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               Vin&Cie, l'espace de liberté

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est
" un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 00:03


Pousson, Vincent de son prénom c’est l’éruption, le trait qui fait mouche, qui touche, qu’il fût d’esprit ou purement graphique, inventeur au sens du code civil : « personne qui découvre un trésor » notre « traverseur de déserts » en a extrait des pépites de ses Hautes Corbières pour le plus grand profit des gens d’esprit que sont les vrais buveurs de vin. Éclectique, rondement provocateur, gourmet et gourmand, photographe, admirateur de Bashung, l’homme saute les Pyrénées comme d’autres les échaliers pour nous livrer, d’une plume alerte, les trésors de la vive et inventive Barcelone. Moi qui ne suis qu’un cossard congénital – il fallait voir la tête de mes interlocuteurs, lorsque j’exerçais les fonctions de médiateur, quand, las de leurs tergiversations, je leur confiais sans rire « moins j’en fais mieux je me porte – je n’aime rien tant voir les autres marner à ma place. Alors ce matin je puis vous assurer que la pertinence et l’impertinence n’ont pas changé de camp. Je goûte donc ce plaisir matinal comme la lecture d’un éditorial pétillant sur une terrasse de la piazza del Campo de Sienne alors que l’aurore d’un nouveau jour rosit cet amphithéâtre grandiose. Que du plaisir, et du plaisir partagé avec vous chers lecteurs.


Vini Vinifera Barcelona

où comment à force de lui faire la gueule la culture du vin finit par nous tromper avec le premier Catalan venu…

 

 C'est anecdotique, je sais, mais essayez de revoir en accéléré Vicky Christina Barcelona ; à cette vitesse, vous ne perdrez pas grand chose de l'intrigue et vous éviterez en plus les clichés américains sur une Catalogne à laquelle ils prêtent un accent andalou… Non, là, il s'agit juste de compter le nombre de fois où les acteurs portent à leurs lèvres un verre de vin. « Une honte ! » s'écrieraient sûrement à l'ORTF les dames patronnesses constipées qui moralisent sur l'alcool en prenant des mines de gratte-Jésus (grenouilles de bénitier en langue médoquine). D'ailleurs, je ne comprends pas, tant qu'à couper la pipe de Monsieur Hulot, que pour sa sortie française le film n'ait pas été expurgé de ces ignobles moments de débauche éthylique (sans parler des ménages à trois ou quatre…).

Oui, ici, à Barcelone, on boit ! Et pas seulement à la façon des Anglais débarqués des charters pour enterrer leur vie de garçon en pissant sur les murs d'El Born. À Barcelone, on boit du vin ; rendez-vous compte, ici, ce n'est pas même un poison, Big Brother is NOT watching you ! Alors, bien sûr, la capitale catalane ne conteste pas encore la primauté économique de Londres en matière de wine business, mais tout montre que dans « la ville des prodiges » notre boisson préférée a le vent en poupe : de produit traditionnel, elle s'est transformée en objet à la mode. Car, même si comme en France la consommation globale baisse (surtout à cause du vin de table), il suffit de se balader dans les rues des quartiers qui bougent (l'Eixample, Gràcia et la vieille ville notamment) pour constater l'ouverture d'établissements, bistrots ou restaurants, dont les vitrines ne font pas mystère de leurs amours œnophiles (sincères ou pas…). Ainsi Cata 181 (Valencia, 181), au look minimaliste, La Viblioteca (Vallfogona, 12), moderne et bohème, La Vinya Del Senyor (Sarrià, 15), plus bourgeois, le Bar Mut (Pau Claris, 192), très brasserie germanopratine, D.O. Vins i Platillos (Verdi 36), spécialiste des crus régionaux, ou encore le plus petit bar de la ville, le minuscule Zim (Dagueria, 20), où Katherine, une Écossaise gourmande, marie intelligemment vins et fromages espagnols.

Cela étant, dans cette ville qui a toujours le nez dehors, l'acmé de la vogue du vin a été l'ouverture en 2008 de MonVínic, un lieu atypique de 500 mètres carré qui oscille entre centre culturel, restaurant gastronomique, salle de conférences et bar branché ; fruit d'un projet de 5 ans voulu par Sergi Ferrer-Salat, homme d'affaires méthodiquement passionné de vin, et amoureusement pensé par Isabelle Brunet, auparavant sommelière à El Bulli et à Londres, MonVínic (Diputació, 249) a été looké « XXIe siècle » par le designer Alfons Tost. Dans ce temple œnologique, on trouve, en toute simplicité, les 3000 meilleurs vins du Monde à des prix modiques qui rappellent que l'endroit est une fondation et non un commerce, une fondation qui va bientôt être complétée, afin de donner un accès le plus large possible aux grandes bouteilles, par FastVínic, un fast-food qualitatif. Mais comment, quand on sait les budgets de promotion qui se promènent entre les différentes entités chargées de mettre en avant le vin français et sa culture, comment un tel projet n'a pas été monté à Bordeaux1, Montpellier ou Paris, comment s'est-on fait doubler, une fois de plus ?

Le « vin nouveau » à Barcelone, ce sont aussi les cavistes. Ouvrent un peu partout dans la ville des boutiques qui poussent vers la maison de retraite les bodegas poussiéreuses dont les néons verdâtres finissaient d'user des riojas fatigués : David Perramon de DVi (Marià Aguiló, 120) initie à la nouvelle vague espagnole l'ancien quartier des pêcheurs, Poble Nou, promu quartier branché grâce à au projet 22@, en donnant des cours de dégustation ; Benoît Valée, un immigré français a ouvert à Gràcia L'anima del Vi (Mariana Pineda, 3bis) une tienda spécialisée dans les vins alternatifs, en phase avec ce quartier Bobo. Bien sûr, ces jeunes ont un père spirituel en la personne de Quim Vila, lequel préside aux destinées de la vénérable Vila Viniteca, qui du haut de ses 77 années d'existence continue de faire la tendance ; tout amateur digne de ce nom ne peut faire l'économie d'une visite au 7 de la carrer dels Agullers, près du port, à cette maison de confiance qui, en plus, a ouvert un charmant delikatessen où l'on se régale verre en main de fromages hexagonaux et de luxueux embotits locaux sur un coin de table.

Cette ville dont la nouvelle icône est la Torre AgBar construite par Jean Nouvel pour la compagnie des eaux, joue aussi, à son échelle internationale, le rôle de capitale du vin catalan, et, dans une moindre mesure, espagnol. Sans Barcelone, comment imaginer le succès planétaire du Priorat, promu vignoble pour milliardaires alors qu'il était déshérité il y a encore quarante ans ? Comment concevoir l'éclosion de ces dizaines de domaines des Costers del Sègre, de l'Ampurdán, du Pla de Bages, du Montsant dont les vins affichent une ambition marquée (d'ailleurs surtout marquée par le bois qui masque parfois un fruit étincelant…) ? Comment comprendre la qualité, la créativité, la modernité du packaging mis en œuvre si souvent pour parler le vin d'aujourd'hui ?

Témoin de cette effervescence, de cette volonté de déplacer les montagnes, le projet de Raul Bobet, ex-chief winemaker de la maison Torres, déjà honoré pour sa collaboration avec Sergi Ferrer-Salat en Priorat (FerrerIBobet 2006 sacré meilleur vin d'Espagne)  : il a monté un domaine écolo, Castell d'Encus, à 1000 mètres d'altitude dans les Pyrénées, en vue du pic d'Aneto. Son riesling, délicieux, vient de sortir mais il a en cave de stupéfiants cabernets-sauvignon et petit-verdot dont le maître-mot est finesse, une vertu qui n'avait pas toujours été explorée par les vignobles du Sud.

Allez, vous avez compté ? Combien de fois les acteurs de Vicky Christina Barcelona portent-ils un verre de vin à leurs lèvres ? Une bouteille au gagnant! Ah, j'oubliais, on n'a pas non plus le droit de parier en France… De se moquer, j'espère, mais ce n'est pas sûr. De se moquer, comme on le fait ici en Catalogne comme partout en Europe2 d'un pays dont le new french paradox consiste, en matière vinicole, à pratiquer l'autoflagellation ; dans le film de Woody Allen, on dirait « à tenir la chandelle… »

 

1 Certes Bordeaux se réveille grâce à Alain Juppé et Sylvie Cazes, mais leur projet de centre culturel du vin ne fait pas encore l'unanimité.

2 La semaine dernière encore, au colloque Wine Future, à Logroño, en Rioja, on a ri du néo-prohibitionnisme des gouvernants français

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 10:00

Sans la mimine de Thierry Henry, car si l’équipe de France en était arrivée aux penalties –  pardon aux tirs au but – elle aurait sombré corps et biens vu son mental, j’imagine sans mal le sort réservé au très controversé Raymond Domenech. La veille du match j’ai même lu dans la feuille de chou de Colombani : Slate un article très français qui vantait les mérites d’une élimination des Bleus. « Serait-il finalement bénéfique pour l'équipe de France de ne pas se qualifier ce soir face à l'Irlande? » En clair, du passé faisons table rase et repartons à zéro. Très français comme attitude, si tous nos maux nationaux passaient soudain à la trappe tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes pour le bon peuple de France. Si je n’étais pas né en 1948 j’oserais dire que ça sent le syndrome de Vichy : rebâtir sur les décombres et nous en ressortirons vivifiés. Nous vénérons les boucs émissaires : la gueuse républicaine, les 40 heures du Front Populaire vecteur de fainéantise, en 1940 ; Vive Pétain ! Vive de Gaulle ! Par les mêmes ; en 2009 : Raymond démission ! Bojolo Nuovo au caniveau !

Que voulez-vous  j’ai tendance à pencher du côté de Marie-Madeleine plutôt que du côté des pharisiens qui adorent exciter les jeteurs de première pierre et les craqueurs d’allumettes pour le bucher. Bref, pour les plus patients d’entre vous je vous propose de lire un extrait d’une chronique du 26 juin 2008 La Curée : Domenech et Halimi c’est qui ? Amédée et Alphonse...

http://www.berthomeau.com/article-20685269.html

« Dans notre vieux français on panse les vaches mais on cure les chiottes, la nuance est de taille. En ces jours de déprime post-Euro – pas la monnaie mais le ballon rond – forme s’apparentant au coitus interruptus, le monsieur qui est vautré sur son canapé devant sa télé et qui refait le match, se sentant floué, « cocu » selon les fines plumes de France Soir, réclame à cors et à cris la tête de Raymond, l’ex-déblayeur de tibias de l’Olympique Lyonnais, ci-devant sélectionneur de l’équipe nationale. Tout est de sa faute ! Dans ce tout, très fourre-tout, pêle-mêle tout et rien mais surtout, le pire : le Raymond s’est payé la fiole du français moyen en ne trouvant pas mieux que de demander la main d’Estelle Denis – pas la mère avec sa Vedette mais la nana d’M6 qu’est assez mignonne et qui cause de foot comme les mecs avec un mec qui pèse 3 tonnes – donc carton rouge. Expulsion ! Démission ! Ça me rappelle les sifflets des beaufs contre Christian Karembeu, le kanak qui avait eu la mauvaise idée d’épouser Adriana. Bref, le Raymond, bas du cul et bas sur les chevilles, n’est pas ma tasse de thé mais la meute lancée à ses trousses pour la curée me donne envie de gerber. »

Bon, je pars à Autrement Vin et je souhaite à ceux qui n’en seront pas « de bien se rincer le gorgeon avec le Bojolo Nuovo dont le millésime me dit-on va marquer son renouveau... »

 

Détail : je n’ai visionné ni l’aller, ni le retour de l’équipe de France...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 22:30

Pour cette chronique je prends de l'avance sur l'horaire classique pour donner un coup de main au Bojolo Nuovo qui, tel une rock star sur le déclin ou un top model en bute aux affres de liftings à répétitions, n’est pas au mieux de sa forme. Les pays traditionnellement  importateurs, comme le Japon, ont levé le pied sur les commandes. La crise sans doute, mais le mal qui ronge le frétillant des comptoirs du troisième jeudi de novembre est plus profond. Après avoir été adulé, peloté par les médias et les faiseurs d’opinion, telle une fille facile, à la cuisse légère et au parfum bon marché, trop fardée, avec qui il est facile de s’encanailler, de s’envoyer en l’air sans grand dommage, le voilà couvert d’opprobre, chargé de tous les vices de ces vins dont certains disent qu’ils sont faits avec de la poudre de perlimpinpin. Alors ceux qui dans notre beau pays, au temps de sa splendeur, l’ont encensé le brûlent aujourd’hui sans aucun remord sur le bucher des vanités.
Au fait et ma Tombola les gars, les filles aussi, j'ai mis du Bojolo Nouvo dans les lots... Allez-y, vous avez jusqu'à midi un pti clic sur l'icônehttp://www.berthomeau.com/article-en-avant-premiere-la-tombola-des-amis-de-vin-cie-a-autrement-vin-le-19-novembre-au-104-a-paris-39518632.html et c'est parti pour la chance...
Pourquoi un tel déclin : 272 615 hl en 2004 à 163,24 euros en moyenne l’hectolitre contre 154 470 hl pour cette campagne à 139,47 euros l’hectolitre fourchette haute ? C’est la Bérézina. Hormis une image dégradée par les flots déversés par la GD je crois que le Beaujolais Nouveau vieillit avec la génération, celle des baby-boomers, qui l’a porté au pinacle et la nouvelle génération, plus tentée par d’autres boissons festives ou plus radicales, ne prend pas le relais. Comme la consommation du vin s’est embourgeoisée : boire moins mais boire mieux disaient les bordelais sur des affiches du CIVB – censurées par les juges – le côté canaille et popu du Beaujolpif cher à René Fallet ne séduit plus ni les snobs qui lui trouvent maintenant des airs de produit de série, ni les bobos qui eux veulent rien que des nectars biodynamisés. Siphonné par les 2 bouts notre Beaujolais est tombé dans le trou.
Au fait les tickets de la Tombola c'est 5 euros pour 1, 10 euros pour 3 et 20 euros pour 7, pour des lots de oufs carresser l'icônehttp://www.berthomeau.com/article-en-avant-premiere-la-tombola-des-amis-de-vin-cie-a-autrement-vin-le-19-novembre-au-104-a-paris-39518632.html et c'est parti mon kiki... Rassurez-vous je partirai pas avec la caisse...

Certaines belles âmes diront : à toute chose malheur est bon : le Beaujolais va retrouver son âme loin du tsoin-tsoin, des régimes de bananes ou d’exotiques fragrances venues d’ailleurs. D’autres, surtout dans les sphères interprofessionnelles rétorqueront qu’avec un petit coup de communication reliftée la machine va repartir de plus belle et que cette grande fête populaire va redevenir « tendance. L'an passé, c'est l'artiste Ben qui a été sollicité. Pour 2009, le Beaujolais se tourne vers le « pop art » avec un visuel qui utilise des couleurs très vives. « La nouvelle campagne souhaite également renforcer l'aspect festif de ce vin et lui redonner ses lettres de noblesses » explique Anthony Collet, responsable marketing et communication.
Le problème c’est que le rouleau compresseur « Beaujolais Nouveau » a complètement laminé et réduit l’image de l’appellation en la cantonnant dans la tête du grand public à une période de temps de consommation qui se contracte de plus en plus. Entre l’élitisme pur, certes souhaitable pour redonner aux crus du Beaujolais leur vraie place, et la remise en ligne de la grosse cavalerie par une communication redonnant au « Nouveau » un nouveau souffle, il y a un travail de fond à réaliser dans le vignoble pour mieux adapter la ressource raisin à sa finalité. Mais, comme c’est un sujet qui fâche, je ne m'y risquerais pas. Simplement je crois pouvoir dire, sans grand risque d’être démenti par les faits, que pour redevenir « tendance » il faudra tout à la fois conjuguer les efforts des musts, ces nouveaux vignerons revisitant l’appellation qui font de l’image, et des maisons de vins, des négociants en capacité de mieux maîtriser les volumes pour alimenter les circuits de distribution dits modernes.
Pour la Tombola faut pas que j'me plaigne j'ai déjà vendu 100 tixons en une journée mais je croyais que ma côte d'amour auprès de vous était meilleure. Bon si ça vous dit chatouillez l'icône
 http://www.berthomeau.com/article-en-avant-premiere-la-tombola-des-amis-de-vin-cie-a-autrement-vin-le-19-novembre-au-104-a-paris-39518632.html et
 la chance vous sourira les amis...   

Vous voyez que j'ai du beau monde avec moi pour ma Tombola.
Mais, en dépit du temps lourd, aujourd’hui est jour de fête, bien sûr celle du Bojolo Nouvo  mais aussi celle du Vin tout court avec Autrement Vin au le CENTQUATRE, 5 rue Curial, Paris 19e, Métro Riquet ou Stalingrad de 14h00 à Minuit

14h00 : exposition et dégustation par le public des 4 catégories de vins atypiques

18h00 : autour des vins, quelques découvertes gastronomiques du sud-ouest, terre et mer.

19h 15 : Grand débat entre Michel Bettane/Marcel Richaud sur le Bio animé par Laurent Bazin d’I-télé. Puis questions de la salle aux intervenants. 

20h00 : le Cercle des Dégustateurs commente les vins atypiques sur le plateau du CENTQUATRE.

Avec une TOMBOLA : des belles bouteilles à gagner ! http://www.berthomeau.com/article-en-avant-premiere-la-tombola-des-amis-de-vin-cie-a-autrement-vin-le-19-novembre-au-104-a-paris-39518632.html

Courez-y chers amis. Venez-y à pied, à cheval, ou en voiture, en Vélib ce jour-là tout est possible à Paris : le Bojolo Nouvo et les Petits Nouveaux du  CENTQUATRE.

Bref le 19 il faut teuffer toute la journée car le vin c’est la fête. La vraie fête lire ou relire ma chronique : «  Les jeunes, la fête et le vin : le seul cocktail sanitairement correct » http://www.berthomeau.com/article-les-jeunes-la-fete-et-le-vin-le-seul-cocktail-sanitairement-correct-38092108.html Et que les esprits chagrins ne viennent pas me dire qu’il fallait choisir un autre jour car si le Beaujolais Nouveau veut sortir du ghetto d’un seul jour où le tam-tam médiatique retenti, occuper un espace plus large, arrêter d’étouffer l’appellation et ses crus tout au long de ce qui reste de l’année, il lui faut sortir de l’instantanéité. Les temps médiatiques que nous vivons sont friands de ce type de séquence fugace. Le Bojolo Nouvo nous avons 3 mois pour le boire alors de grâce arrêtez de nous bassiner que c’est le grand soir ce soir.

Pour clore cette chronique je vous offre un must absolu : une Minute de Monsieur Cyclopède de l’irremplaçable Pierre Desproges   : plongeons-nous dans la généalogie pontificale... à savourer sans modération sur plein écran en cliquant sur l'icone rectangulaire en bas à droite du petit écran. Bonne journée, à ce soir au 104

 

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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 00:04


Les 654 pièces de vins rouges et 145 pièces de blancs totalisent 5,45 millions d’euros, second meilleur résultat depuis la première vente aux enchères de 1859 et + 20% d’augmentation par rapport à 2008 du prix moyen de la pièce (2008 avait marqué un fort recul à 5196 euros contre 7062 en 2007). À noter que le nombre de pièces proposées à la vente était l’un des plus élevé : 799 pièces.

Comme c’est une œuvre de charité : bravo !

Mais comme l’aurait dit monsieur de la Palice pour que les prix flambent il faut des acheteurs, des acheteurs qui se disputent 1 ou plusieurs pièces sur un lot et font monter l’enchère jusqu’à son prix du jour.  L’art de l’enchérissement existe et je l’ai rencontré dimanche puisque dans mon dos s’activait l’un des acheteurs du Top 10 (cf. ci-dessous). Les acheteurs traditionnels étaient dans la Halle de Beaune, d’autres au téléphone et enfin les surfeurs sur le Net. Les promesses d’un très beau millésime 2009 ont sûrement dopés la vente mais je dois avouer que, comme beaucoup dans la salle, des biens plus expérimentés que moi, j’ai été surpris par cette vigueur. Louis-Fabrice Latour ne s’était pas risqué à donner la tendance. Moi, je la voyais molle. Tout faux mais pour autant en tirer des conclusions hâtives, par rapport aux marchés réels se révèlerait une erreur. La flambée de l’après-midi ne doit pas occulter le coup de froid du matin.

 En effet, le matin, à la conférence de presse traditionnelle dans la magnifique salle des Pôvres les chiffres égrenés par Louis-Fabrice Latour marquaient tout le poids de la lourde récession des ventes en 2009. Les grands vins souffrent. Sans les citer tous, ces chiffres de plomb, donnons les plus significatifs : aux USA sur les 9 premiers mois – 44% en valeur, au RU – 34%, le Japon malgré sa crise profonde a mieux résisté : - 16%. Sur le marché domestique français, avec un effet retard, le marché décroche, les difficultés arrivent. « Les foires aux vins de septembre ne se sont pas très bien passées ». Les vendeurs directs, plus liés au marché français, n’ont pas ressentis aussi vite les effets de la crise, alors que le négoce en a ressenti les effets dès la fin 2008. Le message du Président de la Fédération des Négociants Éleveurs de Bourgogne a été clair : il souhaite une baisse des prix du millésime 2009. Il faut redonner de l’air aux clients traditionnels. Comme le dit aussi très clairement Pierre-Henry Gagey « les 2007 et les 2008 sont à la vente, nous les avons payé cher, nos clients demandent de baisser nos prix de 20 à 25%, l’ajustement se fera donc sur le 2009 » La crise frappe tout le monde : la Champagne, la Nouvelle-Zélande, il faut donc être en capacité de profiter le moment venu au rebond du marché.

Donc en très synthétique : un recul net de – 25% sur les marchés extérieurs ce qui ramène la Bourgogne au niveau de l’année 2006. Pour le marché français : – 7 à 10% sur 2009. La proportion des ventes bourguignonnes étant de 55% marché national et 45% export indique que les effets récessifs ne sont pas tous engrangés mais le spectre de la crise de 1991 ne plane pas sur la Bourgogne. Les vins à rotation rapide sont encore demandés. Ceux d’entre vous qui voudraient se plonger dans l’analyse fine des résultats je leur recommande l’excellent dossier du service des marchés du BIVB : « Marchés et développement des vins de Bourgogne : démultiplier les efforts pour favoriser la reprise » http://www.vins-bourgogne.fr/accueil/gallery_files/site/289/1908/9454.pdf Bravo Xavier c’est de la belle ouvrage comme j’aime !

 

En résumé pour les allergiques aux statistiques :

-         les prix flambent aux Hospices

-         les prix piquent du nez à la propriété.

Etonnant eut dit monsieur Cyclopède, alias Pierre Desproges. En fait le miroir d’une crise qui touche le plus grand nombre et laisse un petit nombre à l’abri des turbulences. Ainsi va le monde chers lecteurs. Vive la crise comme le clamait un Yves Montand mué en gourou de l'économie...   

 

Pour la vente de ce que je continue d’aimer appeler le tonneau de charité, dit maintenant Pièces des Présidents puisque cette année il y en avait 2 : Meursault-Charmes Premier Cru – Cuvée Albert Grivault et Corton Grand Cru – Cuvée Charlotte Dumay, un coup de chapeau au bloc des maisons bourguignonnes : Aegerter, Bichot, Boisset, Bouchard Père et Fils, Corton André, Drouhin, Faiveley, Jadot, Latour d’avoir poussé l’enchère jusqu’au niveau d’un beau geste à la manière des Enfoirés du regretté Coluche. J’ai en effet le souvenir de Coluche venant à l’Hôtel de Villeroy voir Henri Nallet alors Ministre de l’Agriculture pour que nous unissions nos forces pour lancer cette « entreprise » de solidarité. Ce fut fait, discrètement mais efficacement. Les politiques et leurs services que l’on moque souvent ce jour-là avaient répondus présents.

Chers lecteurs n'oubliez pas la Tombola des Amis de Vin&Cie chronique d'hier http://www.berthomeau.com/article-en-avant-premiere-la-tombola-des-amis-de-vin-cie-a-autrement-vin-le-19-novembre-au-104-a-paris-39518632.html C'est du beau, du bon, tentez la chance...

 

  Le Top 10 des Ventes

Lot

Description

 
Estimation (€)

Prix

Acheteur

PP

Meursault-Charmes Premier Cru – Cuvée Albert Grivault et Corton Grand Cru – Cuvée Charlotte Dumay

Les pièces des Présidents (vendues hors frais) 

Séjour avec l’équipe des Restos du Cœur
 

 

€90.000

£80.397   
$134.280  

Aegerter, Bichot, Boisset, Bouchard Père et Fils, Corton André, Drouhin, Faiveley, Jadot, Latour 
et

Picard

358

Bâtard-Montrachet Grand Cru 
Cuvée Dames de Flandres

40.000-60.000

€69.550

£62.129  
$103.768 

Privé  européen

359

Bâtard-Montrachet Grand Cru 
Cuvée Dames de Flandres

40.000-60.000

€62.060

£55.438   
$92.593 

Privé  européen

360

Bâtard-Montrachet Grand Cru 
Cuvée Dames de Flandres

40.000-60.000

€58.850

£52.570  
$87.804  

Privé  Moyen Orient

361

Bâtard-Montrachet Grand Cru 
Cuvée Dames de Flandres

40.000-60.000

€56.710

£50.660  
$84.611  

Maison Michel Picard

115

 
Clos de la Roche Grand Cru

Cuvée Cyrot-Chaudron 

20.000-30.000

€40.660

£36.321   
$60.665  

Domaine Faiveley

114

 
Clos de la Roche Grand Cru

Cuvée Cyrot-Chaudron

      

20.000-30.000

€37.450

£33.454   
$55.875  

Privé  européen

116

Clos de la Roche Grand Cru

Cuvée Cyrot-Chaudron

20.000-30.000

€37.450

£33.454   
$55.875  

Lucien le Moine

463

Clos de la Roche Grand Cru

Cuvée Georges Kritter

20.000-30.000

€34.240

£30.586   
$51.086  

Privé  européen

465

Clos de la Roche Grand Cru

Cuvée Georges Kritter

20.000-30.000

€34.240

£30.586   
$51.086  

Domaine Faiveley

314

Corton-Charlemagne Grand Cru 
Cuvée François de Salins

15.000-20.000

€32.100

£28.675   
$47.893  

Privé 

 

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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 12:00

Chers lecteurs, chers abonnés, en avant-première, pour ceux d’entre vous qui ne pourrez vous rendre au 104 le 19 novembre http://www.berthomeau.com/article-autrement-vin-la-premiere-expo-degustation-des-vins-atypiques-le-19-novembre-au-104-a-paris-il-faut-en-etre--38873390.html je vous propose de pouvoir accéder à la Grande Tombola des amis de Vin&Cie qui sera proposée à celles et ceux qui assisteront à cette Exposition&Dégustation de Vins atypiques.

 

Je vous propose donc, si les lots vous attirent, d’acquérir par mon intermédiaire un ou plusieurs billets permettant de participer au tirage de la Tombola qui aura lieu dans la soirée du 19 novembre au 104.

Le Billet est à 5 euros, les 3 à 10 euros, les 7 à 20 euros.

 

Vous pouvez souscrire de la manière suivante :

-         vous m’envoyez un e-mail sur ma boîte berthomeau@gmail.com avec votre commande et vos coordonnées postales pour l’envoi du lot si votre billet est gagnant lors du tirage.

-         En retour vous recevrez un ou plusieurs numéros de billets de la tombola et mon adresse postale pour l’envoi de votre chèque de paiement.

-         La souscription par mon intermédiaire sera close jeudi matin à 8 heures.

-         L’intégralité des résultats de la Tombola sera publiée sur Vin&Cie

-         L’intégralité des sommes collectées ira à l’organisation d’Autrement Vin pour tenter d’équilibrer son budget.  

-         L’ordre des lots correspond à l’ordre d’arrivée des réponses de mes amis et non à une quelconque hiérarchie. La plupart ont une valeur située entre 100 et 150 euros.

-         Bonne chance et merci à ceux qui soutiendront Autrement Vin qui espère se pérenniser pour porter haut notre cher produit en France mais aussi chez nos amis des pays voisins.

Enfin, si certains d’entre vous veulent proposer des lots je suis preneur. Merci par avance


LISTE des Lots de la TOMBOLA des amis de Vin&Cie à « Autrement Vin »


Raymond Boulard et Fils 2 bouteilles de Champagne Les Rachais - extra-brut - Vendange 2004 - j’en suis amoureux, un biodynamique de haute lignée de l’ami Francis Boulard. Un must !

 

Cave de Tain : 1 bouteille d’ Hermitage Rouge 2006 EPSILON le grand vin de Cave de Tain de la part de mon amie la dynamique et entreprenante Julie Campos.

 

Domaine de Baron’Arques double magnum AOC Limoux rouge 2006 le grand vin du Sud de la baronne Philippine de Rothschild, un grand vin du  Sud. L’alliance Bordeaux&Languedoc...

Véronique Drouhin 1 coffret de deux bouteilles contenant 1 Chardonnay Arthur 2007 et 1 Cuvée Pinot Noir Laurène 2006, 2 cuvées prestigieuses issues du Domaine en Oregon vinifiée par Véronique Drouhin. Un grand nom de la tradition qui innove.

Cave de Tavel 6 bouteilles de Tavel cuvée royale 2008 et 6 bouteilles de Lirac 2008 les hauts d’Acantalis de la part de Christian Paly qui me fait le plaisir d’être à nos côtés.

Embres&Castelmaure 1 bouteille de N°3  2007 meilleur vin du Languedoc pour un jury présidé par Michel Bettane et 1 de Grande cuvée 2007 de la part de mes compères d’E&C Patrick Hoÿm de Marien en tête.

Maison Louis Latour  le Grand Ardèche 2007 Chardonnay 1 caisse de 12, coup de cœur Hachette 2010, un précurseur de haut vol des vins de cépages, de la part de l’ami Louis-Fabrice Latour.   

Cellier de Marrenon : 1 coffret de 3 bouteilles : Doria Luberon blanc 2007, Orca Côtes du Ventoux rouge 2007 (90/100 Parker) et Pétula Luberon rosé 2008 (le vin rosé des VIP de Roland Garros) de la part de mon compère de toujours Jean-Louis Piton.

Sieur d’Arques : 1 carton de 6 bouteilles Toques&Clochers Crémant de Limoux, encore un must de mes vieux amis de Limoux inventeur de Toques&Clochers Pierre Mirc en tête.

Les Domaines Lorgeril : 1 magnum d’esprit de Pennautier 2006, le grand vin du château de Pennautier de Nicolas et Miren de Lorgeril, avec les compliments de mon amie Miren qui sait si bien recevoir ses hôtes...

Château Mont-Redon un magnum de  Châteauneuf-du-Pape rouge 2006, de la part de Jean Abeille un homme comme je les aime. Un grand vin qui lui resssemble.

Famille Quiot le Château de Trignon face aux dentelles de Montmirail : 6 bouteilles de Gigondas 2005, de la part de mon ami Jérôme avec qui j’aime converser sous les charmilles de Trignon.

Gérard Bertrand : le clin d’œil de Gérard Bertrand avec 2 caisses d’Autrement Bio Vin de Pays d’Oc 4 cépages cabernet rosé, chardonnay blanc et merlot et syrah rouge. De la part de Gérard Bertrand l’homme qui fait bouger les vins du Sud.

Domaine Naudin-Ferrand : un magnum d’Orchis 2005 Hautes-Côtes de Beaune le cousu main de mon amie Claire Naudin, une passionnée du vin qui vibre à l’unisson de celui-ci.

Maison Louis Jadot : 6 bouteilles de Beaune 1er Cru – Clos des Couchereaux 2003, de la part de PH Gagey un gentleman du vin qui sait ajouter une touche très personnelle à sa passion du vin.

Maison Albert Bichot : 1 magnum Gevrey-Chambertin Les Mureaux clos Frantin 2005 de la part d’Albéric Bichot l’homme qui démocratise la vente des Hospices de Beaune via l’Internet.

Maison Jean-Claude Boisset : 1 magnum de Savigny les Beaune blanc 2007 de la part de mon ami Grégory Patriat très Autrement Vin.

La Baronne Guichard : 1 magnum de Château Siaurac Lalande de Pomerol et un magnum de Vray Croix de Gay Pomerol 2006, c’est le chouchou de mes dégustateurs en culottes courtes, de la part de mes amis Aline&Paul Goldsmith.

Cos d’Estournel : 3 bouteilles de Goulée rouge 2005 Médoc le nouveau vin de l’équipe de  l’ami JG Prats qui avec, le chais de Cos d’Estournel, revisité par JM Wilmotte, a su magnifier le vin sans bling bling .

Domaine du Grand Veneur : 12 bouteilles de Lirac rouge 2005 "Clos de Sixte" de l’ami Alain Jaume avec qui j’ai partagé les délices du beau village de Châteauneuf-du-Pape en des temps agités.

Vignerons de Chusclan : 12 bouteilles d’Excellence 2005, Côtes du Rhône Villages de l’ami Claude Rivier qui mène dans le département du Gard un combat que je soutiens.

 Vin&Cie : un magnum de St Chinian Siméoni La Toure 2007  AB, de ma part en hommage au couple Siméoni des amis et des lecteurs de la première heure rencontrés au salon Marjolaine.

la liste n'est pas close...

Domaine de La Rectorie une caisse de 6 de la Cuvée Elisabeth, 1999 un superbe rancio dans la même veine qu’un banyuls, récolté en 1999 avec un potentiel de 13°8 -au lieu des 14°5 obligatoire- c'est donc un vin muté comme un Banyuls mais à un degré inférieur donc ca ne s'appelle pas Banyuls ! Atypique mon cher Marc Parcé ami et compagnon de la première heure.

Bernard Dauré 6 bouteilles de Tacón Alto Viña  de las Niñas 2006 Apalta Chile, de la part d’un lecteur de toujours, passionné et attentif, qui sait défendre ses amis lorsque je les épingle... Même du Chili nous conversons. Merci Bernard.  

Domaine Patrick Beaudouin 6 bouteilles d’Anjou Blanc les Saulaies 2006, Patrick l’un des fondateurs de Sève et militant passionné du retour à leur terroir de nos appellations ne pouvait qu’être à nos côtés pour mettre en lumière les vins atypiques.

Monoprix 12 bouteilles de Beaujolais Nouveau Monoprix Gourmet, merci Yannick pour ce bel effort dans l'emballage final avant le jour J et l'heure dite du Bojolo Nuovo... 


Jacques Maillet :
 Autrement  Vin de Savoie AB 3 bouteilles en rouge 2008 et en Altesse sans sulfites 2008, un rouge et deux blancsc’est encore un clin d’œil à notre Autrement Vin...     

 

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 00:06

Que j’invitasse, en tant que Secrétaire-Perpétuel de l’Amicale du Bien-Vivre, Alexandre Lazareff à répondre au Questionnaire de Proust entrait dans l’ordre naturel des choses. En effet, c'est l'homme du goût, et un homme de goût, mais le personnage jure – au sens de mal assorti, c’était l’un des mots favoris de ma couturière de mère – avec l’image traditionnelle de l’énarque. Nul n’est parfait, Alexandre Lazareff, pour plaire à son père, fait l’ENA dont il sort en 1983, promotion Solidarité, pour rejoindre les austères des Finances. Affecté à la DREE : la direction des Relations Economiques Extérieures, au bureau chargé des négociations multilatérales au GATT et à la CEE, ce cher Alexandre s’illustre dès 1984 en publiant « Paris Sucré, guide des salons de thé parisiens », en collaboration avec Renaud Girard. Comme je le comprends, c’était tout de même plus excitant que les histoires d’abaissement des droits de douanes, de réduction des restrictions quantitatives ou qualitatives aux échanges, de consolidation des tarifs douaniers ou pire encore le démantèlement des Montants Compensatoires Monétaires. Mais notre homme était taillé pour d’autres batailles ou aventures : celle de Radio Tour Eiffel (1987 à 1989), des fromages au lait cru, celle du Conservatoire National des Arts Culinaire (1989 à 1999)  avec le fameux inventaire du Patrimoine Culinaire de la France, celle du lancement d’un programme d'éveil au goût dans les écoles, celle du site Internet chateauonline.com, leader européen de la vente de vins sur Internet dont il est le Cofondateur et le rédacteur en chef de 1999 à 2003. En voilà un parcours éclectique, avec une prédilection forte pour tout ce qui touche le bien vivre, loin des « délices » du solde de la balance commerciale dont le vin est pourtant l’un des champions.

Le lien est fait, après la défense, contre les gnomes de Bruxelles, de nos chers « fromages qui puent » au lait cru, chers à Marie-Anne Cantin, quand est-ce donc que ce cher Alexandre s’est pris de passion pour le vin ? « Avec l'héritage d'une vigne à Pommard, la création avec des complices du site Internet ChateauOnline puis celle del'Ecole des Gourmets qui me permet d'organiser le soir, pendant le dîner, des leçons de vin pour les passionnés. » dit-il. Tout normalement l’Agence du Goût, qu’il fonde en 1999, reçoit pour nom de baptême : PAIN VIN & CIE. Mais, Alexandre Lazareff qui a fait son service militaire comme aspirant chef de section de combat au 27ème bataillon de chasseur alpin à Annecy, n’est pas du genre à se contenter du pur métier de conseiller, il adore impulser, faire, le voilà donc, aux côtés de Paul Dubrule, Secrétaire Général du tout nouveau Conseil Supérieur de l’Oenotourisme. Qu’Alexandre me le pardonne mais les Conseils Supérieurs de... ne sont pas vraiment ma tasse de thé – j’en ai pratiqué tant et tant au temps de mes ors de la République – et comme je l’ai écrit dans une récente chronique : l’excès d’oenotourisme me saoule http://www.berthomeau.com/article-34433910.html alors, pour le moment, je reste un peu sur l’Aventin. Mais qu’il se rassure je ne demande qu’à être convaincu et, connaissant son talent pour mener à bien des missions difficiles, comme je suis beau joueur, il ne me restera plus qu’à lever mon verre au succès de son nouveau défi. Merci Alexandre Lazareff d’être venu sur mes lignes pour répondre à ce questionnaire de Marcel Proust.

Votre vertu préférée : La justice (et pas la tempérance !) si on s’en tient aux quatre vertus cardinales


Vos qualités préférées chez l'homme : la générosité


Vos qualités préférées chez la femme : la tendresse


Votre occupation favorite : la dégustation et le sport, l’un équilibrant l’autre.

Votre caractéristique maîtresse : La volonté de défricher de nouveaux territoires.


Votre idée du bonheur : La plénitude d’un sommet conquis à Chamonix.

Votre idée du malheur : La perte d’un être cher, dans le tout premier cercle.

Vos couleurs et votre fleur préférées : les fleurs blanches des grands chardonnays.


Si vous n'étiez pas vous-même, qui voudriez-vous être ? : Un vigneron, c’est sûr.


Où aimeriez-vous vivre ? : A Paris, donc je ne serai jamais vigneron…

Vos auteurs préférés en prose : Illimité… Je suis un incorrigible zappeur, de Paul Morand à Aragon (Ah ! Aurélien…), du polar à l’histoire, l’œuvre complète d’Eric-Emmanuel Schmitt, sans oublier quelques essais en passant (Denis de Rougemont…)


Vos poètes préférés : Vous voulez que je sois sincère ? La poésie n’est pas ma cup of tea !


Vos peintres et compositeurs préférés : les peintres expressionnistes et les compositeurs impressionnistes (Rachmaninov et Tchaïkovski inclus)


Vos héros préférés dans la vie réelle : De Gaulle, hors concours


Vos héroïnes préférées dans la vie réelle : les contractuelles (tout cela devient bien sérieux…)


Vos héros préférés dans la fiction : Les stars de ma jeunesse : James Dean, « Bogy » et même, avouons-le, le Lino Ventura des Tontons Flingueurs…

Vos héroïnes préférées dans la fiction : les actrices éternelles : Marilyn, Garbo…


Votre mets et votre boisson : Des cèpes de Bordeaux fraîchement cueillis et un somptueux Ermitage blanc L’Ermite de mon ami Chapoutier.


Vos prénoms préférés : Trop facile, ceux de mes cinq enfants bien évidemment…

Votre bête noire : Les ayatollahs qui veulent nous empêcher de déguster en paix.


Quels personnages historiques méprisez-vous ? : Difficile de mépriser un personnage. Je préfère parler de répugnance vis-à-vis des extrêmes.

Quel est votre état d'esprit présent ? : Dans l’action


Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence ? : L’erreur stratégique du chef d’entreprise


Votre devise préférée : « Mens sana in corpore sano »

 

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 00:08

En nos temps postmodernes, où l’apparence prime, le paraître triomphe, certains métiers sont frappés d’ostracisme. Tel est le cas de celui de tripier qui, comme le comique troupier – en référence à Ouvrard et sa chanson « je ne suis pas bien portant» à écouter ci-dessous – frôle la ringardise absolue. C’est une injustice, sans doute due à la foutue « vache folle », que je vous propose ce matin de réparer en vous demandant, à partir d’une géographie raisonnée des morceaux du tripier, que vous exerciez votre sagacité « de long nez et de becs fins » en accordant les plats roboratifs dont ils sont la base avec un vin : quand j’écris un vin c’est : origine, millésime, couleur et bien sûr  le nom du «faiseur» du vin. Du boulot quoi, mais à quoi bon que Berthomeau se décarcasse si vous vous contentez de saucer, en trinquant à ma santé j’espère !

Gaston Ouvrard... Je ne suis pas bien portant : j'ai la rate qui se dilate...

Comme Novembre est le mois des Produits Tripiers www.produitstripiers.com j’en profite pour venir au secours de cette profession « sinistrée » J’exagère un chouïa mais comme mes gars du feuillet, du bonnet et de la caillette réunis ont rameuté Petitrenaud faut bien que je place la barre assez haut. Rassurez-vous mon coup de main est gratos, je fais ça pour la beauté du geste et en hommage à mon père grand amateur de pieds de cochon, de queue de bœuf et autre gras-double. Avant de me coller à la tâche je souhaite lancer un appel à la jeune gente féminine pour l’assurer qu’il vaut mieux que leur fiancé commandât au bistro une belle tête de veau plutôt que des petits sushis, par téléphone, à manger devant la télé, car j’en prend le pari il sera pour elle un bien meilleur mari. Attention, je n’affirme pas que la consommation de tête de veau garantit la fidélité du futur mari – certains adeptes célèbres semblent démontrer le contraire – mais je puis vous assurer mesdemoiselles qu’il sera un adepte du bien vivre. Quand à son tour de taille, sans vouloir me mettre en avant pour que vous veniez vérifier, le mien n’a guère fait de l’expansion depuis le temps de mes 20 ans...

Plutôt que de vous énumérer pour le bœuf, le veau, le porc et l’agneau la géographie du tripier, avec des redites, j’ai préféré opérer une classification berthomesque dont le seul fondement est un mélange d’histoire personnelle, de perception politique, de réalités physiologiques et de la magie du terroir.

Alors au coin du feu en contemplent les patates qui cuisent sous la cendre ou sur le coin de la nappe après dîner, au restaurant ou à la cantine, seul ou en famille, avec des copains ou des collègues, avant de jouer aux cartes ou après la messe, laissez libre court à votre science de l’accord mets-vins. Face à la profusion de mes propositions déchainez-vous, faites carburer vos neurones à en faire rougir le Petitrenaud, dites-moi quel nectar s’accorde avec la tête de veau ou quelqu'autres de ces morceaux. L’heure n’est pas à la tergiversation car l’un des fondements de la France millénaire, celle des nappes et des banquets, des jours de foires et d’épousailles, des repas de battages et des petites communions, est en cause. Accords&désaccords des abats et des vins vaut certes débat mais pour que le Terroir triomphe de l’hydre hygiéniste rien ne vaut l’alliance du Tripier et du Mastroquet. Qui n’a jamais humé en une matinée d’hiver les fragrances fadasses de la fraise de veau bouillotant sur le coin d’une cuisinière ne comprendra jamais que l’odorat est un sens trompeur qui conduit à faire bien des erreurs, des fautes de goût. Bon appétit !
Je ramasse les copies dans une heure...

LES CLASSIQUES

-         Le Foie de veau

-         La Joue de Bœuf et de Porc

-         Les Rognons de Veau, de Bœuf, de Porc

-         Le Ris de Veau

 

LES GAULLO-CHIRAQUIENS

-         Les pieds de Porc/Oreilles et Queue de Porc

-         La Tête de Veau

 

LES MORCEAUX PRÉFÉRÉS DE MON ARSÈNE DE PÈRE

-         La Queue de Bœuf en Pot au feu

-         Le Museau de Bœuf et de Porc à la vinaigrette 

 

LES MORCEAUX DU TRIPIER

-         La hampe de Bœuf

-         L’onglet de Bœuf


LES MAL-AIMÉS

-         Le Cœur de Veau, de Bœuf, d’Agneau

-         La Cervelle d’Agneau et de Veau

 

LES RÉGIONAUX

-         Andouillette : abats de porc et panse de veau

-         Les Tripoux : pansette de Veau

-         Le Gras-double et les Tripes : le feuillet, la caillette et le bonnet de Bœuf

-         Les Pieds Paquets : pansette d’Agneau

 

AU TEMPS OÙ J’ÉTAIS ÉTUDIANT

-         La Langue de Bœuf (exclusivement à la sauce madère en conserve marque Joseph Larzul de Ploneour-Lanvern Finistère).

- Je n’aime pas la Langue de Porc sauce piquante.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 00:00

Jean-Edern face à un flacon de champagne accompagné d’une jolie femme, plus encore qu’à son ordinaire déjà tonitruant, se muait en une forme unique d’hydre collante, vibrionnante, postillonnante, soulante pire qu’une sangsue goulue et indécollable. Pour m’en débarrasser j’optais pour une stratégie radicale : le faire boire jusqu’à l’écroulement. La bête était coriace mais je l’achevais à la vodka. Bon prince, avec l’aide du garçon, je le chargeai dans un taxi, moyennant un pourboire royal en sus de la course, pour reconduite à la frontière et déchargement compris. Nous arrivâmes très en retard au consistoire de la branche action de la GP où la tabagie n’arrivait pas à masquer les remugles de jus de chaussettes et de calcifs confinés. Pour Pierre Victor-Benny Levy, qui bien sûr, n’était pas présent à la réunion, retranché qu’il était dans sa tanière de Normale Sup, il fallait mener à bien en France « la guerre civile » qu’il venait de décréter. Feu sur les capitalistes et ses chiens de garde le PC et la CGT. « La Révolution n’est pas un dîner de gala... » comme le proclamait le grand président Mao. Seule la violence pouvait renverser la classe dominante et amener le prolétariat au pouvoir. Dans la France pompidolienne résonnait selon eux le bruit des bottes. André Glucksmann dénonçait l’instauration d’un « nouveau fascisme ». Pour lui Marcellin est un émule d’Heydrich ». Entrer en Résistance, en appeler à Jean Moulin, à Guy Môquet déjà, au colonel Fabien s’il avait su, pour faire éclater le courroux des larges masses. Dans la feuille de chou « j’Accuse » Glucksmann tonnait « Chaque fourgon de police mis en déroute par une résistance violente, chaque manifestation qui oblige la police à céder le pavé, chaque séquestration où les forces de l’ordre n’osent pas intervenir de peur de la colère populaire est une victoire antifasciste ! » Pour faire parler la poudre il fallait des artificiers alors les chefs de la GP, en même temps que les Brigades Rouges en Italie, venaient de créer une sous-branche « militaire » : la NRP, la Nouvelle Résistance Populaire, forme « granguignolesque » d’une armée de l’ombre qui plastiquera Minute. Ce cher Glucksmann doit, sous les lambris des palais nationaux, prendre le thé avec Patrick Buisson et ils doivent égrener leurs souvenirs communs du bon vieux temps du « fascisme pompidolien ».

La présence de Chloé, seule femme tolérée dans ce tas de mecs frustrés eu égard à sa connexion directe avec les Brigades Rouges, provoquait chez certains des montées de sève violentes qui les poussaient à en rajouter dans leurs délires verbaux. Ces braves fantassins de la Révolution prolétarienne se seraient bien vus, en rêve bien sûr, monter à l’assaut de ce corps qui sentait bon pour se libérer de leur slip en zinc et connaître les délices du repos du guerrier. Mais comme l’écrira Olivier Rolin dans Tigre en papier « après ce vestibule donc il y a une porte ouverte dans laquelle s’inscrit en diagonale la moitié d’un lit sur quoi s’aperçoivent les jambes nues de Chloé, non le reste de son corps. Et ces jambes bougent. C’est peu dire qu’elles bougent : elles se nouent, se dénouent, glissent, se frottent l’une contre l’autre. Si crétin que tu sois, il ne t’échappe pas que ces jambes parlent, plus précisément qu’elles te parlent à toi : et même assez franchement. Or tu es fasciné et terrifié parce qu’elles te disent. Elles ne parlent pas la langue empesée des « réus », ni celle avec laquelle tu fabriques ton tract. Tu trouve qu’elles ne manquent pas d’air, ces jambes. Tu trouves que les jambes n’ont pas à se mêler de politique. Naturellement, tu ne penses pas cela vraiment : dans le tréfonds tremblant et véridique de toi-même tu penses surtout que le corps, et plus particulièrement ceux que tu désires, et plus particulièrement encore ce qui en eux est comme la signature de leur étrangeté, sont de purs volumes d’effroi. » avant de conclure « tu as peur du sexe de Chloé, voilà la vérité » Moi dans cette fosse aux châtrés je faisais l’objet d’une haine à peine dissimulée et, si je n’avais pas été un protégé de la vieille roulure de Gustave, je n’aurais eu le choix qu’entre faire mon autocritique pour déviationnisme petit bourgeois lié ma copulation intense ou me faire exclure pour mon entreprise de démoralisation du chaste fantassin de la GP.

Le surlendemain, nous filions au fond de DS21 vers l’aérodrome militaire de Villacoublay pour nous embarquer dans un Mystère 20 du GLAM. Ce cher Albin, lorsque je lui présentais Chloé, déployait avec élégance et détachement toutes les facettes de son pouvoir de séduction en me faisant remarquer d’un ton sérieux « que je n’étais pas à ma juste place... que mon refus de la lumière l’intriguait... » Mon silence, loin de le désarmer le poussait à plus de causticité « vous êtes un aventurier je suis persuadé que vous rêvez de pervertir le système de l’intérieur pour que nous tombions le moment venu comme des fruits mûrs... je me trompe ? » Chloé se portait à mon secours à sa manière « Vous vous méprenez monsieur le Ministre, ce grand jeune homme n’a de cesse d’enterrer sous des tonnes de boue le grand et seul amour de sa vie. Il jouit de son malheur. C’est un enfant gâté qui veut toujours être au centre de tout sans jamais rien assumer... » Présent à notre arrivée dans le bureau du Ministre, l’Archange Gabriel, toujours aussi chafouin nous contemplait avec stupéfaction. La liberté de langage de Chloé le mettait mal à l’aise, son naturel de petit pâtissier respectueux monté par les cours du soir dans l’Olympe du pouvoir ne supportait pas l’arrogance tranquille de cette bien-née. Ce trouble n’échappait pas au Ministre. Il prenait un malin plaisir à lui mettre plus encore la tête dans le sac « Mon petit Gabriel ne gaspillez pas votre précieux temps à écouter des propos aussi légers. Allez vaquer à votre ouvrage et laissez nous explorer des territoires qui vous sont inconnus... » Les petits yeux mobiles et inexpressifs  de l’Archange hésitaient entre la rage froide et la soumission servile. Il battait en retraite en murmurant des salutations confuses. Le temps était venu de partir, la répartition dans les voitures se fit à la grâce du Ministre qui prit à son bord Chloé pendant que je partageais l’arrière de la seconde voiture avec le chef de cabinet grand ordonnateur de tous les déplacements.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 00:09

 


« Médiateur » en pays catalan ne fut pas un métier de tout repos. Le vin doux naturel, vache à lait de la viticulture du Roussillon, sombrait doucement dans un embrouillamini, dont le nœud central se situait au Comité Interprofessionnel des VDN. Son implosion – la démission de son Président et de son Bureau – me valait d’atterrir dans la touffeur du mois d’août à Perpignan. Bref, je tentais de démêler le sac de nœuds avec patience et constance. Hormis quelques hurluberlus, mes interlocuteurs, même s’ils me prenaient un peu la tête, se révélaient dans l’ensemble d’un commerce agréable lorsque nous nous retrouvions hors de l’arène syndicalo-professionnelle. L’un d’eux, Jean-Luc Pujol, jeune et brillant vigneron à Fourques dans les Aspres, excellent orateur, droit dans ses bottes, étoile montante du Crédit Agricole, présidait la Confédération Nationale des VDN, la gardienne du trésor de guerre : le privilège fiscal des VDN contesté par les gens du Pineau des Charentes. Nous ferraillions souvent mais l’estime était réciproque. Bref, tout cela pour vous dire que c’est grâce à lui que j’ai découvert le Poisson Rouge à Port-Vendres.

 

Découvert est bien le mot approprié car ce petit restaurant il faut le trouver. En effet, pour s’y rendre il  faut emprunter un étroit tunnel qui mène à l’ancien Fort Marly. Mais ça vaut la peine, non que la cuisine y fût exceptionnelle – c’est bon et le service est sympathique –, mais parce que sa situation est exceptionnelle ! Situé à l’entrée de la baie de Port-Vendres, à l’abri du cap Béar, les pieds dans l’eau, face à la ville et au port marchand, le dépaysement est garanti. La première fois que j’y suis allé, sur les conseils de Jean-Luc Pujol, l’exotisme du lieu rejoignait des souvenirs d’enfance puisqu’Alain, mon grand-frère, c’était embarqué à Port-Vendres en tant que bidasse pour aller « maintenir l’ordre » pendant presque deux années en Algérie. Ce n’était pas une « guerre officielle » puisque les départements d’Algérie étaient français. Depuis, à chaque fois que je me rends dans ce beau département je trouve le temps d’aller au Poisson rouge. La dernière fois, je ne dirai pas quand pour ne pas me faire tirer les oreilles par mes amis du cru, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Nous avons bu,  pour accompagner ce repas de poissons, un excellent Justin Piquemal rouge 2007, Cabernet-Sauvignon, Grenache Syrah  www.domaine-piquemal.com.



Rte de la Jetée

66660 PORT VENDRES

T 04 68 98 03 12

Horaires
De 12h30 à 14h30 et de 19h30 à 22h30. Fermé mardi et mercredi d’avril à mi-juin.

 

Je pourrais en rester là mais j’ai découvert dans l’Indépendant du 19 février 2009, un papier sur le maire de Fourques qui est : Jean-Luc Pujol, à propos de l’implantation d’éoliennes dans les Aspres. Alors je ne résiste pas au plaisir de vous en proposer quelques extraits car j’y ai retrouvé du Jean-Luc Pujol pur sucre.

 

« Le maire de Fourques, Jean-Luc Pujol, est porteur d'un ambitieux projet de développement durable au cœur duquel s'inscrit une ferme éolienne. Son projet provoque la grogne et ne fait pas l'unanimité parmi les maires des communes avoisinantes. Qu'importe ! Pour cet homme aux convictions bien arrêtées, l'écologie est une seconde nature. Le verbe haut, le propos direct, le regard franc, soulignent le bon sens paysan. Le volubile Jean-Luc Pujol n'a rien d'un doux rêveur, son désir de ferme éolienne a mûri lentement dans son esprit. Avec sa jeune équipe municipale, il a voulu évaluer de visu les impacts des aérogénérateurs. Il a donc visité quantités de fermes éoliennes, rencontré des élus et des riverains. »

 

Ses quatre vérités

 

« Dans nos précédentes éditions les arguments des opposants ont été développés sans que ne s‘exprime le porteur du projet. Quand Jean-Luc Pujol prend la parole, il ne manie pas la langue de bois. «Je n'accepte pas que certains de mes collègues maires m'accusent de vouloir saccager l'environnement. Quand ils parlent seulement de machines et de taxe professionnelle je rétorque politique globale et locale environnementale! » Clairvoyant, le maire de Fourques ose lâcher : « Je suis agriculteur bio, je ne vis et ma famille ne vit que de l'agriculture, je possède le plus grand domaine viticole de Fourques, un important patrimoine immobilier. Serais-je assez fou pour vouloir déprécier mon patrimoine si les éoliennes avaient un quelconque impact négatif sur l'économie locale? » Pour couper court à toutes les rumeurs les plus extravagantes : « Je rassure mes détracteurs, aucune des 5 ou 6 éoliennes ne sera installée sur mon vignoble. Je ne bénéficierai d'aucun subside ni manne financière. Je ne veux pas être juge et partie! » Peut-on être à la fois contre le tout nucléaire et contre les éoliennes ? Il reste encore la bonne vieille bougie. »

 

Toujours le même, bretteur, pugnace, pince sans rire, convaincu de mener le bon combat, honnête, salut Jean-Luc et vive le vent ! Ce n’est pas ce qui manque dans le Roussillon… Domaine de la Rourèdre Fourques 04 68 38 84 44 (c'est du bio)...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 00:01

La revue de la SAQ « CELLIER » automne 2009 publie un article dont ma chronique a repris le titre. L’auteur Marc Chapleau écrit en exergue de son article « Le Languedoc et aussi le Roussillon c’est le Nouveau Monde mais à la sauce française. Autrement dit, les raisins y mûrissent tout seuls, mais sous un climat politique et administratif assez lourd ». Suivent des « portraits » de domaines et de personnalités : le mas de Cynanque, Aimé Guibert, château Cazeneuve, château Puech Haut, domaine de l’Hortus, Cazes frères, Gérard Gauby, Mas Amiel et Simon Dauré. Je le retranscris sur mon espace de liberté. Dernier détail, sur la carte ci-dessus vous remarquerez que MONTREAL de l’Aude avec ses 2000 habitants est l’équivalent de Carcassonne. Beau clin d’œil de nos amis québécois qui dans l'affaire ont englobé le Roussillon dans le Languedoc.

 

Lisez attentivement cet article. Comme le disent certains jeunes : moi j’hallucine devant l’image donnée de leur région par certains... Se donner des verges pour se faire fouetter c’est d’un masochisme absolu. Le passage en bleu est extraordinaire : à diffuser dans toutes les chaumières vigneronnes... Pour mon ami Jacques Dupont gentiment je lui ferais remarquer qu’il ne doit pas aller souvent au bordel, ce qui est tout à son honneur (voir sa déclaration dans l’article pour comprendre ma fine allusion). Quand à la Catalogne du Nord chère à Gauby si ça lui fait plaisir, pourquoi pas, mais personne ne s’y trompe la Catalogne c’est Barcelone pas Perpinyà et ses alentours... Bref, tout le monde surjoue et presque tout le monde y perd sauf les preneurs de dividendes interprofessionnels.

 

«  Voilà une quinzaine d’années, on se disait : « Ça y est, le Languedoc est en train d’émerger après des décennies de rouge bon marché. La notion de cru est arrivée, on peut parler de Californie française, sonnez tambour résonnez trompettes... »

Or le temps a passé et puis quoi ? Ce n’est pas le calme plat, loin de là, mais on fait un peu du surplace. Certes, soyons juste, on s’active beaucoup dans les officines languedociennes, de nombreux nouveaux vignerons s’installent et des étrangers, beaucoup d’Anglais notamment, ont investi les lieux il y a quelques années, la force de la livre anglaise et la baisse du prix du foncier aidant.

 

Mais à discuter avec des producteurs, à rencontrer divers intervenants dont certains présidents de syndicats d’appellation, le constat s’impose : la consécration tant annoncée tarde à venir. Le Languedoc, hormis dans l’esprit des inconditionnels, demeure ainsi au top... des ligues mineures.

 

Attention, cependant. Comme ses tarif sont souvent doux comparés aux sommes qu’exigent les ténors équivalents dans le Rhône, à Bordeaux ou en Bourgogne, cette apparente faiblesse est en réalité un atout, du moins pour les consommateurs, car les vins du Languedoc constituent dans l’ensemble de bons rapports qualité-prix..

C’est justement là où le bât blesse. »Je suis désolée, mais l’image de marque du Languedoc n’existe tout simplement pas, les acheteurs pensent à nous en termes de bas prix un point c’est tout », s’exclame ainsi Patricia Boyer-Domergue, propriétaire du Minervois la Livinière Clos Centeilles et présidente de son appellation.

 

Mais est-ce si injuste ? N’arrivent-ils quand même pas, chacun, à faire leurs frais et même à engranger de bons profits ? Réponse le plus souvent entendue durant notre reportage : « Le foncier coûte moins cher ici, vrai, mais les coûts de main-d’œuvre et les frais généraux sont les mêmes qu’ailleurs. » Où est le problème alors, vous demeurez gagnants, non ? « Pas avec des rendements près de la moitié moins élevé que dans le Bordelais... »

 

LE FAR WEST

 

« Le Languedoc, d’est le far west »,  dira encore l’ardente Patricia Boyer-Domergue. Or ce n’est pas faux, le vignoble est à la fois très ancien et tout nouveau... Après tout, avant Aimé Guibert er son Mas de Daumas Gassac en 1978 puis Olivier Jullien, en 1985, c’était pour ainsi dire le désert. Si bien que le Languedoc tel qu’on le connaît aujourd’hui est au fond très jeune. Et il n’en finit plus de renaître... « Nous avons été victimes du fait que c’est facile de cultiver du raisin ici, tout mûri tout seul ou presque, si bien qu’au début du XXe siècle on a produit beaucoup pour suffire à la demande, explique Louis Fabre, vigneron et président du syndicat d’appellation Corbières. Nous n’avons pas vraiment de tradition. Nous avons bien une histoire, vieille de plusieurs siècles, mais nous avons aussi connu un trou d’une centaine d’années, ou peu de bonnes choses sortaient de nos caves.

 

Ce laisser-aller et cette désorganisation font par ailleurs dire à un vigneron comme Vincent Goumard, du mas Cal Demours, qu’ »il faut faire l’unité collectivement [ ndlr : entre les diverses factions et appellations ] et communiquer d’une même voix. Ce que nous réussissons peu à peu » concède-t-il dans la foulée.

 

Si tous ne partagent pas sa vision, si un profond pessimisme voisine là-bas avec une foi mesurée en l’avenir, l’ensemble de la profession s’accorde à dire que la filière vin est trop politisée. Déjà que la bureaucratie, en France, s’est toujours remarquablement portée, il faudrait en rajouter une couche dans le vaste pays occitan et catalan. «  C’est chaud en Languedoc, mais c’est la vie et le climat », philosophe Jean-Philippe Granier, directeur technique de l’appellation coteaux-du-Languedoc. « Un bordel invraisemblable, cette région », s’attriste de son côté Jacques Dupont, journaliste spécialisé au magazine français Le Point.   

 

Chose certaine, l’auteur de ces lignes à dû lui-même se plier à certaines demandes expressément politiques afin de ménager les susceptibilités. Ainsi, au lieu de traiter avec un seul interlocuteur « Languedoc-Roussillon » qui représenterait toute la région, il faut négocier avec un comité spécifiquement Languedoc avec son pendant dans le Roussillon, avec une autre organisation parapluie pour les vins de pays d’Oc (qui représentent autour de 85% de la production languedocienne totale) et, la cerise sur la gâteau, le dessert, littéralement, avec les producteurs de vins doux naturels, qui font pratiquement bande à part eux aussi....

 

PLUSIEURS BEAUX VINS NÉANMOINS

 

Et les vins dans tout cela ? Pour commencer, nous avons goûté quantité de beaux rouges pas toujours très alcoolisés et même souvent moins que dans le Rhône pas très loin. Des vins qui, pour la plupart, n’ont pas cédé aux sirènes du vin « international », au fruité immédiat et conçu pour plaire, davantage que pour durer.

 

Mais aussi, et surtout, plusieurs très bons blancs, d’une fraîcheur étonnante et qui battent en brèche l’idée reçue du vin blanc du sud lourd et empâté. Également dignes de mention, les rosés élaborés par exemple près de Collioure, dans le Roussillon.

 

À ce propos, justement, pourquoi un long préambule sur le Languedoc sans dire un mot ou presque, sur la région voisine ? « Parce que les Catalans, c’est différent. » Cela est revenu comme un leitmotiv dans la bouche de plusieurs interlocuteurs, tout au long du reportage. Sur le plan politique, sur le plan viticole et sur le plan culturel aussi. Sur les contre-étiquettes de Gérard Gauby, en côtes-du-Roussillon, il est par exemple écrit « Catalogne nord ». « On fait partie de cet ensemble-là, dit ce dernier, d’ailleurs quand les catalans espagnols s’arrêtent au domaine, je les comprends ; je manque un peu de vocabulaire, mais c’est tout. »

 

Heureusement que cette pagaille et de l’adversité naissent la diversité, la chaleur et l’authenticité. Tout ce beau monde parle fort, souvent, on l’a constaté, mais cela n’empêche pas le vin du Languedoc-Roussillon d’arriver à chanter dans les verres, comme le dit l’expression consacrée... »

Faites chauffer les commentaires chers lecteurs !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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