiction touche de plus en plus de jeunes. Cet amendement est un vrai recul dans la lutte contre l’alcoolisme, d’autant plus qu’il valorise aussi certains alcools forts. Mais, pour Macron, la consommation de boissons alcoolisées est une cause nationale. « À la bonne vôtre », dit-il en s’adressant aux grosses sociétés vinicoles !

 

Marianne LAMIRAL

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

patrick axelroud 26/11/2015 13:53

Et oui mon "vieux" TAULIER, nous avons été , tous deux, élevés différemment . Le " quesqu'on dit à la dame ? " résonne encore à mes oreilles comme si c'était hier. Ton évocation me rappel cette histoire d'une caissière de supermarché qui offre un bonbon au gamin accompagnant sa maman et qui ne dit rien.
La caissière : " Et alors, qu'est ce qu'on dit ....? " La maman pleine de volonté mais ne se rendant pas compte de la tristesse des sous entendus de sa réponse : " Excusez le, on ne leur apprend plus...à l'école ! " O tempora ! O Mores !

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