Roman

Dimanche 16 septembre 2012 7 16 /09 /Sep /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Mes interlocuteurs, des jeunes populaires, venaient de boire avec délice les envolées poétiques d’un Henri Guaino plutôt à l'aise en jean et chemise rose à la tribune, contemplant ses feuilles A4 où s'étalait sa large écriture manuscrite en bleu outremer. L'ancien nègre du petit Nicolas s’était fait lyrique : «Jeunesse de France ! Jeunesse !», clamait-t-il, avant d’évoquer l'héritage de mai 68 «ces révoltés qui sont devenus les bourgeois les plus cyniques», plaçait comme de coutumes ses multiples références de fort en thème. Malraux et son discours de 1969 - «l'humanité n'en est pas à une barricade près» - tout en se référant à l’un de ses multiples maîtres : Charles Pasqua dont il imitait l’accent corse et gouailleur. Pitoyable, mais je me gardais bien de laisser paraître mon peu de goût pour ce type prêt à tout pour continuer d’exister, et je me laissais bercer par son lyrisme outrancier «Si être pour la justice sociale, c'est être de gauche, alors je suis de gauche ! Si être pour l'ordre et l'autorité, c'est être de droite alors je suis de droite !», assénait-t-il. Les gamins et gamines propres sur eux se gondolaient. Pour faire bon poids, face à ces petits ignares qui, comme l’un des roquets de Nicolas Frédéric Lefèvre, pensaient que Zadig&Voltaire étaient de grands écrivains, il poursuivait en lisant une strophe entière du poème l'Ennemi tiré des «Fleurs du mal», de Charles Baudelaire, avant de clore son envolée par ses mots : «C'est ça, la civilisation. Apprendre quand on est jeunes des poèmes qui aideront à vivre quand on sera vieux». A l'applaudimètre, le nouveau candidat battait sans conteste le peu chaleureux Bruno Le Maire. Son petit intermède poétique semblait avoir fait mouche. «C'est sûr, on apprend des trucs dans ses discours. C'est profond ce qu'il dit. C'est pas de la politique politicienne», assurait mon jeune voisin à la table du déjeuner. «On a l'impression d'entendre Sarkozy !», lançait Franck, jeune pop' de l'Aude.

 

Même si je m’étais sapé comme il sied à un militant UMP des beaux quartiers il n’empêche que je faisais un peu tache au beau milieu de ce joli et jeune monde qui ne s’approvisionnait pas au Monop de NAP. Pour m’insérer je me contentais de sourire à une charmante petite blonde qui passait son temps à pianoter sur son Iphone. Manifestement elle s’emmerdait grave. Fin psychologue je m’aperçus qu’elle était la compagne d’un gommeux très vindicatif qui semblait vouloir calquer sa gestuelle sur celle du petit agité renvoyé. Son jeu d’épaules était remarquable, il s’accompagnait de mimiques désabusées ponctuant des saillies proférées dans le même français approximatif que son mentor. Je changeais de tactique, à chaque fois qu’elle levait le nez de son écran j’affichais l’air las de celui qui, comme elle, goûtait assez peu la conversation des jeunes pop ‘. Mon petit manège portait ses fruits car la donzelle, à plusieurs reprises, me souriait. Lorsque son boy friend montait en régime elle soupirait carrément en haussant les épaules. J’opinais discrètement. Elle se retenait de pouffer de rire. Alors, à la grande surprise de la pouponnière sarkozyste j’attaquais en rase campagne « Comment notre président a-t-il pu confier le portefeuille de la Défense à un Hervé Morin ? Moi qui suis un héritier de la pensée du Général, pensez-donc j’ai défilé sur les Champs en 68 pour protester contre la chienlit et renvoyer la racaille gauchiste à ses débats fumeux, je ne comprends pas ce choix. Les centristes sont des couilles molles et ce Morin un j’en foutre ! » Mes interlocuteurs étaient médusés et tétanisés. Que me répondre ? Aller dans mon sens c’était d’une certaine manière mettre en doute l’infaillibilité de Nicolas 1er. Nul n’osait s’aventurer sur ce terrain mouvant. Le mime agitait ses petites mains mais restait coi. Et c’est alors qu’une petite voix flutée s’élevait « Comme le dit mon père : Morin est aussi con que ses bourrins ! » J’approuvais bruyamment la petite blonde, car c’était elle qui venait de faire cette saillie, en qualifiant de plus le maire d’Epaignes de traître. Mes interlocuteurs approuvaient. L’agité-bis, stupéfait de la prise de parole de sa dulcinée, se dandinait d’une fesse sur l’autre, avant de proférer une grossièreté « Jeanne-Marie, ne t’en déplaise, ton père est aussi un sombre con... »

 

La petite ne bronchait pas. Je me retenais de foutre ma main sur la gueule du jeune con me contentant de regretter que les bonnes manières se perdaient et de lever le camp d’un air méprisant. Ce petit intermède m’avait mis en forme et je projetais de filer à l’anglaise pour reprendre au plus tôt la route de Paris. Qu’est-ce que j’étais venu faire à Deauville moi qui déteste tant cette ville où tout le Sentier prend ses quartiers. « Vous rentrez à Paris ? » Derrière moi la petite voix flutée de Jeanne-Marie me prenait de court. Que lui répondre ? Elle se portait à mon côté et passait son bras sous le mien. « N’ayez pas peur je ne vais pas vous demander de me violer même si j’en ai très envie. Que voulez-vous pour une fois que je tombe sur un vrai mec ça me donne des fourmis dans mon calcif... » J’en restais pantois. Jeanne-Marie enchainait sans attendre « Vous avez vu la tronche de ces jeunes cons. Des lopettes, tous sans exception. Hector, mon officiel, il a une petite bite et c’est un éjaculateur précoce. Je sors avec parce qu’il est plein aux as et que moi je suis un peu raide vu que mon très cher père a été un peu ratissé par la crise. Bien sûr, nous ne sommes pas sur la paille mais la terre ça ne rapporte pas lerche. Je parle, je parle, mais je ne vous ai même pas demandé votre prénom. Je vous trouve super classe. Franchement j’aimerais bien vous accrocher à mon tableau de chasse... » Elle me plaisait bien la Jeanne-Marie dont je tairais le patronyme pour ne pas lui attirer des ennuis. Je lui fourguai l’une de mes nombreuses identités avant de l’embarquer dans ma voiture de location dont j’ignorais la marque. Nous somme allés à Trouville prendre un café. La petite continua son travail de sape. Pour lui faire plaisir je lui racontai mes aventures à Berlin-Est. Elle était scotchée. Après une longue promenade sur la plage nous sommes allés manger des glaces. Jeanne-Marie fronçait les sourcils « Franchement je ne vous trouve pas la gueule d’un mec de l’UMP, vous me paraissez être un aventurier et moi je rêve de me faire sauter par un type comme vous...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 9 septembre 2012 7 09 /09 /Sep /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Eu égard à ma nouvelle adhésion à la crème de l’autre rive je ne pouvais me payer le luxe d’aller à l’Université d’été de la Rochelle. C’est Jasmine qui s’y collait avec un bonheur non dissimulé. Moi je garderais les gosses sur la plage ça me laisserait du temps pour penser. De toute façon cette année l’hébergeur de la Twiteuse compulsive et de notre PNR, alors simple premier secrétaire, sera au piquet pour crime contre la royauté. J’avoue que ce petit apparatchik régional sans grande envergure n’arrive pas à m’arracher une goutte de compassion, il est étriqué et sommes toute minable. Il s’épanche dans Libération « Ça va me manquer, j'y mettais beaucoup de passion, beaucoup de moi-même. Mais personne ne pourra m'interdire d'être dans ma ville pour autant. J'y serai à partir de vendredi après-midi pour y jouer mon rôle de parlementaire, mais aussi célébrer un mariage et assister à la rentrée du Stade rochelais samedi. J'en profiterai aussi pour rencontrer quelques amis socialistes présents dans la ville à l'occasion de l'université d'été… » Il rappelle sa très ancienne fidélité au PNR « Je serai sans doute épié, mais je souhaite que ces réunions se déroulent dans le cadre privé. Je garde de nombreux amis parmi les responsables du PS avec qui j'ai milité, pendant des années, en faveur de François Hollande. D'autres raillaient alors "Monsieur 3%"... Qu'ils célèbrent aujourd'hui bien sûr. Vous savez, ces liens construits dans l'adversité restent très forts » et bien sûr il gonfle ses petits poumons  « En tant que député de gauche de ce territoire, il me semblerait saugrenu d'être persona non grata pendant ces trois jours à La Rochelle. Le PS donnerait l'image d'un parti qui se recroqueville, alors même qu'il faut qu'il s'ouvre davantage. » J’aime beaucoup la Rochelle mais je les connais tous trop bien pour trouver du piquant à ce bal des nouveaux dignitaires et de leur cour. La madone du Poitou se l’est jouée Vert dans sa petite capitale, je trouve que sur ces terres charentaises il ne pousse pas grand-chose de conséquent.


Je potasse mes notes sur mes deux poulains de l’UMP : ils sont jeunes et presque beaux, 43 ans pour Bruno Le Maire très gendre idéal, 39 ans pour Nathalie Kosciusko-Morizet qui n’aime rien tant que les talons aiguilles et le cuir. Ce pauvre Copé auprès d’eux, avec ses 48 balais, et ses heures de vol, passerait presque pour un apparatchik en voie de seniorisation, et quant à François Fillon, qui en a dix de plus, il a depuis toujours une gueule de vieux cocker triste et il fait figure de quasi pré-retraité. Je ne suis pas sûr, vu la pyramide des âges des adhérents de mon nouveau parti, que le jeune âge soit vraiment un argument vendeur. Avantage à Fillon incontestablement qui plaît aux vieux. Du côté CV, Nathalie et Bruno, c’est du lourd, c’est de l’apparatchik pur sucre : l’X pour la madame puis l’ENGREF et l’agrégation de lettres puis l’ENA pour le monsieur, du copié-collé de beaucoup de ces élus qui donnent des leçons sur le monde du travail alors qu’ils n’ont vécu que dans un espace privilégié et protégé. NKM je la connais mieux que le Bruno car elle est très people. Alors j’ai fouillé et j’ai découvert dans le match que l’ancien MINISTRE du seigle et du froment avoue volontiers «un culte irrationnel pour les bolides de 500 ch à 320 km/h» et il aime les bonnes choses de la vie. Amateur de gastronomie - française mais aussi italienne ou asiatique -, fou de littérature - il adore Proust, qui lui a appris «la cruauté mais aussi la beauté des relations humaines» -, tel est Bruno Le Maire. Marié, père de quatre enfants, mû par l'ambition des grands fauves de la politique, il n'a pas l'intention de laisser ceux de sa génération lui passer devant. Lorsqu'en 2011, Nicolas Sarkozy lui refuse finalement le poste promis à Bercy, Bruno Le Maire explose contre François Baroin, qui lui a grillé la politesse. «Il s’est roulé par terre. Je pensais que c’était un ami», fulmine celui qui passait pour un calme. Avec Nathalie Kosciusko-Morizet, autre prétendante dans la course à la tête de l'UMP, le courant ne passe pas beaucoup mieux. «De toute façon, à la fin, je vous tuerai tous», a un jour lancé l'ancienne ministre de l'Ecologie à Bruno Le Maire.


Ça c’est de la politique et les programmes on s’en tamponne la coquillette. Les deux quadras s’opposent sur la première transformation en cours à l’UMP : la reconnaissance des courants, pour ménager à la fois les centristes et les partisans du virage à droite toute. Nathalie Kosciusko-Morizet a donc créé son courant, à la dénomination un peu conne, La France droite – référence à la « France forte » du candidat Sarkozy. Bruno Le Maire, lui, reste fidèle à la culture « unanimiste » de la droite. Lundi, il expliquait dans Le Figaro : « Je crains que cela soit facteur de divisions, alors que plus que jamais nous avons besoin de rassemblement. Respectons l’histoire de l’UMP. » Proposent-ils vraiment des idées neuves ? C’est la principale faiblesse de mes deux candidats étiquetés réformateurs : ils ont des idées pour redresser et moderniser l’UMP, mais en ont-ils aussi pour la France ? Jusqu’ici, Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire n’ont pas brillé par leur originalité. Certes le Bruno, plus lettrée que l’ingénieure tente pourtant de s’imposer sur le créneau idéologique. Cette semaine, il a ainsi mis en ligne ses propositions pour « un nouveau pacte économique » mais ça reste un peu scolaire. Et Sarko dans tout ça, que devient-il ? Un encombrant sans aucun doute pour mes deux chouchous. Bruno dans le plus pur style Quai d’Orsay, avec son art de traître en puissance, ne se mouille pas trop. « Il garde évidemment une place essentielle dans notre famille politique. Il a occupé les fonctions les plus élevées, il a su en 2007 renouveler le débat politique. Et il a une expérience nationale et internationale sans comparaison avec qui que ce soit dans notre famille. » NKM, n’est pas à un zigzag près, elle, annonce à Sud-Ouest qu’elle participerait à Nice, à la réunion des Amis de Nicolas Sarkozy, l’association montée par  le motard simplet et l’auvergnat à la face rubiconde de suceur  de glace. Comme je suis bon garçon je vous communique les liens :http://lesamisdenkm.fr/ Je parraine NKM pour la présidence de l’UMP et pour le fou de grosse bagnole http://www.brunolemaire.fr/

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 2 septembre 2012 7 02 /09 /Sep /2012 07:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Lorsque je suis en Corse, j’y vis. Pour moi, comme l’écrit mieux que moi JMG Le Clézio « Il y a un esprit des îles... Ce n’est pas facile de dire en quoi cela consiste, mais cela se sent... C’est d’abord et avant tout, un sentiment de l’étrangeté. Ou de l’étranger. Être insulaire, être né dans une civilisation d’îles, cela veut dire qu’on est séparé, éloigné, écarté des autres... On est, naturellement, et irrémédiablement, isolé... Leurs frontières c’est la mer, et la mer n’est pas une véritable frontière. » Même si je ne suis pas le natif d’une île, j’ai vécu toute ma jeunesse buissonnière et sauvageonne comme si j’étais sur une île, isolé. De cette île je savais que je partirais. Ma première vraie île, en 1968, fut l’Insula Oya. Jamais je n’ai vécu d’émotion aussi intense que ces deux mois-là.L’insularité, pour moi ça sonne comme sérénité, alacrité, fidélité, comme une petite musique originale qui m’envahit la tête à chaque fois que je débarque, que je pose le pied sur le tarmac de Campo del Oro à Ajaccio que l’on a rebaptisé d’ailleurs. Je ne me lasse jamais du mystère de la Corse, de sa beauté brute, de ses odeurs, de la rugosité bourrue de ses habitants, de son hospitalité exigeante, de son rythme, de sa paix en dépit de ses violences et de ses outrances. Elle me laisse vivre et je le lui rends. J’y suis chez moi comme je suis chez moi, soigneux, respectueux, soucieux que ma liberté n’aille pas empiéter celle des autres. J’y vis. Pourquoi diable faudrait-il me transformer en estivant ? Les estives c’est pour le troupeau et son berger. Alors tous ces autocars emplit de retraités bougons et moutonniers ; alors ces monstrueux hôtels flottants dégueulant pour quelques heures des hordes filant vers le lieu qu’il faut visiter avant de vite s’en retourner dans sa cabine vitrée ; alors tous ces camping-cars squattant les parkings des supermarchés... je comprends que ça puisse insupporter l’habitant.

 

Malraux, dont on connaît l’art de la formule choc, écrivait « De Gaulle avait son mystère, comme nous avons la Corse » et il précisait « Il y avait en lui un domaine dont on savait qu’on ne l’éclairerait jamais. C’est cela que j’appelle la Corse » Garder sa part de mystère, sa part d’ombre, c’est s’accepter homme, c’est accepter l’autre. La Corse irrite certains, elle me fascine car elle est singulière dans un monde qui se lisse. Oui, la Corse est unique, les insulaires le répètent à l’envi jusqu’à l’outrance. « Une montagne dans la mer » qui scinde son territoire avec l’« en-deçà »(le versant oriental) et l’«au-delà des monts » qui traduit une césure sociale « la terre du commun » et « la terre des seigneurs ». Dès que l’on pénètre dans les terres, que l’on monte « au village » on comprend ce qu’est l’isolement de l’intérieur. Fut un temps, pas si éloigné, où la plupart des villages perchés, nids d’aigles suspendus à la falaise, étaient inaccessibles. « Deux communes adossées aux flancs de la même montagne, et seulement par un trajet de quelques heures, demeurent sans communication d’aucune sorte pendant plusieurs années » Adolphe Blanqui Rapport sur l’état économique et moral de la Corse en 1838. Ce cloisonnement perdure, ici « le kilométrage théorique est moins utile que... le nombre de lacets de la route pour juger de la longueur du trajet. »

 

La Corse est une île méditerranéenne. La Méditerranée, mare nostrum, avec sa rudesse géographique et climatique qui est cause « de la fragmentation des peuples et de l’accentuation des particularismes. »Elle fait l’unité de ces sociétés promptes à se lancer des défis, à cultiver le paradoxe, sourcilleuses sur le sens de l’honneur, la cohésion de la famille, la pureté du sang... alors qu’il y a peu de régions au monde où le sang s’est autant mêlé. Le « miracle méditerranéen » réside dans la capacité de ces peuples à préserver leur identité. « Le Méditerranéen honore le père, emblème tout puissant de la famille patriarcale, vénère la mère, redoute la femme... » comme l’écrit Paul Balta. « La mère, la mort, l’honneur... » le clan, le clientélisme, le paraître, la théâtralisation du quotidien, la violence, la loi du silence... « Le fait est établi, il n’y a guère qu’en Corse qu’une épouse, qui a des éléments à communiquer sur l’assassinat de son mari, ne témoigne pas... » Mais, Dieu sait si la Corse peut-être bavarde, bruir de rumeur, caisse de résonnance d’un lieu clos de 260 000 habitants, grande lectrice de journaux, auditrice de ses radios, spectatrice de sa Télévision. Oui « En Corse, il vaut mieux savoir qu’on ne sait pas, plutôt que de croire qu’on a compris. »

 

Loin des lieux communs, des idées toutes faites, avec un respect qui n’est pas de la complaisance, comme l’écrit Jean-Louis Andreani dans son remarquable livre « Comprendre la Corse » « La Corse existe, avec son histoire, sa mémoire, la fierté d’une île et d’une humanité très anciennes, qui n’oublient rien, marquées par la mort et le tragique ; la Corse existe avec ses archaïsmes, ses contradictions, ses rigidités, sa revendication d’identité et son envie de vivre comme le reste de la France, ses richesses humaines et ses petitesses, ses énergies et ses forces destructrices, sans conteste plus fortes qu’ailleurs. C’est un monde particulier, au bord du continent. Il ne sert à rien de le nier, ou de faire comme si on pouvait, justement, ne rien faire et laisser filer, pour ensuite s’insurger de la situation » Que la Corse irrite en se posant « en victime de l’histoire et du continent réunis » j’en conviens. Cette posture, qui n’est pas propre à l’île, justifie l’immobilisme

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 26 août 2012 7 26 /08 /Août /2012 07:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Depuis le début de la semaine ce n’est que du bonheur je va-et-vient, sans aucunes difficultés, avec ma petite auto dans les rues de Paris, pourtant éventrées par de multiples travaux de voiries. Le beau s’est installé et vire même à la franche canicule. J’en profite pour aller me réfugier, tôt le matin, dans la fraîcheur d’un bureau de DCRI, bien climatisé, où je me plonge dans les fichiers bien tenus de mes collègues actifs. Mes hautes relations, et ma réputation sulfureuse, m’ont largement facilité cet accès : j’ai obtenu en une vitesse record tous les pass et les codes des fichiers. La période de vacances facilite largement ma venue discrète : peu de monde dans les bureaux donc peu de trafic surtout à l’étage de la direction où je suis logé. Celle-ci, sans même me rencontrer, a mis un point d’honneur à m’octroyer un bureau accessible par un ascenseur privatif qui m’évite les rencontres avec la piétaille toujours encline au bavardage de coin de bistrot. Je bosse dur même si parfois je m’impose des plaisirs anciens, disons aussi anciens que le bureau privatif où il fait bon recevoir de la visite. Ça plaît beaucoup à ma belle amie. Je bois beaucoup de café mais ne prend aucune note. Ma plongée dans les us et coutumes de la Fédération UMP des Hauts-de-Seine, la plus importante en nombre d’adhérents, mais aussi et surtout une machine de guerre bâtie par le père Charles, sur les bases des bons vieux principes du clientélisme et des réseaux qui vont avec, est très importante. L’ex s’en est servi avec succès avant de se heurter à son nouvel ennemi intime l’Arménien. Je mémorise les noms, les coups fourrés, les trahisons, les alliances temporaires, les affaires de cul, les vilenies, et bien sûr je m’intéresse de près aux pratiques du couple infernal de Levallois, les amis du petit.


Ce qui me frappe, en dehors du jeu des chefs, de leur porte-flingues et des cercles, des jeunes excité aussi, c’est que ce parti n’est pas un parti de militants mais essentiellement un parti d’adhérents qui veulent avoir un chef qui les mène à la victoire. Les idées, les débats, les procédures démocratiques, n’y ont qu’une place restreinte. Le Général détestait les partis, les vilipendaient, la démocratie parlementaire l’excédait, c’était un militaire qui ne croyait qu’aux états-majors seuls en mesure d’interpréter, de mettre en musique, les décisions du chef. Chirac avait, avec le RPR et sa base arrière de la Ville de Paris, instillé plus encore de clientélisme et de distribution de prébendes aux affidés. Après l’OPA sur les mous de l’UDF le grand Jacques avait fait la grossière erreur de ne pas carboniser le petit Nicolas en le nommant à Matignon et celui-ci, avec son art absolu du sans-gêne, sa prise de la mairie de Neuilly au nez et à la barbe de Charly, comme le débauchage de Cécilia des bras de ce pauvre Jacques Martin, en témoignent s’était emparé de la machine UMP tout en revenant à l’Intérieur pour contrôler les élections et les agissements de Cécilia. La bonne connaissance des pratiques en vigueur dans la principauté des Hauts-de- Seine constituait pour moi un besoin vital pour me mettre dans la peau  d’un adhérent de l’UMP. Et celui-ci, en dépit de l’agitation de son secrétaire-général le petit roquet, des prétentions du cocker sournois, des dents longues des jeunes : la belle NKM et le prétentieux Le Maire, de la fausse bonhomie de l’assureur de Saint-Quentin, de la stupidité infinie du motard niçois, n’apprécie qu’à moitié cette campagne électorale interne pour élire le chef.


Dans la presse du dimanche je lis même que dans certaines fédérations, cette campagne a un goût inconnu pour les militants UMP, dont certains sont peu habitués au processus de primaire interne. « Par exemple dans les Alpes-Maritimes, bastion sarkozyste. Eric Ciotti, président du conseil général, dirige la campagne de M. Fillon. Michèle Tabarot, députée et secrétaire départementale, soutient activement M. Copé. Et M. Estrosi, maire de Nice, laisse planer le doute sur sa propre candidature. J’ai reçu une même journée trois coups de téléphone de trois permanences différentes m'invitant à accorder mon parrainage à... trois candidats différents », raille Alain D., juriste et militant à Cannes. C'est d'ailleurs dans ce même département que se réunit, les 24 et 25 août, la première rencontre de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'Etat reste omniprésent dans l'esprit des militants UMP, quel que soit leur favori. René F., qui se définit comme « gaulliste depuis 1947 », soutiendra François Fillon « si Nicolas Sarkozy persiste dans son intention de se retirer de la vie politique – ce que je regretterai », dit-il. « L'idéal serait le retour de Sarkozy, mais faute de Sarko, pour moi c'est Copé ! », assure Pierre-Henri L… » Sarkozy, le retour : 53 % des sympathisants veulent que Nicolas Sarkozy « revienne dans la vie politique et soit candidat de la droite lors de l’élection présidentielle de 2017 » et 40 % préfèrent qu’il « revienne dans la vie politique mais uniquement en s’exprimant sur différents sujets ». Seuls 7 % souhaitent qu’il ne revienne pas. Autre vœu qui va pourrir la vie de Copé et de Fillon, 52 % des sympathisants sont favorables à des accords électoraux UMP/FN aux élections locales (municipales, cantonales, régionales), selon cette étude (48 % ne sont pas favorables)… Reste les motions, base des futurs courants, on se croirait au PS, 25 % des sondés disent préférer celle de Luc Chatel « la droite moderne », 17 % celle de Jean-Pierre Raffarin motion « centriste et humaniste », 16 % celle de Guillaume Peltier « la droite forte », 5 % celle de Thierry Mariani la « droite populaire ». C’est du lourd, du très lourd, à vous tomber des mains. L’important c’est de gagner les élections, non !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 19 août 2012 7 19 /08 /Août /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Jean-Marcel Bougereau sonne la charge dans le Plus du Nouvel Obs. « Monsieur Henri Guaino se veut gaulliste. Il en prend volontiers la pose. Le gaullisme, c’était, dit-on, une certaine idée de la France. De la grandeur. De Gaulle expliquant qu’il n’y avait plus la gauche et la droite, ajouta un jour : « Il y a les gens qui sont en haut (…) et il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages. » Henri Guaino, fait partie de ces gens du bas. De ces gens qui s’agitent dans les marécages. » Notre néo-député fait feu de tout bois pour continuer d’exister, il manie l’injure avec l’élégance d’un buffle qui ne sait plus où donner du museau, il fulmine « Peut-être que Monsieur Hollande se sent plus proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l'armistice ? Ce n'est pas ma France. » Très doctement il remet ce foutu usurpateur à sa place « Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vél d'Hiv est une abomination. C'est une horreur (...) Mais la France, qu'est-ce qu'elle a à voir avec cela? » Le père Bougereau la moutarde lui monte au nez, il tacle sévèrement l’agité des Yvelines qui rêve de l’Elysée pour son auguste personne « Eh oui, bien sûr que la France avait quelque chose à voir avec le Vel' d'Hiv'. La France concrète, pas la France des rêves d’Henri Guaino. La France, c’est Charles de Gaulle ET Philippe Pétain, Pierre Dac ET Jacques Doriot, Robert Brasillach ET Louis Aragon, Adolphe Thiers ET Louise Michel, que ça vous plaise ou pas. La France des flics qui ont raflé les Juifs, ceux qui, sachant ce qui allait se passer, ont prévenu des Juifs et leur ont permis de fuir. Et bien sûr l’écrasante majorité de ceux qui n’ont rien fait. »


Ce mois d’août est vraiment formidable, même le cocker qui fait du scooter comme un pied à Capri remue la queue depuis son grabat, le collaborateur libéré de son maître gonfle ses petits poumons, fronce ses gros sourcils pour exhorter notre PNR à sortir du Fort de Brégançon « Si j'étais François Hollande, je prendrais l'avion maintenant pour Moscou, si possible avec (la chancelière allemande) Angela Merkel, et je chercherais à offrir à la Russie de véritables garanties sur sa sécurité et sur une relation de confiance avec l'Otan » Quel homme, quel allant, pas va-t-en-guerre quand même il dit être opposé à une intervention militaire, qui constituerait d'après lui une « très grave erreur stratégique ». L’ex-syndic de faillite somme François Hollande de  prendre des risques, « qu'il abandonne ses postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide. Qu'il parle avec la Russie ». Notre personnel politique se surpasse et les deux ex porteurs d’eau de Philippe Séguin sont admirables. Je décide de m’inscrire sur Twitter pour leur apporter mon soutien le plus enthousiaste. Je baptise mon compte « paderépit » et je balance à tout va en m’inspirant du roquet de Meaux ou du permanenté de Haute-Marne qui, s’inspirant de son grand voisin de Colombey-les-deux églises, fait lui aussi dans la dentelle « Capitulation face aux promesses de campagne qui ne sont pas tenues, capitulation face à la situation économique (...) et puis capitulation face à la situation internationale où l'absence de la France, alors qu'elle préside le Conseil de sécurité des Nations unies, se fait cruellement sentir ».


Le journal Sud-Ouest m’apprend que « dans le cadre de la campagne interne à l'UMP pour prendre la présidence du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet sera demain en fin d'après-midi (de 16 à 18 heures) près de la capitainerie du port de Capbreton. »  Récusant son étiquette de grande bourgeoise elle dit s’inscrire clairement dans la filiation de l'action de Nicolas Sarkozy, basée sur des « valeurs de droite, travail, autorité, responsabilité, mais (avec un) esprit de réformes » Sa profession de foi, quoiqu’elle en dise fait quand même assez bobo, parisienne exilée à Longjumeau avec big Jean-Pierre « Ma droite à moi, elle n'est pas conservatrice. On est là pour produire des idées nouvelles, éventuellement aussi (pour) casser les codes, aller à l'encontre de la pensée unique. Je souhaite par exemple que l'on continue à défricher les nouveaux champs comme le numérique, l'écologie. Ça n'a pas toujours été la position des leaders de ma famille politique » Bof, ça ne m’enthousiasme guère et je me tourne vers l’autre outsider Bruno Le Maire qui lui  avance à pas de Sioux « Je me prononcerai définitivement fin août sur une éventuelle candidature. J’attends de passer la barre de 1.000 parrainages pour pouvoir me prononcer ». Il veut continuer, quoiqu’il arrive, à jouer dans la cour des grands, sa seule place, « Ce que je souhaite, a-t-il lancé à l’adresse des autres candidats, François Fillon et certainement Jean-François Copé, c’est que l’on passe justement à la culture du débat. Quelles sont les propositions ? Qu’est-ce que vous nous proposez, vous les éventuels candidats, pour l’avenir de notre famille, pour gagner les élections de 2014, comme projet politique ? » Franchement je préfère la castagne, NKM et Le Maire ne m’intéressent pas, ils sont sortis du même moule et je sens poindre sous leur lisse le même orgueil démesuré, la même suffisance. Mon départ en Corse va me faire le plus grand bien, la droite française, en dehors de Buisson, n’a aucune  espèce de colonne vertébrale, ce n’est que du mou dans des tuyaux de poêle.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 12 août 2012 7 12 /08 /Août /2012 00:09

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

En plein mois d’août, je biche, car ma « pouliche », on dit bien son poulain alors j’ose, qui brigue la présidence de mon nouveau parti, rue dans les brancards, elle prend même le mors aux dents l’altière NKM pour dénoncer les réactions «méprisantes» des socialistes à l’encontre du scotché à son Smartphone, le cycliste du Cap Nègre qui s’emmerde comme un rat mort chez sa belle-mère. J’adore lorsqu’elle s’en prend à Lolo Fabius et à la mère Aubry car je pense à son cher mari, ce cher Jean-Pierre Philippe, l’amorti de service, qui a roulé tout un temps dans l’écurie du sémillant Laurent. C’est du taillé à la serpe avec des échardes : « Pour Nicolas Sarkozy, il faut agir. Pour François Hollande, il suffit de faire semblant», affirme-t-elle. C’est beau comme de la surenchère d’amour pour son ex-dieu vivant. Après, en bonne polytechnicienne, elle y va à la truelle, j’oserais même écrire à la galoche «Quand des massacres étaient en cours ou menaçaient, comme en Géorgie, Nicolas Sarkozy n’attendait pas la fin des congés payés pour intervenir», torche-t-elle, en en remettant une couche épaisse «le gouvernement de François Hollande renvoie aux réunions inscrites à l’agenda, et à une tournée de Laurent Fabius la semaine prochaine dans la région». Pourquoi seulement la semaine prochaine ? Les vacances priment elles ?», s’interroge-t-elle. «En France, des commissions, à l'étranger, des réunions, et nulle part, des résultats». Trop de mots Nathalie ça nuit à la crédibilité, si j’osais je suggèrerais que notre Nicolas, shérif du monde libre, soit nommé en lieu et place de Koffi Annam en Syrie vu les bons rapports qu’il entretenait avec le boucher de Damas et maintenant les opposants. Bien sûr, je ferme mon clapet car je ne suis pas sûr que mon humour soit très prisé à l’UMP. L’auvergnat, qu’à la gueule des aryens épris de boisson, joue aussi les matamores de salon : «avec Nicolas Sarkozy, il y avait une action forte, action forte en Libye, action forte en Côte d’ivoire, action forte en Géorgie, il y avait une action permanente qui était impulsée, la France était en pointe. Et aujourd’hui la France a disparu».


« On peut légitimement se demander si, en regrettant que la nouvelle majorité n'intervienne pas en Syrie, Nicolas Sarkozy se soucie prioritairement du sort des Syriens bombardés dans Alep et ailleurs ou s'il veut mettre dans l'embarras son successeur et sortir d'un silence qui commence à lui peser. Sans même polémiquer sur le fait qu'il soit étrange pour un tout récent ex-chef d'État de faire savoir qu'il a appelé au téléphone le responsable de l'opposition d'un pays en guerre, il faut rappeler que la Syrie n'est pas la Libye. Sur aucun plan. » ce que je viens de lire n’émane pas d’un défenseur de notre PNR, accusé de se dorer la pilule au fort de Brégançon par les séides de son ancien parti, mais d’une journaliste de l’hebdomadaire le Point, Mireille Duteil. Très justement elle pointe la premier obstacle, bien connu des va-t-en-guerre puisqu’il existait déjà lorsqu’ils étaient au manettes avec le petit Nicolas : la menace du veto Russe et Chinois au Conseil de Sécurité. Une broutille auxquels s’ajoutent des détails sans importance : la taille de la Syrie : 22 millions d’habitants, une mosaïque de communautés et de religions, la crainte d’une partie des Syriens de voir les Frères Musulmans prendre le pouvoir,, la position géographique du pays qui font de ce conflit une sorte de guerre froide « soft » sur le dos de la population. Les Iraniens ont rassemblé 29 pays à Téhéran, ce 9 août, pour appeler à l'ouverture d'un dialogue national en Syrie. « Ni la Russie ni l'Iran ne laisseront tomber la Syrie de Bachar el-Assad. Ils ont trop à perdre, surtout l'Iran. Sans Damas, Téhéran n'a plus de pays alliés dans la région et sera coupé du seul mouvement dont il est proche, le Hezbollah libanais. »


Si j’étais blagueur je ferais passer un petit mot à JPP du style « Tempère les ardeurs de ton épouse car si elle veut rester crédible ce genre de dérapage incontrôlé laisse des traces… » mais comme je ne vais pas brûler des cartouches que je n’ai pas en ramenant ma fraise sur la Syrie je juge plus sage de m’abstenir. Pendant que je butinais le Point tombait dans ma boîte mail une info que me communiquaient mes amis corses « Pierre MOSCOVICI : visite et inauguration de la coopérative oléicole de Balagne (Haute-Corse) - Le Mercredi 8 Août 2012 à 17h00 - Pierre MOSCOVICI, Ministre de l’Economie et des Finances a accepté l’invitation de René COLOMBANI, président de la coopérative oléicole de Balagne (Haute-Corse)

Le Ministre va inaugurer le mercredi 8 aout 2012 à 17h00 la rénovation de la coopérative oléicole de la Balagne, située dans la Zone artisanale de la Commune de Corbara, en présence du Député de la Haute- Corse et Président exécutif de Corse, Paul GIACOBBI, du Président de l’assemblée de Corse, Dominique BUCCHINI, du Président du Conseil général de la Haute-Corse, Joseph CASTELLI, du Maire de Corbara, Paul LIONS et du Président de la Chambre régionale d’agriculture, Jean-Marc VENTURI. Cette coopérative produit environ 50% de l’huile d’olives produite en corse sous le label européen A.O.P (appellation d’origine protégée) et est le gros metteur en marché d’huile d’olives de Corse.


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Déroulement de l’inauguration :


17h15 : Discours du Président de la coopérative (René COLOMBANI)

17h30 : Discours du Maire de la commune de Corbara (Paul LIONS)

17h45 : Discours du Député et Président de l’exécutif de Corse (Paul GIACOBBI)

18h00 : Discours de Pierre MOSCOVICI, Ministre de l’Economie et des Finances

Puis visite des nouvelles installations.


J’y serais bien allé en compagnie de ma belle amie mais, comme dans l’île tout se sait, mes nouveaux alliés de l’UMP  en seraient vite informés par leurs réseaux corses. La prudence me conseillait donc de m’abstenir mais pour ne pas froisser mes amis corses, toujours aussi sourcilleux, je prétextais un déplacement programmé à Londres pour les Jeux Olympiques.  

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 5 août 2012 7 05 /08 /Août /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Paris, et plus encore le Paris politique, atteignait son étiage, le PNR, toujours bonhomme s’en était allé prendre le TGV, à la gare de Lyon, avec sa lionne et le Premier Ministre, lui, allait rejoindre son camping-car à Sarzeau au bord du Golfe  du Morbihan. Pour ma part j’avais une pensée spéciale pour Michel Sapin qui allait pêcher le bar à l'Ile d'Yeu, souvenirs, souvenirs… Mais, il fallait que je m’y fasse, je n’étais plus de ce camp-là, j’avais rejoint la rive d’en face mais je n’allais pas pour autant rejoindre Nathalie Kosciusko-Morizet, qui selon le Parisien, se rendait comme tous les ans dans le Cotentin : me geler les burnes n’est plus de mon âge et je risquerais d’être reconnu par le ventru Jean-Pierre, son homme, qui avait profité de son mariage avec la féline NKM pour abandonner la bande à Fabius. Quand à me glisser dans sa caravane publicitaire qui allait sillonner la France pour recueillir des parrainages de militants, j’y pensais mais je n’avais pas encore décidé. En attendant, tout en me gondolant avec quelques Copéistes de la mésaventure de François le Cocker qui s’était ramassé la gueule en scooter à Capri et s’était cassée la cheville, je préparais notre départ pour la Corse après le 15 août. Et pendant ce temps-là, oublieux de sa période Vico, le petit homme de la première madame Sarko, fille du pharmacien de Vico, la mère de Jean, le qui avait du mal à cacher son dépit pédalerait sur les routes du Cap Nègre en ruminant sa déception de ne pouvoir aller bombarder le Damas son ex-pote El-Assad.


Dernier contact avec la volaille politique, l’autre après-midi, à la terrasse de la brasserie du Palais Bourbon, le plein de tics, Henri Guaino, tripotant son téléphone, solitaire, comme perdu dans un univers où nul ne songeait à lui faire révérence, me faisait un peu pitié devant son petit café. Par bonheur surgissait le pétulant Claude Askolovitcht, un vieux pote de Stéphane Fouks, qui officiait maintenant au JDD, et que ses deux consœurs : Ariane Chemin qui l’avait côtoyé au Nouvel Observateur et la redoutable Raphaëlle Bacqué du Monde, décrivaient comme « un journaliste doté d’un incontestable talent de plume », ce qui est vrai,  pour mieux suggérer qu’il l’a mettait facilement au service de ses potes, ce qui n’était pas tout à fait faux. N’avait-t-il pas écrit,  lorsque DSK avait fait céder la belle Piroska Nagy au FMI et que le mari avait réagi, « DSK, un économiste doué pour le bonheur… Pour les Français, il est le seul politique qui gérerait mieux la crise mondiale que Nicolas Sarkozy… Son aura est entachée par des soupçons récurrents, entretenus par des rivaux ou par la jalousie… Dans la tempête financière, le trop heureux Dominique fait figure de pôle de stabilité. C’est son meilleur atout – comme toujours : son talent, jusqu’ici l’a toujours sauvé de ses défauts. » Pas mieux comme soutien inconditionnel, mais là, attablé avec le sinistre Guaino, notre brillant Claude, tout en picorant des clubs-sandwiches et en buvant du Coca-Cola, l’attaquait bille en tête sur sa critique du discours du PNR à propos de la rafle du Vél’d’Hiv où celui-ci avait mis en cause la France. Askolovitcht, il faut lui reconnaître cette qualité, est un vrai débatteur, pugnace et le père Guaino en était tout retourné lui qui devait se débarrasser des volutes d’encens qui accompagnaient ses si brillants et péremptoires passages dans les médias. Le pauvre homme allait devoir s’habituer au rationnement, à la disette médiatique. Dur, dur de passer de la lumière à l’ombre…


Comme j’étais assis en excellente et somptueuse compagnie, une belle amie m’avait rejoint et me contait une grande fête qu’elle avait organisé dans son village natal pour les 100 ans de sa grand-mère, Askolovitcht, tout en témoignant à l’ex-plume du Prince déchu une attention soutenue, jetait des regards appuyés en notre direction. Ma belle amie intriguée s’en inquiétait « tu le connais ? » Je lui répondais que nous nous étions croisés chez Stéphane mais, qu’à mon avis, son intérêt se portait plus certainement sur elle car je n’avais pas dû lui laisser un grand souvenir. Sa réponse claquait sur un « ce n’est pas mon genre de type ! » qui ne me laissait aucun doute sur ses préférences. Ça flattait mon égo sans pour autant m’empêcher de suivre le fil de la conversation du journaliste avec ce cher Henri. Je jubilais car, ayant un dîner le soir-même chez un vieux compère, Me Gassenbuch, en compagnie d’une belle brochette de Radicaux Valoisiens, j’allais pouvoir alimenter la conversation de quelques confidences qui vous classent un homme dans la catégorie des biens informés donc à réinviter. Ma stratégie d’entrisme à l’UMP se résumait à réintroduire ma tronche de cake dans le paysage sans esbroufe mais avec juste ce qu’il faut de savoir-faire. Les réseaux francs-maçons, dont je ne suis pas, sont des vecteurs puissants pour toucher au mieux et au plus vite les premiers cercles. Patrice, notre hôte, grand avocat d’affaires, vieux complice, sut me mettre en valeur et, au sortir du dîner, je savais que je venais de marquer des points décisifs. Dans le taxi qui nous ramenait, ma belle amie et moi, je lui confiais que nous allions bien nous amuser. Ça lui plaisait. Pas sûr que Jasmine aurait apprécié mais ainsi va la vie d’un vieux flibustier.   

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 29 juillet 2012 7 29 /07 /Juil /2012 08:00

Je signale aux nouveaux entrants sur cette page que, ce qui suis, est pure fiction, un petit roman en ligne commencé depuis l'origine de ce blog et publié le dimanche. Il ne s'agit pas d'une autobiographie et le héros s'exprime en son propre nom. Merci de ne pas en faire un autre usage.

Ma décision d’adhérer à l’UMP, aussi soudaine qu’elle puisse paraître, ne relevait pas d’un simple coup de tête mais d’un besoin profond de me ressourcer. L’alternance, si peu fréquente en France, produit à droite un effet de sidération violent car celle-ci se considère, surtout en période de crise, comme la seule légitime pour conduire le pays. Je ne sais plus qui a déclaré que nous avions « la droite la plus bête du monde », si je crois que c’est l’inimitable Guy Mollet, dernier dinosaure de la SFIO, en 1956, mais elle en a fait la démonstration au cours des dix années où elle a occupé le pouvoir à la suite de la cohabitation croquignolesque due à la dissolution ratée de Chirac. L’UMP, grand machin destiné à être une machine de guerre électorale s’est très vite révélé un formidable tremplin pour un petit caporal aux ambitions débridées. La droite, si elle veut séduire les couches populaires, doit, comme savait si bien le faire le Général, afficher son mépris pour les détenteurs du capital, ne montrer aucune attache avec ladite classe, paraître même mépriser ce qui la distingue : l’argent. « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille» disait le général. La droite, au plan économique s’entend, n’a jamais su ou voulu, mettre en œuvre une réelle politique libérale, elle s’est toujours montrée frileuse, tétanisée par le risque de la rue. Le nain agité l’avait fort bien compris puisque l’essentiel de son programme tenait dans son approche sécuritaire d’ancien Ministre de l’Intérieur, la petite fouine allait chasser sur les terres de la droite extrême, avec succès d’ailleurs. Pour le reste, même le fameux travailler plus pour gagner plus ne modifiait en rien la donne de notre perte de compétitivité puisqu’il coûtait cher à des finances publiques déjà exsangues, et la réforme des retraites n’intervenaient que sous la pression de la crise. Fasciné par ses copains du Fouquet’s, le nouveau roi, se contentait d’une politique fiscale favorable pour leur bien-être et leur goinfrerie. Les réformes en profondeur restaient dans les cartons d’un syndic de faillite autoproclamé, mais accroché à son siège de Matignon, le triste collaborateur François Fillon au profil si bas que l’on avait bien du mal à saisir jusqu’à son existence.


Ils étaient loin les tenants de la Droite libérale décomplexée avec un flamboyant Alain Madelin en tête, ses derniers représentants n’étant plus que sombres porteurs d’eau et, le dernier couple en charge de Bercy, relevait lui d’un casting improbable : le souriant maire de Troyes, niveau petit journaliste d’E1, et la candidate malheureuse à l’élection de la région Ile de France qui se contentait de relayer les obsessions de la Direction du Budget. Quelques jeunes squales l’avaient fort bien compris, dont le froid et brillant Bruno Lemaire, l’homme qui savait si bien laisser en plan, les plus méchants disaient trahir, ceux qui l’avaient fait, pauvre de Villepin, masquaient leur dépit de courtisans en attendant des jours meilleurs. Et puis, il y avait le cas NKM, qui se voulait  différente et s’infligeait une forme extrême de flagellation en assumant crânement son rôle de porte-paroles du haut-parleur de Patrick Buisson celui qui voulait faire élire Charles Maurras. Tous les autres, et Jean-François Copé en étant la caricature, n’était que des petits califes voulant la place du Calife déchu. Ne parlons pas du « meilleur d’entre nous », dixit le grand Jacques, ce pauvre Juppé qui avait brulé son crédit pour un malheureux plat de lentilles ministériel ! qui semblait lui vraiment au bout de sa trajectoire, usé jusqu’à la corde qu’il s’était lui-même tressé Moi ça me plaisait beaucoup ce grand panier de crabes grouillant, où tous les coups étaient possibles dans la perspective de l’élection à la présidence de l’UMP.


Bien évidemment je n’allais pas entrer à l’UMP par la petite porte en empruntant le chemin du pharmacien de Carpentras payant sa cotisation et assistant à quelques réunions. Il me fallait m’introduire par le haut, le plus discrètement possible afin de ne pas éveiller les soupçons des portes-flingues entourant les chefs de bandes, les futurs leaders des courants. Les fiches de la Grande Maison, fort bien tenues grâce à l’attention soutenue du Préfet Guéant, me permirent de bien baliser le terrain et de repérer les maillons faibles susceptibles de faciliter mon arrivée. Je disposais aussi des réseaux du père de Marie qui me conféraient une légitimité ancienne en terre des barons du gaullisme, ça impressionnait toujours les sans-grades de ce parti qui aimait tant changer d’appellation : les racines ça compte. Officiellement je rentrais en France après avoir fait d’excellentes affaires dans le nouvel eldorado chinois, ça aussi constituait un atout considérable, surtout aux échelons intermédiaires. Et puis, je disposais d’un atout majeur en ces temps de vaches maigres pour l’UMP : du fric, du fric propre, susceptible d’alimenter les nouvelles crémeries des postulants du deuxième rideau : NKM et Le Maire. C’est sur eux que j’avais jeté mon dévolu même si leurs chances de succès restaient très minces. Je n’allais pas aller vers eux, ce sont eux qui viendraient à moi, je n’étais pas pressé et, en bon joueur de go, dans un premier temps je me contenterais de placer mes pions, de les encercler afin de les contraindre à venir me manger dans la main. Mon degré supérieur d’information sur chacune des coteries, bien supérieur à celui de chacune d’entre elles, me permettait de commencer à tirer à distances les ficelles. Assez jouissif je puis vous l’assurer.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 22 juillet 2012 7 22 /07 /Juil /2012 08:00

La pluie est l’alliée du ciné. Mardi dernier, j’y suis allé, après un déjeuner au Sélect avec un vieux gauchiste déplumé et non révisé, ex-pote de DSK, Denis Kessler and Co, qui y a son rond de serviette. Le type m’avait saoulé pendant tout le repas sur le thème « de la gauche caviar qui ne vit que pour trahir les couches populaires, du scandale des Inrocks où Matthieu Pigasse, ce banquier imposteur, ancien collaborateur de DSK, venait d’imposer la mère Pulvar mais qu’il avait tout de même tweeté sur son compte @Cloportaporte : « Les #Inrocks c'était déjà de la merde. Je ne vois pas ce que l'arrivée de @Audrey_PULVAR va y changer. », et qu’il était raccord avec Thomas Legrand de France Inter qui venait de claquer la porte des Inrocks. Il m’avait même questionné sur le pourquoi de la fonte vertigineuse de Roselyne Bachelot, et sans attendre ma réponse, il m’avait éclairé « parce qu’elle est raide dingue amoureuse d’un baryton un peu rond, du moins c’est ce que prétend sa copine la Baronne qui est au courant des potins du marigot ». Je n’avais pu en placer une et je m’étais concentré sur ma sole meunière. En plus, le chablis était squelettique alors j’avais commandé un bock de Pilsner Urquell ce qui avait fortement froissé le bavard qui venait tout juste de me dire tout le bien qu’il pensait de ce nectar d’une minéralité exceptionnelle. Il n’en avait rien laissé paraître car, avant le dessert, selon une tradition bien installée chez lui, il me demandait un service « Toi qui les connais tous tu pourrais… »


En avalant à la hâte mon café, et prétextant un emploi du temps de Ministre, avant de le laisser en plan,  j’avais assuré le cher homme de mon soutien plein et entier dans sa quête d’une réelle accélération de sa carrière universitaire qui végétait, selon lui, du fait de ses engagements politiques trop à gauche. Bien évidemment je ne lui fis pas la mauvaise grâce de lui rappeler son flirt avancé avec Eric Besson au temps de sa splendeur et son forcing pour faire partie de la commission Attali. Dehors il pleuvait des cordes alors je me suis engouffré dans la bouche de métro Vavin sans trop savoir où j’allais. À Odéon j’ai quitté la rame pour ressortir à l’air libre car je suffoquais. Le métro ça pue et c’est plein de gens qui tirent la gueule c’est pour ça que je ne peux y séjourner très longtemps. Au dehors l’averse s’était transformée en crachin. Que faire ? Rien ! Mes pas, via la rue de l’Ecole de Médecine, me portaient jusqu’à la rue des Ecoles et là, je tombais nez à nez avec une copine de Jasmine. « Qu’est-ce-que tu fais là ? » me dit-elle en me claquant deux bises. « Rien ! » Elle se marrait « C’est tout toi ça ! Moi je vais au Champo. Tu m’accompagnes ? » ma réponse enthousiaste la ravissait et l’étonnait. Ma réputation bien établie d’ours mal léché, peu disposé à voir  les copines de Jasmine empiéter sur notre territoire, venait d’en prendre un sérieux coup. Le Champo est le spécialiste des rétrospectives et à un faible pour le cinéma italien. Ça faisait un bail que je n’avais pas mis les pieds dans une salle obscure et  « Pain, Amour et Fantaisie » de Comencini avec Gina Lollobrigida et Vittorio de Sica me redonnait envie de me taper des toiles. Pour moi les films c’est dehors, pas chez soi, même avec les écrans plats, je ne suis pas très friand des films sur DVD, bien sûr je pourrais me payer un home-cinéma mais alors je me croirais obligé d’inviter mes copines ce qui ne serait pas du goût de Jasmine.


À la sortie nous sommes allés prendre un verre dans un café pourri. Dans la conversation un peu languissante, la copine de Jasmine, dont j’avais dramatiquement oublié le prénom, pour lui redonner de la vigueur, mit Rachida Dati sur le tapis. J’eus droit à des renseignements de première main car la donzelle fricotait dans je ne sais plus quelle association caritative où l’ex Garde des Sceaux avait des attaches. Bref, je l’écoutais d’une oreille distraite tout en veillant à maintenir un air inspiré, les sourcils froncés, ponctuant ses tirades d’acquiescements appuyés. Il n’empêche que mes neurones se reconnectaient, chauffaient, accouchaient du temps où je fus, en 1969, membre du cabinet du bel Albin Chalandon, alors Ministre de l’Equipement, lors de l’affaire Aranda, et comme notre Rachida est, si je puis dire, un pur produit de ce cher homme qu’elle a séduit, je ne pouvais m’empêcher de penser que par ces temps de gros temps pour l’UMP que je devrais y remettre les pieds afin de me rappeler le temps de l’UDR. Banco ! Inconsciemment, je donnais un plat de main sur la table et nos verres tressautaient. Surprise, la copine de Jasmine elle aussi sursautait. Gentiment je la rassurais en posant mon grand battoir sur sa petite main : « C’est décidé, j’adhère à l’UMP ! ». À cet instant précis la pauvrette du douter de ma santé mentale mais, pour faire bonne figure, elle esquissait un faible sourire avant de murmurer d’une voix mal assurée « tu plaisantes, bien sûr… » Mon sourire, lui, fut carnassier « à peine jeune fille, sais-tu ce que c’est que l’entrisme ? » Elle secouait la tête avec force. « Très bien, ça vaut mieux. Tu sais la basse police, celle des caniveaux, c’est ma spécialité… Ne fais pas cette tête-là, j’adore faire mon petit numéro. Je suis en position hors-cadre donc loin de tout ça… » Son soupir d’aise souleva sa belle poitrine et je crus, un instant, qu’elle allait m’embrasser.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 15 juillet 2012 7 15 /07 /Juil /2012 07:00

Que d’eau, que d’eau, des seaux, un ciel bubonique, des filles emmitouflées, à la moindre percée du soleil la ruée sur les terrasses, Paris déprimait, Paris dégoulinait, Paris s’enfonçait dans un aquoibonisme ronchon et moi je me préparais à mon changement de millésime en glandant. À dire le vrai je me planquais car, de bonnes âmes, à la Grande Maison, se chargeaient par les canaux habituels, de faire savoir sur la place de Paris que si j’y résidais en ces temps de changement ce n’était pas pour promener ma progéniture au jardin du Luxembourg. C’était pourtant cela que je faisais, à la moindre éclaircie, pendant que Jasmine écumait avec ses copines les allées du pouvoir de notre nouveau président normal. Afin d’éviter d’être joint j’avais gentiment déposé mon téléphone portable dans un tiroir de la cuisine et, au grand désespoir de Jasmine, elle ne pouvait me joindre que sur le téléphone fixe de certains bars où j’avais mes habitudes. Les seuls fils que je renouais c’était avec des copines que je retrouvais dans les dits bars. Ma chère et tendre épouse appréciait à moitié ces retrouvailles mais je désarmais sa jalousie naissante en lui disant que courir la peurtantaine n’était plus de mon âge, que j’aspirais à une vie rangée des voitures. Ce qu’elle ne savait pas, en revanche, c’est que par l’entremise de l’une d’elle je m’étais retrouvé un soir perdu au milieu d’une nuée de donzelles, qui toutes auraient pu être mes filles, et qui, à mon grand étonnement, ne m’avaient pas lâché d’une semelle.

 

Nous étions tous allés dîner, après le pinces-fesses organisé par un champenois un peu coincé du col car il avait aussi quelques châteaux à Bordeaux, dans un resto recommandé par l’une d’elle, chez Septime rue de Charonne. Les fillettes picolaient sec. Admiratif ! La tortore était de bonne facture. Dès que je me taisais elles me relançaient. Faut dire que je m’étais laissé aller à raconter mes histoires. Scotchées les petites louves aux ongles carminés, toutes plus belles les unes que les autres, mitraillant tout ce qui passait sur la table avec leur IPhone, tweetant à qui mieux mieux, buvant mes paroles avec des mines de vierges aspirant aux délices de la chair. Je dois avouer que toute cette fraîcheur luxuriante me fascinait. Dans mon for intérieur je me disais que pendant les Trente Glorieuses la bourgeoisie française et une bonne part du populo avaient bien nourris les parents de ces belles plantes, intelligentes, diplômées, vives, et que le résultat était à la hauteur. Loin des plantes en pot, entre fleurs sauvages et espèces cultivées toutes ces gamines me donnaient des envies de vivre d’une rare intensité. C’était comme un bain de jouvence, bien au-dessus de la ceinture qui m’animait. Je tentais de ne pas trop me laissé griser par cette manière bien à elles de m’émoustiller : à mon arrivée elles m’avaient toutes embrassées sur la bouche avec une gourmandise légère. Bon le pépère gardait son sang-froid mais sans pour autant réfréner son goût immodéré de se raconter.

 

Mes aventures du temps de la RDA leur donnaient des frissons, une forme d’extase comme si une brute de la Stasi leur effleurait les cuisses avec sa main gantée de cuir au fond  d’une de ces limousines dont les régimes de l’Est avaient le secret. Cabotin j’en rajoutais des louches. Je me payais la fiole de l’Angela la fille de l’est. Pour faire bon poids je développais ma théorie sur la dette de nos voisins allemands à notre égard. Ma démonstration en 3 temps leur passait un peu au-dessus de la tête mais elles ne m’en tenaient pas rigueur. J’étais leur Dieu. Donc premier temps : je constatais que c’était le Führer et la Wehrmacht qui avaient amené les soviets du père Joseph jusqu’à Berlin ce qui nous avait valu le rideau de fer et pour une flopée de pays un régime socialiste aux petits oignons. Ensuite, pour protéger nos à-nouveau amis allemands de l’Ouest nous nous sommes saignés au quatre veines pour nous doter de la bombe A et d’une armée plantureuse sur terre, sur mer et dans les airs. Pendant ce temps-là nos potes teutons se relevaient et mettaient tous leurs picaillons dans leurs industries dont les noms fleuraient bon le Grand Reich. Au temps de la guerre froide, des SS20, en RFA des mecs se trimballaient en gueulant : « plutôt rouges que morts ! ». Nos copains communistes français et leurs compagnons de route confirmaient le bilan positif de leurs amis des républiques populaires de l’est. Denier acte : patatras tout se cassait la gueule, le Mur s’ouvrait et laissait fuiter l’Angela. L’unification fut difficile mais elle permit l’érection de la Grande Allemagne un chouïa impériale. Conclusion : présentons la note de notre surarmement à la mère Angela, nous nous sommes beaucoup endetté aussi pour ça. Papy Michel Rocard, qui ne dit pas que des conneries, a mis le doigt où ça fait mal.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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