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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 08:00
En dévers et contre tout (15) le «Gaz» d’Ajaccio le plus «petit» club de l'histoire moderne de l'élite du football français est à la peine…

“Sempre cù noi”

 

Entre la Corse et le foot c’est le grand amour.

 

4 clubs professionnels pour 316 578 habitants dont 169 786 en Haute-Corse et 146 792 en Corse-du-Sud. 43 % des habitants vivent sur à peine 2 % du territoire. Ce phénomène de concentration de population est même un peu plus marqué en Corse qu'en France métropolitaine. Il résulte de la force d'attraction exercée par les communes d'Ajaccio et de Bastia. Elles concentrent à elles seules 36 % de la population insulaire.

 

Le club le plus emblématique de la Corse pour est bien sûr, pour les pinsuttu le SC Bastia, depuis ses exploits en coupe d’Europe. Finaliste de la coupe UEFA en 1978 avec Claude Papi et de nombreux joueurs talentueux tel que Johnny Rep, double finaliste de Coupe du Monde avec les Pays-Bas, Jean-François Larios, milieu de terrain international Français ou encore Charles Orlanducci, solide libéro surnommé le Lion de Vescovato.

 

Cependant, c’est l’AC Ajaccio qui fut le premier club corse à rejoindre l’élite en 1967. Tino Rossi, ami des dirigeants et grand supporter de l’A.C.A., donne un nouveau concert, afin de permettre au club de récolter de l’argent.

 

« Le championnat débute à Gerland où les Ajacciens affrontent Lyon.

 

Malgré une rencontre de qualité réalisée par les joueurs d'Alberto Muro, les Ajacciens sont vaincus sur le score de 2 buts à 1. Puis, le 27 août 1967, l’A.C.A. a rendez-vous avec l’histoire. Après le déplacement lyonnais, les Ajacciens s’apprêtent en effet à recevoir Rennes au stade Jean-Lluis. La formation bretonne est alors considérée comme l’une des plus spectaculaires de France, avec un jeu offensif bien léché et un effectif de qualité. Des joueurs comme Takac ou Floch sont notamment présents. C’est la première fois qu’un club français franchit la mer pour disputer une rencontre de première division. Le public se rend en masse au stade puisque 5.000 personnes remplissent la vieille enceinte ajaccienne. Alberto Muro aligne sa meilleure équipe pour cette échéance : Marchetti, Vannucci, Brucato, Moïse, Risso, Peretti, Munoz, Sansonetti, Touré, Guillon et Girod. Poussés par un public nombreux et particulièrement chaud, les Ajacciens prennent rapidement le match à leur compte. La rencontre se jouant l’après-midi en plein mois d’août, les Rennais sont gênés par la chaleur. Lors de ce match, Etienne Sansonnetti est intenable et inscrit un doublé mémorable, permettant ainsi à l’A.C.A. de s’imposer 2 à 0. Ce succès est également le premier d’un club insulaire en D1. »

 

Dans l’ombre des 2 grands : le CA Bastia et son emblématique maillot noir et le Gazelec d’Ajaccio, les diables rouges, avec son stade «Ange Casanova» de (bientôt) 5.000 places. Ironie de l’histoire, l’AC Ajaccio jouera lui en Ligue 2 alors que le Gaz, ex-club corpo d’EDF-GDF, découvrira la Ligue 1 pour la première fois de son histoire.

 

Pour  l'heure ça ne gaze pas fort pour les 4 clubs qui se traînent dans le fond du classement.

 

Le 16 août, le Paris Saint-Germain, accueillait le Gazélec Ajaccio au Parc des Princes : une rencontre du troisième type.

 

Lucas Burel de l’Obs., met en avant : Des chiffres presque absurdes

 

« 500 millions contre 13,8 millions. L'écart entre les budgets des deux clubs est presque absurde. Un peu gênant. Selon les estimations des budgets prévisionnels des clubs de Ligue 1 fournies par "Le Parisien", le club de la capitale peut même se targuer de disposer d'autant de fonds que 15 de ses concurrents au titre de champion de France, soit 16 fois le budget du club corse, considéré comme le plus "petit" de l'histoire moderne de l'élite du football français.

 

 

Question masse salariale, la comparaison entre les deux clubs donne également le vertige. D'après les informations données à l'"Obs" par le staff du club corse, le salaire moyen chez les "diables rouges" se situerait autour de 14.000 euros bruts. Ce que gagne le capitaine Thiago Silva (23 millions d'euros par an, primes comprises) en... moins de quatre heures. Nuits et temps de sommeil compris.

 

La masse salariale - hors primes - des 20 joueurs sous contrat pro du "Gaz" devrait elle se situer autour de 4 millions d'euros pour la saison prochaine et 700.000 euros pour le staff technique, explique Olivier Miniconi, le président du GFCA depuis 2007, interrogé par l'"Obs" :

 

Le salaire de notre entraîneur est très légèrement au-dessus du minimum prévu par la charte de la Ligue." Environ 20.000 euros mensuels donc, bien loin des 500.000 euros de Laurent Blanc. »

 

En 1968 le « Gaz » est déjà venu au Parc pour jouer la seconde manche de Coupe de France (on rejouait en cas de match nul à cette époque) contre son grand rival AC Ajaccio.

 

Sur son blog Didier Braun titre « En 1968, Ajaccio éliminait Ajaccio » 

En dévers et contre tout (15) le «Gaz» d’Ajaccio le plus «petit» club de l'histoire moderne de l'élite du football français est à la peine…

En 16e de finale le tirage au sort met aux prises les deux équipes d’Ajaccio. « L’A.C.A., champion de division 2 en 1967, fait ses débuts parmi l’élite de la division 1. Son avant-centre, Etienne Sansonetti, sera le meilleur buteur du championnat, avec 26 buts marqué. Le Gazelec est, depuis plusieurs années, la meilleure équipe du championnat de France amateurs (le niveau 3 de l’époque). »

 

« 17 000 spectateurs, dont une majorité de Corses, sont réunis au stade vélodrome de Marseille pour assister à un match très serré. Les amateurs ont longtemps l’avantage. Leur capitaine-entraîneur, Pierre Cahuzac (41 ans), rate même l’occasion d’inscrire un deuxième but en manquant un penalty. Ils se font rejoindre dans le dernier quart d’heure. En prolongation, chaque équipe marque une fois. A l’époque, en cas d’égalité, les équipes ne se départagent pas dans l’épreuve des tirs au but. Il faudra donc jouer un second match.

 

A.C.AJACCIO et GAZELEC 2-2 après prolongation. 17 073 spectateurs. Arbitre: M.Héliès. Buts: Taverni (29e) et Alfonsi (107e) pour le Gazelec; Peretti (72e) et Risso (95e) pour l’A.C.A.

 

« La deuxième manche se déroule le dimanche suivant, à Paris, dans le Parc des Princes alors coupé en deux (construction du boulevard périphérique, avant la démolition totale du stade, précédant sa reconstruction). Près de 20 000 spectateurs se tassent dans cette moitié de stade, que domine une haute palissade, pour cacher le chantier voisin. L’international amateur Marc Kanyan y signe un superbe exploit, à la suite d’un raid solitaire où il résiste à tous les assauts des défenseurs de l’A.C.A. »

Le gardien de but du Gazelec Ajaccio arrête un ballon en 16ème de finale de la Coupe de France de football, le 18 février 1968, contre l'AC Ajaccio

Le gardien de but du Gazelec Ajaccio arrête un ballon en 16ème de finale de la Coupe de France de football, le 18 février 1968, contre l'AC Ajaccio

Dans « L’Equipe », Victor Sinet, chantre du football corse, décrit les scènes de liesse qu’a connues la ville impériale:

 

« De mémoire d’Ajaccien, ce qui s’est passé dimanche soir, entre 17 heures et 20 heures sur le cours Napoléon et à travers toute la ville, était de nature à saisir d’ahurissement toute personne étrangère au football et au pays. Même les plus fertiles imaginations n’auraient jamais pu concevoir de pareilles scènes d’enthousiasme général, de délire collectif. »

 

Le lendemain, les héros sont de retour. Sinet évoque « une ambiance digne des plus grands fastes sud-américains et c’est ainsi qu’à l’assourdissante soirée dominicale succéda hier un tintamarre matinal aussi éclatant. »

 

À cette époque, football amateur ne rime pas avec absence de résultats. En effet, le "Gazélec est le premier club à donner des titres nationaux au football corse", rappelle Didier Rey. En 1963, même s'il s'agit d'un championnat amateur en CFA, le club devient champion de France, "avec neuf corses dans l'équipe". Pourtant, le "Gaz" refuse alors de passer le cap du professionnalisme.

 

« Étant dans une optique communiste -ou communisante- de vanter les mérites de l'amateurisme, le Gazélec décline la proposition qui est faite par la mairie d'Ajaccio de le rapprocher avec l'ACA, à la réputation bourgeoise et bonapartiste et qui avait déjà entamé son virage professionnel", détaille l'historien. Terminant quatre fois à la première place du championnat en National, le club refuse de monter pour ne pas avoir à passer en "pro". »

 

Lire l’excellent article de Romain Herreros dans le HuffPost : « Gazélec d'Ajaccio: derrière l'arrivée du club en Ligue 1, la mémoire du football populaire »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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