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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Mardi 10 juin 2014 2 10 /06 /Juin /2014 10:38

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Overdose vont crier, les anti-foots, les alter, les je ne regarde jamais la télé, les allergiques à la Kro cul sur canapé, les bobos, les déçus du bus de Knysna détruit par Adidas, les nostalgiques du temps de Kopaszewski, Wisnieski, Piantoni que des bons Français, les fachos qui n’aiment pas le noir, les râleurs, les Mélanchoniens « C'est l'opium du peuple, cette histoire, a-t-il estimé à quelques jours de l'ouverture de la précédente Coupe du Monde de football. Ça m'a toujours choqué de voir des RMIstes applaudir des millionnaires», mais pas Besancenot qu’est supporter du PSG et qui aime beaucoup Zlatan…


Pour sûr y’en a que pour eux : « Les bleus en passent 8 à la Jamaïque, les bleus montent dans leur avion à Lille-Lesquin, seelfies des bleus dans l’avion, arrivée des bleus à Ribeirao Preto : excellent article des Echos « Un monde vert, un ruisseau noir et quelques Bleus… »


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« Après un long vol en provenance de Lille via Sao Paulo. Dans la chaude nuit du sud-est brésilien, la bande à Deschamps n'aura pas pu profiter du paysage via les hublots. Entre les deux villes, rares sont les endroits éclairés. La région se voue à l'agriculture intensive. Du maïs un peu, mais surtout de la canne à sucre s'étend à perte de vue quand le soleil n'a pas encore cédé sa place à la lune. Ribeirao Preto est une ville universitaire. Mais c'est surtout une ville agricole. Il n'est pas rare de voir des Français ou des Chinois venir discuter prix des denrées au Pinguin, cette célèbre brasserie locale où l'ancien capitaine du Brésil, Socrates, enfant de la ville, avait l'habitude de descendre quelques bières. » link


Vous voyez on peut aussi s’intéresser à la vie du pays en suivant les footeux.


C’est le choix qu’ont fait les vibrions connectés de Socialter avec leur Spécial Brésillink


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« Hausse des prix, faible croissance, fortes inégalités… Le Brésil d’aujourd’hui connaît d’importantes difficultés. Pourtant, partout dans le pays, des acteurs innovent et mettent en œuvre des initiatives à impact social ou environnemental positif : ils insufflent ainsi une énergie nouvelle pour venir en aide aux laissés-pour-compte du plus grand pays d’Amérique du Sud. Entre deux matches du Mondial, Socialter vous propose un autre regard sur le Brésil, terre de solutions et d’innovations. »


Bien évidemment mes jeunes amis de Socialter, qui aiment tant me faire plaisir, entament leur dossier brésilien par un article d’Hélène Seingiers sur les Fabriques responsables.


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« En 2013 au Bengladesh, l’immeuble Rana Plaza s’écroulait, tuant 1 138 salariés du textile  sous-payés. Pour détricoter un tel système, rien de mieux que la mode éthique. Le Brésil qui dispose de ressources naturelles gigantesques, de droits sociaux de plus en plus respectés et d’une créativité sans limite, se révèle un pionnier du secteur »


Et ça le taulier l’a depuis longtemps flairé  6 septembre 2006 : « Tout ça pour mes Veja »link


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« Lorsqu’ils se sont demandé dans quel pays développer leur projet de baskets équitables, les deux Français de la marque Veja n’ont pas hésité longtemps. « Au Brésil, on trouve les matières premières nécessaires – du caoutchouc sauvage en Amazonie, du coton bio dans le Nordeste –, et des usines qui respectent les droits des travailleurs », résume François-Ghislain Morillon, assis à l’arrière d’un pick-up sur les chemins cabossés de l’Acre. C’est dans cette région isolée, à l’extrême ouest du Brésil, que se trouvent les rares producteurs de caoutchouc sauvage de la planète. Pour récolter le lait d’hévéa, Erasme Santos ne se rend pas sur une plantation : machette à la main, il se fraie un passage dans la forêt vierge. « Ces arbres sont notre richesse, affirme le producteur en saignant un tronc gris, au milieu d’un fouillis de lianes et d’arbres centenaires. Le commerce équitable paie un bon prix pour le caoutchouc. Cela nous évite de déboiser pour élever du bétail, qui est très rentable ».


Voilà mes nouvelles Veja 2 fois moins chères que les marques bodybuildées au marketing (voir les maillots et les godasses des joueurs du Mondial)


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Autre détail à l’attention des révoltés en Nike (prononcer niqué) et en jeans Levis « Il n’y a rien de plus sale que le coton conventionnel. Comme ce n’est pas comestible, les producteurs les arrosent de produits chimiques… » sans parler de la teinture, du traitement bourrés de cochonneries… link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 10 juin 2014 2 10 /06 /Juin /2014 00:09

« C’est l’histoire d’un mec », comme le disait Coluche, qui monte à vélo dans le XXe, à la mairie, place Gambetta, pour récupérer au guichet de la PP son nouveau passeport biométrique et sa nouvelle carte d’identité sur lesquels il affiche sa tronche de cake genre bagnard tout juste évadé d’Alcatraz.


Faisait chaud, le mec l’avait soif et un chouïa faim alors il se dit que ce serait bien de faire une p’tite halte dans un p’tit caboulot où tu manges et tu bois bien sans te ruiner. Alors il consulte son GPS d’intérieur et se dit qu’il va passer tout près des Bricoles chez Céline au 43 rue Servan. link


Alors, ni une ni deux, il oriente sa flèche d’argent sur le bon cap et débarque à bon port dans un mouchoir de poches. Tartare de betterave, fusilli courgettes-fèves et une mousse de rhubarbe arrosé d’un verre de blanc.


Comme le mec l’est curieux son regard acéré dépiaute le tableau des vins proposés et, même si c’est écrit en tout petit il tombe en arrêt sur un nom Claire Rivier


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Alors le rouge lui monta au front, non qu’il fût pris de boisson, mais parce que remontait en sa mémoire un courrier de Claire datant de fin 2012 où elle lui faisait part, qu’avec François  ils avaient repris l'exploitation en direct d'un petit domaine du cru Régnié. « Notre site : link peut t'en donner une idée. »  avait-elle ajouté.


« Si tu as l'occasion de passer dans notre région, tu es le bienvenu à la maison ou sinon on pourrait se voir à Paris lors de nos passages périodiques. Il y a plus de 20 ans que nous ne nous sommes pas vu et donc les sujets de discussion seront nombreux


Amicalement


Claire et François »


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Les jours et les jours sont passés et… me voilà face à la bouteille de Régnié de Claire et François


Faut que je vous raconte, car bien sûr le mec oublieux c’est moi :


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Claire et François c’est Constantine, la coopération civile pour Claire et François et militaire pour moi. Nous logeons dans les bâtiments de la SONATIBA (en l’Algérie de Boumediene il n’y a que des SON’ des sociétés nationales : pour qui Sonelgaz faisait partie des blagues échangées avec nos amis algériens). Avec François, économiste, nous nous ennuyions ferme à la Fac d’Aïn El Bey et décidions d’aller proposer nos services au recteur Abdelak Berheri, le recteur de l'Université de Constantine. Ainsi, avec nous et d’autres, naîtra le CURER (Centre Universitaire d’études et de réalisations) en 1973-74. Ce « jeune et sémillant recteur de l’université de Constantine » selon le mot d’Armand Frémont - Directeur scientifique au CNRS qui fut coopérant visiteur à l’université de Constantine –


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Sur le blog de simohbag Médiapart j’en ai retrouvé la trace :


« Son objectif était d’inscrire l’université au cœur du développement économique, social et culturel des wilayate de l’est du pays ; notamment Constantine et Oum el Bouaghi. Une autre manière de réaliser concrètement, la réforme de l’enseignement supérieur que le regretté Seddik Benyahia venait de lancer, en fer de lance de la révolution culturelle. Un visionnaire s’il en fut.


L’action du CURER s’ordonnait à partir de projets effectivement inscrits à la nomenclature des deux wilayate et se développait sous la forme juridique de conventions précisant la nature de l’intervention du Centre.


Le CURER toucha à bon nombre de domaines, soit sous la forme d’études, soit sous celle de réalisation effective. Petite hydraulique à Djebel Ouahch, deux barrages collinaires à Sétif et Constantine, agriculture avec l’étude d’un élevage de 10.000 vaches à Djebel Ouahch; énergie solaire avec l’expérimentation de la maison solaire et d’un prototype de chauffage solaire ; programme de reboisement pour les wilayate de Constantine et d’Oum el Bouaghi, apiculture sur 21 unités apicoles, 21 variétés de miel et mise au point du catalogue des fleurs mellifères algériennes ; études d’aménagement du territoire ; architecture et urbanisme ; établissement de la carte d’amélioration des conditions de vie et de santé des populations de la région ; études de villages socialistes agricoles ; pour ne citer que ces quelques opérations parmi un plan de charge bien fourni.



Les acteurs de tous ces projets: des enseignants algériens soutenus par des coopérants de haute volée… »


Ben oui l’étude d’un élevage de 10.000 vaches à Djebel Ouahch c’était nous, surtout François, et c’est une longue histoire que je n’ai pas le temps de raconter mais qui mettait en lumière les illusions vendues par les bureaux d’études internationaux (ici des belges de Louvain je crois) à des planificateurs déconnectés des réalités de l’état de l’agriculture algérienne.


Abdelak Berheri se servit de cette étude en haut lieu à Alger, il devint par la suite Ministre de l’Enseignement Supérieur et «L’aventure du CURER prit fin avec la suppression de l’ONRS (Office National de la Recherche Scientifique) et son remplacement par un haut-commissariat à la recherche scientifique.


Pourquoi ? Magouilles et bouches cousues.


L’Algérie socialiste, l’Algérie de Houari Boumediene, laissait place à l’Algérie des réformes économiques prônées par Chadli Bendjedid. Réformes qui allaient l’arrimer au marché mondial, au FMI et à ses plans d’ajustement structurel.


Mais quelle est donc cette malédiction qui fait, qu’à chaque fois que l’on change de fusil d’épaules, on efface tout et l’on recommence.


Comme si l’on repartait de zéro. » écrit le blogueur simohbag


Je ne vais pas commenter mais l’Histoire s’écrit parfois avec une encre qui fait fi elle aussi de la réalité…


Les vaches déjà….


Bref, 40 ans sont passés, Claire et François et vous voilà vignerons à Régnié et comme il n’est jamais trop tard pour se retrouver : « faites-moi signe lorsque vous irez aux Bricoles, où votre vin est apprécié (j’en acheté une), nous partagerons le pain et le sel et votre vin qui va avec… et nous évoquerons nos souvenirs…»


Deux détails :


-          Le premier pour François, sportif aguerri, qui m’entraîna sous un cagnard d’enfer à faire du vélo dans les monts du Beaujolais, Paris est plus plat mais du vélo j’en fais depuis presque chaque jour : ma flèche d’argent.


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-          Le second pour Claire : Anne-Cécile que tu as connu bout de chou m’a fait 3 fois grand-père : Martin, Zoé et Juliette…


PS. François qui est un garçon soigneux doit avec conservé un exemplaire de notre rapport sur les vaches de Djebel Ouahch


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Lundi 9 juin 2014 1 09 /06 /Juin /2014 10:05

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« Pour sa première édition, Le Vin Fait Son Cinéma dédie sa soirée à Jean-Louis Trintignant à travers la découverte des crus de son Domaine Rouge Garance suivie de la projection en salle privée du film Le Fanfaron.


Chez Paris Fait Son Cinéma, on a notre acteur chouchou, du genre sacré, celui dont la voix embue les yeux des filles et la carrière force, sans broncher, le respect des garçons : Jean-Louis Trintignant. Cet homme-là, on pourrait vous en parler pendant des heures, surtout Antoine qui a eu le graal suprême de jouer son petit garçon dans Un Homme et Une Femme, respect. Mais loin de nous l’envie de vous soûler de paroles alors on a trouvé un moyen, certes un brin plus subversif mais imparable, de vous rendre accro autant que nous au grand JLT : une soirée dégustation, avec tapas gourmands en accord, autour de la découverte de ses vins. En effet, l’acteur qui illumine les écrans de cinéma possède également un vignoble à son image, discret, rare, raffiné et chaleureux, le Domaine Rouge Garance. »


Côté vins :


« Clause non négociable, on vous a déniché le meilleur œnologue apte à vous enseigner et partager la découverte des vins durant une heure et quart de dégustation. Cette perle rare s’appelle Myriam, titulaire du select WSET III (Level 3 Award in Wine & Spirits), 9 ans d’expérience à apprendre et repérer les meilleurs vignobles aux quatre coins du monde, elle a fait ses classes auprès d’un des mythes fondateurs de la scène du vin à Paris, le tonitruant Tim Johnston, pionnier du concept des bars à vins. Elle vous a spécialement choisi trois crus du Domaine qui n’auront plus de secrets pour vous pendant que vous les savourerez tout en posant toutes les questions qui vous passent par la tête. »


La suite ICI link

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Lundi 9 juin 2014 1 09 /06 /Juin /2014 00:09

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22 v’là les flics !


Ici ils sont 36 en garde à vue avec une écrasante majorité de représentants du sexe masculin, 30, y’a même des étrangers et un exilé, une belle rafle comme dirait les adeptes de l’égrappage.


Officiellement « La garde à vue est une mesure de privation de liberté prise par un officier de police judiciaire pour maintenir à la disposition des enquêteurs le suspect d'un crime ou d'un délit. Cette mesure doit constituer l'unique moyen de parvenir à certains objectifs comme empêcher que la personne ne modifie les preuves, ne fuie ou ne consulte ses complices. »


Entre Série Noire et Quai des Orfèvres, Agatha Christie et James Hadley Chase, Hercule Poirot et San-Antonio, les auteurs de ce vaste coup filet dans le milieu terroiriste valent la peine d’être salués.


De la belle ouvrage que de se prêter au rire des autres car comme le disait un poète « Le rire c’est le bruit d’aile que fait la joie en s’évadant… »


Soyons positif, nos 36 gardés à vue vont tous s’évader eux aussi en toute légalité.


Pour vous j’ai extrait de cette garde à vue 2 femmes méconnues Florence Quiot, Valérie Soutiran, et 2 hommes très connus Pierre Lurton et Louis-Fabrice Latour afin de rétablir la parité et moi aussi de m’amuser.


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Les occasions de rire ou même de sourire se font tellement rares, y compris dans le monde du vin où règne de plus en plus un sérieux papal alors le pape actuel ne l’est plus, lui.

 

Comme vous le savez je ne participe plus à la litanie des dégustations mais j’ai fait une exception car je ne sais pas résister à mes copines.


Merci Eva de m’avoir attiré dans ce Repaire de Bacchus de la rue de Montorgueuil, il y avait de fines gâchettes : Pierre Guigui et David Cobbold qui m’ont guidé pour mener à bien mon enquête.


Merci aussi aux concepteurs de cette sympathique mise en scène : le commissaire Fenouil et l’inspecteur Paolo Bouca Nova et à celles et ceux qui ont acceptés de faire l’actrice ou l’acteur. Je trouve que Pierre Lurton et Louis-Fabrice Latour  sont vraiment entrés dans la peau de leurs personnages.


Ceci écrit, guidé par les 2 meilleurs limiers de la planète l’un très bio l’autre pas j’ai trempé mes lèvres dans les breuvages offerts.


J’en ai flashés 2 ce qui, de ma part, représente un réel effort vu mon état de flémingite aigüe.

-          Mas de Martin « Roi Patriote » vin de Table 2012 provenance languedocienne 11,90€


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-          T.Oinos rouge Cyclades Grèce 2010 22,50€


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Y’avait vraiment du bon, du Trévallon 2004, du Au pied du Mont Chauve blanc 2012, du famille Perrin Coudoulet Côtes-du Rhône 2012…


Un clin d’œil : la famille Quiot avec 4 références : Château du Trignon Viognier 2012, Château du Trignon Rasteau 2010 et Domaine Duclaux Châteauneuf-du-Pape 1998 méritait largement une mise en garde à vue mais j’aurais espérer voir Jérôme s’y coller. Il eut été avec Pierre Lurton et Louis-Fabrice Latour en bonne compagnie.

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Dimanche 8 juin 2014 7 08 /06 /Juin /2014 06:40

Petits meurtres entre amis, le nouveau sport à tous les étages des Français favorisés par l’irruption de la Toile et de ses réseaux sociaux dans la vie publique comme privée. Tout le monde, du moins ceux qui sont connectés et adeptes de Face de Bouc et de Twitter, s’étale, se répand, en arrive à penser que sa « pensée » tout comme ses hémorroïdes ou la première dent du petit dernier, sont des centres d’intérêt. Le premier abruti venu se croit en droit de délivrer ses sentences, son point de vue sur tout et son contraire, conjuguer ignorance et bêtise, charrier des grossièretés, tourner tout et n’importe quoi en une dérision saumâtre. Le féminin n’échappe pas à la règle. Des égouts. Bien évidemment les chasseurs de voix fréquentent ces sentes peuplées de gobeurs de promesses. Les vieux médias cherchant un second souffle avant de trépasser font la chasse aux éditorialistes transgressifs à même de rebondir sur la Toile, d’alimenter les poubelles où viennent se repaître les gens d’en bas comme les gens d’en haut. Nous régressons en dépit de nos courses folles, sans but, dépourvues de sens. Sur ce terreau des plantes vénéneuses s’épanouissent avant, du moins l’espèrent-elles être cueillies par le peuple, ce peuple mis à toutes les sauces et qui, comme la pile Wonder, s’use parce que l’on s’en sert. La gauche dites de gouvernement, du moins ce qu’il en reste, est subclaquante et la droite sortable est, elle, en état de décomposition avancée. La voie est libre pour des penseurs de pacotille, des demi-soldes, on ne pense plus on bave sur le voisin en espérant gonfler son stock de followers. Le Figaro de Dassault s’érige en phare de la pensée avec sa nouvelle égérie Elisabeth Lévy. On la questionne la nouvelle pythie.


-         La chape de plomb de la bien-pensance semble avoir sauté, et on est loin de l'âge d'or où Plenel dictait la pensée unique dans les colonnes du «quotidien de référence». La rhétorique antiraciste, antifasciste et sectaire semble usée. N'avez-vous pas le sentiment d'avoir gagné la partie? N'est-il pas temps de passer à autre chose?


« Il est certain que si Plenel et Zemmour se présentaient à une élection, notre ami Zemmour gagnerait haut la main. Mais je ne vais pas apprendre à une gramscienne aussi avisée que vous que le pouvoir culturel ne se joue pas au nombre de voix. Par ailleurs, l'intimidation du politiquement correct est sans doute moins forte aujourd'hui, mais elle n'a pas encore disparu: il y a toujours des sujets qu'on n'aborde qu'avec de très grandes précautions de peur d'être traité de raciste, d'homophobe ou autre. Cela dit, il n'est pas mauvais de prendre des précautions: ce n'est pas parce que l'antiracisme contemporain est souvent débile que nous allons devenir racistes! »


-         «Droite décomplexée», «dédiabolisation»: la dénonciation du politiquement correct a tellement réussi qu'elle a fini par se traduire politiquement. Que répondez-vous à ceux qui, à l'instar d'Alain Badiou, vous accusent d'avoir contribué avec Zemmour, Finkielkraut et tous les «néoréacs», à la montée du FN en «libérant la parole raciste»? N'avez-vous pas le sentiment parfois d'avoir, en luttant justement pour le pluralisme, ouvert la boite de Pandore?


« Je réponds que, comme me l'a fait remarquer un lecteur assidu de Causeur, Finkielkraut, Zemmour et les autres ont plutôt eu un effet apaisant car, à travers eux, beaucoup de gens ont été soulagés que l'on arrête de leur dire qu'ils ne voyaient pas ce qu'ils voient et ne vivaient pas ce qu'ils vivent. En revanche, les anathèmes, les leçons de morale, les insultes proférées par le camp du bien ont peut-être fini par créer ce qu'ils dénonçaient, un camp véritablement réactionnaire qui fantasme un monde livré aux syndicats gauchistes et aux adeptes de la théorie du genre, est persuadé qu'on enseigne la masturbation à l'école et rêve d'un improbable retour à un passé qui n'a jamais existé. Bref, Najat Vallaud-Belkacem a fini par susciter Farida Belghoul. Eh bien, je ne veux ni Najat, ni Farida - rien de personnel, bien sûr. Voilà pourquoi nous sommes condamnés à nous battre sur deux fronts! »


L’époque a les penseurs qu’elle mérite, ceux du rez-de-chaussée et des sous-sols ou autres parkings. Les Français, et leurs auto-proclamés intellectuels s’imaginent encore que notre pensée domine le monde, que nous sommes encore à même de l’influencer. Dérisoire, monstrueusement dérisoire, nous allons gentiment passer à la trappe et sombrer dans l’oubli, simple confetti boursouflé de suffisance et d’arrogance. Laissons-le s’enfoncer dans son bourbier, se repaître de ses petites querelles, se réfugier dans son isolationnisme sans avenir.


Moi, en mon jardin de Saint-Anne, je lis.


Je lis « Cul in air » que j’ai acheté samedi à la librairie Compagnie rue des Écoles face au Balzac. C’est édité chez POL.


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« Jeanne Bécu, alias Madame du Barry, disait ceci : « Le croupion, oui, le croupion, toujours bien en l’air, et avec les plumes de la queue éployées en éventail, horizontalement ! »


Suivant à la lettre cette consigne – qui aurait pu devenir un proverbe –, je me suis dit que l’art Cul in air, tel que son nom l’indique, est un art aérien de dosages, de matières, de couleurs, de saveurs, de croisements divers pas toujours saisissables si l’on n’y est pas formé avec tact, délicatesse et entrain.


Ce livre essaie de donner corps à ces vertus  Jean-Paul Manganaro n’y raconte pas les suites du mot de Madame du Barry, mais on y apprendra comment revigorer ce qui ramollit, pourquoi la Sainte Vierge, quelquefois, lève les yeux au ciel ou pourquoi la Dame aux camélias portait des robes larges. Et l’on y saura brider et débrider une poule, farcir ou bourrer le mou à un poulet, renverser un lapin, telle une danseuse ou une crème… Et l’on saura tout aussi de Nicodème et de sa cousine quand ils s’attablent, comment déjeuner dans les nuages, tant d’autres choses encore. Il suffit d’ailleurs de feuilleter la « Table des Matières » – jamais ces deux mots ne furent mieux employés – pour avoir l’eau à la bouche et les larmes aux yeux – de plaisir, bien entendu.


Mais alors, quelle forme pour ce livre ?


De l’aveu de l’auteur celle-ci est venue peu à peu, filtrant et englobant les quelques idées et pensées qui avaient précédé. Le livre en porte les marques  ça commence par l’ail et l’agneau – dans une suite qui se souhaitait alphabétique – mais qui commençait en fait comme Ésope et La Fontaine, une sorte de renouvellement de la fable du loup et de l’agneau, perçus et perdus dans les lointains. Jean-Paul Manganaro disant ne pouvoir se défaire non plus d’une sorte d’épiderme tragique ou dramatique – cela fait débuter le livre par une écriture mimant une vague Histoire d’O, avec la recréation d’un couple mystérieux, la dame qui cuisine et Onan.


Puis la forme du multiple est apparue, à la fois dans son vacarme et dans son enfantillage : la cuisine devait nécessairement bourdonner, être bordel et fracas, vivante de curiosités et de réalisations. Loin, bien loin du côté « scientifique » et « amidonné » des recettes telles qu’on les lit encore aujourd’hui ; ici on ramasse des envies tant gustatives que littéraires, glanées au cours des années.


Cela donne un livre aimablement polisson où l’on peut entendre des échos de Rabelais, Boccace, Gadda ou La Fontaine – des échos, pas des imitations. Par ailleurs, parce que Jean-Paul Manganaro ne supporte pas que les écrits n’incluent pas des variations formelles, il se livre à un joli mélange de prose et de formes à structure poétique tandis qu’il saupoudre le tout de « proverbes » tout exprès créés pour ce travail. Les protagonistes sont nombreux, présents et virevoltants, prenant la forme d’hommes ou de femmes, jeunes ou âgés – car telle est la condition de l’art Cul in air, universelle et œcuménique – qui ne laisse personne à l’écart. Et même si une voix égotique semble s’élever sur les autres, ce n’est pas pour imiter un « chef », mais pour donner un lieu à l’humour et à la facétie ; cette voix est purement littéraire et fait en sorte que ce court livre de recettes ressemble à un roman qui traverse des régions particulières et où les recettes, sauf indication contraire, ont été inventées et mises à l’épreuve. Oui, un roman de la chose Cul in air, un roman drolatique où l’invention est minutieusement péripatéticienne. Comme pour le Fellini, le titre Cul in air s’est imposé comme le ruban d’un ange qui déploie dans le ciel son annonce. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 8 juin 2014 7 08 /06 /Juin /2014 00:09

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Dans le cadre de ma nouvelle politique du « moins j’en fais mieux je me porte » j’externalise sans délocaliser. Aujourd’hui je vous branche sur un papier de Jean-Loup Chiflet  qui « ne manque ni de livres ni d'humour, la preuve, c'est qu'il est éditeur link et aussi auteur d'une cinquantaine d'ouvrages sur l'humour et la langue, dont le fameux Sky my husband! Ciel mon mari! Il se définit lui-même comme « spécialiste, ancien élève et grammairien buissonnier ».

 

Pourquoi ?


2 raisons : la première c’est que j’adore sa chronique que je dédie aux accros de la grammaire, la seconde c’est que c’est un buveur chic ou du moins je le présume.


Donc Jean-Loup  Chiflet écrivait  le 14/07/2011 « Il vaut mieux avoir l'air conditionné que l'air stupide »


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En voici 2 belles rondelles :


« Comment expliquer aussi la présence de l’estomac dans les talons, des pieds dans le plat, du chat dans la gorge, de la confiture chez les cochons, du rubis sur l’ongle, sans parler de la curieuse cohabitation des vessies avec les lanternes !


Drôle de pays en effet où il ne faut pas confondre : scène, cène, Seine, saine ou chair, chaire, cher, Cher et où pendule est masculin entre les mains d’un radiesthésiste et féminin entre celles d’un horloger. Mais il y a mieux : amour, délice et orgue, masculins au singulier et féminins au pluriel ! Ce qui faisait d’ailleurs dire à Courteline : »


Si vous souhaitez savoir ce que disait Courteline c’est ICI link et en prime vous lirez l’intégralité de la chronique de Jean-Loup Chiflet.


Pour le Chiflet buveur chic il vous faudra attendre une prochaine chronique un de ces 4.


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C’est comme ça maintenant depuis que je n’en fiche plus une rame je suis un vieux monsieur indigne à 100%.


* 80 ans d'histoire franco-américaine par l’humour ! Le pari réussi de Jean-Loup Chiflet, qui a rassemblé, traduit et commenté 300 dessins publiés dans The New Yorker entre 1925 et 2006. Les 2 illustrations en sont tirées.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 7 juin 2014 6 07 /06 /Juin /2014 10:10

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6 juin : de Gaulle parle!


Le jour J, le général de Gaulle prononce un discours mythique sur les ondes de la BBC : "La bataille suprême est engagée. Après tant de combats, de douleurs, voici venu le choc décisif…".


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A l'heure où nous célébrons le 70e anniversaire du Débarquement, je vous propose d'écouter « Le Chant des partisans ». Composé en 1943, diffusé sur les ondes de la BBC, il devint rapidement l'hymne de la résistance. Catherine Ribeiro l'interprète ici a capella. Magistral !


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A la Une en juin 44 vue par la propagande de Vichy


En juin 44, les actualités officielles, contrôlées par les Allemands, continuent de distiller leur propagande : Pétain devient un modèle, les soldats allemands des héros, les bombardements alliés inhumains et les résistants de dangereux terroristes.


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 7 juin 2014 6 07 /06 /Juin /2014 00:09

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Vous aimez les notes sur 20, sur 100, même si ce c’est un peu passé de mode, alors vous allez être servi ce matin car vous allez être noté sur 46. Étrange total me direz-vous, mais il est le résultat d’une addition : 10 + 15 + 11 + 10. Le défi que vous allez avoir à relever messieurs les beaux nez, les filles aussi, est celui que devait relever les élèves de l’enseignement agricole et ménager en 1938. Les questions sont qualifiées d’ardues pour ces braves élèves, alors j’espère que vous vous y collerez avec enthousiasme pour mieux vous situer dans la hiérarchie des bons connaisseurs de  l’univers merveilleux du vin.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 6 juin 2014 5 06 /06 /Juin /2014 09:34

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Socialter est une toute jeune revue link  qui vient de sortir son N°5  « Bouge Brésil ! Sur le terrain de l'innovation sociale ». Au sommaire, un Mondial de solutions pour accélérer le changement.


J’ai chroniqué sur son N°3 « Les MOOCs, Claire, Socialter, la vérité est au fond des verres… » link et « Le coup du Lapin Blanc : l’éclate totale des « anti-notaires » de Socialter ! »link


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Je reviendrai sur le spécial Brésil, mais ce matin je vous propose une chronique short sur le Désherbator le petit dernier  de Naïo Technologies


1-      Genèse de l’entreprise : link


Mai 2010 – Fête de l’asperge à Pontonx sur l’Adour


« Je veux faire des robots ! » Gaëtan Séverac.

 

A cette fête de l’asperge Gaëtan Séverac rencontra un producteur avec lequel il échangea sur les problèmes liés à la production d’asperges. C’est ainsi que l’étincelle se fit. Il eut de suite l’intime conviction que les robots agricoles représentaient l’avenir.


Mai 2010 – Journée de travail classique en informatique


« Je veux créer une boîte, quelque chose de différent. » Aymeric Barthes.


Non pas que le travail était inintéressant, bien au contraire. C’était surtout l’envie de tenter des expériences nouvelles. De faire des activités différentes, nouvelles tous les jours, d’utiliser sa tête mais aussi ses mains. L’évidence ne mit pas longtemps à apparaître ! La facilité c’était de créer sa propre entreprise.

 

2-      Pour qu’un robot fonctionne, il lui faut de la mécanique et de l’électronique.


Mais pour vérifier que cela fonctionne, il faut faire des tests. Ça c’est le rôle des sorties terrain et des démonstrations.


Une sortie terrain ça se prépare : il faut savoir quoi tester et pouvoir noter les résultats. Cependant, il n’y a pas que les résultats à noter. Pour pouvoir exploiter les retours de tests, il faut pouvoir décrire les conditions dans lesquelles ils ont été réalisé. C’est là que le stagiaire intervient ! (Et le stagiaire, c’est moi ;)


Tout d’abord, il faut concevoir une fiche de suivi, avec toutes les caractéristiques du contexte du test :


Celles de la culture

Celles de la parcelle

Celles des paramètres de réglage du robot


Après, c’est tout simple. Il suffit de cocher les cases correspondantes ou compléter les quelques zones laissées libres.


Ne pas oublier non plus de prendre des photos, de relever les problèmes rencontrés, mais aussi ce qui a fonctionné et les remarques éventuelles des agriculteurs.


Ça c’est la partie terrain.


Une fois le test fini, il faut classer les fiches de retour, les dater (pour faire l’association avec les photos), mais aussi retranscrire toutes les données sur l’ordinateur.


Et ça, c’est la partie bureau.


À terme, ce travail permettra de développer une base de données suffisante pour continuer à améliorer le robot, mais aussi pouvoir réaliser un guide d’utilisation adapté à chaque culture, chaque outil et chaque mode d’utilisation du robot. Cela pourra aussi aboutir à la création de nouveaux outils ou de nouvelles fonctionnalités du robot.


Sébastien


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3-      Oz, le tracteur léger autonome de désherbage et d’assistance au maraîchage link


Oz est un tracteur électrique de petite taille, condensé de puissance et de technologie il est capable de désherber mécaniquement (sans produits chimiques) les rangées de cultures de manière autonome. Il est également utilisé aux côtés du producteur pour transporter les légumes lors des récoltes.


4-      Financements et aides à l’achat


N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez plus d’information ou à nous envoyer une demande de devis personnalisé.


Ce produit bénéficie de solutions de financement bancaire pré-négociées (prêt du type « Agilor ») dans le cadre d’un achat. Ce produit est également disponible à la location sous conditions et selon les stocks du moment.


Permettant d’améliorer les conditions de travail (prévention des troubles musculo-squelettiques) et de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires, vous pouvez bénéficier d’aides publiques pour son achat. Selon les régions elles peuvent provenir de différents organismes, (Conseil Général, Agence de l’Eau, MSA, organisations professionnelles, etc.).


Nous vous invitons à vous rapprocher du conseiller technique de votre chambre d’agriculture afin de bénéficier de ces aides.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 6 juin 2014 5 06 /06 /Juin /2014 00:09

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Face de Bouc est le royaume de celles et ceux qui, faute de pouvoir gouverner leur propre vie, gouvernent la terre entière en délivrant allègrement des conseils sur tout et le contraire de tout, des sentences sans appel, hachent menu les politiques tous plus incompétents les uns que les autres, pratiquent une forme d’ironie à 2 balles, geignent aussi, se réfugient souvent au cul de quelques gourous de pacotille…


Je ne les qualifierai pas « d’anti-système » car l’appellation est maintenant trop connotée mais de gens qui, dès qu’il y a un pet de travers, une décision qui ne va pas dans le sens de leurs intérêts, une contrariété, un obstacle, accusent le système.


Il a bon dos le système.


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Je vous propose le texte qui suit, qui ne sort pas de ma plume mais de celle d’un homme qui veut garder vivantes « les aspirations d’une jeunesse bouleversée par la lecture de Kant et de Lévinas, et l’inspiration initiatique d’un Christian Bobin ou d’une Christine Singer… » Qui se pose la question « comment peut-on être efficace et utopique, manager et dissident ? » Affirmer qu’ « un autre monde est possible » sans verser dans l’imposture.


 

« Vitre ouverte pour profiter de la tiédeur de ce soir de juin, je suis en voiture, embourbé dans les difficultés du trafic parisien. J’appelle l’ami avec lequel j’ai rendez-vous pour le prévenir de mon retard : « Excuse-moi, je serai là dans vingt minutes : je suis coincé dans un embouteillage. » Amusement d’entendre mon infortuné voisin, dans un élégant cabriolet, passer à  so tour, en mains libres, le même appel : « Je ne sais pas si tu as invité tous les Parisiens, mais on dirait  que tous ces c… ont pris leur voiture pour venir chez toi : il y a un embouteillage monstre. »


Je  réalise : mais c’est de moi qu’il parle ! Une seconde de recul suffit et me revient une phrase lue quelque part : c’est vrai, il a raison, « je ne suis pas dans un embouteillage, je suis l’embouteillage » ! C’est moi, le problème. Ce n’est pas la faute à la météo, de la grève, de la mairie de Paris, des constructeurs automobiles et de leurs publicités racoleuses, ni de celle du crédit à la consommation qui a permis à « tous ces c… » d’acquérir un nouveau véhicule et de le mettre sur la route, ni donc celle du gouvernement qui a dérégulé le crédit. Le responsable de ma situation, c’est moi !


Pour mon confort personnel, j’ai choisi ce soir-là un moyen de transport qui convient pour cinq personnes alors que je suis seul à bord (en Indonésie, on serait dix dans cette voiture). Mon cousin d’embouteillage a visiblement fait le même choix. Et nous sommes nombreux dans ce cas. Nous en assumons les conséquences (et nos amis qui nous attendent, aussi). Si nous recommençons demain, c’est que nous y trouvons chacun des avantages. Alors de grâce, ne nous plaignons plus des embouteillages !


Je ne suis pas victime du système, je suis le système.


Oui, bien sûr, au supermarché, il est difficile de résister à l’attrait  des promotions, à la mise en avant dans les têtes de gondole, à  la voix obsédante et doucereuse qui dirige chacun vers la dernière affaire : « attention, elle durera que quelques minutes encore, chère cliente, cher client ! » Cela dit en substance : « Vous n’avez que quelques instant, ô chanceux privilégié, pour acheter moins cher que d’habitude un produit dont vous n’avez absolument pas besoin maintenant », et ce sentiment d’aubaine supplante tout autre critère de discernement. Ce n’est pas la marque à laquelle vous faites confiance depuis toujours ? Tant pis. Le lot est deux fois supérieur à votre consommation annuelle ? Vous aurez pris de l’avance. Vous ne savez ni d’où ça vient ni comment cela a été fabriqué ? Pas si important que cela après tout, et puis si ce n’est pas moi qui l’achète, d’autres ne laisseront pas passer cette chance, donc ça ne change rien.


Oui, je peux toujours continuer à  accepter ou chercher les prix les plus bas dans mon supermarché, et continuer à critiquer le système qui ne donne plus de travail à mes proches voisins. Mais si l’entreprise locale les a licenciés, c’est parce que je préfère acheter des produits fabriqués au Vietnam et vendus trois fois moins cher. C’est aussi simple que cela, l’économie.


Je suis le système.


La dernière fois que je suis allé voir mon banquier, il m’a proposé un produit financier étonnant : un niveau de rendement de 10%, presque garanti. Son nom je ne m’en souviens plus très bien. Il y avait du « turbo », du « dynamique », du « privilège ». Ça avait l’air sérieux. Je me suis senti valorisé. Il faut dire qu’il s’y connaît, mon banquier. Il a le vocabulaire technique qui rassure et sait convaincre. Résultat : nous avons vendu toutes mes obligations sous-performantes (qui ne rapportaient que 3 ou 4% par an)  et acheté plein de ce nouveau produit. J’ai eu un petit pincement au cœur, parce que certaines de ces vieilleries, c’est mon grand-père qui me les avait achetées. Il y a bien longtemps. Mais bon, mon banquier avait l’air très content (il est vrai qu’il touche une commission sur leur vente…)


Je peux toujours critiquer le casino qu’est devenue la Bourse, et me  scandaliser devant le journal de 20 heures, son lot de fermetures d’usines et les profits démesurés des grandes entreprises, mais la réalité, c’est que je ne suis pas allé voir mon banquier pour lui dire : « Au travers de ces produits d’épargne, je suis actionnaire d’entreprises et je finance l’économie. Ces rendements garantis me semblent trop élevés. J’ai bien réfléchi, vendez tout ça, et achetez-moi des produits qui rapportent au maximum 5%. Et je veux savoir ce qu’ils financent. »


Je suis le système… »

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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