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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 00:09
Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !

C’est plus classe que de lui balancer « occupe-toi de tes fesses ! » puisqu’en argot, les « oignons » désignent les fesses.

 

Et je ne vous demande pas de vous mettre en rangs d'oignons, expression qui n'a pas grand-chose à voir avec les rangées d'oignons du jardin. Elle est du cru du baron d'Oignon, maître de cérémonie à la cour des Valois, avait l'habitude de crier, lorsqu'il assignait leur place aux seigneurs : « Messieurs, serrez vos rangs ». Entre eux, les seigneurs se moquaient des rangs d'Oignon.

Peter Glazebrook présente son oignon géant durant le "Autumn flower show" à Harrogate (Royaume-Uni),

Peter Glazebrook présente son oignon géant durant le "Autumn flower show" à Harrogate (Royaume-Uni),

Oignon ou ognon

 

Le terme « ognon » est apparu dans la langue française en 1273. La forme définitive, « oignon », apparaîtra au XIVe siècle. Le mot vient du latin populaire unio, unionis qui, en Gaule, a éliminé caepa (d'où viennent « cive », « ciboule », « civette », « ciboulette »), mot employé jusque-là pour décrire ce légume.

 

Pourquoi unio? Tout simplement parce que l'oignon est l'une des rares alliacées dont le bulbe ne se divise pas (on parle ici de l'oignon dans le sens étroit du terme, ce qui exclut l'échalote) et est donc uni.

 

Selon la nouvelle nomenclature botanique, les plantes du genre Allium appartiennent désormais à la famille des alliacées, même si on les trouve encore parfois classées comme liliacées ou amaryllidacées.

 

« Bien qu'on n'ait pas trouvé l'ancêtre sauvage de l'oignon, son premier centre de domestication pourrait être le sud-ouest asiatique. C'est d’ailleurs certainement l'un des légumes les plus anciennement cultivés. On en fait mention dans des textes de l’Égypte antique datant de plus de 4 000 ans, ainsi que dans la Bible où l'on rapporte que, durant leur exode (1 500 ans avant notre ère), les Hébreux pleuraient son absence, de même que celle de l'ail et du poireau. En Grèce et à Rome, on en cultivait déjà de nombreuses variétés. Les Romains lui consacraient même des jardins particuliers, les cepinae.

 

Malgré tout, même si on en cultivait déjà quelques variétés au IXe siècle, l'oignon ne sera vraiment populaire en Europe qu'au Moyen Âge. Ce sera l'une des premières plantes européennes à être cultivées en Amérique, d'abord dans les Caraïbes, où Christophe Colomb l'y introduira. Au XVIIe siècle, il est établi dans le nord des États-Unis de même qu'au Canada, où il est cultivé tant par les colons que par les Amérindiens. Les Européens l'introduiront dans l'est de l'Asie au XIXe siècle bien que, dans ces régions, on préfère toujours consommer les nombreuses espèces indigènes qui lui sont apparentées. Aujourd'hui, on le produit dans toutes les régions tempérées du globe et des essais visant à l'implanter dans les régions semi-désertiques sont en cours. »

 

Mais revenons à l’expression s’occuper de ses oignons.

 

Du côté des étasuniens on trouve l'expression « know your onions » connaître ses oignons. Cette locution née dans les années 1920 faisait référence aux nombreuses variétés d'oignons que l'on cultivait à cette époque aux Etats-Unis, et qui rendait l'identification des espèces difficile. "Connaître ses oignons" signifiait donc savoir quelles étaient les espèces cultivées, et par extension, tout connaître sur un sujet. « S'occuper de ses oignons » voudrait donc dire « se mêler seulement de ce qu'on connaît ».

 

Au XIXe l'oigne, apocope d’oignon, désignait en argot aussi bien l'anus ou le cul que les pieds. L'expression « se le mettre dans l'oigne » voulait d'ailleurs dire mépriser.

 

Dans le centre de la France, c’était une marque d'indépendance des femmes, leur droit de cultiver un coin de jardin où elles faisaient pousser des oignons avant d'aller les vendre sur le marché pour se faire un peu d'argent de poche. Il était donc courant d'entendre les hommes dire aux femmes qui voulaient imprudemment se mêler de leurs affaires « occupe-toi de tes oignons » ou bien « ce n'est pas tes oignons ».

 

Toujours à propos d'oignon lorsqu’il désigne le postérieur, on peut tenter de remettre au goût du jour une expression complètement oubliée de la première moitié du siècle dernier qui pourrait avantageusement remplacer les très usuels avoir du cul, du bol ou de la chance par : « avoir l'oignon qui décalotte ».

 

« Arrivé à son étage, le second, il avait d'ailleurs réussi à se persuader que la psychologie de Pradonet, c'était pas ses oignons, non plus que celle de son hôtesse. »

 

Raymond Queneau - Pierrot mon ami

 

« J't'ai déjà répondu que j'avais assez de mal à m'occuper de mes oignons, sans aller m'amuser à jardiner les salades de mon voisin »

 

Mais hormis le mystère de l’origine de la soupe à l’oignon servie au lit dans un pot de chambre au petit matin de la nuit de noces aux mariés en Vendée bien sûr, la grande question avec les oignons c’est : pourquoi font-ils pleurer ?

 

« Parce qu’on trouve dans l’ail et l’oignon des dérivés soufrés contenant des acides aminés. Ils donnent à l’oignon son goût délicieux mais, quand on coupe un oignon, un de leurs composés, le S-1-propenyl-cystéine-sulfoxyde, est cassé par une enzyme pour donner du propanthial S-oxyde, qui est volatil et irritant. C’est lui qui fait pleurer.

 

Au contact de l’eau – en l’occurrence vos yeux –, ce composé s’hydrolyse an propanol, acide sulfurique et sulfure d’hydrogène. L’œil tente de diluer l’acide en produisant des larmes. Pour empêcher cet effet désagréable, vous pouvez soit arrêter de manger des oignons, soit mettre des lunettes quand vous les coupez, soit les couper sous l’eau, ou du moins, les garder bien humides. »

 

Bern Eggen dans Pourquoi les manchots n’ont pas froid aux pieds (réponses aux lecteurs de New Scientist)

 

Michel Thuriaux suggère de tenir un morceau de sucre entre ses dents, pour absorber la substance irritante. Un allumette marche très bien aussi.

 

Pour finir florilège de vin Pelure d'oignon à déguster en écoutant Les Oignons de Sidney Bechet

Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !
Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !
Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !
Ne pleure pas Jeannette t’auras ta « Pelure d’oignon » vieillie en fût de chêne à Beaune mais occupe-toi de tes oignons !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

patrick axelroud 25/03/2015 10:49

Voila une longue détaillée et instructive chronique qui ne souffrira aucune critique sinon, gare aux gnons !

jp glorieux 25/03/2015 02:26

My favourite song >>> https://www.youtube.com/watch?v=A-gqu7pcFqQ

premiers slows, premiers émois et .....quelques râteaux aussi !

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