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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 06:00
Edizione del 26 maggio 2015 d'Il Manifesto

Edizione del 26 maggio 2015 d'Il Manifesto

Ce lundi de Pentecôte, sous un soleil incertain et un petit vent virevoltant, les trottoirs de Paris grouillaient de monde, les terrasses étaient bondées, les magasins regorgeaient d’acheteurs, consommation, consommation…

 

Je file sans vraiment les voir. J’accoste. Razzia à l’Écume des pages, une brassée de livres et je repars pour une consommation immédiate loin de tout ou presque…

 

Je me plonge dans « La mer couleur de vin » (nouvelles écrites entre 1959 et 1972)

La Sicile de Léonardo Sciascia avec sa mer couleur de vin… et Thierry Desseauve jette les idées reçues très parisiennes sur le carreau du Temple
La Sicile de Léonardo Sciascia avec sa mer couleur de vin… et Thierry Desseauve jette les idées reçues très parisiennes sur le carreau du Temple

« Pourquoi ai-je recueilli et publié ces récits ?

 

Parce qu'il me semble avoir ainsi composé une somme, un condensé de mon activité jusqu'à maintenant, et il apparaît (je ne peux cacher que j'en suis, d'une certaine façon, satisfait, dans le cadre de ma plus générale et constante insatisfaction) que, pendant toutes ces années, j'ai poursuivi ma route sans regarder ni à droite ni à gauche (c'est-à-dire regardant et à droite et à gauche), sans incertitudes, sans doutes, sans crises (c'est-à-dire avec beaucoup d'incertitudes, avec beaucoup de doutes, avec des crises profondes), et que, entre le premier et le dernier de ces récits, il se dessine une certaine ligne circulaire qui n'est pas celle du chien qui se mord la queue. » -

Léonardo Sciascia

 

« Un grand écrivain italien du XXe siècle. Maître de culture et de langage, intelligence supérieure, citoyen « engagé », mais jamais dans un parti ou un parti pris, toujours dans l'exigence de vérité, député pendant 5 ans, témoin et acteur de l'histoire dans un pays lacéré par tant d'impostures des pouvoirs établis : l'église, les partis clientélistes, la mafia et les intérêts privés. Un grand penseur. D'une totale singularité, toujours actuelle, anticonformiste, hérétique, incommode. Dans la grande tradition classique européenne. Parmi les grands auteurs que sa Sicile natale a donné. Il en a fait un observatoire du monde.

 

Que diriez-vous sur lui pour donner envie de le lire ?

 

« C’est un auteur qui surprend constamment. Narrateur et essayiste en prise avec l’histoire, avec la vie, son écriture est à la foi digressive et ciblée. L’alternance et le mélange des genres étaient revendiqués. Il refusait tout enfermement et il renouvelait les thèmes qu’il approchait : récit historique, chronique et réflexions partant de faits divers, roman policier, fiction. Il aide à comprendre le monde qui a été et ses évolutions déroutantes. Il souligne l’impensé de ces évolutions et les diverses impasses d’une modernité qu’aucune rationalité ne semble plus orienter. Moraliste au sens classique. Maître d’ironie. Il ne se hausse jamais du col. Constant et tenace. Il parlait bas, mais sa voix portait loin. Par quel mystère ? La magie de l’écriture et de la pensée maitrisée et mise en mots dans la joie du travail accompli. Au cœur de l’aventure humaine. »

 

Extrait de Joseph Donato, dans les pas de Leonardo Sciascia : « Joseph Donato nous offre une traduction forte de Leonardo Sciascia, La difficulté d’être sicilien, de Matteo Collura (L’Écarlate, octobre 2012). 

 

De retour à la maison je fais un grand ménage dans mes « amis » de Face de Bouc, j'en virais à la pelle et j’inscrivais Il parlait bas, mais sa voix portait loin…

 

Un sentiment d’urgence : plus le temps de perdre mon temps avec une flopée de crétins…

 

Ça m’a fait un bien fou.

 

L’examen

 

- En réalité, plus les gens partent, plus le pays devient pauvre.

 

- Cela n’est pas possible, dit le chauffeur qui appliquait à l’économie la simple arithmétique.

 

- Ce n’est pas comme quand on est assis à beaucoup sur un banc, serrés, pressés les uns contre les autres, et que quelqu’un se lève ; alors, les autres respirent et s’installent plus à l’aise… Chez nous, personne n’est assis : et si quelqu’un s’en va, les autres ne s’en aperçoivent même pas ; ou il s’aperçoivent que le pays se vide »

 

La mer couleur de vin

 

«On ne peut avoir foi dans la technique sans avoir foi dans la vie : on ne peut aller se mettre sur orbite autour de la Terre que pour cette raison qu’il y a des enfants de quatre ans, des enfants qui naissent et des enfants qui naîtront (…)

 

L’important est de voir que les enfants ne sont pas un problème. Une société qui les voit comme un problème se détache d’eux, provoquent une solution de continuité… »

 

« Les études classiques ! À propos de tout, il faut que nous nous référions à la Grèce.» « Mais si, c’est un fait : en Suisse, on voit en chaque enfant le Suisse qu’il deviendra ; en Grèce, l’individu, l’homme… Et aussi en Sicile, j’imagine : ces deux enfants… » « Ce sont des endroits où il n’y a pas d’éducation : il n’y a pas de règles, de techniques, d’habitudes d’éducation ; il y a les sentiments affectifs : et les Grecs, les Siciliens croient qu’il n’y a pas de problèmes dans la vie que l’affectivité ne puisse résoudre. » « Ils résolvent ainsi même la mort », pensa-t-il… »

 

« La mer couleur de vin : où ai-je entendu cela ? se demandait l’ingénieur. La mer n’est pas couleur de vin, le professeur a raison. Peut-être aux premiers moments de l’aurore ou au crépuscule ; mais pas à cette heure-ci. Et pourtant, cet enfant a saisi quelque chose de juste : peut-être l’effet que produit, comme le vin, une mer telle que celle-ci. Elle n’enivre pas : elle s’empare de la pensée, elle éveille l’antique sagesse. »

 

Et quelles sont-elles ces idées reçues Thierry Desseauve ?

 

« Il y a quelques grandes tendances à Paris: les vins natures dans les bistrots, et les vins de bordeaux sont considérés comme un monde de gros bourgeois avec des bouteilles chères! L'idée du Winelab est de montrer qu'il y a une autre réalité. Nous faisons cela avec curiosité et sans a priori. Nous avons l'impression que les professionnels ont des idées reçues plus fortes que le grand public. »

 

La suite ICI 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

patrick axelroud 27/05/2015 07:25

Le poète a toujours raison chantait Jean Ferrat . Alors pourquoi pas rouge la mer? il y a bien le beau Danube bleu et au coucher du soleil à l'horizon marin , pour les patients et les chanceux : le Rayon Vert autour du quel Eric Rohmer a fait un film enchanteur et et pour ceux qui n'ont pas le pied marin : La Terre bleue comme une orange de Paul Eluard.....
Mais la mer peut vraiment être rouge, du sang des dauphins massacrés " rituellement" (!?)dans la baie de Taji au Japon soit 20 000,00 par an le " rituel "devenant attraction touristique. On est loin de la poésie.

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