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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 06:00
Manger et boire vivant est-ce naturel ? « La longue course du vivant à travers le temps a été une traversée sur la mer houleuse de la contingence »

Sous les pavés, la plage… loin de la mer des sarcasmes… sous l’écume, le mieux vivre… une quête parfois brouillonne, mais si vivante, d’une autre manière de se nourrir dans un monde où l’on produit plus de nourriture que jamais, et que nous connaissons une situation paradoxale, puisqu’un milliard de personnes sont suralimentées et en surpoids (diabète, maladies cardiaques), tandis que près de 800 millions d’autres sont affamées.

 

Quête de sens face au système alimentaire mondial global « contrôlé par les multinationales qui font claquer comme un fouet la chaîne de distribution. »

 

Rajeev Charles Patel Obèses et Affamés

 

« McDonald’s est l’emblème de la mondialisation commerciale. McDonald’s ne veut pas que les enfants deviennent des adultes, mais que les adultes restent des enfants. McDonald’s crée un cosmopolitisme universel fondé sur un produit alimentaire sous-culturel, inventant ainsi une façon nouvelle de voir le rôle de l’homme dans la société. McDonald’s rend manifeste, et de façon obscène, la standardisation… »

 

S’indigner ?

 

Pour Paolo Rossi « s’indigner semble être la seule chose que les intellectuels sachent faire. Lorsqu’ils ne se consacrent pas à cette activité stérile ils cultivent l’art de la prédiction apocalyptique. »

 

« L’indignation morale est la bonne stratégie pour un imbécile de se parer de dignité. » Marshall Macluhan

 

Reste le faire, le faire aussi petit soit-il qui s’insère dans les plis de notre société globalisée pour la pervertir, en redonnant du sens à nos besoins naturels.

 

Manger, boire… y aurait-il danger dans la simplicité du quotidien de ceux qui peuvent atteindre la satiété ?

 

Table vivante de Pierre Jancou, le « Manifeste pour le vin naturel » d’Antonin Iommi-Amunategui, le vivant et le naturel deux mots-clés.

 

Cependant le paysage de l’approche de la nourriture est très contrasté dans notre monde post-moderne :

 

« Lorsque nous sommes occupés à manger, le mot tuer nous semble totalement hors de propos, inopportun et radicalement « erroné », comme s’il n’avait aucun rapport entre ce que nous mangeons tranquillement et la viande ou le poisson que nous avalons. Dans ces moments-là – comme l’écrit avec pertinence Marguerite Yourcenar –, sereinement et paisiblement « nous digérons les agonies » d’êtres vivants. » Eleonora De Conciliis.

 

« Faut-il manger les animaux ? » Jonathan Safran Foer

 

« No steak » Aymeric Caron

 

« Être vegan, c’est refuser l’exploitation animale. Cela implique de ne pas consommer de chair animale, de laitage, d’œuf, de miel ni de produits de la ruche, de ne pas porter de vêtements faits de matières premières provenant d’animaux (fourrure, cuir, laine, soie, etc.) de ne pas utiliser des produits d’hygiène testés sur les animaux. »

 

Le vivant, le naturel, le « sans », … en dépit des gémissements des penseurs médiatiques officiels qui encombrent les plateaux, comme il n’est pas interdit dans ce pays de penser, de réfléchir, alors laissons un peu d’espace à ceux qui tentent de sortir de l’ambivalence et de l’ambigüité, de contradictions non assumées, bien commodes pour la militance, le lobbyisme, le conservatisme, les guerres de tranchées.

 

 

Ouvrons grandes portes et fenêtres des casemates et autres casernes de la pensée, place à Paolo Rossi « Manger », à Jean-Claude Ameisen « La sculpture du vivant », pour donner de l’oxygène au débat sur la base de vraies controverses et non de bouillie pour chat…

 

« Quand on n’ose pas dire ce qu’on pense, on finit par ne plus penser ce qu’on dit. » Zénon d’Élée

 

« Satisfaire sa faim et sa soif n’est « naturel » qu’en apparence […] La nourriture n’est pas seulement ingérée. Avant d’entrer dans la bouche, elle est pensée dans les moindres détails. Elle acquiert ce que l’on appelle communément une valeur symbolique. La préparation de la nourriture marque ainsi un moment central du passage entre fait de nature et fait de culture. Comme l’a montré Claude Fischler cette préparation devient une manière d’exorciser le danger potentiel de ce que nous allons introduire, par la bouche dans notre corps. De ce point de vue, le rapport entre nourriture et contamination peut apparaître véritablement ambigu et complexe. »

 

Les peurs…

 

« Allergies alimentaires, intolérance au gluten, intolérance au lactose ; régime de santé divers (groupes sanguins, living foods, instinctivorisme ou crudivorisme, macrobiotique, etc.) ; régimes éthiques et spirituels (végétarisme, veganisme, etc.) ; néoadhésion à des pratiques religieuses ; régimes sélectifs et restrictifs divers : pour des raisons diverses, une part importante de la population des pays développés adopte et revendique une alimentation particulière. »

 

Interrogations, anxiétés…

 

« En plusieurs siècles et surtout depuis plusieurs décennies, l’alimentation a profondément changé et le rapport à l’alimentation s’est totalement transformé. Grâce à l’industrialisation agroalimentaire, on est arrivé à produire à bon compte des aliments en abondance : en comparaison avec le chasseur-cueilleur ou même l’agriculteur du XIXe siècle, le mangeur moderne consacre bien peu de temps à la recherche et à la préparation de la nourriture, et les incertitudes de l’approvisionnement sont pour le moins réduites. Mais cette liberté laisse la place à de nouvelles interrogations, à de nouvelles anxiétés. » 

 

Appauvrissement et standardisation

 

Certains pensent que « nous glissons insensiblement vers une sorte de privation sensorielle, qui se manifeste dans l’appauvrissement des saveurs et la standardisation du goût. Nous sommes tous d’innocentes victimes, à l’exception de ces rares et impavides combattants qui se sont aperçus de notre situation, et présument s’ils savent clairement de qui nous sommes les victimes. Importe-t-il de le dire ? Nous sommes des esclaves inconscients (qui ne se savent donc pas esclaves), car nous n’avons pas compris que nous vivons « sous le contrôle capitalistique de tout le processus vivant naturel. »

 

Nature.

 

« Le terme nature (pour ceux qui aiment jouer sur les mots) n’est pas un genre naturel, mais culturel. Autrement dit, mais culturel. Autrement dit, son objet est difficile à déterminer […] Lorsqu’on parle de la nature, on fait référence à l’environnement modifié par l’homme. »

 

« La notion commune de nature est, aujourd’hui comme à l’origine, le résultat de projections anthropomorphiques. Elle est émaillée de mythes, liée à des instincts et des pulsions irrationnelles. La nature nous apparaît comme une force créatrice bénéfique, une invention permanente et merveilleuse de formes et, en même temps, c’est une énergie dangereuse, capable de produire le mal, dépourvue de pitié, constamment sur le point de nous anéantir et de susciter les démons de la destruction. Aucune philosophie ne pourra probablement éradiquer cette vieille et profonde ambivalence, qui a trouvé son expression dans le merveilleux poème de Lucrèce, le De rerum natura. »

 

 

Le mystère du vivant

 

« Nous sommes tous, au-delà de nos différences superficielles, […] un paysage pointilliste composé de minuscules êtres vivants. » Lynn Margulis.

 

« Chaque créature vivante doit être considérée comme un microcosme – un petit univers, constitué d’une multitude d’organismes qui se reproduisent, inimaginablement petits et aussi nombreux que ls étoiles du ciel. » Charles Darwin.

 

« Durant toute notre existence, nous portons en nous le sentiment de notre unicité, de notre irréductible individualité. Pourtant nous savons aussi que, comme l’ensemble des êtres vivants qui nous entourent, les oiseaux, les fleurs, les papillons, les arbres, les colonies de bactéries et les colonies de levures, nous sommes chacun composé de cellules : les plus petites entités vivantes, microscopiques, capables de puiser leurs ressources dans l’environnement et de se reproduire. Et chacun d’entre nous ne représente que l’une des innombrables variations que les cellules ont réalisées sur le thème de la diversité et de la complexité. »

 

« Le monde chatoyant qui nous entoure est un monde de rescapés. La longue course du vivant à travers le temps a été une traversée sur la mer houleuse de la contingence. Si cette histoire s’était répétée plusieurs fois, elle se serait sans doute déroulée de plusieurs manières différentes. L’histoire du vivant est une succession, imprévisible, d’accidents étranges, terribles ou merveilleux. »

 

Jean-Claude Ameisen

 

Affaire à suivre…

Manger et boire vivant est-ce naturel ? « La longue course du vivant à travers le temps a été une traversée sur la mer houleuse de la contingence »
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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Aredius44 06/10/2015 10:23

Merci pour cette citation de Zénon. Je vous cite ici :
https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2015/10/06/quand-on-nose-pas-dire-ce-quon-pense-on-finit-par-ne-plus-penser-ce-quon-dit/

patrick axelroud 06/10/2015 07:05

Curieuse et foisonnante chronique que je mets en // avec le hors série de Science et Avenir de septembre/octobre 2015 " La Grande Histoire de l'Humanité " et ses articles : l'homme préhistorique était-il cannibale ? Que mangeait Sapiens ? Qui fut le premier cuistot ? D'où nous vient le goût du vin ? Comme SEMPE titrait un de ses albums après " Rien n'est simple ": " Tout ce complique ! "

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