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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, NKM à Sarkozy : « Tu devrais manger du porc, ça rend plus aimable » et t’en fait pas Nicolas on s’en souviendra de ton ni-ni

La solitude est un cercueil de verre, je ne sais pourquoi le titre du livre de Ray Bradbury est venu de suite roder dans ma tête dès l’annonce du crash de l’A320. Intuition que cette descente programmée, froide, inexorable, avait pour origine la main d’un homme enfermé dans sa prison intime. Les psys, jamais en reste d’explications, parlent de « suicide altruiste » qui ne relève d’aucun schéma rationnel, mais de ressorts psychologiques bien particuliers. « Au cours d’un tel acte, la personne est envahie par une idée – de ruine, de menace, de culpabilité… Alors, elle ne voit pas d’autre solution que de programmer sa mort et celle de son entourage. Elle ne réalise pas, sur l’instant, le drame humain que peut représenter la mort de 150 personnes. Il y a une perte des échelles de valeur. ». L’ex-petite amie trouble un peu le panorama clinique en déclarant que le copilote lui aurait dit « Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra ». Exister, marquer d’une empreinte indélébile son passage sur terre, se cacher, donner le change aux autres et puis aller jusqu’au bout de son choix sanglant : s’immoler ! « On retrouve cela dans des suicides altruistes où des parents décrits comme aimants tuent leurs enfants… ». 8 minutes dans le poste de pilotage, être le seul maître à bord après Dieu, le point final d’un rêve déçu, spectaculaire, demain le monde entier saura, et tel est le cas. Puissance posthume, radicale, pouvoir absolu, ça n’a pas de sens sauf pour ce garçon qui n’aurait jamais dû s’asseoir là où il était. Les troubles psychologiques et physiques sont très probablement sous-estimés. « La médecine aéronautique est une médecine vétérinaire ! Comme l’animal, le patient ne dit rien. Il a peur qu’on lui retire sa licence. Il n’existe aucune catégorie de personnes qui explique aller aussi bien ! » Si Andreas Lubitz «a fait ça», «c’est parce qu’il a compris qu’à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme commandant de bord et comme pilote de long courrier était pratiquement impossible» Puzzle humain indéchiffrable, se mettre dans la peau de… mission impossible… sauf pour le romancier.

 

Écrire !

 

Comment entrer en écriture ?

 

« Venice, Californie, avait autrefois de quoi plaire à ceux qui aiment être tristes : du brouillard à peu près tous les soirs, et le grondement des installations de forage au long de la côte, et le clapotis de l’eau noire dans les canaux, et le crissement du sable contre les fenêtres quand le vent se levait et chantait sur les aires dégagées et les promenades désertes. »

 

C’est la première phrase, le premier paragraphe de La solitude est un cercueil de verre publié en 1985 sous le titre original Death is a lonely Business par Ray Bradbury qui, dans ce roman, ne maîtrisait pas forcément tous les codes du roman noir américain mais son humour, sa capacité à créer des ambiances, à restituer ce qui fait le charme d’une énigme policière : dans le vieux tramway rouge, grinçant, le jeune narrateur tête brûlée, romancier en devenir, seul avec un poivrot ivre qui lui souffle «Oh ! La solitude est un cercueil de verre. » avant de disparaître alors qu’en contrebas, dans le canal, un vieil homme se balance, mort, dans une ancienne cage à lion. L’inspecteur Crumley n’a pas d’épaisseur, il flotte tout autant que le narrateur dans un Vénice du bout du bout du monde plein de nostalgie.

 

Dans La solitude est un cercueil de verre Ray Bradbury ne peut se départir de sa plume de romancier, il ne se soumet pas à l’implacable réalisme du roman noir qui noue des intrigues complexes pour mieux les démêler. Lui écrit, car pour lui «l'écriture s'apparente à un noyau de passion enrobé d'une coquille d'intelligence », celle-ci ne devant « servir qu'à s'assurer qu'on ne fait pas de grosses bêtises ». « Dans la vie, comme dans l'écriture, il faut agir par passion : les gens voient que vous êtes honnête et vous pardonnent beaucoup », soulignait Bradbury.

 

Page 25

 

« A l’intérieur m’attendaient :

 

Un studio vide de six sur six contenant un divan élimé, une étagère comprenant quatorze livres et beaucoup d’espace disponible, un fauteuil rembourré acheté au rabais chez Good Will Industries, un bureau en pin brut venu de chez Sears Roebuck et sur lequel trônait une machine à écrire Underwood Standard modèle 1934, non huilée, aussi grosse qu’un piano de concert et aussi bruyante que des sabots dansant des claquettes sur un parquet nu. »

 

Pour entrer en écriture j’ai besoin d’elle, elle me transfuse force et sérénité. Besoin de cette proximité simple, dénuée de tout désir de possession, de domination, de l’attention, de la tendresse, un fil tendu, un équilibre toujours instable, la manque parfois, vivre au présent j’y tiens et je m’y tiens. Le sourire d’Émilie suffit à mon bonheur du jour.

 

Entre les deux tours, le crash inédit de l’Airbus rejette les petits débats misérables au rang de leur médiocrité. J’ai rassemblé ma fine équipe au 50 pour boire et nous buvons. Ducourtioux, toujours aussi prolixe et démonstratif, déroule un raisonnement pour lui imparable : « Puisque l’homme au karcher nous fait le coup du ni-ni prenons en acte et renvoyons lui la réponse en boomerang : entre la Marine et toi nous ne choisirons pas. Nous ne te donnerons pas nos voix puisque d’après toi nous sommes à égalité d’exécration avec elle. Tu seras élu tout de même, mais mal élu, avec la Marine au cul et nous absents… »

 

Et d’enchaîner : « Bien sûr il ne faut pas sous-estimer la force électorale du Front national, il est bien installé dans le paysage politique français. Mais il ne faut pas non plus la surévaluer car c’est le niveau des abstentions qui grossit artificiellement son importance. Dimanche 22 mars, à l’occasion du premier tour des élections départementales, 5,15 millions d’électeurs ont voté pour ses candidats, et cela faisait 9,3% de plus qu’aux élections de 2014, mais la France compte plus de 43 millions d’électeurs. Le Front national reste donc très loin de pouvoir disposer d’une majorité électorale.

 

La droite, au premier tour des élections départementales, a d’ailleurs progressé plus spectaculairement que le Front national puisque les candidats de l’UMP­UDI, rassemblés derrière Nicolas Sarkozy, ont progressé, eux, de 44,2% par rapport à 2014 ; ils sont passés de 5,07 millions à 7,32 millions. Cela montre qu’il y a eu un effet Sarkozy plus fort que l’effet Le Pen.

 

Bien que le Parti socialiste ait subi une déroute le bloc des gauches, lui aussi, a progressé : il est passé de 6,45 millions d’électeurs à 7,48 millions. Cela montre que si le Front national progresse, sa progression reste modérée. Et comme le Front national fait cavalier seul, n’a pas d’alliés et se complaît dans l’isolement, il lui sera difficile de dépasser à la fois la droite et la gauche qui lui feront toujours barrage parce que, sinon, elles se suicideraient politiquement.

 

Voilà pourquoi, si la situation économique et sociale de la France ne s’améliore pas, il lui arrivera sans doute d’enregistrer quelques succès aux élections législatives mais voilà, pourquoi aussi Marine Le Pen ne sera jamais élue président de la République parce que les rejets que ses idées et son programme suscitent seront toujours plus mobilisateurs que les adhésions dont elle bénéficie aux élections intermédiaires grâce à l’effet amplificateur des taux d’abstention. »

 

- Rassurez-vous mes petits loups je ne fais là que relayer l’analyse d’Alain Rollat un bon spécialiste de l’extrême-droite

 

J’approuve et j’ironise « la pilule a du mal à passer pour Longueurs&Pointes, elle doit défendre le « ni-ni » de talonnettes qui, toujours aussi léger et élégant, voyant sa mine déconfite dimanche au soir du premier tour des élections départementales, il n'a pu s'empêcher de la vanner : « Pour te faire retrouver le sourire, je t'annonce que j'ai fixé à 70 le nombre de parrains parlementaires nécessaires pour te présenter à la primaire » Du tac au tac la NKM qui avait tenté de faire abaisser ce seuil de 25 à 10, lui a conseillé de « manger du porc, ça te rendrait plus aimable » Le respect du chef se perd à l’ex-RPR !

 

Je rapporte qu’au Salon du livre, lors de la séance de dédicaces de Juppé, la plupart des dédicataires - et leur file était imposante - lui demandaient, exigeaient et parfois le suppliaient de se présenter à la prochaine élection présidentielle. « À la fois gêné, flatté et amusé, Juppé opinait pour aussitôt brandir la réédition de son Montesquieu. Satisfait, mais prudent. Seulement, quelques dizaines de mètres plus loin, n'échappant pas aux caméras et aux micros des journalistes fouineurs, des militants juppéistes - oui, ça existe, la preuve ! - arpentaient la file d'attente cherchant à obtenir les adresses mail des uns et des autres, « comme ça, nous vous enverrons du matériel de campagne et vous pourrez nous aider ». Le « nous », c'est évidemment d'Alain Juppé dont il s'agit. »

 

En politique, Juppé est un cartésien. Il estime que l’on ne peut pas cogner sur Marine Le Pen, sport pratiqué au quotidien avec obstination, par le Sarko et proposer le ni-ni aux électeurs de la droite républicaine. « La contradiction est trop importante pour être soutenable à moyen et long terme. On ne peut pas prôner l'alliance avec les centristes - condition préalable à une victoire présidentielle - et doubler le FN sur sa droite en prônant la suppression des repas de substitution. Contradiction une fois encore insurmontable dont Sarkozy ne peut plus se relever.

 

Car le maire de Bordeaux est persuadé qu'après un tel déport à la droite de la droite, Sarkozy, plus jamais, n'incarnera le pôle central de la vie politique française. Il ne reviendra pas de cet enfer idéologique parce que les extrêmes droitiers n'abandonneront plus Marine Le Pen et que les républicains du centre, eux, ont perdu à jamais toute confiance en lui. Construction apparemment cohérente. Et Juppé veut se convaincre que, cette fois, la cohérence triomphera. Et puisqu'il l'incarne, cette cohérence... »

 

Nous nous quittons. J’ai acheté une bouteille de Prosecco nature pour Émilie. Il pleut sur Paris.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

patrick axelroud 30/03/2015 06:47

Jusqu'ici on avait NINI Peau de chien à présent, vu la taille, on a Ni Ni Peau de chiot ! Et il aboie le roquet , pour faire croire qu'il existe encore alors que pour son camp c'est plus tôt le chien dans un jeu de quille .

Luc Charlier 29/03/2015 20:01

On l'a dit bien souvent mais ses mimiques évoquent immédiatement celles de de Funès, qu'on regrette, lui. Sur cette photo aussi. Et Mme de Funès vient de nous quitter, à un âge avancé. Elle en avait marre de voir ces copies !

electricien paris 29/03/2015 14:49

Votre blog est une source d'inspitation ! merci pour vos articles.
Patrick.

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