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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, Le Maire a gagné la primaire des quadras Au pouvoir, le papier prend le dessus sur la vie. En peu de temps on perd une certaine candeur, on se durcit, une part de soi se décolore.

Avec Aragon

 

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire

J’ai vu tous les soleils y venir se mirer

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire...

 

Partir… Revenir…

 

Sur mon petit carnet j’ai noté : elle embarque à 19 :00 sur le PIANA le ferry le plus moderne de la Compagnie La Méridionale. Elle arrivera  06 :45.

JMG Le Clézio « Il y a un esprit des îles... Ce n’est pas facile de dire en quoi cela consiste, mais cela se sent... C’est d’abord et avant tout, un sentiment de l’étrangeté. Ou de l’étranger. Être insulaire, être né dans une civilisation d’îles, cela veut dire qu’on est séparé, éloigné, écarté des autres... On est, naturellement, et irrémédiablement, isolé... Leurs frontières c’est la mer, et la mer n’est pas une véritable frontière. »

 

La Corse «Une montagne dans la mer» qui scinde son territoire avec l’«en-deçà»(le versant oriental) et l’«au-delà des monts» qui traduit une césure sociale «la terre du commun» et «la terre des seigneurs».

 

Dès que l’on pénètre dans les terres, que l’on monte « au village » on comprend ce qu’est l’isolement de l’intérieur. Fut un temps, pas si éloigné, où la plupart des villages perchés, nids d’aigles suspendus à la falaise, étaient inaccessibles. « Deux communes adossées aux flancs de la même montagne, et seulement par un trajet de quelques heures, demeurent sans communication d’aucune sorte pendant plusieurs années »

 

Ici « le kilométrage théorique est moins utile que... le nombre de lacets de la route pour juger de la longueur du trajet. »

 

Malraux, dont on connaît l’art de la formule choc, écrivait « De Gaulle avait son mystère, comme nous avons la Corse » et il précisait « Il y avait en lui un domaine dont on savait qu’on ne l’éclairerait jamais. C’est cela que j’appelle la Corse »

 

Garder sa part de mystère, sa part d’ombre, c’est s’accepter homme, c’est accepter l’autre. La Corse irrite certains, elle me fascine car elle est singulière dans un monde qui se lisse. Oui, la Corse est unique, les insulaires le répètent à l’envi jusqu’à l’outrance.

 

Jean-Louis Andreani dans son remarquable livre « Comprendre la Corse » écrivait:

 

« La Corse existe, avec son histoire, sa mémoire, la fierté d’une île et d’une humanité très anciennes, qui n’oublient rien, marquées par la mort et le tragique ; la Corse existe avec ses archaïsmes, ses contradictions, ses rigidités, sa revendication d’identité et son envie de vivre comme le reste de la France, ses richesses humaines et ses petitesses, ses énergies et ses forces destructrices, sans conteste plus fortes qu’ailleurs. C’est un monde particulier, au bord du continent. Il ne sert à rien de le nier, ou de faire comme si on pouvait, justement, ne rien faire et laisser filer, pour ensuite s’insurger de la situation »

 

Bruno Le Maire je l’ai pratiqué, c’est de l’acier trempé, froid, intelligent, tranchant, mais aussi flexible, ondoyant, charmeur pour ceux qui servent ses intérêts immédiats, sans état d’âme lorsqu’il s’agit de grimper un degré supplémentaire du pouvoir. Sa candidature à la présidence de l’UMP, comme celle à la Primaire se situent dans une stratégie de prise de dividendes politiques qu’il entendra bien monnayer auprès du gagnant de la Primaire, le poste de Premier Ministre, sa préférence allant bien sûr à Sarkozy.

 

Bruno Le Maire a gagné la primaire des quadras à droite. Ce n'était pas gagné il y a encore un an, mais sa candidature à la présidence de l'UMP, son bon score, puis ses prises de position successives et son opportunisme politique ont fait de lui le quadra le mieux placé et même l'incarnation de la relève derrière les barons de la droite traditionnelle qui ont tous, pour ce qui est d'Alain Juppé, de François Fillon ou de Nicolas Sarkozy, plus de 60 ans.

 

J’ai lu Jours de Pouvoir.

 

Dans l'épilogue à ses Mémoires, Saint-Simon notait, à propos de ce genre littéraire, qu'« il n'y en peut avoir de bons que de parfaitement vrais, ni de vrais qu'écrits par qui a vu et manié lui-même les choses qu'il écrit, ou qui les tient de gens dignes de la plus grande foi, qui les ont vues et maniées ; et de plus, il faut que celui qui écrit aime la vérité jusqu'à lui sacrifier toutes choses ».

 

La question de la vérité, celle aussi de l'impartialité, Bruno Le Maire ne manque pas de se les poser, dès le préambule de Jours de pouvoir, journal tenu au quotidien de sa participation au troisième gouvernement de François Fillon (14 novembre 2010-10 mai 2012) :

 

« Qui parle ici ? Pas un témoin, mais bien un acteur [...]. Le témoin ne prend pas de risque. Or on ne peut pas dire la vérité du pouvoir sans prendre de risque, faire un pas de plus. Et ce pas est un saut : on bascule dans une autre vie, avec son anxiété, sa violence. Si la vérité du pouvoir est dans son exercice, alors elle est aussi dans les tripes et dans la rage de ceux qui le détiennent. »

 

« Sur mon bureau se sont ­accumulés des parapheurs par dizaines [...]. Au pouvoir, le papier prend le dessus sur la vie. Les rencontres humaines sont plus rares, moins franches et moins disponibles, on pare au plus pressé. Les notes remplacent les discussions, les ­arbitrages se rendent dans la solitude. En peu de temps on perd une certaine candeur, on se durcit, une part de soi se décolore... »

 

« Dans le sillage d'un Sarkozy auquel plus personne ne croit, pas même ses alliés, Le Maire a perçu la menace. « A mesure que le pouvoir lui échappait, et donc que le mien se réduisait, le moment est venu où tout allait finir dans le silence. Rien ne serait conservé », a-t-il compris. Le voilà qui note cette montée vers la défaite, les regards cruels et les meetings de la dernière chance. Ce halo de désenchantement s'insinuant sous les dorures de l'Elysée est la matière première de son récit. Car autour du président, c'est presque une veillée funèbre. Une assemblée de sceptiques, au mieux, de croque-morts, au pire, qui décrivent entre eux, à l'avance, la disparition de leur champion. Ils ne mentent pas, cependant, devant Sarkozy. Une armée d'élus, de présidents d'association, de syndicalistes défile pour lui dire les ratés de sa politique. Face à eux, ils trouvent un monstre de déni. « Je vais te dire, mon Bruno, ça va plutôt pas mal ! », répète le malade, conscient que, s'il cède au défaitisme ambiant, tout s'effondrera. »

 

Un jour, dans l'un des livres du Prix Nobel de littérature Imre Kertész, Bruno Le Maire lit ceci : « Quoi que vous croyiez, si un jour vous prenez le pouvoir, vous aurez à décider de la vie et de la mort ; et quoi que vous ayez cru, vous vouliez prendre le pouvoir pour pouvoir décider de la vie et de la mort. » Face à lui, dans l'avion présidentiel, Sarkozy lance l'intervention française en Libye.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

patrick axelroud 09/08/2015 08:36

Ces hommes politiques sont incroyables et pas à une contradiction près. On a déjà eu Royal Président ! Maintenant se serait Le Maire Président ! ; et le cumul des mandats dans tout ça ?

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