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Samedi 16 août 2014 6 16 /08 /Août /2014 00:09

Bien évidemment c’est un auteur italien Prezzolini qui fait cette constatation dans son livre Maccheroni&C publié en 1957 et le monde dont il parlait se limitait au rayonnement des pâtes à l’italienne, « mais sa remarque peut s’étendre à l’autre civilisation  des pâtes, celle qui, née en Chine, a gagné le Japon, la Corée et la plupart des pays du Sud-Est asiatique… » notent dans l’Avant-Propos de leur superbe livre « Les pâtes » Histoire d’une culture universelle chez Actes Sud Silvano Serventi et Françoise Sabban.


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Ils ajoutent « Mets du quotidien par excellence, les pâtes alimentaires se dégustent sous d’innombrables combinaisons de saveurs, et leur cuisine, d’essence principalement familiale, est dans l’ensemble plutôt simple et d’exécution rapide. Cela explique sans doute en partie pourquoi elles constituent l’un des plaisirs de table le mieux partagé du monde… »


Dans ma Vendée profonde les pâtes je les ai découvertes sous leur forme sèche de longue conservation et au blé dur bien sûr. Les pâtes fraîches c’est à Paris que j’en trouverai dans les magasins de comestibles italiens. Bien évidemment, les pâtes sèches se prêteront le mieux au passage de l’artisanat à l’industrie pastière dont l’Italie gardera longtemps le quasi-monopole.


Ces fabricants sont, dès l’origine, principalement présents dans le Sud, notamment en Sicile « qui apparaît à partir du XIIe siècle comme le pôle de production le plus important de cette denrée. »


« Au vrai, on sait peu de chose de la fabrication artisanale de pâtes sèches au Moyen Age, mais les rares sources dont nous disposons indiquent que la Sicile en a été son berceau. Le géographe arabe Idrisi (env. 1100-1165) témoigne de l’activité pastière sur l’île, qu’il présente comme le centre d’un important trafic maritime : « À l’ouest de Termini il y a un bourg qui se nomme Trabia [la carrée], résidence enchanteresse, riche en cours d’eau pérennes qui actionnent de nombreux moulins. Trabia est située dans une vaste plaine où sont de grands domaines dans lesquels on fabrique de grandes quantités de pâtes que l’on exporte partout et en particulier en Calabre et autres pays de musulmans et de chrétiens ; on en envoie de nombreuses cargaisons de navires. »


Les auteurs notent que cette citation, maintes fois cité, est très intéressante car c’est le seul passage de l’œuvre monumentale d’Idrisi qui fait allusion à une production de pâtes alors que l’auteur a voyagé dans tous les pays de la chrétienté et de l’espace musulman « de l’Angleterre au Maghreb, de la France au Moyen-Orient » qui lui ont permis de se faire une opinion assez précise du monde de son temps. Il « n’aurait pas manqué de signaler d’autres lieux de production s’il en avait eu connaissance. »


« Si, comme cela est communément dit, les Arabes ont bien introduit en Sicile la technique du séchage, on constate que les Siciliens ont très vite dépassé leurs maîtres en développant cet art comme nulle part ailleurs. »


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La Sicile cumulait tous les atouts.


« De tout temps considérée comme un grenier à blé, la Sicile est au Moyen Age avec les Pouilles l’un des grands terroirs de blé dur du monde méditerranéen et a fortiori de la chrétienté occidentale. »


« … à l’époque d’Idrisi, la production de pâtes semble le fait de grands domaines fonciers dont les propriétaires possèdent aussi très probablement des moulins. En d’autres termes, les fabricants de pâtes sèches de Sicile ont la singularité de contrôler l’ensemble de la filière, depuis la culture du blé jusqu’à la fabrication du produit fini, en passant par la transformation de la matière première en semoule. »


« Ce sont des opérateurs aux moyens financiers importants doublés d’un savoir-faire commercial certain qui leur permettait de valoriser au mieux leur activité. D’autant que la situation géographique de l’île, aux confins des mondes chrétien et musulman, place celle-ci au centre des échanges commerciaux. »


« Enfin et surtout, les Siciliens, qu’ils soient habitants des villes ou de la campagne, sont des mangeurs « privilégiés » de blé dans un monde occidental où dominent généralement le seigle, l’orge et d’autres céréales pauvres. »


« Coupé de la terre, journalier plus souvent qu’exploitant, habitant un gros bourg de plusieurs milliers d’habitants sinon une ville rurale, le paysan sicilien est un consommateur urbain. » Maurice Aymard et Henri Bresc Nourritures et consommation en Sicile entre le XIVe et le XVIIIe siècle.


« Nous sommes en effet convaincus que la commercialisation des pâtes n’a pu se développer que dans une société fortement urbanisée, et, à cet égard, l’extraordinaire extension qu’elle prend en Italie dès le XIIe-XVe siècles n’est pas tout à fait fortuite. »


« … dès 1371, les autorités de Palerme règlementent la vente au détail des « macaroni et lasagnes blancs de semoule » et des « macaroni et lasagnes de farine », en fixant leur prix maximum respectivement à 30 et 20 deniers la mesure. Or l’on sait que le contrôle des prix s’effectue en priorité sur les produits de première nécessité. »


« Le même document distingue 2 qualités de pâtes : l’une axutta, c’est-à-dire sèches, l’autre bagnata (mouillées) c’est-à-dire fraîches, sans donner de précision sur leurs prix respectifs. »


À noter tout de même l’écart important entre les pâtes de semoule et celles à base de farine, « qui traduit naturellement une différence de coût de la matière première mais aussi une plus grande valorisation commerciale des pâtes de semoule »


Enfin, « selon certains auteurs, un foyer tout aussi ancien, voire antérieur de deux siècles à celui de la Sicile, ce serait implanté sur la côte amalfitaine parallèlement à une activité meunière qui s’y serait développée entre le IXe et le XIe siècle. »


Ce qui est certain c’est que « la région sera un lieu de fabrication de pâtes sèches important et réputé, bien avant que Torre Annunziata et Gragnano ne deviennent célèbres pour cette industrie à partir du XVIIIe siècle. »


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« …le pôle de production le plus dynamique après la Sicile s’est développé en Sardaigne, autre célèbre terroir de blé dur et surtout île occupant une position clé au carrefour des voies commerciales de la Méditerranée. »


« Hors de l’espace italien, seule la Provence atteste d’une production de pâtes sèches. En 1397, la gabelle d’Avignon fait état de menudez, une variété  de pâtes visiblement très en vogue dans la Provence médiévale, puisqu’on en fabrique également à Grasse où, en 1428, les boulangers sont menacés d’une amende de 5 sus s’ils vendent leurs menusda plus de 8 deniers la livre. »


« La même gabelle avignonnaise de 1397 inclut d’ailleurs dans la rubrique « grains » la semola de fideis, autrement dit, la semoule pour faire les fideis, ce qui semble indiquer la présence dans la cité des Papes d’une confection artisanale de pâtes de semoule de blé dur. »


« Curieusement alors que les Espagnols, et surtout les Catalans sont très actifs dans le commerce des pâtes sèches, nous n’avons pu identifier aucun foyer de fabrication dans la péninsule Ibérique.

 

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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 09:00

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Entre Francis et moi c’est une vieille histoire commencée du côté de Montreuil-sous-Bois au temps où aller trainer ses guêtres dans ce genre d’endroit relevait de l’apostolat car aimer les vins différents attirait l’ironie des bien-installés de la RVF et autres critiques patentés.


« Bio cons ! » était leur cri de ralliement, on ne parlait pas ou peu en ce temps-là de vin nature, Claude Courtois préférait vin paysan, nous n’étions pas nombreux sur la planète des vins réprouvés, nous parlions même de créer un salon des refusés. Bref, les Rachais de Francis m’ont procuré l’une de mes plus belles émotions esthétiques de ma vie link Ça créé des liens.


Depuis nous ne nous sommes plus quittés, façon de parler, et je ris dans ma fine barbe de 3 jours grisonnante lorsque j’entends les ouvriers de la 25e heure s’extasier devant le brut nature de l’ami Francis. Par bonheur, et c’est tout à son honneur, notre Jacques Dupont plaçait haut le Boulard. Pour les autres le coq ne chantait pas trois fois mais je n’ai guère de respect pour ces gens de mauvaise foi. Nous avons même, Francis et moi, envisagé la venue  de celui-ci avec son tracteur enjambeur Loiseau bleu place du Palais Bourbon afin de nous Invigner.


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Comme pour mon amie Catherine Bernard, où certains d’entre vous m’ont suivi, je vous demande de lire ce qui suit :


Bonjour

 

 

Je m’appelle Francis Boulard, et voici ma fille Delphine Richard

 

 

Nous sommes propriétaires des Champagnes Francis Boulard à Cauroy-les-Hermonville, au nord de Reims.

 

 

Nous nous trouvons sur les hauteurs du village de Cormicy au massif de Saint-Thierry, c’est la région la plus extrême nord de la Champagne.

 

 

Nous avons créé un petit vignoble en 2009, un petit jardin de vignes de 3 hectares dans lequel nous avons pris l’initiative de travailler qu’en bio dynamique, la moitié de  nos vignes ont été certifiées en 2009 et maintenant nous sommes en reconversion complète depuis 2011.

 

 

Notre vignoble est réparti sur la moitié du massif de Saint-Thierry où nous sommes et sur l’autre moitié sur la vallée de la Marne où on a tous nos Pinot Meunier (…) »

 

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« A l’heure actuelle nous avons un foudre qui nous permet seulement de loger un tiers de la base de la Petraea, c’est une réserve perpétuelle à laquelle chaque année nous ajoutons 25% de la nouvelle vendange pour faire l’année suivante et nous pouvons seulement loger un tiers des vins en foudre, pourquoi en foudre parce que l’on a beaucoup moins d’oxydation que sur des barriques bordelaises ou bourguignonnes où les merrains sont beaucoup plus fins et donc sur des barriques il y a beaucoup plus d’oxydation.

 

 

Le projet aujourd’hui est donc de racheter un foudre pour compléter le logement de la cuvée Petraea, la réserve perpétuée.

 

 

Nous avons donc besoin de vous pour nous aider à concrétiser ce projet qui nous tient à cœur et ainsi faire évoluer nos vins comme nous le désirons.

 

Par avance, merci !

 

Francis Boulard et Delphine Richard


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Ouvrez ce lien link et faites comme-moi !


Merci par avance les petits ruisseaux font les grandes rivières même en Champagne

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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 00:09

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Hier sur Twitter Jacques Dupont le sage – oui, oui, vous ne rêvez-pas notre Jacques Twitte depuis sa Basse-Bourgogne où il s’use les yeux, mais ça repose son nez, sur les ultimes lignes de son Spécial Vins du Point – « tous les indicateurs sont dans le rouge. Encore une attaque contre le vin ! »


 Et pendant ce temps-là Michel Smith concède « Je sais, je sais : je suis un « chieur » de première. Je devrais mettre un peu d’eau dans mon vin. Mais que voulez-vous, un rien m’emporte. Et c’est pour cette raison que bien des attachées de presse ne m’invitent plus dans leurs sauteries. Comme je les comprends…


Tant mieux, d’ailleurs, car je ne m’en porte pas plus mal…


Tout ça pour proclamer, à la manière d’un héros de Molière « Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir ! - Comment ? - « Ôtez-moi ces bouteilles d’eau que je ne saurais voir ! »


Et moi dans tout ça je sens le gaz !


Qui suis-je ?

 

Où vais-je ? 

 

Comment vais-je me faire entendre dans le monde impitoyable des réseaux sociaux ?

 

Dois-je comme le petit bedonnant taper sur la GD à bras raccourcis ou comme les naturistes me vouer corps et âme à la promotion du vin nu ?


Non, ce matin j’ai décidé de faire un blanc !


Ça fera plaisir à mes détracteurs qui rêvent que je sois soudain atteint du syndrome de la page blanche.


Désolé vous faites chou-blanc mes cocos !


page Blanche2

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Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 09:31

Le dernier n° de Socialter titrait : « Économie collaborative on refait le monde ? »


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Enthousiasme de jeunes bobos « À première vue, l’économie collaborative peut apparaître comme une manière de consommer intelligemment en temps de crise ou encore comme une pratique de jeunes geeks idéalistes. »


« … comme tout élément perturbateur d’un système en place, l’économie collaborative subit de virulentes critiques : néolibéralisme déguisé, concurrence déloyale, précarisation des travailleurs… Les doléances sont multiples. »


Entre ceux qui rêvent du retour de la charrette à bras et ceux pour qui tout ce qui est nouveau est innovant il y a de l’espace pour réfléchir, se poser des questions et tenter d’y répondre.


Pour ceux d’entre vous que ça intéresse en voici un exemple.


« Perçue comme un outil de promotion de la transition écologique, l'économie partagée peut aussi avoir des effets néfastes sur l'environnement. Une étude publiée par l'Institut de recherche sur les politiques publiques (Iddri) montre que ces nouvelles pratiques peuvent mener à l'hyperconsommation et ne garantissent pas la production de produits durables. »


La promesse environnementale du partage Voiture, perceuse, poussette du petit dernier… Nombreux sont les biens matériels que nous produisons et qui semblent – intuitivement – « sous-utilisés ». Revente, don, troc, location de court terme, emprunt : tous ces modèles de l’économie du partage – monétarisés ou non, entre particuliers ou par l’intermédiaire d’entreprises ou d’associations – peuvent permettre d’augmenter la durée d’usage de ces produits, de les utiliser au maximum de leur potentiel technique. L’intuition est qu’ils peuvent assurer un même niveau de service tout en réduisant la production de biens et donc les prélèvements de ressources et les déchets qui y sont associés.


Vêtements, automobiles, meubles, téléphones, TV, jouets, articles de sport, de bricolage, de jardinage…, les biens « partageables » représentent environ un quart des dépenses des ménages et un tiers de leurs déchets. Et si les modèles de partage étaient utilisés « au mieux », c’est jusqu’à 7 % du budget et 20 % des déchets des ménages qui pourraient être économisés.


Des modèles de partage variés et en plein renouvellement


Les modèles de réemploi (revente, don et troc) sont déjà courants – surtout le don aux associations et aux proches – et concernent tous les biens, avec des intensités variées. Ils sont aujourd’hui renouvelés par les plateformes internet comme ebay ou leboncoin, d’ores et déjà utilisées massivement par les particuliers, ou par l’émergence de nouveaux modèles d’affaires dans lesquels les entreprises ne vendent plus les biens, mais les louent sur longue durée, les récupèrent et peuvent les réemployer.


Les modèles de mutualisation (location et emprunt de courte durée) sont beaucoup moins développés – ne serait-ce que parce peu de biens s’y prêtent aisément, comme les livres, les DVD ou le matériel de bricolage. Là encore, ils se trouvent renouvelés par des modèles en pair-à-pair encore émergents, à l’image de Zilok, qui jouent sur la proximité entre l’offreur et le demandeur.


La location courte durée de voitures est un cas particulier de mutualisation, qui peine encore à se développer : la propriété reste la norme en matière de voiture. Aux côtés d’acteurs traditionnels comme Avis ou Hertz, s’ajoutent aujourd’hui des acteurs innovants dans l’auto-partage comme Autolib ou Mobizen, et des plateformes de location entre particuliers comme Buzzcar, Drivy ou Deways. Les constructeurs automobiles également se positionnent sur le partage de voitures. En parallèle, le covoiturage se transforme avec l’émergence rapide de plateformes internet comme Blablacar.


Tous ces modèles construisent une véritable économie du partage, qui n’est pas nouvelle, mais se renouvelle sous l’essor des technologies numériques et de la baisse associée des coûts de transaction, et qui porte un espoir : mobiliser le potentiel environnemental du partage de biens. Mais ces modèles sont-ils si vertueux d’un point de vue environnemental ?


De l’intuition environnementale aux conditions de sa réalisation


Parfois mis en avant par les « entrepreneurs » de l’économie du partage et plus souvent par les promoteurs de ce concept, le bilan environnemental est moins évident qu’il n’y paraît. Il est difficile de porter un jugement général sur des modèles tellement divers, et pour des biens aussi variés. Les études disponibles ne sont pas légion, et le research gap en la matière est béant. Notons surtout que le bilan environnemental actuel de ces pratiques, qui vont a priori continuer de se développer, importe moins que les conditions d’amélioration de leur durabilité.


La qualité des biens partagés apparaît comme une condition clé de la durabilité environnementale des modèles de partage, qu’il s’agisse de réemploi, de mutualisation ou même de mobilité partagée. Biens recyclés et à durée de vie longue : les modèles de partage doivent valoriser les biens les plus durables sur le marché, voire – dans le cas des modèles business to consumer (B2C) où les entreprises peuvent influencer ou contrôler la production très en amont – mettre sur le marché de nouveaux biens éco-conçus pour être partagés. Deux autres conditions clés pour la durabilité des modèles de partage ont trait à l’optimisation du transport des biens et aux modes de consommation : les modèles de partage peuvent être le vecteur d’une consommation durable, moins matérielle, comme celui d’une hyperconsommation matérielle.


Si ces conditions ne sont pas toujours respectées par les modèles actuels de l’économie du partage, il apparaît que les modèles de mutualisation et ceux reposant sur le don sont déjà plus clairement vertueux d’un point de vue environnemental.


L’exemple de l’auto-partage, le système le plus étudié, montre surtout que la contribution environnementale des modèles de partage ne se limite pas à – éventuellement – optimiser les véhicules qui ne roulent pas : en effet, une voiture partagée n’est pas utilisée comme une voiture individuelle, ses usagers parcourant jusqu’à deux fois moins de kilomètres au bénéfice des transports en commun. Est-ce à dire que le partage en général, en distanciant les usagers de l’objet par une remise en cause plus ou moins radicale de la propriété, ouvre de nouveaux espaces d’innovation pour la transition écologique ? Que le partage peut transformer les usages ? La question reste ouverte, et les réponses certainement spécifiques.


Enfin, notons que l’éventuel « effet rebond » peut être vu sous deux angles : l’angle environnemental, qui n’est pas positif (plus d’impacts) ; et l’angle économique et social, qui l’est beaucoup plus (plus de services rendus).


Faire de l’économie du partage une économie durable


L’analyse de la durabilité environnementale des modèles de partage révèle des conditions qui sont autant de leviers d’actions et de choix. Choix du consommateur, choix des pouvoirs publics, choix des entrepreneurs ; l’économie du partage peut contribuer si c’est l’objectif que ses acteurs se fixent.


Le rôle des pouvoirs publics


Pour rendre durable l’économie du partage, les pouvoirs publics doivent tout d’abord construire – ils le font en parallèle et généralement en retard sur les pratiques – un cadre économique et réglementaire favorable aux modèles « vertueux ».


Concrètement, la fiscalité écologique, les réglementations promouvant l’éco-conception des produits, le recyclage ou encore des transports en commun performants renforcent l’intérêt et le bilan environnemental du partage.


Dans le cadre d’une stratégie visant à sélectionner les modèles performants d’un point de vue environnemental et à les soutenir, notre analyse conduit à considérer que, tant qu’elles sont émergentes et à petite échelle, les initiatives du partage peuvent être soutenues par les pouvoirs publics car elles permettent d’explorer de nouvelles pistes. La cartographie par les pouvoirs publics locaux et nationaux de tous les modèles de l’économie du partage serait un outil pour rendre visible des pratiques souvent ignorées. Mais passée une certaine échelle, les entrepreneurs doivent faire des efforts pour analyser leur bilan environnemental puis l’améliorer.


Comment soutenir les modèles durables ? Les demandes du mouvement du partage peuvent être regroupées en quatre axes de travail :


-         une visibilité accrue via des campagnes de communication, voire une labellisation ;


-         des financements et incubateurs pour les projets innovants ;


-          l’adaptation de la réglementation aux nouveaux modèles ;


-         des pouvoirs publics exemplaires.


Notons que des institutions « para-publiques » au sens large, telles que l’Institut de l’économie circulaire ou le Conseil économique, social et environnemental (CESE), pourraient créer un groupe de travail sur l’économie du partage, et en faire un lieu de dialogue entre tous les acteurs, d’étude des opportunités environnementales, de proposition d’évolutions réglementaires, et d’incitation des acteurs privés à intégrer les enjeux environnementaux dans leurs modèles d’affaires.


Le rôle des entrepreneurs


Les entrepreneurs (associations ou entreprises) et surtout les promoteurs de l’économie du partage utilisent souvent l’argument environnemental pour faire la promotion de leurs activités. Au risque de tomber dans le greenwashing. Pour agir sur ce modèle et en optimiser sa durabilité, les entrepreneurs du partage doivent commencer par mieux comprendre les conditions de durabilité de leurs modèles.


Quels types d’actions peuvent dès lors être réalisés ? Les offres de location longue durée pourraient éviter le renouvellement des biens à un rythme élevé, les plateformes de revente sur internet pourraient valoriser les produits les plus durables, les plateformes de covoiturage pourraient cibler le marché des déplacements domicile-travail, etc. Les entrepreneurs du partage sont les mieux placés pour élaborer des solutions concrètes. Ils doivent aussi user de leur pouvoir d’influence sur la production des biens pour adapter les produits au partage, les recycler, et optimiser les déplacements induits par le transport des biens. Les entrepreneurs et les promoteurs du partage doivent donc se fixer l’objectif d’optimiser leur impact environnemental : la protection de l’environnement doit passer du statut d’argument à celui d’objectif, et dans les coalitions d’entreprises du partage, le lobby interne pour assurer leur durabilité pourrait avoir une place équivalente au lobby externe pour changer les réglementations.


Le rôle des consommateurs


Les modèles en pair-à-pair exacerbent le rôle et la répercussion du choix individuel du consommateur. La contribution environnementale de ces modèles dépend beaucoup du comportement des utilisateurs, des valeurs qui les animent. Si certains sont portés par la recherche d’un « épanouissement personnel détaché de la consommation symbolique », d’autres sont des « hyperconsommateurs » et la majorité sont les deux à la fois. Les études sur les motivations actuelles des usagers de l’économie du partage ou de la consommation collaborative convergent vers l’idée que la motivation principale est l’optimisation de son pouvoir d’achat, même si les considérations environnementales ne sont pas absentes des motivations individuelles.


Mieux comprendre


Si les modèles de l’économie du partage sont anciens et se renouvellent grandement, la littérature reste pauvre et nombreux sont les décideurs politiques et les promoteurs du partage qui insistent désormais sur le besoin de mieux comprendre le potentiel de l’économie du partage et ses impacts. C’est vrai pour son impact environnemental, c’est vrai aussi pour son impact économique et social (voir annexe). À l’heure où les premières tensions se concrétisent, à l’image des enjeux fiscaux et réglementaires autour d’Uber ou d’Airbnb, la recherche doit anticiper ces tensions, les analyser et contribuer à les mettre en dialogue pour faire émerger des pistes d’action.


Encadré 1. Les définitions de l’économie du partage


Rachel Botsman, figure emblématique du mouvement du partage, remarque elle-même que « l’économie du partage manque d’une définition partagée ». En effet, on observe des définitions plus ou moins inclusive selon qu’elles :


-         se concentrent sur le partage de biens matériels (c’est le cas dans cet article) ;


-         intègrent les échanges de services et de biens immobiliers1 ;


-         voire le partage de nourriture et l’habitat partagé2 ;


-         si ce n’est – dans son acception la plus large – le partage de tous les « communs » via des coopératives, des services publics, de la démocratie participative, etc.3


Par ailleurs, les définitions peuvent être plus ou moins larges, acceptant ou non :


-         les modèles « anciens » qui ont un recours limité au numérique, alors même que la frontière est mince et mouvante (Novel et Riot4 les intègrent, pas Rachel Botsman) ;


-         les modèles en B2C : si Botsman n’exclut pas ces initiatives, pour d’autres attachés à l’idée de « pouvoir d’agir » des individus – seules les pratiques entre particuliers relèvent de l’économie du partage (Shareable) ;


-         l’échange monétaire ou marchand : l’enrichissement personnel empêche pour certains le partage5 et seules les pratiques non monétarisées mérite raient d’y être associées, ou les pratiques monétarisées gérées par des structures dont l’objectif prioritaire n’est pas le profit, comme les associations. Il apparaît que définir l’économie du partage n’est pas exempt de considérations de nature politique, et que les débats sur les définitions révèlent des « visions idéologiques » contrastées6


1. Rachel Botsman et Roo Rogers (2011). What’s Mine Is Yours: The Rise of Collaborative Consumption.

2. Shareable & Sustainable Economies Law Center (2013). Policies for shareable cities.

3. Agyeman et al. (2013). Sharing Cities. Briefing for Friends of the Earth.

4. Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot (2012). Vive la co-révolution, Éditions Alternatives.

5. Matthew Yglesias, “There is no ‘sharing economy’”, Slate.com.

6. Adam Parsons (2014). The sharing economy: a short introduction to its political evolution.

 

L’étude Économie du partage : enjeux et opportunités pour la transition écologique link

 

N°03/14 juillet 2014 | nouvelle prospérité

Damien Demailly (Iddri), Anne-Sophie Novel (consultante indépendante)

 

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 00:09

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Et pourtant sur l’étal du poissonnier si l’on organisait un festival de mochetés la raie ne serait pas élue miss « délit de sale gueule ». En effet, la tronche de la lotte « mi-crapaud mi-dents de la mer » comme l’écrivait en 2008 le blogueur « cuisine de la mer qui reconnais que les lottes avaient « une bouille un peu ingrate, avec leur mufle prévu pour aspirer les proies qu'elles attirent en brandissant au-dessus de la gueule une manière de canne à pêche, au bout de laquelle flotte un leurre comme un petit poisson, que le prédateur moyen va tenter de s'approprier, dès qu'il approche, il est gobé »


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Donc  le jour qu’il est revenu avec cinq têtes de lottes, qu’il a soigneusement disposées sur le muret de pierre à la porte de la cuisine, où « il a semé quelques galets avec l'espoir qu'y pousse une plage.  Même le chat a eu la trouille, il est prudemment resté perché sur un rebord de fenêtre » pendant qu'il s’expliquait avec ces trophées.


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Bref si la lotte ne décroche pas le pompon de la mocheté c’est tout simplement parce que le poissonnier ne présente d’elle que sa queue et ses joues qui sont, pour ces dernières, le meilleur de sa chair. Une soupe de joues de lotte c’est un must ! link


Mais je ne suis pas là pour tresser des lauriers aux joues de la lotte mais pour vous causer de la gueule de la raie.


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Signification : Avoir  visage laid, désagréable


Origine : Expression française familière servant de formule injurieuse qui s'appuie sur une comparaison courante entre face et fesses. En effet, la raie a une tête peu sympathique mais l'expression a été prise à ses débuts pour décrire une tête extra plate.


Selon d'autres interprétations, la gueule de raie serait tout simplement un type de nœud dans la marine mais le sens reste le même car une tête de raie ou de nœud reste un visage aussi laid. »


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« Les raies appartiennent au groupe des chondrichtyens, les poissons cartilagineux. Ces animaux magnifiquement adaptés à la vie sur le fond, sont du point de vue évolutif, des requins aplatis.


Les raies sont des poissons aplatis mais ne sont pas des poissons plats.


Il ne faut pas confondre les raies avec d'autres poissons au corps plat, notamment les espèces désignées par le terme commun poissons plats comme la sole ou la plie.


Raies et requins sont inclus dans le groupe des chondrichtyens, qu'on appelle plus communément les poissons cartilagineux, par opposition aux poissons osseux, ce dernier groupe comprenant la majeure partie des espèces actuelles, tels le bar, la carpe ou encore la truite.


De fait, il existe près de 30 000 espèces de poissons osseux de par le monde alors qu'on ne compte qu'un peu plus de 800 espèces de poissons cartilagineux.


Les poissons cartilagineux ont pourtant une origine beaucoup plus ancienne, et ont prospéré par le passé, avant d'arriver à la richesse spécifique actuelle, beaucoup plus modeste. D'un point de vue évolutif, une raie n'est rien d'autre qu'un requin aplati, suite à des millions d'années d'évolution. Il faut dire que les chondrichtyens existent depuis 450 millions d'années, le temps et la sélection naturelle ont pu faire leur oeuvre. » La suite ICI link


« Sur les côtes françaises on trouve près de 20 espèces, notamment la raie bouclée, la raie brunette, la raie étoilée, le pocheteau gris, la raie lisse, la raie pastenague, la torpille marbrée, la raie fleurie, la raie radiée, la raie circulaire, la raie douce et la raie mêlée.


Au bourg-pailler nous ne consommions que de la raie bouclée et surtout pas de la raie pissouse qui est la raie fleurie dégageant une forte odeur d’ammoniac. Improprement mémé Marie dénommait plie la raie d’où l’origine du titre de cette chronique. Et bien entendu Gilles de Rais, dit Barbe Bleue, sodomite, pédophile et tueur en série pendu le 26 octobre 1440 sur la prairie de l'île de Biesse à Nantes (je note ça car le vieux château détruit de la Mothe-Achard appartenait à Gilles Rais) n’a rien à voir avec la choucroute.link


Mode de vie :


« Les raies vivent posées sur le fond et évoluent au ras du fond. Souvent posées ou enfouies sur le sables ou autres fonds plats, les raies respirent en captant l’oxygène par les fentes branchiales situées sur leur face ventrale blanche. Elles ne s’interdisent pas une virée en surface pour se saisir d’une proie. Leurs proies principales sont les crustacés (crabes) et les poissons. Les raies s’alimentent surtout la nuit et se reposent dans la journée. Parmi les raies qui longent les côtes françaises, certaines disposent d’un dard qui envoie un venin (très) douloureux voire mortelle (raie Pastenague). Attention donc de ne pas vous piquez lors de la capture d’une telle raie. Les raies ont une croissance lente et leur maturité sexuelle arrive tardivement. »


La raie, une espèce menacée : link


Enfin pour terminer je vous propose une recette politically incorrect : l’aile de raie au beurre noir… link


Pour faire passer le beurre noir je ne peux que faire confiance à un blanc qui porte avec joie et fraîcheur une belle acidité. La liste est ouverte !

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Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 09:30

J’aime les femmes, j’aime la femme, et ce matin la disparition de Lauren Bacall, dont l’élégance et la classe naturelles resteront immortelles par la magie du cinéma, m’inspire une simple réflexion : pour aimer il faut admirer. Tous les clichés véhiculés sur les femmes par les mâles un à un s’effondrent, se délitent, jaunissent pour aller rejoindre les poubelles de l’Histoire.


Ça me plaît !


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-         Inoubliable Lauren Bacall dans le « Port de l’angoisse » avec Humphrey Bogart le futur homme de sa vie.


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« Née le 16 septembre 1924 dans le Bronx à New York, de son vrai nom Betty Joan Perske, elle était la fille unique d'immigrants juifs roumano-polonais, de la famille de l'ancien président israélien Shimon Peres. A 15 ans, la jeune fille s'inscrit à l'American Academy of dramatic arts de New York mais, faute d'argent, ne suit les cours que pendant un an.

 

Elle survit d'un emploi d'ouvreuse, s'essaie au théâtre et devient mannequin. Avec sa silhouette longiligne, sa chevelure crantée et sa classe folle, elle a d'abord conquis l'univers du papier glacé, faisant même la couverture du prestigieux magazine de mode Harper's Bazaar en 1943.

 

C'est grâce à cette photo qu'elle a été remarquée par la femme du cinéaste Howard Hawks, lequel lui offre ensuite à 19 ans de partager l'affiche du « Port de l'angoisse » avec celui qui était déjà une star confirmée: Humphrey Bogart. Lauren Bacall connaît alors un succès immédiat. Voir les vidéo et surtout la dernière...


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-         Grande première sur la planète mathématique : une femme s'invite parmi les quatre lauréats de l'une des récompenses scientifiques les plus réputées, la médaille Fields, considérée comme le Nobel de la discipline.

 

Mercredi 13 août, Maryam Mirzakhani, 37 ans, iranienne et professeur à Stanford aux Etats-Unis, a été primée à Séoul (Corée du Sud) lors du 27e congrès international quadriennal des mathématiques, devant près de 5 000 participants. Elle partage cet honneur avec le Franco-Brésilien Artur Avila, le Canadien Manjul Bhargava et l'Autrichien Martin Hairer. link


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-         « Je pensais que ce n'était pas fait pour les femmes »


Denis Charvet, ancien trois-quarts centre de l'équipe de France de rugby

 

« Des femmes en crampons... Comme beaucoup de rugbymen, il n'y croyait pas. La semaine dernière pourtant, Denis Charvet a allumé son poste de télévision, histoire de jeter un œil sur ce Mondial disputé en région parisienne au cœur de l'été. Il est resté scotché devant France - Galles. Une découverte. Une révélation. link »

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Mercredi 13 août 2014 3 13 /08 /Août /2014 00:09

Un soir que je rousinais chez le grand Cuq, le Philippe du Lieu du Vin, un caviste comme je les aime, un Aveyronnais au grand cœur, et que, comme à mon habitude, je furetais dans son capharnaüm de belles bouteilles je suis tombé nez à nez avec une bouteille de vin de table 2007 du Clos Massotte signée par Pierre Nicolas Massotte à Trouillas dans les Aspres des Pyrénées-Orientales.


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Je questionnais le tenancier du Lieu du Vin : « comment as-tu connu ce Massotte ? » Sa réponse évoqua un jeune homme passionné et des vins qui lui plaisaient. Deux photos et dans l’un des coins encombré de ma pauvre tête une question « quel rapport entre ce Massotte là Pierre Nicolas et le mien : Pierre ? » Trop d’indices le lieu, les prénoms et bien sûr le nom…

 

Trouillas, les Aspres, que de souvenirs du temps où j'arpentais les Pyrénées-Orientales pour l'une de ces missions de médiateur...


Restait que Pierre Nicolas était naturiste.


Le temps passa et puis, comme chez moi rien ne se perd, dimanche soir dernier j’ai envoyé un petit courrier à Pierre Massotte fidèle lecteur et à l’occasion contributeur sur mon blog.


La réponse est venue dans la nuit. Je la reproduis car j’apprécie sa franchise et un grand respect d’un père pour les choix de son fils. C’est une belle histoire, une histoire vraie qui devrait être méditée par certains petits urbains donneurs de leçons.


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Bonsoir Monsieur Jacques.

 

Pierre Nicolas est notre fils.


Après avoir travaillé chez CEGETEL comme ingénieur technico-commercial pendant quelques années il a éprouvé le besoin de faire baisser sa ‘tension’ et a opté pour un retour à la nature.


IL a donc passé un Brevet de « reprise d’exploitation agricole », passé quelques mois à Bordeaux , puis 5 mois en Australie, dans des wineries.


Et... s’est lancé, il y a 10 ans environ.


Sur le plan pratique, nous avons 40 Ha de vignes (GFA Massotte); il en a sélectionné une huitaine  avec Syrah, Grenache blanc et noir, Cinsault, muscat, mourvèdre, etc.


 Il a un très bon nez/palais : Il a eu plusieurs récompenses (Coup de cœur au Hachette), sélectionné par Andreas Larsson meilleur sommelier du monde, etc.


Mais la récompense est pour lui une occasion de s’étalonner,... par forcément pour développer du business.


On pourrait le regretter un peu, mais c’est un pur et j’en suis fier.


Comme les gens du Village étaient incommodés par l’odeur nauséabonde des vins en fermentation, on a donc construit une cave moderne de 400 m2 sur la route de Thuir.


C’est là qu’il élabore ses vins : nature, nature, nature.... aussi bien que le faisaient nos ancêtres sinon de manière plus proche encore des pratiques soutenables.


J’en tremble parfois car :


- dans la vigne on joue sur les défenses naturelles de la nature.


- lors des vinifs, le but est de travailler avec les levures indigènes, sans sulfites, etc.


- Les macérations doivent être douces, longues, ... pas de pompe, tout en gravité, foulage au pied, etc.


Important : il a la foi. Je crois qu’il se plait et dans le monde un peu particulier ou nous vivons, c’est une sorte de démarche en rupture.

 

Quant à moi, je cultive le reste de la propriété en mode ‘raisonné (cette année : 4 traitements) et j’apporte à la Cave Coopérative ‘Sud Roussillon” à Trouillas.


Mais... j’ai trop écrit et je vous prie de m’en excuser.


Très cordialement.

 

Pierre MASSOTTE


Allez donc faire un tour sur le site du Clos Massotte link et si vous n’y allez pas visionnez ce diaporama link il en vaut la peine.

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Mardi 12 août 2014 2 12 /08 /Août /2014 15:20

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Avant la révolution de la chimie, le développement des industries chimiques et l’arrivée massive de produits phytosanitaires, les propriétés des plantes étaient bien mieux connues et utilisées afin de limiter les dégâts de maladies et ravageurs sur les cultures ou simplement les requinquer. Ce savoir empirique extrêmement précieux, s’est éteint au fur et à mesure que ces «agriculteurs savants » disparaissaient. Aujourd’hui, les écrits sur cette utilisation des plantes font cruellement défaut et le retour à ces pratiques redémarre doucement avec extrêmement peu de références sur lesquelles s’appuyer.


Deux axes peuvent être pris, celui de la recherche du ou des principes actifs des plantes qui ont un effet sur la maladie ou le ravageur ciblé et celui de la recherche de préparation(s) à base de plan te(s) regroupant alors tout un ensemble de principes actifs , pouvant entrer en interaction les uns avec les autres.

 

C’est cette deuxième piste de recherche que nous avons donc adopté, faisant alors le pari de l’intérêt de cet ensemble de principes actifs en interaction, sans pouvoir explicitement expliquer pourquoi cela est efficace pour limiter les dégâts de tel ou tel ravageur. C’est effectivement la grande difficulté de travailler à partir du vivant, ici les plantes.

 

La suite ICI link

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Mardi 12 août 2014 2 12 /08 /Août /2014 00:09

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Chez le Taulier, comme chez Lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… » en chronique dans son garde-manger de fourmi besogneuse. Ainsi, ayant chanté tout l’été au grand désespoir des peine-à-jouir et des envieux, le Taulier s’en est allé puiser dans ses réserves pour alimenter le fil de ses chroniques estivales. « Garder une poire pour la soif  » dit-on :



« M. de Bargeton qui comptait ne plus rien avoir à dire, fut consterné du silence que gardèrent les deux rivaux en s'examinant ; mais, quand il se trouvait au bout de ses efforts, il avait une question qu'il se réservait comme une poire pour la soif, et il jugea nécessaire de la lâcher (…) »



Honoré de Balzac - Les illusions perdues



Bien évidemment j’anticipe les quolibets des mauvais plaisants en soulignant qu’il serait malséant de faire des allusions déplacées à l’auteur de cette chronique même si son humour est en acier inoxydable.



La poire de notre ami PAX je lui trouve un goût de Beurrée Hardy, qui est une poire d'automne sucrée, juteuse et parfumée mais ce pourrait être aussi une bon chrétien d’hiver, une poire du curé, une Doyenné du comice, une Louise Bonne d’Avranches ou une duchesse d’Angoulême. La poire est un fruit délicat, la poire est le fruit juteux et désaltérant, et ce, sans aucun danger pour la ligne.



De plus avec la poire on fait du poiré de Domfront, je n’oublie jamais mes 5 années passées à la tête de l’Interprofession des AOC de la poire et de la pomme…


logo poire domfront


 

Bref, je laisse le clavier à PAX.


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Les années d’apprentissage



Quand on est citadin, s’aventurer dans le monde du vin, pourquoi pas, mais comment ?



Il y a deux moyens d’apprendre. Celui de l’autodidacte sartrien qui procède à la lecture de tous les ouvrages de la bibliothèque, par ordre alphabétique. Vu la position du v et malgré mon grand âge j’en serais encore loin.

 


L’autre c’est l’école mais à l’âge où je me suis décidé je n’avais plus celui permettant la fréquentation des établissements de l’Education Nationale. Dès lors comment faire ? Je ne sais plus de quel bouche à oreille j’ai su qu’il se passait quelque chose d’intéressant à ANDLAU, belle commune viticole de par cheux nous pas trop éloignée de STRASBOURG.

 


Marc KREIDENWEISS qui n’était pas encore le brillant viticulteur qu’il est devenu mais qui, déjà, montrait qu’il savait où il allait, organisait Trois soirées dégustations : le B.A BA. La première sur la technique de dégustation elle-même, comme expérience sensorielle (inodore, salé, sucré, amer etc.) la deuxième soirée consacrée aux vins blancs et la dernière aux vins rouges.

 


Ce fut réussi et cette mise en bouche creusa mon appétit. Avec quelques participants à ces premières soirées nous passâmes à la vitesse supérieure .Ce fut à l’Ecole Hôtelière de STRASBOURG ou Paul BRUNET, premier « Meilleur Sommelier de France », enseignait le vin et la sommellerie avec beaucoup de succès ; ses élèves trouvant très vite un emploi une fois leur diplôme en poche.

Paul BRUNET avait créé, comme on dit aujourd’hui, « un module » destiné aux non professionnels et qu’il dispensait, en cours du soir sur une durée de 20 semaines à l’intention de ceux qui ne voulait pas boire idiot. Ce fut passionnant. L’enseignant savait se mettre à la portée de son auditoire, être didactique sans être ennuyeux, être passionné sans être exalté, être complet sans être pédant.


Il réussit si bien son coup (et son cours) que cette classe s’organisa et prit l’habitude de mettre très vite en pratique l’enseignement reçu. Un » club de vins » fut formé, appelé, avec l’esprit potache que nous gardions évitant de nous rendre au sérieux, Club des Vains.



Un « stammtisch » mensuel fut organisé ainsi que des voyages dans divers vignobles et des soirées accord mets et vins (chocolats, fromages etc.)

 


Cela ne suffit point à calmer ma soif de connaissance. Une inscription à une unité de valeur du CNAM proposée au lycée agricole de WINTZENHEIM, en plein vignoble haut-rhinois (2 heures aller-retour chaque semaine pendant toute l’année scolaire !) nous appris ce qu’est un réfractomètre et à le manier. Nous essayâmes de ne pas confondre SO2 libre, SO2 total, SO2 combiné. Les levures LSA et Saccharomyces cerevisiae n’eurent plus, à l’époque, de secret pour nous ni les macérations carbonique ou les fermentations malolactiques Idem pour les tailles : gobelet, Guillot simple ou double, en courgée etc. « Monsieur l’inspecteur je sais tout ça par cœur » comme au lycée Papillon.

 


Enfin, moi, pas tout à fait. Je n’ai eu mon U.V qu’avec l’indulgence du jury pour éviter d’organiser une session de rattrapage pour le seul cancre de la classe, définitivement brouillé avec les formules chimiques et les manipulations des TP à reproduire à l’examen (sans oublier la nature du grand sensible et sa phobie des examens – 4 tentatives avant d’avoir le bac dont 2 en candidat libre.)

 


Etudier est une chose, pratiquer en est une autre. Tous les élèves qui ont appris par cœur « The daffodils » de William WORDSWORTH en cours d’anglais au lycée ou « Erlkoenig » de GOETHE en allemand savent que sans pratique, tout se perd.

 


A l’époque, résidant strasbourgeois je m’approvisionnais chez Roger DAHLEN, gentil et efficace caviste à l’angle de la rue du Maréchal FOCH et de la rue du Général De CASTELNAU. En bon professionnel ce caviste organisait des soirées dégustation à thème, le soir à 20h dans une salle de classe du collège voisin de sa boutique. C’est ainsi que l’on a pu goûter des vins rares ou chers, pour nos bourses, comme Château GRILLET cette anomalie  des AOC ou ce qui nous apparaissait comme le top du top d’une appellation comme la Coulée de Serrant de Nicolas JOLY avec les informations et commentaires de cet avisé commerçant.

 


Si ce type de d’enseignement permet d’éviter les devoirs à la maison il n’exclut pas de recourir aux manuels scolaires. A mon premier ouvrage l’indispensable « Guide du Vin » de Raymond DUMAY (Livre de Poche 1985) succéda l’ »Encyclopédie des vins et alcools »d’Alexis LICHINE (Collection Bouquin 1980) Avec le premier j’ai longtemps, en rêve, vagabondé sur le kimméridgien de Chablis. Avec le second j’ai découvert le vin jaune et traquai ce qui était rare ou disons moins représentatif tel le pernand vergelesse blanc ou encore le Meursault rouge que je m’imaginais pouvoir accompagner tout un repas. Servi frais avec l’entrée, il se chambrerait tout doucement pour être à bonne température avec le plat principal, choisi bien sur pour s’accorder avec ce vin.

Les exceptions, les originalités étaient les petits cailloux blancs de mon chemin de petit poucet que je m’efforçais de tracer dans ce nouveau monde. J’étais persuadé que les idées générales, les grandes lignes me seraient données par osmose dans la fréquentation des gens du vin ; il suffirait d’ouvrir ses oreilles. Les pépites, les curiosités, par contre, il fallait les chercher et , par effet de contraste, apprendre ce en quoi elles consistaient m’en dirait pas mal non plus sur le reste.

 


Vinrent ensuite les atlas mondial ou non du vin de des vignobles (Hugh JOHNSON par exemple) ou encore les atlas géologiques des terroirs sans oublier les ampélographies.

 


J’ai beaucoup aimé les guides du couple PEPPERCORN (Guide des vins de Bordeaux – Flammarion 1987) et SUTCLIFFE (Guide des vins de Bourgognes - idem) Dans ce dernier on pouvait remarquer les commentaires de l’auteur, qui relatant qu’elle n’est plus en odeur de sainteté « temporairement interdite de séjour pour dénigrement systématique » au Domaine de la Romanée – Conti, alors qu’elle se portaient sur la seule légitimité d’un tel domaine à commercialiser, aux prix que l’on connaît, tous les millésimes indifféremment même les mauvaises années . Cela était formulé en 1986 et j’en partageais la pertinence, alors que semble-t-il cela commence seulement à entrer timidement dans les usages.


 

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Je dévorais tout ce qui me tombait sous la main, par exemple : « Les bons vins et les autres » SEUIL 1976 de Pierre Marie DOUTRELANT habillement polémique ou de simples mais réjouissants ouvrages comme « Millésimes et campagnes – Les carnets d’un acheteur de vins » (La maison NICOLAS) Pierre BOISSET Robert LAFFONT 1989 ou encore l’exceptionnel « Mes aventures sur les routes du vin »de Kermitt LYNCH PAYOT 2008

 


Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite…. par la suite…

 


Patrick Axelroud Strasbourg le18 mai 2014


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Lundi 11 août 2014 1 11 /08 /Août /2014 00:09

Dans ma dernière provende de livres à la Hune j’ai mis la main sur l’un de ces petits livres qui font souvent mon bonheur. Il avait tout pour me plaire, Le grain de ses feuillets, sa couverture rouge sang qui lui donnait des airs du Kill Bill de Tarantino – bonne pioche – sa langue médiévale étonnante que je découvre au hasard de mon feuilletage et puis ça se passe à Chaumont Haute-Marne (écrit pour répondre à l’invitation de Fanette Mellier, graphiste à l’initiative du projet Chaumont : fictions [des livres bizarres]) je ne pouvais que le déposer dans ma gibecière.


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Lu d’une seule traite, texte étrange, surprenant, d’une efficacité redoutable, bien plus qu’une petite curiosité  « Bastard Battle » est « jouissif, truculent et grand guignolesque à souhait, qui ne laisse aucun répit au lecteur et n’oublie même pas d’être drôle. Ciselé avec passion et précision, à la manière d’une miniature médiévale. Un livre vivant, qui le reste longtemps après la dernière page tournée… » écrivait Nolive lors de la première parution de ce livre en août 2008.


« L'atmosphère est à première vue médiévale - en 1437, les remparts de la bonne ville de Chaumont cèdent sous les assauts d'une bande d'écorcheurs, menés par le renégat Bastard de Bourbon -, mais le tissu de mots que déploie Céline Minard, érudite autant que fantasque, pour développer cette geste n'emprunte pas qu'au moyen français du XVe siècle. Sa langue, tout comme son répertoire de motifs, puise à de nombreuses sources géographiques et esthétiques : Villon, la Chine et le Japon anciens, le cinéma (Kurosawa et ses Sept Samouraïs, mais aussi Tarantino...), le manga, l'heroic fantasy, semble-t-il aussi... Bastard Battle n'apparaît pourtant jamais comme une compilation de références, mais plutôt comme un exercice de style virtuose, singulièrement violent et enivrant. »


Je souscris absolument à ce qu’écrivait Nolive « Ce qui fait de Bastard Battle une réussite plutôt qu’un assemblage artificiel d’éléments disparates, c’est la langue. Empruntant vocabulaire, orthographe et syntaxe au moyen français, elle recrée un parler médiéval émaillé de touches d’anglais, d’espagnol, d’allemand [la majorité des personnages sont des mercenaires venant de tous horizons], un faux vieux français qui sonne juste et étaie la construction d’un imaginaire universel. Fortement évocatrice et curieusement poétique, truculente à souhait, la langue est finalement le personnage principal de Bastard Battle, déstabilisante au premier abord mais - pour peu qu’on se laisse porter - tout à fait compréhensible, notamment grâce au parti pris très visuel de la narration.


Le narrateur, qui vit l’histoire aux premières loges Denysot-le-clerc, dit le Hachis et Spencer Five est l’archétype même du « religieux défroqué, expert au maniement du bâton et porté sur le cruchon. »


Pour faire goûter cette langue étrange j’ai bien sûr choisi les passages célébrant le vin :


« Moi, loges Denysot-le-clerc, dit le Hachis et Spencer Five, ramassé deux mois devant le clos des Riceys, non point saoûl et nu comme on l’a dit mais vaillant sur la vigne et bien armé du baston, en défense, épargné… »


Denysot-le-clerc, dit le Hachis, aussi Spencer Five comme illustrateur et copiste. Mais je n’ay maistre mon sieur, je vais où le vin me pousse… »


«  - Bon, il reprend. Mon bastard lève le camp demain pour le sud. Mais moi, je n’ay guère envie de quitter ce pays, la volaille est trop à point. Époisses et Langres et vin, je m’adopte. Qu’en penses-tu mon amy ? »


« C’est ainsi que ce mois de juin mil quatre cent trente-sept, devant un platz de chapon et chaudins fricts arroulsés de vin noir, Tartas scella de demeurer en pays bourguignon pour le bien de son ventre… »


« Jean de Vergy sz courrouça de l’insolence et renversant tout son vin sur la table, dit que les femmes de cette engeance, à l’image de la félonne et adultère et parjurée Isabeau de Flandres espouse déshonneste du duc, étaient toutes plus ou moins rouées et viles bagasses… »


« … Je portai un muid de Gevrey dont je fis sauter le couvercle et les vapeurs espicées me plongèrent dans un charmement délicieux, il me fallut tenir de sauter dans le vin… »


« Enguerrand et le sabreur, tous deux accroupis en tailleur dans un coin de la salle, buvaient en se tendant tour à tour le gobeau, sans parler… »


« Lors puisant une fois encore dans le muid de Gevrey, haut les gobeaux, entrechoqués, nous portâmes la plus belle bride de la soirée, à nous aultres nous-mesmes… »


« Ainsi fut-il, et ainsi en nos murs, aux aguets, aux manœuvres, passa le mois de septembre mil quatre cent trente sept et la saison de vendanger.


Les raisins du coteau des Poutils, moy et Pierrot Fagotin et mes aultres gens de bonne boyte, nous les avions ramassés pour presser et faire ce que nous disions le premier cru de coste-grillée, eu égard à la poterne grillagée qui nous donnait accès aux vignes. »


« Et moy, tastant le vin derechef, je respondais :


-         Ne says-tu pas que ja deux fois dans le mesme fleuve on ne se trempe ? De ce que tu possèdes, qu’en as-tu sinon au mieux l’usucfruit ? Que crois-tu emporter l’heure dite et venue ? masure et tonneaux ? (…)


Sur quoi mes gens de vigne s’écriaient :


-         Hola ! ressers-nous Pierre Fagotin, ce fleuve non plus ne nous trempe ja deux fois pareillement ! Voyons s’il ragouste et comment, sur le fruict ou sur l’espice ?


« Ce matin-là, le ciel plut sur la vigne qui plut sur la terre. Et moy avec eulx. »


« En transformant spadassins et honnêtes bourgeois chaumontais, en communards passés maîtres ès boxe chinoise, Céline Minard nous offre un fabliau joliment libertaire, irrévérencieux en diable, aussi frais et dépoussiérant qu’il est stimulant et intelligent. Politique, sans doute, punk ou presque, joyeusement paillard et anar, Bastard Battle » est un livre à lire absolument !


1440, exécution du bâtard de Bourbon


« La famille de Bourbon est féconde en bâtards. Ainsi, le duc Jean 1er (1410-1434) n'a guère eu de scrupule à trahir son épouse, Marie de Berry, duchesse d'Auvergne. Hors le lit conjugal, il donne naissance à quatre bâtards au moins.


Une descendance reconnue et assumée mais à la destinée diverse. Jean de Bourbon devint évêque du Puy, puis archevêque de Lyon et enfin lieutenant général du Bourbonnais, parcours de prince. Quand son frère cadet, Alexandre, compagnon de Jeanne d'Arc, est porté à la tête de la compagnie des « Écorcheurs » puis soulève les plus puissants seigneurs contre Charles VII avant d'être jugé et condamné à une mort infamante : il est « rué et iétte dans un sac dedans la rivière (l'Aube), tant qu'il fut noyé et que mort fut accomplie et ainsi faicte… » La sentence est exécutée le 31 décembre 1440 à Bar-sur-Aube. Le sac de cuir dans lequel il est cousu porte la mention « Laissez passez la justice », précise Gilbert Béthune (lire par ailleurs) » link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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