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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 07:00
Naim Attallah Online

Naim Attallah Online

Lorsque que j’ai monté l’opération Chartrons, voici une année, avec le soutien discret et réservé de Matignon, tout le monde sans exception, a ricané, m’a traité d’illuminé, d’opportuniste, Juppé n’était qu’un has been, pas assez couillu, trop vieux, amorti, raide comme un piquet dans ses bottes, le nain n’en ferait qu’une bouchée. Sauf que, contrairement à ce qu’agitent les crétins, face à la fille du borgne, la stratégie consistant du côté de Sarko à lui coller au cul pour lui bouffer des électeurs, comme celle des socialos de faire peur pour rameuter les électeurs des classes populaires, est inepte. En effet, comme le disait avec pertinence, car il était tout sauf con, le grand déplumé de Chamalières : l’élection présidentielle se gagne toujours au Centre. Alors, comme le vieux Front Républicain et l’Union de la Gauche sont portés disparus il ne restait plus qu’à se replier sur un Juppé devenu un modéré adoubé par le Béarnais dernier avatar du centrisme qui se dit indépendant. Hollande s’est planté lorsque, se croyant encore premier secrétaire du PS, il n’a pas eu la magnanimité de tendre la main à Bayrou, qui venait de lui faire gagner la Présidentielle, et de le laisser se prendre une veste du côté de Pau. Tout ça pour faire plaisir à la planche pourrie que sont les Verts et à la gauche de la gauche qui se croit toujours au temps de la guerre froide. L’intérêt du locataire de Matignon c’est de durer sans se retrouver dans l’obligation de se présenter à la Présidentielle. Trop tôt car plombé par la disgrâce présidentielle. Le problème pour lui c’est que du côté du château, le locataire croit, avec une certaine justesse, que les seuls challengers qui peuvent lui permettre de retrouver son fauteuil sont bien sûr la Marine et l’ex. La planche de salut ce sont les primaires qui risquent fort de voir l’excité triompher grâce à des alliances de deuxième tour : NKM, Bruno l’Insoumis de salon et l’assureur de Saint-Quentin face au duo Juppé-Fillon. Dans cette hypothèse, Bayrou se présente et bouffe des voix à Sarko l’empêchant d’accéder au second tour, et c’est un duel Hollande-Le Pen dont on peut prévoir le dénouement favorable au sortant.

 

L’équation n’est donc pas simple à résoudre mais, pour ne rien vous cacher j’adore les situations complexes où je me meus comme un poisson dans l’eau. À Matignon, fort de ma prescience, on m’a donné carte blanche et tous les moyens qu’il faut pour aller foutre mon groin là où il faut. Je n’ai de compte à rendre qu’au boss, à charge pour lui de me laisser tomber comme une vieille chaussette si je plante. C’est la règle du jeu et je l’accepte. Je l’accepte d’autant plus facilement que je suis à nouveau tombé fou amoureux. Excellent carburant et surtout la chance d’avoir à mes côtés une compagne, belle, jeune et intelligente pour la part ouverte de ma mission : les dîners en ville, les mondanités où la volaille caquète, se répand, déblatère. Pour ne pas la compromettre je ne la nommerai pas, elle sera Elle. Elle, est bordelaise ce qui me permettra aussi de me glisser avec plus de facilité dans les replis de cette ville bien fermée.

 

Au travail !

 

La Une du Point de la semaine : Enquête sur le président Juppé

 

« Et c’est vrai qu’avec son visage avenant et sa mine taquine, posé sur un fond bleu ciel qui n’est pas sans évoquer celui des affiches de la campagne Mitterrand 81, Alain Juppé fait très force tranquille présidentielle.» note l’omniprésent BRP dans Challenges la feuille de repli de Perdriel orphelin du Nouvel Obs.

 

Les chiffres des omniprésents sondages tout d’abord :

 

50% des sondés sont favorables à sa candidature.

 

37% pour la Le Pen

 

36% pour le François B

 

28% pour l’ex

 

Et que 19% pour François Hollande.

 

Non seulement Alain Juppé fait carton plein à droite, mais il est aussi plébiscité à gauche. 55% des sympathisants de gauche souhaitent sa candidature et, plus révélateur encore, 62% des seuls sympathisants socialistes le soutiennent, le classant dans leur hit-parade derrière Manuel Valls (73%).

 

« Et si c’était lui ? »

 

BRP affiche la bible du scénario idéal des périodes précédant toute élection présidentielle. Et dans cette bible, le premier rebond scénaristique serait l’invention du candidat surprise favori à dix mois de l’élection.

 

« En 1965, L’Express avait lancé l’opération « Monsieur X », mise sur orbite de la candidature qui devait bousculer les règles du jeu d’une élection promise au général de Gaulle. Plus tard, on devait découvrir que le Monsieur X en question devait être Gaston Defferre. En fonction de quoi, à l’arrivée, ce fut François Mitterrand le candidat qui contraignit de Gaulle au ballotage.

 

En 1987, on a aussi pu contempler le phénomène Raymond Barre, promis par des Unes de journaux au rôle de candidat surprise destiné à sortir de la règle du jeu d’une cohabitation qui imposait un duel Mitterrand/Chirac. En fonction de quoi, à l’arrivée, Barre termina troisième.

 

En 1994, la Balladurmania déferlait sur la France. Tout sauf Chirac, encore Chirac, toujours Chirac. Balladur à l’Elysée, c’était une ontologie. En fonction de quoi, à l’arrivée, quand vint le temps de la campagne, il termina à la même place que Barre, le tout après s’être hissé sur une table pour faire coucou à ses supporters, climax de la campagne présidentielle la plus surréaliste de tous le temps.

 

En 2001, ce fut le quart d’heure Chevènement. Lui aussi eut droit à ces Unes en mode « Si c’était lui ». On le vit même monter à 15% des intentions de vote dans les sondages. Chevènement, l’homme qui devait nous épargner le pensum Chirac/Jospin, déjà vu en 1995. En fonction de quoi, à l’arrivée… 5%… »

 

Manie bien française de se fonder sur des références historiques allant toutes dans le même sens en omettant bien évidemment les élections qui démontrent le contraire et rendent ce type de raisonnement caduc. L’Histoire repasse rarement les plats. La donne est nouvelle dans un paysage politique totalement inédit. La force de Juppé c’est qu’il est une ambiguïté. Avant lui Mitterrand avait su cultiver avec gourmandise cette « qualité » digne de Talleyrand. Il est le candidat de la gauche aussi bien que le candidat de la droite. Il n’est que le produit de la désaffection Hollande, et du double rejet frappant Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Il plait à ce groupe central français, modéré et angoissé, qui rêve d’une présidence de rassemblement, transcendant la ligne de clivage gauche/droite.

 

Juppé, qui a eu en son temps la tentation de Venise, saurât-il se glisser dans la tunique d’un Florentin pour être tout à la fois le candidat de la gauche modérée, qu’il est en ce moment, et qui va mobiliser contre lui le noyau dur de la Sarkozie, et un tueur et un charmeur quand sera venu le temps de la campagne? Aura-t-il l’étoffe d’une nouvelle force tranquille pour entraîner, fédérer, rassembler à la fois des militants fans de Sarkozy et des sympathisants centristes et sociaux-démocrates, pour soulever à travers eux des électeurs? Juppé n’est pas un tribun, il garde toujours une certaine réserve, pour gagner il lui faudra fendre vraiment l’armure se mettre dans la peau d’un héritier du Général capable de séduire et de convaincre, d’un rassembleur pugnace prêt à dézinguer la machine de guerre interne que saura actionner un Sarkozy battu.

 

Nous n’en sommes pas là, l’heure est aux Primaires sur fond de campagne pour des Régionales de tous les dangers, bien sûr pour la Gauche socialiste, mais aussi pour Juppé. En effet, si Alain Rousset, comme c’est probable, garde la nouvelle région à gauche contre une candidate juppéiste un peu trop Medef, le nain saura remuer le couteau dans la plaie. Dans l’hypothèse inverse, qui marquerait un véritable raz-de-marée, Sarkozy se trouverait renforcé dans sa stratégie jusqu’au-boutiste.

 

J’ai donc du pain sur la planche et ça me met en joie.

 

L’amour et le travail, couple de ma vie d’éternel chasseur de l’inutilité, je suis un enfant gâté.

 

Autre enfant gâté par les fées Bruno Le Maire, « l’Insoumis » ou le Mélenchouchou de la droite.

 

Celui-là je le connais, je l’ai côtoyé, disséqué, c’est un beau cas que Nicolas Domenach dissèque avec gourmandise :

 

« Les indociles méritent toujours le détour. Et quand sort une biographie titrée L’Insoumis d’Olivier Biscaye aux éditions du Moment, voilà qui interpelle! De surcroit, quand cet Insoumis est Bruno le Maire, alors je dis stop, halte-là. Que je sois transformé en lampadaire! Aurais-je, aurions-nous manqué quelque chose? Bruno le Maire, ce gendre idéal de la droite, qui semble toujours sortir du pressing, gentil comme chou, peigné net à la tondeuse pour pelouse, plus d’un mètre 90 d’éducation bourgeoise, un teint de lait pasteurisé, des yeux bleu sainte vierge, toujours à traverser dans les clous, et seulement au feu rouge… Le Maire, un bon fils évidemment, Le Maire, père modèle également, serait un rebelle? L’enfant caché de Che Guevara? Le Maire ça serait Spartacus et Nelson Mandela à la fois? Le méchant Mélenchon de la droite, et on ne le savait pas jusque-là? Bigre! Diantre! Palsambleu! Ventre Saint Gris!»

 

La suite ICI

 

Revigoré, je me sens dans l’état d’esprit d’Eugène de Rastignac, le fameux héros balzacien qui, à la fin du Père Goriot, déclare à propos de Paris : « À nous deux maintenant ! »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

patrick axelroud 25/10/2015 11:32

J'en reste coi ! Tout ça pour quoi ! Pas l'ombre d'une idée, pas l'ombre d'un programme ! On continue à nous vendre le personnel politique comme des savonnettes. Tous les journaleux même combat , y compris les plus honnêtes et intelligents, pour ne pas dire les moins médiocres .Même pas de "promesses de campagne" de toutes façons dévalorisées à l'avance par de beaux esprits cyniques qui se croient drôles. " Les promesses n'engagent que ceux qui y croient !" Et vas, sans vaseline que je te la mets bien profond !. Pour moi devant ce cirque, une option de spectateur des jeux romains : pouce en bas pour un Tout Sauf Sarko ! Mais si la France risque de se voir habiller en bleu marine ? ( un pull vulgaire aux mailles aussi épaisses qu'une corde - pas le Petit Pull Marine d'Isabelle ADJANI ) Et bien, l'abstention s'imposera pour éviter un résultat frelaté que le grand flandrin de super menteur avait cru pouvoir transformer en plébiscite surfant sur une stupéfaction et un désarroi qui à fait perdre leur sang froid aux plus grandes intelligences (!) qui s'arrogeaient la compétence de pouvoir diriger la France. Mais si, souvenez vous , un certain Dominique S.K, à chaud, sur un plateau télé d'une soirée électorale répondant à un journaleux : Bien sur nous invitons les socialistes et leurs sympathisants à voter pour le candidat de la droite ( on a ses pudeurs ) alors qu'on attendait de sa part, un peu de mesure et rétorquer : " Vous permettez que , avec nos amis, nous prenions le temps de la réflexion et fassions part, en temps utile, d'éventuelles consignes de votes " et de passer à autre chose renvoyant l'éventuel insistant ( le droit de suite est aujourd'hui la gloriole du professionnel de la presse), à la niche :" coucouche panier, papattes en rond " Et si la Blondasse au sourire de vendeur de stand de foire, passe ? Et bien, mektoub ( commençons à nous mettre bien avec ceux qui menacent l'intégrité de la France ) Depuis que le DISCOURS SUR LA SERVITUDE VOLONTAIRE de LA BOËTIE est redevenu à la mode on sait que l'on a les dirigeants qu'on mérite.

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