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l'espace de liberté

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est
" un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..." Bon appétit ! Diffusez le message autour de vous. 

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La photo du taulier est signée Jim Budd©


 

 

 




 

Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 11:18

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Rien ne m’énerve plus que le spectacle 100 fois rejoué, surjoué, de la classique partie de ping-pong entre les chevaliers à la triste figure, en blouses blanches : ça pause, prohibitionnistes masqués, hygiénistes de pacotille, adeptes de la communication-provocation et les offusqués, les gens du vin d’abord, ceux qui le font qui se sentent agressés, ce que je comprends bien sûr, c’est leur vie et le double langage de la célébration économique et de la stigmatisation leur est insupportable ; mais dans ce groupe se nichent aussi les méprisants, les esthètes, les grands amateurs qui au nom du boire moins mais boire mieux tout en regrettant la baisse de la consommation, voudrait nous faire accroire que l’on boit du vin uniquement pour son goût.


Je signe des deux mains ce qu’écrit Jean-Pierre Poulain Professeur de sociologie à l’université Toulouse-II-Mirail auteur du Dictionnaire des cultures alimentaires. « J’ai proposé l’expression, « la dérive «gustronomique» pour rendre compte d’un phénomène qui a déjà eu lieu dans le vin et qui est en train de se produire dans la gastronomie. C’est un phénomène de réduction de l’expérience alimentaire à sa dimension gustative. Or, l’expérience gastronomique, c’est beaucoup plus que le goût. C’est aussi l’échange, la convivialité, le plaisir et elle se prolonge des heures durant après le repas. Vous voulez apprendre à déguster le vin ? En trois heures, je vous apprends 200 mots pour briller dans les salons. Mais, le vin, c’est bien autre chose. Il y a toute la dimension festive, et surtout le vin, c’est aussi de l’alcool. La nourriture et le vin modifient les états de conscience et changent les relations entre les individus ; c’est cela la gastronomie. On a la chance d’avoir une culture de l’ivresse. Personne ne peut croire que l’on boit le vin uniquement pour son goût. C’est la grande usurpation de la fin du XXe siècle. »link

 

Le vin ne doit donc ni être stigmatisé, ni victimisé. Il tient sa place, rien que sa place et depuis ces dernières années il a changé de place. « La bière reste la boisson la plus consommée par les jeunes hommes de 18 à 25 ans (39,3%), suivie des alcools forts (29,5%), du vin (22,4%) et des autres alcools (9%). Chez les jeunes femmes, le vin est la boisson la plus courante (14,3%) devant les alcools forts (11,1%), la bière n'arrivant qu'en troisième position. » Affronter la réalité des évolutions sociétales vaut mieux que de brasser des phantasmes ou des représentations idéales. Les batailles de chiffonniers, cette façon d’engager l’analyse sur des présupposés, des vieilles lunes ne mène qu’aux invectives, à l’immobilisme, aux batailles de chiffres, dont la plus sinistre le nombre de morts, à des conclusions qui ne permettent pas de faire régresser le fléau qu’est l’alcoolisme. Le débat, si je puis m’exprimer ainsi, vient de rebondir avec la publication mardi 7 mai par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). L'alcool est, selon l'étude, la « substance psychoactive la plus précocement expérimentée à l'adolescence » « Un collégien français sur six et trois lycéens sur cinq reconnaissent avoir déjà été ivres. Effectuée à partir de données fournies par deux enquêtes scolaires internationales, l'étude montre que les comportements d'alcoolisation effective, comme les ivresses, augmentent rapidement pendant les années de collège et de lycée : alors que 7% des élèves de 6e admettent avoir déjà été ivres, le taux atteint 69% en terminale. link et link

 

Se référer à l’alcool est sans contestation possible le facteur commun des boissons alcoolisées, dont le vin fait partie, et c'est scientifiquement correct mais l’étude des comportements, de leur évolution, tout particulièrement chez les jeunes, doit être menée avec beaucoup plus de finesse et d’à-propos. La manipulation, l’honnête comme la malhonnête, de statistiques globales (1) n’apporte que des indicateurs, elles mettent tout le monde dans le même panier, sans nuance, et surtout elles sont incapables de traduire la vie que l’on vit. Lire « le vin est un produit plaisir créateur de sociabilité » de Jean-Pierre Corbeau, sociologue :link Vouloir faire le bonheur des gens en leur lieu et place, la « maximisation du bonheur » chère aux philosophes utilitaristes conduit par Jeremy Bentham au XVIIIe siècle, encadrer par des règles précises ce qui relève du plaisir ou de la douleur dans notre activité humaine, étrange calcul du « bonheur et des peines », part d’un bon sentiment mais conduit tout droit à l’édiction de règles autoritaires qui détruisent le libre-arbitre, étouffent la responsabilité individuelle. Seul l’expert détermine ce qui est bon pour nous. Lire ce qu’écrit Jacques Dupont dans son dernier opus « Invignez-vous » page 52 et suivantes. Je pondrai une chronique sur ce livre d’un honnête homme au sens du XVIIe siècle…  

 

La réalité, la vie que l’on vit, n’est pas un décor de théâtre, ni un espace froid de laboratoire avec des cobayes, comme le fait justement remarquer le professeur Xavier Pommereau, pédopsychiatre au CHU de Bordeaux, qui estime que « les jeunes ne vont sans doute pas réduire leur consommation d'alcool dans cette morosité ambiante. « Il faut arrêter de délivrer aux enfants systématiquement un discours négatif, de leur dire que la planète est foutue, que la crise économique les attend, tout en leur mettant la pression à l'école », remarquait le médecin sur 20minutes.fr, en 2011. Et d'ajouter : « C'est ce qui explique qu'en fin de semaine, ils veuillent se lâcher. »


J’ai suffisamment écrit, ferraillé, à ce sujet sur mon espace de liberté pour en tenir une comptabilité : l’ANPAA, Sandrine Blanchard du MONDE et le premier verre, la stratégie du Pr Got, le combat du Dr Ameisen… mais je ne puis laisser passer ce goût jamais rassasié pour les affrontements bloc contre bloc, entre-soi, qui tournent toujours à l’avantage des hygiénistes car, que ça nous plaise ou non, la majorité de l’opinion publique leur prête une oreille attentive et apeurée. Tant que les gens du vin ne mèneront pas d’une manière décomplexée, en s’appuyant sur la bonne image qu’a reconquise le vin ces dix dernières années, sans tomber dans l’esthétisme des grands amateurs ou le mépris de la consommation populaire, la « bataille » de l’art de vivre, du mieux vivre, de la culture du lien social où le vin a sa place, dans une société française inquiète, pessimiste qui cultive le bonheur à domicile en faisant des enfants, la cuisine et les petites bouffes avec vin compris, nous nous tirerons des balles dans le pied sans pour autant faire régresser l’alcoolisme. C’est navrant. Ça me navre. Mais qui puis-je ? Écrire une énième chronique sur le sujet.

 

Hier, j'étais à Clermont-Ferrand, l'un de mes interlocuteurs connaissant mes affinités pour le vin m'a convié à déjeuner chez un caviste restaurateur. Nous avons beaucoup parlé de lait bien sûr mais à la fin du repas ce père de famille, 3 enfants, m'a fait part de son désarroi face à la fin de semaine des jeunes. C'est un vrai sujet de préoccupation, alors il nous faut nous en préoccuper comme des adultes responsables et non comme des militants d'une quelconque cause...


(1)    Jacques Dupont Le POINT Lobbies et statistique « La France serait donc un repaire d’alcooliques qui s’ignorent. Du moins si l’on en croit la dernière publication signé Catherine Hill et de quatre autres spécialistes dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire. On peut tout de même s’étonner du contenu, de la méthode d’analyse et des conclusions de ce rapport. Interrogée par le journal Le Monde au sujet du nombre de décès provoqués par l’alcool : 28000 lors « d’une précédente enquête » et 49000 aujourd’hui, voici ce que répond Catherine Hill : « Nous avons multiplié la consommation déclarée par 2,4 pour l'ajuster à la consommation estimée par les ventes. » A partir de quelles base scientifique ce coefficient de 2,4 et quel rapport avec le nombre de morts. Faut-il en conclure qu’en appliquant un coefficient multiplicateur à la « consommation déclarée » on a aussi bricolé le nombre de décès avec un coefficient « en rapport » avec les ventes ? Rappelons tout de même que tout ce qui est acheté en France ne l’est pas forcément par des français et encore moins consommé par eux. La France accueille chaque année 90 millions de touristes qui ne boivent pas que de la grenadine et ne viennent pas chez nous uniquement pour s’intéresser à la vitesse de la marée au Mont-Saint-Michel… Si en France, les lobbies médicaux qui voudraient nous « faire vivre dans un jardin d’enfants » comme le disait Gérard Oberlé, méprisent la gastronomie et le vin, ceux qui nous visitent le font la plupart du temps pour découvrir ce qu’on appelait autrefois « l’art de vivre » à la française. La même Catherine Hill, dénombrait en 1995 45000 morts dus à l’alcool, soit 4000 de moins qu’aujourd’hui. Cela prouve déjà la nullité des pratiques dictées par les lobbies hygiénistes et médicaux, la fameuse loi Evin, appliquées depuis 1993. Cette loi, qui comme les auteurs de ce rapport, met dans le même sac les alcools industriels, le vin qui relève d’une toute autre approche culturelle et historique et le tabac… Le professeur Robert Proctor, historien des sciences à l’Université de Stanford, auteur du best-seller « Golden Holocaust», relevait que seuls 3 % des buveurs d’alcool sont dépendants alors que 80 à 90 % des fumeurs sont addicts. Si les chiffres de madame Hill sont vrais, et que l’alcoolisme progresse, alors il convient très vite de remettre le vin à l’honneur en France. Sa consommation s’est divisée par trois depuis 50 ans sur le sol national, tandis que depuis 2007, les ventes de vodka et de bourbon ont connu une progression de 47%. Cela signifie que comme le souligne nombre d’experts étrangers, le vin de par l’éducation qui doit accompagner sa découverte, constitue un excellent rempart contre les conduites à risques. »


(2)    LA SANTÉ EN CHIFFRES ALCOOL Comité français d’éducation pour la santé link

 

CONCLUSION : « La diminution de la consommation d’alcool depuis une trentaine d’années est le signe de l’évolution des  modes de consommation des Français. Comme le soulignent différentes études, on assiste à une diminution sensible de la consommation quotidienne au profit d’une consommation au cours des week-ends. Les disparités entre sexes restent élevées : boire régulièrement ou en quantité demeure un comportement beaucoup plus fréquent chez les hommes.

En dépit de cette baisse générale de la consommation, l’alcool reste l’un des déterminants majeurs de maladies et de morts potentiellement évitables, et des inégalités sociales face à la santé. La consommation excessive d’alcool est impliquée dans la survenue de 16 000 cancers par an, de 10 000 décès par traumatismes (accidents, suicides, homicides), de 10000 maladies gastro-intestinales (y compris cirrhose), de 10 000 décès liés à des maladies mentales et cardiovasculaires. Elle est également une cause importante d’accidents, en particulier de la route, et de diverses violences.

Face à la communication puissante des alcooliers, les efforts des politiques publiques doivent être poursuivis et amplifiés :

- en renforçant l’application de la réglementation;

- en développant encore davantage l’information du public

Les programmes d’éducation pour la santé des années à venir devront aussi :

- aider ceux qui ne boivent pas ou qui boivent peu à faire respecter leur choix;

- aider la population à quantifier la modération (développer la notion de seuil de consommation à moindre risque) et accompagner cette information d’une argumentation précise fondée sur des éléments scientifiques indiscutables : seuils de toxicité, niveau de risque, etc.;

- aider les consommateurs à risque à diminuer leur consommation.

L’ensemble de ce programme passe par des actions de communication publique et d’information, mais aussi par des actions de proximité et une implication renforcée de tous les acteurs de santé : personnels éducatifs et sociaux, animateurs spécialisés, personnels des associations, professionnels de santé et structures spécialisées. La cohérence et la synergie des actions de prévention sont nécessaires.

Un travail d’amélioration des indicateurs de suivi de la consommation d’alcool par la population, de la morbidité et de la mortalité liées à l’alcool est en cours. Un travail pluri-institutionnel de tous les producteurs de données est nécessaire. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 00:09

Que lis-je « Les Murisaltiens sont invités à participer à la cérémonie commémorative de la victoire de 1945 qui se déroulera à 11 h 30, avec défilé et cérémonie au monument aux morts avec dépôt de gerbe. Un vin d’honneur sera ensuite servi au caveau de l’hôtel de ville. »


Qui sont ces Murisaltiens invité à un vin d’honneur, les habitants de quel patelin ? C’est pour la rime car sinon je sens que monsieur Gotti va me poursuivre pour outrage à une prestigieuse appellation.


Le vin d’honneur j’en causé ici en juin 2007 link mais c’était à propos des mariages carillonnés.


En mai, mois des jours fériés, comme me le disait un PDG lors de ma médiation : cette année est une année de salariés, le 8 mai est un jour de commémoration qui donne lieu à l’organisation de vin d’honneur. J’ai puisé au hasard dans la France profonde et la seule remarque que je puisse faire pour vous donner le sentiment que j’ai travaillé c’est de commenter les lieux où ces vins d’honneur sont servis : la mairie bien sûr, les salles communales : polyvalente, socioculturelle, des fêtes, des Associations, chez Henri Jan, l'Hôtel-Restaurant Le Bellevue, café Poillot, enfin y’a ceux qui n’indiquent pas le lieu car la population sait où aller licher.


Quels vins y sert-on ?


Mystère !


Je vous suggère fidèles lecteurs de vous rendre au Vin d’Honneur de votre commune pour me faire l’inventaire de ce que le maire propose à ses administrés. Y’aurait peut-être quelques belles surprises à dénicher. À vous de voir. Des photos seraient les bienvenues.


1-      Dans l’arrondissement de Loches (les Lochois et les Lochoises) en Indre-et-Loire c’est presque total addict au Vin d’Honneur :


Abilly

11 h 45, rassemblement place de la mairie ; 12 h, cérémonie au monument aux morts, dépôt de gerbes, discours ; 12 h 30, vin d'honneur à la cantine scolaire ; 13 h 15, repas à la salle polyvalente, par souscription.

 

Betz-le-Château

10 h 45, rassemblement place des Anciens-Combattants ; 11 h, cérémonie au monument aux morts ; 11 h 30, vin d'honneur à la salle polyvalente ; 12 h 30, banquet du CCAS.

 

Bournan

11 h 30, rassemblement devant l'école, défilé et dépôt de gerbe au monument aux morts, vin d'honneur offert par la municipalité chez Henri Jan.

 

Bossay-sur-Claise

11 h 15, rassemblement sur la place de l'Église ; 11 h 30, cérémonie au monument aux morts suivie d'un dépôt de gerbe au cimetière ; 12 h 15, vin d'honneur offert par la municipalité ; à la salle socioculturelle ; 13 h, banquet par souscription au restaurant L'Assiette gourmande.

 

Bossée

9 h 45, rassemblement devant la mairie ; A 10 h, défilé au cimetière avec la Musique de La Chapelle-Blanche, dépôt de gerbe au monument aux morts, vin d'honneur à la salle des fêtes.

 

Civray-sur-esves

11 h 30, dépôt de gerbe au monument aux morts ; 12 h, vin d'honneur à la mairie.

 

Esves-le-Moutier

11 h 30, rassemblement devant l'église, défilé jusqu'au cimetière, cérémonie au monument aux morts, vin d'honneur à la salle des fêtes.

 

Ferrière-Larçon

10 h, rassemblement place de l'Église.

 

La Celle-Guenand

11 h, rassemblement des combattants sur la place de l'Église ; 11 h 15, dépôt de gerbe au monument aux morts ; 11 h 45, réunion générale à la salle des fêtes verre de l'amitié.

 

La Chapelle-Blanche-Saint-Martin

Rassemblement place de la Mairie à 11 h, défilé et dépôt de gerbes aux monuments aux morts, vin d'honneur offert par la commune à l'Hôtel-Restaurant Le Bellevue.

 

Ligueil

10 h, dépôt de gerbes au monument du cimetière, recueillement sur les tombes ; en délégation, dépôt de gerbes aux plaques place du Général-Leclerc et avenue des Martyrs ; 11 h, office religieux en l'église Saint-Martin ; 12 h, place de la Mairie, levée des couleurs, dépôt de gerbes, allocutions, avec L'Entente musicale de Betz-le-Chateau, Ligueil, Saint-Flovier ; 12 h 30, vin d'honneur à la salle polyvalente ; 13 h 30, repas amical au restaurant Le Colombier (se faire inscrire auprès du restaurant ou du président UNC).

 

Louans

11 h 30, rassemblement sur la place du 11-Novembre, défilé au cimetière et dépôt de gerbes au monument aux morts, vin d'honneur à la mairie.

 

Maillé

9 h 45, rassemblement devant la mairie ; 10 h, défilé, dépôt de gerbe au monument aux morts ; 10 h 30, vin d'honneur à la mairie.

 

Mouzay

11 h 30, rassemblement place de la Mairie, levée des couleurs, défilé au cimetière, dépôt de gerbes, allocutions, vin d'honneur.

 

Saint-Épain

10 h 40, rassemblement, place de la Mairie, du conseil municipal, des anciens combattants, de la Batterie-Fanfare municipale, des sapeurs-pompiers ; 11 h, cérémonie du souvenir à l'église ; 11 h 30, défilé au monument aux morts au cimetière et place du 8-Mai ; 12 h, vin d'honneur salle des Associations.

 

Varennes

10 h 30, rassemblement allée du Cimetière, défilé au monument aux morts, dépôt gerbe de fleurs, visite de l'école, plaque Roger Petitbon, dépôt gerbe de fleurs et vin d'honneur.

 

Vou

11 h, rassemblement place de la Mairie, défilé au cimetière, dépôts de gerbes, allocutions et vin d'honneur offert par la municipalité.

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2-      Du côté d’Arnay-le-Duc en Bourgogne, patrie de Bonaventure Des Périers, conteur français qui dit-on y est peut-être né en 1510 et mort en 1543 au même lieu, pas de trace de vin d’honneur mais dans le canton les communes se rattrapent.


La commune et les associations d’anciens combattants invitent leurs membres à participer à la cérémonie organisée ce mercredi à l’occasion de la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945. À 11 h 15, rassemblement devant la mairie, lever des couleurs, défilé rues Carnot, A.-Dubois, Lavirotte, des Capucins, dépôt de gerbe au monument aux morts, suivi d’un défilé rues Saulnier, René-Laforge, place Bonaventure-des-Périers. La population d’Arnay-le-Duc et du canton est invitée à participer nombreuse à cette manifestation.


Clomot-Le Fête

Rassemblement à 9 h 45 au monument aux morts. Dépôt de gerbe avec le concours de l’harmonie municipale d’Arnay-le-Duc. Vin d’honneur au café Poillot.

 

Culètre et Longecourt-lès-Culètre

Rassemblement et dépôt de gerbe au monument aux morts de Culètre à 11 heures. Vin d’honneur servi à la salle de Longecourt-lès-Culètre

 

Lacanche

Le maire invite la population à participer nombreuse à la cérémonie de commémoration de la victoire de 1945. À 10 h 15, rassemblement place de la mairie ; à 10 h 30, départ du défilé pour un dépôt de gerbes aux deux monuments ; à 11 heures, vin d’honneur à la salle des fêtes, offert à tous les participants.

Magnien

Rassemblement et dépôt de gerbe au monument aux morts à 11 heures, suivi d’un vin d’honneur.

 

Saint-Prix-lès-Arnay

Lors de la cérémonie du 8 Mai, un dépôt de gerbe au monument aux morts aura lieu à 10 h 30 avec la participation de l’harmonie municipale d’Arnay-le-Duc.

 

Viévy

Rassemblement et dépôt de gerbe au monument aux morts à 11 heures, suivi d’un vin d’honneur.

 

Pour les petits loups et petite louves le 8 mai est « le jour où l’Allemagne a officiellement capitulé dans une villa de Karlshorst dans la banlieue est de Berlin. Les représentants de l'URSS, de la Grande-Bretagne, de la France et des États-Unis arrivèrent peu avant minuit. Après que le maréchal Georgi Joukov eut ouvert la cérémonie, les représentants du Haut commandement allemand, emmenés par le maréchal Wilhelm Keitel ont été invités à signer l'acte de capitulation qui est entré en vigueur à 23 h 1, heure locale3 (heure d'Europe centrale), soit le 9 mai à 1 h 1, heure de Moscou. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 7 mai 2013 2 07 /05 /Mai /2013 12:00

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J’aime l’éclectisme. J’aime Maxime Le Forestier. J’ai beaucoup aimé la chronique de Luc Charlier sobrement baptisée « PAS D’ACCORD AVEC LA CRITIQUE » ( à lire ICI link)  à propos de la sortie du nouvel opus Le Cadeau de Maxime Le Forestier. Luc n’est jamais meilleur que dans l’adversité, elle le transcende, lui donne l’occasion de nous faire part de son amour de la musique et de la chanson. Merci Luc. Bon, tous les critiques ne sont pas contre mais peu importe.

L’Express Le Cadeau de Maxime Le Forestier, un album en demi-teinte link

 

La Croix « Le Cadeau », nouvel album de Maxime Le Forestier DIX MÉLODIES AÉRIENNES link 


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 7 mai 2013 2 07 /05 /Mai /2013 00:09

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Imaginez-vous la scène, sitôt après avoir attaché sa flèche d’argent à un vulgaire poteau de signalisation,  votre Taulier s’est attablé en une fin de matinée radieuse, fort intimidé car entouré que de beaux nez exercés, des gorges profondes aux papilles surentraînées, des preneurs de notes sur carnet distribué à cet effet. Dans ses petits souliers quoi, pétrifié, cerné, prêt à rendre son tablier mais, à la guerre comme à la guerre, prêt à affronter avec le sourire l’épreuve des Anjou blanc de garde, fait pour durer, putain 17 vins ! Que du chenin sur schistes qui dit le Patrick Baudouin qu’il connaît bien. Ne va pas lui dire que chez les bobos et les bobottes le schiste a depuis quelque temps mauvaise presse, il sent le gaz qui disent les écolos. Mais comme notre Patrick il est bio depuis une éternité je vais l’écouter même si notre Tonton David à nous, citoyen de sa Très Gracieuse Majesté, adepte de la moto plutôt que du vélo, dit qu’il n’est pas géologue et qu’il s’en fout un peu car le sujet lui semble relever plutôt d’un débat sur le sexe des anges… (Lire ICI link) Un ange passe et moi je fais semblant de prendre des notes pour ne pas prêter le flanc à l’accusation récurrente dont je suis l’objet : ma légèreté blâmable.


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Mais pour démonter notre Patrick il en faut plus que ça, même Raymond Devos n’y serait même pas arrivé. Plein de sève il plaide Patrick. Il veut convaincre Patrick, nous convaincre que son beau chenin sur schiste est un authentique passeur de terroir. Ce serait donc lui ce fameux lien que tous les détectives communautaires veulent voir mettre à jour pour que nos beaux discours mettent un peu de chair dans les cahiers dont on dit qu’ils sont des charges. Étrange appellation pour ce qui devrait être une ardente obligation pour tous les vignerons. Que voulez-vous c’est l’origine qui est contrôlée, le chenin de Patrick et de ses collègues il est né sur des schistes. Alors, va pour les schistes, la parole est à la défense « Planté sur un socle précambrien (formé il y a 500 millions d’années) et paléozoïque (l’ère primaire) de schistes ardoisiers aux allures de millefeuille avec aussi des roches magmatiques, des rhyolites, des spilites… le chenin transmets à ses raisins les sols dont il est issu, qui ne sont pas sans rappeler… le système des « climats »


Mais qui c’est ce chenin ?


Son histoire est intimement liée à celle de la Loire, sa présence est attestée dès l’an 845 à l’abbaye de Saint-Maur, sis entre Saumur et Angers. Donc ce n’est pas un jeune homme, douze siècles ça classe son cépage et puis David souviens-toi qu’en 1154, un certain Henri II Plantagenêt, devenu roi d’Angleterre, l’exigeait à sa Cour. Bon, ce garçon, se pare de plein de noms : franc blanc, plant d’Anjou, plant de Brèze, pineau de Loire mais c’est Rabelais dans Gargantua qui met tout le monde sur le vrai chemin : c’est le chenin en référence au mont éponyme où Thomas Bohier, seigneur de Chenonceau, l’implanta en 1445. Alors Jean-Luc la merluche défile avec ses balais à la Bastille pourquoi ne pas appeler à la rescousse un curé jureur révolutionnaire, Jean-Alexandre Cavoleau, écrivain et agronome reconnu, qui en 1827, estimait que le succès des chenins de Loire, bien qu’éclatant, n’était pas à la hauteur de la qualité des vins. « Les bons vins d’Anjou (produits de pineau blanc) ne sont pas estimés ce qu’ils valent. Il est peu de vins blancs en France qui leur soient préférables. » Amen, mais la messe n’est pas dite.


En effet, suite aux ravages du phylloxéra, le vignoble d’Anjou s’est ensuite essentiellement replanté en cépages rouges dont les vins clairets correspondaient à une nouvelle demande. Au milieu du XXe siècle, les rosés-d’anjou, les cabernets-d’anjou et les anjous rouges ont pris le pas sur les anjous blancs. Seuls les chenins blancs moelleux ou liquoreux de grandes réputations continuaient de camper sur le territoire : coteaux-du-layon ou de l’aubance, quarts-de-chaume, bonnezeaux… Nos chenins secs ne représentent plus que 5% de l’appellation Anjou. Une niche diraient les économistes, pour moi un terroir de reconquête pour sortir l’Anjou de sa banalité. Quand je vois, pour d’autres produits de bouche, les « efforts d’imagination » que déploient les créatifs, les marqueteurs, pour nous faire accroire que ces produits formatés ont des racines dans le terroir, je me dis que je ne vois pas au nom de quoi nos amis vignerons en nos vraies appellations ne mettraient pas en avant cette merveilleuse conjugaison entre la main de l’homme et là où celui-ci a implanté et développé, depuis des millénaires, des ceps qui ont la tête en l’air mais les pieds dans une terre choisie. Foin d’arguties, si ces vignobles ont traversé le temps ça ne doit rien au hasard.


Reste à nos éveilleurs de terroir, convaincus qu’ils sont de l’extraordinaire potentiel qu’ils détiennent, à faire sortir leurs vins de leur relatif anonymat. Leur labour est profond, leurs efforts acharnés, leurs soins attentifs, ils travaillent davantage les sols, réduisent les rendements au profit de la concentration, cherchent les maturités sans lourdeur, affinent les élevages. Pour faire plaisir à Tonton David, tous en chœur proclamons « « L’Anjou blanc is back ! » Moi je suis réceptif, j’aime les gens qui se retroussent les manches pour faire, bien faire. Que le chenin soit un cépage plastique par excellence parce qu’il laisse s’exprimer le terroir je suis prêt à le croire. Né dans ces terres rarement limoneuses qui ne retiennent pas l’eau, le chenin peut gérer ses besoins en eau en allongeant ses racines au travers de la pierre. Grâce aux schistes, me dit-on, son profil aromatique s’affermit avec les années : floral et fruité en sa prime jeunesse, il peut être assemblé à 20% de sauvignon ou de chardonnay dans sa déclinaison anjou de printemps.

 

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Mais tout cela est bel et beau mais qu’ai-je fait de mes graffitis de dégustation ? Rassurez-vous pas des confettis mais pour autant je ne me sens pas d’attaque pour vous en infliger la lecture. Ce que je puis vous dire, c’est la grande majorité des prix sont doux, raisonnables mais avec des écarts importants ce qui sur les 15 vins présentés nous donne : 8 vins entre 5 et 10€, 3 à 12€, 2 à 16 et 18€, 1 à 21,4€ et 1 à 30€.


Hormis Le Cornillard 2010 de Patrick www.patrick-baudouin.com , le sec de Juchepie Le Clos 2010 d’Eddy Oesterlinck www.juchepie.com et le Coteaux des Treilles 2010 du domaine Pithon-Paillé www.pithon-paille.com  qui sont tout en haut de la fourchette que j’ai particulièrement apprécié, je cite :


-          La Chapelle 2011 du Château de Fesles


-          La Varenne Combre 2011 du domaine Les Grandes Vignes www.domainelesgrandesvignes;com


-          Les Ardoisières 2010 du château Princé www.chateaudeparnay.fr


-          Expression du Chenin 2009 du domaine des 2 moulins www.domaine2moulins.com


Mais ce qui est important, car ce ne sont là que mes goûts personnels, c’est que la palette des vins présentés me semble représentative d’un excellent niveau global de ces chenins d’Anjou. Sans doute le chemin collectif reste long, et je l’espère pas trop périlleux, mais sur la base de ce que j’ai  dégusté je suis persuadé que les amateurs trouveront leur bonheur et démentiront ce que déplorait, il y a de cela plus de 35 ans, Pierre-Marie Doutrelant dans son livre collector « les bons vins et les Autres » au Seuil 1976 « Mais où sont passés les anjous blancs d’antan ? Alors qu’hier on s’exclamait ; quel grand vin blanc et qui vieillit bien ! »

 


Raymond Devos la mer par susacacon

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 12:00

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Si le capitaine Haddock, c’est bien connu, se lichait que des petites larmes de whisky, et que le château de MOULINSART est sis à Cheverny en Loir-et-Cher, il était un secret bien gardé depuis des années Tintin carburait au Bordeaux. C’est l’ami Barthélémy qui a levé le lièvre après une enquête à la Médiapart. De source sûre ce serait Nestor qui aurait mangé le morceau auprès des Dupont et Dupond mais, les encore mieux informés murmurent que ce serait le Dupont avec un T, qui porte le même prénom que le taulier, qui aurait recueilli les révélations grâce à une gaffe du professeur Tournesol. Il se dit aussi que la Castafiore viendrait chanter pour Bernard Magrez le 28 mai et quelle sera accompagnée des généraux Alcazar et Tapioca, du maréchal Plekszy-Gladz, du colonel Sponsz, de Fan Se-Yeng, de Rastapopoulos marquis Di Gorgonzola, de Wang Jen-Ghié, de Séraphin Lampion assureur, de Mitsuhirato, de M. et Mme Sanzot bouchers, de Philémon Siclone, des émirs Ben Kalish Ezab, Mohammed et Bab El Ehr mais sans Abdallah le jeune fils du premier… mais Léon alias Luc Charlier n’est pas annoncé.

 

Bref, le 28 mai, la Belgique troisième pays importateur en volume, après la Chine et la Grande Bretagne, sixième importateur en valeur, le premier investisseur étranger dans le Bordelais avec une cinquantaine de châteaux tiendra la vedette du 3ème G-Vin. Si ça vous dit d’y aller vous y êtes tous invité. Le taulier, qui risque fort d’émigrer en Belgique dans quelque temps, ne sait pas encore si son emploi du temps lui permettra de se transporter jusqu’au G-Vin. Affaire à suivre…

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Bianca Castafiore : Animation par quiestce88

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 00:09

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Assez beurk à première vue le pouce-pied, pas très sexy, même s’il fut, en un temps lointain, considéré, à tort, comme aphrodisiaque, et qu’à première vue il ressemble à un nid moussu de phallus dressés et belliqueux. Un chroniqueur n’y va pas par 4 chemins « s'ils vous dégoûtent, je ne vais pas vous forcer. Mais si vous y goûtez, il faudra vous les arracher des mains. » Pour vous le présenter, en ce lundi post-manif balai, je me suis permis une fine allusion à une expression qui colle bien, comme les pouce-pied à la roche, à l’air du moment « voter avec ses pieds ». Je n’en dirai pas plus, le « sortez les sortants » a pour moi trop l’odeur fade d’un papetier de Saint-Céré qui a fini ses jours à l’Elysée de Mitterrand, le Tonton de Jean-Luc la merluche. Pour me requinquer je suis donc allé chercher, en Basse-Bourgogne, deux roturiers : de Moor et Pico pour arroser mes pouce-pied. Pour les charrier un chouïa je les ai qualifié de néo-minéral, faut bien prendre son pied comme l’on peut. Y’avait du soleil sur la terrasse, les petits oiseaux chantaient, Voulzy chantait Belle-Ile en mer, les parigots tête de veaux partis sous les ponts, pardon faire le pont, j’avais endossé ma marinière pour m’attaquer pied à pied à mes pouce-pied qui demandent une certaine dextérité pour les décortiquer : il faut relever le bec du capitulum triangulaire formé de plaques de tailles inégales puis tirer délicatement pour extraire la chair comestible du pédoncule cylindrique. Attention au jet d’eau sous pression sinon votre belle barboteuse du dimanche sera constellée de gouttelettes orangées.


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Moi mes pousse-pieds je les ai trouvé à L'Ecume Saint-Honoré 6, rue du Marché Saint-Honoré Paris 1er chez l’un de mes poissonniers préférés : Jacques Godin. Ça vaut mieux, c’est moins dangereux que de s’encorder au pied de falaises inaccessibles de Belle-Île battues par les flots et les vents. Comme le souligne avec humour un chroniqueur « les ramasseurs de cette espèce sont donc soit des connaisseurs, soit morts noyés. ». Comme je ne vais pas jouer au spécialiste que je ne suis pas, je cite un autre chroniqueur : « À Belle-Île, où il prolifère, faisant vivre une communauté de pêcheurs, le liseré rouge qui borde sa tête lui a valu le surnom de «bec rouge». Ailleurs, sa présence reste très localisée : on en trouve entre l’île d’Yeu et Roscoff, surtout sur les falaises de la presqu’île de Crozon fermant la baie de Douarnenez […] Sa pêche… n’est ouverte que huit jours par mois et ferme en juillet/août. Une cinquantaine de tonnes de pouces-pieds seraient arrachées aux bas des falaises belliloises chaque année, chiffre minimisé, au vu des prises non déclarées. »


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Le pousse-pied, ou pouce-pied ou encore anatife comme vous l’avez compris est un drôle de crustacé qui adore les roches abruptes battues par les vagues car ça lui assure d’être tranquille pour proliférer en groupe sans avoir à se soucier du pire des prédateurs : l’homme. « Le pied qui lui permet de s’accrocher au rocher, musculeux, est couvert d’une peau noirâtre. Lorsque sa coquille s’ouvre, de petites pattes brassent l’eau qui baigne les branchies. En près de deux ans, il atteint une taille commercialisable, de 3 à 15 centimètres de long. Plus il est court et trapu, plus sa chair est charnue. »


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Un peu d’Histoire comme toujours. F. Zégierman, qui a consacré sa vie à sillonner l'Hexagone pour aller chercher sur le terrain sa propre vision géo-ethnographique, note que le petit peuple « qui ignorait que ce crustacé était hermaphrodite et n’avait pas de cœur, l’a paré de vertus amoureuses et de pouvoirs aphrodisiaques du fait de sa forme phallique. » Érudit, il nous apprend qu’ « au Moyen Âge, on prenait ces crustacés pour de oisillons nés d’arbres magiques, nourris aux eaux marines. Cette procréation miraculeuse autorisait à les manger en période de carême. Les Britanniques ont repris cette coutume au point que le pouce-pied porte le nom de «barnacle», dénomination empruntée à l’oie sauvage arctique migrant en Angleterre l’hiver. Ce nom est revenu en France pour désigner le pouce-pied, toujours dénommé «bernache» en certains endroits de Bretagne. Il y a un demi-siècle, les jours de pénurie de poisson, certains se rabattaient sur sa cueillette, partant à bord de chaloupes sardinières, armés de pioches, de piolets pour les détacher. »


« Le pouce-pied est une espèce fragile à cause de sa faible productivité liée à une croissance lente et une implantation réduite dans un biotope très particulier. La surpêche dont il a fait l'objet a conduit à un fort déclin de ses populations dans plusieurs régions. Aussi sa pêche est soumise depuis plusieurs années à des quotas très stricts. En France, la période de pêche est de quatre mois environ (janvier à mars et septembre à novembre) et le quota est de 3 kg par pêcheur 4,15. En Galice, la pêche est autorisée de novembre à mars, ce qui correspond à la période de reproduction du pouce-pied (mars à septembre). Le quota y est fixé à 6 kg par jour et par pêcheur et la taille minimale est de 4 cm de longueur totale. Cette dernière est difficile à appliquer en raison de conditions d'extraction particulièrement acrobatiques et de la tendance qu'ont les juvéniles à s'agréger sur les pédoncules des adultes »


« De nos jours, le pouce-pied peine à s’attirer les faveurs de la clientèle française, rebutée par son apparence, au plus grand bonheur des gourmets espagnols (qui s’en régalent en tapas) pour qui les rochers de Galice ne suffisent pas à assurer la consommation et qui doivent se tourner vers la France ou le Maroc. »

Lire, coïncidence, les grands esprits se rencontrent, une chronique de Luc Charlier : C’est à Espinho, un peu au sud de Porto, sur la terrasse d’un hôtel – on voit que j’ai lu Flaubert – que j’ai dégusté pour la première fois des perçebeslink

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Pour finir sur une note doublement dégustative et pour bien comprendre mon ressenti face au caractère « caoutchouteux » de la chair du pouce-pied, plus tendre que celle du bulot, je vous livre une citation de ma chronique de samedi après-midi ( à lire ICI link ) « pour les Chinois, une palette d’exquises sensations est offerte par les… dents. » c’est le kou gan. Les Français demandent souvent « Pourquoi aimez-vous tant l’holothurie, cette énorme limace de mer, puisqu’elle n’a aucun goût ? »  La réponse est « allez faire comprendre que l’holothurie apporte une sensation indescriptible aux dents du gourmet chinois. Il faut être en mesure de sentir cette esthésie pour pouvoir se régaler de l’holothurie ou de bien d’autres mets chinois. »


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Le mariage entre mes pouce-pied et mes deux vins du parti néo-minéral : le Bourgogne aligoté 2011 d’Olivier et Alice de Moor et le Chablis 2011 de Thomas Pico m’a révélé une palette de sensations par mes dents dont l’expression écrite est difficile à exprimer mais qui équivaut à une forme de baiser plein de dents, fougueux et long, à perdre le souffle. Si vous croyez que j’exagère faite l’expérience, les yeux fermés, je n’ai pas écrit à l’aveugle, vous verrez – oui j’ose tout aujourd’hui – vous serez excité et vous prendrez votre pied.

 

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Pouce-pied. Une pêcherie confidentielle link

 

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Le pouce-pied link 

 

Reportage sur la pêche de ce crustacé très rare, le pousse-pied, dont Belle-Ileest la grande productrice, et les espagnols les consommateurs le 19/02/1988 - 22min40s link 

 

« Reportage sur la pêche de ce crustacé très rare, le pousse-pied, dont Belle-Ile est la grande productrice, et les espagnols les consommateurs. Pêcheurs s'équipant pour la pêche aux pousse-pieds. Conditions difficiles : la pêche n'est autorisée que du 15/9 au 15/1 ; le pousse-pied vit en grappe sur les roches déchiquetées à la base des falaises exposées au grand large. Pêcheurs descendant la falaise en rappel et détachant les pousse-pieds au burin, suspendus à la falaise par une corde, vagues venant les frapper régulièrement. Interview de différents pêcheurs : certains possèdent une licence, d'autres travaillent en toute irrégularité. Remontée des sacs de pousse-pieds qui sont pesés à l'arrivée et achetés par des espagnols qui font régulièrement le trajet. Le coquillage est acheminé soit par la route soit par la mer. Un pêcheur voudrait une meilleure organisation de la pêche pour la sauvegarde du patrimoine et un meilleur profit. »

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 07:00

Le temps pourri et l’atmosphère insupportable de ce pays m’ont fait boucler mes valises, façon de parler parce que je me suis tiré de Paris, les mains dans les poches, avec seulement un sac plein de bouquins, en prenant le premier train en partance, le 1er mai. La SNCF me proposait une première classe pour le prix d’une seconde, je pris. Le fauteuil était vaste, confortable, ma voisine jeune et sympathique, et l’on m’offrit le petit déjeuner. Le soleil m’accueillit, j’étais ravi. Déambuler dans une ville dont je ne me souvenais plus très bien la géographie m’oxygénait la tête. Même une grosse conne de patronne de café n’arrivait pas à me fâcher lorsqu’elle me demandait de renouveler ma consommation à la terrasse ensoleillée. Rien que pour la faire chier je lui lançais des horreurs et, comme j’avais la gueule d’un étranger, quelques gros bœufs déjà plein de bière prenaient son parti sans aller jusqu’à me chercher des noises. Je m’en foutais. La ville était en fête. Je ne vous dirai pas laquelle car je n’ai pas envie que certains fouille-merdes me suivent à la trace. Sur le coup de midi, après avoir pris un pastis chez Le Marseillais, un couple de copines à qui j’avais bigophoné venait me prendre dans leur tire pour m’emmener déjeuner sur le bord du canal. Le soleil dardait. Le tartare au couteau était excellent, le service nul et le Pouilly Fuissé aux abonnés absents. Peu importait nous papotions de tout et de rien, même que les filles s’inquiétaient de mon devenir. Je plaisantais « même pas une brosse à dents… » J’avais noté dans le train sur un petit carnet « les mêmes visages, les mêmes noms, les mêmes lieux, les mêmes phrases  reviennent […] comme les motifs d’une tapisserie que l’on aurait tissée dans un demi-sommeil » Patrick Modiano à propos de la publication par Gallimard, en un seul volume de dix de ses principaux livres, écrits de 1975 à 2010 et rassemblés sous le titre Romans :  Villa triste, Livret de famille, Rue des boutiques obscures, Remise de peine, Chien de printemps, Dora Bruder, Accident nocturne, Un pedigree, Dans le café de la jeunesse perdue et L'Horizon.


Ce qui avait achevé de me foutre le moral dans les chaussettes ce fut l’épisode Guéant. Qu’un ex-Ministre de l’Intérieur, ex-directeur de cabinet du Ministre de l’homme au karcher, qui avait tenu les clés du château sous l’agité, puisse sortir, pour se justifier des gros trucs levés par les juges, une telle bordée de conneries avait de quoi me faire tomber à la renverse : soit il est con, soit il nous prenait pour des cons, surtout les vieux de la vieille maison. Les bras nous en tombaient de l’entendre parler de cette histoire de primes de cabinet en liquide. Tout le monde sait que c’est le père Jospin qui a mis fin aux mallettes. Avant 2002, le chef de cabinet du Premier Ministre, chaque mois se pointait à la Banque de France pour récupérer du liquide, faisait ensuite la répartition entre les Ministères selon une clé de poids spécifique de chacun d’eux, puis les chefs de cabinet venaient ensuite chercher leur enveloppe kraft pleine de biftons qu’ils distribuaient à leur bon gré aux membres de leur cabinet qui défilaient comme de bons élèves dans leur bureau.  En 2001 je me souviens d’être allé, pour le protéger, chercher avec le « trésorier » de Matignon 12 millions d’euros. Bien évidemment, ces enveloppes de liquide échappaient à l’impôt et à la CSG. Fait comme un débutant le Guéant, un fraudeur ordinaire, un Cahuzac au petit pied, dressé sur ses ergots de haut-fonctionnaire intègre qui ne sait pas comment faire pour blanchir de l’argent. Ahurissant, que le Premier Flic de France, dont on nous disait que c’était un as de la France-Afrique, puisse adopter une telle ligne de défense aussi débile. Le pire c’est qu’il est maintenant un avocat au Barreau de Paris qui aurait dû s’appliquer à lui-même ce que premier baveux stagiaire, commis d’office, conseille à son client qui vient de se faire gauler en flag, fermer sa gueule.  Sa copine Roselyne Bachelot, reconvertie dans le people, n’y est pas allé par 4 chemins face à ses explications embarrassées : « soit c’est un menteur, soit c’est un voleur ». Sympa et affectueux, seule la grosse Morano est montée au créneau, avec sa finesse coutumière, pour prétendre, qu’il s’agissait une fois de plus d’un complot visant non pas Claude Guéant mais bien l’ancien président de la République. « Chaque fois qu’un bon sondage sort sur lui, il y a une perquisition ou une affaire qui apparaît sur un de ses proches » Grotesque et méprisant, mais ce qui est sûr c’est que le petit père Guéant va se sentir bien seul et il lui faudra des nerfs d’acier pour accepter de porter un chapeau peut-être trop grand pour un Préfet. Comme il ne s’est pas fait, au temps de sa gloire, beaucoup d’amis, alors… la curée est proche et le roquet de Meaux restera prudemment dans sa niche.


Après avoir déjeuné avec le premier cercle du Ministre de l’Intérieur où la conversation avait été sinistre, la bouffe limite et les vins lourds, j’étais rentré chez moi et, pour la première fois depuis bien longtemps, j’avais pris une décision d’importance : cesser de m’amuser. Alors, sans hésiter, j’avais renvoyé ma carte de l’UMP au siège de l’UMP rue de Vaugirard avec un petit mot débile pour Copé « la prochaine fois je voterai pour Marine, vous êtes trop cons… » J’avais nettoyé mes fichiers sur mon disque dur puis j’étais allé piocher dans une pile de bouquins pour récupérer ceux dont j’avais besoin. Je les avais enfournés dans un grand sac de toile puis j’étais allé faire la sieste tout habillé. Jasmine étant parti avec les mouflons se dorer au soleil des îles je pouvais gérer mon temps au gré de mes humeurs. Reprendre le fil de mon histoire ne serait pas simple mais j’avais décidé d’y replonger la tête la première sans me soucier de là où je m’étais arrêté au temps où j’infiltrais les BR entre Milan et Turin. J’aurais pu me tirer en Italie chez ma copine Lucia mais le climat y était aussi lourd, délétère avec le retour de la vieille raclure lubrique de Berlusconi et l’éclosion de Beppe Grillo, étrange héritier des débiles des BR et du Benito des origines ; un gauche extrême sans colonne vertébrale, populacière, se nourrissant de la pourriture du système. Quand je m’étais éveillé le crépuscule ajoutait du gris au gris, alors je sortis. Ce que je fis je ne vous le dirai pas car c’est ma part d’ombre comme dirait le couple d’enfer Plenel-Cahuzac. J’aime filer dans Paris. Rejoindre. Me laisser-aller. Le souffle de leur fraîcheur me donne envie d’avancer. J’avancerais donc !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 00:09

L’idée me trottait depuis longtemps dans la tête. Trouver un format court, ne riez pas, qui m’obligerait à faire court. Dans l’une de mes razzias de livres j’ai acheté l’autre jour un petit livre tout blanc, de Jean Clausel, aux Éditions des Cendres, « Cartes postales de mes cuisines ». Voilà, emballé c’est pesé, un recto-verso : une photo et quelques signes griffonnés sur le coin d’une table de café, de bistro, de buffet de gare, de resto chic ou de rade louche.


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Pour inaugurer la rubrique, à tout seigneur tout honneur, je vous transcris l’une de celle de notre auteur qui fait honneur à sa cuisine.


La carte postale vient de Catane située sur la côte orientale de la Sicile, sur la mer Ionienne, à mi-chemin entre les villes de Messine et Syracuse, au pied du volcan l’Etna. 


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« Les jardins de Catane bénéficient de la riche terre volcanique de l’Etna où les arbres fruitiers, les vignes et le noyers sont extraordinairement productifs. Proche de Piazza Duomo et du Liotru, l’éléphant porteur d’obélisque symbole de la ville, le marché de la Pescheria, avec les superbes espadons et autres poissons de la mer Ionienne, présente les oranges, citrons, aubergines, brocolis parmi les corbeilles de verdures des alentours.

Catane est la patrie de Bellini, on y prépare la Pasta alla Norma.

 

INGRÉDIENTS pour 6 personnes


-          600g de gros spaghettis ou de macaroni

-          1,5kg de tomates bien mûres

-          8 aubergines

-          2 oignons blancs moyens

-          1 verre d’huile d’olive

-          3 gousses d’ail

-          Feuilles de basilic

-          Bouillon de légumes

-          Blanc de poireau

-          Ricotta sèche

-          Fleur de sel et poivre en grains à moudre

 

Je ne vais pas vous donner le détail de la recette : trop long mais la copie de la préparation des aubergines.


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En cadeau je vous offre un extrait culte « Casta Diva » tiré de Norma de Bellini interprété par Maria Callas – 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : carte postale
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Samedi 4 mai 2013 6 04 /05 /Mai /2013 11:53

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L’AFP annonce ce matin « Nouveau scandale alimentaire en Chine. Plus de 900 personnes ont été arrêtées récemment dans le pays pour des fraudes alimentaires, dont la vente de viande de rats ou de renards présentée comme du bœuf ou du mouton.

 

Cette fois-ci, « 382 cas de viande coupée avec de l'eau, de faux mouton ou bœuf, de viande avariée et de produits contenant de la viande toxique et dangereuse » ont été découverts. Au total, « 904 suspects ont été arrêtés, plus de 20 000 tonnes de produits carnés frauduleux ou de qualité inférieure » ont été saisis. Dans la province du Jiangsu (est), des détaillants vendaient du « mouton » fait à partir de viande de rat et de renard, additionné de produits chimiques. D'autres, dans le Guizhou (sud), mélangeaient une solution à base de peroxyde d'hydrogène à des pattes de poulet, une gourmandise chinoise. 

Sur internet, ce nouveau scandale suscite nombre de commentaires : « On est presque immunisé contre des centaines de poisons, devrions-nous remercier ces extraordinaires hommes d'affaires ? », s'interroge un internaute sur Weibo, le twitter chinois. »


Le Monde Planète « La Chine fait une indigestion de scandales alimentaires »link

 

La Chine serait-elle en train de s’occidentalisez ? D’oublier face à l’abondance, qu’elle a rarement connue tout au long de sa longue histoire, les fondamentaux de son alimentation. L’irruption d’une large classe moyenne urbaine va-t-elle profondément modifier les habitudes ancestrales des Chinois. La malbouffe est-elle aux portes de la Chine ou l’a déjà-t-elle investie ?


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Zheng Ruolin dans son livre « Les Chinois sont des hommes comme les autres écrit : Qui souhaite comprendre la Chine doit s’efforcer d’abord de saisir comment mange les Chinois qui ont « transformé la cuisine en un art absolu, jusqu’à ne plus savoir s’il faut manger pour vivre ou vivre pour manger. »


Pourquoi l’art culinaire s’est-il plus développé chez les Chinois que partout ailleurs.


1-      L’alimentation principale est constituée de différentes variétés de céréales dont la récolte dépendait, et dépend encore, du climat et de la qualité des terres. La rareté des ressources alimentaires est donc une donnée primordiale. « Les habitudes ancestrales créées par des siècles de pauvreté ont la vie dure : la classe moyenne chinoise reste bien plus végétarienne que « carnivore. »


2-      Le territoire occupé par les Chinois est très pauvre : « peu de plaines fertiles et trop de déserts, de collines rases et de montagnes stériles. Sur ce point rien n’a changé : la Chine nourrit près d’un quart ou d’un cinquième de l’humanité avec simplement 7% des terres cultivables de la planète. »


3-      « Pour satisfaire leur estomac, les Chinois, dont la curiosité est très développée, ont vraiment tout essayé en matières d’expériences alimentaires fussent-elles étonnantes et dangereuses. » Proverbe de Canton « On mange tout ce qui a 4 pattes sauf les tables, tout ce qui vole sauf les avions, et tout ce qui nage sauf les bateaux. »


Les famines récurrentes et leurs lots de révolte ont ponctués la longue histoire de la Chine. Nourrir la population a toujours été pour les gouvernants et les conquérants, si vous me permettez l’expression, « un casse-tête chinois ».


Les Chinois accommodent tout : racines, herbes ou l’écorce des arbres, « le spectre de la disette a stimulé leur inspiration et les a incités à donner naissance à une extraordinaire variété de cuisines, toutes riches et délicieuses ».


Ça surprend les Occidentaux mais les Chinois « se plaisent à expliquer aux visiteurs les particularités de leur cuisine avant de les convier à passer à table. »


Vous pourrez donc apprécier « le scorpion mijoté, le poulpe bouillonné ou la tortue d’eau douce à la vapeur. Sans parler des chiens, des chats ou des cafards qu’on achète au kilo au marché de Canton ou d’ailleurs, à la stupéfaction ou à l’indignation des étrangers. »


La cuisine chinoise est donc un authentique art de vivre « les mets ne sont plus seulement conçus pour être goûtés mais aussi pour être admirés. »


« Le Chinois est devenu aussi sensible au spectacle d’un beau plat qu’à celui d’une peinture ou d’un paysage pittoresque. »


Les 3 critères d’évaluation du raffinement d’un plat chinois : la couleur, le parfum et le goût.

 

Le chef cuisinier chinois doit posséder une « sensibilité de peintre afin de composer un plat esthétique et maîtriser son couteau aussi parfaitement qu’un escrimeur son épée. »

 

Le gourmet chinois, contrairement au français qui fait une partie du travail comme couper sa viande, n’a rien à faire du tout. Il en serait bien incapable car il mange avec des baguettes.

 

Le secret de la cuisine chinoise ne réside pas dans les produits choisis, ils sont assez communs, mais dans leur cuisson et dans le mariage harmonieux des saveurs des différents légumes, des viandes ou des fruits de mer.

 

J’adore la petite pique de Zheng Ruolin « en dépit de maintes révolutions dont elle est si fière, la société française est restée aristocratique alors que la Chine a toujours été, est et restera un grand village familles citoyennes. L’égalitarisme entre les hommes, même s’il n’est pas toujours respecté bien sûr, surtout par les temps qui courent, est l’idéal éternel des Chinois ! Notre maître à penser, Confucius, n’a-t-il pas dit « ce qui est à craindre, ce n’est pas la pénurie, mais les inégalités. »

 

Deux spécificités de la cuisine chinoise sont peu connues des Occidentaux :

 

1-      « pour les Chinois, une palette d’exquises sensations est offerte par les… dents. » c’est le kou gan. Les Français demandent souvent « Pourquoi aimez-vous tant l’holothurie, cette énorme limace de mer, puisqu’elle n’a aucun goût ? »  La réponse est « allez faire comprendre que l’holothurie apporte une sensation indescriptible aux dents du gourmet chinois. Il faut être en mesure de sentir cette esthésie pour pouvoir se régaler de l’holothurie ou de bien d’autres mets chinois. »


2-      L’autre spécificité, « c’est le mélange des goûts destiné à créer une saveur originale inexistante dans la nature. » Si vous avez eu la bonne idée, sur mon conseil, d’acquérir le livre  de Zheng Ruolin vous avez pu comprendre cette spécificité en lisant la description d’un légume très banal, l’aubergine dans Le rêve dans le pavillon rouge, le chef d’œuvre du plus grand écrivain chinois du XVIIIe siècle, Cao Xueqin.


Et comme le souligne Zheng Ruolin « et ce n’est pas un plat de la famille royale. Mais un plat de tous les jours d’un simple mandarin de la dynastie Qing. »

 

Il note aussi « qu’avec la modernisation et la mondialisation fulgurantes des trois dernières décennies, la façon de manger des Chinois a beaucoup évolué, de même que leur manière de s’habiller, de se déplacer et de se divertir. Mais la place centrale de la cuisine et de ses plaisirs dans leur vie, elle, n’a pas changé. »

 

Mon interrogation à ce stade est simple : est-ce que comme chez nous une césure profonde va se creuser entre une haute cuisine élitiste et le manger commun de la classe moyenne qui oublierait ce qu’en France nous appelions le cuisine de ménage, celle de tous les jours ?

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 4 mai 2013 6 04 /05 /Mai /2013 00:09

Le 23/03/2009 je publiais anonymement, avec son accord, le texte d’un vigneron. Ce garçon discret m’avouait qu’il ne goûtait guère le côté place publique de la blogosphère, qu’il n’avait nulle envie de devenir un icône de tous les milieux alternatifs du microcosme de la viticulture française, qu’il ne souhaitait pas rejoindre telle ou telle micro mouvance, qu’il n'avait rien demandé à personne et n’avait aucune aspiration de la sorte.


J’avais donc choisi de conter à ma façon son histoire sans en changer le fond d’aucune manière. C’était sans compter sur notre amie Iris qui dans un commentaire écrivait « Merci, d'avoir repris ce texte d'Eric Texier, qu'il avait mis sur LPV il y a quelques jours, et de l'avoir romancé à votre belle manière.

 

Je pense, que son expérimentation est intéressante, la méthode Fukuoka, après avoir occupée pas mal les jardiniers dans les années 70/80, n'était à ma connaissance pas (ou rarement) pratiquée sur vigne - une des raison: comme le « maître l'avait mise en pratique sur d'autres plantes, il fallait soi-même « décider », si on osait faire une entrave à la doctrine, en taillant les vignes - mesure d'intervention dans le « naturel » pas négligeable et bien décisive, comme le dit aussi Eric Texier dans son texte.


Ce texte avait provoqué une discussion très vive : 27 commentaires ce qui à l’époque était peu coutumier.


Si je le republie c’est qu’il pose assez crument certaines questions. Bonne lecture.


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Donc, c’est l’histoire d’un mec * qui un jour me dit, comme ça, qu’il mène un peu moins d'1 ha en « agriculture naturelle » (expression française de la méthode de M. Fukuoka) sur une parcelle expérimentale où il ne revendique aucune AOC car pour lui rien ne lui permet d'affirmer que ce type d'agriculture, qui n'autorise pas de forte densité de plantation à l'ha, permettrait de donner une image fidèle, ou plus exactement traditionnelle du terroir sur lequel elle est implantée. Je lui demande :

 

-          pourquoi, faites-vous ça ? 


-          tout simplement parce que 8 années de viticulture de type bio, ne m'ont pas convaincu du bienfondé de cette approche.


Comme j’en reste coi, il ajoute :


-          si le travail du sol permet de se passer de cette saloperie de glyphosate (nom générique du Roundup) et s'il existe bien des moyens de se passer d'insecticides organochlorés (confusion sexuelle, bacillus thuringiensis, abeilles,...) l'abandon de molécule de synthèse de type folpel, dithane et al pour retourner vers le cuivre sous quelque forme que ce soit me dérange énormément. Le cuivre est un polluant d'une rémanence et d'une toxicité exceptionnelle pour l'environnement et ne devrait d'ailleurs pas tarder à être interdit en agriculture conventionnelle comme bio !...


Je suis tout ouïe. Je fais bien car, ce qu’il me dit, sans élever le ton, ni se poser en donneur de leçons, exprime fort bien ce que pense au fond de moi.


-          Dans tous les cas, la plante cultivée reste sous perfusion de l'homme. Et ceci me dérange sur un plan éthique et citoyen. Peut-on justifier qu'une production aussi peu indispensable à l'humanité provoque la mort biologique de sols dont on pourrait avoir un jour besoin pour des besoins vitaux. Rassurez-vous je n'y mets pas la Côte d'Or, mais honnêtement, quel est le pourcentage des terres viticoles qui produisent des vins dignes d'intérêt culturel et gastronomique à l'échelle mondiale?


Comme pour s’excuser il se croit obligé d’ajouter :


-          Voilà mon idée stupide : moins la production est vitale pour l'humanité ou la planète, et moins son impact sur l'environnement devrait être important. Encore une fois, et bien qu'étant un passionné de longue date et tentant d'en tirer un revenu pour faire vivre ma famille, je ne mets pas le vin au rang des absolues nécessité pour la vie, n'en déplaise à Platon.


Et moi pour faire rebondir la conversation je le branche sur la méthode Fukuoka. Intarissable.


-                     Après la seconde guerre mondiale, dans un Japon manquant de tout, M. Fukuoka, biologiste spécialiste du végétal de son état, a développé une agriculture très frugale en moyens aussi bien chimique que mécanique et énergétique Cette agriculture est basée sur une posture éthique : intervenir sur les symptômes apparaissant dans un système trop complexe pour qu'on le comprenne dans son intégralité, peut conduire à des dégâts considérables sur ce système, même si les symptômes initiaux ont disparu. Une sorte de théorie du chaos appliquée à l'écologie agricole, en quelque sorte.  M. Fukuoka a mis au point et appliqué cette méthode sur sa propre ferme étant issu d'une famille de paysans.


Il y a cultivé du riz et produit des fruits pendant plus de 50 ans jusqu'à sa mort l'an dernier.

Sa méthode est très simple :

Pas de labour,

Pas de compost ou de d'engrais de quelque sorte,

Pas d'intrant (produits de traitement),

Pas de désherbage.

 

Pour préciser un peu, on va occuper le terrain avec un couvert végétal très dense (en trèfle blanc par exemple), au départ artificiel mais progressivement mi exogène mi endogène. En gros, on va faire sa culture dans un très joli pré auquel on ne touche pas, si ce n'est pour l'entretenir, un peu à la manière d'un fairway ou d'un green de golf : tonte, roulage, aération...Ça, c'est pour pas de labour et pas de désherbage.


Pour pas d'engrais (fertilisation) ni de compost (fertilisation et structuration) : on va semer différentes plantes (en France une céréale rustique pour le printemps et un blé d'hiver) à différents moments de l'année. Plantes qu'on ne récoltera pas mais qu'on couchera ou coupera lorsqu'elles deviendront gênantes pour la culture principale.


On introduit également des plantes à mycorhize de type oignon ail et poireau sauvages, pour favoriser une vie biologique des sols très intense.


En fait, on crée un biotope assez équilibré et autonome dans lequel on va tenter d'introduire une culture...


C'est long, ça demande pas mal de travail et de réflexion... Je crains que le poil dans la main ne soit de trop pour quelqu'un qui voudrait s'y mettre...


Bien entendu toutes ces explications sont très partielles. Il faut aller loin dans le détail pour réellement comprendre la méthode.


L'homme (agriculteur et chercheur) qui a adapté cette méthode en France dans les années 1970 est Marc Bonfils.


Il y a aujourd'hui plusieurs centaines d'hectare de céréales en Beauce qui sont conduits selon ces principes souvent appelés par les technos « agriculture biologique sous couvert végétal permanent ».


Un programme de l'ONU basé sur les résultats de Fukuoka est toujours très actif en Amérique du Sud et en Afrique pour mettre en culture des zones aujourd'hui incultes. Le Brésil compte plusieurs milliers d'hectares de céréales dans le Nordeste menés de la sorte.


On est assez loin de Steiner et de Goethe...


Là, pour faire une pause, pour souffler, je lui propose un « blanc limé » Mais il embraye :


-         Pour ce qui me concerne, mes tentatives de convertir un vignoble existant ce sont soldés par de cuisants échecs. La vigne n'arrive pas à s'habituer à une concurrence aussi forte et brutale. Les rendements chutent à un point ridicule, la mortalité augmente aussi vite que les rendements ont chuté. Pas terrible. J'ai ensuite essayé d'établir une nouvelle vigne à partir de plants greffés dans un terrain préparé pendant une saison complète : couvert de trèfle + rotation de céréale + mychorization. Je précise que j'ai planté à un équivalent de 5000 pieds/ha.


Mieux mais là encore, pas mal de problème de croissance et de mortalité. Par contre, une vie sensationnelle et 0 mildiou, les 2 premières années et un tout petit peu sur feuilles uniquement en 2007 et 2008. SANS CUIVRE.


En 2005 rencontre avec un vieux de la vieille qui me fait remarquer que si ça tire trop (en roulant les r) sur les plants, il faut planter les sauvages (le porte greffe) puis greffer en place après 2 ou 3 ans, le temps pour le porte greffe de bien s'implanter.


Et j'ai mis en pratique les techniques de densification progressives que les permaculteurs néozélandais ont mise au point pour les kiwis.


Comme je ne suis qu’un « ignare total » je me concentre pour suivre. Gentiment, en trempant ses lèvres dans le blanc, il ajoute :


«  Bon, je me résume : on fait un champ de trèfle. On y fait 2 cultures dans l'année pour la biomasse (fertilisation et structure). On y plante progressivement des porte-greffes (2 x 500/ha/ans) pendant 2 ans peut être trois. On court la campagne pour y récupérer des poireaux et de l'ail sauvage, dont on fait une pépinière en aéroponie (bio SVP) pour accélérer la production. 


On greffe en place le ou les cépages dont on a récupérer les sarments chez les potes (merci à Elian Da Ros, Mathieu Cosse, Ciprien Arlaud et Didier Barouillet pour leur contribution), en massale bio sur des vieilles vignes.


On ne palisse pas. Et oui, tout sur échalas pour pouvoir croiser les passages au tracteur. On appelle les copains apiculteurs pour qu'ils apportent leurs ruches au printemps.


Voilà. 5 ans de boulot pour établir une nouvelle vigne... »


Comme l’aurait dit pépé Louis « voilà de la belle ouvrage… » alors je le lui dis. Il sourit mais je sens qu’il a un petit quelque chose sur le cœur, alors je l’encourage à vider son sac. Il y va de bon cœur :


«  Si Mr Bizeul s'est autant cassé le fion que moi pour planter 1 ha de vigne il comprendra ma surprise de voir ses commentaires sur une méthode qu'il n'a même pas pris le temps d'étudier 5 mn avant de l'agresser sur le plan du travail fourni. La plume leste de l'ancien journaliste peut être ? » avant d’ajouter bon prince : « Au demeurant je le remercie pour son reportage sur son chantier de surgreffage en fente qui m’a été fort utiles. »


Moi qui ne suis qu’un plumitif et qui n’aime rien tant que le débat, même un peu vif, Hervé aussi, je suis raccord. Mais, une fois le sac vidé, retour à l’expérience.


« Voilà. 2008 est ma première vraie vendange sur environ 1000 pieds de vigne, conduits sans aucun traitement ni aucune fertilisation.


Une belle année de @#$%& pour une première vendange. Nous avons récolté 1 tonne de raisins avec très peu de perte due au mildiou. Ces raisins étaient murs et sains. Pour une deuxième feuille cette récolte me parait honorable. Il faudra voir la suite.


Maintenant, ma justification principale.


JE NE FAIS PAS CA PARCE QUE JE CROIS QUE MON VIN SERA MEILLEUR QUE LES AUTRES.


Voilà c'est dit. En plus je ne le vends même pas, mais on le picole en copains.


Pour moi il n'y a pas de corrélation entre méthode culturale et expression du terroir ou qualité intrinsèque du vin.


Un terroir de @#$%& reste un terroir de @#$%& même en bio ou en Fukuoka.


Mais je suis heureux et passionné par cette aventure certes agricole mais surtout humaine dans laquelle je me suis lancé un peu inconsciemment. »


Et comme dans toutes les histoires vraies il faut une chute. La sienne prend la forme d’une profession de foi.


« Je continuerai ma viticulture en bio matinée de biodynamie (surtout la 500p la 501 et les cycles lunaires). Mais mes prochaines replantations ou nouvelles parcelles seront au moins partiellement conduites en agriculture naturelle, au moins pour voir si des densités de plantation de 2 ou 3000 pieds/ha permettent d'exprimer le terroir comme le font aujourd'hui leur grandes sœurs à 6000.


Je continuerai aussi l'achat de vendange et le négoce pur et dur, parce que j'en besoin pour nourrir ma famille, qu'il n'y a pas que des geeks qui boivent du vin et que 10 euros dans une quille ça fait déjà mal à pas mal de nos concitoyens et pas uniquement parce qu'ils préfèrent le tiercé au pinard.


Il y a aussi l'immense, et crucial au sens de Masanobu Fukuoka, problème de la gestion des ressources foliaires. Dans cette agriculture, la seule source d'énergie mise en oeuvre est l'énergie solaire. Le seul capteur dont on (les plantes, en fait) dispose est les feuilles. Tout part et repose là-dessus. Gérer la surface et l'efficacité foliaire de toutes les cultures qui entrent en jeu.


Ce qui revient à explorer un monde quasi inconnu de symbioses mystérieuses et d'enzymes diverses et variées.


Un peu de boulot en perspective apparemment. »


Je ne peux qu’approuver, mais il n’a pas fini :


« Ah oui, j'ai oublié : je taille (gobelet), contrairement aux recommandations de Mr Fukuoka qui, au demeurant, n'ont jamais porté sur la vigne. »


Et puis, cerise sur le gâteau, il enfonce le clou :


« Le truc que j'ai vraiment oublié : je ne fais pas de vins "nature" ou "naturels". Même à titre perso, je les évite en général, préférant un bon cidre ou une bonne bière si j'ai des envies d'arômes fermentaires, la volatile et les bretts en moins (encore que dans certains cidres...)


En vinif, je ne m'interdis que les interventions biologiques. Pour le reste, c'est selon, les jours, les lunes... les vins surtout, en fait.


J'ai en horreur la confusion, savamment entretenue par beaucoup, entre méthodes d'agriculture bio ou « naturelle » et vins « nature » ou « naturels ».


Tout cela est permutable à l'infini et tous les cas de figure sont sur les étagères de nos cavistes préférés : les vins pas natures issues de l'agriculture biologique®, les natures issus de l'agriculture pas naturelle®; les natures naturels (NaNa®)... »


 Et c’est la chute finale :


-  Quelles foutaises... 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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