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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 06:00
« L’agriculture moderne vit à crédit, elle consomme plus de richesses qu’elle n’en produit. Le système n’est plus pérenne et des voyants rouges s’allument un peu partout sur la planète » Emmanuel Bourguignon

C’est dans un nouveau magazine Thinkovery  la Recherche pour ce faire une idée, le n°3, qui consacre un gros dossier à la science du vin.

 

Qui sont-ils ?

 

Réponse ICI

 

C’est le point de vue d’Emmanuel Bourguignon directeur du développement du LAMS (Laboratoire du d’analyses microbiologiques des sols), créé en 1990 par Claude et Lydia Bourguignon ses parents, sur la biodynamie entre autre réflexions.

 

Ce garçon n’est pas péremptoire, il avoue son humilité d’homme de science car « tout ce qu’il a pu apprendre sur le monde végétal, sur les microbes, l’eau, l’a rendu « sûr » d’une seule chose, c’est que notre connaissance scientifique est bien faible. Nous n’avons qu’effleuré la surface. Les mécanismes biochimiques au sein des cellules sont tellement complexes, et influencés par tellement de facteurs, qu’il serait peut-être prétentieux de dire que ces énergies ou leurs effets n’existent pas. »

 

Savoir avouer : je ne sais pas, douter, est pour moi un gage important de crédibilité. 

« L’agriculture moderne vit à crédit, elle consomme plus de richesses qu’elle n’en produit. Le système n’est plus pérenne et des voyants rouges s’allument un peu partout sur la planète » Emmanuel Bourguignon

Je vous propose de découvrir sa réponse à la question : « Diriez-vous qu’à long terme, la viticulture biodynamique (ou agrobiologique) est l’avenir de la viticulture biologique au sens « bruxellois » du terme ? »

 

« Je dirais qu’il faut d’abord la volonté de retrouver une agriculture (viticulture incluse) capable d’être plus en équilibre avec l’environnement dans lequel elle est pratiquée, une agriculture capable de retrouver une diversité de cultures, de variétés végétales, de races animales et une biodiversité « sauvage », une agriculture générant moins de déchets avec un meilleur recyclage du carbone tout en diminuant les apports externes de fertilisant, une agriculture moins vectrice de pathogènes et moins consommatrice d’énergies fossiles et de pesticides, une agriculture qui en plus de protéger les sols les améliore aussi… Tous ces éléments devront absolument être mis en place pour retrouver une agriculture pérenne. Là, les politiques, Bruxelles, ont beaucoup à faire pour permettre une démocratisation de ces modèles et entamer un réel changement de cap dans le modèle agricole à l’échelle européenne. Cela passera forcément par une diminution des pouvoirs des multinationales de l’agro-industrie, mais vu les enjeux financiers, cela s’annonce très compliqué. L’agriculture était par définition la seule activité humaine capable de générer plus de richesses qu’elle n’en consommait (production basée sur la photosynthèse donc l’énergie solaire, gratuite). Cette agriculture-là augmentait la fertilité des sols, assurait un tissu social important dans les campagnes. Aujourd’hui l’agriculture moderne vit à crédit, elle consomme plus de richesses (énergies fossiles, destruction des sols) qu’elle n’en produit. Le système n’est plus pérenne et les voyants rouges s’allument un peu partout sur la planète. »

 

Retour en arrière ?

 

« Il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais plus exactement de retrouver une viticulture/agriculture qui travaille avec le vivant et non contre… »

 

La suite et l’ensemble de ce point de vue sont à lire dans le n°3 de Thinkovery 15€ chez votre libraire ou maison de la presse.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

olivier de moor 14/05/2015 09:49

Ce problème pour moi est simplement le plus important de notre métier.

Je pense que nous ne en rendons pas assez compte. Et que nos réponses et nos réactions sont en dessous de notre responsabilité.

La viticulture pourrait être un problème secondaire, puisque toute l'agriculture est concernée. Cependant le vin n'est pas indispensable à notre existence. Même si je pense que nous en avons besoin pour nous relier. Le vin de façon symbolique en apparence non vital, en absence dépourvu de première nécessité, de luxe, est un laboratoire d'adaptation aux enjeux d'avenir.

C'est à nous de trouver des solutions, et si nécessaire de rompre les chaines qui bloquent notre évolution.

Puisque nous nous sommes affrontés sur la dégustation, Jean-Yves m'a transmis un billet de M. Bettane :

http://www.mybettanedesseauve.fr/tradition-vs-innovation. Je suis en accord sur toute la ligne de ce qui est écrit.

L'AOC dès le début marque un tournant. Limite autant les abus, que le pouvoir d'adaptation.
Elle fige une image du vin, en nous faisans croire que l'histoire est dite. La géographie définitive. Et déjà sans seulement penser le "progrès" des moyens techniques perceptibles dans les années 30.

Je pense de plus en plus que l'AOC nous a dépossédé de ce qui constitue l'essentiel, notre raison d'être à savoir être des paysans agronomes, où nos gestes, nos actions, notre travail ont une logique sur notre lieu de vie. La logique actuelle me dépasse de plus en plus.
L'AOC a permis d'aider au commerce. A la richesse de certaines régions, de certains espaces. Mais "ces ruées vers l'or "ont donné des zones géographiques occupées à 100 % par la vigne. Un non sens agronomique.

Et dernièrement on en a remis une couche de bêtise définissant par exemple jusqu'à la hauteur permise des "mauvaises" herbes, la quantité permise de hauteur de feuillage d'apparence sein. Et tout cela avec l'hypocrisie du contrôle selon de l'individu.

Pourquoi ? Quelle était la vraie destination de tout cela ? Sa vraie justification pratique est commerciale ?

Bien avant ces histoires d'AOC, il faut simplement considérer la culture de la vigne. Chercher dans Dion, Jullien, Guyot, et bien d'autres. Et se rendre compte qu'à chaque crise, il y a obligation de réaction sur les moyens mis en oeuvre.

Dans ce village ou j'habite il n'a pas si longtemps le cépage SACY était majoritaire, et auparavant il y avait suivant les lieux, du Beaunois, du Morillon, du Pinot complanté au début XIX avec du Plant vert, des lombards en sommet de plateau, et encore avant quoi du Chenin(?) ramené par les moines de Tours fuyant les Viking ?

Donc le premier hic c'est qu'on a marqué Chardonnay considérant la seule photo post-phylloxérique.
C'était peut-être la bonne solution. Sauf que déjà les vignerons passaient leur temps à sulfater à dos.
Je ne parle bien entendu que du cépage. Mais ce verrou en est un parmi tout ceux du CDC de nos AOC. mais c'est là. Avec ses conséquences. Un dogme.

Le premier dogme c'est le cépage.

Denis Boireau 14/05/2015 05:29

@ Luc: si tu lis bien la reponse de Bourguignon-Jr, la biody et l'agrobio respondent en tous points a ce qu'il demande de la viticulture et de l'agriculture du futur. Donc sa reponse est oui, mais il ne voulait certainement pas limiter sa reponse a ces seules voies.

Reggio 13/05/2015 19:10

Oui, Jaques, vous pourriez arrêter d'écrire ces chroniques passionnantes qu'on est bien obligé de lire chaque jour...C'est fatigant, quoi, à la fin...

bizot 13/05/2015 19:05

" Il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais plus exactement de retrouver une viticulture/agriculture qui travaille avec le vivant et non contre".

La question du futur de l'agriculture est toujours perçue sous cet angle : d'un côté le modernisme, de l'autre un retour en arrière. Quel retour en arrière ? A la fin du XIX, il est faux de dire que les producteurs - et surtout la viticulture confrontée à de nouvelles maladies- font du bio sans le savoir. Ils initient une démarche tout à fait nouvelle pour l'époque qui est de traiter pour produire. Le "bio" en revanche est une approche tout à fait moderne. Passer en bio, ce n'est pas faire un bond 100 ans en arrière. C'est simplement proposer une solution alternative au chimique. Non au traitement.
La question est ici bien posée : comment travailler avec le vivant plutôt que contre ? Comment parvenir à se passer de traitement ? Ce changement d'attitude est la clef du futur pour la production viticole en particulier, production tout à fait subsidiaire. Pour le reste de l'agriculture, je ne m'engage pas.
Maintenant, cette évolution passe par de la recherche, du développement, certainement du matériel. Un autre modèle agricole, qui nécessite des investissements à tous ces niveaux. Rien de bien nouveau sous le soleil, et vu sous cette angle, ce système est tout à fait de notre époque.

seb fleuret 13/05/2015 13:42

une excellente revue, le numéro précédent consacré à l'homéopathie (et par extension à la mémoire de l'eau et à des principes mobilisés en biodynamie) est un modèle de synthèse d'un débat scientifique.

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