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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 00:08

Madame la Présidente d'AREVA, chère Anne Lauvergeon,

 

Rassurez-vous je ne suis ni Vert, ni anti-nucléaire primaire, rien qu’un écrivain public du vin qui s’adresse à vous en utilisant la Toile. Je vous ai croisé dans le bureau de mon Ministre alors que vous occupiez l’envieuse position de sherpa de Tonton. À l’époque nous causions du GATT, de l’Uruguay Round, maintenant c’est l’OMC et le cycle de Doha qui vient d’être enterré. Bref, nous réformions la PAC dans une ambiance quasi-insurrectionnelle et au château on nous surveillait comme du lait sur le feu. Mon ami Jean-François, vous répondait avec sa pertinence habituelle pendant que Louis vous taquinait pour votre anglais.

Foin de souvenir, pour vous femme d’un Grand Corps je dois représenter l’équivalent d’un microgramme de déchet nucléaire à recycler et pourtant ce que je vais écrire vous devriez prendre le temps de le lire et de le méditer. On vous a vu boire un pastaga à l’eau du Tricastin pour rassurer les populations anxieuses mais, hormis l’inutilité d’un tel geste télévisuel, pour ceux qui, au nom de leur terroir revendiquent l’appellation Coteaux-du-Tricastin, le mal est fait. Sur Google lorsque je tape Tricastin la première rubrique qui s’affiche c’est : Fuite nucléaire et l'ensemble de la page est entièrement occupée par l'affaire. Peut-on rêver mieux pour booster une déjà bien fragile notoriété de cette jeune appellation. Vous allez me rétorquer que le temps va effacer l’outrage, que l’oubli va faire son oeuvre, que la valse des catastrophes va prendre la place à la une. Pas si sûr et sûrement pas pour demain. Alors que peuvent faire ces braves vignerons qui subissent votre manque de vigilance ? Changer le nom de leur appellation ? Moi je veux bien mais que peuvent-ils trouver d’autre qu’un nom de fantaisie, on ne modifie pas par décret la géographie. Imaginez-vous que, pour une raison proche ce genre de plaisanterie douteuse, la même chose arrivait près de la prestigieuse appellation de Pauillac envisagerait-on un tel changement avec la même légèreté. La réponse est bien sûr non, Château Mouton Rotschild à Pauillac n'est pas le Château la Décelle à St Paul Paul-les-Trois-Châteaux.

 

Que la Centrale EDF et votre dépotoir mal tenu changent de nom, c’est bien sur possible mais, c’est à mon avis, trop tard. En clair, il me semble qu’il ne vous reste plus madame qu’à payer le prix de votre impéritie. Vu l’épaisseur de vos moyens pour vous c’est moins que l’épaisseur du trait. Pour démontrer votre volonté de réparer je vous demande, non de signer un petit chèque pour solde de tout compte, mais de vous engager ferme sur une période indéterminée, à accompagner les efforts des vignerons de cette petite appellation pour se sortir du mauvais pas dans lequel vous les avez précipité. Ça ferait beaucoup de bien à votre image de marque. Ça ferait enrager Pascal Kron votre cher collègue et ami d’Alsthom. Ça montrerait à la France d’en bas que ses élites se préoccupent de leur modeste quotidien. Ça ferait grand plaisir à notre Ministre de l’Environnement qui est un amoureux du vin. Ça ne serait surtout que justice pour les vignerons des Coteaux-du-Tricastin.

 

Bien sûr nous sommes au mois d’août et ma lettre risque de finir aux oubliettes, de disparaître dans le grand océan de l’indifférence médiatique. J’en suis conscient mais qu’importe madame la Présidente, chère Anne Lauvergeon, je dépose sur votre vaste bureau ma contribution en défense de notre patrimoine AOC dont nous revendiquons la protection à l’OMC. Pour terminer je me permets d’en appeler à la mémoire d’Henri Michel grand ami du François que vous avez servi, cette région c’était la sienne, il l’aimait, la défendait avec sa passion bonhomme. Ne lui faites pas l’injure de l’indifférence.

 

Dans l’espoir de la prise en considération de la présente et dans cette attente je vous prie d’agréer, madame la Présidente, chère Anne Lauvergeon, l’expression de mes cordiales salutations.

 

Jacques Berthomeau

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 00:14


Red
Wines

 

Collection Red Wines

1)                FRANCE : 33

a.  30 Bordeaux

Hors catégorie: Château Petrus 1992: 2595 euros, Château Lafite 95 : 2484 euros.

 

4 tranches de prix :

          - les plus de 1000 euros : 5, Château Margaux 97, Lafite 85, Mouton-Rothschild 88, Mouton-Rothschild 98, Latour 88, 1390 euros pour les 2 premiers, 1279 euros pour le suivant et 1186 euros pour les 2 autres.

          - les plus de 500 euros : 8, Cheval Blanc 99 : 908 euros, Ausone 98: 880 euros, Mouton-Rothschild 2001  et Haut-Brion 95 : 834 euros, Léoville Las Case 88 et Lafleur 97 : 556 euros, Pichon Baron 99 et Palmer 98 : 510 euros.

          - les entre 200 et 500 euros :  12, Gruaud-Larose 78 : 464 euros, Angélus 2001 : 445 euros, Pichon Baron 99 : 370 euros, Giscours 2002 : 306 euros, Cos d’Estournel 99, Talbot 96 et Lynch Bages 2001 : 278 euros, Haut Bailly 99 : 260 euros, Pontet-Canet 93, Beychevelle 2002 et du Tertre 2002 : 230 euros, d’Armailhac 99 : 204 euros.

         - les moins de 200 euros : 3, Lagrange 97, Cantemerle 95 : 174 euros et Duhart Milon 2002 : 148 euros

Prix moyen (hors le HC) : 1000 euros

12 Pauillac, 5 St Julien, 4 Margaux, 4 St Estèphe, 2 Pomerol, 2 Pessac-Léognan et 1 Haut Médoc.

 

b.  2 Bourgogne

Clos Vougeot Grand Cru Louis Jadot 2001 : 278 euros

Côte de Nuits-Villages Pierre Bourée Fils 1976 : 390 euros

             

c.   1 Rhône

Côte Rôtie La Landonne Guigal 2003 : 788 euros

 

2)             Les autres :

a.     USA : 3, prix moyen 392 euros

b.     Italie : 2, prix moyen 403 euros

c.     Australie : 1, 742 euros

 

Les autres Red Wines

 

1)                FRANCE : 46

 

Bordeaux : 25,

    Le n°1 : Les Forts de Latour* 2004 : 483 euros

                 

                 3 tranches de prix :

- de 200 à 300 euros : 6, Pavillon Rouge* 2004 : 306 euros, Carruades de Lafite* 2004 : 279 euros, Château Citran 98 : 260 euros, Château Potensac 90 : 258 euros, Château La Grave 2001 : 221 euros, Pauillac de Latour* 2003 : 204 euros

- de 100 à 200 euros : 8, Château Chantalouette 2000 ; 221 euros, Château d’Angludet 99 et Chasse Spleen 98 : 167 euros, Château la Serre 2002 : 156 euros, Château Pibran 99, La Louvière 2002 et Les Pagodes de Cos* 2001 : 140 euros, Château Haut Marbuzet 2001 : 128 euros.

- moins de 100 euros : 10, de 46 La Patache 2002 à 91 euros Pomerol de JP Moueix 2002.

 

Prix moyen (hors n°1) : 145 euros

 

5 Pauillac, 3 St Emilion, 3 Pomerol, 3 Ht Médoc, 3 Médoc, 2 St Estèphe, 2 Margaux, 2 Pessac-Léognan, 1 Moulis et 1 Cotes de Bourg.

 

Bourgogne : 9,

Le N°1 : Corton Grand Cru Bouchard Père et  fils 2000 : 325 euros

 

Tranches de prix

- de 200 à 300 euros : 2, Corton Grand Cru Pierre Bourrée Fils 98 et Beaune 1er Cru L’Enfant Jésus 2000 Bouchard Père et fils : 279 euros

- de 100 à 200 euros : 4, Beaune 1er Cru Les Epenottes 2003 Pierre Bourée fils : 162 euros, Nuits-Saint-Georges 1999, Louis Jadot : 156 euros, Gevrey-Chambertin 2003, Bouchard Père et Fils : 147 euros, Santenay Clos de Malte 2000, Louis Jadot : 110 euros

- moins de 100 euros : 2, Côte de Beaune-Villages 2003, Bouchard Père et Fils : 88 euros et Côte de Beaune-Villages 2004, Louis Jadot : 82 euros.

 

Prix moyen (hors n°1) : 128 euros

 

Rhône : 5

 

Le n°1 : Hermitage La Chapelle 2001 Paul Jaboulet ainé : 231 euros

 

Tranche de prix

- plus de 100 euros : Châteauneuf du Pape La Bernardine 2004 Chapoutier : 139 euros, Châteauneuf du Pape Les Cèdres Paul Jaboulet Ainé : 128 euros.

- Moins de 100 euros : Gigondas Château de Saint Cosme 2003 : 90 euros, Côte du Rhône Saint Cosme 2005 : 44 euros.

 

Prix moyen (hors n°1) : 80 euros

 

Loire : 2

 

- Chinon Domaine Sourdais-Taveau 2006 Henri Bourgeois : 51 euros

- Saumur Domaine Les Salaises 2005 : 37 euros

 

Languedoc : 2

               - Daumas Gassac 2005 : 155 euros

               -  Corbières Château d’Aussières 2004 : 90 euros

 

 Buzet : 2

- Château de Gache 2003 : 51 euros

- Château de Gueyze 2000 : 78 euros

 

               Beaujolais : 1

                  -Morgon Domaine Jean Descombes 2003 : 63           euros.

 

    2) AUSTRALIE   22                                   

 

N°1: Jacob’s Creek Centenary Hill Barossa Valley Shiraz: 174 euros

 

Tranches de prix

 

d.      Plus de 100 euros: 6, prix moyen 130 euros

e.     50 à 100 euros : 11, prix moyen 77 euros

f.       Moins de 50 euros : 2, prix moyen 40 euros

 

Remarques

g.     5 vins ne sont pas millésimés dont le plus cher tous de la filiale de Pernod Ricard Orlando Wyndam

h.    Millésimes de 2001 à 2006

i.       5 Barossa Valley, 4 South Australia, 2 Mac Laren Valley, 2 Clare Valley, 2 Margaret River…

 

Prix moyen (hors n°1) : 85 euros

 

3)              CHILI : 5,

 

N°1: Maipo Valley Baron Philippe de Rothschild Escudo Rojo 2004: 63 euros

 

Prix moyen : 50 euros

 

4)              ARGENTINE: 3,

 

N°1: Mendoza, Caro (Château Lafite and Catena) 2003: 130 euros

 

Prix moyen: 80 euros

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 00:04

 

C’est un scoop : n’irai pas à Beijing pour assister à la cérémonie d’ouverture des JO. Mais comme Vin&Cie ne recule devant aucun effort pour satisfaire son exigeante clientèle une envoyée spéciale a été dépêchée sur place pour voir ce qu’un des restaurants chics de la capitale chinoise : LAN www.lanbeijing.com  proposait comme vins à ses clients.
 

1 yuan chinois ou RMB = 0,0923960896 euros

En résumé :

-         pour les 28 vins blancs proposés : 12 sont Français, 5 Bourguignons dont le plus cher 370 euros. J’ai calculé le prix  moyen (hors le plus cher) de chaque origine ce qui donne un indice de notoriété : Bourgogne 140 euros, Loire 64 euros, Rhône 54 euros, Languedoc 41 euros, USA 80 euros, Italie 80 euros, Nouvelle-Zélande 70 euros et Espagne 38 euros.

-         Pour les 115 vins rouges proposés : 85 sont Français et 58 Bordelais dont le plus cher 2484 euros. La carte distingue 2 catégories : Collection et autres.

Dans la catégorie Collection : sur 39 vins 33 sont Français et 30 Bordelais. Pour le prix moyen, Bordeaux : 1000 euros, Bourgogne : 338 euros (que 2 vins),  Italie : 403 euros (que 2 vins) et les USA avec 3 vins : 392 euros.

Dans la catégorie autres : sur 76 vins 46 sont Français et 25 Bordelais, l’Australie en a 22, les USA sont absents. Pour le prix moyen, Bordeaux : 145 euros, Bourgogne : 128 euros, Rhône : 80 euros, Loire : 44 euros (mais que 2 vins), Australie : 85 euros, Chili : 50 euros, Argentine : 50 euros (mais que 2 vins)

 

Pour les détails et les remarques plus pointues consultez le tableau ci-dessous  

 

White Wines

 

1)                FRANCE : 12

-         5 Bourgogne : de 370 à 110 euros

N° 1 : Corton Charlemagne Grand cru Bouchard Père et fils 2004 : 370 euros

Prix moyen (hors n°1) : 140 euros

2 Louis Jadot : Chablis 1er cru Fourchaume 2005 et Meursault 1999

2 Pierre Bourrée Fils Auxey Duresses 2001 et Meursault 2001

 

-         4 Loire : de 230 à 28 euros

N°1 : Sancerre L’Exception Pascal Jolivet 2005 : 230 euros

Prix moyen (hors n°1) : 64 euros

2 Sancerre, 1 Pouilly-Fumé et 1 Jardin de la France De Neuville Chenin Blanc 2005

 

-         4 Rhône : de 70 à 46 euros

N°1 : Côtes du Rhône Saint Cosme 2005 : 70  euros

Prix moyen (hors n°1) : 54 euros

3 Côtes du Rhône dont 1 Guigal 2001 et 1 Crozes Hermitage 2005 Petite Ruche de Michel Chapoutier

 

-         3 Languedoc : de 167 à 41 euros

N°1 : Daumas Gassac 2006 : 167 euros

Prix moyen (hors n°1) : 41 euros

2 Pays d’OC St Cosme

 

2)        USA : 6

                 De 260 à 51 euros

N°1 : Sononoma Valley, Kistler « Les noisetiers »     Chardonnay 2005 : 260 euros

Prix moyen (hors n°1) : 80 euros

-         Sonoma Valley : 2

-         Nappa Valley : 3

-         Washington State : 1

 

 3)          ITALIE : 6

De 80 à 46 euros

N°1: Alto Adige, Alois Lageder, Benefizium Porer Pinot Grigio DOC 2004: 80 euros

Prix moyen (hors n°1) : 56 euros

1DOCG, 1DOC, 2IGT, 2 sans indication

 

   4)        NOUVELLE-ZELANDE : 2

Prix moyen : 70 euros

 

    5)        ESPAGNE : 2

Prix moyen : 38 euros

Attention la carte des Rouges à suivre dans le n°2 que vous avez reçu (cause poids du fichier)...

 

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /Juil /2008 00:04

 

Qui peut encore ignorer le célèbre sigle rouge de Virgin, la marque du milliardaire britannique libertarien : Sir Richard Branson. Grâce au phénoménal succès de son label dès la publication de Tubular Bells de Mike Oldfield : 10 millions d’exemplaires en 10 ans, qui va assurer l’essentiel des bénéfices de Virgin, puis le changement d’image assuré par la signature des Sex Pistols et la diversification pop-rock consacrée par l’arrivée de Phil Collins ou de Culture Club, va lui permettre d’engager dans les années 80 une série de diversifications : livres, vidéo, restauration avec les Virgin Mégastores, dont celui des Champs Elysées, puis après avoir vendu son label à EMI de développer Virgin Airways : Atlantic (compagnie transatlantique) et America (compagnie intérieure low coast). La liste n’est pas close puisque l’entreprenant Bronson touche aussi à la téléphonie mobile, le tourisme spatial : Virgin Galactic, les boissons non alcoolisées : Virgin Drinks et bien sûr, le vin, avec Virgin Wines site de vente de vins sur internet et maintenant Virgin Vines les vins de Richard Branson : un Chardonnay et un Shyraz.

Créé au début de 2000, La nouvelle entreprise, Virgin Wines se voulait comme la suite normale des activités de Virgin Group qui en permanence cherche à tirer profit de son expertise dans les relations clients et de sa stratégie de marque globale. Celle-ci consiste à offrir des produits existants au moyen d'une approche personnalisée. En créant un nouveau magasin virtuel de vins point-com., qui s'adressait au grand public et était géré à partir du Royaume-Uni, les dirigeants de Virgin Group croyaient que Virgin Wines pouvait attirer les consommateurs qui achetaient du vin par les canaux traditionnels, et finir par révolutionner la façon de vendre et d'acheter le vin.
www.virginwines.com/

“We set up our Discovery Wine Club to share the wines we love with you - the most delicious, the most exciting and the best value wines from new, up and coming winemakers. People   who make their wine with love and passion. You can rest assured that you won’t come across any, mass-produced, supermarket wines in our Wine Club. Instead, just pure handcrafted wines, specially selected for you.” Andrew Baker, Wine Buyer, Virgin Wines “so many great wines”
Louise, Edinburgh

Prenez le temps d’aller visiter le site il est très bien fait mais, en soi, il n’a rien de révolutionnaire.

Pour Virgin Vines  www.virginvines.com/ qui un négoce de vins californiens avec Brown –Forman Wines International, cliquez sur le lien et vous verrez, c’est encore little mais ça mérite réflexion. Pourquoi ?

Virgin
est une marque mondiale très connue de la nouvelle génération.
C’est une marque entre les mains de différents propriétaires : le label c’est EMI, le mégastore des Champs-Elysées appartient au groupe Lagardère qui vient de changer l’appellation de sa radio FM : Europe2 en Virgin radio. La conséquence est que les frontières et les barrières législatives nationales seront inopérantes pour maîtriser sa communication. À la manière de la ligne de vêtement Marlboro Classics, avec son sigle universel Virgin pourra communiquer à sa guise en contournant tous les interdits. En France, alors que le législateur croit pouvoir cadenasser la publicité des vins et spiritueux sur l’Internet, il est clair qu’il s’agira d’une nouvelle ligne Maginot qui permettra aux sites basés hors de nos frontières de s’en affranchir. Le résultat en sera, bien évidemment, de donner une prime aux sites étrangers et de contraindre nos sites à s’expatrier s’ils ne veulent pas disparaître ou végéter. Les questions de logistique et de livraisons pouvant se régler par des partenariats avec des distributeurs situés sur notre territoire.

Pour ce qui concerne le négoce de vins, Virgin Vines, je me pose une question qui va sans doute vous surprendre : alors que nous cherchons désespérément à capter l’attention des jeunes consommateurs en leur proposant de venir vers le vin en le situant dans l’univers des marques pourquoi n’inciterions nous pas la compagnie de Richard Branson à venir chercher aussi sa ressource vin en France pour lancer un Virgin Viognier ou un Virgin Pinot Noir dans notre beau pays. La concurrence a du bon pour réveiller un marché ! Ou bien, si nous souhaitons que notre chasse gardée nationale reste inviolée, pourquoi l’un de nos grands négociants nationaux ne chercherait-il pas à exploiter la marque Virgin sous licence ? Le défi est lancé : qui le relèvera ? Entre nous ça vaudrait mieux que de lancer des marques bidon sans grands moyens…

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /Juil /2008 00:08

 

Les auteurs d’études adorent affubler les catégories de leur chère typologie – chères aussi – d’appellations qui décoiffent, ça fait très tendance. Le titre de ma chronique n’est donc ce matin que le copié-collé, du moins jusqu’aux deux points, d’une des 10 catégories inventoriées par le CREDOC pour le compte de la Confédération des VIF. Je la reprends, comme promis, car elle fait le pendant des « affreux » agri-managers de la viticulture, les gros de ma chronique du 23 juillet. Avant d’aller plus avant en écrivant me revient la réflexion d’un patron d’une grande entreprise qui, contemplant de son bureau de la Défense, la Tour d’en face, repère d’une grande société de consultants, me confiait : «  nous vivons vraiment une époque formidable, nous payons très cher des gens pour qu’ils viennent, chez nous, siphonner des idées auprès de nos proches collaborateurs. Ils prospèrent sur notre stupidité et une forme de couardise : en cas d’échec on se contente de changer de cabinet conseil. Entendez-moi bien, je ne vise pas ici l’étude du CREDOC, ni la démarche des VIF mais je veux souligner qu’une vraie démarche stratégique, débouchant sur des choix, doit être le fait des intéressés eux-mêmes et non du précuit à la sauce Ernest Young&Frères.

 

« L’installation en exploitation « agriculture biologique » ne constitue pas une simple évolution des techniques de production. Il s’agit d’un modèle économique à part entière basé sur une adaptation du produit à la demande des nouveaux consommateurs et aux exigences des Français en matière de respect de l’environnement. Il s’agit donc de vignerons particulièrement tournés vers l’aval, c’est-à-dire le consommateur final. Les exploitations installées en bio sont en règle générale plus récentes que les exploitations des autres classes de la typologie ce qui renforce leur adaptabilité aux évolutions du secteur de la vigne et du vin »

 

SAU moyenne = 25 ha (2 fois supérieure au VIF moyen 12,3 ha)

En 2007 le vignoble bio = 22500 ha (2,6% du total)

Le nombre d’exploitations bio a fortement progressé 1907 exploitations en 2007 (+ 16,6% par rapport à 2006.

Le vin issu de l’agriculture bio est bien valorisé CA moyen à l’hl = 337 euros (266 euros pour le VIF moyen).

 

«  Particulièrement jeunes – âgés entre 43 et 46 ans contre 48,6 pour la moyenne de tous les VIF – les vignerons installés en bio ont des compétences managériales supérieures à la moyenne des vignerons indépendants. De plus, les cibles marketing des vignerons produisant des vins issus  de l’agriculture biologique étant socialement favorisées, la valorisation des vins « bio » est généralement supérieure.

 

« Au final, le nombre de vignerons de la classe start-up bio devrait continuer de croître, en supposant que les vignerons des classes embouteilleurs AOC, Spécialistes du Blanc et Mixtes en particulier passeront en label AB. Nous estimons à 1676 en 2015 le nombre de vignerons de cette classe. La production totale de la classe augmentera en conséquence pour atteindre 2,3 M hl en 2015 (contre 338 000 hl en 2000).

2 infos :

- la chronique "Desproges fait l'éloge funèbre de Bedos" a été mise en ligne par erreur, désolé ;

-  je vous recommande le commentaire savoureux de l'anonyme et courageux COT sur ma chronique d'hier on ne m'avait    pas encore fait le coup de me reprocher mon inaction je transmets à qui de droit pour qu'on me redonne le pouvoir... 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 00:01

Cher déconstructeur de Mac do aveyronnais,

 

Vous et les faucheurs volontaires d’OGM vous vous dites les derniers protecteurs de l’Humanité face au règne des marchands. J’avoue humblement que j’ai du mal à y retrouver mes petits dans les histoires d’OGM car, même si je n’ai aucune envie de voir le patrimoine génétique des plantes confisqué par Monsanto, je ne vous ai jamais considéré ni comme un parangon de la démocratie, ni comme un paysan éclairé. Votre goût prononcé pour la mise en scène, vos certitudes de gaucho non révisé, votre agitation médiatique, votre côté démagogue rural, me font vous considérer comme la branche rurale du jeune facteur de Neuilly, un merveilleux stérilisateur de voix, un allié objectif de ceux que vous dites combattre. En clair, vous n’êtes pas ma tasse de thé José Bové. Bien évidemment, je comprends aisément que vous vous en tamponniez la coquillette ou, plus plaisamment que, vous vous en battiez les couilles en référence au Never Mind the bollocks des Sex Pistols de nos belles années.

Mais alors pourquoi diable vous interpeller, dans cette lettre ouverte, aujourd’hui ? Tout bêtement parce qu’à la fin du Tour de France, à la veille des Jeux Olympiques, je reprends votre formule d’altermondialiste en l’appliquant aux athlètes : le sportif n’est pas une marchandise ! Et pourtant, comme l’écrit dans son livre « Le sport est-il inhumain ? » Robert Redeker : « Formulons, avant de l’examiner, une hypothèse : le sportif est un mutant soumis à l’impératif de la commercialisation. Il se doit d’être commercialisable. Il ne s’appartient pas – en ce sens, il est le contraire de l’homme libre - il appartient à ses sponsors, il appartient aux médias qui vivent de ses efforts, il appartient à la grande masse des consommateurs d’évènements sportifs. » Alors, continue-t-il « Personne ne se scandalise de ce que les footballeurs, les coureurs cyclistes, et à présent les rugbymen aussi, s’achètent et se vendent sur le mercato, marché interlope où pullulent des maquignons spécialisés dans la chair compétitive, assimilables à de véritables entremetteurs (…) Le sens de leur propre dignité s’est tellement éclipsé chez les sportifs professionnels qu’ils trouvent normale la tenue de pareils marchés. Comme s’ils étaient des bœufs, comme s’ils étaient des esclaves. »

Je sais que je risque de ne guère pas vous émouvoir car ce « bétail » palpe lourd, les salaires voisinent ceux des patrons du CAC 40. Mon propos ne se situe pas sur ce plan mais celui d’une véritable mutation des corps des athlètes de haut niveau.

Vous qui dézinguez dans la joie et la bonne humeur, comme au temps des chantiers de jeunesse, de braves épis de maïs mutants qui ne vous ont rien fait allez vous rester insensible à l’érection de Robocops en short. Bien sûr je pourrais vous la jouer en émotion rétrospective, en vous chantant les arabesques de Gachassin, les dribbles chaloupés de Rocheteau, les coups francs de Platini, ou les coups de pédales fluides d’Anquetil ou de Charly Gaul. Des mecs comme nous, des gus dans lesquels on aimait se projeter. Bien sûr, certains, comme Anquetil, se sont un peu dopé à l’ancienne : « bien souvent je me suis fait des piqures de caféine… » Tom Simpson, anglais sympathique, est mort sur les pentes du Ventoux, en plein cagnard, le 13 juillet 1967. Mais comme l’indique Redeker « le dopage de son corps ne se limite plus depuis belle lurette à l’absorption occasionnelle d’une potion magique afin de se surpasser artificiellement. Loin de ce folklore passé de saison, le dopage s’inscrit dans la science en tant que technologie systématique de fabrication de compétiteurs hors normes sur la longue durée. »

Je cite toujours : « Le dopage contemporain se définit par la possibilité de changer le corps sur le long terme. La substitution des dopages génétiques et basés sur les nanotechnologies au dopage exogène pointe à l’horizon. Avec le dopage contemporain, et plus encore celui de demain, nous frôlons l’univers des chimères – ces animaux étranges, mi-hommes, mi-bêtes, auxquels les biotechnologies donnent naissance, univers préparé aussi par le dopage génétique. Insuffler des cellules souches embryonnaires d’un cerveau humain à une souris met au monde une chimère. Les sportifs de l’avenir seront peut-être produits sur le modèle des chimères. »

Et plus dure sera la chute : « Le dopage high-tech – celui que les contrôles ne parviennent jamais à déceler, mais que tous les responsables du fait sportif, ainsi que la grande masse des observateurs savent l’existence – est sur le point de fabriquer des HGM, des humains génétiquement modifiés, destinés à assurer le spectacle permanent de la compétition. »

Alors José, sans te suggérer de lier tes efforts à l'indestructible BB qui à su défendre les animaux de laboratoire, je compte sur ton goût des voyages et des bons coups médiatiques pour, à l’instar de Tommie Smith et John Carlos les sprinters US levant le poing sur le podium des JO de Mexico en 1968, soit de déployer dans les tribunes du stade olympique de Pékin une banderole « Non aux HGM ! », soit de t’enchaîner aux grilles de ce même stade en criant « nous sommes tous des Lance Armstrong en devenir ! »

 

J’en reste là pour aujourd’hui. Bien à toi et je compte sur toi.

 

Jacques Berthomeau ancien passeur de La Vaillante Mothaise, élevé à l’ancienne, sans adjonction de produits prohibés.

 

PS. Si vous voulez bronzer intelligent je vous recommande la lecture le chapitre 2 du livre de Robert Redeker « La mutation du Tour de France cycliste et de ses coureurs »

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Dimanche 27 juillet 2008 7 27 /07 /Juil /2008 00:01

Chloé était une grande bringue aux cheveux décolorés et taillés à la serpe en une sorte de brosse broussailleuse, pleine de trous et de bosses, qui donnait à son visage bien dessiné, aux traits fins, à la peau nacrée, un air clownesque. Dans ses yeux, d’un bleu délavé piqueté de poussière d’or, flottait un étonnement perpétuel, Chloé semblait jeter sur son environnement un regard d’enfant surpris. Impression renforcée par la moue de sa bouche aux lèvres charnues, gourmandes, fraîches et humides, dévoilant une dentition digne des publicités pour Émail Diamant. Mais, ce qui peu paraître étrange, ce qui m’avait frappé de prime abord, lorsque je l’avais aperçu en arrivant dans la salle de réunion, c’était la forme de ses oreilles, pointues, aux pavillons transparents : des oreilles de louve où pendaient des grands anneaux de gitanes. Ça m’avait fait bander, sec et dur. Elle portait un tee-shirt moulant et court qui accentuait sa platitude de planche à pain plantée sur des hautes tiges assez fines sans être pour autant des cannes de serin. Quand elle s’était portée au secours de Gustave j’avais surpris les regards déshabilleurs des défenseurs des larges masses. Ces frustrés, tels une harde de jeunes loups affamés, si la peur de la réprobation collective ne les avait pas retenus, se vivaient en voyeurs et en violeurs au travers des grosses paluches baladeuses de l’immonde Gustave.

 

Les nuits de juin gardent une pointe de fraîcheur qui surprend ceux qui s’y engouffrent sans précaution. À mon côté Chloé frissonnait. Je lui jetais mon perfecto sur les épaules. Elle s’immobilisait. Me contemplait de ses grands yeux flous. Ses longs bras osseux, en une geste hésitante, m’enserraient. Elle me caressait la nuque puis nichait son visage dans le creux de mon épaule. Sa voix était rauque, cassée. « T’es un drôle de mec, toi… Tu es le premier qui s’intéresse à moi. Qu’est-ce que tu viens foutre dans ce merdier de sales petits cons ? » Chloé sentait le jasmin. Je le lui dis. Elle s’écartait de moi et riait d’un grand rire cascadant. « Vraiment tu n’es pas dans la norme. Tu aimes les femmes toi. Ça me fait tout drôle. Embrasse-moi ! » Nous sommes restés un long moment à nous bécoter et à nous tripoter au beau milieu du trottoir. Chloé avait la peau douce et les fesses glacées. Je le lui dis. De nouveau elle partait dans sa cascade de rire. La stoppait net pour proclamer : «  Beau gosse, j’ai peut-être le cul gelé mais pour le reste c’est l’Etna. T’as pas des mains d’ouvrier mec ! Je connais. Eux ils ne s’embarrassent de préliminaires. Ils te tirent. Te liment comme une queue de rat. Défouraillent. Leurs mains, à eux, tu les sens sur ton cul ou sur tes hanches. Bien arrimées. Bien dures. Les tiennent, elles, cherchent mon plaisir… »

 

Deux couples de gens bien comme il faut, des quadragénaires bien nourris, rentrant sans doute du cinéma, ralentissaient leurs pas pour ne rien perdre de l’adresse de Chloé. Arrivés à notre hauteur, tout en serrant leur rang, ils hésitaient. Notre spectacle les fascinait. Chloé, alors qu’elle parlait de mes mains cherchant son plaisir caressait du bout de ses doigts la protubérance de ma braguette. Moi, avec mon air de Lou Ravi, je me laissais faire tout en les contemplant. À coup sûr les deux types espéraient plus, un passage à l’acte, alors que du côté des femmes, l’une me semblait prête à sauter le pas, alors que l’autre marquait sa réprobation. Chloé, qui leur tournait le dos, mais qui sentait leur présence, hésitait. Allait-elle désincarcérer mon sexe ? Ses doigts tentaient de faire sauter les boutons métalliques de mon jeans puis s’immobilisaient. Cabotine, elle tortillait ses petites fesses, passait ses doigts dans sa toison hirsute et, en voltant, faisait face à nos spectateurs «  Braves gens, mon envie rejoint la vôtre mais, comme j’ai une soif de gueuse, faut que je m’envoie une petite mousse avant de consommer la sienne. Désolée… » Plantant-là nos voyeurs interloqués elle me tirait par le bras sur le trottoir comme si j’étais un mulet rétif.  

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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 00:02


J’aime les presqu’îles. Tout est dans le presque, comme l’épaisseur d’un petit trait d’union. Celle de Talmont sur Gironde, promontoire surplombant les eaux mêlées du plus grand estuaire d’Europe, offre au simple promeneur qui sait prendre le temps de s’attarder face à l’estuaire dans l’enclave qui ceint l’église romane, un sentiment de bout du monde qui le fait communier avec les éléments et atteindre le sublime. Alchimie régénératrice où la lumière sculpte la pierre, tire de la couleur compacte des eaux et de la matière déchiquetée de la falaise, un tableau sans pareil. Comme l’écrit Jean-Marc Soyez « En pays royannais, la Gironde n’est pas un fleuve impassible. La plus grande frayère d’Europe est un carrefour en perpétuelle turbulence, où se heurtent et se mêlent des eaux contraires. Deux fois par jour, l’Atlantique y renouvelle le mythe forcené de Sisyphe, repoussant en vain les eaux de Dordogne et de Gironde… »

J’y suis allé un jour de vent et de lumière blanche lors de mon séjour dans la région délimitée de Cognac. Ce fut un vrai coup de cœur. Me promener seul dans les ruelles et les venelles du village, aux maisons saintongeaises modestes, avec leurs murs en moellons apparents; où sont encastrés de gros galets noirs apportés de Bretagne ou même du Canada qui auparavant formaient le lest des cargaisons, légères ou venant à vide, charger le vin ou le Cognac. Mais le charme de la petite cité tient aussi à ses fleurs : " Talmont, capitale mondiale de la rose-trémière ! » proclame Michel Lis le jardinier de France-Inter. Des géantes en rangs serrés!

La renommée contemporaine de Talmont doit, dit-on, beaucoup aux chemins de fer et à Malraux. En effet, après 1955, une de ces affiches dont la SNCF avait le secret, exposait dans les gares et les wagons la superbe église romane dédiée à Ste Radegonde, reine de France, « morte en odeur de sainteté à Poitiers, en 587 ». Malraux, Ministre de la Culture, exigea qu’on l’apposât dans le passage donnant sur le Palais Royal. La montrant à des visiteurs il déclarait de sa voix au vibrato étrange « Voyez ces pierres sublimes, indifférentes aux rumeurs des âges… »

Aussi étrange que cela puisse paraître ce lieu sublime aurait pu être défiguré à jamais par le délire des hommes. L’histoire d’un drame évité commence en 1917 avec l’entrée en guerre des Américains. Ceux-ci eurent besoin d’un port en eau profonde pour débarquer hommes et matériel. Ils jetèrent leur dévolu sur Talmont. « À cette époque, le chenal des vapeurs montant vers Bordeaux, frôlait nos falaises, avec des fonds de 10 à 20 mètres, quelque soit le marnage. On demeure sans voix devant l’étendue du désastre menaçant alors la presqu’île. Plus de 5000 soldats américains et prisonniers allemands, travaillaient à établir des kilomètres de voies ferrées, d’entrepôts, de réservoirs. Ils dynamitèrent le Sphinx *. Les dessins montrent l’église posée comme une angélique erreur dans un panorama diabolique. Fort heureusement, le 11 novembre 1918 sonna l’Armistice, renvoya les soldats dans leurs foyers et expédia le projet aux calendes » écrivent Michel Guillard et Bernard Mounier.

Mais, certains grands esprits modernisateurs rêvèrent jusqu’en 1935 de voir Talmont choisi comme port avancé de Bordeaux. Ce fut le Verdon qui fut choisi mais je ne résiste pas au plaisir de vous offrir un extraordinaire morceau de stupidité humaine écrit par Georges Balande conservateur des musées de la Rochelle pour emporter la décision des politiques « De larges quais doivent surgir des canaux intérieurs et leurs écluses, coupant du continent le petit village dont le rocher ne sera plus que le piédestal isolé de la ravissante église romane. Des grues gigantesques, des élévateurs à grains, des frigorifiques, des cylindriques tanks à mazout, des hangars à marchandises, des dépôts de charbon, s’élèveront là où l’œil ne découvrait que la perspective ondulante des prairies verdoyantes, ou les croupes embroussaillées des mamelons sombres et le moutonnement des villages clairs. Le ciel sera sillonné d’innombrables fils, de pylônes, de cheminées ; d’énormes lampes à arc jetteront d’éblouissants éclairs de lumière brutale, là où jadis les maigres lueurs pâlottes du village troublaient à peine l’opacité de la  nuit. Dans le tumulte du travail, le vent de mer soulèvera des tourbillons noirs de fumée et de poussière, là où pendant les fêtes d’antan il faisait voltiger le pollen des fleurs. Tel est l’avenir. Tel était le passé. »

Adieu les carrelets, vive Fos sur Mer ! On tremble rétrospectivement et l’on imagine Noël Mamère, le maire de Bègles, s’étranglant de fureur. L’histoire des hommes est ainsi faites, de projets fous ou de marinas juteuses, si vous passez en Charente-Inférieure, pardon Maritime, distrayez un peu de votre temps de vacances pour aller au petit matin ou à la tombée du jour sur le promontoire de Talmont sur Gironde voir lever ou se coucher le soleil.

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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 00:04

Pour m’y rendre, de chez moi, le 24 Boulevard Saint Jacques, avec mon vélo, je commence par emprunter la rue du Faubourg Saint Jacques. Au bout de celle-ci je bute sur la rue Saint Jacques que je ne peux prendre car elle est en sens interdit. Alors je prends la rue Pierre Nicole puis celle des Feuillantines et je passe à quelques pas de l’église Saint Jacques du Haut-Pas ( escale sur la route des pélerins de Saint Jacques de Compostelle) Je coupe la rue Gay-Lussac – celle qui fleure bon le pavé made in 68 – et je m’enfile la rue d’Ulm qui, elle, garde un petit goût de GP (Gauche Prolétarienne pour les initiés qui lisent mes écrits du dimanche) mais, juste avant que celle-ci ne se jetât sur la place des Grands Hommes – le Panthéon – je vire à gauche – pas celle du facteur de Neuilly – pour me retrouver dans la rue des Fossés Saint Jacques. Voilà, je suis arrivé sur la place de l’Estrapade qu’est toute mignonne avec sa petite fontaine et son jet d’eau, l’ombrage de ses arbres et ses quelques bancs. On se croirait presque arrivé sur la place d’une sous-préfecture endormie alors qu’on est à deux pas de l’inexpugnable mairie de Tibéri.

Pour faire encore plus joli le lieu où je vous mène se nomme : Café de la Nouvelle Mairie. Pour faire court, avant de faire long comme d’habitude, c’est un café où l’on ne boit que des vins de paysans éclairés. Un must plein de little producteurs comme l’ancien patron : Nicolas Carmarans, qui a vendu le café au personnel pour devenir petit producteur de vin en Aveyron. Selon la légende – il en faut ça aide à rêver – c’est à la Nouvelle Mairie qu'il a bu son premier verre à treize ans. C'était un ami de son père qui tenait ce troquet. Son père, un fils de bougnat, bien sûr, monté à Paris dans les années 20 avec son charbon "sur le dos", coùùe toute une génération d'Aveyronnais qui succédaient aux porteurs d'eau. Alors, quand l'ami de son père a vendu la Nouvelle Mairie, il y a maintenant plus de dix ans, Nicolas Carmarans l'a repris.

Le bistro est beau, plus que cela il est vrai. Sa façade des années 20, son bar et l’agencement intérieur tranchent avec l’habituel décor toc des nouveaux bistros. Ici c’est du dur, de l’authentique. La première fois que j’y suis venu, un matin, pour bavasser avec Catherine, la néo-vigneronne (voir son blog http://www.rue89.com/riverain/catherine-bernard ) Nicolas Carmarans était de passage et, après les grands crèmes, j’ai dégusté son vin rosé de l’Aveyron. Je ferai une petite chronique sur lui un autre jour. Bref, aujourd’hui c’est pour becqueter que je suis là pile à l’heure. Je prends des photos et, comme le retard est consubstantiel aux filles, je m’offre une flute de Crémant d’Alsace 2004 de C.Binner. Je reçois un SMS : je suis là dans 7 minutes. J’admire la précision. La salle se remplit. Je potasse visuellement le tableau proposant les plats du jour. J’hésite mais, comme je ne suis plus seul, la promesse horaire étant, à mon grand étonnement, tenue, commande est passée illico pour la retardataire d'un verre de Muscat de Thierry Navarre de Roquebrun près de StChinian. Papotages et commérages étant les 2 mamelles des parisiens nous papotons sans trop commérer.

La commande : des œufs mayo et des endives Fourme d’Ambert puis 2 Pennes chipirons à l’encre et pour terminer 2 crumbles. Le serveur, qui est aussi un peu patron, est sympa. C’est excellent. Du côté arrosage j’ai choisi 1 Côtes d’Auvergne 2006 « Les Pierres Noires » de J. Maupertuis. Il se laisse boire sans me jeter dans l’extase. Le temps s’écoule dans cette petite enclave provinciale sans qu’on ne le sente passer. En contemplant l’ardoise des vins je me dis qu’au café de la nouvelle mairie le vin de table, ce gueux, ce banni, cet interdit de séjour, retrouve une nouvelle jeunesse et qu’après avoir végété dans son espace de réclusion le voilà qui pointe son nez dans un nouvel espace de liberté. Les soi-disant gardiens du Temple des AOC devraient méditer sur cette renaissance.

 

Bref si vous niaisez à Paris au mois d’août vous pouvez confier votre estomac, à midi comme le soir, à cette sympathique maison. L’addition y est légère (pas de CB). Les vins y sont bons. La nourriture simple mais de qualité. L’ambiance bonne enfant. Mais, me direz-vous, pourquoi diable avoir titré cette chronique : « L’adresse mystère d’un jour de fête » ?

Devinez !

Si vous ne trouvez pas je puis vous dire, tout de même, qu’au retour, j’ai pu, sur la majeure partie du trajet, emprunter la rue St Jacques avant de reprendre celle du Faubourg Saint Jacques et, bien sûr, terminer en roue libre – ça descend – sur la contre-allée du Boulevard Saint Jacques.

Bon, pour ceux pour qui ça reste encore un mystère, qui sèchent, ils peuvent m’appeler au 06 80 17 78 25 ou utiliser mon e-mail jberthomeau@hotmail.com ou bien sûr lancer une bouteille à la mer sous forme de commentaires.

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Jeudi 24 juillet 2008 4 24 /07 /Juil /2008 00:04

Mes biens chers frères (les soeurs étaient systématiquement ignorées), c’est ainsi que le curé doyen, comme sans doute tous ses confrères,  commençaient ses sermons du haut de la chaire. Nous les fidèles nous étions assis. Dans mes débuts d’enfants de chœur pour scander les trois positions de la messe : assis, debout, à genoux, un préposé : le sacristain ou un enfant de chœur maniait avec vivacité un claquoir de bois.

 

C’est ce souvenir qui m’a inspiré l’idée de cette chronique sur les positions du vin, pour le boire bien sûr. À cette référence religieuse, certains d’entre vous eussent sans doute préféré que je m’appuie sur les positions du Kâma-Sûtra avec bien sûr photos en illustration : technique utilisée par les news magazines qui, sous le couvert d’enquêtes sérieuses sur des sujets de société, en profitent pour publier des photos suggestives. Comme je suis bon prince, et que les positions du vin n'ont pas le même potentiel de suggestion, je vous offre deux illustrations du livre originel.
 

Mais revenons à nos positions du Vin : debout, assis, couché… Qu’entends-je par là me direz-vous ? Pas grand-chose aurait répondu Pierre Dac dans le Sar Rabin Drana Duval mais moi je vais éclairer votre lanterne – notez que je n’ai pas écrit tenir la bougie.

 

DEBOUT

-         la position du buveur : position à l’origine exclusivement masculine très pratiquée dans les caves de Vendée qui s’est modernisée et un peu féminisée chez certains vignerons, dit paysans éclairés, qui ne répugnent pas d’amener au cul de la barrique leurs poteaux pour s’en jeter un ou deux derrière la cravate –façon de parler - dans des verres Duralex. Attention, ne pas confondre avec la position suivante car ici on ne recrache pas : on boit. La fonction sociale de cette position était très marquée : lieu d’échanges, où l’on se racontait des histoires, l’on concluait des affaires. Elle tend à se folkloriser pour séduire le bobo amateur d’authenticité.

-         La position du dégustateur : très en vogue de nos jours aussi bien chez les pros que chez les amateurs éclairés. Exige une certaine forme de résistance physique lorsqu’on la pratique dans les salons : RVF, Grand Tasting, VIF car elle peut s’apparenter à une lutte du type de celles que les femmes affectionnent au moment des soldes. Exige aussi une science consommée du crachement dans des récipients divers et variés si l’on ne veut pas se retrouver constellé de taches de vin. Exige enfin dans les salons une grande faculté de commentaires pour conforter sa position. Cette position se pratique aussi dans des quasis salles blanches dites salles de dégustation entre experts patentés. Chez certains vignerons ou même dans les châteaux se pratique dans la cave ou le chai, à la pipette, et il est de bon ton de reverser, ce qui reste dans le verre, dans la barrique. À noter que cette position est la position favorite des « acheteurs » mais qu’elle ne procure guère les mêmes sensations que celles éprouvées par le consommateur.

-         La position du clubber : pratiquée par de nouvelles couches de consommateurs en des lieux de perdition dit open bars, discothèques ou rave-partie mais ne concerne en général que, et très minoritairement, les vins à bulles. Le TGV : Tequila, Gin, Vodka est en butte à la réprobation collective car ce type de position ne vise qu’à atteindre rapidement l’ébriété et se retrouver illico en position couché dans le fossé,  ce qui vous le comprendrez n’est pas notre tasse de thé.

-         La position du piqueur d’assiette : pratiquée par la faune de ceux qui trustent les invitations pour des vernissages, inaugurations, décorations, départs à la retraite, garden-party… afin de se goinfrer gratis de canapés et de petits fours et, bien sûr, de faire couler la miette avec des breuvages appropriés. Le vin tranquille jusqu’à ces dernières années n’était pas très en vogue face à la toute puissance des bulles, le Champagne tout particulièrement. L’irruption des femmes dans l’univers du vin laisse de la place aux vins blancs et aux vins rosés. À noter la difficulté extrême, dans les buffets chics, de tenir dans une main une assiette pleine et dans l’autre un verre plein, et de manger ou de boire tout en causant avec les happy few.

 

ASSIS

 

-         la position du mangeur : elle fut pendant des décennies la position majoritaire à l’image de la position dite du missionnaire pratiquée par nos pères et nos mères mais elle tend à refluer sous la poussée du grignotage, du plateau télévision ou de l’eau minérale. Dans les milieux aisés ou intellectuels, composés d’esthètes ou de gens se prétendant tels, elle tend à rejoindre la position du dégustateur dans la mesure où les convives comme les hôtes d’un dîner n’ont de cesse de faire assaut de leurs connaissances de la science du vin qu’ils qualifient à tort d’œnologique. Bien évidemment dans cette position on ne crache pas son vin dans la soupière sauf que, très souvent, l’on peut constater, à la fin de ces repas, un niveau anormalement élevé de verres pleins.

-         La position du dragueur : est pratiquée assis en terrasse l’été ou sur les banquettes de skaï des cafés l’hiver par des individus cherchant, sans vergogne, à lier conversation avec des Chardonnay girls afin de pratiquer avec elles la position couchée. Contrairement à la précédente, en dépit de son ancienneté, cette position garde toujours la cote. À noter, qu’étant donné l’évolution des mœurs, elle est pratiquée de nos jours par toutes les orientations sexuelles.

-         La position du rêveur ou du lecteur : se pratique dans les mêmes conditions que la précédente mais en compagnie de soi-même ou d’un livre. À noter que la nouvelle génération peut la pratiquer avec un IPod sur les oreilles ou munie d’un téléphone cellulaire plutôt que d’un livre afin d’envoyer des sms du type : T où. Dans certains cafés Wifi l’ordinateur portable est aussi de mise. Enfin, depuis l’avènement du Black Berry les hommes d’affaires ou les working women sont aussi adeptes de cette position. La généralisation de cette position est un fait de société les sociologues l’ont baptisé : position du zappeur.

 

COUCHÉE

-         la position du jouisseur : a pratiquement disparue avec les banquets et les orgies romaines. Aucun indice sérieux ne laisse à penser que cette position revienne à la mode comme d’ailleurs le port de la tunique au-dessus du genou pour les hommes.

-         Il existe une autre position couchée mais l’évoquer serait jugée politiquement incorrect. Le temps de Jean Gabin dans « Archimède le clochard » est englouti et ce n’est pas à l’honneur de nos sociétés dites modernes, si propres, si aseptisées, mais si froides. C’est un grand moment Audiardesque où notre divin nectar, le Muscadet en tête, tient le haut de l’affiche...

 

Pour conclure, je n'ai pas la prétention d'avoir épuisé toutes les positions comme par exemple celle du voyageur, ferroviaire ou aérien et il vous est loisible de contribuer à l'édification de la taxinomie des positions du buveur de vin...


ARCHIMEDE LE CLOCHARD " JEAN GABIN par richardanthony

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