www.berthomeau.com

    Vin&Cie,

             l'espace de liberté

berthomeau1.jpg

Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

Pour recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter, colonne de droite, c'est gratuit. 

Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.

Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme à ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.   

 

 

 

 

 




 

Lundi 12 janvier 2015 1 12 /01 /Jan /2015 07:00

10928872_10203858293553055_184719290831250334_o.jpg

 

Michel Houellebecq quitte Paris pour une destination tenue secrète et interrompt la promotion de son dernier livre Soumission. Il se dit « profondément affecté par la mort de son ami Bernard Maris » dans l'attentat contre Charlie Hebdo.


Nous venons de vivre des journées noires, et ça s’est passé dans la ville où je vis, ce Paris si souvent décriés. J’ignorais où se situais la rédaction de Charlie-Hebdo mais je passais très souvent à quelques encablures d’elle sur mon vélo. Ça ne change rien à l’horreur mais ça matérialise les faits.


Comme beaucoup de mes amis j’ai été saisi, incapable de faire autre chose que de faire le deuil, qui fut d’ailleurs un deuil national de 3 jours, de ces sacrifiés, connus et inconnus.


Pour tenter d’exorciser l’horreur j’ai écrit deux chroniques :


-         Donnons-leur un NOM : des LÂCHES link


-          Les morts de Charlie d’hier et d’aujourd’hui m’ont dépucelé la tête: merci à eux link


Et puis je me suis tu.


Mon ami Olivier Horiot vigneron aux Riceys nous a opportunément rappelé que l’horreur était aussi ailleurs : D’Olivier Horiot « Ils sont aussi Charlie » les agriculteurs de Mbaljouwel dont le village a été brûlé par Boko Haram 37 morts link


Sur mon mur de Face de Bouc je me suis contenté de publier les dessins des caricaturistes du monde entier, quelques témoignages et réflexions « Pourquoi les fanatiques détestent le rire »link qui me paraissaient dignes d’intérêt, puis le dernier jour des infos.


10897126_10203858495758110_2235259484088800082_n.jpg

 

Je dois vous avouer que l’attitude de certains m’a écœurée, commentaires stupides, indécents, tentatives de faire du Charlie, absence totale de retenue, et le pire une forme de récupération d’un esprit qui n’est pas le leur. Mépris profond !

 

Les sacrifiés de Charlie-Hebdo ne l'ont pas été parce que c'étaient des paillards buveurs et ripailleurs mais pour avoir osé caricaturer Mahomet, c'est contre la liberté d'expression que les lâches assassins ont agi, preuve s'il en est qu'elle existe dans notre pays. Ceux qui passent leur temps à écrire le contraire ne sont guère crédibles. La captation de l'héritage de Charlie est minable.


Nous allons marcher ce dimanche, pas manifester sauf notre compassion aux victimes et à leurs familles, proches et amis.


Je ne crois pas à l’unité, dite nationale, mais à une forme, même provisoire, de nous retrouver dans nos diversités au coude à coude en laissant de côté nos opinions divergentes. À chacun de choisir, ceux qui ne seront là pour s’afficher n’ont rien à y faire.

 

La présence de chefs d'Etat ne me dérange pas car ils représentent leurs peuples et non une tendance politique.


Voilà c’est écrit, par un étrange destin les deux dénouements se sont déroulés dans des lieux proches de là où j’ai vécu, ça me donnait le sentiment étrange d’une proximité avec la mort.


Aujourd’hui le cours de la vie reprend son lit habituel.


Alors j’ai choisi de revenir au vin, avec l’actualité que Jacques Dupont analyse bien à propos de l'ordonnance de référé rendue le 7 janvier par le tribunal de grande instance de Paris qui autorise le maintien des visuels de la campagne d'Inter Rhône et une interview de Stéphanie de Boüard-Rivoal, Directrice Générale adjointe du Château d'Angélus depuis 2012 sur le site commercial Grands Vins Privés. Sur cette dernière je ne ferai aucun commentaire car je vous laisse le soin de le faire.

 

1-      Côtes-du-rhône, tribunal et « goût de la vie » ! de Jacques Dupont du Point


En ces temps « déraisonnables » comme disait Aragon, l'information peut paraître dérisoire : le tribunal de grande instance de Paris autorise le maintien des visuels de la campagne de pub des côtes-du-rhône, même s'il demande un changement du slogan qui était le suivant : "Le goût de la vie." Assignée en référé par l'Anpaa (association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) le 19 novembre 2014, Inter Rhône (interprofession des vins A.O.C. côtes-du-rhône et vallée du Rhône) remporte donc une demie victoire puisque les dessins « non dénués de qualité artistique », selon le tribunal, ne justifiant pas "un trouble manifestement illicite ou d'un dommage imminent présentant les mêmes caractéristiques que le juge des référés aurait le pouvoir de faire cesser ou prévenir" sont maintenus et que la couleur rouge, élément identitaire des campagnes Côtes-du-Rhône « se rattache en premier lieu à la nature du vin proposé par les professionnels regroupés dans l'association Inter Rhône lesquels produisent principalement du vin rouge, et que la campagne tend à associer dans l'esprit du public cette particularité à la région des Côtes-du-Rhône ». Encore une chance que le rouge soit reconnu comme une couleur « naturelle » possible du vin.

 

La suite ICI link

 

2-      Interview de Stéphanie de Boüard-Rivoal - Château Angélus - Château Angélus, plus qu'un mythe !

 

GVP : En trois mots, comment décririez-vous le vin du Château d'Angélus si c’était :

 

SBR :

 

- Un film ? Une fresque historique ou un film néo-réaliste dans l’esprit de Fellini

 

- Un voyage ? Une ascension himalayenne, une quête de grands sommets

 

- Un art ? Une peinture, impressionniste

 

- Une musique ? Le 24e caprice de Paganini : une technique impressionnante, de la fougue et une grande harmonie

 

- Un paysage ? Des collines verdoyantes, ondulantes, plantées de cyprès et traversées par une rivière. Un paysage de quiétude et d’harmonie

 

- Un grand personnage ? Alexandre Le Grand, un stratège toujours en mouvement

 

La suite ICI link

 

Nous venons d'avoir la confirmation, ‪#‎Wolinski‬ est bien arrivé au paradis.dédicace @Kersauson


B6_JKFlIUAAPNCs.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 12 janvier 2015 1 12 /01 /Jan /2015 00:09

drapeau.jpg

 

Hier, lorsque j’ai quitté à vélo mon XIVe ce qui m’a de suite frappé c’est le silence, un silence léger à peine troublé par le passage de rares autos, la ville semblait se recueillir. Tout au long de mon trajet vers la Place de la Nation ce n’était que marcheurs sur les trottoirs, longue cohorte convergeant vers les points de ralliement. Pour la première fois depuis que je vis à Paris, avec ma flèche d’argent j’ai enjambé la Seine en empruntant le pont Charles de Gaulle. Sans encombre j’ai gagné la Place de la Nation, tout le monde faisait attention à tout le monde, aucune bousculade, du respect mutuel. Et toujours cette forme de légèreté silencieuse flottant au-dessus de cette foule assemblée.


De partout ce n’était que flux humain, toujours paisible et tranquille, parfois crépitait une salve d’applaudissements. Impressionné. Impressionnant. Je remontais l’avenue Philippe Auguste noire de monde. Au carrefour un cordon de gendarmes dérivait, avec courtoisie et pédagogie, vers le boulevard de Charonne, le cortège qui avançait en rang serré. Et puis, là, face à la bouche de métro je tombais nez à nez avec la petite bande des belles du Lapin Blanc, emmitouflée car une petite bise tranchante balayait l’avenue. Nous n’avions ni pancarte, ni insignes, mais nous étions la marche et nous marchions.


Nous en étions de cet immense élan, nous femmes et hommes de bonne volonté, cohorte d’anonymes.

 

Mais pourquoi fallait-il en être, ici à Paris et ailleurs, en France et dans beaucoup de pays, me direz-vous ?


Pour une raison très simple : témoigner de ce qui nous rassemble : notre commune humanité. Celle à qui les lâches assassins ont déclaré une guerre impitoyable.


Notre côte à côte chaleureux de dimanche a été la preuve de sa richesse et de sa puissance à cette commune humanité et elle nous a donné le courage nécessaire pour défendre la liberté, nos libertés…


Et après !


Que feront-nous demain ?


Je ne sais, mais ce que je sais c’est que ça dépendra aussi de nous, de notre capacité à vivre ensemble dans une forme de respect exigeant et sans concession. La compréhension ne signifie pas faiblesse, nous sommes dans un État de Droit qui est le seul garant des libertés. Que celles et ceux qui s’en affranchissent sachent qu’ils devront s’y soumettre. Intransigeance nécessaire et salutaire pour rompre avec le repli communautaire.


Ma seule photo du jour illustre cette courte chronique : un drapeau qui avait flotté à une fenêtre lors de la Libération de Paris.


Il y eut aussi un selfie de notre petite bande mais là je ne publie pas car vous seriez jaloux 


B7F8BWcCIAAbWbG.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 11 janvier 2015 7 11 /01 /Jan /2015 07:00

Touché au cœur, je déjeunais avec une amie lorsque l’atroce nouvelle s’est affichée sur l’écran de mon IPhone. La suite n’est pas à écrire ici, ce n’est ni le lieu, ni l’heure, le métier de l’ombre a ses règles. Tout ce que je puis souligner c’est que ce pays tient debout n’en déplaise aux oiseaux de malheur qui se repaissent de nos lacunes, de nos lâchetés. Après le deuil, et je l’espère le sursaut de la part la meilleure de notre peuple, dans un recueillement intérieur, avec ma belle Émilie à mes côtés, je fais appel à ma raison. Je me plonge dans la lecture d’une analyse d’Olivier Roy, professeur à l’Institut universitaire européen, où il dirige le Programme méditerranéen. Spécialiste de l’islam internationalement reconnu, il est notamment l’auteur de L’Islam mondialisé (Le Seuil, 2002), Le Croissant et le chaos (Hachette 2007), La Sainte Ignorance (Le Seuil, 2008) et d’En quête de l’Orient perdu, entretiens avec Jean-Louis Schlegel (Seuil 324 p., 21,00 €).


« Pour simplifier (mais tout est simplification aujourd’hui), deux discours se partagent l’espace public. Le discours désormais dominant (même s’il prétend toujours s’opposer au « politiquement correct », alors qu’il est devenu « le » politiquement correct) considère que le terrorisme est l’expression exacerbée d’un « vrai » islam qui se ramènerait en fait au refus de l’autre, à la suprématie de la norme (charia) et au djihad conquérant, même si ces choix se font plus par défaut et par ressentiment que par certitude de détenir la vérité. En un mot, tout musulman serait porteur d’un logiciel coranique implanté dans son subconscient qui le rendrait, même modéré, inassimilable, à moins, bien sûr, de proclamer haut et fort sa conversion publique à un improbable islam libéral, féministe et « gay-friendly », si possible sur un plateau télé sous les coups d’un journaliste pugnace et intransigeant, lequel pourrait se rattraper de ses complaisances envers les grands « chrétiens » de ce monde. Cette demande de « soumission » est désormais récurrente (« pourquoi vous, les musulmans, ne condamnez pas le terrorisme ? »). Et c’est sans doute par antinomie que Michel Houellebecq invente la soumission à rebours.


Le deuxième discours, minoritaire et qui a du mal à se faire entendre, est celui que je qualifierais d’« islamo-progressiste », mis en avant par des musulmans plus ou moins croyants et par toute la mouvance antiraciste. Not in my name, « pas en mon nom ». L’islam des terroristes n’est pas « mon » islam, et ce n’est pas l’islam non plus, qui est une religion de paix et de tolérance (ce qui pose un problème d’ailleurs pour nombre d’athées d’origine musulmane, qui oscillent entre la surenchère dans la condamnation du fondamentalisme et la nostalgie d’un islam « andalou » qui n’a jamais existé). La vraie menace, c’est l’islamophobie et l’exclusion qui peuvent expliquer, sans l’excuser, la radicalisation des jeunes. Tout en participant au chœur du grand récit de l’union nationale, les antiracistes ajoutent un bémol : attention à ne pas stigmatiser les musulmans.


La juxtaposition de ces deux discours conduit à une impasse. Pour en sortir, il faudrait d’abord prendre en compte un certain nombre de faits, têtus, qu’on ne veut pas voir et qui montrent que les jeunes radicalisés ne sont en rien l’avant-garde ou les porte-parole des frustrations de la population musulmane, et surtout qu’il n’y a pas de « communauté musulmane » en France. » link

 

- Par bonheur tu es de retour, sans toi je serais désemparé, tu m’as manqué. Tu sais le manque, dans mon état, c’est un étrange mélange d’attente qui se veut sereine et d’impatience qui ne l’est pas.


J’avais débité cette phrase d’un trait, Émilie emmitouflée me souriait. Si elle n’existait pas je l’aurais inventée, alors m’enhardissant, je lui racontais que pendant son absence, je trompais le temps. Grignotais. Baguenaudais entre mes livres. Et je ne sais pourquoi j’étais tombé sur « Un endroit où aller » le grand roman de Robert Penn Warren, un romancier américain méconnu en France. Je disais à Émilie que cet exemplaire je l’avais acheté pour le Hopper de sa couverture. Il était tout défraîchi. Je l’avais ouvert. Le premier chapitre je le connaissais presque par cœur en dépit des années qui s’étaient écoulées depuis que je l’avais lu. Je l’avais relu d’une traite avec autant de plaisir. Allais-je en rester là ? J’avais faim. Rien, ou presque, dans le frigo. Je pestais contre mon imprévoyance. Il ne me restait plus qu’à aller grailler dans une brasserie près de la gare du Nord. Je déteste les brasseries d’aujourd’hui avec leurs plats réchauffés. Mon vélo, mon sac à dos, et je dévalais l’enfilade de rues qui mènent à Stalingrad.


La brasserie était quasi-déserte. Je m’asseyais sur une banquette et je commandais une choucroute avec une pinte de bière. C’était sinistre, comme-ci je me retrouvais abandonné de tous, exilé. Ça me donnait envie de me replonger dans mon Penn Warren. Le garçon était déjà de retour avec ma platée. Je l’ignorai. L’odeur acidulée de la choucroute mêlée à l’odeur grasse de la charcuterie me laissait indifférent. Je frissonnais. Une main invisible venait de me conduire là où je voulais aller depuis qu’Émilie était entrée dans ma vie.


« Je ne veux pas ici parler simplement d’attirance sexuelle. Je ne veux pas parler de l’automatisme rigide d’une habitude sexuelle bien établie. Je ne peux faire allusion à ce qu’on appelle « tomber amoureux ». Vous connaissez ces choses comme la plupart des gens. Ces choses existent dans le contexte de la vie et du monde tel que nous le connaissons. Ce dont je veux parler n’a aucun contexte, ça existe en soi ; c’est en soi un univers que cet élan qui se satisfait de lui-même »


Mon cœur cognait. Je touchais sans doute à la traduction de ce que j’étais en train de vivre avec toi.


« Vous êtes-vous jamais trop éloigné de la rive quand la houle est très forte après une tempête, et que la grande vague déferlante arrive sur vous avec fracas, vous dominant des tonnes de sa masse de marbre gris-vert, glacée et cependant en fusion, qui glisse vers vous car c’est bien de cela qu’elle a l’air avec sa frange emplumée d’écume qui fouette le bleu étincelant du ciel ? La masse se dresse et vacille sur le ciel juste au-dessus de vous. Vous savez que, si elle vous atteint dans sa chute, elle vous brisera les reins.


Mais plongez dessous. Percez-la. Entrez dans ses profondeurs. Insinuez-vous au plus intime de ses ténèbres frémissantes. C’est votre seul espoir. Alors vous entendez le fracas de la masse mortelle qui s’effondre derrière vous. Non, pas un bruit exactement ; une sorte d’exaspération des nerfs suivie par un silence, et dans ce silence vous entendez, littéralement maintenant, le grincement creux, susurrant, des galets écrasés au-dessous de vous dans la profonde aspiration de l’eau.


Ce dont je parle ressemble à cela. Si vous y êtes passé, vous comprendrez. Sinon, vous avez sans doute eu de la chance… »


Tu vois Émilie, contrairement à Jed Tewksbury le narrateur, et ses 17 ans, face à la très belle Rozelle Hardcastle, moi, au bout de ma vie, je vis ce moment avec toi, cet élan, comme un temps suspendu, incomparable, la plus belle chance de ma vie. Enfant, au bord de l’océan, je rêvais de me lover sous la peau de la mer et j’allais plonger sous les vagues en me disant que ma vie serait belle. Elle l’est c’est TOI.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 11 janvier 2015 7 11 /01 /Jan /2015 00:09

fdef542b-e7ba-42d1-b750-56144e716b29.jpeg

 

Fernand Reynaud, en bon auvergnat, jouait à merveille « le pauvre paysan, ça eu payé, ça ne paye plus… », il n’est pas certain que son humour soit prisé de nos jours par les adeptes du vocabulaire émasculé. Bref, tout ça pour vous dire qu’il est des plantes humbles, pas très présentables, et qui sont pourtant pleines de ressources. La betterave, sous ses 3 formes, fourragère, potagère, sucrière, est de celle-là.


La Beta vulgaris est une racine charnue, légume pour les humains, fourrage pour les animaux et mère du sucre par la grâce de François Charles Achard, de Chaptal et de Napoléon 1er.


Bien évidemment, du fait de mes origines, c’est la betterave à vache que j’ai connu en premier, ou presque. En effet, l’un de mes grands plaisirs d’enfant était de faire tourner le grand volant de la trancheuse de betteraves du pépé Louis. J’aimais le rythme, le son des couteaux fendant la pulpe et les grandes tranches ovales humides. Il ne fallait pas grande chose pour nous émerveiller en ce temps-là.


Coupe-racine.jpg Trancheuse-a-Betteraves.JPG

 

Concurremment, le jardin du pépé Louis fournissait des betteraves rouges que, ma bonne cuisinière de mère, nous préparaient chaudes avec de la crème fraîche maison : tous les matins la tante Valentine actionnait l’écrémeuse qui tintait pour signaler l’arrivée de la crème.  Succulent ! Je reviendrai sur cette betterave qui retrouve des couleurs, si je puis dire, sous l’impulsion de certains chefs.


La betterave sucrière je l’ai découverte, elle, au 78 rue de Varenne, avec le lobby le plus puissant, car le plus argenté, celui du sucre. La CGB, les planteurs, était présidée par Georges Garinois, 15 ans à la tête de ce puissant syndicat (1977-1992) qui, avec celui des céréaliers, dominait la FNSEA : faiseurs de présidents.


Le système des quotas sucriers A, B, C négocié à Bruxelles était une petite merveille de protectionnisme à la sauce libérale qui avait permis à la France de disposer l’une des plus puissantes au monde industrie du sucre, qui ne souvient pas des petits dominos de sucre Béghin-Say.


Say-1.jpg

 

Ces gens-là savaient y faire à Bruxelles comme à Paris, discrets, efficaces, pas du tout bling-bling, des pros du lobbying quoi.


Dans ma carrière de faiseur de discours, en lieu et place de mes chers Ministres, celui que j’ai prononcé en 1991, au Palais des Congrès de Paris, devant un milliers de congressistes de la CGB est resté gravé dans ma mémoire. Le président Garinois n’aimait guère le Président de la République de l’époque et, dans son discours, sans notes, avaient lourdement moqué le couple Kohl-Mitterrand. J’étais doté par les services d’un merveilleux discours technique. L’horreur absolue que de faire des figures imposées sur les quotas. Par bonheur le président Garinois aimait discourir ce qui me laissa le temps de prendre la décision qui s’imposait.


Applaudissements nourris pour le Président qui entamait son dernier mandat. Je monte à la tribune avec mes feuillets mais au lieu de les poser sur le pupitre je les tends au Président Garinois en lui disant « je vous confie ces pages qui feront le suc du rédacteur-en-chef du Betteravier Français… » Rires dans la salle, ce qui était déjà une performance de la part d’un représentant d’un Ministre de Gauche.


Et je me lançai dans une improvisation qui répondait point par point à l’ironie de ce cher Garinois. Je mouillais le maillot, soulignant à plaisir le génie des sucriers à se préserver de la concurrence du sucre ACP ou du fameux aspartam… La salle surprise par mon audace m’écoutait. J’en profitais pour lancer quelques piques sur la nécessaire évolution des prix face à la concurrence de l’éthanol. Bref, je ne fis aucune concession et, à ma grande surprise, je fus applaudi chaudement. Rassurez-vous c’est plus la performance que le fond de mes propos qui déclencha ces bravos. Le Betteravier Français me consacra même son édito ce qui bon pour l’ego.


L’histoire de la betterave sucrière fait partie du génie français link


Dès la fin du 16ème siècle, simple curiosité de botaniste, Olivier de Serres observait que la betterave  possédait un jus qui, en cuisant, ressemblait au sirop de sucre issu de la canne.


C’est en 1747, qu’en Allemagne, Andréas Sigismund Marggraf parvenait pour la première fois à cristalliser, en laboratoire, du sucre de betterave et ce fut François Charles Achard qui consacra sa vie scientifique à appliquer industriellement la découverte. « En 1799, il produit des pains de sucre, comparables à ceux issus de la canne et en 1801, il crée la première fabrique de sucre de betterave du monde, en Silésie. »


Au début du XIXème siècle une véritable « saccharomanie » s’empare, en Europe, des  chimistes, pharmaciens, agronomes qui, tous essayent d’extraire du sucre à partir de la betterave.


« Au cours de la première décennie du XIXème siècle, les deux premières fabriques métropolitaines sont établies en région parisienne à Chelles et à Saint-Ouen. D’autres fabriques sont créées dans la Somme, dans l’Aisne et le Pas de Calais. La naissance de la sucrerie de betterave est donc l’aboutissement d’un long processus de maturation scientifique et intellectuelle, concrétisant une idée qui était « dans l’air » depuis plusieurs années.


Mais c’est le blocus continental, instauré en 1806 par Napoléon 1er, qui va engendre une guerre économique contre le commerce anglais et rendre nécessaire le remplacement des produits coloniaux, comme le sucre de canne.


« En 1811,  Le Ministre Montalivet  présente à Napoléon 1er des pains de sucre, fabriqués par le chimiste et pharmacien de l’Empereur, Deyeux.


Napoléon, voulant  favoriser le développement de cette production et avec l’influence décisive du chimiste Chaptal, signe le 25 mars 1811 un décret ordonnant la mise en culture de 32 000 hectares de betterave.

 

 

Ce jour-là : le 2 janvier 1812


« Dans sa  raffinerie de sucre de canne de Passy,  Benjamin Delessert, jeune botaniste  et industriel français,  essayait depuis plusieurs années de fabriquer industriellement du sucre de betterave avec l’aide de l’un de ses ouvriers,  J-B. Quéruel. Leurs  efforts sont enfin récompensés dans les derniers jours de 1811 et le 2 janvier 1812, il en informe Chaptal. Ce dernier avertit aussitôt l’Empereur et Napoléon, ravi, s’écria « il faut aller voir cela, partons ».


Après avoir constaté par lui-même les résultats obtenus, Napoléon 1er s’approcha de Benjamin Delessert et dans un élan d’enthousiasme et de reconnaissance, il détache la croix de la Légion d’Honneur, qu’il portait sur la poitrine et la lui remit. (l'illustration de la chronique)


Le 6 janvier 1812, Chaptal fait un rapport à l’Empereur sur la fabrication du sucre de betterave et le 15 janvier 1812, ce dernier,  pensant détenir avec la naissance de la  sucrerie métropolitaine, une carte maîtresse  dans sa lutte économique contre l’Angleterre, signe un nouveau décret, qui ordonne cette fois la mise en culture de 100 000 hectares de betteraves et qui prévoit  la création de 5 écoles de sucrerie et  accorde 500 licences pour établir de nouvelles fabriques.


Quelques années plus tard, Benjamin Delessert revendra sa fabrique de sucre à la famille Say et se consacre à son autre activité industrielle, la filature de coton. »


Mais revenons un instant à la betterave pour bipèdes :


-         Un grand classique : la mâche betterave link


3Betteraves

photo je mijote link


-         Un must : la betterave jaune-ricotta restaurant Yard


betterave-jaune.jpg


-         Un grand retour : la soupe de betteraves in Régal


betterave-soupe.jpg

 

Bon appétit et pour la SOIF c’est « Le Clou 34 » l’aligoté de Claire Naudin… qui n'est pas chaptalisé bien sûr 


le-clou-34.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 10 janvier 2015 6 10 /01 /Jan /2015 00:09

7 (1)

 

La vie continue...

 

Sur les réseaux sociaux le fin du fin est de basher, de l’anglais bash : frapper, tabasser, critiquer vertement… Bien évidemment, l’une des têtes de turc les plus prisées dans ce jeu de massacre est notre Président…


Pourquoi pas, ce n’est pas nouveau, autrefois dans les foires et les fêtes foraines, les jeux de massacre issus des jeux de Passe-boules permettaient de se révolter sans risques contre l’ordre établi.


141

 

Il s’agissait d’abattre, à l’aide de balles en chiffon garnies de son, des têtes caricaturées de bourgeois, de juges, de gendarmes ou d’homme politiques. Il y eut même des cibles vivantes : de jeunes gens acceptaient pour un salaire dérisoire de recevoir, non sans risque, une balle sur leur visage grossièrement maquillé.


Jeux d’adresse * donc, mais le corollaire était, bien sûr, qu’il fallait être adroit pour emporter le lot de pacotille proposé par le forain. Se défouler est à la portée de n’importe qui, gagner est une autre paire de manches.


Et c’est là que, sur les réseaux sociaux, le bas-blesse car en effet y fleurissent, si je puis m’exprimer ainsi, des plumes bien médiocres tenues par des aigres, des frustrés, des à ego surdimensionné, des Pr Choron d’occasion, des tout le monde et des n’importe qui, qui ne peuvent prétendre à jouer dans le registre d’un Desproges ou d’un Coluche.


Ça vole souvent très bas.


Consternant, je dirais même con tout court… Mais, que voulez-vous, les vents ça ne fait que du vent, du trafic quoi, de la « notoriété » à deux balles dans le cercle étroit de ses « amis » de Face de Bouc.


En écrivant ceci je ne joue pas les mijaurées, les cul-pincés ou les c’était mieux avant car moi aussi j’ai mes têtes mais ne comptez pas sur moi pour vous dire lesquelles.


Avoir ses têtes : « Préférer certaines personnes à d'autres, avoir ses aversions personnelles…


« Il a ses têtes, la concierge de l'école maternelle, un camionneur du Vaucluse et Julius. Celui-là il ne peut pas le blairer »

 


Ce goût immodéré de l’exécration affiché, développé jusqu’à plus soif par certains, ne m’étonne pas car il relève d’une forme de posture bien commode qui évite aux intéressés de se remettre en question. Comme le disait ma grand-mère de se regarder dans la glace. Ces autres sur lesquels ils frappent à bras raccourcis, aussi puissants, aussi exécrables qu’ils fussent, sont aussi très souvent le reflet de la face caché, l’impuissance, de ces adeptes du bashing.


Liberté, liberté chérie, les réseaux sociaux ouvrent grande la fenêtre de la liberté d’expression de tout un chacun et ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre. Simplement il faudrait tout de même que ces pourfendeurs évitent d’avancer masqués, de ne présenter que le côté lumineux de leur face. Les personnages publics sont, à juste raison, appelés à la transparence, demander aux redresseurs torts d’afficher autre chose que des bribes de CV me paraîtraient de bonne et saine politique.


Ce n’est qu’un vœu, sans doute pieu mais savoir à qui on a affaire est, pour une conversation, un échange, une controverse, la moindre des politesses dans une société qui se dit civilisée.


Le mécontent solitaire qui se payait une partie de jeu de massacre, à la fête votive du village ou à la Foire du Trône, se défoulait sous le regard de ses copains et de quelques badauds rigolards alors que le bashing sur la Toile entretien un étrange climat où, la soi-disant ironie, le second degré ou autre méchanceté prennent souvent des relents nauséabonds, une forme de haine ordinaire…


Mon code déontologique sur Face de Bouc est simple et clair :


-         Je ne participe plus aux empoignades factices sur les murs des spécialistes des jeux de massacre…


-         En cas de récidives notoires je vire de mes « amis » ceux qui dérapent…


-         Je vire les coucous qui squattent mon mur.


-         Je poste sur mon mur des informations de bonnes sources, des caricatures de gens de talents, des photos, des vidéos, et mes chroniques bien sûr.

 

- Je continuerai de moquer le minuscule bal des vanités de Savonarole en vieux cashmere et de révoltés récupérés pour un plat de lentilles...


« Un peu de douceur dans ce monde de brutes… »

 

 

* « LES JEUX D’ADRESSE : les plus simples sont les chamboul-tout ou casse-boites invitant le joueur à abattre une pyramide d’objets. Perfectionnées, les boîtes se transforment en plateau de garçon de café. Il faut alors abattre verres et bouteilles.



* Jeu de massacre politique La bande à Hitler Jeu complet de quarante têtes caricaturant ennemis et collaborateurs Bois sculpté en ronde bosse polychrome France, vers 1946 (fentes, meuble de présentation moderne) Haut.: entre 25 et 30 cm Inventaire de la collection n°298 Sorti juste après la libération, ce jeu de massacre destiné à assouvir des pulsions vindicatives, rassemble autour d'un Führer - multiplié en plusieurs exemplaires et associé à l'effigie du diable - certaines figures de l'Allemagne nazie aux côtés de Mussolini et d'une partie du gouvernement de Vichy (Pétain, Laval...) entourés de toute une équipe de collaborateurs


 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 9 janvier 2015 5 09 /01 /Jan /2015 00:09

 BOKO2

 

J’ai reçu ce message de mon ami Olivier Horiot vigneron des Riceys :


Coucou à tous,


Nous sommes tous Charlie ici, mais la situation n'est pas joyeuse au Sahel non plus chez nos amis de Maroua (les agriculteurs que nous aidons avec notre association champenoise « la Vigne du Partage »link).


En pièce jointe, pour info donc, et si jamais leur écho pouvait s'entendre jusqu'ici afin de ne pas les oublier.


Gardons les yeux ouverts, bon courage !


Bises à tous depuis la rue ... de Bise


Et meilleurs veux, malgré tout, à ceux que je n'ai pas encore croisé.


Fil


Sincèrement,


Olivier HORIOT


horiot2.jpg


 BOKO3.jpg

 

Objet: Situation de Mbaljouwel dans la paroisse de Nguetchéwé


 

Les attaques lâches et barbare contre Charlie Hebdo en France perpétrées par les extrémistes islamistes, nous rappelle la situation que nous vivons chaque jour dans la région de l'Extrême-Nord. Nous avons l'impression que la méchanceté gratuite veut prendre le dessus sur la liberté dans notre monde. Cela n'est pas acceptable. La terreur et l'obscurantisme ne peuvent pas diriger notre monde.


Je tiens à vous partager en fichier joint, un document présentant une situation que nous venons de vivre dans notre diocèse. Cela nous inquiète énormément.


Merci pour vos prières afin que la paix reviennent dans notre monde et spécialement dans notre région de l'Extrême-Nord Cameroun.


Bonne et Heureuse année 2015.


 Edouard Kaldapa


Secrétaire de la Caritas Maroua-Mokolo


         CARITAS MAROUA-MOKOLO


Diocèse de Maroua-Mokolo

B.P : 49  Maroua

Tél : (237) 22 29 18 12 / 99 86 99 31

Email : caritasmarouamokolo@yahoo.fr

 

BOKO4.jpg

 

Situation des attaques de Baljouwel dans la paroisse de Nguetchéwé

 

Suite à notre visite du 3 janvier 2015

 

 

Les périodes de fête de Noël se sont révélées être dramatiques pour de nombreuses populations de Mayo-Tsanaga et du Mayo-Sava. L'attaque de Baljouwel  du 26 décembre 2014 dans l'arrondissement de Mayo-Moskota (paroisse de Nguetchéwé) perpétrée par des éléments armés attribués à la secte islamiste Boko Haram a créé une panique générale au sein des populations. Au moment où l'insécurité monte en intensité, une psychose gagne l'ensemble des populations de la Région de l'Extrême-Nord Cameroun. La zone autour de Nguetchéwé, à une trentaine de kilomètres à l'intérieur du territoire Camerounais s'est révélée être le principal théâtre des opérations de la secte islamiste. La menace n'est plus seulement aux frontières, mais se trouve désormais à l'intérieur du territoire Camerounais.


Notre descente sur le terrain dans les villages sinistrés et nos divers entretiens avec les autorités locales justifient la présente note qui fait un point sur la situation d'insécurité dans la zone.


 

La situation actuelle des attaques :


Depuis juillet 2014, des attaques ciblées se multiplient contre des personnalités gênantes pour la secte islamiste Boko-Haram dans la zone de Ngeutchéwé. Ces attaques montent en intensité depuis le 21 décembre 2014. Le cas emblématique reste l'attaque spectaculaire du village Baljouwel  par les éléments de la secte islamiste Boko-Haram.


En effet, Baljouwel  est un village enclavé perdu dans la brousse à 7 km à l'Ouest de Nguetchéwé et 11 km de Mozogo, le chef-lieu d'arrondissement du mayo-Moskota. Le village est inaccessible en véhicule 4 roues, les pistes qui le traversent font de ce village, un village carrefour et un dernier verrou  avant la ville de Mozogo. Peuplé d'environ 650 habitants, essentiellement composés d'agriculteurs non musulmans, ils sont perçus comme des traitres qui renseignent les autorités sur les mouvements des éléments de la secte dans leurs zones.


Ainsi, dans la nuit du 26 décembre 2014 aux alentours de 19h, plus d'une centaine de personnes armées, dont plusieurs enfants d'environ 12 ans, probablement appartenant à la secte islamiste Boko-Haram ont pris d'assaut le village. Sans raison connue, scandant "Allahu akbar", ils ont encerclé le village, puis se sont mis à piller les maisons en emportant les chèvres et moutons avant de mettre feu et tuant tous les hommes. L'essentiel des personnes tuées sont larguées dans les flammes. Plusieurs familles ont été bloquées et consumées par les flammes. L'alerte donnée par les survivants n'a rien donné. Les assaillants ont opéré tranquillement jusqu'à 23h avant de répartir vers le Nigéria. Ils se sont permis de se faire accompagner de quelques jeunes filles et femmes pour les aider à conduire les animaux jusque dans les environs du village Djibrili. Après avoir tergiversé entre eux s'il faut les emmener ou non, craignant de se faire repérer par les forces de l'ordre, ils décident de les renvoyer. Faute d'effectifs suffisant de l'armée dans la zone et en raison de son enclavement, le village n'a pu être secouru ni pendant, ni après les attaques. Ils sont abandonnés de tous à leur triste sort.


Le bilan de cette attaque est très lourd: 37 morts brulés par le feu, toutes les 137 maisons du village brulées avec tous les biens familiaux (épargne, vêtement, pièces officiels, récoltes, etc.), tous les animaux emportés, population traumatisée et en fuite. Les récoltes qui viennent d'être achevées (mil, arachides, haricots, coton, etc.) sont totalement brulées.


selon les survivants, ces personnes connaissent très bien le village. Ils appelaient certaines personnes par leurs noms. Ces crimes odieux resteront bien sûr impunis, puisque aucune enquête n'est pour le moment diligentée. Cette méchanceté reste difficile à comprendre.


Les attaques de même ampleur ont eu lieu successivement dans les villages de Zénémé (24 maisons brulées et 3 morts), Hodogo (10 maisons brulées), Goldavi (1 maison brulée), Tala-Gozélé et Vouzi (27 maisons brulées et 1 mort).


Le trait commun entre ces villages est la non appartenance des habitants à la religion musulmane. Il est évident qu'il n'ya pas de guère entre les religions au Cameroun. Toutefois, les communautés musulmanes constituent le vivier principal de recrutement de la secte islamiste et ceux qui s'y opposent subissent la même violence. Les victimes commencent à soupçonner une complicité ou une "béhachisation ou bokoharamisation massive"(c'est-à-dire devenir membre de Boko Haram) des populations dans les villages en majorité musulmane dans la zone. Ces déclarations se justifient selon eux par le fait que les terroristes traversent certains villages pour attaquer d'autres.


Les inquiétudes grandissantes des populations:


Les attaques des villages et des marchés en plein jour par des éléments terroristes ont créé une grande psychose dans la population des arrondissements de Koza et Mayo-Moskota. Les populations non musulmanes des villages attaqués et de villages voisins fuient les villages pour se réfugier dans les villes de Mozogo, Moskota, Koza, Mokolo, Maroua. Les structures sociales telles que les écoles, les centres de santé, les marchés sont complètement fermées dans la zone. Les plus nantis mettent leur famille en sécurité loin des théâtres des opérations.


Les attaques successives du marché de Kuyapé qui se sont soldées par des morts et le pillage des commerçants renforcent ces craintes.


Il est désormais évident que Boko Haram se trouve à l'intérieur du territoire Cameroun. Comment comprendre que certains villages tels que Bornori, Djibrili, Talakatchi, Chérif-Moussari, Zénémé, Gouzda Vréket, Goldavi, Talkomari, Kuyapé, Nguetchéwé ne sont pas inquiétés et régulièrement traversés par les membres de la secte islamiste pour perpétrer des exactions plus loin. ont-ils déjà fait allégeance à la secte islamiste Boko-haram? Dans tous les cas, il y a des fortes complicités dans ces villages, ce qui rend difficile le travail des forces armées pour protéger les populations. Il est urgent de pacifier et sécuriser la zone.


BOKO5.jpg

 

Les mesures humanitaires urgentes à prendre:


A cause de ces attaques, les survivants des villages brulés sont aux abois et dans le dénuement total. Ils manquent d'abris, de vêtement, de nourriture. L'accès aux soins de santé est inexistant. Leurs enfants en âge scolaire sont dans la rue. Ils ont plus que jamais besoin de la solidarité agissante des autres.


Jusqu'à ce jour, les sinistrés de ces différents villages n'ont bénéficié d'aucune assistance. Il est donc urgent d'organiser une assistance à ces populations d'environ 2000 personnes. Leurs besoins concernent l'alimentation, les abris, les vêtements, les couvertures, l'éducation des enfants, l'accès aux soins de santé, carte nationale d'identité, actes de naissance.


Dans les 6 mois à venir en période de soudure, une famine de grande envergure est à redouter dans les départements du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga. Les récoltes ont été détruites dans plusieurs villages et l'élevage est quasiment anéanti. Il s'agira de venir en appui à l'ensemble de la population déplacée qui touche plus de 200 000 habitants. L'aide alimentaire est donc nécessaire.


         Fait le 5 janvier 2015

 

Le secrétaire de la Caritas

 

BOKO6.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 8 janvier 2015 4 08 /01 /Jan /2015 14:12

4551819_6_4653_2015-01-08-78730c9-14051-dh8p5o_2c00e947bfa9.jpg

 

Affirmer, en ces jours noirs, qu’avoir 20 ans en 68 c’était les beaux jours de sa vie, ça fait très vieux con.


Charb avait alors 1 an, Tignous 11 ans, Maris 21 ans Reiser 27 ans, Cabu 30 ans, Wolinski 34 ans, Cavanna 45 ans…


Du talent, des talents, de l’irrévérence, de l’impertinence, de la saine grossièreté, loin de la trivialité, une férocité de trait ou de plume dans un gant de douceur, des éclaireurs, des téméraires, des bons-vivants, des malappris, des érecteurs de vérité, des semeurs à tout vent de liberté, ils m’ont dépucelé la tête.


Le premier à se tirer, en 1983, bouffé par ce putain de chancre fut Reiser que j’aimais tant…


Puis au début de 2014, ce fut au tour de François, le Rital, de tirer aussi sa révérence, un putain de sacré bon écrivain ce Cavanna.


Et puis ce funeste matin du 7 janvier 2015 vint, de lâches cagoulés, caparaçonnés, après avoir exécuté froidement 12 innocents ont proclamé dans leur fuite avoir tué Charlie.


Bande de tarés !


Charlie est, et sera toujours vivant, mais vous avez fauché la meilleure part de ma jeunesse, des mecs qui en faisant sauter la chape de plomb d’une France bien-pensante, confite dans les bondieuseries, l’ORTF, Michel Droit et autres censeurs, m’ont oxygéné la tête.


Je ne vous hais pas, je vous méprise.


Orphelin de ceux qui m’ont dépucelé la tête je suis triste et meurtri.


Je les pleure aussi.


Être privé de Bernard Maris le vendredi matin sur France-Inter c’est pour moi une amputation de la pensée libre, ouverte, paradoxale et original.


Adieu oncle Bernard je t’aimais bien.


Il en est qui devraient fermer leurs grandes gueules et se faire tout petit car ils n’ont jamais été du côté des combats des braves de Charlie. Déjà insidieusement fleurissent des écrits vénéneux par ceux qui croient au ciel comme ceux qui n’y croient pas.


Lisez ceci avant de continuer à nous saouler avec vos savantes analyses :


« Ils étaient tous là, ou presque. Comme tous les mercredis. Réunis entre chouquettes et croissants autour de la grande table ovale qui occupe toute la pièce pour la conférence de rédaction. Un rituel immuable depuis la création de Charlie Hebdo. A gauche, comme toujours, Charb, le directeur de la publication. Ce mercredi 7 janvier avaient pris place à ses côtés les dessinateurs Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré et Riss, les rédacteurs Laurent Léger, Fabrice Nicolino et Philippe Lançon, l’économiste Bernard Maris ou encore les chroniqueuses Sigolène Vinson et Elsa Cayat.


La conférence de rédaction débute généralement à 10 h 30 et s’anime rapidement à la faveur de quelques blagues grivoises. Un seul sujet tabou : la machine à café, parce qu’elle ne marche jamais. Aux murs sont épinglées quelques « unes » mythiques du journal satirique : celle de « Charia Hebdo », qui avait motivé l’incendie criminel ayant ravagé les anciens locaux de l’hebdomadaire, en novembre 2011, une autre sur Marine Le Pen illustrée par une « merde » sur le drapeau français, une caricature du pape dénonçant la pédophilie dans l’Eglise, un Sarkozy grimaçant…


La réunion se finit quand elle finit, c’est-à-dire quand il est l’heure d’aller casser la croûte aux Petites Canailles, un bistrot de la rue Amelot, dans le 11e arrondissement de Paris. »

 

La suite ICI link

 

Orphelin certes je suis mais je reste optimiste Charlie a fait de beaux et talentueux petits et des vieux cons comme moi en seront croyez-moi.


« Comme aurait dit Cabu, il faut qu'on sorte un journal encore meilleur, donc on va le faire, je sais pas comment, on va l'écrire avec nos larmes »


J’embrasse fort tous ceux qui partageaient la vie des 12 sacrifiés, la vie continue, debout…


Et Dieu dans tout ça ?


« Si Dieu descendait sur Terre, tous les peuples se mettraient à genoux, excepté les Français qui diraient : « Ah ! Vous êtes là ! Ce n’est pas trop, tôt ! On va pouvoir discuter un peu ! »


Paroles d’Anglais, lord Balfour.


B61IshuIUAErbMP.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 8 janvier 2015 4 08 /01 /Jan /2015 00:09

B6wwiJvCEAAyodV.jpg

 

« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait Albert Camus.


Donnons-leur un NOM : des LÂCHES


MAIS NE RIEN CHANGER... MARCHER DANS LA RUE... NE RIEN LEUR CÉDER... PLEURONS… RIONS… RÉSISTONS…


« Ils voulaient mettre la France à genoux, ils l’ont mise debout »


« Cet après-midi, la réponse apparaît dans son évidence : ce qui nous rassemble, c’est notre commune humanité, elle à qui les assassins ont déclaré une guerre impitoyable. Elle est riche et puissante, cette commune humanité, elle nous donne le courage nécessaire pour défendre la liberté. » Axel Kahn


« Ils ont pris la foudre pour nous » a dit Borloo, adieu à tous, les inconnus, les connus, le doux Cabu, le paillard Wolinski, le brillant Bernard Maris, les jeunes Charb et Tignous


On ne tue ni l’irrévérence, ni l’impertinence, ni l’intelligence…

 

Silence pour ceux qui sont morts…


 

B6xNfuHCAAE_xRX.jpg

B6xSgIyCIAAjlO8.jpg B6xBqcWCYAAyW0b.jpg B6xl0ztCcAAtmDy.jpg B6wQ2MIIYAEAE3M.png

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 7 janvier 2015 3 07 /01 /Jan /2015 00:09

crus-du-Bojo.jpg

 

Les Échos écrivent « La procédure de divorce entre les dix crus du Beaujolais, d’une part, les beaujolais et beaujolais-villages, d’autre part, est engagée. Le retrait de l’Organisme de défense et de gestion (ODG) des crus du Beaujolais de l’Union des vignerons du Beaujolais (UVB) a été entériné mardi 30 décembre à Villefranche-sur-Saône (Rhône) par le conseil d’administration de cette instance. «La scission aura lieu doucement, inéluctablement», assure Audrey Charton, présidente de lODG des crus du Beaujolais, à lorigine de cette séparation.


En reprenant «lentière gestion administrative et financière» de cet organisme, déléguée depuis 2007 à lUVB, les dix crus du Beaujolais entendent «gagner en efficacité» et accélérer le traitement de certains dossiers vitaux pour leur avenir, comme le classement en climats après le travail de caractérisation des terroirs entrepris. L’objectif est de délimiter des crus de lieu-dit puis des premiers crus, comme en Bourgogne voisine, pour mieux valoriser leurs vins. Les crus veulent se différencier, dans un contexte régional marqué par une érosion des volumes de vente de primeurs, encore constatée en 2014, et par une forte dépréciation du prix des vignes de l’appellation générique et des beaujolais-villages. »


Au-delà de gloses souvent approximatives, mais c’est un « journaliste bourguignon du vin » qui l’écrit, comme celle-ci « Les crus du Beaujolais font sécession : ils ne souhaitent plus apporter leur contribution à l'Interprofession. »link, ce qui est faux, ils se contentent de quitter l’UVB à qui ils avaient confiés la gestion administrative et financière de leur ODG. Bien sûr, lorsqu’il y a rupture un bon état des lieux s’impose afin d’éviter des contentieux. Cependant, il serait difficilement compréhensible que l’Interprofession du Beaujolais puisse avoir un quelconque crédit sans ses crus. Quand à une éventuelle fusion avec celle du grand voisin bourguignon elle ne serait que de pure gestion : l’appellation Beaujolais ne serait pas passée par pertes et profits.


Indépendance non,  autonomie oui, et comme je l’ai écrit en titre « Un bon divorce vaut mieux qu’un mariage bancal »


Suite à la réforme de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) en 2007, les ODG se sont substituées aux syndicats de défense de l’appellation et, fait capital qui change la donne, les vignerons n’ont plus le choix comme au temps des syndicats, ils sont automatiquement membres de l’ODG et doivent casquer.


Cette caporalisation voulue par des soi-disant libéraux, et dont on n’a pas suffisamment pesé les conséquences, change radicalement la donne en renforçant le pouvoir de ceux qui se cooptent depuis des décennies.


Le système dit des familles professionnelles, production, négoce, qui sert de socle au vote des fameuses CVO, est totalement verrouillé du côté des vignerons par le syndicalisme historique. Bien sûr on vote mais il suffit d’assister aux assemblées générales pour être édifié sur la santé démocratique de ces organisations.


Lorsque Gilles Paris, président de l’interprofession beaujolaise déclare que « l’important est qu’il n’y ait pas de scission et que la base, les viticulteurs, soit consultée » il reconnaît le peu de représentativité de ceux qui ont pris la décision.


La bonne question face à l’empilement des organismes, aux prélèvements financiers obligatoires, est : à quoi ça sert ?


Quels sont les services rendus aux cotisants ?


Quel bénéfice le consommateur tire-t-il de ce système ?


Il ne s’agit pas pour moi de jeter le bébé avec l’eau du bain mais de redonner de la vigueur, de la représentativité à des corps intermédiaires qui sont indispensables au bon fonctionnement de la démocratie économique.


On se retrouve trop souvent face à des pratiques formelles, maniées avec dextérité par une poignée de dirigeants s’appuyant sur une technocratie privée, qui permettent de profiter de la passivité de la masse. Les minoritaires actifs sont souvent marginalisés, parfois combattus. La confiance s’érode. Les discours populistes fleurissent.


Alors, au lieu de spéculer sur une éventuelle OPA du négoce bourguignon sur le Beaujolais des crus, il me semble qu’il serait plus intéressant d’engager un réel choc de simplification dans les structures « privées » du vin, concurremment bien sûr à celui que les pouvoirs publics se doivent de faire.


Vœu de début d’année, SGDG...

 

La remise en cause dépasse largement la spécificité beaujoloise, faute de traiter les problèmes à temps le risque est grand de voir fleurir ceci : l'avocat Gilbert Collard et des viticulteurs contre Interloire link

 

Pas joli, joli, ce mélange des genres... Sortez les sortants, air connu, certes, mais si c'est pour faire la place à ces gens-là 


crus-du-Bojo2.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 6 janvier 2015 2 06 /01 /Jan /2015 00:09

ear.jpg 71606209.jpg

 

Si je puis m’exprimer ainsi il y a des choix de tête, des choix de cœur et des choix de bouche, le raisonné, l’impulsion, le goût.


En me référant à mon vécu, sans faire le Desprogien « Toute la vie est une affaire de choix. Cela commence par « la tétine ou le téton ? » Et cela s’achève par « Le chêne ou le sapin ? », j’ai d’abord appris à lire donc ma première expérience de choix fut celui du choix d’un livre.


Même si ça peut vous surprendre celui-ci, depuis l’origine, s’est appuyé sur la trilogie évoquée ci-dessus. Le choix de bouche étant ici celui du bouche à oreille. Je n’ai jamais été adepte de la lecture des critiques littéraires. Et pourtant j’ai choisi dès 68 Modiano avec sa Place de l’Étoile, Houellebecq et son « Extension du domaine de la lutte » ou encore Robert Penn Warren l’un des grands auteurs américains méconnus.


Puis vint le cinéma, et là ce fut mon oreille qui prima : j’écoutais le dimanche soir le Masque et la Plume où brillaient les duettistes de la critique : Bory et Charensol. Paradoxalement ma culture cinématographique doit beaucoup à la télévision et à Claude-Jean Philippe  et son Ciné-club du dimanche soir tard sur la 2. Par la suite je n’ai plus consulté la critique choisissant au feeling et au bouche à oreille.


Pour la musique j’écoutais la radio et j’ai eu des coups de cœur ! J'en ai toujours d'ailleurs...


Reste les produits de bouche : la faim et la soif.


En ce domaine j’en suis resté au principe de ma mémé Marie : la bonne viande se trouve chez un bon boucher, le bon pain chez un bon boulanger, les bons fruits et légumes dans le jardin du pépé Louis… Pour le vin ce fut plus compliqué car là où je suis né, la Vendée, le jus local était redoutable, une belle piquette.


Ma culture du vin je l'ai fait de bric et de broc sans jamais lire ce qui s’écrivait sur le vin dans la presse spécialisée ou généraliste. Arrivé à Paris j’ai fait confiance au caviste de la rue de Tolbiac, un gérant Nicolas qui n’avait rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Puis le hasard m’a confié la gestion d’une grande cave : celle de la Présidence de l’Assemblée Nationale, j’ai beaucoup goûté, choisi et acheté. Après j’ai fait marchand de vins à la SVF ou j’ai dégusté chaque matin les échantillons destinés à faire le vin du populo. Ça forme et rend modeste. Ensuite j’ai pratiqué le vin politique au 78 rue de Varenne. Reste enfin l’exercice entamé sur ce blog il y a 10 ans. Il m’a fait fréquenter les dégustations, les dégustateurs, les déjeuners de presse, les salons, et ça n’a fait qu’ajouter à mon peu de goût pour la critique du vin.


Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit : la critique est utile pour guider le choix de certains consommateurs. Le problème avec le vin c’est que seule une toute petite minorité, dites d’amateurs pointus, s’y réfère, le bon peuple français achète son vin en GD sans se soucier d’elle.


Le plus beau paradoxe de la critique fut généré par Robert Parker, ses fameuses notes ont eu pour effet de devenir la cote des GCC de Bordeaux tout particulièrement, d’en faire flamber les prix et par contrecoup de priver les amateurs pointus des beaux jus et de marginaliser l’ensemble de la critique française. Pauvre Bettane !


Enfin, choisir un restaurant a toujours constitué pour moi un casse-tête chinois, je doutais de l’indépendance de la critique, hormis des exceptions tel François Simon mais je ne lisais pas le Figaro en ce temps-là, ni aujourd'hui d'ailleurs, et La Reynière dont le passé ne me plaisait guère, l’arrivée de Ribaud au Monde, qui aimait en plus le picolo, m’aida dans mes choix. Au passage, les guides, le Rouge tout particulièrement, n’ont jamais fait parties de ma culture. Bref, très vite là aussi je m’en tins au bouche à oreille.


C’est quoi au juste le bouche à oreille ?


Ce qui se dit dans un cercle plus ou moins large d’amis, de relations, de personnes de confiance tels certains cavistes indépendants « à l'origine, le « bouche à oreille » désignait une confidence. On imagine effectivement une personne parler à l'oreille d'une autre pour assurer la confidentialité de la discussion. C'est de cette notion de « secret » qu'est apparu le sens de « rumeur », de bruit qui court. Le bouche à oreille désigne donc une information qui se propage de façon officieuse. Cependant il ne s'agit pas forcément de rumeur négative. »


La propagation, autrefois lente, est maintenant fulgurante avec l’irruption des smartphones, des réseaux sociaux. Tout se dit, tout et n’importe quoi, se répand, se diffuse en une poignée de secondes, disparaît sitôt ou s’installe. On peut tempêter, le regretter, en appeler au sérieux, au professionnalisme, mais, face à leurs écrans connectés, les consommateurs font leur marché. Le bouche à oreille est devenu la règle.


indegivrables-dessin-facebook.jpg

 

Pour autant est-ce le glas de la critique, écrite, structurée, professionnelle ?


Je ne le pense pas, mais la condition de sa survie c’est que ceux qui la pratiquent sortent de leur petit gourbi pour s’ouvrir à des sujets plus larges qui intéresseront un public plus large et plus varié. Rompre avec l’entre-soi qui est aussi la marque de fabrique de beaucoup de blogs de vin.

 

Ça ronronne sec ! 


Un bon exemple de cette ouverture c’est ce que pratique le couple Dupont-Bompas dans le Point.fr en remettant le vin à sa bonne place : sur la table ! La fameuse table à la française… De même 120°C, dans lequel Michel Smith chronique sur le vin, va dans le sens du renouvellement.


Dans l’énumération de mes choix j’ai volontairement omis les œuvres d’art plastiques : tableaux, sculptures, où j’ai pratiqué pour eux-aussi l’achat, et le théâtre… où je ne pratique qu’en solitaire.


Enfin, sans me pousser du col, pour faire pendant à des réflexions peu amènes d’un ancien collègue de blog sur la pratique du journalisme d’investigation en matière de vin, où il parle de fumier charroyé – c’est son destin au fumier avant qu’il n’aille engraisser la terre nourricière – je pense que je dispose de tout ce qu’il faut pour le pratiquer, méthode, matériau, gorges profondes, mais je vais vous faire un aveu : je n’en ai nulle envie.


Bon vent à tous et à toutes, tout n’est que litres et ratures et, comme je suis dans une période de références à de bons auteurs, je vous sers du Blaise Cendrars pour nourrir votre réflexion.


-         Blaise, à moi tu peux le dire, l’as-tu vraiment pris le Transsibérien ? lui demande, des années plus tard Pierre Lazareff * qui avait publié son reportage.


-         Qu’est-ce que ça peut te foutre, si je te l’ai fait prendre.

 

* Patron d’un grand journal populaire France-Soir et coproducteur d’une émission de télé culte : 5 colonnes à la Une. 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Derniers Commentaires

Archives

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés