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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, Sarko sirote 1 jus de tomate, Carla passe et repasse, entre bain de mer et plongeon dans sa piscine, sont extatiques les gars de Valeurs Actuelles

Qui n’a pas envie d’écrire sur une belle page vierge les premières lignes d’une aventure, de conjuguer séduction et plaisir ?

 

J'avoue un besoin irrépressible de cette légèreté qui «touche aux choses sans y toucher», de cette attirance chaque jour renouvelée qui m’émeut, me touche au plus profond. Diable qu’y-a-t-il de plus excitant que d’enflammer son imagination, faire fondre une à une les dernières résistances, de s’égarer, d’avancer les yeux bandés vers le danger. Être séduit bien plus que séduire, être conquis plutôt que conquérir, je ne sais, je ne puis, le John Malkovich-Valmont qui sommeille en moi, brouille les pistes, joue à colin-maillard, se souvient de Madame de Tourvel, les beaux yeux implorants de Michèle Pfeiffer dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears, elle résiste certes, avec l’énergie du désespoir, aux avances de Valmont, mais quand elle cède, elle cède, c’est fini, elle ne négocie pas sa reddition, elle se donne tout entière à lui, généreusement, à corps perdu. L’Enfer n’est jamais loin du Paradis.

 

Magie de l’écriture, dans la solitude, l’aridité de la page blanche j’accepte d’être surpris, séduit. On ne peut aimer que si l’on accepte d’être séduit, que si l'on prend le risque de se perdre. Passé le surgissement imprévu de l’amour, c’est la braise vive de l’admiration, étonnement renouvelé, ravissement étonné, qui lui donne sa force, l’insinue dans la vie que je vis. Qu’importe si je ne suis qu’un passager clandestin dans sa vie à elle, celui qui sera débarqué sans ménagement à la première escale, l’important, l’essentiel, le sel de cette dernière tranche de ma vie, c’est elle.

 

Qu’importe, tout m’importe, j’écris. Les mots, que je couche dans l’indifférence de la nuit, sont la dernière digue que j’érige pour durer. Tel Hans Bricker, le petit garçon de Haarlem, qui pose son doigt sur la petite brèche de la digue, je retiens le flux du temps sans pour autant le stopper.

 

Qui pourrait m’interdire d’aimer ?

 

La mort, bien sûr, qui me tombera dessus sans préavis sauf à la programmer. Pourquoi pas, ce serait mon ultime liberté, mon dernier péché d’orgueil. Il m’arrive d’y songer lorsque mon corps donne des signes de faiblesse. Alors je me lève de ma table de travail, dans le silence de la cuisine verse de la farine dans une grande écuelle de verre, ajoute un à un les ingrédients, sans peser, au jugé, pétrir, sentir, mettre la main à la pâte, la maîtriser. Résister ! Aimer ! L’aimer !

 

Le jour va se pointer. Le premier métro va passer sous mes fenêtres. Je suis nu-pieds. Ma tarte aux mirabelles, encore tiède, gît sur son plat. Le chat s’étire. Ma bulle de silence se déchire. Là-bas, elle dort encore. « Je suis une petite nature… dit-elle. Magie de l’écriture, j’anticipe. Le café est un peu amer. Dans la presse, le marronnier du jour est la fuite des riches. Je souris, songe à l’amour en fuite, me prépare, avec mon goût immodéré de la lenteur, à partir. Pour l’heure je lis « À nos enfants » de Bruno Le Maire.

 

Bruno Le Maire, surnommé « Bac + 18 » par Nicolas Sarkozy, qui s'échine selon lui à écrire des «livres en allemand que personne ne lit». «Le pauvre, il écrit des livres que personne ne lit. Ah si, il y en a un que j'ai lu, c'est celui où il se masturbe!», aurait ironisé Nicolas Sarkozy.

 

« Un techno atypique qui a le profil brillant du haut fonctionnaire doublé d'un bon vivant qui n'est pas le dernier à raconter des conneries » selon le Juppéiste Benoît Apparu. Politique, amoureux des lettres, surtout de celles de Proust, à qui il a consacré une maîtrise, un DEA et une thèse et du dramaturge autrichien Thomas Bernhard, il manie la plume avec aisance et talent. Il peut se targuer d’être l’un des rares hommes politiques à être édités sous l'élégante couverture de la collection blanche de Gallimard, dédiée à la littérature et à la critique.

 

« Écrire est une question de liberté, Je ne la négocie pas. Je veux me ménager la liberté intellectuelle la plus forte possible. Je la trouve dans les livres et dans les mots. »

 

La politique et la littérature sont indissociables de la vie de Bruno Le Maire : « J’ai toujours beaucoup écrit et toujours beaucoup lu, c’est ma vie, confie-t-il « Tous ceux qui ont réussi à mêler politique et culture m’inspirent ».

 

Le lire, c’est percer son armure, et surtout pouvoir par la suite mettre ses bonnes intentions à l’épreuve des faits.

 

« Bruno Le Maire est le seul lettré. C'est une dimension que les autres n'ont pas. Pour faire de la politique, il faut être un artiste. Churchill et De Gaulle l'étaient», souligne Frédéric Mitterrand. «Bruno Le Maire les rejoint dans ses origines sociales et sa pratique de l'État. Il est en train de blanchir sous le harnois: il est tout à fait capable d'exercer des fonctions très importantes, mais il va devoir patienter, comme Mitterrand avant lui. Attendre que Nicolas Sarkozy ait assassiné tous ses copains», ironise l'ancien ministre de la Culture dans l'hebdomadaire. Référence à François Mitterrand qui, engagé en politique à la toute fin de la seconde guerre mondiale, a attendu plus de trente ans et vu passer quatre élections présidentielles avant de pouvoir accéder à la plus haute fonction de l'État. »

 

 

« Les prétendus patriotes (ils ont sans cesse ce mot à la bouche) qui veulent fermer à double tour les frontières de la France, la replier sur elle, comme on plie bagages, oublient que notre nation a grandi aussi hors de ses frontières ; que ses conquêtes ont fait sa grandeur ; que son universalisme a pu agacer, mais aussi forcer le respect. La France ne retrouvera pas ses racines en se coupant du monde : elle les retrouvera au contraire en renouant avec son esprit de conquête, qui voit le monde comme il est, ou comme il devient, ne le redoute pas, mais le comprend, ne le fuit pas, mais se donne les armes pour l’affronter.

 

Les changements sont allés plus vite que prévu ? Certainement. Mais pourquoi renoncer ? Vous avez grandi en considérant la Chine comme une des grandes puissances du monde contemporain, à vos âges je connaissais à peine son existence, elle était une province immense, reculée, surpeuplée de paysans, dont il ne me serait jamais venu à l’idée d’apprendre la langue. À l’été 1976, prise d’une nouvelle frénésie de voyage, Isabelle projeta de se rendre en Chine. Nous rentrions tous les deux en voiture de Revel, elle me faisait part de son projet, qui me semblait aussi saugrenu que de partir en expédition pour le Kamchatka. Dans la montée qui conduit à Saint-Ferréol, à un tournant, nous croisâmes ma mère, qui nous faisait de grands signes de la main. Ma grand-mère gara la voiture sur le bas-côté et ouvrit sa fenêtre ; ma mère lui dit tout essoufflée : « Mao est mort ! » Ce jour-là je pris conscience de la Chine, et je compris qui était Mao. Votre rôle, dans les années qui viennent, ne sera pas de solder les atouts de la France, mais de les valoriser partout où ils sont présents et de les développer ailleurs. Nous devons faire en sorte que ce siècle nouveau, qui connaîtra en deux décennies plus de bouleversements technologiques, scientifiques ou humains que ce que vos grands-parents ont vécu en cinquante ans, profite à tous, et pas seulement à quelques-uns. Avec le monde ou contre le monde, solidaire ou isolée, voilà le choix devant lequel se trouve la France. Pour moi, la réponse est claire : la France a son rang dans le monde et doit le conserver. C’est une somme de progrès modestes qui nous fera avancer dans cette direction. Rue de Varenne, nous avons mis trois ans avec les producteurs de viande bovine pour structurer une filière d’exportation. Personne ne prétend que la viande bovine soit le fer de lance de nos exportations dans le monde, quoique la qualité de notre viande soit reconnue, et appréciée : mais en faisant ce choix, les producteurs rappelèrent que chacun a une responsabilité pour que la France reprenne sa place dans le monde, et lui permette de vivre mieux. Cette volonté de conquête, commerciale ou culturelle, politique ou scientifique, vous devez la garder en vous, quel que soit votre métier demain. Élargissez votre regard, ne méprisez jamais les nations qui ne sont pas la France, ne pensez pas un instant que qui que ce soit sur la planète suivra nos idées, si nous ne nous donnons pas les moyens économiques de les défendre. On noircit la mondialisation pour la discréditer : elle est un fait, pas une valeur. Et combien de continents naguère en proie à la misère ont amélioré le sort de leur population – pas toute, hélas, mais une partie seulement – en plongeant dans ce grand bain de la mondialisation ? Toutes les grandes nations d’Europe ont sauté le pas de la mondialisation, sauf la France. En souffrent-elles ? Quelle autre conquête offrir à nos enfants que celle des continents où la croissance se développe, où les idées naissent, où la richesse croît ? Quelle autre grande bataille à livrer que celle de la meilleure gouvernance de ce monde neuf ? Au 11, Downing Street, le ministre des Finances britannique est assis dans un canapé qui tourne le dos à une baie vitrée. Dehors, une bruine grisâtre enveloppe un jardin tarabiscoté, encastré entre des murs de brique. Il me sourit : « Je ne comprends pas pourquoi vous ne vous donnez pas les moyens de réussir comme les autres. Quand est-ce que vous ferez votre révolution mentale ? »

 

Un soir dans les années 80, un Président de la République déclara à la télévision : « La France est une puissance moyenne. » Sans doute voulait-il faire preuve de lucidité, on ne le lui reprochera pas, pourtant ces mots sonnaient faux, et continuent de sonner faux à mes oreilles. Enfoncé dans son fauteuil devant sa télévision, mon père eut ce jugement lapidaire : « On ne peut pas dire que la France soit vraiment une puissance, et elle ne sera jamais moyenne. » Pour la première et la dernière fois, je l’entendis critiquer ce Président qu’il tenait pourtant en très haute estime, pour son intelligence, et dont le départ, quoique maladroitement mis en scène par une chaise vide, le fit pleurer. Néanmoins mon père avait raison. Ne quittez pas cette France qui vous attend : en secret, elle reste grande. Ne quittez pas cette France qui a tous les moyens de réussir dans le monde comme il est. Opposez-vous à ces politiques qui depuis des années reculent devant les changements nécessaires et, proclamant leur volonté de résistance à la Chine, au Brésil, à tout ce qui devient grand et fort, proclament en fait leur impuissance. La vraie résistance est dans notre changement. La vraie résistance est dans la valorisation de nos atouts. La vraie résistance est dans la défense de notre place dans le monde. »

 

Et pendant ce temps-là, le petit Nico, profitant du creux du creux de l'été, confie à Valeurs Actuelles, toute la vacuité de sa pensée.

 

Maurice Szafran ironise :

 

« On ne peut tout de même s'empêcher de sourire en examinant de près la mise en scène à laquelle nos confrères de Valeurs Actuelles se sont prêtés : Sarkozy faussement détendu dans la maison de vacances de son épouse, Carla Bruni, sirotant un jus de tomate et dissertant sur les dizaines de kilomètres que, chaque jour, il "avale" sur son vélo - de course cela va de soi. Pendant ce temps, Mme. Bruni apparaît, passe et repasse, "entre un bain de mer et un plongeon dans la piscine", estiment utile de préciser les journalistes de Valeurs Actuelles, extatiques, quasiment en lévitation. »

 

Olivier Picard enfonce le clou :

 

C’est d’ailleurs assez drôle. On croit lire une parodie de « Voici » : « alors qu’un vent léger flotte sous les tentures » de la résidence d’été de Carla Bruni, en avant pour un entretien « sans tabou ». En « bras de chemises et lunettes de soleil », l’ex, avec « une barbe de trois jours » nous réserve – nous promet-on, « un entretien sans tabou » sur lequel veillera, Carla « entre un bain de mer et un plongeon dans la piscine, pieds nus et couverte d’un chapeau ».

 

Seulement d’un chapeau ?

 

C’est chaud chez Sarko & Co. D’ailleurs, "sa décontraction trahit son état de vacancier". Le voilà démasqué. Carla est là, qui lui fait du teasing, mais, nous dit-on encore, c’est Madeleine que notre héros rêve de reconquérir. Et même « toutes les Madeleine de France », passées des bras de feu l’UMP à ceux du Front national. Quel homme !

 

Alors il fait du muscle : « Il avale des dizaines de kilomètres à vélo chaque jour ». Des « dizaines » on vous dit. Et chaque jour ! Comme sur le Tour. On met le grand braquet pour la grande révélation avec « un nouveau mantra » : « en disant la vérité, on crée de la confiance ». C’est beau. C’est nouveau. Mais dès les premières lignes, on s’aperçoit assez vite que l’ancien président de la république ne s’est pas converti à l’acte de contrition.

 

Reconnaître ses fautes ? Ce n’était clairement pas son truc. Le confessionnal a simplement été le cadre d’une énième opération d’auto-promo où l’enfumage dissimule la manipulation derrières les « tentures » estivales de la fausse sincérité, aussi toc qu’une babiole de vacances. Parfaitement inoffensives, les questions sont autant de sucettes chupa qui permettent au futur candidat de dérouler son argumentaire de candidat. »

 

Fermez le ban !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

Cyrielle 18/08/2015 12:49

Bjr,
Je découvre votre blog un peu au hasard ! Peu importe. J'aime beaucoup votre style et le ton de vos articles. L'extrait ici m'a donné envie d'acheter le livre de B. Le Maire > Est-ce comme pour certaines bandes annonces, le meilleur extrait du livre ? Cyrielle

JACQUES BERTHOMEAU 18/08/2015 12:51

Bruno Le Maire est un excellent écrivain son livre est de très bonne facture

Aredius 16/08/2015 14:53

Notre ex ne nous dit pas s'il cycle à la vitesse de la lumière. Cela n'étonnerait pas nos jeunes bacheliers scientifiques :

http://lefenetrou.blogspot.fr/2015/07/bac-scientifique-2015-le-tgv-va-la.html

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