Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, pour Paul Canarelli le logeur de Sarkozy en bermuda jaune les ennuis, même au paradis corse, peuvent aussi voler en escadrille.
CHAP.15 opération Chartrons, pour Paul Canarelli le logeur de Sarkozy en bermuda jaune les ennuis, même au paradis corse, peuvent aussi voler en escadrille.

Chaque année, quand septembre pointe son nez, je pense à Gabrielle Russier.

 

Quel crime avait commis Gabrielle pour être jetée, pour 8 semaines, à la fin du printemps 69, dans une cellule sordide de la prison des Baumettes ?

 

Aimer un grand jeune homme, qui aurait pu être moi, c’est tout, alors qu’en ces temps gris, Papon fut, lui, le préfet de police de Paris, le Ministre du Budget de Pompidou, avec du sang sur ses belles mains d’administrateur impitoyable.

 

Crime suprême, leurs corps s’étaient mêlés, enflammés, Christian avait empli cette «vieille» femme de sa jeune sève. Ils avaient jouis. Condamnée, le 12 juillet – mon jour anniversaire – à 12 mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende, le Parquet jugeait la condamnation trop faible et faisait appel a minima, et Gabrielle ouvrait le 1er septembre le robinet du gaz. Exit la femme de mauvaise vie, celle qui avait détourné l’innocence vers les infâmes plaisirs de la chair. Bouclé dans une maison de repos par les psychiatres de service, Christian, lui, grâce à la protection de ses parents, allait enfin voir s’ouvrir « une sacré belle vie ».

 

La suicidée par le gaz, avait trente-deux ans, Christian Strossi son élève en seconde au lycée Saint-Exupéry de Marseille, juste la moitié. Dans l’effervescence du mois de mai 68, ils se sont aimés et, les imprudents, devenus amants.

 

Gabrielle est divorcée, mère de deux enfants, promise à un bel avenir à l’université d’Aix, où la mère de Christian est titulaire d’une chaire, elle a craqué pour ce beau jeune homme bien plus mûr que les autres.

 

En ces temps obscurs, que tout le monde a oublié, pour être majeur il fallait passer le cap des 21 ans, les parents de Christian, de «gauche», libéraux, ont porté plainte pour détournement de mineur.

 

Qu’était-ce pays qui pouvait me faire conscrit à 18 ans, m’envoyer à la guerre – moi j’avais échappé au djebel, mon frère non – me laisser entrer à l’Université à l’âge de Christian et m’interdire d’aimer, de faire l’amour avec qui bon me semblait ?

 

Lorsque le 22 septembre, notre normalien de Président, questionné par Jean-Michel Royer, sur ce qu’il était maintenant de bon ton d’appeler « l’affaire Russier », allait convoquer Paul Eluard pour jeter un étrange voile sur Gabrielle, délivrer, une brève et ambiguë, oraison funèbre : « Comprenne qui voudra… » lanca-t-il.

 

En exergue de son poème, Eluard avait écrit : «En ce temps-là pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On allait jusqu’à les tondre

 

Pompidou était prévenu, du poème d’Eluard filtre une émotion poignante :

 

Comprenne qui voudra

Moi mon remords ce fut

La malheureuse qui resta

Sur le pavé

La victime raisonnable

A la robe déchirée

Au regard d’enfant perdue

Découronnée défigurée

Celle qui ressemble aux morts

Qui sont des morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet

Et couverte

Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante

Comme une aurore de premier mai

La plus aimable bête

Souillée et qui n’a pas compris

Qu’elle est souillée

Une bête prise au piège

Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme

Voudrait bien dorloter

Cette image idéale

De son malheur sur terre.

 

Mourir d’aimer chanta Serge Reggiani

 

-Qui a tendu la main à Gabrielle


Lorsque les loups, se sont jetés sur elle ?


Pour la punir d’avoir aimé l’amour


En quel pays, vivons-nous aujourd’hui


Pour qu’une rose soit mêlée aux orties


Sans un regard, et sans un geste ami ?

 


 

 

« Quand Gabrielle est arrivée parmi nous, écrit celle qui partageait sa cellule, une jeune droguée, elle s’est trouvé plongée sans transition dans un monde impur régi par une discipline de fer, incapable pourtant de combattre la méchanceté, la jalousie et la vulgarité qui dominent le monde pénitentiaire. La première et la pire des humiliations imposées à Gabrielle, ce fut de se mettre entièrement nue devant les autres, pour qu’on fouille minutieusement ses vêtements et son linge. Jamais de toute sa vie Gabrielle n’avait ressenti une telle honte, mais personne n’en tenait compte. »

 

« Elle avait été affectée à la cellule N°13 que j’occupais au rez-de-chaussée du quartier des femmes. Quand la lourde porte s’est refermée sur elle, Gabrielle Russier avait perdu jusqu’à son nom. Elle n’était plus que le matricule 59.264. Quand elle est apparue, parmi les autres, dans la cour, pour la promenade quotidienne de 14 à 16 heures, personne ne connaissait encore les raisons de sa présence aux Baumettes. Comme elle avait les cheveux coupés très courts à la garçonne, les plus méchantes d’entre les détenues répandirent aussitôt le bruit qu’elle devait être lesbienne. Les commentaires les plus odieux fusèrent : Gabrielle, pâle comme une morte, devait les écouter sans rien dire. Elle ressemblait à une gamine apeurée face à la férocité des adultes. Chaque fois qu’on la prenait à partie dans le but de l’humilier encore plus, Gabrielle répondait avec douceur et intelligence. Ce qui rendait furieuses les gardiennes, c’est que jamais elle ne s’exprimait avec grossièreté. Pourtant, elle n’avait pu manquer d’apprendre le langage des prisons. Du matin au soir, elle était bien obligée d’entendre les obscénités les plus révoltantes que lui adressaient nos gardiennes. On raillait avec les mots les plus bas l’amour pur et profond qu’elle avait toujours, envers et contre, tout pour Christian. »

 

Je sais que ça fera sourire, moquer, mais je m’en fous, je pleure comme un gamin en pensant à Gabrielle Russier, son amour absolu m’a marqué au fer rouge, toute ma vie amoureuse en a été bouleversé. En écrivant cela j’ouvre une brèche, qu’importe tout le monde se fiche pas mal d’un amour absolu. C’est si hors du temps, si ridicule, si loin d’un monde où la profondeur des sentiments s’apparente à une sensiblerie dépassée.

 

Je suis toujours meurtri par l’indifférence, mourir d’aimer ça ferait vraiment rigoler mon petit monde…

 

 

Août s’étire, c’est la rentrée, concept typiquement français, Sarko va remballer son short jaune pétant, jouer sur son physique d’enfer, sa jeunesse rayonnante, pour faire la nique au vieux Juppé qui vient de passer le 70. Ils volent très haut nos dirigeants, nous prennent vraiment pour les cons que nous sommes.

 

Et pendant que Sarko roulait sa petite caisse bronzée au bras de sa grande mousmée à qui il rend 6 beaux centimètres, les indépendantistes corses déclaraient qu’ils veulent accéder au pouvoir. «La bataille menée depuis 40 ans a été gagnée», a lancé à la tribune des «Journées internationales» du parti Corsica Libera à Corte le dirigeant de Corsica Libera, Jean-Guy Talamoni.

 

«Nos idées sont devenues majoritaires au sein de la société corse et même de la classe politique insulaire».

 

Jean-Guy Talamoni a considéré que «la désobéissance civile à la loi française, au nom du droit corse, peut constituer une solution transitoire pour freiner la démarche de dépossession».

 

Pour la petite famille en congés à Murtoli c’est beau comme la fermette de Marie-Antoinette :

 

« … Un plaisir de chercheurs d’or en s’adonnant à la cueillette du basilic mentholé ou de la verveine odorante. Giulia était la plus enthousiaste. Les tomates ramas­sées par ses soins ont été l’occasion pour sa maman de cuisiner une sauce dont s’est délectée toute la famille, y compris l’ex-président qui n’en raffole d’habitude pas. La petite fille a adoré apercevoir les marcassins en liberté dans le maquis ou débusquer au matin devant la bergerie les traces lais­sées par les sangliers pendant la nuit (…) Entre deux sorties à deux-roues, le patron des Républicains, qui a l’habitude de lire les œuvres complètes de chaque auteur qu’il décide d’abor­der, s’est plongé dans Cent ans de soli­tude de Gabriel Garcia Marquez. A ses côtés, Carla se délectait dans le même temps de la correspondance de Virginia Woolf ou de Noces d’Albert Camus (…) »

 

 

 

Mais en Corse tout commence et tout fini par des histoires comme celle du domaine de Murtoli « En 2012, comme Le Point l'a déjà raconté, Claude Chossat, un repenti de la Brise de mer, assure aux policiers que le domaine de Murtoli est carrément la propriété du grand banditisme.

 

Devant les policiers, ce témoin, multi-mis en examen, (« une balance » pour certains), affirme « qu'une partie de la construction a été payée par Richard Casanova », un des chefs de la Brise de mer, et auteur supposé du casse du siècle, l'attaque de l'UBS de Genève en 1990, l'équivalent de 19 millions d'euros, jamais retrouvés. « Paul Canarelli lui était redevable, le domaine appartenait à Richard de fait », soutient Chossat, qui affirme aussi que la plus grande boîte de nuit de Corse, la Via Notte, à la sortie de Porto-Vecchio, créée par Paul Canarelli, est, elle aussi, dans le giron de la Brise de mer… Des accusations sans preuve, démenties farouchement par le principal intéressé. Un seul indice : dans la voiture de Casanova, criblé de balles à Porto-Vecchio en 2008, la police tombe sur une carte magnétique d'accès au domaine de Murtoli. « Normal », se défendra Paul Canarelli, sans renier son amitié avec l'ancien « parrain » de Corse, Richard Casanova était… parrain d'un de ses fils.

 

Depuis, les accusations de Chossat semblent avoir fait long feu. Mais une femme, Anne de Carbuccia, a déclaré la guerre à Canarelli. D'origine ajaccienne, comme l'a déjà rapporté le JDD, cette épouse d'un homme d'affaires italien rachète en 2008 une maison du domaine de Murtoli, la plus belle de toutes, celle au bord de la mer, à des propriétaires apeurés. Jusque-là, l'édifice avait été « annexé » au domaine Canarelli… Menacée, privée d'accès, Anne de Carbuccia ne baisse pas les bras. Il lui faudra pourtant plusieurs décisions de justice pour récupérer les lieux, et même une condamnation de l'État pour faute lourde, les gendarmes locaux refusant étrangement d'exécuter une décision de justice. Mais quand elle récupère la maison… elle hérite d'une ruine : un robinet d'eau est "malencontreusement" resté ouvert pendant des mois. Depuis, la propriétaire cherche un entrepreneur pour faire des travaux. En vain…

 

Fin du film?

 

Pas tout à fait. Après le classement sans suite en Corse de sa plainte pour « violation de domicile, tentative d'extorsion de bien, vol et dégradation volontaire », Anne de Carbuccia a saisi la Cour de cassation qui a finalement ordonné une enquête. Selon nos sources, un juge d'instruction de Paris vient de mettre Paul Canarelli en examen…

 

Les ennuis, même au paradis corse, peuvent aussi voler en escadrille. »

 

Duel au soleil « Comment dit-on sac de nœuds en corse ? » Le président du tribunal 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
commenter cet article

commentaires

patrick axelroud 23/08/2015 08:16

Allons allons Taulier, t'es un grand garçon ! Un garçon ça ne pleure pas ! (Dans la droite ligne de cette "morale" bourgeoise de l'époque si bien croquée dans La vie est un long fleuve tranquille et illustrée par l'ineffable famille Le Quesnoy !)

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents