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Vendredi 8 août 2014 5 08 /08 /Août /2014 00:09

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Sur ma flèche d’argent je passe très souvent au flanc de la halle aux vins bardé depuis des années d’échafaudages pour son désamiantage. Ça étonne toujours mes interlocuteurs que je désigne ainsi le campus de Jussieu, la Faculté des Sciences de Paris du doyen Zamansky (voir plus loin, souvenir de mai 68).


Dimanche, à l’écume des pages, je fais une moisson de livres. Parmi eux, un Modiano de 2012 que je n’ai pas lu « L’herbe des nuits »link


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Du Modiano pur jus, à la page 86 je lis :


 « Un portail était entrouvert, qui donnait accès à la halle aux vins, et Aghamouri s’était arrêté devant. 


« Nous pouvons couper par là, me dit-il. Je connais un café, rue Jussieu. Vous n’en avez pas assez de marcher ? »


Je franchis le portail à sa suite pour déboucher sur une grande cour entourée de bâtiments à moitié détruits, comme ceux de l’ancienne halle aux cuirs. Et la même pénombre que sur le terrain vague où je l’attendais tout à l’heure… Là-bas, un lampadaire éclairait d’une lumière blanche des entrepôts encore intacts et qui portaient sur leurs murs  des inscriptions du genre de celles que j’avais remarquées dans les ruines de la halle aux cuirs.


Je m’étais tourné vers Aghamouri :


« Vous permettez ? »


Je sortis de la poche de ma veste mon carnet noir, et je relis aujourd’hui les notes que j’avais prises ce soir-là  d’une écriture rapide tandis que nous marchions vers la rue Jussieu :


Marie Brizard et Roger

Butte de la Gironde

Les Bons Vins algériens

Magasins de la Loire

Libaud, Margerand et Blonde

Préau des eaux-de-vie. Caves de la Roseraie…


« Vous faites ça souvent ? » m’a demandé Aghamouri.

 

Il apparaissait désappointé (…)


« Nous arrivions devant une construction moderne dont le hall était éclairé et qui portait sur son fronton l’inscription : Faculté des Sciences. »


Alors, que voulez-vous, c’est plus fort que moi, je chronique :


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-         La halle aux vins


Les premiers occupants du site où s'élève l'université aujourd'hui étaient les moines de l'abbaye Saint-Victor. Ils cédèrent la place en 1810 aux négociants de la Halle aux vins.


Ceux-ci occupèrent les lieux jusqu'en 1964, date à laquelle ils furent transférés aux entrepôts de Bercy.


« Depuis 1662, il existe une halle aux vins sur le quai Saint-Bernard. La consommation ne cessant d’augmenter dans la capitale, on décide en 1808 de concevoir une nouvelle halle, plus grande et plus moderne. Les plans sont confiés à M. Gaucher, et la construction, débutée en 1811 est achevée aux trois quarts en 1813 (et totalement en 1845). L’édifice occupe une surface de quatorze hectares et est composé de quatorze halles destinées au marché, réparties en deux bâtiments centraux, et un ensemble de 123 celliers en pierre de taille répartis en trois bâtiments, eux-mêmes surmontés de magasins. link » 


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Sur l’emplacement de la Halle aux vins se trouve maintenant le campus de Jussieu, la faculté des sciences construite de 1958 à 1972, inaugurée en 1970 (Paris VII) et en 1971 (Paris VI). Sur l'ancien site a été construit l'Institut du monde arabe inauguré en 1987.


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-         Le Campus de Jussieu


« En 1957 les premiers bâtiments universitaires sont construits le long du quai Saint-Bernard et de la rue Cuvier.


Pour permettre au négoce du vin de continuer quelque temps encore, les architectes eurent l'idée de construire les bâtiments sur pilotis au-dessus des rues de circulation de la halle aux vins.


Mais en 1964 on attend plus de vingt-mille étudiants en sciences ( la génération du " baby-boom" passe son bac).


L'ancienne Sorbonne ne pouvant les accueillir, André Malraux confie alors à l'architecte Edouard Albert le soin de construire rapidement une faculté des sciences à la place des anciens entrepôts. » link


-         Paris Ancien. Jussieu Halle aux vins. Kodachrome 1958.


Cette vue link désormais historique a été prise du dernier étage de la nouvelle fac de la rue Guy de La Brosse, bâtie en toute hâte en 1956, dans l'attente de la démolition de la Halle aux vins, futur site de la Fac de Jussieu.


Alors étudiant en mathématiques générales (avec pour prof' Marc Zamansky link), j'ai même participé à ma première manif' étudiante en criant sur le boulevard St Michel  « Les pinardiers dehors, place à la fac ! ».


-         L'incroyable facture du désamiantage de Jussieu


«C'est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire.» Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes n'a pas mâché ses mots jeudi lors de la présentation du rapport pointant la gabegie de la rénovation du campus de Jussieu (Ve) et intitulé «le campus de Jussieu: les dérives d'une réhabilitation mal conduite». En 87 pages, le rapport dresse le constat accablant de quinze ans d'une incroyable dérive, «tant en termes de délais que de coût». Quelques chiffres pour s'en convaincre: lancé en 1996 pour trois ans et 183 millions d'euros, le chantier ne sera pas achevé avant 2015, soit… dix-neuf ans après son démarrage, pour une facture de 1,8 milliard d'euros… Incroyable. Et aucun garde-fou, à aucun moment, ne semble avoir arrêté ce dérapage. En bref, ni pilote ni arbitre. » link

 

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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 09:30

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J’aurais pu titrer « vos gueules les mouettes ! » mais j’ai préféré faire référence à l’écrivain Maurice Clavel qui le 13 décembre 1971 devait débattre avec Jean Royer maire de Tours dans l’émission « A armes égales ». Un passage où il évoque les relations ambiguës de Georges  Pompidou avec la Résistance est coupé au montage du film introductif. Il considère que c’est de la censure et lance sa célèbre tirade. Pierre VIANSSON-PONTE dans LE MONDE tranche : « Il était d’une rare maladresse de censurer, fût-ce d’un mot, le pourfendeur de la censure ».


Référence outrancière me direz-vous, la réponse est oui car nos petits résistants de salon, à la mode Nossiter, les anars qui bouffent chez Passard, les révolutionnaires en peau de lapin, me gonflent parfois même si j’ai de la sympathie pour certains. J’ai pris le parti de la liberté de plume de Michel Smith et non celui du Tariquet. Bien évidemment je suis au banc des accusés, les procureurs me taxent de vouloir faire du buzz. De la part de certains d’entre-eux c’est plus que risible vu leur constance à aborder des sujets qui se voudraient provocants mais qui sont insignifiants. Moi je me contente d’écrire au fil des jours en regardant la réalité en face, même lorsqu’elle me déplaît, stakhanoviste pour le vieux Gillois, plein de contradictions pour les pioupious du bac à sable : oui et je les assume depuis toujours, et pour ne rien vous cacher ça m’amuse de ne pas me laisser enfermer dans la bonne case. J’ai le cuir très dur et un grand bout de ma vie derrière moi, rien à prouver, rien à vendre…


Bref, je relaie la chronique du jour de Michel Smith :

 

Dictature du goût et devoir d’informer

 

07/08/2014 par Les 5 du Vin      

 

« Ils imposent, dictent, professent, décrètent… et ils indisposent.


Oui, les dictateurs du goût ont la manipulation facile face aux devoirs du journaliste. Bien sûr ce n’est pas le sujet du siècle, mais voilà, il me tient à cœur. Je pensais sincèrement en être débarrassé de ce de débat d’arrière-garde et d’avant-guerre-froide aux relents staliniens nauséabonds. Je croyais bien ne plus les revoir ces petits dictateurs de pacotille qui vous disent comment il faut boire, penser, rire et manger. Que nenni ! Pire que les faiseurs de régimes, ils sont bel et bien là, aussi sournois, vautrés dans leur autosuffisance, drapés de leurs certitudes, aussi présents que les maoïstes en 1968. Et quand ils se collent subitement à vos écrits telles des sangsues sur le mollet, c’est pour ne plus vous lâcher. Facebookiens au long cours, les nouveaux gourous de la toile et du vin réunis sont juges et procureurs à la fois. Leur champ de vision se règle avec des œillères de bourrins qui ne forcent qu’à aller dans une certaine direction. Laquelle ? La leur, celle du «nature», du « bio » pur et dur, celle qui conduit invariablement vers des vins que je connais, que je fréquente, que j’adore et sur lesquels j’écris depuis 30 ans. Qu’à cela ne tienne. Peu leur importe, car leur route passe aussi par le dogme, la pensée toute faite, la vision bien arrêtée. Allez, circulez, y’a rien à voir ! »


La suite ICI : link

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Jeudi 7 août 2014 4 07 /08 /Août /2014 00:09

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Le narrateur dans un roman peut tout se permettre car comme l’écrivait Mark Twain « La réalité dépasse la fiction, car la fiction doit contenir la vraisemblance, mais non pas de la réalité.  »


Ce matin je vous propose 2 courts textes de fiction :


-         le premier tiré du prix Goncourt Les Bienveillantes (lire ma chronique du 16 avril 2007 « âmes sensibles s'abstenir absolument » link


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Le narrateur le Stümbannfhurer Aue, dans la débâcle, réfugié seul dans la maison de son beau-frère, entre ses rêves fous, s'y révèle être un amateur et un connaisseur de Bordeaux.


« Pendant qu'elle cuisinait, je descendis chercher du vin dans la longue cave voutée, poussiéreuse, emplie d'une agréable odeur de terre humide. Il y avait là des centaines de bouteilles, parfois très vieilles, je devais souffler la poussière pour lire les étiquettes, dont certaines étaient entièrement moisies. Je choisis les meilleures bouteilles sans la moindre gêne, ce n'était pas la peine de laisser de tels trésors à Ivan, de toute façon il n'appréciait que la vodka, je trouvai un château margaux 1900 et je pris un ausone de la même année ainsi que, un peu au hasard, un graves, un haut-brion de 1923. Bien plus tard, j'ai compris que c'était une erreur, 1923 ne fut pas vraiment une grande année, j'aurais mieux fait de choisir le 1921, nettement meilleur. J'ouvris le margaux tandis que Käthe servait le repas (...)


« Dans cette lumière chaude et vacillante je voyais et entendais parfaitement notre conversation qui occupait mon esprit tandis que je mangeais et achevais la bouteille de ce bordeaux onctueux opulent, fabuleux (...)


« J'avais terminé le margaux, j'étais légèrement gris, je débouchai le saint-émilion, changeai nos verres, et fis goûter le vin à Von Üxküll. Il regardait l'étiquette. « Je me souviens de cette bouteille. C'est un cardinal romain qui me l'a envoyée. Nous avions eu une longue discussion sur le rôle des Juifs. Il soutenait la très catholique proposition qu'il faut opprimer les Juifs mais les garder comme témoins de la vérité du Christ, position que j'ai toujours trouvé absurde. Je crois d'ailleurs qu'il la défendait plutôt pour le plaisir de la dispute, c'était un jésuite (...)


« Je goûtai enfin le vin : il sentait la girofle rôtie et un peu le café, je le trouvai plus ample que le margaux, doux, rond et exquis (...)


-         le second est l’œuvre d’Olivier Rolin « En révolutions sur le périphérique, Olivier Rolin, trente ans après, raconte à sa jeune passagère les années Mao, quand il était le bras armé de la Gauche prolétarienne. Le «Tigre en papier» n'est pas toujours celui qu'on croit. » link « Le livre dit «tu», apparemment au prétexte de l'adresse à la jeune fille, mais ce «tu» est un «je» superlatif, il s'invective lui-même, comme une manière gourmande de se dire «je», une épreuve de vérité pour visiter un temps où seul le «nous» était de mise. Des années et des années pour se donner le droit de parler d'amour et de beauté. Avec amour et dans une langue de toute beauté. »


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« Une fois, tu te souviens que vous aviez fait une grande réunion, un comité central ou quelque chose comme ça, dans une maison appartenant à une branche de la famille Rothschild. Carrément. La fille, étudiante à Vincennes, était sympathisante de la Cause. C'était du côté de Saint-Cloud, on voyait des golfeurs passer au loin sous des ombrages bleutés, des êtres irréels au fin fond de pelouses avec des massifs de fleurs comme des îles tropicales. Quand il n'est pas haineux, le petit bourgeois est craintif : vous étiez plutôt épatés, impressionnés, craignant de casser quelque chose. Dans vos petits souliers. Mais pas les prolos. Il y avait là Pombalière, Momo Mange-Serrures, Reureu l'Hirsute, la bande d'Issy. Très à l'aise, eux. A leur affaire. Ils avaient fracturé la porte de la cave (Momo tirait son surnom de ses dispositions dans ce domaine) et fauché des dizaines de bouteilles. Des mouton-rothschild, des pétrus, des haut-brion, rien que des bordeaux hors de prix, mais ils n'avaient pas la moindre idée des trésors que c'était. Ils trouvaient que les bouteilles, toutes poussiéreuses, étaient « mal entretenues ». Elles leur salissaient les doigts, à ces délicats... Des richards pareils, ils auraient quand même pu payer quelqu'un pour les épousseter, à leur avis... Ils se doutaient que pour arroser le calendos du matin, ce serait mieux que le Gévéor (ou le Kiravi) en litres étoilés qu'ils s'envoyaient d'habitude, c'est tout. »

 

Château Ausone 1900

« Ne dit-on pas d'un vin qu'il ressemble toujours à son propriétaire ? Cette idée n'a jamais été aussi vraie qu'à Ausone, où l'excellence de la production reflète l'intarissable souci d'exigence d'Alain Vauthier, co-directeur du domaine pendant de nombreuses années et unique propriétaire depuis 1997 » link 


Par JACQUES BERTHOMEAU
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 09:00

Le grand Brel chantait…


Nous étions deux amis et Fanette m'aimait

La plage était déserte et dormait sous juillet

Si elles s'en souviennent les vagues vous diront

Combien pour la Fanette j'ai chanté de chansons (…)

 

Nous étions deux amis et Fanette l'aimait

La place est déserte et pleure sous juillet

Et le soir quelquefois

Quand les vagues s'arrêtent

J'entends comme une voix

J'entends... c'est la Fanette...


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Le président (à droite) et le directeur (à gauche) entourent le cuisinier Cédric Mazenq.

© D. R.

 

 

Comparaison n’est pas raison mais la raison en amour n’est pas souvent de saison. Je suis un grand sentimental et lorsque je lis dans le Midi Libre link « Le jovial président de la coopé, Patrick de Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo, qui la dirige, les accueillent. Les deux hommes sont complices depuis une trentaine d'années. Pourtant, ce n'était pas gagné. Le premier affiche des sympathies royalistes et le second n'a d'yeux que pour José Bové et Daniel Cohn-Bendit ! À des années-lumière l'un de l'autre mais dynamiques et inventifs, ils ont réussi à hisser la coopé au sommet de la hiérarchie des Corbières. » je ne puis m’empêcher de penser au troisième larron : Vincent Pousson qui lui se vivait comme un « hussard »* à la Roger Nimier.


C’est la conjugaison des talents de ces 3 hommes, si différents, qui a hissé la coopé d’Embres&Castelmaure au sommet de la hiérarchie des Corbières. Ne pas le reconnaître serait injuste et malhonnête. L’amitié de Patrick de Hoÿm de Marien et de Vincent Pousson s’est fracassée sur une histoire d’hommes, ce n’est ni le lieu, ni le moment d’en faire ici état. Les thuriféraires de Vincent m’ont accusé de prendre parti et lui-même m’a classé dans les indésirables, ce que je comprends parfaitement.


Le passé ne s’efface pas d’un trait de plume, je suis fidèle en amitié et par-delà les différends, même importants, je ne retourne pas ma veste. Chacun porte ses secrets et ses contradictions, c’est l’intime et il doit être respecté. J’adore l’amer mais je ne supporte guère l’amertume, alors j’ai tourné la page : chacun suit sa route et la vie continue.


Bon vent au « food truck » de la coopé d’Embres&Castelmaure et à Vincent Pousson dans ses nouvelles aventures… 

 

* Les Hussards désignent un courant littéraire français qui, dans les années 1950 et 60, s'opposa aux existentialistes et à la figure de l'intellectuel engagé qu'incarnait Jean-Paul Sartre. Le roman de Roger Nimier Le Hussard bleu a donné son nom au mouvement.

 

Lire ma chronique du vendredi 13 janvier 2012 (Vincent ne tenait pas de blog à cette époque donc ne voyez aucune malice à son égard dans le titre) « Il faut vivre sous le signe d’une désinvolture panique, ne rien prendre au sérieux, tout prendre au tragique… » Bloggeur, n’est pas Nimier qui veux ! link


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 00:09

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Les amateurs de buzz ont twitté à mort, les gausseurs se sont gaussés grave, ils sont prêts à gober n’importe quel fake qui apporte de l’eau à leur petit moulin : pensez-donc qu’une grande marque de champagne se vautrât dans un truc qui fleurait bon la pharmacie, quelle aubaine !


Franchement il faut vraiment être plus con que la moyenne pour mordre à un tel appât. Ne leur en déplaise le champagne reste une AOC, imaginer une seule seconde l’émergence d’un tel procédé relève vraiment d’une inculture incurable. D’ailleurs, il suffisait de surfer sur le site link pour le vérifier.


Mais me direz-vous qui a bien pu fabriquer un tel fake ?


Une agence de création russe Firma link est derrière cette initiative.

 

Mais pourquoi diable imaginer le design d'un produit qui n'existe pas ?

 

Pour faire parler d’elle bien sûr et le coup a réussi !


Je souhaite beaucoup de plaisir au Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) qui mène une enquête pour identifier l'origine exacte de cette fausse publicité. 


« À partir de la deuxième moitié du XXe siècle avec l’avènement de la société du spectacle, la distinction entre le vrai et le fiction, entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, est devenue toujours plus ténue et difficile à définir avec précision. Si en 1967, Guy Debord pointait la télévision comme l’un des principaux responsables de ce phénomène, les choses ne se sont pas améliorées dans les années suivantes, en particulier avec l’avènement de la toile (…) dans les années 90 qui a favorisé l’arrivée du phénomène du « fake », enraciné d’abord dans l’activisme politique et artistique…


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L’expression consacrée par Peter Steiner paru dans le New Yorker du 5 juillet 1993 «On the Internet, nobody knows you're a dog» « Sur Internet, personne ne sait que tu es un chien »). Les premiers usagers du réseau avaient adopté cette pratique de création d’identités fictives derrière lesquelles ils cachaient leur activité online. » Matteo Cremonesi Pr de cybernétique à l’académie de Brera et de Net art à la Nouvelle Académie des Beaux-Arts de Milan.


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Les années 90 virent exploser le phénomène du fake, ou création de fausses narrations capables de générer d’ultérieurs court-circuit dans la distinction entre la réalité et la fiction. Le fake, utilisé comme instrument pour s’infiltrer dans le système, a éclot dans le terrain fertile de l’activisme politique et artistique, est récupéré par des « créateurs » qui veulent se faire un nom en foutant le bordel.


Ils ont réussi !

 

Lire ICI link « Ce baiser n’existe pas. C’est le rêve d’une photographe italienne » 

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 00:09

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Le politically correct exclut toute représentation de nos dirigeants un verre à la main et, plus encore, un cigare au bec comme Churchill ou une cigarette à la main comme de Gaulle pendant qu’il était à Londres.


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Le dernier dirigeant connu qui s’exhiba bourré fut Boris Eltsine.


Nicolas était sobre comme un chameau alors que François ne crache pas sur le jaja mais, comme il fait du scooter, c’est avec modération.

  

Mais revenons à Churchill qui commençait « son dîner par du champagne, et se terminait de même. Il croyait fermement à sa valeur thérapeutique, comme il l'avait d'ailleurs écrit lui-même quarante ans plus tôt. Il y aura donc beaucoup de dégustation jusqu'à la fin du repas. Après quoi le porto arrive, en même temps que le fromage; et puis après, bien sûr, il y a le cognac. Avec tout cela, plus du café et des cigares, Churchill est en mesure de tenir jusqu'à 22 heures.


Pendant toute sa vie Churchill aimera le whisky. Son majordome Norman Mcgowen se souvient : « Une heure après son petit déjeuner je lui servais son premier verre de whisky-soda. Le verre n'était jamais vide pendant la journée mais il buvait très lentement, distrait, un verre suffisait pour deux heures ». Le whisky est dilué avec beaucoup de soda et les glaçons sont fondus.  Après le repas Churchill prend du porto et du brandy. Il n'évite pas le Champagne qu'il aime bien. Winston Churchill boit beaucoup d'alcool. « Pour lui un repas sans vin n'est pas un repas », racontaient ceux qui le connaissaient. Or, personne ne l'a vu ivre.


« Churchill se permet à l'âge de 88 ans un repas à l'hôtel « Savoy » : huîtres et Champagne, ensuite une soupe purée en pois verts et un verre de xérès suivis de filet de flétan à la sauce crémeuse avec du Pouilly-Fuis. Churchill ne dédaigne pas non plus du filet de bœuf Wellington aux carottes et aux pommes de terre avec du Bourgogne. Et comme dessert - une crème brûlée avec un verre de Madère. Il commande encore du fromage Stilton avec du vieux porto. Un cigare et un cognac couronnent ce repas copieux. Avant d'aller se coucher Churchill prend invariablement une tasse de consommé froid. »


Maintenant revenons aux Bourguignons qui n’ont jamais aimé sucer des glaçons en faisant un détour par le Moyen Age via le livre de Eric Birlouez A la table du Moyen Âge 


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« Quel que soit son statut social (seigneur, moine ou paysan) l’homme médiéval consomme beaucoup de vin, particulièrement dans les régions qui en produisent, on estime à un litre par jour minimum, et le plus souvent un litre et demi à deux litres, la consommation moyenne par habitant, c’est-à-dire en comptant les femmes et les enfants. Certes en raison de procédés de vinification peu élaborés, ce breuvage était moins alcoolisé que celui que nous buvons de nos jours (entre 7 et 10° probablement). Pour autant, nombreux étaient ceux qui en consommaient sans modération, y compris (et peut-être surtout) chez les « puissants » : ce fut, entre autres, le cas de Philippe auguste,  de Jean sans Terre ou encore du duc de Bourgogne Charles le téméraire qui, dit-on,  était ivre un jour sur deux. »


Les hommes du Moyen Age ont planté de la vigne partout, y compris en des lieux improbables, en Angleterre et en Ecosse ainsi que les régions de Lille et de Bruxelles. Pourquoi une telle obstination ? « Les importantes surfaces en vigne enregistrées dans le nord de la France et en Europe septentrionale répondaient surtout à la volonté de consommer une boisson fermentée jugée plus prestigieuse que la bière, le cidre ou le poiré. » Les bourgeois aisés des villes désiraient boire « leur vin » ce qui stimula les plantations dans la cité ou aux portes de celle-ci. Enfin, n’oublions que l’eau à cette époque n’était guère potable, l’ajout de vin la purifiait.


Les vins bus en France à cette époque étaient majoritairement blancs, légers et acides. « L’acidité est une saveur très appréciée à cette époque comme en atteste l’emploi très fréquent de verjus. » Cependant, au fil du temps, le statut du vin rouge s’amplifie, mais ce sont des clairets vermeille et léger.


Au Moyen Age les vins étaient servis au cours des réceptions, banquets et festins, apanage des seigneurs et des bourgeois aisés. Ceux-ci avaient une fonction de distinction très marquée « offrir à des invités en grand nombre et de rang social élevé un repas d’exception, où les mets servis sont multiples, variés, abondants, raffinés et si possible spectaculaires, est l’occasion de manifester l’étendue de son pouvoir, de faire étalage de sa richesse, de renforcer son prestige. »


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Ainsi au XVe siècle, la cour de Bourgogne était connue pour son luxueux train de vie et la somptuosité de ses banquets. Le fameux Banquet du Faisan, qui se déroula à  Lille en 17 février 1454, en constitua une sorte d’apothéose. Ce festin n’était rien d’autre qu’un instrument de propagande politique. »


Pourquoi Lille ?


« A l’époque du Banquet du Faisan, Lille est l’une des trois villes où siègent des institutions administratives de l’Etat bourguignon, avec Dijon et Bruxelles. Elle est alors le siège de la Chambre des Comptes de l’Etat bourguignon. Le Banquet se tient dans l’Hôtel de la Salle de Lille »


« Lille est entré dans l’héritage des ducs de Bourgogne par le mariage de Philippe le Hardi (dernier fils du roi de France Jean le Bon) avec la fille du Comte de Flandre Louis de Male. Si Lille relevait du Comté de Flandre, elle n’a jamais été une ville flamande au sens linguistique de ce terme : dès son apparition dans l’Histoire, la frontière linguistique entre parlers romans (issus du latin) et thiois (germaniques) passe à l’ouest de Lille, à peu près le long de la Lys. C’est à Lille que se tinrent deux chapitres (=réunions) de l’Ordre de la Toison d’Or, en 1431 et 1436 ; cet ordre avait fondé à Bruges en 1430 par le duc de Bourgogne lors de son mariage. Par cette fondation qui répond à des préoccupations religieuses, le duc de Bourgogne s’affirme aussi comme l’égal des autres souverains, rois ou autres, fondateurs d’ordres. »


Le vœu du faisan ?


« A cette occasion, des convives émirent le vœu d’aller délivrer Constantinople prise par les Turcs l’année précédente »


Voir le récit détaillé du chroniqueur Matthieu de Coussy link

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Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 00:09

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Dans cette chronique iodée, ventée, je ne listerai pas les idées reçues sur la Bretagne, car Historia et Ouest-France l’ont fait bien mieux que moi avant moi dans un numéro spécial en 2012. Mon entreprise, en plein cœur de l’été, alors que des milliers d’adorateurs du dieu soleil vont s’entasser tels des sardines sur les plages du Sud pour rôtir à point, est bien plus conviviale.


Ma chronique est une dédicace amicale à deux de mes amies, Isabelle et Marie, qui à l’heure où je l’écris séjournent dans le Finistère qui est le bout du monde, le nôtre. En l’écrivant j’écoute les Innocents chanter « L'autre Finistère » puis Bella Ciao par Goran Bregovic.


Comme je les aime beaucoup et que je suis soucieux de leur bien-être j’ai décidé de leur offrir « Le Meilleur de la cuisine bretonne » non pour qu’elles me fissent à l’occasion la cuisine, ce qui constituerait de ma part une sérieuse maladresse eu égard à leur féminisme de bon aloi, mais pour tout bêtement jouer avec les mots.


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Mon titre en est la plus belle preuve puisque la « demoiselle » est le surnom breton donné à la langoustine.


Ça c’est pour l’entrée et le plat de la mer.


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Pour le plat de résistance j’ai choisi le Kig ha farz qui est le « pot-au-feu » breton et bien sûr le plat de la terre.


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En dessert, ce sera les Pommes sautées au chouchen ou la salade de fraises de Plougastel au vin rouge.


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Le chouchen est le nom breton de l’hydromel, une boisson alcoolisée obtenue par la fermentation d miel dans du jus de pomme.


C’est au XVIIIe siècle qu’un explorateur au nom prédestiné, Amédée Antoine Prézier, introduisit en France des plants de fraisiers du Chili et s’installa à Brest. La région de Plougastel, se consacra progressivement à la culture de ce fruit fragile.


Mission accomplie, Marie rentre de Crozon et Isabelle profite du bon air dans le Finistère…


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Bon appétit et large soif à tous…

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 3 août 2014 7 03 /08 /Août /2014 07:00

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Les filles sont formidables, mon bel amour en est l’un des plus beaux spécimens. Alors que nous coulions des jours paisibles, entre deux colères du ciel, la voilà qui revient de chez son coiffeur avec une coupe à damner un saint, frange au raz de ses longs sourcils soulignant ses yeux de biches, sapée comme une amazone, pour me déclarer tout de go que pour aider ma belle amie Claire en plein surrégime dans son resto des Canaux elle avait accepté de faire un extra en soirée pour prendre le relais. Donnant le change je la félicitais pour son nouveau look et son nouvel engagement. La mutine, sûre de son effet, faisait comme si de rien n'était mais, connaissant bien mon mode de fonctionnement, elle se préparait à éponger mes excès sentimentaux. Je suis un amoureux permanent qui tombe amoureux à la moindre perturbation, au plus petit signe d’une belle, ici ma belle, alors sans transition je fonds, j’atteins le point d’ébullition, je m’enflamme, me consume comme de l’étoupe. Capable de tout et de n’importe quoi, je suis à la fois proie et prédateur. Lorsque j’atteins le pic il me faut agir, lever la soupape, alors je mets mes mots au service de mon incandescence. C’est ce que je fis, sans emphase, avec tendresse, comme si ma vie en dépendait. Elle en dépendait d’ailleurs ma vie, mes derniers feux, une dernière portion que je voulais belle et elle l’était. Je n’avais rien à donner tout à offrir. Amour radical, définitif, célébration d’un moment exceptionnel, unique, point de non-retour, je la contemplais extatique. « Je t’aime… » Aussi étrange que ça puisse paraître c’était pour moi une première, un aveu si neuf, si spontané que j’en fus le premier étonné.


Ainsi je passais mes soirées à lire, face au bassin  de la Villette, sirotant des thés glacés, rien que pour le plaisir de la voir apparaître sur le perron, attirant les regards, irradiant tout de sa beauté simple et lumineuse. Plaisir sans cesse renouvelé, j’étais fier et heureux intégré au paysage, partie intégrante d’un écosystème amoureux où mon bel amour s’épanouissait. Tout le monde l’admirait, moi le premier bien sûr ! Je lisais « Viva la vida ! » de Pino Cacucci.


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Frida Kahlo sur Diego Rivera, l’amour de sa vie…

 

« Animal ! Tu as encore son parfum sur toi, crapaud lubrique ! Tu dégages une odeur douceâtre, on dirait du désodorisant pour les chiottes ! Ce devait être une sacrée miss, ta truie de service, pour user d’un parfum aussi ordinaire !  Je préfère mon remugle de cadavre !


Tu es vraiment dégoûtant, Diego… Tu es venu jusqu’à New York sous prétexte de m’assister… et tu t’en vas traîner à baiser à droite à gauche comme d’habitude. Entendons-nous : tu l’as fait toute ta vie, tu ne vas certainement pas changer maintenant. Mais au moins quelques jours de trêve, au moins ne viens pas à l’hôpital avec son odeur sur toi, bon Dieu ! Je me sens insultée quand tu vas avec une pute qui ne vaut pas le prix d’un bouquet de fleurs ! Et maintenant, les fleurs, tu me les apportes à moi… tu es pathétique. »


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Frida Kahlo à sa sœur préférée Cristina


« Et tu disais m’envier… M’envier ? Il ne manquerait plus que ça…Mais regarde-toi : belle, bien portante, pleine de vigueur et mère par-dessus le marché… m’envier moi qui suis un débris (…) j’aurais dû m’en douter.  Quand tu as posé pour lui pour la fresque du Palais national, il t’a peinte avec une telle sensualité… le regard vague, comme si tu venais d’avoir un orgasme… J’aurais dû le comprendre à ce moment-là. C’est comme ça qu’il fait : il peint les femmes comme il les a vues un instant après les avoir fait jouir. »


Frida Kahlo toujours à Diego


« Tu ne changeras jamais et moi, du reste, de quel droit pourrais-je t’obliger à changer ? On n’aime pas quelqu’un pour ce qu’on voudrait qu’il soit, mais pour ce qu’il est.

Je t’aime parce que je t’estime, Diego. Moi seule sais ce que tu vaux. »


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Sa demi-sœur Maria Luisa à son propos


« Toi, ils t’ont ramassée dans une poubelle »


Frida Kahlo sur elle-même


« Mais à quoi me servent des jambes si j’ai des ailes pour voler… »

« Mais à quoi me servent des pieds si j’ai des ailes pour voler… »


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« J’ai dans les veines  du sang de juifs hongrois et du sang d’Indiens tarasques, je suis issue du mélange de gens persécutés et dominés, contraints à la fuite et dispersés, je descends de générations de vaincus jamais soumis qui ont tout perdu hormis le bien le plus précieux : la dignité ! »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 3 août 2014 7 03 /08 /Août /2014 00:09

C’est l’été, le teint hâlé link, les pieds en éventail, le sourire aux lèvres, pour faire plaisir à mes jolies copines je fais mon coming out : oui j’avoue sans honte mon addiction totale au café ; oui, chaque jour que Dieu fait la petite cerise torréfiée me donne du plaisir ; oui sitôt sorti de la ouate du sommeil seul son entêtant parfum me fait monter au ciel ; oui sans sa volupté ma journée serait une morne plaine ; oui je l’aime !


Mais attention aux faux-amis, le Coffea Arabica, nom donné par Linné à la première espèce connue de Caféier, n’est pas originaire de l’Arabie.  Pas plus qu’aucune autre espèce Coffea utilisée de nos jours n’a été trouvé à l’état sauvage en Asie. Toutes ont pour patrie l’Afrique Tropicale.


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Une sultane prenant le café que lui présente une négresse de Carle Van Loo

 

De Candolle dans l’Origine des plantes cultivées indique que le Coffea Arabica aurait été utilisé de temps immémorial en Abyssinie, selon Shehabeddin Ben, auteur d’un manuscrit arabe du XVe siècle. Elle aurait été introduite dans l’Yémen par les conquérants éthiopiens. Cependant nous ignorons si les Abyssins, dans la haute antiquité, récoltaient dans les forêts ou sur des plantes déjà soumises à la culture, le café qu’ils employaient.


En revanche ce que nous savons c’est qu’ils faisaient une décoction du fruit entier, pulpe et graines bouillies ensemble, ou de la pulpe seule. Notre mode de consommation de la boisson préparée avec des graines torréfiées et pulvérisées est d’origine récente.


« D’après une légende arabe, Cheik-Omar, de l’Yémen, réfugié dans les montagnes pour se soustraire à la persécution, en raison de ses idées religieuses, y aurait découvert l’utilisation du café sous forme de décoction de la pulpe du fruit et de la graine.


Selon une autre légende, syrienne celle-là, le prieur d’un monastère ayant été avisé par un berger d’un état de surexcitation particulier des bêtes de son troupeau, en reconnut pour cause la consommation qu’elles faisaient des fruits d’un arbrisseau, dont il fit prendre ensuite  des décoctions à des moines pour les maintenir éveillés pendant les offices de nuit. »


Donc le caféier était inconnu en Arabie et dans les pays voisins de l’Abyssinie, pour preuve les Croisés l’ignorèrent et « le célèbre médecin arabe Ebn Beithar, qui parcourut le nord de l’Afrique et la Syrie, n’en parla pas au début du XIIIe siècle. »


Les Arabes furent les premiers à découvrir le café et avec l’Abyssinie les seuls à pratiquer la culture du Caféier dit « d’Arabie ». Ils en introduisirent la culture à la fin du XVIIe, à Moka, où se centralisa le commerce. Ce sont eux seuls qui approvisionnèrent le marché en graines jusqu’à la fin du XVIIe siècle.


L’arbuste existe encore à l’état sauvage sur les montagnes d’Abyssinie entre 1000 et 2000 mètres d’altitude.


La chaîne de propagation passe par la Perse, l’Égypte, la Syrie… le café pénétra en Europe qu’en 1640 par l’Italie avant de gagner la France via Marseille qui garda pendant longtemps, jusqu’en 1710, le monopole du commerce des fèves. C’est la compagnie de navigation de Saint-Malo qui le rompit en allant s’approvisionner à Moka.


La compagnie des Indes orientales flairant la bonne affaire se livra dès lors au trafic du café en fondant un comptoir à Moka et en essayant de monopoliser le commerce en restreignant la culture à l’Ile de France et à Bourbon.


« Louis XIV dégusta une tasse de café en 1664 ». Son exemple fut suivie mais c’est « vers 1669 qu’un Arménien nommé Pascal établit d’abord à la foire saint6germain, puis quai de l’école, près du Pont-Neuf, à Paris. » qui ouvrit le premier établissement désigné sous le nom de « café », pour la vente de cette boisson ».


Voilà pour l’heure, j’en suis à ma deuxième tasse de café, alors il vous faudra patienter pour savoir comment le Caféier s’est répandu à travers le monde…

 

à suivre grâce à la formidable source qu'est le livre de Désiré Bois Vigne, café, cacao et d'autres plantes à boire...


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 2 août 2014 6 02 /08 /Août /2014 10:30

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Non ce matin je n’ai pas bu, même si hier au soir j’ai fait goûter le champagne Métisse d’Olivier Horiot à Isabelle Adjani lors d’une belle soirée à Table avec mon ami Sébastien Demorand et sa très élégante épouse. J’aurais pu titrer « la vache qui rit m’a tué » pour me moquer des bêtises écrites sur mon mur à propos des écrits sulfureux de notre Michel Smith qui avait osé avouer  qu’il avait dégusté du Tariquet. Les Ignorants sont majoritaires sur Face de Bouc c’est la rançon des réseaux sociaux et, après tout, si ça leur fait du bien d’exprimer leurs pensées moi ça ne me fait pas de mal et j’ai pris la ferme résolution de les laisser braire dans leur bac à sable.


Donc ce matin, soyons pro camarades, informons !


1-      Un bar à vin verra le jour dès septembre dans le service de soins palliatifs du CHU de Clermont-Ferrand, afin d' « égayer le quotidien difficile des patients », nous apprend l'établissement qui assure que cette initiative est « une première » en France.


 

« L'objectif est de réhumaniser la vie des patients en agrémentant leur quotidien et en leur donnant également le plaisir d'offrir et de recevoir », a expliqué la chef de service du Centre de Soins Palliatifs du CHU de Clermont-Ferrand, Virginie Guastella. link et link


 

2-      « Sans levures, pas de vin. Ce sont elles, essentiellement Saccharomyces cerevisiae, qui assurent la fermentation alcoolique du moût de raisin. Beaucoup de viticulteurs rajoutent des levains aux propriétés sélectionnées, mais certains n’en n’ont pas besoin : il y a suffisamment de levures dans le raisin, la cave et les cuves de fermentation même si celles-ci sont nettoyées entre chaque fermentation.


 

Mais un mystère subsiste : d’où viennent les levures présentes dans le raisin, sachant qu’on ne les trouve que dans le raisin mûr, au moment des vendanges, et très peu dans les jeunes baies ? Et comment ces levures, qui apparaissent donc en cours de maturation du raisin, se maintiennent-elles dans l’écosystème d’année en année ? »


...Interview de Jean-Luc Legras, de l’UMR Sciences Pour l'œnologie (1) de l’Inra de Montpellierlink


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La vache qui rit est un fromage français fondu de fabrication industrielle des fromageries Bel. Créée en 1921...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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