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             l'espace de liberté

 

 

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Dimanche 20 juillet 2014 7 20 /07 /Juil /2014 07:00

Les feux brésiliens se sont éteints, ceux de la guerre, eux, rougeoient, on tue des gosses sur la plage sans une larme, on abat un avion de ligne en plein ciel comme dans un jeu vidéo stupide, la haine se déverse à pleine goulée, chacun campe sur ses positions, la diplomatie froufroute, seules les armes parlent. Qui veut la paix ? Personne, ou presque, les jeux sont faits, ce nouveau siècle, plein de fric, de nouvelles puissances, voit éclore des conflits étranges, avec des chefs qui ressemblent à des détrousseurs de grands chemins, juchés sur des 4x4, manipulant les antagonismes religieux, les particularismes bafoués, les frontières explosent, c’est la désagrégation, la fusion, nos marchands d’armes ont de beaux jours devant eux. Alors, les petites affaires de chez nous paraissent encore plus dérisoires, minables, dépourvues de sens, à la hauteur de ce que nous sommes devenus. Même plus envie d’en discuter, je me sens incapable d’exprimer quoi que ce soit, sans ressort, inerte. En plus, il fait soudain une chaleur de four. Je vis nu. Prends des douches. M’engloutis dans la culture de mes plants de tomates. J’occupe mes mains en découpant avec soins des tomates que je dresse dans de belles assiettes. Ma chérie fait les courses. Nous mangeons mes salades de tomates en buvant de l’Anglore dans de grands verres givrés. En fin d’après-midi j’arrose mes cultures. Ma chérie m’a offert des tongs très confortables. « Et si je faisais une tarte à l’abricot… » De la pâte brisée… « Sucre-là bien cette fois-ci ! » me lance ma chérie. Mes mains enfarinées malaxent, émiettent. Le moule, le papier sulfurisé embeurré, j’écrase la boule, je roule, j’étends, j’étire, « les abricots tu les veux comment mon seigneur et maître ? », je dépose le fond, « comme des mamelons, les tiens, bel amour… », je découpe les bords avec mon couteau de poche, « tu les trouves trop petits, je le sais… », je pique à la fourchette le fond, « réponds ! », je réponds « je les adore… », un ange passe, « je sais que tu mens, toutes tes chéries avaient de belles poitrines… », j’allume le four, « mais tu as une très belle poitrine… 


-         Touche-là !

-         J’ai les mains pleines de farine…

-         J’attends !

-         Et la tarte…

-         Elle attendra !

-         Gourgandine…

-         Tu bandes !

-         J’aurais du mal à le cacher vu mon dénuement…

-         Tu m’aimes alors…

-         Quel rapport ?

-         Salaud…

-         Tu préfères que je sucre les abricots avec de la cassonade ?

-         Monstre…

-         Fais-moi sucer tes doigts, j’adore le jus des abricots…

-         Donnant-donnant !

-         Marché conclu…

-         On enfourne la tarte, nous la mangerons chaude après…

-         Après quoi ?

-         Devine…

-         Tu me fais le coup du père François ?

-         Oui…

 

Madame quel est votre mot

Et sur le mot et sur la chose

On va a dit souvent le mot

On vous a fait souvent la chose

Ainsi de la chose et du mot

Vous pouvez dire quelque chose

Et je gagerais que le mot

Vous plaît beaucoup moins que la chose

Pour moi voici quel est mon mot

Et sur le mot et sur la chose

J'avouerais que j'aime le mot

J'avouerais que j'aime la chose

Mais c'est la chose avec le mot

Mais c'est le mot avec la chose

Autrement la chose et le mot

A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot

Pouvoir ajouter quelque chose

Une chose qui donne au mot

Tout l'avantage sur la chose

C'est qu'on peut dire dire encore le mot

Alors qu'on ne fait plus la chose

Et pour peu que vaille le mot

Mon Dieu c'est toujours quelque chose

De là je conclus que le mot

Doit être mis avant la chose

Qu'il ne faut ajouter au mot

Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot

Viendra seul hélas sans la chose

Il faut se réserver le mot

Pour se consoler de la chose

Pour vous je crois qu'avec le mot

Vous voyez toujours autre chose

Vous dites gaiement le mot

Vous méritez si bien la chose.

Que pour vous la chose et le mot

Doivent être la même chose

Et vous n'avez pas dit le mot

Qu'on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot

Doit être mis avant la chose

Vous devez me croire à ce mot

Bien peu connaisseur en la chose

Et bien voici mon dernier mot

Et sur le mot et sur la chose

Madame passez-moi le mot

Et je vous passerai la chose…

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 20 juillet 2014 7 20 /07 /Juil /2014 00:09

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« … à l’époque de l’abolition de la mainmorte, il avait demandé l’exemption et s’était définitivement attribué le domaine. Le seul  ennui, c’était l’argent qu’il fallait débourser pour obtenir l’exemption ; aussi le Révérend traitait-il l’État de voleur qui ne cède pas gratuitement la terre des bénéfices à qui de droit.


À ce propos, dès 1860, quand on avait fait la révolution, il avait eu maille à partir avec le Gouvernement et avait dû aller se cacher dans une grotte, comme  une taupe, car les paysans, et tous ceux qui avaient eu des litiges avec lui, voulaient lui faire la peau. Ensuite, ç’avait été la litanie des taxes qu’il ne finissait pas de payer, et dont la seule pensée, à table, lui changeaient son vin en poison. Et voilà qu’à présent on  s’en prenait au Saint-Père, et qu’on voulait le spolier du pouvoir temporel ! Mais quand le Pape, frappa d’excommunication ceux qui avaient acquis des biens de mainmorte, le Révérend sentit la moutarde lui monter au nez :


-         Qu’est-ce que le pape vient se mêler de mes affaires ? marmotta-t-il. Cela n’a rien à voir avec le temporel ! Et il continua de dire la sainte messe, comme si de rien n’était.


C’est dans la nouvelle « Le révérend » de Giovanni Verga.


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Le Révérend venu de rien, ne prétendait pas être un saint, Dieu l’en gardait car les saints crèvent de faim. Il voulait « arriver » et il « arrivait ».


« D’un révérend, il n’avait plus, à présent, ni la longue barbe, ni la tonsure : il se faisait raser tous les dimanches et se promenait, vêtu  de sa belle soutane de drap fin, son manteau aux revers de soie sur le bras. Et lorsque, les mains dans les poches et sa courte pipe aux lèvres, il considérait ses champs, ses vignes, ses troupeaux et ses paysans, si d’aventure il s’était rappelé le temps où il lavait les écuelles chez les capucins, ayant reçu le froc par charité, il se serait signé de la main gauche. »


« Il avait recueilli chez lui, une nièce – un joli brin de fille, mais sans le sou, qui n’aurait jamais trouvé un mari –, et il l’entretenait, l’ayant même installé dans la plus belle chambre… »


Ce texte me parle, il me renvoie à la condition de serf qui sévissait dans les campagnes et qui était le lot des paysans.


La mainmorte était une servitude qui s'appliquait soit à des personnes physiques : les serfs (les gens de mainmorte) ; soit à des biens matériels (les biens de mainmorte).


La mainmorte personnelle était l'incapacité dont étaient frappés les serfs en France au Moyen Âge de transmettre leurs biens à leur décès. Son objectif était d'éviter que les biens passent à des personnes extérieures à la seigneurie : durant sa vie, le serf jouissait librement de ses biens personnels ; il pouvait disposer de son manse avec la permission de son seigneur mais il était privé de la faculté de faire son testament et, à sa mort, ses biens revenaient à son seigneur selon le principe : « Le serf mort, saisit le vif son seigneur ».


« La main - morte ou servitude personnelle est appelée dans quelques provinces condition serve, comme en Nivernois & Bourbonnois; en d'autres taillabilité, comme en Dauphiné & en Savoie, dans les deux Bourgognes & en Auvergne, on dit mainmorte. »


Dans le cas du révérend, il s’agit de biens de mainmorte,  des biens possédés par des congrégations, des hôpitaux etc. ; et qui, leur possesseur ayant une existence indéfinie, échappent aux règles des mutations par décès.


D’où vient le terme de main-morte ?


« Anciennement lorsque le seigneur du main - mortable ne trouvoit point de meuble dans la maison du décédé, on coupoit la main droite du défunt, & on la présentoit au seigneur pour marquer qu'il ne le serviroit plus. On lit dans les chroniques de Flandres qu'un évêque de Liege nommé Albero ou Adalbero, mort en 1142, abolit cette coutume qui étoit ancienne dans le pays de Liege. »


« En Franche-Comté, il semble que le tiers de la population soit serve. Dans les campagnes de la province, les lieux serviles sont omniprésents, sauf autour de Besançon, pôle de franchise, et dans les zones de vignoble. Globalement il se dégage deux grandes aires : le baillage d'Amont au nord (l'actuelle Haute-Saône en gros) et l'extrême sud avec le Haut-Jura. La majorité des seigneuries serviles y relèvent de l'Église, avec en particulier les deux abbayes de Luxeuil et de Saint- Claude. Au XVIIIe siècle, ces deux régions forment de loin le pôle servile le plus important du royaume : 75% des serfs et 50% des mainmortables du royaume. » La suite ICI link


« L'abbé Clermont-Tonnerre curé de Luxeuil en 1775, voulut affranchir ses 8.936 sujets mainmortables. Il adressa une requête au roi ; il y faisait ainsi la critique du régime de mainmorte au point de vue social et économique :


« Depuis trente années, que le suppliant est pourvu de cette abbaye, il n'y a vu que des hommes lourds, indolents, découragés et abattus, des terres incultes, une culture absolument négligée, nul commerce, point d'émulation et une apathie générale ; tandis que les habitants des villages libres, leurs voisins, sont vifs, actifs, laborieux; leurs terres sont bien cultivées et rendent d'abondantes récoltes ; on y voit de belles prairies, des nourritures considérables de bestiaux, des engrais abondants et aucun terrain inculte.


Ce contraste entre les habitants du même pays ne provient de ce que les uns, réduits à une espèce d'esclavage et n'ayant qu'une jouissance précaire, un simple usufruit de leurs fonds, bornent tous leurs travaux à leurs besoins présents dans lesquels ils sont concentrés par l'impuissance où ils sont de disposer de leurs biens et l'incertitude de pouvoir les transmettre à leurs héritiers; au lieu que les autres, vrais propriétaires avec la libre disposition de leurs fortunes, travaillant non seulement pour eux, mais pour leurs familles, ne mettent d'autres bornes à leurs travaux que celles qu'exige le repos du corps.


La mainmorte est donc dès lors tout à la fois destructive de l'agriculture, de la main-d'œuvre et du commerce; elle est révoltante pour l'humanité; elle anéantit, en quelque sorte, l'existence humaine; en réduisant une partie des sujets de Sa Majesté, dans un royaume libre, à une sorte d'esclavage insupportable, elle les humilie, les abat et les rend, en quelque sorte, incapables de tous actes ; elle est un obstacle aux mariages et tend à la dépopulation, soit parce que ceux qui languissent sous ce joug ne sont pas portés à reproduire leur race d'esclaves, soit par des émigrations de ces habitants fatigués de la servitude dans laquelle ils gémissent; en sorte qu'on peut regarder la mainmorte comme un fléau de l'État.


Les seigneurs mêmes, dans les terres desquels cette servitude existe encore, perdent beaucoup plus par le défaut de culture des terres du territoire de leurs seigneuries, qu'ils ne gagnent par les échutes, les réversions et autres casuels attachés au droit de mainmorte ; les successions sont spoliées; les mainmortables, qui n'ont qu'une vie misérable à regretter et n'ont rien à perdre, se portent à toutes sortes d'extrémités ; la mainmorte est une source, aussi abondante que continuelle, de procès et de contestations, aussi à charge, aussi dispendieuses et aussi ruineuses pour les seigneurs que pour leurs sujets mainmortables. »

 

La photo-titre est tirée de : link


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 19 juillet 2014 6 19 /07 /Juil /2014 00:09

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Nos fromages, les vrais, sont « les plus touchés par l’hygiénisme et la pasteurisation à outrance. Comme si le lait blanc et pur, symbole de la maternité mais aussi de la féminité, le lait qui nourrit l’innocent nouveau-né, devait plus que tout autre aliment rester d’une pureté irréprochable » écrit Marie-Claire Frédéric dans Ni cru Ni cuit.


Et pourtant, la pasteurisation, l’hygiénisme des grands groupes laitiers, Lactalis ou Triballat, ne constitue pas une ligne de défense absolue, bien au contraire.


27/06/2014 100 tonnes de reblochon ont été retirées de la vente. Les fromages, fabriqués par les Fromageries Pochat et fils, ont été vendus sous différentes marques entre mi-mars et le mois de juin.


11 juillet 2014 la laiterie H. Triballat a annoncé ce vendredi avoir procédé au retrait de lots de fromages de Chavignol commercialisés dans toute la France, après avoir constaté la contamination de l'un d'eux par la bactérie Escherichia coli (E. coli).


Le lait cru, les fromages qui puent : sus à l’ennemi !


Et oui «  Nos munster, maroilles et camembert ont des odeurs animales qui ravissent les amateurs mais dérangent les narines sensibles. Ces odeurs ressemblent à des odeurs corporelles. On dit vulgairement que ça sent « les pieds », « les chaussettes sales », ou « la petite fille négligée ». C’est d’ailleurs bien observé car ce sont les mêmes micro-organismes qui transforment la sueur du corps humain en composés odorants et créent le parfum du pont-l’évêque ou  de l’époisses. L’odeur animale et musquée, qu’elle soit corporelle ou fromagère, est bannie dans notre société contemporaine, combattue par tout un attirail de parfums, lotions, savonnettes et gels douches de plus en plus efficaces pour éradiquer les bactéries. » note sans concession Marie-Claire Frédéric


Et pourtant il suffit de parcourir la liste des sujets de thèse déposés à Nanterre pour s’en convaincre. Je me souviens de cours à l’université de Vincennes, vers 1969-70, où étudiantes et étudiants se humaient doctement et dans la réciproque les aisselles, sur la recommandation de professeurs inventifs. « Pour les jeunes pousses Paris VIII Vincennes (Bruno Tessarech Vincennes éditions Nil) qui « a eu Mai 68 pour maman, Edgar Faure pour papa et Charles de Gaulle pour parrain » et qui accueillait au fin fond du bois de Vincennes, dans un bordel innommable Deleuze, Lyotard, Chatelet, Rebérioux, Lapassade... » et qui se parfumait à la chaussette et au slip mal lavé, à la clope et autres fumettes, au foutre et à l’encens des Peace and love, produisait du sens.


Lire ma chronique « Les odeurs et leur géographie : j’adore les fromages qui puent bien plus que les parfums qui fouettent » link


« Le plaisir qu’on peut avoir en mangeant un aliment élaboré par des microbes est forcément trouble. L’aliment fermenté malodorant est de l’ordre du corps, de sn plaisir et de sa bestialité supposée, comme l’est le manque d’hygiène. »


« Chassé du lit, l’ordre moral revient dans l’assiette » déplore Pierre Boisard Le camembert, Mythe Français Odile Jacob 2007


Notre bon vieux calendos, parlons-en !


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Acte 1 : « À l’origine, la croûte du camembert était d’une nuance bleu-gris-vert, marquée de taches brun-rouge.


Acte 2 : Vers les années 1900, lorsque le calendos arriva sur les marchés parisiens, les clients préféraient les plus blancs (encore un sale coup des bobos parisiens comme dirait le p’tit notaire marmiton d’occasion).


Explication de gravure : « La cause du phénomène coloré était une fatalité, due à l’affinage naturel du fromage. Le lait était préalablement maturé vingt-quatre à quarante-huit heures à ciel ouvert, dans un local frais, afin qu’il s’acidifie sous l’effet des bactéries sauvages. »


Acte 3 : « selon la variété de moisissures qui dominaient, la croûte du fromage prenait une couleur différente et le maître fromager montrait son habileté en obtenant la flore la plus blanche possible. »


Tout l’art de la main, « les fromagers savaient par expérience que le rouge empêchait le bleu de survenir »


Empirisme insupportable pour les scientifiques !


Acte 4 : Les élèves de Pasteur entrent en action,  ils ont étudié le phénomène sur le brie et camembert et découvert que « des champignons microscopiques étaient responsables de la couleur de la croûte, et que ces moisissures spontanées provenaient de l’environnement : l’air, les locaux, les claies. »


Sus à l’ignorance et aux superstitions !


Acte 5 : C’est l’éradication la moisissure impure, d’origine trop terrienne, trop campagnarde, donc coupable, pour la remplacer par une autre moisissure, Penicillium candidum, cultivé in vitro par l’Institut Pasteur.


Acte 6 : badigeonnage généralisé des surfaces avec de l’antiseptique et dépôt de la culture pure de moisissure.


Réticences et conséquences « la nouvelle moisissure accélérait l’affinage des fromages et les emmitouflait d’une croûte épaisse de spores blanches d’aspect plâtreux. »


Acte 7 : le camembert d’aujourd’hui n’est plus ensemencé spontanément comme autrefois, on pulvérise le caillé avec le Penicillium candidum et bien sûr le lait n’est plus maturé.


Morale de l’histoire : notre camembert n’est plus fermenté avec le Penicillium camerbenti , il a été « blanchi » par l’Institut Pasteur.


Peut-on faire marche arrière, le concubinage entre la science et l’industrie alimentaire ne date pas d’aujourd’hui Pasteur s’est toujours intéressé aux retombées industrielles de ses découvertes : s’il a étudié la bière et le vin, c’était pour le compte des brasseurs du Nord et de vignerons d’Arbois… »


À partir des années 20 « la collaboration entre l’Institut Pasteur et l’institut national d’agronomie s’intensifie… »


Merci au livre indispensable de Marie-Claire Frédéric  Ni cru Ni cuit Histoire et civilisation de l’aliment fermenté chez Alma éditeur, toutes les citations en sont tirées…


ni cru ni cuit

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 09:57

Qu’est-ce donc « la méridienne attitude » ?

 

En Anjou, dans l’Anjou cher à l’ami Patrick Baudouin de la Chaudefonds sur Layon, c’est « le repos de midi, la sieste après le repas et avant la reprise du travail « à chaque fois qu’il faisait mérienne, c’était la même chose… […] il rêvait » Ernest Perochon , Nène

 

Dans le Vendômois c’est la mérienne et dans ma Vendée profonde : la mariennée sans doute parce que dans l’Aunis tout proche mérienner se dit « des brebis qui, à midi, se serrent toutes ensemble, la tête de l’une sous le ventre de l’autre, pour sommeiller, un peu à couvert du soleil » (in les mots du passé de Marcel Lachiver).


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Matisse - Intérieur à Collioure, la sieste -

 

 

Dans son opus « L’art difficile de ne presque rien faire » chez Denoël, Denis Grozdanovitch, qui vit entre Paris et la Nièvre, écrit à propos de la sieste méridienne :


« Le moment préféré de mes journées d’été demeure celui où, après le repas de midi, je m’achemine tranquillement jusqu’à notre ponton au bord de la rivière, sous le grand marronnier où j’ai installé mon hamac. Je m’y installe alors confortablement, un gros livre de philosophie (de préférence bien abstrus) à la main, et la lecture distraite d’une dizaine de ligne suffit amplement, en général, à me faire glisser dans ce que j’appellerais un sommeil de surface – très différent en cela de la profonde et souvent angoissante plongée nocturne – au cours duquel ma conscience, engourdie par une sorte d’agréable hypnose, continue d’enregistrer avec une sourde volupté le bruissement de la brise dans les feuillages, les dialogues entrecroisés et compliqués des oiseaux , le doux ronronnement du nid de guêpes dans l’aulne voisin et même le subtil friselis du courant le long des berges.


Je goûte alors – plaisir de la vraie vacance – au luxe suprême du demi-sommeil et de la demi-conscience qui sont les meilleures voies pour rejoindre ce fameux « cours des choses » si cher aux taoïstes de l’ancienne Chine, lesquels aimaient précisément à répéter que pour bien vivre il valait mieux ne vivre qu’à demi.


L’auteur donne ensuite la définition par le Littré du mot « dormition » qui est un terme ecclésiastique, mais comme il a trait au 15 août vous attendrez sauf à ce que notre « madone du Poitou » exilée à Paris en écologie lance la « dormitude »


Après la mariennée rien ne vaut le rosé  L’Anglore d’Eric Pfifferling.Vu par la belle Eva link


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 08:50

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Dans la touffeur qui vient de s’abattre soudain sur Paris : + 15° en une journée une expression trottait dans ma tête : « Bien se tenir à table » à propos de la petite bulle de la blogosphère, dite culinaire, à propos des ennuis judicaires d’une chroniqueuse amateur taillant un petit costard à une pizzéria du Féret, Il Giardino link 


D’un côté  des restaurateurs se plaignant, parfois  à juste raison, de l’incivilité, de l’agressivité, du manque de savoir-vivre de beaucoup de clients.


De l’autres, les dits-clients qui, avec les nouveaux moyens de la Toile : réseaux sociaux, blogs ou sites type Tripadvisor peuvent casser du restaurant dans le plus pur anonymat  ou une relative impunité.


La réplique de la patronne d’Il Giardino, très en phase avec la juridisation de notre société, a débouché sur un verdict en référé (comme s’il y  avait une quelconque urgence à statuer) d’une sévérité incompréhensible.


Effet boomerang immédiat, déchaînement de commentaires négatifs sur Tripadvisor par des gens qui n’ont jamais mis les pieds dans ce restaurant.


Et puis intervint la parution du fameux décret « fait à la maison » où la restauration française dites traditionnelle s’est illustrée en allant quémander auprès des pouvoirs un décret de protection dit « fait à la maison ».link


Illustration d’une double démission, celle des restaurateurs incapables d’assurer leur clientèle de la réalité de leur prestation et celle de leurs clients qui très souvent revendiquent tout et son contraire : le pas cher pour un repas qui ne peut-être que low-cost.


Bref, bien se tenir à table est une façon pour moi d’exprimer de 2 manières le savoir-vivre : la politesse et le bien-vivre.


Comme l’ami Charlier je vais au restaurant pour le plaisir et je ne débarque pas n’importe où n’importe comment, je choisis.


Un point constant sur cet espace de liberté, aussi bien pour les vins que pour la table lorsque je n’aime pas je n’en parle pas. À quoi bon, ce ne serait que mon point de vue, je ne suis pas un critique, un expert, mais un simple chroniqueur.


Quand j’aime alors je vous le dis.


Dans le même temps le magasine le POINT de cette semaine titrait : Les Mal Élevés.


Je l’ai acheté et je vous livre quelques réponses de Michel Onfray :


-         Le triomphe du chacun-pour-soi serait-il le dernier avatar du libéralisme sauvage ?


« La fin de tout ce qui faisait communauté (la religion avec le judéo-christianisme et la politique avec les idéaux marxistes) a laissé place au  nihilisme d’une époque dans laquelle dans laquelle, en effet, l’argent fait la loi. Le libéralisme, en tant qu’il suppose les pleins pouvoirs du marché, a substitué des « valeurs » aux valeurs anciennes : l’idéal se trouve moins dans le prêtre ou dans le militant que dans l’égotiste, qui se permet tout »


-         L’homme n’a jamais réussi qu’en coopérant ; la loi du chacun-pour-soi signe-t-elle la fin de l’humanité ?


« Il y a les sauvages, les barbares, les égoïstes, les brutes qui sont seuls au monde et  chosifient tous ceux qu’ils approchent. Puis il y a les hédonistes, les altruistes, les généreux, les prodigues qui veulent transformer en fête toute relation avec autrui. Les premiers sont plus nombreux que les seconds, bien sûr. Et la brutalité l’emporte toujours quand elle est en compétition avec la gentillesse – Qui est à mes yeux vertu cardinale et première. »

 

La chaussée parisienne que j'arpente sur ma flèche d'argent en est la plus convaincante des démonstrations du triomphe de la brutalité...

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 09:42

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Sur les quais, film réalisé par Elia Kazan, est sorti en 1954, fut un véritable choc pour moi. Je l’ai vu dans le cadre de Cinéma&Culture à l’école d’agriculture. Le jeune Marlon Brando et la frêle Eva Marie-Saint qui jouera dans la Mort aux trousses d’Hitchcock, Rod Steiger… une Amérique violente…la question sociale : le film  est basé sur une série d'articles de Malcolm Johnson publiés dans le New York Sun à la suite d'une véritable rébellion ayant eu lieu dans les docks de New York quelques années plus tôt.


« Sur le port de New York, le syndicat des dockers (affilié à la puissante centrale AFL-CIO) est contrôlé par un gang mafieux dirigé par l'avocat Johnny Friendly et Charley Malloy qui n'est autre que le frère de Terry Malloy, ancien boxeur, lui-même docker et qui va participer au meurtre d'un employé qui refusait de se soumettre aux exigences du syndicat et qui voulait dénoncer leurs activités illégales.


Terry Malloy se retrouve alors face à un cas de conscience lorsque Edie Doyle, la sœur de l'homme assassiné lui demande de l'aider dans sa recherche des meurtriers... »


OK tout cela est bel et beau, même si nous ne sommes pas forcément doués en géo, Taulier tu ne nous feras pas avaler qu’Embres&Castelmaure soit un charmant port de pêche.


Soit !


Il n’empêche qu’il y a un quai, celui de la coopé… Vous savez la fameuse coopé qui…


Bon, passons… le feuilleton se continue ailleurs...


SUR LE QUAI MAILING

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 08:07

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Comme vous le savez j’adore les vaches mais je ne suis pas un grand amateur de lait en tant que boisson, pour tout vous dire je n’en bois jamais. En revanche, j’adore le riz ou le millet au lait et, luxe suprême, les caillebottes telles que nous les préparaient la tante Valentine à la maison.


C’est frais, ça a vraiment un goût de nature, celle de la Vendée profonde du bocage.


« Le nom de caillebotte est un déverbal du verbe caillebotter « cailler » (ex. : Le vinaigre caillebotte le lait, Besch. 1845)


Rabelais utilisa ce mot en 1546 probablement en faisant référence à la cuisine de sa région d'origine. Mais la plus ancienne mention de la caillebotte se trouve dans le Catholicon, le premier dictionnaire trilingue du monde (breton-français-latin), rédigé par Jehan Lagadeuc en 1464, c'est le premier dictionnaire de breton et le premier dictionnaire de français. La caillebotte est restée vivante en Poitou-Charentes, en Bretagne c'est surtout le lait Ribot (lait fermenté) qui est encore consommé, avant d'être détrônée par le yaourt dans les années 1950-1960. Elle est décrite dans la Cuisine traditionnelle de Bretagne de Simone Morand (1998). Ce produit laitier a donné son nom à des étagères à claire-voie, les caillebots sur lesquelles il est mis à égoutter. De là le terme de caillebottis, puis caillebotis, donné au capot à claires-voies couvrant une écoutille et tout plancher à claires-voies. »


Si ça vous dit vous pouvez compléter votre culture culinaire en lisant ma chronique du 12 mars 2007 « Les caillebottes de la Tante Valentine »link


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En prime je vous offre le rosé de Catherine Bernard, il vous faudra attendre le millésime 2014 pour en avoir, ça  s’arrache tellement c’est bon.



les Caillebottes par Montaigu-Vendee

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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 09:30

Clin d’œil c'est dans un immeuble du 5, rue de Solférino que le Rassemblement du Peuple Français (R.P.F.), le mouvement lancé par le général de Gaulle, installa son siège à partir de juillet 1947.


De Gaulle pourfendeur des pratiques politiques de la Quatrième par une phrase cruelle : « des petits partis qui cuisent leur petite soupe au petit coin de leur feu » (discours de Vincennes, 5 octobre 1947) et qui en sera son fossoyeur puisqu’il sera le dernier président du conseil de la IVème république


Ses héritiers ne sont des pauvres caricatures qui ont depuis longtemps soldé l’esprit même des institutions de la Ve République en adoptant les thèses du « Coup d’État permanent » cher à Mitterrand.


C’est dit et voici la suite promise de ma chronique « L’histoire du fils d’un métayer de Teillé : un certain Bernard Lambert paysan et rebelle… » link


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« Après la chute de la IVe République, en 1958, de Gaulle convoqua le corps électoral pour désigner une nouvelle assemblée nationale. 4 candidats se présentèrent dans l’arrondissement : un aristocrate, un radical-socialiste, un poujadiste (c’était une nouveauté dans la région), et le traditionnel cheminot  communiste qui se présentait pour le principe. Le candidat radical sortant, André Morice, semblait imbattable : il y avait plus de dix ans qu’il siégeait au Parlement, avait été récemment ministre de la Défense nationale*, et était généralement considéré comme candidat possible au poste de Premier Ministre. Riche entrepreneur de Nantes, il avait l’assurance des suffrages bourgeois, de par sa position sociale et son étiquette radicale. Mais il avait également assuré ses arrières vers la droite, et avait récemment prouvé sa largeur d’esprit en soutenant les cléricaux sur un projet de loi  scolaire. Personne en France ne semblait aussi assuré d’une réélection.


Morice ne fit qu’une erreur ; il s’opposa au groupe local des jeunes agriculteurs. Quelques jours avant le début de la campagne, il dénonça publiquement les organisateurs de l’abattoir coopératif, les accusant non seulement de tendre vers le rouge, mais aussi de malhonnêteté financière. Les jeunes casse-cou qui tenaient maintenant sous leur contrôle le syndicat régional des agriculteurs en furent indignés ; Morice, déclarèrent-ils, devait  recevoir une bonne leçon. Mais comment s’y prendre ? À la fin d’une réunion qui dura toute la nuit, ils décidèrent de présenter un candidat paysan et de faire de Bernard Lambert leur champion.

 

Lambert lui-même n’avait pas pris part à cette discussion ; il revenait à peine d’Algérie où il avait servi comme sergent après un séjour de deux ans, y faisant une guerre à laquelle il ne croyait pas et où sa conduite lui avait valu d’être décoré. Lorsqu’une délégation alla le trouver le lendemain, il fut surpris et essaya de décliner cette offre : « Je reviens juste de la guerre, j’ai des dettes, je suis trop jeune et d’ailleurs je n’y connais rien en politique ? » Ils le convainquirent d’y réfléchir une semaine, recueillirent une pétition signée d’un millier de jeunes paysans de la région et, en fin de compte, obtinrent son accord.


L’histoire de cette campagne semble tirée d’Horatio Alger. Tous ceux qui comptaient se rangeaient soi derrière Morice, soit derrière le candidat aristocrate ; les gens bien nés, les milieux d’affaires, le préfet et le sous-préfet (dont Morice pouvait favoriser les carrières), les marchands de bestiaux comme un seul homme, tous les membres importants du clergé. Derrière Lambert il n’y avait personne, hormis une horde de jeunes paysans et un nombre considérable de jeunes prêtres qui abandonnèrent pratiquement leurs fermes et leurs ouailles pendant un mois pour se consacrer à la culture politique de l’arrondissement. À la fin du premier tour de scrutin, il y eut ballotage ; Lambert et Morice étaient à égalité ; les autres candidats étaient largement distancés. Le candidat aristocratique se désista aussitôt en faveur de Morice ; pour la première fois, de mémoire locale, le Bleu et le Noir s’unissait en un seul bloc. La phalange des jeunes paysans, point découragée, se jeta dans une action sans relâche de jour et de nuit pendant une semaine – et le miracle se réalisa. Lorsqu’on dépouilla le scrutin de ballotage, on compta 19.636 voix pour Lambert contre 19.229 en faveur de Morice.


Le mode d’élection de Lambert ne fut pas moins orthodoxe que son comportement politique à l’assemblée Nationale. Pendant ses premières années de député, il viola pratiquement tous les tabous de la politique française. Il provoqua les nationalistes en réclamant une paix négociée en Algérie. Il vota pour l’abolition de l’ancien privilège des bouilleurs de cru – acte de courage comme on en ont accompli peu de députés ruraux au cours de l’histoire. Il affirma tout à fait clairement que son propre parti, la catholique MRP, devrait être liquidé le plus tôt possible, les catholiques ne devant pas s’isoler dans un parti confessionnel. Il proposa la création d’un organisme d’État qui achèterait régulièrement toutes les terres mises en vente, en vue de les louer à de petits paysans qui les cultiveraient en coopérative. Il soutint que le mythe de la propriété de la terre par les paysans a été la cause de leur ruine et que, depuis 1789, ils ont déjà acheté au moins trois fois tout le sol français… »


Un tel trublion ne pouvait survivre dans le marigot politique, d’autant plus qu’en 1962 il vota la censure contre le Premier Ministre de de Gaulle à propos de la révision constitutionnelle. Un font anti-Lambert se constitua : les gaullistes qui ne lui pardonnèrent pas son crime de lèse-majesté et tous les conservateurs et les radicaux. Morice ne se représentera pas. Lambert fut défait 15.306 voix contre 18.512 à son adversaire (plus de 2310 suffrages s’étant égarés sur le candidat communiste, le PCF étant le meilleur allié de de Gaulle).


Wright s’interroge « accident spectaculaire ou signe précurseur de forces nouvelles à l’œuvre dans la société française ? »


Après mai 68, Bernard Lambert publiera au Seuil « Les Paysans dans la lutte des classes » avec une préface de Michel Rocard alors patron du PSU.


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à la surprise générale lors d’une élection législative partielle en juin 1969 dans la 4e circonscription des Yvelines, Michel Rocard bat le Premier ministre sortant Maurice Couve de Murville

 

 

C’est le début d’une histoire dont je serai un  petit acteur…


Les paysans ont fait mentir Tocqueville qui remarquait que « les paysans sont les derniers à se lever, mais qu’ils sont aussi les derniers à s’asseoir. »


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 00:09

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Fait maison, décret bidon décrète JP Géné dans le Monde link

 

« En voilà une idée qu'elle était bonne : distinguer les restaurants qui cuisinent chez eux des produits frais de ceux qui assemblent des plats en kit fournis par l'industrie agroalimentaire. »


L’idée était bonne mais la méthode inadéquate.


Pourquoi passer par la force publique ?


Pourquoi un décret ?


Quand arrêterons-nous de penser qu’on change  la société par décret ?

Michel Crozier 1979 On ne change pas la société par décret, Paris, Fayard, 1979 *

 

Paresse, refus  de prendre ses responsabilités, est-ce vraiment d’intérêt général ?

 

Le fait maison ne relève pas de la protection de la santé publique ou de la répression de fraudes sauf si le restaurateur trompe ses clients en affichant des informations inexactes.


C’est une question de nature contractuelle entre le restaurateur et son client.


J’ai du mal à comprendre que l’on puisse à la fois demander plus de liberté par rapport au système  des AOC, géré par les professionnels au sein de l’INAO, et revendiquer auprès de l’État la mise en œuvre d’une réglementation générale sur le fait maison ?


Pourquoi s’étonner que le bébé soit mal formé ?


Comment en aurait-il pu être autrement, pourquoi demander à l’État de règlementer sur un sujet qui relève de la liberté des intéressés.


On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.


Pourquoi les restaurateurs qui n’utilisent que des produits frais ne sont-ils pas pris par la main pour élaborer une charte, leur charte du fait maison ?


Ça ne relève pas de la mission impossible vu le nombre d’établissements en cause.


Sauf que dans notre pays tout le monde clame haut et fort qu’il veut moins d’État, moins d'impôts mais à la première occasion on revient quémander dans son giron et appeler à la rescousse ses fonctionnaires.


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Pourquoi ?


Parce que ça évite les confrontations d’intérêts contradictoires, les conflits et ça permet de bénéficier à l’œil  du bras armé de l’État pour faire respecter le décret.


Au risque de choquer certains j’estime que les fonctionnaires de la Répression des Fraudes ont mieux à faire.


Il faut arrêter dans ce pays de vouloir tout et son contraire, moins de règlementation appliquée par de fonctionnaires tatillons et plus de protection de confort.


Le « fait maison » en est une, en tant que consommateur je suis en droit d’exiger, en fonction de la hauteur de l’addition, du restaurateur qu’il s’engage lui-même sur ce qu’il met dans mon assiette.


C’est un contrat de confiance entre lui et moi, entre lui et ses clients.


Pas besoin pour cela d’un décret dont la rédaction est soumise au poids des lobbies et des intérêts contradictoires des organisations professionnelles dites représentatives.


C’est prendre un marteau-pilon pour écraser une mouche.


J’avoue que j’en ai soupé de cet assistanat, de cette forme de sécurité sociale pour professionnels majeurs et soi-disant responsables.


Quant aux clients, il faudrait aussi qu’ils se bougent le cul, qu’ils assument leur responsabilité de consommateur en étant exigeant. Mais est-ce possible pour une majorité d’entre-eux qui chez eux choisisse la bouffe déjà préparée ?


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Enfin un petit mot pour les grands chefs et leurs affidés qui se pavanent sur les estrades du SHIRA de Lyon pour vanter la haute gastronomie française alors que ce salon est la plus grande manifestation de  promotion de la bouffe industrielle. Qu’ils aillent donc se promener, comme je l’ai fait, dans le hall des Charal, Bonduelle and Co pour constater de visu ce que l’on nous concocte dans leurs laboratoires. C’est édifiant.


Nous sommes devenus des pleurnichards, des assistés pour qui il faut vérifier la becquée, notre responsabilité citoyenne est au abonné absent, nous râlons, nous revendiquons, nous sommes incapables de nous prendre en mains, nous demandons tout et le contraire de tout à un État impotent.


Pas la peine d’afficher au Baccalauréat un taux de réussite record à 87,9% si c’est pour un tel résultat, une telle démission.


Y’a des jours où je ne regrette pas d’être vieux, même un vieux con car « la différence essentielle  entre un jeune con et un vieux con réside dans le temps qu’il leur reste à vivre. »  Jean Dion chroniqueur québécois

 

* « Nous vivons dans une crise d’affolement devant la complexité d’un système que nous ne maîtrisons plus ». Ainsi, comme le citoyen n’a jamais été aussi libre de ses choix dans une société ou le nombre d’interrelations entre les Hommes a augmenté, les individus, qui ne supportent plus la contrainte, sont dépassés par un système qui ne paraît plus maîtrisable. Les systèmes ne reposent plus sur une forme d’autorité hiérarchique: tout le monde est dépendant de tout le monde, personne ne commande et tout le monde obéit. En outre, le nombre de participants à une décision augmente, d’où la complexification de la société et le ralentissement actuel de l’action. C’est pour cela que l’ « on ne change pas la société par décret » car le changement est long et se butte à la rigueur administrative ainsi qu’à l’immense jeu de réseaux autonomes ou les individus expriment leur liberté. L’innovation, l’initiative doivent donc se mettre en place sur le long terme afin de ne pas scléroser la société. »

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 09:30

Le 12 juillet j’ai bien mangé, j’ai bien bu et j’ai remercié celles et ceux qui m’ont posté un petit message pour mon vieillissement annuel.


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J’en ai profité pour siffler aux Papilles, le restaurant, quelques verres d’un des vins de Frédéric Palacios du Mas de mon Père : Un brin de folie.

 

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Tout ça pour vous rappeler que pour ceux qui ont grêlé  joindre le geste à la parole est un acte d’une grande simplicité.


Pour  alors au-delà de cet acte simple de buvabilité je vous propose de participer à ma bourriche de l’été  dont le premier lot  est « en primeur 2014 » livrable en mai 2015 de Frédéric Palacios du mas de mon père en carton de 6, 60 euros.


Pour commander voici les coordonnées de Frédéric Palacios

 

Le mas de mon père Arzens

04 68 76 23 07    

fmpalacios@orange.fr

 

Je rappelle que ma bourriche de l’été est ouverte à tous les vignerons grêlés qui souhaiteraient qu’on leur donne un petit coup de main, de main à la poche, pour passer ce cap  difficile.


Faites-moi signe et je vous rajoute sur mes lignes.


Bonne journée à tous.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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