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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 06:00
Je relisais ce magnifique livre recette de cuisine de Proust à la recherche du Pain Perdu avant de d’écrire sur la passion des Cotretis* et du champagne que Diderot n’a jamais caché

Dieu bénisse les attaché(e)s de presse et de communication qui distribuent la bonne parole lors de voyage ou de déjeuner de presse. Ça s’appelle un dossier de presse et sous forme électronique ça se copie-colle aisément avec parfois de petits arrangements pour se distinguer de la concurrence flémarde.

 

Imaginez un seul instant la tête de celle ou celui chargé du compte Twitter d’un ex-président de la République qui, à l'occasion d'un meeting le 11 mai à Pavillons-sous-Bois (en Seine-Saint-Denis), a diffusé l’intégralité du discours du chef en mettant en exergue son immense culture. Normal, son discours portait sur notre Éducation Nationale :

 

"Je relisais ce magnifique livre de Victor Hugo, 1793. L'école fut la 1ere décision dans la République." #NSpavillons #LesRépublicains

 

Nouvelle bourde littéraire qui a fait la joie des internautes mais qui a du valoir au pauvre nègre une avoinée de première. 

 

Pathétique Nicolas… même ses "nègres" sont incultes… https://twitter.com/Maitre_Eolas/status/597837462396874753 

 

Hingant Anne-Laure @Alhingant

Je relisais ce magnifique livre recette de cuisine de Proust a la recherche du Pain Perdu ‪#‎TweeteCommeSarko

 

Marc Hillman @HillmanMarc

Je relisais ce magnifique livre d'Alfred de Musset "On ne badine pas avec Zemmour" #TweeteCommeSarko

 

ciboulette @Bref_je_tweet

Je relisais ce magnifique livre de Gustave Flaubert : "Madame Balkany"

#TweetecommeSarko

 

Effet d’aubaine que ce périple littéraire alors que je m’intéressais à Diderot à table

 

« S’il est probable que la vie « sédentaire » de Diderot (c’est le lot de tout écrivain) joua un rôle dans le délitement progressif de son organisme, il en va différemment de ses indigestions passagères dont les causes sont plus occasionnelles. Elles sont souvent dues à une façon de manger désordonnée, comme sous l’effet d’une fringale hypoglycémique, mais elles tiennent fréquemment aussi à une passion du vin que Diderot n’a jamais cachée. C’est même le seul goût qu’il avoue expressément, et à chaque fois qu’il évoque une « débauche de table », on peut être sûr qu’il y a du vin à la clef : « Ô ! La bonne chose pour la santé qu’une débauche de vin », déclare-t-il à Sophie, ce qui, en vérité, est loin de se vérifier toujours. Ainsi du fatal conseil de son ami Damilaville, qui se risqua à lui recommander du vin blanc pour soigner un rhume de cerveau et des courbatures :

 

Dimanche passé, Damilaville me persuada qu’il fallait guérir tout cela avec du vin de champagne et de la bonne compagnie. Son remède me plut. J’acceptai. Lundi donc, le ventre à table, le dos au feu, je causai, je plaisantai, je bus, je mangeai, depuis une heure jusqu’à dix du soir. La nuit du lundi au mardi a été affreuse. J’ai cru que je mourrais.

 

Le bon vin n’en reste pas moins une tentation constante. Aussi Naigeon a-t-il recours à cet argument décisif pour convaincre Diderot de venir déjeuner chez lui:

 

Tous sont avertis et se rendront à onze heures dans mon réduit. Cotretis* et champagne se boiront et affecteront délicieusement les papilles nerveuses qui couvrent la surface de votre langue et tapissent votre palais. Vos amis se font une fête de célébrer avec vous ces divines orgies.

 

* Cotretis = côte-rôtie

 

« En plus de l’expérience gustative insurpassable que représente le vin pour Diderot, c’est aussi le caractère célébratif des « divines orgies » (selon l’expression de Naigeon) qui se révèle pour lui irrésistible. Même lorsqu’il est mal en point, il ne peut se refuser à l’appel d’une joyeuse compagnie et de la franche gaieté. Le vin suscite, en effet, une euphorie et un enthousiasme qui font, de son point de vue, tout le bonheur de la vie et qui sont propres aux réconciliations. « Nous ne parlerons point du passé, et nous boirons du bon vin », promet-il à sa sœur après une longue série d’orages domestiques. »

 

Extrait de La gourmandise et la faim Histoire et symbolique de l’aliment (1730-1830) Jean-Claude Bonnet.

 

Pas besoin ni d’un voyage ou d’un déjeuner de presse pour relire ce magnifique livre de recettes de cuisine de Proust à la recherche du Pain Perdu avant de d’écrire sur la passion des Cotretis* et du champagne que Diderot n’a jamais caché…

 

Je relisais l'Iliad, de Xavier Niel

Je relisais ce magnifique livre recette de cuisine de Proust à la recherche du Pain Perdu avant de d’écrire sur la passion des Cotretis* et du champagne que Diderot n’a jamais caché

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

patrick axelroud 14/05/2015 07:01

N'oublions pas le merveilleux portait d'Anna Karamazov ce tableau peint par l'excellent Camille sans sens !

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