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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 06:00
Je propose au Pt Patrick Baudouin « Les chenin de la gloire » pour sa nouvelle appellation de grands blancs secs d’Anjou…

D’abord j’ai vérifié, l’appellation du film de Kubrick, longtemps censuré, est « Les sentiers de la gloire » donc ma proposition est déposable, pardon reconnaissable après 15 ans de commission d’enquête par les fins limiers de l’INAO’Q.

 

Gloire ça rime avec Loire ! Le G en plus !

 

La Loire de Maurice Genevoix :

 

« Ainsi, par les soirs purs d’octobre, lorsque le soleil s’est couché, le ciel d’avant la nuit est envahi d’une blême transparence qui très vite se décolore, jusqu’à donner aux regards qui s’y perdent le vertige d’un vide absolu. Après, la Loire les prend et les attire vers elle ; ils se reposent sur sa surface polie, en éprouvent joyeusement la densité et la couleur ; une alternance de coulées lilas, tièdes encore comme des fleurs au crépuscule, et de minces glacis vert émeraude, extrêmement pâles et froids, mais dont la nuance demeure sensible et franche jusqu’aux limites de son évanouissement. Lorsqu’elle a enfin disparu, la Loire reflète un ciel nocturne et familier, peuplé d’étoiles, et son friselis vivant prolonge à travers la vallée le murmure du vent assoupi.» Val de Loire terre des hommes page 150.

 

 

Que dit le Président Baudouin à Gabrielle Vizzavona dans le Figaro ?

 

« Nous construisons une réflexion d'ensemble sur le chenin blanc. Nous pouvons faire de grands liquoreux à la seule condition de ne pas en produire tous les ans. Le botrytis est la pire et la meilleure des choses ; si on ne le maîtrise pas en fonction des millésimes et des marchés, on se brûle. La démarche à laquelle nous réfléchissons sur les vins blancs d'Anjou serait de créer des crus, dont une appellation de chenins secs qui serait sur Chaume et Quarts-de-Chaume. Ces vins attesteraient du potentiel de nos grands blancs secs et permettraient de poser les fondements d'un modèle économique viable. Le chenin est un passeur de terroir et de millésimes, une page blanche. Tous ceux qui travaillent avec lui, à l'heure actuelle, réalisent des cuvées parcellaires. C'est un cépage polymorphe : il peut faire nombre de vins d'expressions différentes, peu de cépages ont cette capacité. Cette versatilité est notre atout. »

 

Même si je suis un ignorant grave je sais que le chenin est un cépage blanc et, pour le vieux Vendéen que je suis, les Blancs, qui n’aimaient rien tant que de foutre sur la gueule des Bleus, ça évoque pour moi la première insurrection populaire comme l’a écrit Gracchus Babeuf préfigurateur du communisme et de l'anarchisme… Le rouge et le noir…

 

Plaisanterie mise à part, Patrick Baudouin que de chemin parcouru depuis l’article de Véronique Maurus dans le journal le Monde du 21 mars 2005 sur les francs-tireurs de la Vigne où, notre René Renou, qualifié de puissant président de l’INAO par la journaliste, soupirait « Patrick, c’est le José Bové de la viticulture. Sur le fond, il a raison mais il n’est pas reconnu par son milieu, pas considéré comme un vigneron à part entière »

 

José est député européen et toi président du Syndicat des Anjou blanc, et ça n’est pas sous ma plume de rocardien un reproche mais plutôt un compliment. Je serai d’ailleurs présent le vendredi 18 décembre 18h au musée de la Vigne et dus vins à Saint Lambert du Lattay pour la remise du prix René Renou.

 

Cependant ton affaire de nom de baptême de ta nouvelle appellation m’interroge Patrick :

 

- En Anjou les blancs secs sont minoritaires, le rosé domine au raz des pâquerettes et les liquoreux même grands n’ont guère la cote comme dans le Sauternais… c’est donc suffisant pour poser le problème, j’en conviens mais est-ce prendre le problème par le bon bout en privilégiant la démarche traditionnelle de création d’une nouvelle appellation ?

 

- Dans ton affaire je m’y perds, Chaume, Quarts-de-Chaume socles de ta nouvelle appellation, c’est une forme de mixité que tu veux, à juste raison, gérer ?

 

- Gérer n’est pas forcément un gros mot mais de mon long chemin dans le maquis des appellations proliférantes je n’ai jamais constaté qu’une nouvelle appellation générait un modèle économique plus viable que celui existant avant son érection. La notoriété bâtie sur presque rien c’est le modèle Hervé Bizeul et sa petite Sibérie, une marque de vigneron. C’est l’avant-garde des vignerons, surtout ceux qui ne suivent pas les chemins ordinaires qui, souvent, génère la hausse de la production de valeur d’une appellation, pas les décrets.

 

- Du côté vocabulaire du buveur ordinaire que je suis, je ne suis convaincu que le chenin polymorphe et versatile soit un bon angle pour convaincre mes frères en buvaison, surtout les petites louves et les petits loups dont le commentaire culte est « ça goûte bien ! » et qui ont tendance à prendre les déviations pour gagner les chemins de traverse.

 

- Comme je ne veux, ni ne peux, donner de noms de vignerons, je peux quand même signaler qu’au Lapin Blanc, certes rien qu’une petite cantine d’altitude, le chenin blanc sec a une cote d’enfer.

 

Bref, ceci écrit, j’ai tout à fait conscience, cher Patrick, de n’avoir guère fait avancer le schmilblick mais d’avoir posé quelques questions auxquelles il vous faudra bien répondre, toi et tes mandants, pour progresser sur le chemin de la notoriété et de la différenciation de ce chenin si polymorphe et si versatile… entre la douceur de vivre des grands doux et la rigueur monastique des grands secs…

 

Chacun sa route, chacun son chenin, mais passe ton message à ton voisin…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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