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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 00:09
Conseils d’un vieux schnock à de jeunes cons « la prohibition valait mieux que l’absence totale d’alcool »

Le vieux schnock en question ce n’est pas moi, et les jeunes cons sont étasuniens, des étudiants fraîchement diplômés de l’Université devant lesquels Kurt Vonnegut, disparu en 2007, le vieux schnock en question, prononçait des discours lors des cérémonies de remise de diplômes. « À l’écrit comme à l’oral, Vonnegut usait de mots directs et de phrases franches, ceux et celles que les gens pensaient mais ne disaient pas, des idées qui exprimaient des sentiments profonds, qui démontaient les préconceptions et vous faisaient voir les choses sous un autre angle» note dans la postface l’écrivain Dan Wakefield, ami de longue date également originaire d’Indianapolis. Chaleur taquine, dérision imprègnent le recueil de 9 discours « Elle est pas belle, la vie ? Conseils d’un vieux schnock à de jeunes cons » traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Guillaume-Jean Milan. Denoël, 180 pp., 15 €. La simplicité bonhomme et une franchise étonnante faisait de Kurt Vonnegut l’un des orateurs les plus demandés pour les cérémonies de remise de diplômes en Amérique.

Conseils d’un vieux schnock à de jeunes cons « la prohibition valait mieux que l’absence totale d’alcool »

Je vous livre mes soulignés, crayon de papier bien sûr, de lecture…

 

« Quand j’étais petit, à Indianapolis, il y avait un humoriste du nom de Kin Hubbard. Il écrivait chaque jour un petit billet pour The Indianapolis News. Indianapolis a grand besoin d’humoristes. Souvent de type était aussi spirituel qu’Oscar Wilde. Un jour il a dit, par exemple, que la prohibition valait mieux que l’absence totale d’alcool»

 

« Des années durant j’ai cherché la meilleure blague du monde. Je crois l’avoir trouvée. Je vais vous la raconter, mais il va falloir m’aider. Vous devrez dire « Non » quand je lèverai la main comme ça. D’accord ? Ne me laissez pas tomber.

Vous savez pourquoi la crème est incroyablement plus chère que le lait ?

LE PUBLIC : Non.

Parce que les vaches détestent s’accroupir sur des petits pots.

Voilà la meilleure blague que je connaisse. »

 

« Qu’attendent les gens légèrement plus vieux des gens légèrement plus jeunes ? Qu’on leur reconnaisse le mérite d’avoir survécu si longtemps, et souvent, on peut l’imaginer, dans des conditions difficiles. Les gens légèrement plus jeunes rechignent incroyablement à leur accorder cela. »

 

« … vous avez passé la majeure partie des seize dernières années, ou plus, à apprendre à lire et à écrire… Il est terriblement difficile d’apprendre à lire et à écrire. Ce n’est tout simplement jamais fini… »

 

« Deux sujets essentiels demeurent néanmoins à traiter : la solitude et l’ennui. Quel que soit l’âge que nous avons aujourd’hui, nous nous ennuierons et nous sentirons seuls pour ce qui nous reste à vivre. »

 

 

« … la haine bat la cocaïne à plate couture.

C’est grâce à la haine, rien de plus, que Hitler a fait renaître une nation éreintée, en faillite et à moitié affamée. Vous imaginez. »

 

Kin Hubbard à nouveau :

 

« Il n’y a pas de honte à être pauvre… mais un peu quand même. »

 

« Personnellement, j’ai un beau-fils qui a été avalé par son ordinateur. Il a disparu dedans et je ne sais pas si nous pourrons l’en sortir un jour. En plus il a femme et enfants ! »

 

« William Ross Wallace : « La main qui balance le berceau dirige le monde. »

Et de grâce éloignez-moi cet enfant des ordinateurs, de la télé, à moins que vous ne vouliez en faire un imbécile solitaire qui vous pique l’argent dans votre porte-monnaie pour s’acheter du matériel.

Ne renoncez pas aux livres. Ils sont si agréables – ce poids amical. »

 

Question posée à Joe Heller auteur de Catch 22 lors d’une fête chez un multimillionnaire à Long Island : « Joe, quel effet ça te fait de voir que dans la seule journée d’hier notre amphitryon a sans doute gagné davantage que ce Catch 22, l’un des livres les plus célèbres de tous les temps, a rapporté dans le monde entier durant les quarante dernières années ? »

Joe a répondu : « J’ai quelque chose qu’il ne pourra jamais avoir. »

J’ai répliqué : « Quoi donc, Joe ? »

Il a rétorqué : « La conscience d’en avoir assez. »

 

Mark Twain, au terme d’une vie riche de sens, se demanda pourquoi nous vivions tous ?

Il trouva six mots pour le satisfaire : « Faire bonne impression à nos voisins. »

 

« … le pouvoir nous corrompt, et que le pouvoir absolu nous corrompt absolument. Les êtres humains sont des chimpanzés qui se soûlent de pouvoir à en devenir fous. »

 

« Le formidable écrivain Albert Murray, qui fut historien de jazz entre autres choses, m’a énoncé une atrocité, durant l’esclavage, dans notre pays même, dont nous ne nous remettrons jamais : le taux de suicide par habitant était nettement supérieur chez les propriétaires d’esclaves que chez les esclaves.

Selon Al Murray c’est parce que les esclaves savaient gérer la dépression, contrairement à leurs propriétaires blancs. Ils jouaient du blues. »

 

Bertrand Russell disait que la planète était « l’asile d’aliénés de l’univers. »

 

« Les Arabes ont aussi inventé les chiffres qu’on utilise, dont un symbole pour le zéro, ce que personne d’autre n’avait fait jusque-là.

Vous pensez que les Arabes sont stupides ? Essayez-donc de faire une division avec des chiffres romains ? »

 

« Nous diffusons la démocratie n’est-ce pas ?

De la même façon que les explorateurs européens ont apporté le christianisme aux Indiens, qu’on appelle désormais « Amérindiens ». Ce qui me rappelle l’histoire de ces Espagnols qui s’apprêtaient à brûler vif un Amérindien parce qu’il s’était énervé. Il fut conduit au bûcher à coups de fouet, en guise de divertissement, et un Espagnol attacha une croix au bout d’un long bâton, qu’il souleva pour que l’Amérindien puisse l’embrasser.

L’Amérindien demanda pourquoi il devait l’embrasser, l’espagnol lui répondit qu’il irait au paradis s’il le faisait. Et l’Amérindien demanda s’il y avait des Espagnols au paradis. On lui répondit qu’il y en avait, et l’Amérindien dit qu’il n’irait jamais.

Quel ingrat, quand même ! Quels ingrats ces habitants de Bagdad ! »

 

« Je connais des diplômés de Yale, de la haute société, qui parlent et écrivent comme un pied. »

 

« Nous vivons à une époque où les gens ne s’excusent jamais de quoi que soit. Ils pleurent et piquent une crise… »

 

« Je m’excuse pour ce désastre qu’est aujourd’hui la planète. Mais elle a toujours été un désastre. Il n’y a jamais eu de « bon vieux temps », il y a seulement du temps. Et comme je le dis à mes petits-enfants : « Pas la peine de me regarder, moi-même je viens d’arriver. »

 

« J’ai engagé un de mes voisins – il était bricoleur – pour ajouter un « L » à ma maison, où je pourrais écrire. Il a tout fait de A à Z – il a construit les fondations, puis les murs et le toit. Il a tout fait lui-même. Et quand tout a été fini, il a fait quelques pas en arrière et dit : « Mais comment ai-je pu faire ça ? On l’a fait ! Elle pas belle la vie ? »

 

L’oncle Alex Vonnegut, un courtier d’assurances « m’a dit que quand les choses allaient vraiment très bien, il fallait toujours le constater. Il parlait d’occasions très simples, pas de grandes victoires. Boire de la citronnade à l’ombre d’un arbre, sentir les effluves d’une boulangerie, pêcher ou écouter de la musique venant d’une salle de concert tandis qu’on est dehors dans le noir ou, si je puis me le permettre, après un baiser. Il m’a dit qu’il était important dans pareilles circonstances de dire à voix haute: « Elle est pas belle, la vie ? »

Conseils d’un vieux schnock à de jeunes cons « la prohibition valait mieux que l’absence totale d’alcool »

Biographie de Kurt Vonnegut 

 

Extraits

 

« Kurt Vonnegut était une conscience. Le porte-parole de la contre-culture née du désarroi d'une génération que l'on disait volontiers "perdue" ainsi que du rejet de la guerre du Vietnam - son premier chef-d’œuvre, l'extraordinaire Abattoir 5, fut publié en 1969 et resta trois ans en tête des listes de meilleures ventes! 

 

« Avec une tornade de cheveux roux et bouclés sur la tête, ses longues moustaches en broussaille, son jean trop large et ses bretelles de fermier, Kurt Vonnegut faisait irrésistiblement penser à un épouvantail. Ou à un clochard céleste, tout droit sorti d'un roman de son copain Kerouac. Il allait et venait pieds nus, et son grand corps décharné tremblait dès qu'il allumait ses cigarettes, l'une après l'autre. Il avait l'air égaré. Parlait peu - ou seulement par aphorismes géniaux, entre deux larges rasades de vodka-orange: « On est ce qu'on fait semblant d'être, aussi faut-il faire très attention à ce qu'on fait semblant d'être ». Ecrivait moins encore, conscient que son oeuvre parlait déjà pour lui. Il a fallu que l'Amérique, ce pays qu'il adorait, tombe bien bas pour qu'il sorte de sa retraite et publie, en 2005, son dernier livre, Un homme sans patrie, bombe anti-Bush d'une virulence et d'un comique plutôt revigorants - et encore une fois best-seller aux Etats-Unis: « Non, je ne me présente pas à la présidence, même si je sais, moi, qu'une phrase doit avoir, pour être complète, un sujet et un verbe. » L'Amérique lettrée, celle qui pense par elle-même et le plus souvent contre elle-même perd un de ses héros. Et les lecteurs, un de leurs amis. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Olivier Borneuf 24/03/2015 09:28

Je fonce l'acheter ! Merci Jacques

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