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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 08:00

Quelques temps après la séquestration de l’ingénieur Macchiarini, alors que Feltrinelli venait de mourir, la police fut à deux doigts de décapiter les BR naissantes. Le 16 mars, Curcio et sa femme Margharita, en sortant de l’appartement de la  via Ignani, après avoir acheté les journaux au kiosque d’en face lurent dans le « Corriere della serra » qu’on venait de découvrir un corps déchiqueté avec la photo d’un homme censé être Maggioni. En observant de près la photo Margherita, avec son habituelle intuition, dit qu’elle était presque sûre que c’était Osvaldo – l’un des noms de guerre de Giangiacomo Feltrinelli. L’évènement était considérable car il s’agissait du premier mort de la « lutte armée » mais les BR, comme la gauche officielle déclara dans un tract que l’éditeur révolutionnaire avait été assassiné par des nervis de la bourgeoisie impérialiste. Seul le journal de Potere operato dans un grand article reconnaissait la vérité « que le camarade révolutionnaire était mort dans un accident du travail… » En clair, Feltrinelli est sauté en l’air en amorçant un engin explosif, un soir, sur un pylône à Segrate.  Curcio avait connu Feltrinelli au printemps 68 lorsque celui-ci l’avait invité à un débat au siège de sa fondation de via Andegari à Milan. Même s’il ne voulait pas l’avouer Feltrinelli était un peu son maître à penser et lors de  la naissance des BR ils se rencontrèrent souvent dans les jardins de piazza castello avant de se rendre dans l’un de ses très nombreux appartements.


Son aura il l’a tenait de ses rencontres avec des révolutionnaires boliviens, uruguayens et brésiliens qui, lors d’un voyage à Cuba, lui avaient parlé de leurs expériences révolutionnaires. Il était certes farfelu, immensément riche, mais de par ses amitiés avec les anciens résistants communistes, il initia Curcio aux techniques des faux-papiers, à la façon de louer des appartements sans éveiller de soupçons, et à toutes les caractéristiques de la bonne planque. Nos hold-up d’autofinancement, nos braquages donc, nous permirent de nous assoir sur un trésor de guerre qui nous permit de mettre, dans une certaine mesure, la police en échec et de faire que les BR s’incruste dans le paysage et perdure. Mais l’anecdote que Curcio aimait à raconter était celle de la « musette du guérillero ». Bien évidemment, les nouveaux venus demandaient étonnés « c’est quoi cette musette du guérillero ? » Curcio, avec la condescendance de celui qui sait répondait « c’est l’instrument de survie des guérilleros d’Amérique latine et que le Che jugeait indispensable… » Il fallait l’avoir toujours à portée de main, en cas de fuite immédiate. Elle devait contenir des vêtements de rechange, des papiers, de l’argent, tout le nécessaire pour une fuite citadine, mais aussi un petit sac de sel et des cigares… » Ce dernier détail attirait immanquablement la remarque et pourquoi du sel ? La réponse tombait « parce qu’en Amérique latine le sel est un bien précieux… » Si pas convaincu l’interlocuteur faisait remarquer que du sel on en trouvait partout à Milan, Curcio, sans rire, rétorquait « c’est la tradition du guérillero donc il faut en avoir ! » Pour le cigare même respect car le Che affirmait « que le meilleur ami du guérillero dans les heures de solitude c’est le cigare. » Nous nagions dans la dévotion et la tradition.


Feltrinelli avec sa musette du guérillero me sauva à plusieurs titres la mise dans mon aventure italienne. Je m’explique. Lorsque j’avais appris l’accident du travail de Feltrinelli j’avais immédiatement joins Chloé, qui voguait dans son sillage, en lui expédiant un télégramme chez sa mère à Rome « remplacer votre chat Persan – stop – j’ai un chaton – stop – venez le chercher – stop ». Ce qui signifiait que la disparition de son ami impliquait que nous nous retrouvions dans les meilleurs délais. Le soir même je recevais un appel à l’appartement et nous nous retrouvâmes le lendemain matin pour petit déjeuner à l’hôtel Principe di Savoia qui est face à la gare centrale de Milan. Chloé, amaigrie mais habillée du dernier chic, me flanqua une gaule douloureuse qu’elle apaisa dans les toilettes avec une violence qui me laissa sur le flanc. Chloé ne me posa aucune question. Je fis de même. Lorsque nous nous quittâmes j’étais muni de la clé d’un appartement donnant sur la Piazza Navona à Rome. J’avais donc une base arrière pour me replier en lieu sûr. Chloé m’avait prévenu « tu devrais rentrer à Paris, ce qui se passe ici ne te concerne pas et tu n’as rien à gagner… » Je lui avais agrippé violemment les poignées « Si ! Te protéger et te sortir de ce merdier ! » Elle m’avait toisé « Si ça t’amuse, reste ! Mais alors nous allons nous marier… » Surpris j’avais desserré mon étreinte et j’avais bêtement répondu « Oui » Revenu à l’appartement, ou Lucia m’attendait, nous avions confectionné notre musette de guérillero et Lucia était allée la déposer à la consigne de la gare Centrale. Je pendis la clé à mon cou avec un ruban de Lucia. Lorsque a police déboula dans l’appartement, ni elle ni moi ni personne d’ailleurs ne s’y trouvait, et en ce mois de mai 1972, nous nous sommes égaillés en fuyant tous Milan…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 00:09

Veronique-6376.JPGPour Pâques j'aurais pu vous faire le coup des Cloches de Corneville une Operette de Robert Planquette ou Les Trois Cloches, chanson de l´auteur-compositeur suisse romand Jean Villard-Gilles, 1945. Grand succès d´Edith Piaf et des Compagnons de la chanson interprété par Mireille Matthieu mais j'aurais pris le risque soit de vous bassiner une fois encore avec mes vaches (Corneville est un charmant village normand sis près de Pont-Audemer), soit de me faire accuser d'un retournement de veste opportuniste.

Veronique-6266.JPG

Plus concensuel j'ai opté pour un grand classique de la chanson : Stand by me dont les paroles et la musique s'inspirent d'un gospel écrit par le pasteur Charles Tindley en 1905 et enregistré en 1916. Après moult versions elle a été dans sa version connue composée et écrite en 1961 par Ben E. King et Jerry Leiber & Mike Stoller et interprétée par Ben E. King. Depuis, c'est de John Lennon en passant par Ottis Reding Bruce Springsteen et beaucoup d'autres (j'ai fait un choix)pour finir avec Lady Gaga et Vanessa Paradis

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 00:09

Nous vivons un temps étrange où grâce à leur surexposition sous les feux médiatiques des chefs de haute-cuisine s’autoproclament, parce qu’ils utilisent des produits de terroir, et c’est le moins qu’ils puissent faire eu égard aux hauteurs de leurs additions, le dernier rempart de la haute qualité de la table française. Je me suis déjà insurgé contre cette captation abusive link et j’écrivais « Pour parodier notre Georges Clémenceau « Le repas à la française est une chose trop sérieuse pour être laissé aux cuisiniers étoilés... » Certes beaucoup d'entre eux sont talentueux mais ils ne sont pas les seuls dépositaires de notre art de vivre. Ils se doivent de faire vivre, de renouveler le repas à la française mais non le cantonner dans l’élitisme car se serait signer son arrêt de mort. La transmission maman c’est nous : tes enfants, tes petits enfants, tes arrières petits-enfants, nous tous, là où nous sommes, là où nous vivons, en nos villes ou nos campagnes. »

 

Alors cette transmission du creuset familial il est un pays où elle est encore bien plus vivace que chez nous c’est l’Italie. Là-bas, loin de notre centralisation jacobine qui fait de Paris le nombril du pays, se niche et prospère une cuisine locale, familiale qui est un bien meilleur rempart à la préservation des produits authentiques que celui de nos chefs qui nous mettent une demi-carotte dans notre assiette pour faire jolie. La cuisine de ménage, celle du populo, est exigeante et surtout elle sait mieux que quiconque ce qu’est la satiété. Oui j’aime manger ! Déguster pour moi relève d’une gymnastique de l’esprit bien plus que du plaisir des papilles. Trop de frime tue le plaisir !

 

Démonstration par un Taulier né au pays de la mogette ou mojette ou mojhette ou monjhet , amoureux de l’Italie et de ses fagioli, passionné par l’Espagne qui joue de l’homophonie de sa mojette vendéenne et du mojete plat traditionnel de la Mancha pour clamer mon amour des choses simples.

a pasta e fagioli

Pasta e fagioli

 

Pour 4 personnes

150 g de dilatonis rigatis

300g de haricots secs rouges ou cocos roses (borlotti)

60 g d’oignons en tranches

Une pincée de romarin en poudre

1 feuille de laurier

2 cuillérée à café de bouillon de bœuf en granulés

3 cuillérées à soupe d’huile d’olive extra-vierge + pour la finition.

Sel

Poivre

 

Faites tremper les haricots dans de l’eau froide pendant une dizaine d’heures.

Dans une casserole, faites revenir l’oignon, une pincée de sel, l’huile, le romarin et le laurier pendant 2 mn. Ajoutez 2 litres d’eau froide, les haricots lavés et égouttés, le bouillon. Mélangez et couvrez. Faites cuire à feu doux pendant 3 heures en remuant de temps en temps, en ajoutant éventuellement du sel, un peu de poivre et, au besoin, de l’eau. La soupe doit rester assez liquide.

Quand les haricots sont cuits, réservez-en une partie dans un saladier, sans jus. Mixez ensuite soigneusement le reste dans la casserole avec un mixeur plongeant.

Dans une autre casserole, faites cuire les pâtes, égouttez-les et versez-les dans la crème de haricot. Ajoutez les haricots entiers.

Mélangez délicatement, réchauffez et servez.

On peut verser un filet d’huile sur l’assiette et poivre avec du poivre fraîchement moulu.

 

Mojete Manchego con queso

 

Pour 4 Personnes

Pour le mojete : 500 grammes de tomates mûres ; 1 éclat d’ail, une échalote ; 20 g de poivron rouge ; 2 ou 3 feuilles de menthe poivrée ; une petite branche de basilic ; 2 g de cumin ; sucre ; sel.

 

Pour le moshi de fromage : 200g de crème de fromage Manchego ; 20ml de lait ; sucre ; sel ; 5 g de carraghénane iota (gélifiant) ; 5 g d’alginate ; 1 l d’eau minérale.

 

Autres ingrédients : huile d’olive extra-vierge ; 20 g de fromage à l’ail traditionnel de la région Las Pedeoňeras, province de Cuenca ; fèves de cacao ; sarriette ; thym ; fleur de romarin ; crouton à l’ail.

 

Mojete

Mixer tous les ingrédients dans le Thermomix (les tomates mûres, l’ail, l’échalote, le poivron rouge et le cumin) et passer au chinois pour obtenir l’eau de tomate. Passer à l’étamine et prélever l’écume qui a pu se former. Saler, sucrer et ajouter une branche de basilic, deux ou trois feuilles de menthe poivrée et laisser infuser. Filtrer puis réserver.

 

Moshi de fromage

Passer la crème de fromage de la Manche et le lait au mixeur, saler et sucrer. Ajouter la carraghénane iota et émulsionner jusqu’à obtention de la texture désirée sans trop épaissir. Mettre la sauce dans une bouteille biberon et confectionner les médaillons avec un bain d’alginate d’une part et d’autre part un bain d’eau minérale pure pour retirer l’excès d’alginate. La proportion d’alginate dans le bain sera de 5g par litre d’eau minérale.

 

Présentation

Disposer le moshi de de fromage au centre de l’assiette et par-dessus le fromage à l’ail, les fèves de cacao, la sarriette, le thym et la fleur de romarin. Au moment de servir, ajouter les croûtons à l’ail et couvrir le fond de l’assiette avec du mojete bien frais.

Fermez le ban.

 

C’est beau (voir photo).

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Mais c’est beau si c’est fait l’équipe de Manuel de la Osa du restaurant Las Rejas (une étoile au Michelin) situé à Las Pedeoňeras, province de Cuenca (Centre-est de l’Espagne). Imaginez le carnage si c’est réalisé par moi ou 95% des pékins ou des pékines qui ont reçu comme moi la plaquette SPAINGOURMETOUR, pur produit de l’ICEX officine du secrétariat d’Etat au tourisme et au commerce, ministère de l’Industrie, du Tourisme et du Commerce d’Espagne.

 

Très franchement je voudrais que ces braves fonctionnaires de l’ICEX m’expliquent ce qu’ils visent : faire joli, promotionner un restaurateur (ce que je peux comprendre) mais tout de même le but d’une description de recette dans un magazine c’est que les pékins et les pékines de mon acabit soit en mesure de la réaliser sans se ridiculiser. Là, je mets au défi monsieur et madame tout le monde de se faire un petit Mojete Manchego con queso sans prendre des risques inconsidérés. Cette cuisine à l’assiette qui privilégie la présentation, ce qui ne signifie que ce qui est dans l’assiette ne soit pas bon, n’est pas une cuisine de ménage et elle est quasiment intransmissible.

 

Ma Pasta e fagioli, pur produit de la cuisine de Roberta Pianaro la vénitienne, elle, elle est faisable par 100% des pékins et des pékines qui savent tout juste se faire cuire un oeuf. Pas la peine d’être équipé de machines compliquées ou de bouteille biberon, de se taper des courses pour dénicher de la carraghénane iota (gélifiant) et de l’alginate, de risquer de se planter lorsqu’il faudra la présenter à ses invités.

 

Tout ça pour vous dire que le fossé se creuse entre la cuisine chichiteuse de nos maîtres de la haute-cuisine et celle que l’on qualifie de ménage. Ce n’est même plus de l’élitisme c’est une inventivité dévoyée, surfaite, coupée de ses racines. Pour autant je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, car certains chefs savent encore nous nourrir et nous réjouir, mais je souligne une dérive qui démontre que cette cuisine-là, contrairement à ce qu’elle affirme, est bien loin de ses racines. Elle est décadente !

 

Du côté du vin :

 

- Les gens de l’ICEX recommande un Paso a Paso 2010 Vino de la Tierra sz Castilla des Bodegas Volver en affirmant que la fraîcheur de ce Verdejo se marie à merveille avec les notes acides de la tomate.

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- Donna Leon elle avec son commissaire Brunetti qui avec sa pasta e fagioli réclame à cor et à cri son « excellent Dolcetto » et comme il n’y en a plus envoie sa fille Chiara chez da Mori en acheter 3 bouteilles. Quand on aime on ne compte pas.

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 00:09

Avec Eva nous travaillons en pure télépathie, nul besoin entre nous deux de conférence de rédaction pour déterminer le choix du vin du mois. Le respect de la ligne éditoriale du Taulier pour Eva c’est l’équivalent du pilotage automatique. Nous sommes raccords naturellement (pour faire plaisir à nos amis naturopathes bien sûr) Et pourtant, dans nos jobs respectifs nous avons dû tous les deux, ces derniers temps, passer la surmultipliée, donc pas le temps de niaiser. Mais fidèle au poste, avec la dextérité diabolique qu’ont les filles d’aujourd’hui, à effleurer de leurs doigts agiles les écrans digitaux, Eva, en sautant allègrement par-dessus le périphérique, nous livre son vin du mois. Et, pour bien apporter la démonstration de ce que je viens d’écrire, sans concertation, elle apporte sa contribution à la même œuvre que le Taulier : la célébration d'une résurrection ICI link Bravo Eva et, vivement le mois de mai où tu feras ce qui te plaît, comme toujours d’ailleurs c’est ce qui fait, entre autre, tout ton charme !

photo EvaIl y est  des régions dans lesquelles, d’emblée, l’on n’irait pas vraiment chercher un bon vin. Des régions connues  pour d'autres choses, leurs paysages, leurs monuments, la gastronomie même. Et pourtant, en fouillant un peu, il est très possible d’y trouver de vraies petites merveilles.

 

Par exemple ? L'Auvergne !

Oui, l'Auvergne, j'adore !

 

Je l’adore pour la potée auvergnate, le petit salé aux lentilles vertes du Puy, le Cantal, la Fourme d'Ambert, le Salers, le Saint Nectaire ou encore le Bleu d'Auvergne… (J’ai faim...)

Non. Enfin, si, j'adore tous ces plats et tous ces fromages, je m'en régale  tel ce Saint-Nectaire fermier qu'une personne bien avisée m'a ramené lors de sa montée au bio de Montreuil... link Mais, en Auvergne, il y a aussi des vins qui valent le détour.


Ainsi, mon attention s'est portée un jour de dégustation sur les bouteilles de Jean Maupertuis. Des rouges gourmands et à un prix défiant toute concurrence, même chez certains cavistes à Paris. C'est dire. Et il n'est pas le seul à produire de très bonnes choses. Telle, une « Violette » de Patrick Bouju, du domaine la Bohème, même si  elle s'est mal présentée, j'ai bien envie d'y retourner et de goûter les différentes cuvées du domaine.


Revenons à Maupertuis. Du Gamay dans cette cuvée « Les Pierres Noires » de Jean Maupertuis. Le ShowViniste vous en apprendra davantage sur le domaine et ses différentes cuvées. link  photo54.JPG

Ces Pierres Noires sont, ma foi, très gourmandes. C'est du très beau, léger, élégant, ça pétille de fruits dans le nez et la bouche. Agréable, glouglou qui se boirait presque que pour lui-même. Pour moi c'est typiquement le genre de vins que je mettrais avec un peu de charcuterie, en guise d'apéritif presque ; charcuterie d'Auvergne, forcément. Finalement c'est même une bouteille de pique-nique, très top glouglou, 100 % torchable qui ne tape pas trop pour profiter du reste du repas. Et avec le printemps qui arrive, il va falloir que vous en mettiez de côté, des bouteilles de ce genre...

 

Alors, vous en mettrez de côté, des vins d'Auvergne ?

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : le vin du mois d'Eva
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 16:00

Juan Antonio Ruiz Jiménez : mais qui c’est celui-là me direz-vous ?

 

Rien qu’un petit monsieur qui m’envoya un soir du papier bleu : ICI link 

 

Loin de moi de tirer sur une ambulance mais comme cet après-midi en faisant un peu de rangement je suis tombé sur ce beau sourire (ci-dessous) j’ai décidé de le lui offrir en remerciement de son absolue mauvaise foi.

Jumilla-002.JPG Jumilla-001.JPG Mais d’où vient-il ce beau sourire ? D’ICI

  Jumilla 003

  Jumilla-004.JPG

JUMILLA

 

« Situés dans la région des hautes terres du Levant espagnol, une zone de transition entre les plaines de la Manche et les terres de la Méditerranée, les vignobles de Jumilla s'étendent à travers la ville de Jumilla, en Murcie, et six comtés du sud-est de la province d'Albacete : Ontur, Tobarra, Albatana, Hellin, Montealegre et Fuente Alamo.

Son territoire est situé à une hauteur d'entre 400 et 900 mètres, le climat continental est sec et dur, chaud l'été et froid pendant les courts hivers, et influencé par la Méditerranée, qui se trouve relativement proche. Ses sols calcaires sont bruns et roux, desserré, rocheux, et se sont développés à partir de l'affouillement des roches calcaires du Miocène des montagnes des alentours.

 

La principale variété de la région est le Monastrell. Il s'agit d'une variété noble, austère et robuste qui produit des petites grappes de petits raisins de couleur foncée et riches en sucres et en autres composants nobles. Le bons vins de Jumilla, que ce soient des rouges ou des rosés, sont élaborés avec au moins 85% de cette variété. C'est le cas du Clio.

 

Certains vins rouges jeunes sont obtenus par macération carbonique ou avec un élevage modéré. La plupart sont des vins de cépage de Monastrell mais parfois ils ont du Cencibel ou du Cabernet Sauvignon. Des vins de double pâte, des rosés fruités et des blancs sont également élaborés. Il y a aussi une ancienne tradition de produire de vins vieux de Monastrell, secs ou douces, très raffinés et avec un élevage très long. »

http://www.vinosdejumilla.org

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 00:09

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Et les grandes maisons psalmodiaient « assemblage, assemblage… » et la Champagne de la vigne vue de Paris ressemblait à une grande plage s’étendant à l’infini, dans les limites bien sûr du Décret no 2010-1441 du 22 novembre 2010 relatif à l’appellation d’origine contrôlée « Champagne ». Mais sous la plage y'a, non pas des pavés, ce ne serait pas convenable en ces lieux très convenables peuplés que de gens convenables, mais des pierres formant des clos. Ne me prenez pas pour un rigolo le monde  des Clos ne se limite pas au Clos Vougeot ni à celui de Tart, d’ailleurs le clos n’est pas un monopole (en précisant qu’un «clos monopole» n'appartient qu'à un seul propriétaire et ne produit qu'un seul vin ) bourguignon  même si on dénombre, en Bourgogne, des centaines de clos. Cela s'explique aisément puisque lorsqu'on épierre un vignoble, on réunit ces pierres en murgers qui peuvent faire office de murs. Certains clos ont disparu, le plus connu de tous, le Cloux des Cinq Journaux (cloux = clos) est devenu la Romanée-Conti !

 

Bref, comme le disait Pépin qui n’était pas bourguignon, des clos y’en a partout dans la France profonde des terroirs (cf. article bien documenté Clos de vignes en Saumurois link Mais, comme nous raffolons des lois&décrets, pays de droit romain, le clos coupe pas à sa définition par décret. Celui des clos n’est pas de première jeunesse puisqu’il est daté du 19 aout 1921 « C’est un endroit ceint, de murs ou non (haie, grillage) qu’un cavalier ne peut franchir avec sa monture. » Le vin qui porte le nom du Clos doit être produit avec des raisins issus exclusivement de cet endroit. En revanche tous les raisins du clos ne sont pas forcément utilisés dans la cuvée. Avec mon beau destrier noir je m'imagine sauter les murs des clos...

 

Comme le 16 avril, si je suis courageux, ou si je n’ai pas pris 3 ou 4 rendez-vous le même jour, je prendrai ma petite auto pour filer à Aÿ faire le beau à un pince-fesses où y’aura les sieurs Agrapart, Boulard, Tarlant and Co, et cerise sur le gâteau le tombeur de ces dames Olivier Borneuf, donc la fine fleur du champagne. Pour qu’ils ne prennent pas pour un ramenard de parigot buvant le champagne au goulot je me suis dit qu’une petite interro sur les clos champenois me permettrait de tenir le bon rang. En préalable à cet exercice que j’ai toujours détesté – je n’aimais que disserter – j’écluse deux clos qui sont à l’origine de l’un des vins les plus prestigieux de la Champagne, à savoir le clos Saint Jacques et le clos de la Chaude Terre (respectivement 21 et 24 ares) de la maison Bollinger, chère à mon ami Ghislain de Montgolfier, qui élabore sa cuvée « Vieilles Vignes française ».

 

J’exclu aussi le dernier né des clos : le clos Lanson car il décline le nom de sa maison. C’est le plus citadin car il est sis rue de Courlancy à Reims (1 ha de Chardonnay) et le plus people puisque depuis 2011 la marraine de la cuvée Clos Lanson est Adriana Karembeu

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Liste des Clos par ordre alphabétique

 

Clos d'Ambonnay 0.685 hectares

Clos des Bergeronneau 2.1 hectares

Le Clos des Bouveries : 3,53 hectares

Clos Cazals 3.7 hectares

Clos des Champions à Cumières

Clos des Chaulins Pargny-les-Reims

Clos des Faubourgs de Notre Dame , 25 ares

 Clos des Goisses, 5.8 hectares

Clos du Mesnil, 1.85 hectares ex Clos Tarin

Clos du Moulin 2.20 hectares : réunion de deux anciens clos Clos Allart et Clos du Moulin

Clos des Plants de chêne à Moussy

Le petit clos 8.48 ares

Clos Saint-Hilaire, 94 ares

Clos Virgile, 20 ares (Champagne Portier)   

 

Listes des maisons propriétaires par ordre alphabétique

 

Champagne Florent Bergeronneau-Marion

Champagne Billecart Salmon

Champagne Cattier

Champagne Cazals

Krug

Champagne Duval Leroy

Champagne Veuve Fourny

Champagne Leclerc-Brillant

Champagne Médot

Champagne José Michel

Champagne Philipponnat

Champagne Portier

Champagne Jean Vesselle

 

Jérôme Pérez sur la LPV note que le clos des Champions de Leclerc Brillant a disparu. « Ce n’est pas l’enceinte qui a disparu, mais la cuvée issue essentiellement de ce terroir ceint, pour des raisons qui sont totalement extérieures à la qualité du vin. Des cuvées de clos ont aussi disparu à l’occasion de changement de propriétaires ou de modifications structurelles de maison, comme le Clos des Chaulins, 68 ares (Médot). Mais d’autres sont à naître … »

 

Il s’interroge : « Le drame pour l’amateur, c’est bien l’inaccessibilité de deux de ces vins, ceux de la maison Krug, dont l’un est la cuvée la plus chère du monde, le Clos d’Ambonnay, dont le prix n’est atteint que par de rares vins allemands vendus aux enchères. On peut se demander quand même si un vin peut valoir les presque trois mille euros la bouteille, aussi bon qu’il soit, même s’il est bien entendu que dans tel cas, la qualité n’est pas le seul facteur à rentrer en compte. C’est un débat récurent et jamais achevé. Je n’ai pas goûté, ne sais pas si j’en aurai l’occasion, mais je ne crois pas être capable de déboucher une bouteille de ce prix. »

 

Il souligne « Certains de ces vins sont de véritables mythes aux yeux des amateurs passionnés, d’autres sont bien moins connus, mais malgré les différences très importantes de la superficie de ces Clos, ce sont tous des vins rares. »

 

Votre interro écrite

C’est simple vous appariez le nom des clos avec celui des maisons propriétaires, étant entendu que l’une d’elle en possède deux. Je ramasserai les copies et noterai sur 120 selon la méthode du Taulier. link et si par hasard une maison de champagne reconnaissante se dévouait nous récompenserions le ou la mieux noté.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 00:09

Domaine-de-La-Bégude---L'Irréductible-1 L’introduction dans le droit de nos appellations d’origine, sous la pression des allemands, de l’agrément d’un vin pour qu’il puisse revendiquer son appellation a été au mieux : un emplâtre sur une jambe de bois, au pire le ver dans le fruit. Comme j’aime à le répéter, et que je le répéterai à l’envi, l’AOC n’est pas un label de qualité, c’est comme son nom l’indique la certification contrôlée d’une origine liée au respect d’usages locaux, loyaux et constants. Le respect de ces usages codifiés dans un décret, dont le corpus était le fait des vignerons eux-mêmes, dans la zone délimitée et dans les parcelles identifiées, permettait d’apposer sur l’étiquette du vin le nom de l’appellation. Que voilà une belle simplicité qui n’a en rien nui au prestige des AOC à la française (rien que pour faire enrager Léon).


Bien au contraire c’est l’agrément qui a nui à cette renommée car il fut la conséquence du laxisme de la gestion des AOC en amont : obtention à tout va d’AOC, non-respect des conditions de production, j’en passe et des meilleures. Alors bien sûr lorsque les vannes sont grandes ouvertes il n’y a plus de limite au n’importe quoi. C’est alors qu’intervient la notion imbécile d’agrément. Le check-point, le poste de contrôle où il faut présenter ses papiers pour pouvoir passer la frontière entre l’ombre et la lumière. De plus, subtil raffinement à la française les gabelous étaient les vignerons eux-mêmes. Alors, avec des juges eux-mêmes parties, la procédure dites d’agrément s’est très vite transformée soit en passoire à gros trous, soit en une entreprise de vaste copinage, soit encore en un chemin de croix pour certains vignerons qui ne suivaient pas la même route que les maîtres du lieu. Le club des refusés devint très vite un lieu de contestataires talentueux : Marcel Richaud, château Le Puy et bien d’autres.


Mais comme dans notre beau pays nous adorons réformer par décret. Tout vient d’en haut en laissant accroire aux gens du bas qu’ils sont ainsi maîtres de leur destin. Suite aux grands débats du début des années 2000 initiés par la conjonction  de Cap 2010 et de la volonté de René Renou, président du CN Vins de l’INAO, de redonner aux AOC tout leur sens originel, les cartes furent soi-disant rebattues : réforme de l’agrément, réécriture des décrets… Pour quels résultats ? Je vous laisse juge car je n’ai nulle envie de revenir sur ces sujets que j’ai longuement traités et pour tout vous dire ça me gonfle car ce fut vraiment beaucoup de bruit pour rien. Sauf à engraisser des organismes extérieurs qui vivent grassement sur la bête. Alors réduire ce qui vient d’arriver à la Bégude « à la propension agaçante - qu’il y a en France - à toujours taper sur la tête des gens qui font bien » ou à des jalousies c’est attribuer à la démangeaison la cause de l’exzéma. Ce sont les causes de ces stupidités commises au nom d’une soi-disant typicité ou d’une recherche d’un certain air de famille entre les vins issus d’une même appellation. Tout vigneron, à qui nul reproche ne peut être fait dans son respect intelligent des conditions de production de l’appellation de ses raisins et de son vin, et si celui-ci est conforme analytiquement, est tout à fait fondé à revendiquer cette appellation. Je rêve me rétorqueront les janissaires qui mettent en coupe réglée les AOC depuis des décennies en défendant l’indéfendable, en réduisant leur combat à la défense des droits acquis de leurs mandants. Chacun reconnaîtra ici le portrait-type de ceux propulsés à des postes qu’ils n’auraient jamais dû obtenir si l'on avait tenu compte de leurs réelles compétences. L’empire soviétique s’est écroulé grâce au népotisme de ses dirigeants.


Ceci écrit, je rappelle à ces réformateurs en peau de lapin que leurs lignes Maginot destinées à retenir en leur sein des vins qui n’intéressent plus grand monde tout en restant agréés AOC ou AOP, et à en exclure d’autres qui trouvent facilement leur public, c’est le triomphe de la médiocrité. L’intelligence, l’inventivité, la tradition revisitée, se situera dans l’espace de liberté et non dans leur bocal syndical confiné et poussiéreux. Qu’ils se  remettent en mémoire le combat des dirigeants des vins de table lors du reflux des années 70-80 : déni de la réalité, radeau de la Méduse, arrimage à des analyses dépassées. La translation de la consommation du vin du populo vers des vins qui se disaient sortis de la cuisse de Jupiter n’a rien à voir avec le génie des susdits qui, tels les maréchaux soviétiques, s’accrochent des médailles pour des combats qu’ils n’ont pas gagnés. Au cours des débats des années 2000, où René Renou tenait le haut des estrades ce petit monde courageux s’est mis aux abris, attendant que l’orage passe, puis lorsqu’à nouveau l’horizon s’est dégagé pour eux, ils ont exercés leur art consommé de l’immobilisme.


Quand nous avons signés Cap 2010 les défis des vins français en 2002 nous tombâmes sous l’accusation de tuer tout à la fois nos belles AOC et le plus grand vin pays par la taille en prônant la clarté avec une trilogie simple : des AOC fidèles à leur héritage, des vins qui viennent de quelque part et les vins de l’espace de liberté baptisé Vin des cépages de France. Vous allez me rétorquer que la nouvelle classification AOP-IGP-Vin sans IG colle pile poil avec nos élucubrations. Sauf que les lignes n’ont pas bougées, on prend les mêmes et on recommence. Vive l’ambigüité qui plombe une grande part de nos vins d’AOC et d’IGP ! Reste les Vins de France qui peuvent être soit des vins subis, comme dans le cas de la Bégude qui se déclassent, ou des vins voulus qui revendiquent haut et fort leur spécificité, leur originalité. Avec une telle dynamique, de belles réussites, des vins originaux et demandés, cette catégorie peut gagner en notoriété et faire la nique aux ersatz des étages supérieurs. Reste à ceux qui ne savent que profiter, les opportunistes à ne pas la plomber en faisant un bassin déversoir, un dépotoir des invendus et des invendables des tenants du tout AOC ou d’IGP sans réalité.


Bienvenue au club Vin de France de l’excellent La Bégude un Bandol haut en couleur !

 

« C’est avec une pointe de tristesse que nous avons rempli le formulaire de déclassement de notre vin rosé de l’appellation Bandol. Certainement lassés d’être éconduits, on peut dire que c’est un peu l’histoire d’une déception amoureuse...

Depuis plusieurs années, l’obtention de l’agrément de notre rosé était devenue un parcours du combattant, obtenu in extremis après de nombreuses procédures administratives et d’interminables débats sur ce que doit être un rosé de Bandol. En effet, difficile de maintenir l’anonymat de nos vins couleur corail, parfaitement identifiables lors des dégustations d’agrément, au sein de rosés dont la transparence ne fait que s’exacerber, conformément à la mode actuelle. Étant vignerons depuis cinq générations, la mode nous importe peu.

Nos vins nous ressemblent, mais sont surtout le reflet de leur terroir, du climat, du millésime, sans artifice. Ce rosé nous semblait être une expression parmi tant d’autres de cette belle appellation. À ce titre, notre précédent millésime 2010, épuisé deux mois après sa mise en bouteille, avait d’ailleurs été refusé plusieurs fois a l’agrément et avait finalement pu se nommer Bandol, mais soumis à un avertissement. Un peu déconcertant quand on sait que nous sommes parmi ceux qui utilisent en plus forte proportion le mourvèdre, grand cépage de ce lieu, dans nos assemblages. N’ayant plus très envie d’être collés, ce n’est plus de notre âge, refusés une nouvelle fois pour non appartenance à la famille des vins de Bandol, nous lui avons trouvé une nouvelle famille : Vins de France. »

 

Guillaume et Soledad Tari

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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 16:00

Si les aiguilleurs du ciel ne sont plus en grève j’arriverai mercredi 4 en fin de matinée à Montpellier en Bombardier Canadair Régional Jet de la Compagnie Brit Air colonisée par Air France. Les hautes autorités du vignoble régional n’ont prévu ni tapis rouge, ni collier de fleurs, pour fêter mon grand retour sur le théâtre des opérations. Discrétion donc car le Taulier est ici invité par l’Association Vino Latino qui, comme son nom ne l’indique pas forcément, regroupe « des œnologues et agronomes, sérieux et professionnels » (c’est Vitisphère qui le dit) sur un sujet qu’il adore « Quelle hiérarchisation pour quels vins ? ». Une bonne douzaine d’intervenants dont Philippe Faure-Brac, Michel Chapoutier, Marc Dubernet, Roman Guibert… et c’est bibi qui ouvrira la deuxième partie intitulée : Témoignages de professionnels vers 5 heures de l’après-midi. 

Ronald-Searle-049.JPG Sur le programme, derrière mon patronyme et mon prénom, les organisateurs ont indiqué entre parenthèses : blogueur et rédacteur du rapport. Ma partition, genre figure imposée : Un plan B pour les vins du Languedoc-Roussillon ? me plonge, je l’avoue, dans un abime de perplexité. Sans ironie aucune je me suis dit : « c’est donc qu’il existait un plan A  mais je ne l’ai pas trouvé dans le rapport B… » Bon je sais bien qu’avec quelques individus, 6 très précisément, des gens qu’avaient plutôt tendance à faire du vin et à le vendre plutôt que d’être des professionnels de la Profession, nous avons signé un court document, dit note stratégique, baptisé « Cap 2010 le défi des vins français ». De cette note ma mémoire n’a retenu qu’une exhorte : « Agir plutôt que réagir » et la citation d’Henri BERGSON «J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » J’ai beaucoup d’admiration pour Bergson qui refusa d’accepter une mesure d’exception en sa faveur lors de l’application des lois raciales de Vichy aux professeurs juifs. Il démissionna de sa chaire au Collège de France et, malade, soutenu par deux amis, alla se faire inscrire comme Juif au commissariat de police.

 

Pour éclairer ma faible lanterne je me suis de nouveau référé à l’édito de Vitisphère, qu’est tout de même bien plus calé que moi sur le biotope des Languedociens. Qu’écrivait-il à propos de la hiérarchisation : « Regards croisés sur la problématique des vins méditerranéens. « La réflexion des participants ira inévitablement au-delà de la Méditerranée parce qu'elle pose la question de l'organisation, de l'avenir de nos sociétés. Faut-il classer au risque d'exclure? Faut-il hiérarchiser au risque de figer ? » Ouille, ouille, Jacquouille me suis-je dit dans ma petite Ford intérieure : si en plus il me faut délivrer des réflexions personnelles en me référant à l’avenir de nos sociétés ça va être une autre chanson. Que faire ? comme l’écrivait ce « bon » Vladimir Ilitch Oulianov Влади́мир Ильи́ч Улья́но plus connu sous le nom de Lénine Ле́нин. Me laisser aller à ma pente naturelle de danseur mondain et m’en tirer par un show très tango, tango, ou revêtir de nouveau ma tunique de bure de petit rapporteur pour prêcher dans le désert. À l’heure où j’écris je n’ai pas encore tranché. Tout dépendra du résultat des sondages : si les courbes se croisent : j’y va au combat !


Guy Marchand par jc761

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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 00:09

grand-boise-002.JPG La Chine, la Chine, les gens du vin s’y ruent et il  est bien loin le Petit Livre Rouge, cher au cœur du guide du Pous avant sa chute dans une autre forme de rouge, qui prenait le contre-pied des érudits chinois qui enseignaient que « Plus un homme s’accouplera avec des femmes différentes, mieux il appréciera l’acte de chair… » en décrétant « Faire l’amour est une maladie mentale qui entraîne une perte de temps et d’énergie. » Les vendeurs chinois de berlines de luxe milliardaires déposent dans la boîte à gants une notice expliquant comment... faire l'amour dans l'habitacle ! link Donc, gentils vendeurs de vins lisez-moi jusqu’au bout car je vous enseignerai l’art de marier les nids d’hirondelle, un des plus beaux fleurons de la gastronomie amoureuse chinoise, avec Jadis un grand blanc de Grand Boise. www.grandboise.com   eros_1.jpg

En Chine l’érotisme est aussi ancien que respectable, y coexistaient une sexualité purement littéraire considérée comme de l'érotisme, une sexualité liée à la peinture ou à la sculpture considérée comme de la pornographie, une sexualité médicale considérée comme de la prophylaxie et une sexualité alchimique liée à des pratiques ésotériques ou magico-mystiques. « Pour les lettrés chinois du temps jadis ces différents aspects n'étaient considérés que comme des manifestations différenciées du même principe. La sexualité, débarrassée des interdits tardifs, était beaucoup plus simplement perçue comme l'une des activités humaines essentielles permettant le plein épanouissement de l'individu dans la société. La société chinoise traditionnelle demeurait donc très libérale en ce qui est de la sexualité sous ses aspects les plus divers à l'exception d'un interdit majeur considéré comme un « crime inhumain» sanctionné par la peine de mort : l'inceste.

 

Le « Livre de l'histoire dynastique des Han antérieurs «  (Han Shu  de Ban Shu, compilé au premier siècle relate que ce fut le fils du prince Kiu, Ai Yang, qui fut le premier à faire peindre sur les murs de son palais des scènes érotiques. Cela lui permit, par la suite, de passer à la postérité comme l'inventeur du genre. Le terme « Ai Yang Hua » (Dessins de Ai Yang) désigna donc pour les lettrés, et pendant près de deux millénaires, les peintures et estampes érotiques. Par homophonie Ai Yang Hua signifiait également les «Fleurs (Hua) pour éduquer (Yang) l'amour (Ai) ». Encore de nos jours on désigne du terme fleuri (Hua) les lieux de plaisir... Un « bateau fleuri », une « maison fleurie », une « chambre fleurie «  signifient tout simplement un lupanar flottant, un lupanar terrestre et une chambre de passe.

eros_2.jpg  

Le « cœur de fleur » (Xin Hua) est l'une des multiples appellations populaires du vagin et une « fille fleur jaune » (Wang Hua Nu) est une vierge délurée. Dans le même esprit des « fleurs dans un nuage de fumée » (Yan Hua Zhai) ne sont autre chose qu'un lieu de perdition apprécié des marins où se cumulent jeu, boisson et sexe. Enfin, une référence, très littéraire, à l'homosexualité masculine trouve une expression très imagée dans le fait de « couper la manche fleurie » En effet, un jeune prince, cité dans le Livre des Odes  ou Canon des Poèmes  (Shi Jing), un des grands classiques, préféra trancher la manche de sa veste de brocard sur laquelle son compagnon s'était assoupi que de le réveiller. Plus populairement une « veste fleurie » (Hua Shang) désignera donc un homosexuel quelque peu fortuné.

 

Ce qui frappa surtout Marco Polo  lorsqu’il arriva en Chine, à la fin du XIIIe siècle, c’est le charme et la grâce des femmes de ce pays. C’est ce qu’il dit dans Le Livre des merveilles : « Les femmes sont d’une beauté remarquable, et fort expertes à séduire un homme par des discours flatteurs et appropriés,  de sorte que celui qui les a rencontrés une fois demeure comme étourdi et si fasciné par elles qu’il ne peut les oublier. Et si c’est un étranger et qu’il doit quitter la cité, il ne songe qu’à y retourner. »

 

Dans la très abondante littérature érotique chinoise il faut mettre en avant les « livres coussins » à consulter allongé sur son lit. Pino Correntini auteur de Cinq mille ans de cuisine érotique chez Robert Laffont 1992 indique que leur pouvoir de suggestion s’exerçait d’autant mieux que les amants avaient dégusté un bon petit plat aphrodisiaque. La posture dite « du chien de l’automne précoce » qui exige que des amants qu’ils s’accouplent en se plaçant dos à dos semble adéquate pour déguster le potage aux nids d’hirondelles mais plus problématique pour la suite.

 

Les nids d’hirondelle, un des plus beaux fleurons de la gastronomie amoureuse chinoise, sont constitués « par les filaments presque transparents d’une algue e mer odorante que les oiseaux « cimentent » avec une substance gélatineuse et blanchâtre qu’ils sécrètent à l’époque des amours. Les nids d’hirondelles les plus fins, ceux qu’apprécient tous les habitants du Céleste Empire, sont uniquement composés de cette  sécrétion et on les trouve dans les épiceries fines en boîte de 60 à 100 g, déjà lavés et prêts à l’emploi. »

                                                      POTAGE

                                      AUX NIDS D’HIRONDELLE

Pour deux personnes

1 petite boîte de nids d’hirondelle

½ l de bouillon de poule

½ l d’eau

10 à 1é champignons parfumés

 

Plongez les champignons parfumés dans le demi-litre d’eau et laissez-les macérer quelques heures.

Versez-les ensuite avec leur eau dans une grande casserole contenant déjà du bouillon de poule. Allumez le feu et portez à ébullition.

Retirez du feu dès le premier frémissement et plongez alors dans la casserole les nids d’hirondelle qui vont gonfler dans le bouillon et devenir opalescents. Laissez-les tremper pendant une heure et dégustez tiède.

 

Là-dessus faut-il boire quelque chose ? Oui, tout sauf du thé, c’est chaud et avec le potage rien ne vaut un grand Blanc donc un Grand Boise Jadis 100% Rolle. Pourquoi ? Je pourrais répondre parce que j’aime bien Olivier Dauga mais ce serait mal vu par la confrérie des cireurs de pompe qui viennent aux déjeuners de presse, d’abord pour manger, et puis ensuite  pour torchonner un papier pompé dans le dossier de presse. « Merde, coco je suis indépendant sur mon blog, ma plume n’est pas ma fourchette, elle ne me nourrit pas. Je ne fais de courte échelle mais je ménage la chèvre et le chou. Donc j’adore le Jadis de Grand Boise pour ses allures de jeune fille en fleurs, en robe longue, vaporeuse, tout juste ce qu’il faut de sérieuse, en ballerines, pimpante avec ce qu’il faut de piquant, une belle bouche, longue sensuelle, polissonne mais raffinée… une « fille fleur jaune » tout ce dont peut rêver un grand amateur de cuisine aphrodisiaque lisant un « livre coussin ». Avouez que ça à une autre allure que les éternels baratins sur l’accord mets-vins…

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 16:00

Je suis de parti pris : OUI ! Je l’assume…

 

Je suis groupie : NON ! Ce n’est pas le genre de la maison.

 

Je suis simplement fier et heureux d’avoir travaillé aux côtés d’un homme politique, homme d’État, serviteur du bien public, qui a de 81 ans Michel Rocard : un vieux monsieur plein d’allant, mais ménage-toi un peu Michel, moi et quelques autres nous tenons à te garder le plus longtemps possible.

 

Oui tu es un vieil homme politique, c’est même toi qui date tes débuts : « Le 12 mai 1945, j’ai décidé que je ferais de la politique. À l’époque, je n’avais pas 15 ans et la Seconde Guerre mondiale venait juste de se terminer. »

 

Je fais le compte : 66 ans de vie politique, c’est un beau bail !

 

Le pourquoi de cet engagement précoce ?

 

Michel est « éclaireur unioniste », scout protestant, et chaque dimanche en compagnie d’une vingtaine de ses camarades il se rendait « dans les splendides forêts proches de Paris pour apprendre à connaître la nature et pratiquer divers jeux collectifs. » Mais « Un jour, au cours du printemps 1945, notre chef de troupe nous apprit que la prochaine activité ne serait pas une balade en forêt, mais l’accueil de « déportés », des hommes et des femmes revenus de l’horreur. La guerre finissant, on commençait, en effet, à mesurer la nature et l’ampleur des abominations commises. »

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Un choc terrible

 

« Plusieurs matins de suite devant quelques grands immeubles parisiens (moi, c’était l’hôtel Lutétia), on devait d’abord attendre le retour des déportés affaiblis, presque incapables de marcher ; puis, il fallait les emmener à l’enregistrement, à la douche, au rasage des barbes ; enfin, nous étions chargés de les accompagner jusqu’aux lieux de leur logements provisoires

Une fois les cars arrivés, nous les jeunes avons découvert avec effarement des hommes été des femmes hagards portant encore des tenues à rayures, l’uniforme des camps. Ils donnaient une impression de totale désolation. Chez certains, dont les yeux vitreux se perdaient nulle part, on ne percevait plus de regard. Beaucoup éprouvait beaucoup de difficultés à parler, à se faire comprendre. Je me souviens qu’il fallait les aider en les tenant par le bras d’un appui très ferme, et jamais je n’ai oublié ces terribles images. »

 

Tout ça pour dire que Michel Rocard vient d’écrire un petit livre à l’attention des jeunes : La politique ça vous regarde chez gallimard jeunesse giboulées 10€. Si ça vous dit de l’offrir à une jeune pousse à la veille d’une nouvelle échéance, je vous le recommande.

 

Michel à deux profondes certitudes :

 

-         Il n’y a de politique efficace que compétente. La gestion des affaires publiques est très difficile. Les décisions à prendre sont complexes, variées, fréquemment entremêlées d’intérêts contradictoires. Et, si la politique relève sans doute de la vocation, elle ne saurait se pratiquer sans l’usage de nombreux savoirs, qu’il faut acquérir comme on apprend un métier. 

-         L’exercice du métier politique suppose de constamment faire des choix qui, en règle générale, ont une forte dimension morale y compris pour des questions relevant de la vie quotidienne. Bien entendu, l’information détaillée et la réflexion permettent de décider en fonction de différents critères. Mais la morale devrait toujours rester le socle déterminant de l’action.

 

Faute de respecter ces deux principesla compétence et un code éthique –, la politique devient aveugle et peut vite dériver vers des chemins dangereux.

 

Aujourd’hui, nous ne vivons plus chez nous daans une situation dramatique similaire à celle d’une guerre avec son lot de souffrances criantes. Mais nous traversons une période de crise indéniable, en particulier financière, qui laisse planer beaucoup de peur et d’incertitudes. Du coup, même s’il existe des mouvements de protestation (par exemple, chez les jeunes, celui des « indignés »), l’envie de faire de la politique et de s’y engager pleinement diminue. Ou alors, trop de gens la conçoivent comme un moyen de promotion, voire comme une possibilité de se procurer de l’argent facile. Ce n’est pas admissible. »

 

Meilleure santé à toi Michel, fais ça pour ceux qui te sont chers, un peu aussi pour moi et pour tous ceux qui pensent que ta voix porte une parole d’homme de bonne volonté...

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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