Roman

Dimanche 8 juillet 2012 7 08 /07 /Juil /2012 07:00

Depuis quelques jours j’ai un nouveau QG : le café de la place du Palais Bourbon tout au bout de la rue de Bourgogne. Je m’y rends à tout bout de champ, dès qu’une lichette de soleil se pointe, comme la terrasse est bien exposée j’y lézarde en sirotant du café. La faune des députés et du petit monde qui tourne autour c’est un peu renouvelée, rajeunie, mais reste toujours les vieux crabes et surtout les blondasses, pouffiasses qui adorent le pantalon de cuir et la quincaillerie d’or jaune. La grande nouveauté aussi c’est le suréquipement en Smartphones et autres tablettes : les faux ongles carminés, autres prothèses des pétasses, tapotent avec une frénésie inégalée : elles tweetent dans l’espoir d’accrocher la lumière de la notoriété. Du côté des barbons, plus conservateurs, la permanente avec régécolor pelure d’oignon  reste très bien portée. Je me régale, sauf que mercredi dernier après-midi, Philippe Martin, le connétable du Gers m’a adressé un grand bonjour, m’aurait-il vraiment reconnu ou n’était-ce qu’un salut préventif lancé en direction d’une tête nouvelle qui pourrait être pour ce cher ambitieux, ex-chef de cabinet de Charasse, ex-préfet du Gers, qui enrage un peu de voir autour du PNR toute cette palanquée de jeunes et de jeunettes devenue Ministre. J’ai arboré un grand sourire qui a fait à Jasmine, pour une fois en ma compagnie : « c’est qui ce vieux minet ? »


Toute cette agitation, outre qu’elle me replonge dans la politique comme un vieux poisson rouge retrouvant son aquarium, me redonne envie d’écrire. Je prends des notes, à nouveau. Reste que la plus belle apparition de la semaine fut l’irruption de la Roselyne Bachelot dans ma nouvelle tanière.  Svelte, la démarche chaloupée, moulée dans un pantalon bleu marine, maquillage ultrasophistiqué, bouche pulpeuse de poisson nommé Wanda apte à une succion efficace et prolongée, sûre de son effet, l’ex Paganini de la vaccination H5N1, sans était allé se réfugier dans la fraîcheur de la salle pour siroter un lait fraise. Quand je suis descendu pisser j’ai balancé lui demander de m’accompagner vu le regard qu’elle m’a jeté au passage. Ça sentait le besoin de rattrapage. 20 kg de moins ça doit laisser quelques traces me suis-je dit et je n’ai pas sorti le moindre sourire en réponse à la goulue. Quand j’ai osé dire ça  à la Jasmine j’ai eu droit à un « fais-ça et je lui arrache ses prothèses mammaires…. » Je me suis donc contenté de lire Voici chez ma coiffeuse. Lors d’un check-up à l’Hôpital Européen George Pompidou, un éminent professeur l’a mise en garde : « Vous êtes à la croisée des chemins », lui a-t-il confié. « Les politiques ont des modes de vie toxiques. On enchaîne parfois deux à trois petits déjeuners de travail », explique-t-elle à l’hebdomadaire. Et pas facile dans de telles conditions de se contenter d’un thé vert sans sucre et de dire non aux viennoiseries qui vous font de l’œil sur la table. Pareil au cours des réceptions ou des dîners en ville. « On ne nous sert pas deux dés de jambon et de l’eau claire », assure la ministre. Alors Roselyne a décidé de se reprendre en main : « J’ai changé complètement mon mode de vie. Je ne suis aucun des régimes qui font actuellement la une des magazines. J’ai simplement réduit les portions et j’évite le sucre et le gras. Et surtout, je mange de tout, sinon il n’y a pas de vie sociale possible et vous vivez dans la frustration. Je bois beaucoup d’eau et de thé vert et je fais deux à trois fois par semaine des exercices de gym et de stretching avec une coach formidable »


C’est ça la Roselyne, comme le PNR t’as maigri sans le moindre effort, t’as fondu comme neige au soleil. T’as du en baver cocotte et c’est sans doute pour ça que ton pote Guaino, l’homme-plume du nain à talonnettes, qui se prend pour un génie des carpettes, à propos de ton livre assassin, lorsqu’on lui a demandé ce qu’il ferait s’il se réincarnait en Roselyne Bachelot, a lâché un scud de la dernière vulgarité machiste : »je me suicide ! » Que d’amour entre vous, et dire que vous raillez les socialistes avec leur roi du pédalo : Flamby. C’était plus goûteux ! Mais le meilleur restait à venir : l’annonce de la répudiation de DSK par Anne Sinclair. Viré le gros qui louche ! Le Nouvel-Obs., qui adore le cul n’y va pas à la louche, brûlants ses idoles d’hier : »En revanche, pour DSK et Anne Sinclair, c’est moins évident : il y a un je-ne-sais-quoi de salissant dans cette histoire. Et autant il est facile de conserver une illusion de dignité quand on joue les voyeurs en se régalant des détails sordides d’un divorce de stars, autant l’étalage un peu crado des dessous d’une affaire impliquant les mots "agression sexuelle" et "proxénétisme" peut donner l’impression de se salir les mains si on suit ça de trop près.


Sinclair et DSK, dans la catégorie "saga people de l'été", font donc figure d'outsiders à la traîne.


Pourtant, on aurait tort de sous-estimer le potentiel explosif du duo. Certes, ce ne sont pas des perdreaux de l’année et on ne peut pas dire que tomber (par hasard bien sûr, toujours par hasard) sur une photo de DSK dans un magazine people, ça vende vraiment du rêve. Difficile, en outre, de broder sur le thème du « séducteur », devenu invendable sauf pour quelques irréductibles, et impossible d’embrayer sur une hypothétique romance avec une poule quelconque. Il faut voir les choses en face : sur le marché du sexe consentant et non tarifé, DSK est grillé.


Anne Sinclair, en revanche, se défend plutôt bien, surtout depuis qu’elle s’est débarrassée de son encombrante étiquette sacrificielle. Prendre la direction du Huffington Post l’a joliment remise en selle et lui a permis de rappeler, pile au bon moment, qu’avant d’être le symbole de l’épouse dévouée, elle était aussi journaliste. Ok, vu comme ça, ce n’est pas super vendeur, mais c’est une base solide.


Mais au-delà même des protagonistes, c’est le contexte qui confère au couple DSK-Sinclair une véritable étoffe de héros people. Oui, malgré le fauteuil roulant de papy Strauss-Kahn, et malgré la discrétion d’Anne Sinclair depuis leur séparation, l’autopsie de ce mariage a largement de quoi rivaliser avec les pleurnicheries des Paradepp ou les règlements de compte des TomKat.


Et Christophe Carron, rédac chef adjoint du magazine Voici, nous le confirme : « Un homme malade de ses perversions sexuelles et une femme amoureuse, longtemps victime du syndrome de Stockholm » fournissent les ingrédients idéaux pour un bon feuilleton people, explique-t-il. Il précise d’ailleurs que chez « Voici », DSK-Sinclair, ça « marche toujours très fort ».


Jasmine me lit à haute voix la chute « Oui, dans cet univers de botox et de mariages à la dérive, la meilleure soupe du people se fait encore dans les vieux pots. Il n’y a donc plus qu’à prier pour que le couple DSK-Sinclair soit soluble dans la presse à scandales. On y croit : ils ont été beaux, elle est toujours riche, il est publiquement détruit, elle est populaire et, avec un peu de bol, elle le déteste. Si l'été tient ses promesses, c'est sur les décombres de ce mariage-là que danseront les tabloïds. Croisons les doigts, vautours que nous sommes. » et sur la terrasse du café du Palais Bourbon les pouffes en mules retenaient leur souffle.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 1 juillet 2012 7 01 /07 /Juil /2012 07:00

Comment voudriez-vous que je me remette à écrire alors qu’autour de moi, comme toujours après la chute d’un autocrate, les ouvriers de la vingt-cinquième heure, et dans le cas présent des ouvrières, telle la NKM, porte-parole du prince président, et la calamiteuse ex-Ministre de la grippe H5N1, qui dans un soudain élan, alors que l’agité s’en est retourné à ses footings de courtes pattes, en appelle l’une à Maurras, et l’autre au droit d’inventaire à la Jospin. Désopilant ! Jamais, depuis longtemps, je n’étais autant gavé de toutes ces rancœurs recuites, accumulées, rancies, pourries, pestilentes, dont raffolent les politiques lorsqu’ils viennent de prendre une raclée. Ils lâchent la bride, ils se débondent, le barrage de la trouille, de la révérence rompt, l’heure est au courage post-mortem. J’en arrivais à admirer le Copé qui s’essayait avec un certain succès à la modestie. Mais, tout cela n’était que broutilles avant que ma très chère Jasmine, jamais en reste de me faire plaisir, me mette sous le nez l’opus d’une illustre inconnue : Marie-Célie Guillaume, directrice du cabinet de Patrick Devedjian au Conseil  général des Hauts de Seine depuis 2007. Le titre ne biaise pas : Le Monarque, son œuvre, son fief, avec en sous-titre Hauts-de-Seine : chronique d’un règlement de comptes.


La bougresse écrit vivement et bien. C’est un  régal ! Les pseudos sont évidemment transparents : le Monarque, la Première Dame, la deuxième Première dame, le Préfet Tigellin, Maître Jourdain la plume du Monarque, le Conseiller aux Cultes, Langue de VIP, le Muet d’Orsay, Gazelle du Sénégal, Belle Amie, @fdebeauce, l’Arménien, le Dauphin, Don Léonard, les Thénardier… pour les principaux protagonistes. Je ne résiste pas à vous lire à haute voix des pages frappées au coin de la pertinence et de l’impertinence. « Debout dans un coin, Préfet Tigellin, objet de toutes les curiosités, écoute l’air affable le célèbre philosophe mondain prodiguer ses conseils sur la paix en Orient tout en surveillant sans relâche les convives du coin de l’œil. Rien ne lui échappe. Les questions des journalistes, les jeux d’alliances d’un clan à l’autre, le numéro un peu surjoué de Maître Jourdain, le cinéma de Belle Amie, le frémissement d’impatience qui flotte dans l’air dans l’attente du Monarque et de son épouse. Il est la clé du dispositif, celui sur qui tout repose. Contraire et double du Monarque, il a minutieusement construit avec lui une proximité d’autant plus mystérieuse que tous les oppose. Les collaborateurs historiques supportent mal cette relation qu’ils ne comprennent pas. Ils ont vu arriver avec un mépris à peine dissimulé ce haut-fonctionnaire passe-muraille et discret, ne s’en sont pas méfiés. Mal leur en a pris ! En quelques années, Préfet Tigellin les a tous supplantés. Le Monarque a une confiance absolue en lui, il l’appelle à chaque instant, l’associe à tous ses rendez-vous et lui délègue tout, absolument tout, secrets d’Etat et affaires privées. »


Pour la bonne bouche, la réception de Madame de P, maire d’une agglomération de 265 000 habitants aux magnifiques remparts classés, parlementaire active et appréciée, par le Monarque dans son bureau privé. Tailleur pantalon strict, gros dossier sous le bras, elle est intimidée, cela ne lui ressemble pas. Le Monarque l’écoute à peine et il « s’est approché. Il est encore sous l’effet de l’euphorie de son combat de boxe imaginaire. Il savoure l’hystérie adorante de ses groupies, leurs cris de désir qui montent à lui, il ressent dans tout son corps la tension du duel et l’excitation de la victoire. Il a chaud, très chaud. « Regarde dans quel état je suis, tu  ne peux pas me laisser comme ça… » Son souffle est court, son visage se congestionne. « Monsieur le Monarque, enfin, contrôlez-vous ! »


-         Sois gentille… Comment je vais faire pour mon discours, là tout de suite ? Tu vois bien que j’ai besoin de me détendre ! Allez, c’est pas grand-chose… » supplie-t-il.

 

Elle tourne la tête, ferme les yeux quelques instants. Les images affluent par flashs, souvenirs refoulés d’une autre vie. Un sourire imperceptible, un léger hochement des épaules. Tout cela a si peu d’importance, les hommes sont pitoyable. Cela ne dure que quelques instants. Le Monarque est pressé. Madame de P. compréhensive. Après tout se dit-elle, non sans humour, le Monarque a tellement de soucis, tellement de responsabilités, il faut bien qu’il les évacue. Si elle peut l’aider, c’est vrai que ce n’est vraiment pas grand-chose. Apaisé, souriant, le Monarque ajuste sa cravate et enfile sa veste. « Bon, faut que j’y aille. J’ai un discours. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 24 juin 2012 7 24 /06 /Juin /2012 07:00

J’appréciais ! À nouveau, et c’était jouissif, je déambulais dans les alcôves et les soupentes de la République à ma guise. Le vidage express des séides du nain à talonnettes déblayait le paysage et déliait les langues. Mon petit cercle se reformait et le soir du second tour le champagne coula à flot pour fêter la claque sur le sale bec de Guéant. Le missile Solère le ramenait à son bon niveau : à plat ventre, touché et hors d’état de nuire. Même son pote de chambrée, élu lui, s’en réjouissait sur les écrans de télé. Les couteaux s’aiguisaient déjà à l’UMP. Mais tout cela n’était que du menu fretin à côté de la nouvelle qui me remonta très vite aux oreilles : la Direction centrale de police judiciaire venait de mettre à jour une putain d’affaire de vol et de corruption en bande organisée, à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, de 7 douaniers. Nos ennemis jurés, ces cow-boys arrogants et suffisants, ces sous-merde aux ordres du Ministère des Finances, pris la main dans le sac des trafiquants de drogue : un cataclysme, une affaire hors norme portant sur des présumés vols de mallettes bourrées d'argent liquide et appartenant à des trafiquants de drogue. Nos potes lèvent enfin le voile, découvrent l'existence d'un véritable système organisé et érigé par des fonctionnaires assermentés, très bien notés par ailleurs par leur hiérarchie. Oui, enfin mis à jour la face sombre des méthodes qui ont cours dans les arrières salles et les couloirs pourtant sécurisés de l'aéroport de Roissy, une vraie plongée au cœur d'un système en place depuis plus de 15 ans, un vaste réseau de détournement de liasses d'euros et de dollars où se croisent, trafiquants de drogue et douaniers ripoux  sans scrupule.


Finie la réputation d’incorruptibles de ces soi-disant mains blanches dirigés par les têtes d’œuf de Bercy, une sale affaire qui interroge vraiment sur la surveillance de ces douaniers qui ont toute latitude de circulation au sein des aéroports. Avec ces gommeux on bascule vraiment dans un tout autre monde. Nous les soupçonnions mais il a fallu être patient, les mettre en filatures, les repérer, à Roissy, dans la zone réservée où défile sur les tapis des millions de dollars ou d’euros. Ces cons ont été vus « se servir en argent liquide » dans les valises des présumés trafiquants faisant transiter l'argent de la drogue par avion. À notre avis, à la grande maison, ils ne sont pas tous seuls car pour durer aussi longtemps il est nécessaire de bénéficier de protection aux étages élevés et il ne faudra pas s’étonner si tout ce beau monde n’était pas en cheville avec les trafiquants. Va falloir aussi dépiauter leur train de vie, qui, de sources sûres, se révélerait démesuré car les détournements se montent à des millions d’euros. La règle du jeu de ces braves gens dans la zone de contrôle des bagages de l'aéroport de Roissy: « Soit tu croques, soit tu t'en vas. »  Personne n'était obligé de suivre. Les gonzes en vêtements de ville, avec ou sans revolver accroché à leur ceinture naviguaient dans l'immense périmètre, librement, de terminaux en terminaux, pour « détroncher » les profils intéressants.


L’art de dénicher la mallette gavée d'euros et déposée par un caïd de la drogue c’était, d’après eux, la spécialité maison. Performants les gabelous, tellement compétents qu’ils sont passés du service public à leur propre service avec une facilité déconcertante. Aussi incroyable que cela puisse paraître, dérober des centaines de milliers d'euros en toute impunité, ce ne fut qu’une simple question d’amorçage de la pompe à fric : une première valise contenant près de 800 000 dollars tombe dans l'escarcelle d'un premier douanier qui se dit : « Après tout, pourquoi pas… » Ensuite, une belle petite chaîne de solidarité professionnelle : la somme est acheminée dans la salle réservée aux agents où, en cheville avec un second douanier, notre futur millionnaire part avec le butin, placé sous bonne garde, jusqu'à son dépôt dans des comptes en banque en Andorre par un troisième larron spécialisé dans le placement financier. Biens formés les mecs des Finances rodaient le système qui ne présentait guère de risque quel est le trafiquant de drogue qui serait assez fou pour porter plainte pour le vol de sa valise contenant 600.000 € ? Depuis le début des années 90, les mecs de la brigade « de ciblage » repéraient et « détronchaient » des cibles susceptibles de les intéresser. Affûtés dans ce type d'exercice, les limiers rataient rarement leur cible. En se procurant le billet de certains passagers, en se renseignant sur leur mode de paiement et en les filant discrètement dans les halls de l'aéroport, les agents décrochaient la timbale. Ensuite, à eux la belle vie, un train de vie à donner le vertige, certains ont flambé une grosse partie de leur butin en Asie, au Brésil, dépensant sans compter et investissant dans les hôtels de luxe. En Thaïlande, d'autres s'adonnaient à d'autres plaisirs… L’Octris va se faire un plaisir de mettre à jour l'étendue et l'ampleur d'un système jusqu'ici insoupçonnable, mais rendu possible par un fonctionnement sans garde-fous et les gabelous ce sont des fous-furieux « Il faut à tout prix revoir l'organisation de l'administration des douanes, qui reste une administration et qui peut échapper à tout contrôle judiciaire » dit-on dans la Grande Maison, un comble non !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 17 juin 2012 7 17 /06 /Juin /2012 07:00

Depuis le Tweet de la présumée première dame de France, l’anti-Tante Yvonne, la cassante et fière Trierweiler, Jasmine est dans tous ces états. Lorsque j’ironise sur le côté Bernadette, sans la laque, de la nouvelle dame de fer elle monte sur ses grands chevaux pour me traiter de macho. Valérie par-ci, Valérie par-là, le droit de penser à son gré auquel j’oppose celui du citoyen qui n’en a rien à cirer des opinions de madame qui est toujours derrière. « C’est quoi cette histoire ? » s’insurge ma douce Jasmine. Alors, je clique sur Dalymotion, pour lui faire écouter cette chanson satyrique quelque peu machiste interprétée par le Groupe de francisation du centre Yves-Thériault de Montréal. Un réel monument historique qui porte Jasmine à l’incandescence. Pour l’apaiser je lui fais part de mon allergie profonde pour la Ségolène. Je me fais claquer le bec d’un « ce n’est pas le problème » très sec. Alors je lui rends les armes en soupirant qu’un peu de discrétion et de réserve de la compagne de notre Président m’agréerai et que le mélange de la vie privée et de la vie publique est exécrable. Mes propos conciliants et raisonnables apaisent Jasmine.

 

 

J’en profite pour lui dire que ce Falorni, petit apparatchik provincial comme le PS en fabrique des tonnes à la pelle, grand organisateur des universités d'été du PS à La Rochelle, abritait les amours, à l'époque discrètes, entre la journaliste et François Hollande. La politique est ainsi faite : ce fidèle de la première heure a sacrifié a été sacrifié sur l’autel de l’ex, sans que le camarade candidat à la présidence puis le Président élu ne lève le petit doigt. Le Falorni il se sent fort mais il est fait du même bois que la Ségolène, celui de l’ambition pure ripolinée par la référence permanente à son terreau local. Tout cela c’est du pipeau qui plait au boucher de l’Ile de Ré qui vote à droite et qui ne peut pas piffer la Ségolène. « j'vais vous dire, s'il y en a un qui est légitime, c'est Falorni. » Ce n'est pas lui qui le dit, ce sont ses clients. « Ségo, elle est pas de chez nous. Si elle est élue on ne la reverra pas, si elle n'est pas élue, on ne la reverra plus », sourit-il derrière sa moustache grisonnante. « C'est le ressenti des Rochelais, on veut quelqu'un de chez nous, pas des Johnny Halliday de la politique ! » Sur le marché, la rumeur dit même qu'Olivier Falorni aurait refusé un secrétariat d'Etat pour rester au service du territoire où il est né, et ça « si c'est pas une preuve… »

 

De quoi désespérer, ce qui n’est pas pour me déplaire, Sally Chadjaa, la candidate UMP éliminée dès le premier tour à 0,8 point près, soit 700 voix. La pauvre geint « C'est vraiment une élection personne contre personne,  Sarkozy a fait 28% dans cette circonscription, j'aurais dû récupérer environ 22%, mais les équipes de Falorni ont soufflé sur les braises de la haine anti-Royal. De mon côté aussi d'ailleurs, des gens comme Dominique Bussereau l'ont alimenté », regrette-t-elle, amère. C’est du mauvais ragoût charentais tel que Georges-André le prévoyait. Il m’avait prévenu : « elle ne passera pas ! » Alors pourquoi la Valérie s’est-elle mis dans un tel état de rage froide et venir patauger  avec de gros sabots dans le marigot ? Jasmine est revenue sous mon charme et j’en profite « Car tout bêtement la Trierweiler est bel et bien jalouse, et elle le père François doit marcher sur des œufs dès qu'il s’agit de la mère de leurs 4 enfants. Contrairement à ce qui a été dit la Ségolène n'a pas boycotté la passation de pouvoirs du 15 mai, elle n'a pas été invitée… »

-         Non !

-         Si c’est Anna Cabana qui l’écrit dans le point dans Le Point « François n'a pas voulu de drame avec elle », s'est plainte Royal. Sur la scène de la Bastille, Trierweiler surprend un geste affectueux de l'élu pour son ancienne compagne. « Embrasse-moi sur la bouche maintenant », lui intime-t-elle.

-         C’est une tigresse !

-         Comme toi mon amour mais moi je ne suis pas Président de la République…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 10 juin 2012 7 10 /06 /Juin /2012 07:00

J’étais administrativement veuf, et sauf à entrer dans la clandestinité comme les fous furieux  des BR, il me fallait donner le change à mes chers  collègues italiens. Aller à la morgue, sans préparer le terrain, voir sa femme étiquetée terroriste, et c’était une réalité physique puisqu’une étiquette pendait attachée au gros doigt de pied de Chloé, c’était courir au-devant des pires emmerdements. Lorsque j’appris la nouvelle, très vite, je savais que les enquêteurs ignoraient tout de moi mais s’ils faisaient bien leur boulot ils remonteraient vite jusqu’à moi sans pour autant me localiser dans Rome. Il me fallait les prendre de vitesse et ce pour deux raisons, ma tranquillité future bien sûr, mais surtout je voulais me venger. Les écrabouiller ! Il fallait donc que je puisse repérer les responsables de l’assassinat de Chloé. Je déclenchai donc les grandes orgues en alertant mes chefs de la grande maison. Ma requête fut accueillie avec des hauts cris. « Je n’avais qu’à me démerder… » Alors je sorti les armes lourdes, les orgues de Staline pour que mon pilonnage remonte jusqu’au plus haut niveau  de l’Etat. La mère de Chloé, en dépit de sa réelle douleur, fut pour moi une alliée de choix auprès de l’entourage du Président Pompe. Le petit fouteur de merde que j’étais fut donc convoqué à l’ambassade, reçu par l’ambassadeur lui-même qui, après un round d’observation courtois, me fit savoir en mots choisis mais lourds, qu’il allait faire le nécessaire auprès des autorités italiennes mais que cette histoire d’infiltration des Brigades Rouges par un policier français ne tenait pas debout. Que c’était saper le prestige de la France. Que j’étais…


-         Vous ignorez sans doute, monsieur l’ambassadeur de France, que j’ai été le conseiller écouté d’Albin Chalandon et que j’ai été  un des grands pourvoyeurs de fonds pour l’UDR…


L’homme perdait de sa superbe, fronçait les sourcils, se levait  de  derrière son imposant bureau, alors qu’il m’avait accueilli sans bouger le cul de son fauteuil, le contournait tout en tirant sur ses poignets mousquetaires puis, en joignant les mains, et venait s’assoir dans le fauteuil visiteur placé à côté du mien. En bon diplomate il pensait m’amadouer en rectifiant par petites touches ses propos inappropriés comme les relations de certains grands de ce monde. Je le laissais s’avancer, patauger s’enferrer sans mot dire avant de me lancer moi-même dans un discours onctueux tel un chanoine cherchant les faveurs d’une adolescente gironde. Loin de lui tenir rigueur de son accueil désinvolte, de ses propos peu amènes, je le félicitais de sa méthode que je qualifiais d’efficace pour tester son interlocuteur. J’appréciais, lui dis-je, qu’il ne se soit pas laissé aller à la flagornerie eu égard à mes appuis. En me présentant comme un homme d’influence, j’endossais un statut qui lui allait mieux que celui du petit flic minable qu’il faut tirer de la panade. Ce que je recherchais par cette manœuvre pas très subtile, mais qui se révéla efficace, c’est que ce cher homme fasse jouer ses relations mondaines plutôt que d’user des voies officielles. Il me retint à déjeuner. Le premier secrétaire et l’attaché militaire étaient présents ce qui me permit de briller en étalant ma parfaite connaissance des mouvements révolutionnaires. Je venais de gagner la première manche.


Alors que j’en terminais de mon labeur quotidien Jasmine faisait irruption dans mon bureau et agitait devant mon nez un article du Monde qu’elle venait d’imprimer. « Lis-moi ça mon amour, je suis que ça va te plaire… elles sont géniales les deux nanas : Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin»


(...) Nicolas Sarkozy sait depuis longtemps que Dominique est un séducteur. Lui-même ne dédaigne pas les tentations qu'offre le pouvoir. Mais il est étonné de ses manières expéditives, de cette façon qu'il a de ne prendre aucun détour pour s'attacher les faveurs d'une femme tout juste rencontrée. Une chose l'intrigue encore davantage : son imprudence, voire son étrange goût du risque. Il l'a compris d'emblée : lorsqu'il s'agit de femmes, même la politique n'a plus d'importance pour Dominique.

 

Il se souvient encore de ce premier débat télévisé qui les a opposés à quelques mois de la présidentielle de 1995. Derrière Nicolas Sarkozy, la jeune attachée de presse blonde du maire de Neuilly s'était assise juste dans le champ de vision de DSK. Pendant toute la durée de leurs échanges, Strauss-Kahn a répondu à Sarkozy en la fixant dans les yeux. Les mois suivants, alors qu'elle travaillait pour la campagne d'Edouard Balladur, la jeune fille a reçu des dizaines de textos insistants. Au siège de la campagne, la garde rapprochée de Sarkozy entend encore les rires qui s'échangeaient à chacun de ces SMS compulsifs.


Autant dire qu'il le connaît, ce Français qu'il envoie à Washington ! Et mieux encore depuis qu'il est passé par le ministère de l'intérieur, où il a pris l'habitude de marcher comme un flic, épaules rentrées, mâchoires fermées, de parler, de rire et d'applaudir aux mêmes blagues salaces que les policiers. Quel meilleur endroit que la place Beauvau pour se lancer dans une course électorale ? De ses adversaires, en effet, on voit tout, on sait tout. Pas un rapport qui reste dans l'ombre, pas une note blanche ou bleue qui vous échappe.


Au cabinet de Sarkozy, on sait donc que, lorsqu'il se rend aux Chandelles link, un club libertin au centre de Paris, DSK abandonne sa voiture à quelques mètres, au rond-point, plutôt que de se garer dans la rue Thérèse, trop étroite. Qu'il ne se cache pas pour se rendre à l'Overside link, cet autre club échangiste de la rue du Cherche-Midi. On connaît aussi des affaires plus ennuyeuses, survenues au bois de Boulogne, au cœur du 16e arrondissement, dans les circonscriptions tenues par deux élus UMP, Pierre-Christian Taittinger et Bernard Debré.


Mais voilà qu'à l'hiver 2006-2007, c'est un deuxième incident, plus grave, qui est remonté jusqu'à la place Beauvau. Un policier est tombé, dans la nuit, sur plusieurs voitures arrêtées, non pas au bord mais au milieu de la chaussée, dans une des allées du bois. Si on en croit la buée qui voile les vitres, les occupants sont nombreux. Le policier tape à la fenêtre de l'une des voitures, une portière s'ouvre. Parmi les occupants, Dominique Strauss-Kahn. Y a-t-il eu une note écrite détruite plus tard à la broyeuse ? Un simple récit a-t-il suffi ? Une chose est sûre : lorsqu’Alain Gardère - patron de la sécurité publique parisienne - (...) retrace le récit devant le ministre et son directeur de cabinet, Claude Guéant, Sarkozy rit à gorge déployée, sans pouvoir s'arrêter (...).


- Lorsqu'il le reçoit avant son départ au FMI, à l'été 2007 -, le président n'aborde évidemment pas " l'affaire " secrète qui l'avait tant fait rire quelques mois plus tôt. Alors que la nomination de DSK au FMI semblait bien engagée, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs renouvelé ses consignes de silence à Guéant, Gardère et au nouveau préfet de police de Paris, Michel Gaudin : " Il va sans doute avoir le FMI. On garde ça pour nous, hein ? " Loin d'accabler le socialiste, il choisit de protéger sa réputation.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 07:00

La grande lessive dans la Grande Maison et à la PP  n’y surprit personne, surtout pas moi qui la contemplait tout à la fois de très près et avec un très grand recul. Gaudin je le connaissais bien le vieux renard pour l’avoir pratiqué au temps où il était Préfet du Gard, habile et retord, tout à fait le profil pour se glisser dans les plis et les replis de la place Beauvau et prendre la bonne roue au bon moment. Par construction les Préfets ont l’échine souple, pour eux le concept de grands serviteurs de l’Etat est inadapté car, révocable ad nutum, ils servent le pouvoir en place. L’important pour eux est de plaire au Prince, et le dernier en date, plusieurs fois locataire de la maison poulagas, y était plus que sensible puisqu’il ne supportait pas la moindre manifestation au cours de ses soi-disant déplacements sur le terrain. Gaudin, comme les autres sbires, se sont moulés dans le mode de fonctionnement de l’homme qui ne pouvait que doper leur carrière. Nulle idéologie derrière tout ça, simplement le nécessaire opportunisme condition nécessaire pour sortir de l’ombre, ne plus se morfondre en Province, goûter les joies de la proximité du pouvoir. Ce brave pépé Gaudin, le foutre dehors de son joujou de la PP à un an de la retraite, tout le monde se gondole, ça ne fait pleurer personne. Quant à son successeur, lui aussi, je l’ai côtoyé de très près mais dans des lieux et des circonstances que je me garderai bien d’évoquer ici.


Reprendre le fil de mon histoire italienne me pesait, je ne savais plus par quel bout la prendre, sauf peut-être à évoquer mon mariage avec Chloé à mon retour à Rome, un mariage religieux de surcroît, avec Francesca et Lucia comme témoins. Chloé le voulait, sans plus d’explications. Nous vivions une période si troublée, sans grands repères, que je reste persuadé que cet étrange mariage constituait pour Chloé l’ultime tentative pour se raccrocher à une forme de bouée de sauvetage. Elle ne voulait pas donner le sentiment, à la bande de connards pour qui elle se sacrifiait, broyait sa vie, de les abandonner, de quitter leur foutue galère. Francesca et Lucia le comprirent très vite et, comme ni l’une ni l’autre n’avait caressé l’idée de m’épouser, ce que je comprenais parfaitement, elles jouèrent le jeu avec beaucoup d’élégance. N’allez surtout pas croire que je tirai profit de cette situation pour jouer le sultan dans son harem ; je fus chaste sans en faire le serment à mes compagnes. Je m’employai donc à plein temps à tisser au tour de Chloé une trame de plus en plus serrée pour la convaincre de se tirer au plus vite de ce guêpier. Prêt à tout pour réussir dans mon entreprise je me portai volontaire pour tous les coups de main risqués et je me transformai en braqueur de banques. Ce stratagème me permit de gagner du galon et d’approcher au plus près du cœur des BR. Mon plan était d’une grande simplicité : retourner contre eux, le moment venu, leur méthode favorite : l’enlèvement. Chloé serait la cible. Le coup signé de l’extrême-droite. Ne resterait plus alors qu’à éliminer Chloé, la rayer des cadres par une exécution sommaire accompagnée d’un corps balancée à la mer : la bonne vieille méthode de nos militaires pendant la bataille d’Alger. La plus difficile à convaincre, je le savais, eut été Chloé, c’est pour cette bonne raison que je me gardai bien de la prévenir de mes intentions.


Le destin se chargea de foutre mon beau plan par terre et de la pire des façons. Tout, comme trop souvent, s’était joué dans un enchaînement funeste. Nous devions, Chloé et moi dîner. Je revenais d’une mission. Mon train accumula des retards inexpliqués et inexplicables. J’arrivai à Rome avec deux heures de retard. Chloé pendant ce temps-là recevait un appel d’un de ses contacts pour aller récupérer des camarades isolés dans une ferme manifestement repérée par la police. Si j’avais été présent je me serais opposé à ce truc insensé qui puait le traquenard. Mes deux alliées, Francesca et Lucia, n’avaient pu faire barrage car sachant que Chloé et moi dînions « en amoureux » elles s’étaient éclipsées pour faire du shopping. Le mot que Chloé me laissa sur la table de la cuisine témoignait de son goût immodéré pour le romantisme révolutionnaire et pour sa volonté d’expier les fautes de sa mère grande consommatrice d’hiérarques fascistes. J’en aurais pleuré de rage mais j’étais impuissant. La nasse était idéale : une ferme isolée au bout d’un chemin de terre, des bosquets tout autour pour se planquer. La Fiat de Chloé arriva à la tombée de la nuit, les flics la laissèrent bien sûr passer. Les trois occupants de la ferme se précipitèrent pour s’embarquer. L’un d’eux tenait un pistolet à la main. Y eut-il des sommations ? Officiellement oui, mais j’en doute. La fusillade éclata. Chloé chopa une balle en plein front. À la morgue, toujours aussi belle dans son linceul administratif, ce point étrange, sans dégât apparent, simple impact mortifère, m’emplit d’une rage froide et meurtrière.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 00:09

Le Préfet Chapuzat s’était un peu déplumé et beaucoup empâté ce qui lui conférait, ou plus exactement, renforçait son allure de chanoine. « Alors mon garçon, les assassins reviennent toujours sur le lieu de leur crime… » la voix nasillait toujours, avec maintenant un phrasé plus lent, plus las, mais les petits yeux bleus enchâssés gardaient une acuité dérangeante. Nous nous serrâmes la main sans effusion. Pendant un court instant je pensais contre-attaquer en faisant remarquer à mon interlocuteur que le chiendent est indestructible. Je me ravisai car, connaissant le bonhomme, c’eut été lui donner un bon prétexte pour entamer une joute dont je n’avais que faire. Face à mon mutisme, Chapuzat ironisait « vous voilà de nouveau du bon côté du manche, vous allez pouvoir enfin régler vos comptes… » Affichant mon dédain je le surprenais en lui saisissant fermement le gras du bras pour l’entraîner vers le nouveau Ministre qui s’entretenait avec le Préfet de Police de Paris. Chapuzat se raidit, tenta d’opposer l’inertie de son poids, je broyais sa chair molle en me faisant onctueux « mon cher ami, avec vous nous sommes tous des chers amis, c’est votre côté Face de Bouc Chapuzat,  permettez-moi de vanter auprès du nouveau Ministre vos talents de mouche à merde. Dans cette maison, quel qu’en soit le locataire, c’est très utile, y’a tellement de bidoche avariée qui y traine. Vos talents sont reconnus et, comme vous avez un goût prononcé pour la traîtrise, vous mettre au service des nouveaux maîtres ne vous posera pas de problème de conscience… » Le petit bonhomme se relâchait, esquissait même un petit sourire satisfait mais, au beau milieu du salon d’apparat, je le laissais en plan pour filer jusqu’à Jasmine entourée d’une petite cour de galonnés.


-         Mon amour, je t’abandonne quelques instants. J’ai une petite affaire à régler. Tu es en très bonne compagnie mais méfies-toi tout de même ces messieurs ont de grandes oreilles.


-         Je sais mon chéri. Tu les intrigues beaucoup tu sais mais tu me connais, j’ai l’habitude des clients de salon de coiffure alors je fais ce que je sais faire de mieux : l’idiote. Ils adorent !


-         Ma petite Jasmine à cette minute de leur vie, crois-moi, ils sont prêts à tout adorer. Les temps sont durs pour les valets…


Aucun des interlocuteurs de Jasmine n’avait bronché, sauf un jeune type, parfaite réplique de Jean-François Roquet, qui s’est regimbé « monsieur, je ne vous permet pas, nous sommes des fonctionnaires de la République et le service de l’Etat est notre seule et unique motivation. Vous nous devez…


-         Des excuses sans doute… pourquoi pas si ça vous fait plaisir cher monsieur… mais permettez-moi de vous dire, sans méchanceté, qu’à force de lécher le cul de son maître on a la langue chargée. Je suis sans aucun doute un grossier personnage mais croyez-moi j’ai des circonstances atténuantes : le spectacle que vous avez donné au pays ces dernières années fut lamentable, indigne du service public. Vous n’avez même pas eu la dignité des valets vous vous êtes pris pour les maîtres. Moi j’ai dans ma vie de flic exécuté de basses besognes mais je n’ai jamais prétendu avoir les mains propres. Vous si ! Et la merde ce n’est pas sur vos blanches mains de bureaucrate que vous l’avez mais dans votre sale petite tête de jeune branleur ambitieux. Rassurez-vous, je n’ai aucun goût pour l’épuration : les traîtres sont d’excellents laquais. Vous êtes tous des Eric Besson en puissance !


S’il l’avait pu, le sosie de Jean-François Roquet, m’aurait sauté à la gorge. Lui qui, hier encore, pouvait sur un simple claquement de doigt me créer les pires ennuis, vivait mal une impuissance intolérable. Tel est le drame de la chute du pouvoir. Elle est indolore, insidieuse, sans stigmate physique, mais elle vous ronge de l’intérieur. Les coups de fil se font de plus en plus rares, l’agenda se transforme en un vaste néant, plus de déjeuners au Bristol, un bureau minable, et le pire c’est de rentrer chez soi ni trop tôt, ni trop tard, de supporter le regard interrogateur de son épouse, et il y a pire encore c’est la petite dissonance qui s’installe très vite avec sa maîtresse, tout se délite, tout fout le camp d’un seul coup d’un seul, sans préavis. Bien sûr, tout au long de la campagne on y a pensé, on a même renoué des fils avec des petits camarades du camp d’en face, discrètement bien sûr, avec un simple succès d’estime, on s’est persuadé que dans un premier temps les nouveaux arrivants n’allaient pas faire le ménage, on a même espéré jusqu’au bout que le petit agité allait gagner. Pour les vieux routiers, au cuir endurci, le rétablissement se fait sans trop d’égratignures alors que pour le petit Jean-François Roquet, qui me toisait d’un regard mauvais, assassin, son statut de membre de cabinet le précipitait du jour au lendemain dans les ténèbres extérieures. Les plus prévoyants avaient pris la tangente avant le drame, nomination à des postes juteux, pantouflages en des terres amies, mais lui était sans doute resté, du fait de son jeune âge, pour donner des gages à ses anciens maîtres. Ils se souviendraient de lui dans les temps futurs, reconnaissant de sa fidélité ! Mais face à moi, face au vide, ces cinq longues années de traversée du désert lui paraissaient soudain un temps très long, insupportable : allait-on se souvenir de lui ?


 -  Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage… jeune homme !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 07:00

Me voilà de retour Place Beauvau, Jasmine voulait tellement que nous nous rendions à l’invitation de mes vieux potes Stéphane et Yves, des proches du nouveau Ministre de l’Intérieur, le sémillant et ambitieux Manuel Valls. « Tu comprends mon amour, une passation de pouvoirs entre Ministres de la République, pour une petite coiffeuse comme moi, qu’a eu plus souvent qu’à son tour affaire avec la maison poulaga, panier à salade, et tout et tout, ça a de la gueule, non ? Et puis toi, je suis sûr que ça te fera plaisir d’aller respirer l’air de ton poulailler. T’as quand même servi sous les ordres d’un des plus coriaces locataires de la maison : le Raymond Marcellin du 30 mai 1968 au 27 février 1974, un sacré bail la vieille carne !


-         Comment tu sais ça, toi ?

-         Wikipédia mon amour, je me fais des fiches…

-         Tu fais des fiches pour quoi faire ?

-         Ma culture…

-         J’aurai tout entendu de toi depuis que tu te piques de faire de la politique…

-         T’as pas le monopole mon grand !

-         Mais je n’ai jamais fait de politique…

-         À d’autres, t’as baigné dans le marigot politique toute ta vie flic à la manque, agent double, bourreau des cœurs…

-         En fait tu veux faire la belle devant mes potes…

-         Oui, tu comprends Rocard par-ci, Rocard par-là, moi je veux me raccrocher au réseau, gonfler mon carnet d’adresses…

-         T’es une vraie Messaline mon amour !

-         Oui, et puis pour en revenir à la Place Beauvau à côté de Raymond la Science le père Guéant avait la stature d’un premier communiant, l’envergure d’un Préfet de banlieue et le sens politique d’un gardien de la paix. Et ton petit Manuel va falloir qu’il change de cravate, les siennes sont à chier, ça lui fait un look de parvenu qui roule en Golf. Manque plus que les Ray-Ban…

-         Je n’ai rien à me mettre…

-         Tu plaisantes j’espère !

-         À peine mon amour.


Le plus ému c’était moi. Jasmine dans son tailleur Paule Ka, immaculé, se mouvait avec une facilité d’attachée de presse. Il faut dire que Stéphane, pendant que je tenais conciliabule avec Yves Colmou, plus conseiller politique que jamais, l’avait entraîné faire le tour du propriétaire. « Si je voulais reprendre du service pour des missions délicates, rien de plus facile… » Yves, patelin, me jouait du violon. Je me contentais de lui sourire et de lui répondre que je n’étais là que pour faire plaisir à Jasmine. Connaissant Yves comme le fond de ma poche je savais pertinemment qu’il ne me croyait pas. Politique un jour politique toujours, Yves comme Obélix était tombé tout petit dans la marmite, moi pas mais je ne tentai pas de le convaincre. Comme toujours dans ces cas-là le simple fait de converser avec un proche du nouveau maître des lieux attiraient les regards des hauts-fonctionnaires de la maison. Je devais bien être le seul  en ce lieu qu’ils ne connaissaient pas. Vivre l’alternance est une rude épreuve pour les Directeurs, c’est si rare en France, et celle-ci risquait d’être ravageuse eu égard aux pratiques en vigueur avec le sortant. Ces messieurs, les dames ne sont pas de saison à l’Intérieur, hormis quelques préfètes occupant de sombres Préfectures, balancent entre deux attitudes contradictoires : la distance, preuve qu’ils ne sont pas demandeurs de quoi que ce soit et qu’ils n’ont rien à se reprocher, ou la prévenance polie, le je suis à votre disposition Monsieur le Ministre, légère courbure d’échine, en évitant d’apparaître comme un rallié de la vingt-cinquième heure ou pire comme un traître à l’ancien maître du lieu.


Les plus astucieux ou les plus retors savaient que, pour n’adopter ni l’une ni l’autre attitude, toutes deux aussi dangereuses, il était préférable de jouer avec les bandes, de passer par un proche du Ministre. Manifestement j’en étais un puisque, et Stéphane et Yves m’avaient embrassé avec force d’accolade et d’effusion. Le problème restait entier pour eux tous : qui étais-je ? Pour faire l’intéressant, avant d’aller me poser sur un canapé, j’adressai un petit signe de la main à Jasmine qui fit semblant de ne pas l’avoir vu. Ce fut Stéphane qui me répondit en levant le pouce. Notre petit manège intriguait plus encore la brochette des directeurs qui me lançaient des regards en coin tout en affectant une suprême indifférence. Dans mon costume gris impeccable, de bonne coupe, chemise ciel, cravate Paul Smith, Richelieu gold lustrée, chaussettes assorties à ma chemise, barbe de trois jours poivre et sel, mes lunettes aux verres sans monture, mes cheveux courts, je m’arborais plus aucun signe de la grande maison. Encore un communicant se disait-il ? Pas vraiment, l’attention d’Yves Colmou à mon égard leur laissait à penser que j’étais un homme du sérail politique. Je me marrais dans mon fors intérieur de les voir ainsi sur le grill tout en me disant que j’étais tranquille, que j’allais, après la passation de pouvoir, gagner avec Jasmine une belle table au Laurent où l’ami Philippe Bourguignon nous bichonnerait. Francesca et son mari nous y rejoindraient. La cérémonie était imminente. Je me relevai et une main ferme se posa sur mon épaule.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 08:00

Jasmine rayonnait. J’ai gardé les enfants pour qu’elle aille à la Bastille. Moi je me souvenais du 10 mai 1981, la fête de la victoire socialiste, place de la Bastille, avait tourné court, noyée sous les trombes d'eau d'un orage ! Mais le souvenir des 200.000 personnes qui avaient déferlés, ce soir- là, demeure impérissable. Paul Quilès fut le grand ordonnateur de la fête animée par Claude Villers le célèbre animateur de Radio France qui s’illustrera avec son Tribunal des Flagrants Délires avec Pierre Desproges et Luis Rego. Ce fut un vrai happening,  Anna Prucnal entonnait  l'Internationale en polonais. Premiers arrivés sur les lieux, avec Michel Rocard, le rival malheureux de Mitterrand, et le lamentable Pierre Juquin, communiste hétérodoxe, je ne pus les  empêcher de s'emparer du micro. Rocard fit du Rocard, sincère et militant alors que ce pauvre Juquin ressemblait à un ouvrier de la vingt-cinquième heure accroché à une bouée de sauvetage. Vers 23 heures, Huguette Bouchardeau, dans un grésillement de larsen fut interrompue par une énorme cataracte... La fête continua, improvisée et bon enfant sous la haute surveillance du service d'ordre de l'UnefID, tenu par les trotskistes de l'Organisation communiste internationaliste, sous la direction de Jean-Christophe Cambadélis. Son obsession ? Juguler les militants de la Ligue communiste révolutionnaire qui prétendaient marcher sur l'Elysée...


Nous avions attendus les résultats dans la grande cour de l'immeuble du « Nouvel Observateur » rue d'Aboukir, autour de Jean Daniel, Mendès France, Delors, Maire, Rocard, Cheysson, Martinet, Badinter, Foucault, Vernant, Le Goff, Le Roy Ladurie, Duvignaud, Morin, auxquels s’était joint une équipe qui comptait Hector de Galard et Serge Lafaurie, André Görtz, François Furet, Mona et Jacques Ozouf, Michel Cournot, Claude Roy Jacques Julliard, Guy Dumur, Pierre Benichou, Jean Lacouture, André Burguière et tant d'autres. Qu'avaient-ils en commun ? Eh bien, pour dire la vérité, le fait d'être presque tous très réservés à l'égard de la personne de François Mitterrand et de se préparer à déplorer une fois de plus la fatalité qui faisait régulièrement échouer la gauche. Lorsque le visage de Mitterrand s’inscrivit sur les écrans de télévision, et que sa victoire fut annoncée d’une voix blanche par Elkabbach, tous ces êtres différents, sceptiques, embarrassés par une Union de la Gauche qui incluait sa frange restée stalinienne, n'ont pu s'empêcher d'exploser de joie. Moi le premier, et quand la ferveur populaire se manifesta dans la rue et que Jack Lang proféra l’une de ses premières outrances « que le peuple de France était enfin passé des ténèbres à la lumière », beaucoup d’entre nous étions attendris et heureux.

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Du côté des vedettes, on ne parlait pas encore de people, se pressaient les mitterrandophiles pur sucre : Roger Hanin, le beau-frère, en tête avec Barbara, Dalida, dont la tontonmania deviendra célèbre, Claude Chabrol, François Truffaut, Michel Piccoli, Yves Boisset ou Daniel Gélin... puis les compagnons de route du PCF Juliette Gréco, Isabelle Aubret, Jean Ferrat et, ce n’est pas une plaisanterie, Gérard Depardieu. Enfin, les coluchiens Daniel Balavoine, Alain Souchon, Julien Clerc, Jacques Dutronc, Lino Ventura... restaient orphelins. Dans les beaux quartiers du triangle d’or, comme aux Etats-Unis, le bruit métallique des chenilles des chars russes déferlant sur la place de la Concorde résonnait comme dans un mauvais rêve. La peur des cosaques galopant sur les Champs Elysées avant de déferler vers l’avenue Foch serrait le bas-ventre des grandes bourgeoises dont certaines espéraient en secret mettre un peu de piment dans leur petite culotte délaissée. Je plaisante à peine. La vague rose au Palais Bourbon qui s’ensuivrait, la nomination de Ministres communistes dans le second gouvernement Mauroy Charles Fiterman au Transports, Anicet Le Pors  à la Fonction publique, Jack Ralite à la Santé et Marcel Rigout à la Formation professionnelle, faisaient déborder la coupe. Le pince-sans-rire, Louis Mermaz, compagnon de toujours du nouveau Président, devant un parterre de journalistes assemblés autour de sa table de l’Hôtel de Lassay, résidence du Président de l’Assemblée Nationale, ironisait à propos du retour des communistes au gouvernement après trente-quatre ans d’absence, avant d’assurer que les socialos- communistes savaient fort bien se servir d’un couteau à poissons. Je puis vous l’assurer puisque j’étais présent et que j’avais choisi les vins

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 08:00

Tout ici était en place pour une escalade de la violence qui ne pouvait que conduire à la violence armée car celle-ci se nourrissait des effets d’entrainement au sein de l’extrême-gauche italienne, d’une forme pure et dure de la concurrence : la valeur révolutionnaire s’éprouvait à l’aune des capacités guerrières des militants qui, par leur valeur physique, le mépris de sa vie, de soi, de la vie des autres, permettaient d’occuper la place centrale au détriment des concurrents. Cette compétition guerrière masquait le trop-plein d’idéologie et le vide absolu de l’évaluation des rapports de force, en se tenant dans le champ clos de la nébuleuse qui se voulait et se vivait révolutionnaire sur le mode Tupamaros. Les années 72-73 virent une forme de synchronisation du tournant militariste via la mise en place de services d’ordre musclés qui seront les viviers des clandestins. Ainsi pour PotOp : Potere Operario et Lotta Continua (LC) formant le terreau dans lequel les BR établiront leur suprématie sous la forme d’un oligopole de la violence nourri par la clandestinité. Celle-ci s’agrège, se centralise, se compartimente, afin de se rendre moins vulnérable à la lutte anti-terroriste, devient le refuge de tous les activistes en rupture et par le fait s’isole du réel, développe de pur réflexe de survie, de la violence pour la violence forme d’un fonds de commerce sans autre débouché que lui-même.


Les textes de la Direction stratégique des BR, sérieux comme des culottes de peau mes petits camarades révolutionnaires, ne déclarent rien moins qu’il faut transformer « le processus de guerre civile rampante… en une offensive générale… » pour la destruction de « l’ennemi » et faire barrage à l’hégémonie de la bourgeoisie impérialiste en passe d’anéantir la révolution en marche. Il ne manquait plus que le train spécial de Trotski et la levée des masses de Mao : l’alternative était claire mais rustre comme le dira Lauro Azzolini  « soit nous faisions cette guerre sérieusement, ou alors il valait mieux y renoncer… » En plus c’était faire la guerre à l’Etat donc tout miser sur la guerre civile, un affrontement généralisé. Pour bien s’emplir la tête de la dureté des BR il faut lire le témoignage d’Enrico Fezzi, professeur génois, membre des BR. Il raconte l’exécution filmée de Roberto Peci, frère du premier repenti de l’histoire du terrorisme. C’était le 30 août 1981, la gauche venait tout juste de revenir au pouvoir, ça semble loin mais moi, même si je n’avais participé ni de près, ni de loin à ces dérives, je garde tout au fond de moi le souvenir de ces visages de jeunes gens et de jeunes filles qui me ressemblaient et qui emportés par leur folle dérive se mueront en meurtriers de sang-froid. Mais, sans les excuser ni prendre en compte leurs justifications, même s’ils ont du sang sur les mêmes ils ne sont pas plus condamnables que tous les intellectuels qui les ont poussé au crime pour mieux se laver les mains à l’heure des comptes.


« À travers les images de l’exécution, le groupe s’éveillait à lui-même et entérinait le lien de la Terreur destiné à cimenter son unité. Il donnait un corps à l’idée que la lutte armée était en train de l’emporter parce que le pays était désormais au bord de la guerre civile : parce que l’antagonisme social avait déjà pénétré tous les pores de la vie et que rien n’en pouvait empêcher l’effondrement révolutionnaire. Le meurtre de Roberto Peci se nourrissait directement de cette folie. Les photographies prises durant l’exécution se veulent la mémoire de l’avenir, elles prétendent rejoindre les images les plus terribles des guerres civiles de toutes les époques et de tous les pays, celles de la guerre d’Espagne, celles de la Résistance. » Le PCI, face à cette escalade de la violence, ne commencera vraiment à réagir que plus tard. Il condamne mais estime toujours que le danger principal est constitué par la « subversion fasciste ». Ce n’est qu’en 1979, après l’affaire Moro, qu’il va s’opposer frontalement aux BR en menant une bataille politique pour défendre les institutions et la démocratie italienne. Il n’empêche que les BR continueront de bénéficier d’appui auprès des sympathisants du PCI. Paradoxalement, le PCI ne bénéficiera pas de cette attitude déterminée et courageuse contre le terrorisme gauchiste car sa défense de l’Etat remettra en selle de la Démocratie Chrétienne sans que le PCI n’apparaisse pour autant comme une alternative.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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