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             l'espace de liberté

 

 

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.

Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme à ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.   

 

 

 

 

Photo du Taulier de Ludovic Carème © http://www.ludoviccareme.com/ 




 

Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 09:00

J’avoue, je fais un nouveau coming out, j’ai un grain, un gros grain (hommage à ma mère couturière) de folie et j’ose écrire que j’en suis très fier quand je croise certains petits notaires étriqués de la blogosphère à la plume érodée. C’est clair comme dit l’amie Claire !


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C’est par elle que le scandale est arrivé, qu’elle en soit remerciée de m’avoir projeté dans l’univers des anti-notaires de Socialter !


Qu’est-ce donc que cette histoire « d’anti-notaires » ?


Un coup des nouveaux zazous du XXIe siècle !


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Se référer aux zazous, pour mes jeunes amis de Socialter équivaut à une plongée en apnée dans la préhistoire mais lorsque j’étais en culottes courtes le zazou fut pour moi la référence absolue à l’anticonformisme.


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Pensez-donc, ces jeunes gens, sous l’Occupation, lorsque les lois raciales de Pétain obligèrent les Juifs à porter l'étoile jaune, un certain nombre de zazous, par défi, s'affichèrent avec une étoile jaune marquée Zazou, Swing ou Goy. Ils furent arrêtés et conduits au camp de Drancy avant d'être relâchés.


Et puis, moi qui suis très chiffons, ces zazous par bravade portaient des vêtements trop longs à une période où le tissu était rationné, gardaient les cheveux longs alors qu'un décret vichyste faisait des cheveux récupérés chez le coiffeur une matière première d'intérêt public pour la confection de pantoufles. Enfin, ils mettaient un point d'honneur à être toujours équipés d'un parapluie qu'ils n'ouvraient jamais.


Aux faits, aux faits, Berthomeau, accouche de ta pensée fumeuse : pourquoi qualifies-tu ces jeunes pousses de Socialter d’anti-notaires ?


C’est la faute à Johnny Hess qui a utilisé le terme de zazou la première fois en France en 1938 dans sa chanson ils sont zazous!


Un jour un brave notaire/De son pays débarquant/Venait pour de grosses affaires/De legs et de testaments/Il avait l'allure très digne/Mais comme les modes de maintenant/Ont à peu près la même ligne/Que celle de dix-neuf cent/Deux jeunes zazous s'écrièrent en l'apercevant/ « Ce qu'il fait distingué/Son col haut de dix-huit pieds/Ah ! C' qu'il est zazou !/Il a, ce brave notaire, /L' veston qui traîne, traîne par terre/Ah ! C' qu'il est zazou ! »/Il ne se doutait pas, ce très digne notaire, /Qu'il pouvait être à ce point zazou/Car tous ses vêtements lui venaient de son grand-père/Le col, le veston, et tout, et tout/Il fut tout étonné/De s' voir ainsi remarqué/Par tous les zazous…

 

Vous l’avez compris, pour moi le notaire est l’archétype du conservateur, tout comme le conservateur des hypothèques, ça sent la poussière, tout le contraire de mes loulous de Socialter !


Démonstration foutraque s’il en est mais que voulez-vous, à mon âge, on ne se refait pas. Les chemins de traverse c’est mon nirvana surtout lorsqu’ils me font tomber nez à nez avec des jeunes qui me remuent les méninges.


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Pour fêter la sortie du N°4 de Socialter Travail l’éclate totale, mes anti-notaires avaient choisis la meilleure et la plus haute tanière de Paris : le Lapin Blanc !


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Il faisait beau, Paris sentait le sable chaud, sur ma flèche d’argent je pédalais élégamment, altier et fier, même si à mi-pente de la rue pentue de Ménilmontant je reprenais mon souffle en une autre tanière pleine de livres Le Monte en l’air link 


Cette symphonie en R divers m’allait bien au teint tout comme à l’édito de Socialter qui nous exhortait : Prenez l’air !


Bouffée d’oxygène, ils sont jeunes et beaux, au féminin comme au masculin, un verre à la main, y’avait même notre Antonin et son petit frère Nicolas qui signe des papiers dans Socialter. Y’avait  aussi l’ami Jérémie link, Olivier le rédac-chef, ceux par qui, avec une petite poignée de passionnés, Socialter est né et prospère en âge et en sagesse.


C’était beau, trop beau pour travailler du côté de votre Taulier qui se plaisait à bavasser en sirotant du Jo Pithon et du Landra pur jus tout droit venus de chez l'ami Philippe link


Allais-je en fin de soirée entonner un avec Diana Filippova « Lâchez-nous avec la valeur travail ! » ?


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Bien sûr que non puisque moi, pur produit des années dites glorieuses, je ne suis tout juste bon qu'à chanter « le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver… »


Le mieux que vous puissiez faire c’est d’acheter Socialter, je vous assure qu’il y a matière à réfléchir.


Croyez-moi elle se lâche Diana : l’éclate totale !


Des morceaux choisis :


-        « Vous affirmez que le travail est la voie de conquête de notre liberté et de notre indépendance. Nous constatons que les conditions du travail s’améliorent uniquement pour une mince couche de super-héros… »


-        « Nous cherchons en vain autour de nous les quelques survivants de ce paradis perdu du siècle dernier. »


-        « Aujourd’hui, votre discours a perdu le ton enjoué du siècle dernier et s’est teinté d’intonations culpabilisantes, moralisatrices, prescriptrices. Il faut travailler à tout prix, dites-vous, car l’effort mène au salut psychologique et que l’inactivité condamne notre société à l’assistanat permanent. »


-        « Au fond vous vous réjouissez de savoir que faire travailler les autres coûte de moins en moins cher tandis que ces autres produisent de plus en plus… »


Et moi pendant ce temps-là je me gavais des burgers de Claire en sirotant les verres de jaja de l’amie Gaëlle


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Le temps était venu pour moi de passer aux choses sérieuses : me transformer en reporter de Socialter !


Travailler : l’éclate totale quoi !


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 00:09

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« Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi, la femme est l'avenir de l'homme, au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme. »


Louis Aragon - 1897-1982 - Commentaire au Fou d'Elsa - 1963


 

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« Il y a peu l’éclectique Taulier évoquait  le plaisir d’un Jean Pierre MARIELLE fasciné par le spectacle qui s’offre à la vue d’un observateur assis en terrasse de café.


Aussitôt Monsieur MOIJE de revendiquer un pareil plaisir et Monsieur PLUS de surenchérir en s’attribuant la qualité de RETROVOYEUR tout en annonçant au Taulier une éventuelle chronique. Comme je n’ai pas perdu mon permis ni beaucoup de point : la voici.


 

Durée du trajet de Lutzelhouse à Strasbourg pour me rendre à l’agence : ½ de voiture ; tout dépend de l’horaire.


En effet c’est plus souvent ¾ d’heure/1h.


Et me voilà, roulant au pas, comptant le nombre de fois que la voiture de coté m’a dépassé


Et combien de fois je l’ai rattrapé.


Mais pour éviter les carambolages, l’œil surtout fixé sur le rétroviseur (pour la voiture qui me précède  je garde toujours, même au pas, la distance recommandée  - perdre mon bonus pour un froissage de tôle, pas pour moi)


 

Ce rétroviseur, faite l’expérience, devient un écran ou la conductrice de la voiture qui vous suit, s’invite dans votre véhicule.


 

Que le spectacle commence ! Allez Mesdames : toutes en scène !


 

Attention, on ne va pas ironiser à l’aide de lieux communs et recenser les diverses manières de traiter son nez. Non, ces précieuses conductrices nous font trop rêver.


 

Il y a celle qui longuement se coiffe ou se recoiffe.


Celle qui, tout aussi longuement, joue avec ses cheveux.


Celle qui, pratique, fume fenêtre ouverte (on ne va pas enfumer la voiture et remplir un cendrier qu’il faudra vider !)


Celle qui téléphone.


Celle qui téléphone et qui fume. « Pendant ce temps qui tient le volant ? » interrogeait une affiche de la prévention routière allemande.


Celle qui dodeline de la tête avec ou sans écouteurs vissés aux oreilles.


Celle qui finit son maquillage.


Celle qui mange : l’impasse sur un petit déjeuner à rattraper ?


Celle qui porte un chapeau. Ah non, aucune femme ne porte plus de chapeau de nos jours.


Elles sortent « en cheveux » comme disait ma grand-mère. A leurs défenses, les habitacles des voitures modernes sont trop bas et il ne viendrait à l’esprit d’aucun « créatif » de prendre comme argument de vente la hauteur d’un habitacle permettant le port du chapeau !


Il y a encore celle qui marmonne, chantonne ? Allez savoir : peut-être utilise-t-elle un «  kit mains libre » ?


Celle qui affiche une étrange mais sympathique coiffure. Ah non ! C’est l’appui tête sombre qui dépasse de part et d’autre.


Celle qui tripatouille le siège passager vide : un dossier à consulter ?


Celle qui bavarde avec les enfants sur le siège arrière et ne peut s’empêcher de tourner la tête à chaque réplique.


Celle qui parle avec son passager de droite, avec le même tic.


Celles qui font l’un ou l’autre mais sans jamais quitter la route des yeux comme si un torticolis avait bloqué leurs cervicales.


Celle qui disparaît régulièrement derrière le tableau de bord apparemment occupée sur le plancher du véhicule.


Celle qui, quel que soit son âge affiche un comportement de collégienne jusqu'à ce que l’on remarque, au détour d’un  changement de file, un grand A rouge à l’arrière de sa voiture.


Celle qui affiche une tête curieuse comme si elle avait repéré votre manège. Il n’en est rien : un regard vers la voiture qui vous précède vous confirme qu’on ne peut savoir ce que le conducteur fait de son rétroviseur.

 

 

Celle dont le véhicule ne semble pas correspondre à son allure.


Celle qui, comme un mec, vous sert de près et vous fait des appels de phares insistants alors que tout est bloqué devant, sur de km.


Celle qui, désinvolte, tient son volant d’une main décontractée.


Celle qui le tient, comme appris à l’auto-école, « une main à 11h L’autre à 13h »

Celle qui porte de larges lunettes de soleil : non ce n’est pas une star égarée.


Celle qui a tiré le rideau, pardon, qui a baissé son pare soleil vous privant, certes, de spectacle, mais enflamme encore plus votre imagination : un agent secret ? un détective privé ?


Celle qui vous fait un large sourire quand vous la remerciez d’un geste de la main de vous avoir permis de changer de file …et de quitter  l’autoroute et ce spectacle jusqu’au lendemain


 

Strasbourg le 23 mars 2014

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : écrits des autres
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Jeudi 10 avril 2014 4 10 /04 /Avr /2014 09:26

Au cours de nos années Assemblée Nationale, à partir de juin 1981, Guy et moi, nous nous retrouvions souvent à la buvette du palais Bourbon le matin autour de ses fameux macarons ou le plus souvent au cœur de la nuit pour casser une graine en buvant un verre.


Ce compagnonnage amical, qui s’est ensuite poursuivi au 78 rue de Varenne, où notre Michel Rocard avait déposé son cartable, a instillé en moi ce qui me faisait grandement défaut, savoir conjuguer légèreté et sérieux, ne pas céder à la tyrannie de l’opinion, revendiquer le droit de penser tout seul et face au conformisme des mœurs la liberté de suivre une autre route qu'eux. C’est un bien précieux, son legs, que je me suis toujours efforcé de cultiver.


Guy nous a quitté à l'âge de 62 ans le 27 mai de l’an dernier, lors d'un voyage en Russie link. Un colloque en hommage est organisé au Conseil constitutionnel ce jour…

 

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« Ainsi se dessine le profil de juriste qu’était Guy Carcassonne. Il appartenait à la lignée des grands professeurs français qui furent aussi de grands jurisconsultes. Leurs qualités premières sont la clarté de la langue, la capacité à discerner le problème juridique inédit dans une affaire et à trouver la solution au problème ainsi posé – bref, ce qu’on pourrait appeler un pragmatisme juridique. Il est très significatif que le doyen Vedel lui légua sa robe de professeur car il discerna en lui son digne héritier, saisissant son talent de jurisconsulte. Mais il avait surtout apprécié que Guy Carcassonne soit un grand professeur d’Université, considérant que sa fonction première, la plus noble, était de faire de bons cours devant des étudiants dans les premiers cycles. Il l’a fait, toute sa carrière durant, quelles que fussent ses nombreuses occupations extérieures. Là encore, la filiation avec le Doyen Vedel est évidente, celui-ci disant que le vrai professeur d’université devait cesser toute activité face à une demande pressante d’un étudiant. L’émotion qui a saisi son Université d’appartenance, Nanterre, démontrerait à elle seule que la première fidélité de Guy allait à son université et à ses étudiants. Si l’on voulait aussi poursuivre cette recherche de filiation, on ne manquerait pas de relever la parenté, d’une part, avec Gaston Jèze, non seulement parce que ce dernier fut le premier grand professeur de droit à endosser ce rôle du juriste « expert » et « consultant », mais aussi parce que c’était un professeur progressiste, anticonformiste, et donc marginal par certains côtés, et, d’autre part, avec Joseph Barthélémy, – entendons par là le professeur qui révolutionna les manuels de droit constitutionnel , en 1926, avec son Traité élémentaire, et non pas le ministre de la justice sous Vichy.

Quant à l’homme, les qualités de Guy ont été dressées dans les hommages rendus publiquement par ses plus proches amis, et probablement le plus proche, Olivier Duhamel. Trois mots le caractérisent : générosité, fidélité et liberté. Générosité car, malgré un emploi du temps surchargé, il ne refusait jamais la soutenance de thèse ou le colloque où on le conviait. Fidélité à ses amis, mais aussi à son université, celle où il fit ses études et où il devint professeur, illustrant sa discipline. Enfin, la liberté : c’est cette liberté qu’il goûtait le plus dans le métier de professeur d’université. Dans un de ses plus brillants articles de la revue Pouvoirs, il s’inquiétait de l’état des libertés en France, à juste titre ; face à la tyrannie de l’opinion, il revendiquait le droit de penser tout seul et face au conformisme des mœurs, il revendiquait, tout aussi bien le droit de droit de fumer son cigare. Un tel homme ne pouvait laisser personne indifférent. »

 

Olivier Beaud link

 

L'hommage de son ami Olivier Duhamel link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 10 avril 2014 4 10 /04 /Avr /2014 00:09

1-      La quatrième édition concours national des vins à Indication géographique protégée s’est tenue à Nantes jeudi dernier. Elle a accueilli les 88 membres du jury, jeudi dernier. La moitié de ces jurés proviennent de la vallée de la Loire et sont œnologues, cavistes, restaurateurs ou vignerons… indique le communiqué de presse.


Faux sur les 88 jurés, il y avait un amateur de Division d’Honneur de la Région Parisienne qui a écrit récemment au Taulier à propos de sa chronique sur les beaux nez link « Tu négliges une chose importante mon bon Taulier: le plaisir qu'on peut prendre à sentir les vins. Sans théâtraliser, sans l'exprimer par des mots, j'ai toujours un immense plaisir à mettre mon gros nez dans un verre de vin. »


Les services du nouveau premier Ministre l’ont repéré sur une photo alors qu’il officiait clandestinement, un jour ouvré dans la ville de l’ancien Premier Ministre.

 

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2-      Le REX existe le Taulier ne l’a pas inventé.


« Nos curés combattaient l'influence pernicieuse du cinéma, et se méfiaient de la promiscuité des salles obscures : le mauvais exemple n’était pas que sur l’écran, il est aussi dans la salle même au Rex de la Mothe-Achard, les couples du fond de la salle et plus encore ceux du pigeonnier se bécotaient, et parfois plus encore, ce qui provoquait des interruptions soudaines de la projection afin d’éclairer la salle pour surprendre les contrevenants. » link


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C'est un tableau d'Henri-Pierre Troussicot, mothais comme le Taulier link

 

3-      Pour qui sonne le glas de l’Angélus : le Taulier y était incognito


Le sieur Philippe Cuq, le caviste de référence de Paris  écrivait« Il y a quelques mois, j'organisai une dégustation pour une quinzaine de novices, sans a priori et peu connaisseurs du monde du vin. Parmi les six bordeaux présentés, visant à montrer l'étendue de la richesse de cette région parfois maltraitée (souvent parce qu'ils ont tendu le bâton pour se faire battre, d'ailleurs), deux sortirent du lot. Un pomerol 2002 du Château Bon Pasteur et un vin de France Planquette 2009 du médoc. Deux profils différents, deux approches différentes et des raisons différentes pour enthousiasmer les néo-dégustateur : finesse, soyeux, profondeur, longueur, accessibilité pour l'un, et pour l'autre fruité, clarté, puissance (oui, ensemble), sensation de "vin complet". Ce sont leurs mots. Je n'étais que le passeur, et j'aborde la dégustation non pas comme un cours magistral mais comme une démarche construite pour maximiser son propre plaisir et pour le faire partager.


Vous comprendrez donc que lorsqu'il m'a été proposé de participer et d'accueillir une dégustation à l'aveugle sur trois bordeaux 2010, je n'ai évidemment pas hésité et convié quelques amis hétéroclites - mais de bon aloi - à venir faire le test.


Il s'agissait du Grand vin du Château Reignac, en Bordeaux Supérieur (20 à 25€), d'Angélus (récemment promu Grand Cru Classé A, le top du top dans le classement des Saint-Emilion, 290 à 350€) et de la cuvée "1901" du Château Beauséjour, en montagne-saint-émilion (aux alentours de 45€). Tous trois sur le millésime 2010. link 


Invité par l’ami Philippe j’y étais mais fidèle à ma jurisprudence constante je ne participe jamais à un exercice de dégustation avec démonstration filmée. Ce n’est pas mon affaire. Cependant, pour faire plaisir, je me suis soumis, à l’aveugle, à la « goûtaison » de ces 3 flacons dans l’ordre imparti.


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Mon ordre fut en 1er Château Beauséjour qui portait le n°2 ; en 2Château Reignac qui portait le n°3 et en dernier Angélus placé en n°1.


J’avoue avoir fait la grimace en goûtant le verre n°1, grand ignorant que je suis de la valeur de ce nectar qui effleurait mes papilles. J’ai craché. Tout ça n’a que peu d’importance sauf à remettre le sieur Pousson, qui adore penser à ma place d'ignare parigot tête de veau, à sa juste place.


4-      Pour le retour de Jean-Marc Ayrault dans sa bonne ville de Nantes offrons-lui un p’tit coup de Muscadet du domaine de l’Ecu de Guy Bossard, le monsieur Jourdain de la biodynamie.

 

Jean-Marc Ayrault fut membre du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne. En 1971, il emménage avec sa famille à Saint Herblain au Sillon de Bretagne, immeuble qu'ils habiteront jusqu'à ce qu'il soit élu Maire de Nantes en 1989. Membre de la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand. C'est dans ce cadre qu'il participe à la préparation du congrès d'Épinay, en apportant sa voix à la motion Poperen (la gauche du futur PS avec les zozos du CERES de Chevènement). Il fut ensuite un bon maire de Nantes.

 

J’en reste-là et je passe la plume à Gérard Mutaud d‘In Muteaud Veritas. « J’ai toujours eu pour l’appellation "Muscadet" – comme pour les crus du Beaujolais – une affection particulière que mes amis bordelais soupçonnent d’être teintée d’idéologie. »link

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU
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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 10:00

« On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même… » S’envoyer des fleurs ne fait de tort à personne si ce n’est permettre à ses détracteurs d’épancher leur excédent de bile. Ça leur fait du bien et ça ne mange pas de pain.


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ACTE1


Oui, ne leur en déplaise, le 15 mars 2012, je chroniquais : « Non l’ANPAA n’a pas définitivement gagné dans l’affaire qui l’oppose à la publicité du CIVB »


L’ANPAA a-t-elle définitivement gagné la partie dans cette affaire ?

 

La réponse est non, l’affaire n’est pas pliée.


En effet, la Cour de Cassation juge le droit « la cour d’appel a violé le texte susvisé » l’article L. 3323-4 du code de la santé publique dans sa rédaction issue de la loi n° 2005-157 du 23 février 2005.


CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 26 février 2010, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles.


 

Mais il faut souligner, pour les petits loups et louves consternés, que la cour d’appel de Versailles n’est pas liée par l’arrêt n° 215 du 23 février 2012 (10-17.887) de la Première chambre civile de la Cour de Cassation.


 

Si celle-ci, comme la Cour d’Appel de Paris, confirme le jugement du 19 décembre 2006 du TGI de Paris 4ième chambre 1ier section, et que son arrêt de renvoi est de nouveau attaqué par les mêmes moyens, le pourvoi sera examiné par l'Assemblée plénière de la Cour de Cassation (le Premier Président plus trois représentants de chaque chambre: le président, le doyen et un conseiller). Après cet arrêt solennel, en cas de nouvelle cassation, la nouvelle cour de renvoi devra s'incliner.


Pour mémoire je vous rappelle les considérants de la Cour d’Appel de Paris: link 


ACTE2


« La cour d'appel de Versailles a confirmé, le 3 avril dernier, que la campagne de publicité « Portraits de vignerons » ne contrevient pas aux dispositions du Code de la santé publique. Lancée par le CIVB, cette campagne d'affichage mettait en scène des professionnels de la filière vitivinicole, verre à la main et sourire aux lèvres, censés véhiculer l'image d'un univers du vin moderne, investi par les jeunes et ouvert aux femmes. La cour a considéré que « les annonceurs ne peuvent évidemment être tenus, sous le prétexte de satisfaire aux exigences légales, de représenter des professionnels grincheux, au physique déplaisant et paraissant dubitatifs, afin d'éviter au consommateur toute tentation d'excès ». Voilà pour la forme. Sur le fond, il y a lieu d'espérer, en attendant l'examen de la prochaine loi de santé publique prévue à l'été 2014, la cour ayant conclu que la démarche du CIVB est « pleinement en accord avec les dispositions légales autorisant une référence aux facteurs humains liés à une appellation d'origine ».


ACTE3


« Pour l’heure, l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (l’ANPAA) que nous avons jointe en ce début d’après-midi nous a affirmé: « pour le moment, on étudie la décision, on ne sait pas si on va se pourvoir devant la Cour de Cassation ».

 

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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 00:09

Je ne sais pourquoi en ce moment « La forêt » me gagne, me cerne, m’enserre, m’envahit…


Parfois il me prend des envies de commettre une somme titrée « De la forêt »


Ne souriez pas, n’y voyez aucune malice, aucun sous-entendu phonétique, c’est ainsi, au travail je suis entouré de forestiers : les Ingénieurs des Ponts, des Eaux et des Forêts, longtemps j’ai habité seul en pleine forêt au seuil du massif d’Ermenonville et, comme l’écrit Sébastien Argand la forêt « incarne le juste équilibre, la symbiose, le bonheur (…) c’est la plus grande matrice d’humus. »


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Haute sérénité proclamait Francis Blanche dans son sketch culte avec Pierre Dac. Pour la retrouver j’ai décidé de m’adresser à 2 sages, 2 Jacques.


Le premier, sans ordre protocolaire, c’est le sieur Dupont, que pour l’occasion j’ai gratifié du titre de scieur de long, depuis qu’il a entrepris l’éradication de la langue de bois.


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« En ces périodes dominées par la politique intérieure, élections, remaniement, déclaration de bonnes intentions et coups de menton, refleurit - c'est le printemps - cette délicieuse langue de bois qui fait se redresser les vieilles promesses et les lendemains enchantés.


Le « microcosme », comme le dénonçait Raymond Barre, n'a pas le monopole du discours prêt-à-parler qui convient à toute situation et entretient les bonnes relations du sol au plafond. Raymond Barre disait aussi qu'il préférait « être impopulaire qu'irresponsable ».


À Bordeaux, tous ceux qui annoncent aux consommateurs que « certes le millésime fut difficile mais qu'on y trouvera des vins excellents, lalalère... » feraient bien de s'appliquer la formule barriste. Le millésime 2013, ce n'est ni 2004 ni 2002, comme on a pu l'entendre ou le lire ici ou là. Des millésimes de moyenne garde mais délicieux ! C'est davantage 1984 avec une bien meilleure maîtrise viticole de la part des vignerons. Point. (Mauvaise floraison en 1984, désastreuse sur les merlots et une fin d'été sous la flotte...) link 

 

Le second, c’est Jacques Perrin, que je n’ai aucun mérite à qualifier de philosophe car il l’est. J’aime beaucoup ce qu’il a écrit lors de sa première journée dans le Médoc, le vendredi 28 mars. « Douceur et soleil généreux » prédisait la météo, il a un peu de temps devant lui, improvisait direction Soussans, rue du Grand Soussans (merci au GPS)


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« J’avais vaguement entendu parler d’une petite propriété dont personne ne parle. Un Margaux idiosyncrasique. Un vin d’un autre âge peut-être. J’appelle depuis la route. Le propriétaire est dans ses vignes. Il me verra venir de loin. « Je serai là  dans un quart d’heure ! » lui dis-je. Quelques vignes. Un hangar avec une porte lilas. C’est là !


M. Jarousseau, le propriétaire, est dans la vigne voisine. Une parcelle de cabernet d’une cinquantaine d’années. L’état des lieux est rapide : 2 ha de vignes au total, sur Soussans, sur Tayac, et à Virefougasse, « à côté des vignes de Boyer ! » Nous sommes ici au lieu-dit « Bigos », alors ça s’appelle le Clos de Bigos » explique M. Jarousseau, un septuagénaire buriné qui n’a jamais dû croiser le chemin du grand Bob ou de l’un de ses épigones.


Je visite les installations. Impeccables. Un petit cuvier. Un égrappoir à la main, comme autrefois. Un chai de poupée. « On peut goûter le 2013 ? » Absolument exquis ! Un vin floral et délicat, bien né, bien élevé. Surprise ! Le 2011 entrouvre de belles perspectives. Droit, ferme et nuancé. Aux antipodes des sophistications et de la rhétorique qui a cours alentours, il exprime une vérité simple et savoureuse. Celle du cru artisan que l’on apprécie à table, commensal fidèle et soucieux d’épouser le gigot ou la lamproie. » link

 

 

Reste le dernier, le Taulier, un ramier, incapable de produire une ligne  qui vaille lorsqu’il s’aventure dans l’immense maquis dégustatif. Alors que fait-il le bougre : des photos…


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Mardi 8 avril 2014 2 08 /04 /Avr /2014 10:00

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Dans le Monde culture d’hier Véronique Mortaigne nous offre un très bel article « Catherine Ringer : gouaille, chignon et bandonéon »


« Le tango n'est pas mort avec Gardel, ni même avec Piazzolla (…) Avec l'album Plaza Francia, paru lundi 7 avril, Eduardo Makaroff et Christophe Müller, deux des fondateurs du groupe Gotan Project, poursuivent leur entreprise de rénovation du tango »


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« Catherine Ringer, devenue ici la chanteuse officielle du groupe Plaza Francia (...)


La Ringer en tanguera ?


Pas exactement. « Nous voulions cette fois incurver le tango cancion, le « tango chanté » qui est au centre de nos intérêts vers la pop, le rock. Nous avons cherché à transposer les rythmes, antinomiques. Puis, nous avons cherché une voix féminine, et Catherine s'est imposée. » En rock star. »


« Fin mars, le label Because Music (…) avait organisé le lancement du disque dans les vastes salons du Chalet du lac, dans le bois de Vincennes – parquet de danse, velours rouge, lustres et candélabres (…) Catherine Ringer étonne alors. Son espagnol est impeccable, elle joue, elle est une magnifique interprète, en hauts talons et châles. Et chignon (…) Ringer a dépassé son rôle de star du rock depuis longtemps. Elle aime les mots, les musiques, elle en fait un théâtre. »


« Marcia Baila, premier tube des Rita Mitsouko, racontait l'histoire vraie d'une jeune chorégraphe argentine terrassée à Paris par un cancer. »


« Ces tangos revisités (il y a aussi un boléro, Cenizas) portent en eux la nostalgie de l'exil, celui des Argentins installés à Paris, un sentiment qui n'est pas non plus étranger à Catherine Ringer, fille d'un juif polonais réfugié en France en 1947. »


L’article complet ICI link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 8 avril 2014 2 08 /04 /Avr /2014 00:09

Annie Ernaux, link écrivaine de renom, a sans doute raison, lorsqu’elle note que « les femmes et les hommes  politiques, les journalistes, les « experts », tous ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans un hypermarché ne connaissent pas la réalité sociale de la France. »


La GD « fait partie du paysage d’enfance de tous ceux qui ont moins de 50 ans… » et, exception faites de Paris et de grandes villes anciennes, « l’hypermarché est pour tout le monde un espace familier dont la pratique est incorporée à l’existence, mais dont on ne mesure pas l’importance sur notre relation aux autres, notre façon de « faire société avec nos contemporains au XXIe siècle. »


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Très spontanément, Annie Ernaux s’est « mise à décrire des choses vues dans les grandes surfaces* »


« Pour raconter la vie » elle a donc choisi, « loin des discours convenus et souvent teintés d’aversions » comme objet les hypermarchés.

 

* Journal du dehors Gallimard 1993, et la Vie extérieure, Gallimard 2000


Ainsi de novembre 2012 à octobre 2013, Annie Ernaux va aller à l’hypermarché Auchan à Cergy, qui se trouve à l’intérieur du centre commercial des Trois-Fontaines, et qu’elle « fréquente habituellement pour des raisons de facilité et d’agrément, et tenir un journal mais « pas d’enquête ni d’exploration systématiques. »


« C’est la capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères. Un relevé libre d’observations, de sensations, pour tenter de saisir quelque chose de la vie qui se déroule là. »


Le résultat est un livre bref, «Regarde les lumières mon amour», au Seuil dans la nouvelle collection de Pierre Rosanvallon, «Raconter la vie». 5,90€.


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J’ai, à une époque, beaucoup fréquenté la GD comme « voyeur » et non comme acheteur, c’est donc avec cet œil que j’ai glané dans ce petit livre pertinent que je vous recommande. Je ne sais s’il sera en tête de gondole chez Auchan.


Un détail de voisinage, un petit Auchan vient d’ouvrir à l’angle de la rue de la Glacière, je n’y ai encore jamais mis les pieds.


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Petite glane du Taulier

 

« Mais le seul café, Le Troquet, le cinéma les Tritons et la librairie Le temps de vivre ont disparu » du Centre Commercial.

 

« La clientèle appartient majoritairement aux classes moyennes et populaires. »


L’hypermarché Auchan « constitue lui-même une enclave autonome… » qui a fait fuir certains petits commerces hors du centre « il n’y a plus de boulangerie, boucherie, marchand de vin, etc. »


Dans ses écriteaux d’interdiction Auchan emploi le possessif « nos clients » Annie Ernaux s’irrite « ni moi ni les autres ne sommes la propriété d’Auchan, encore moins ses associés : ses clients ne sont pas les miens, les nôtres. Ce « nos » est typiquement faux-jeton »


« Dans le monde de l’hypermarché et de l’économie libérale, aimer les enfants, c’est leur acheter le plus de choses possible. »


Le jeune couple au rayon fromages « Faire les courses à deux pour la première fois signe les prémices d’une vie commune. C’est accorder les goûts, les budgets, déjà faire couple autour de la nourriture, ce besoin premier. Proposer à un homme ou à une femme d’aller ensemble au supermarché n’a rien à voir avec l’inviter au cinéma ou au café boire un verre. Pas d’esbroufe séductrice, pas de tricherie  possible… »


« Le début de la richesse – de la légèreté de la richesse – peut se mesurer à ceci : se servir dans un rayon de produits alimentaires sans regarder les prix avant. L’humiliation infligée par les marchandises. Elles sont trop chères, donc je ne vaux rien. »


Le poissonnier « Lui, comme le boucher, le boulanger et le fromager, jouissent en raison de leur savoir-faire d’une autonomie et d’une responsabilité à part… » celle des gens de métier. « Ils forment une espèce de noblesse, généralement masculine. »


« De plus en plus sûre que la docilité des consommateurs est sans limites. »


« L’heure des courses ségrégue les populations de l’hyper. »


« Il y a des gens, des populations, qui ne se croiseront jamais. »


« Le passage à la caisse constitue le moment le plus chargé de tensions et d’irritations. Vis-à-vis de la caissière dont on s’empresse d’évaluer la rapidité ou la lenteur. »


« Les marchandises qu’on pose sur le tapis disent si l’on vit seul, en couple, avec bébé, jeunes enfants, animaux. »


« J’ai remarqué que, de tous les rayons, c’est celui pour les animaux qui suscite le plus vif désir de parler. »


« Les super et hypermarchés demeurent une extension du domaine féminin, le prolongement de l’univers domestique… »


« Dans le langage de la grande distribution, la « prod’ d’une caissière » est le nombre d’articles scannés à la minute. 3000 à l’heure est un bon chiffre. »


« Au niveau 1 d’Auchan, c’est « la Foire de printemps aux vins » dans l’espace promotionnel saisonnier. Surtout des hommes seuls. »


Près du tiers des caisses sont maintenant automatiques (…) La disparition des caissières avance. »


« … déposer un livre sur le tapis de la caisse me gêne toujours comme un sacrilège. Je serais pourtant heureuse d’y voir un des miens, extirpé d’un caddie, glisser entre une plaquette de beurre et des collants. »


« Le bilan de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh est de 1127 morts. On a retrouvé dans les décombres des étiquettes des marques de carrefour, Camaïeu et Auchan. »


« … pourquoi on ne se révolte pas ? Pourquoi ne pas se venger de l’attente imposée par un hypermarché, qui réduit des coûts par diminution du personnel, en décidant tous ensemble de puiser dans ses paquets de biscuits, ces plaques de chocolat, de s’offrir une dégustation gratuite pour tromper l’attente à laquelle nous sommes condamné, coincés comme des rats… »


Annie Ernaux, au fil des mois, a pu mesurer le rôle de la GD « dans l’accommodation des individus à la faiblesse des revenus, dans le maintien de la résignation sociale. »

 

2 critiques : Libé link et L'Ob's link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 08:50

Le week-end dernier, tout le gratin mondial du polar était réuni à Lyon, pour le festival Quais du Polar qui, en 10 ans, est devenu le plus grand rassemblement du genre en Europe.


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James Ellroy - ALBERTO PIZZOLI – AFP

 

Sans contestation c’est James Ellroy, le bad boy américain, auteur du mythique Dahlia noir (adapté au cinéma par Brian de Palma) qui a tenu la vedette.


Caroline Girardon  dans 20 Minutes s’enthousiasme : « Il a envoûté Lyon, jouant de son image déjantée et n'hésitant pas à rencontrer ses lecteurs, comme dimanche après-midi à l'Opéra. «Je vends deux fois et demie plus de livres en France qu'ailleurs alors que cette nation n'a pas le dixième de la population américaine», dévoile l'écrivain, reconnaissant de la côte d'amour dont il jouit auprès du public. «J'aime bien me considérer comme l'Aznavour de la littérature américaine, poursuit-il, un brin cabot. Dans Tirez sur le pianiste, il a travaillé, puis caressé la chanson. Il lui a fait l'amour avant de la rejeter. Et la chanson l'a rejeté. Depuis, je l'ai pris comme modèle.»


Je suis 100% Ellroylien


En décembre 2009 j’écrivais dans une chronique : 3 Questions à James Ellroy : Underwood U.S.A

 

« Si vous vous ennuyez en cette fin d'année et si vous voulez pénétrer dans les tréfonds des USA pour mieux tenter de comprendre ce pays, si fascinant et si irritant, alors lisez la trilogie Underwood U.S.A  de James Ellroy. C'est du lourd. Des pages éblouissantes, du pourri, des personnages vérolés : Nixon, Edgar Hoover, Howard Hughes, des stars dont « la gouine exhibitionniste, qui broutait des minous dans les soirées hollywoodiennes» : Nathalie Wood. C'est une vaste fresque de la période Kennedy et des années Vietnam  dont le premier tome American Tabloïd compte 740 pages et 57 personnages que l’on retrouve dans le second tome American Death Trio. et voilà que sort enfin le troisième et dernier tome au début janvier 2010 : Underwood U.S.A  Rivages thriller 850 pages 24,50 euros. Donc faites le compte si vous vous lancez dans l'aventure : 2400 pages à dévorer sans modération. » link


Toujours un peu cabot il a déclaré à Lyon qu’il voulait se «mesurer à John Le Carré», en écrivant un «Quatuor» (une tétralogie), une fois qu'il aura achevé la trilogie sur laquelle il travaille actuellement.


«Cet homme est un monstre de la littérature, un personnage mythique dans le monde du polar, résume Annie, fan dès la première heure. Son écriture est gargantuesque. Elle est à la fois crue, éblouissante, construite, maniaque et obsessionnelle. On sent qu'il ne peut pas se passer d'écrire déclare François Guérif, son éditeur. »


Il publie un nouveau livre : « Extorsion »

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« Extorsion est un amuse-bouche en attendant l'an prochain le premier volume d'une nouvelle saga sur Los Angeles. Il s'agit des confessions de Fred Otash, un ancien flic ripou devenu dans les années 50 le plus grand pourvoyeur de la presse à scandale en ragots bien salaces sur les stars d'Hollywood.


Ce Fred Otash a existé, Ellroy l'a rencontré peu de temps avant sa mort, il l'avait déjà fait apparaitre dans deux de ses livres, il a aussi inspiré le personnage de Jack Nicholson dans Chinatown. On y découvre Liz Taylor adepte des partouzes, James Dean en séducteur de garçons, Burt Lancaster sadique ou Hitchcock voyeur. Entre réalité et fiction. » Bernard Lehut RTL.fr

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 7 avril 2014 1 07 /04 /Avr /2014 00:09

Moi qui lis Voici, Gala, Point de Vue, Paris-Match mais pas Closer j’adore notre Jean-Luc, le bad boy Thunevin qui avec Murielle Andraud a fait le château Valendraud, il aime les stars. Le 2 avril c’était la belle Adriana Karembeu qui lui rendait visite pour les primeurs. Mon paparazzo favori a fait de belles photos. Je ne veux pas être mauvaise langue, ce n’est pas mon genre, sacré Jean-Luc et dire qu’il taquine à ce sujet ce brave taulier, qui lui est passé le 1er avril sans tambour ni trompettes, incognito quoi...


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photo Chateau Mangot link

 

À propos d'incognito si y’en a un qui n’use pas sa salive pour rien c’est bien Alain Vauthier de notre château Ausone haut et bien perché. Comme ce qui est rare est cher, ses mots ont bien plus de poids que les photos. En septembre 2011, bien avant la tornade VinoBuseness de l'Isabelle il n’y allait pas par 4 chemins notre Alain, avec le style, la précision et la finesse d’un escrimeur, à la fin de l’envoi : il touche ! Il touche juste comme il faut, là où il faut. Que du bonheur comme dirait ma petite fille.


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Qu’est-ce qu’un terroir mythique ? lui demandait alors Marie Joanna Roginska.


Excellente question par les temps qui courent où le bling-bling et les paillettes permettent de se voir attribuer, au détriment de l’Histoire, du terroir, de bonnes notes au grand concours du paraître.


Pauline, la fille d’Alain, avait elle aussi enfoncé le clou en répondant qu’un «vin mythique» provenait forcément d’un grand terroir. « Je ne peux pas faire du Ausone dans des sables, sinon ça se saurait… (rire). » Pour les petites louves et loups de Paris, Pauline se référait aux argilo-calcaires d’Ausone. Elle ajoutait « Maintenant à Ausone on prend la vigne comme un petit jardin, donc on intervient plusieurs fois par an, on chouchoute chaque pied de vigne. »


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Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de Saint-Émilion (la Dordogne, le Ruisseau du Taillas, le Ruisseau de Fongaband sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune de Saint-Émilion.). Les fêtes carillonnées se sont succédées mais, en dépit d’un petit arrêté, le terroir ne s’est pas transformé. Nous ne sommes pas au pays  des fées, le carrosse restera toujours citrouille au pays d’Halloween. Le terroir ce n’est pas délocalisable alors que le premier con venu, où qu’il soit, d’où qu’il vienne, peut se payer un chai et le consultant qui va avec. Oublier l’origine, le lieu, c’est bâtir des châteaux en Espagne, galvauder l’essentiel, donner la prime à l’artificiel.


Oui, je l'affirme sans détour, en dépit de ses grands airs, je sais que ce que je viens d'écrire désespère notre ami Norbert…


Pour mémoire je rappelle que les propos d’Alain Vauthier sont datés du 20 septembre 2011 alors je conseille aux petits spadassins de Norbert de remiser leurs misérables rapières. La fin justifie les moyens dit-on, alors messieurs les affidés il faut alors assurer ses arrières plutôt que de se cacher derrière un tout petit arrêté.


« Ce qui m’attriste actuellement, c’est que dans le prochain classement de Saint-Emilion ils ont gommé la notion de «terroir», elle n’intervient plus et l’histoire non plus. C’est juste une dégustation à l’aveugle et quand on connait les aléas de cette dégustation, c’est pour moi une catastrophe, on remet en cause trois siècles d’histoire. On prend une technique style concours général agricole ou médaille de la Wine Fair quelconque, je trouve ça délirant… on bafoue l’Histoire, on bafoue les terroirs… L’histoire surtout, et ça, ça me gêne. Parce que, regardez, les crus classés de Saint-Emilion qui ont été classés en 1955, ça correspondait à une hiérarchie qui n’était pas si mal faite que ça. Et chaque fois qu’un cru a une éclipse, parce que les propriétaires font pas ci, ne font pas cela, … Derrière il y a une reprise et on voit le rang qui est repris aussitôt. Alors, que dans les terroirs secondaires, c’est quasiment impossible, même si on travaille, même si on travaille, c’est trop dur… » link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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