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Samedi 13 décembre 2014 6 13 /12 /Déc /2014 10:03

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Le ridicule n’a jamais tué quiconque et ce n’est pas la dernière « surprise » de l’ANPAA qui va inverser cette jurisprudence constante.


En effet, son inamovible président, Alain Rigaud « a rencontré le 3 décembre le député PS Olivier Véran, rapporteur sur la loi de santé publique (qui devrait être débattue en mars ou en avril à l'Assemblée Nationale). Au cours de ce rendez-vous, le président de l'ANPAA a présenté neuf amendements soutenus par l'Association, faisant preuve d'une certaine dextérité à s'adonner à l'exercice de lobbying. Si la plupart des amendements reprennent les positions traditionnelles de l'Association de prévention, il en est un qui est une véritable surprise. »


C’est Vitisphère qui nous le dit.link


« L’ANPAA s'attaque en effet aux noms des cuvées, dont certaines sont accusées de contourner la loi Evin en évoquant de trop près le champs lexical lié à l'hédonisme. Jamais l'ANPAA n'avait affiché une telle volonté de contrôle et d'intrusion. Elle souhaite « revenir à l'esprit originel » de la loi Evin, fait-t-elle savoir mais, avec cette proposition, l'ANPAA va incontestablement plus loin et s'attaque à la liberté des entreprises de choisir le nom de leurs vins. »


Pendant qu’ils y sont les tristes sires pourquoi ne demandent-ils pas d’interdire les noms de châteaux ou de domaines qui font outrageusement référence, et en gros caractère sur leurs étiquettes, à l’hédonisme, au plaisir.


Quant aux joyeux lurons des vins nus, aux étiquettes foutraques et suggestives, ils devraient  se remuer eux aussi le cul : « il est interdit d’interdire… »


Bien évidemment il ne s’agit que de propositions d’amendement mais elles en disent long sur le degré de « bêtise » de ces gens-là.


Le poids des mots : la bêtise, la connerie, l’idiotie et la sottise…link


 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 13 décembre 2014 6 13 /12 /Déc /2014 00:09

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Au Bourg-Pailler, les grains de maïs que nous égrenions avec une petite machine manuelle avaient pour seul usage de nourrir les poules de mémé Marie, ça donnait à leur jaune un orangé profond.


La culture du maïs pour le grain était à cette époque peu développée, il était récolté en vert pour être consommé par nos vaches. Bien plus tard, l’irruption de l’ensilage, avec ses affreuses bâches noires et ses odeurs acres, assurera le développement dans l’alimentation des animaux.


Pour nous, adolescents, les champs de maïs avec leurs hautes enfilades ployant sous la brise venue de l’océan furent des refuges sûrs pour nos premiers ébats.


Mais, ils furent aussi, un lieu où notre inventivité pour tourner les interdits fit merveille. Alors que nos mères combattaient avec pugnacité notre penchant pour les P4 – paquet de 4 cigarettes – le maïs, du moins ce que l’on dénommait les poupées de maïs, nous offrit un étrange substitut. En effet, ces poupées enveloppées dans leurs longues feuilles étaient surmontées d’une abondante chevelure châtain clair, ce qui justifiait sans doute leur nom, et nous avions constaté que celle-ci, lorsque l’épi était mur, se muait en une longue barbe rêche et brune.


Je ne sais auquel d’entre nous vint l’idée de dépouiller quelques poupées de leur tignasse pour, après un bref séchage au soleil, l’utiliser comme substitut au tabac proscrit par nos intransigeantes mères. Nous le roulions bravement dans du papier kraft. Afin d’éviter une combustion trop rapide il nous fallait bien tasser notre ersatz. Ça grésillait et nous ramonait la gorge. Fait étrange, nos mères n’y trouvèrent rien à redire le jour où nous nous exhibâmes devant elles avec nos étranges clopes.


Cet épisode fut de courte durée, nos moyens financiers, quoique modestes, nous permettaient de nous offrir des cigarettes. Pour épater les filles au bal c’était tout de même plus classe.


Quand à manger du maïs, que nenni !


Mon premier contact gustatif se déroula à Lourdes où notre curé-doyen nous avait conduits en pèlerinage dans sa petite auto du fait de notre statut d’enfant de chœur, sous la forme de « pain de maïs ». De la galette pas du pain !


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La polenta, elle, je l’ais découverte chez une amie de ma mère, représentant la marque Linvosges, et bien sûr d’origine italienne. Je dois avouer que ça ne m’avait pas transporté.


C’est mon amie Alessandra qui m’a fait changer d’avis.


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François-Régis Gaudry

 

Alessandra écrit. Elle écrit de goûteux et savoureux petits livres imprégnés de son enfance tout en nous régalant à sa nouvelle adresse : 4, rue Fléchier tout près de l'église ND de Lorette link


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François-Régis Gaudry

 

Aujourd’hui, elle avoue « la polenta, c’est ma petite madeleine à moi, une saveur qui me restitue mes sept ans et ma grand-mère chérie. »


Le goût de l’enfance, les goûts de l’enfance, de son enfance à « Vesta, petit village perdu aux pieds du Mont Groppo dans la province de Parme en Émilie-Romagne. »


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Gestes ancestraux autour du paiolo, suspendu à la crémaillère dans l’âtre, qu’elle observait lorsque sa grand-mère préparait la polenta. De l’eau frémissante, de la farine de maïs versée en pluie, et puis avec le mescion, un long bâton de bois, tourner le mélange afin qu’il soit bien lisse, dépourvu de grumeaux. Alessandra n’a pas souvenir « d’avoir jamais vu sa grand-mère se servir d’une balance, ni lire une recette d’ailleurs, alors c’est au jugé qu’elle évaluait la cuisson terminée lorsque la polenta se détachait toute seule des bords du chaudron. »


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C’était alors le moment préféré d’Alessandra, avec la force d’un homme, sa grand-mère, « décrochait le paiolo, le retournait et versait son contenu brûlant sur le buràs, torchon réservé à cet effet qu’elle avait étalé sur une planche de bois de forme arrondie appelée tavluén. Elle nouait ensuite en croix les quatre coins du buràs sur la polenta rassemblée à l’aide d’une paltena, une petite spatule au bout carré. »


Bien au chaud la polenta attendait d’être coupée à l’aide d’un fil en tranches.


L’impatiente Alessandra patientait avec les restes de la polenta, fins, croquants et appétissants, qui s’accrochaient au fond du paiolo. Cette polenta abbrustolita relevée d’une pincée de sel équivalait à mon beurre de sardines épongé au fond de la poêle de ma mémé Marie.


Mais ce n’est pas seulement par la magie de ses mots qu’Alessandra m’a rallié à la polenta, originellement plat des gens de peu, mais par l’art et la manière d’en faire le support de ma gourmandise.


« La pulenta  a fa quatr mesté : a serv de mnestra, a serv de pan, a ‘mpiniss la pansa e a scauda ‘l man »


En substance, « la polenta a quatre destinations : elle sert de soupe, elle sert de pain, elle remplit le ventre et elle réchauffe les mains » dit un vieux proverbe piémontais.


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Par la grâce de deux petits livres d’Alessandra Polenta dans la collection Petit Précis de la gastronomie italienne aux éditions du Pétrin 11€ dont je me suis inspiré pour cette chronique et la polenta dix façons de la préparer aux éditions de l’Épure, vous saurez tout sur la polenta, origines, ses innombrables déclinaisons en cette Italie qui est une mosaïque culinaire : 11, sa couleur généralement jaune mais il existe aussi un maïs spécifique privé de pigment « bianco perla », sa mouture fine ou grossière, la mixité des farines : moitié maïs-sarrasin la Taragna, maïs-froment, sa cuisson et des recettes bien sûr dont une m’a particulièrement séduit mais, chaque chose en son temps, elle fera sans doute l’objet d’une chronique d’ici la Noël.


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buono appetito !


Et si vous buviez un Ageno ! link


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 12 décembre 2014 5 12 /12 /Déc /2014 00:09

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Pizza outragée, pizza brisée, pizza martyrisée par les hordes de l’agro-alimentaires et les petits faiseurs-livreurs à mobylette pour bâfreurs sur canapé canette de bière incorporée, mais pizza sauvée par nos voisins Napolitains.


Mon hymne à la pizza napolitaine doit tout à l’excellent livre de Marcelle Padovani  « Les Napolitains »


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« À Naples, il est banal de dire que l’on naît et grandit autour d’une pizza. Hypercompétents en la matière, il arrive aux Napolitains d’exprimer à propos de ce plat typique d’authentiques sentiments de désir, de douleur, de passion, de pragmatisme ou de frustration. Des sentiments que l’on réserve généralement  aux rapports  avec les êtres humains. »


Alors, il est normal que Naples ait son « Monsieur Pizza » : Gino Sorbillo dont la trattoria au cœur de la vieille ville, Via dei Tribunali, à deux pas du Dôme, est bien plus qu’un  restaurant : un  lieu de pèlerinage, un laboratoire, un musée, une église et une institution. »


Le roi de Naples, qui « à 39 ans, travaille seize heures par jour pour enfourner 1200 pizzas – dont la plus courante, la margherita, coûte au client dans les 4 euros, et la plus sophistiquée dans les 6 euros. » Enfant de la balle, son commerce prospère depuis 1822, il vit en pleine harmonie avec sa ville. « Regard clair, sourire franc, cheveux coupés, grand par la taille, Gino n’a au premier abord pas grand-chose de napolitain, mais il surprend vite par la synthèse volcanique, toute napolitaine, qu’il réalise entre pratique de la modernité et sens aigu de la souffrance, créativité débridée et obéissance aux traditions. »


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Pour preuve sa pizza sucrée, servie en 2005, à Sophia Loren originaire de la région et qui s’y connaît en matière de pizzas. Toutes les apparences d’une classique margherita « bords ondoyants et gonflés, sa tomate rouge et sa blanche mozzarella… » En fait « sa base était une pâte feuilletée, sa sauce tomate une crème de fraises des bois, et sa mozzarella d’inattendues fleurs d’oranger. Seules les deux feuilles de basilic étaient identiques à la margherita originale. »  Voir la seconde et la troisième vidéo où est évoqué le film de Vittorio de Sica L'Or de Naples.


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Mais, foin de nouveauté, « aucune pizza ne ressemble à une autre. De la même manière qu’aucun homme ne descend jamais le même fleuve, selon l’expression d’Héraclite d’Éphèse, il ne mangera pas davantage la même pizza. »


« Facile à réaliser, mais seulement en apparence : c’est en tout cas ce que l’on ressent lorsqu’on regarde le pizzaiolo étaler sa pâte avec douceur en évitant de trop la manipuler (car même la chaleur de la main en modifie la texture), la garnir avec le doigté ancestral, la déposer sur une pelle en bois, avant de la passer brièvement au four. »


Alors comment réussir une bonne pizza ?


Elle n’a ni besoin de l’air, ni de l’eau ou du soleil de Naples. « Il suffit d’une bonne farine de froment venue d’une bonne entreprise agricole, une mozzarella de la campagne napolitaine, de l’huile extra-vierge, des tomates bien mûres ou une sauce tomate pas top liquide ; il faut faire lever la pâte pendant vingt-quatre heures, l’étaler sur un diamètre d’environ trente-cinq centimètres. Mieux vaut utiliser du lieveto madre, explique Gino Sorbillo, un « levain mère » fait de de farine fermentée pendant 48 heures dans une eau qui sera ensuite filtrée, la mixture étant ensuite mélangée à nouveau à de la farine de froment et de l’eau fraîche dans une proportion de 100g de levain pour 200g de farine. Travaillée pendant 40 jours en ajoutant chaque jour de la farine, la pâte devient un excellent levain au bout de ce processus complexe. »


Garnie puis passé au four, jamais plus d’une minute, une minute et demi, la pizza doit selon Gino Sorbillo avoir « un aspect harmonieux, franc du collier, avec des bords réguliers, bien gonflés et bien dorés, mais sans trop de trous. Au toucher, elle doit se révéler souple et pliable, mais pas caoutchouteuse ou élastique, jamais rigide ou croquante en tout cas. Elle doit exhaler un parfum franc, presque aphrodisiaque,  et chatouiller le palais avec sa mozzarella non filandreuse, non chewing-gommeuse et non  desséchée. »


« La pizza est un droit populaire ! » avec elle on ne plaisante pas, Gino Sorbillo se sent, l’une des mémoires fondamentales de Naples. Un traditionnaliste innovant. »


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Jeudi 11 décembre 2014 4 11 /12 /Déc /2014 08:34

Ça ne vous aura sans doute pas échappé je me prénomme Jacques.


Pour l’état-civil : Jacques, Alain, Gabriel.


Des Jacques il y en a de talentueux comme Jacques OffenbachJacques Brel, de qui aimaient gratter le cul des vaches comme Jacques Chirac, de qui consacrent leur vie à la défense des beaux vins comme Jacques Dupont mais ce prénom depuis des années est en chute libre. 4473e prénom préféré, la bérézina.


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Un peu d’Histoire : « Le prénom Jacques s'est répandu très vite dans la chrétienté occidentale dès les premiers siècles de notre ère. Du latin Jacobus, il fut transcrit de diverses manières : Jakez en breton, Giacomo en italien, James en anglais, etc. Il est très vite devenu un prénom très courant. Jusqu'au XVIIIe siècle, Jacques fut l'un des dix prénoms masculins les plus attribués en France. Au XXe siècle, il figura de nouveau au palmarès pendant une vingtaine d'années. Mais cette vague de succès ne dura pas. Seulement 116 Jacques sont nés en France en 2011, alors qu'ils étaient 15 423 en 1946. Jacques est classé 8e dans le top 50 des prénoms depuis 1900, avec plus de 482 000 naissances. »


Selon le Journal des femmes : « Jacques a plutôt fière allure et il est distingué. C'est un être à part qui se démarque tant par sa vivacité intellectuelle que par son charme irrésistible. Jacques est direct et sa franchise le fait passer parfois pour un indélicat. Jacques a une forte personnalité et une très grande maîtrise de lui-même. Il réalisera ses objectifs coûte que coûte, les obstacles et les échecs ne faisant que renforcer son obstination. En amour, Jacques s'impliquera entièrement dans son couple et se montrera parfois possessif. Cependant, c'est un grand tendre et la loyauté est une de ses principales vertus. »


Après toutes ces années de désintérêt n’allons-nous pas assister à une inversion de la courbe – pas celle du chômage au grand dam de notre président – des Jacques ?


En effet, la famille régnante la plus médiatique de la galaxie people, les Grimaldi, vient de faire tonner 42 coups de canon sur le Rocher.


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« Les quarante-deux coups de canon ont été tirés pour fêter la naissance des deux bébés du Rocher (vingt et un pour chaque enfant). Charlène de Monaco a donné naissance à ses jumeaux, ce mercredi au Centre hospitalier Princesse Grace à Monaco. Il s'agit d'une fille et un garçon, le choix du roi. Ils s'appellent Gabriella et Jacques, selon le Palais princier.


Gabriella Thérèse Marie, est née à 17h04, et Jacques Honoré Rainier, deux minutes plus tard. Ils se portent bien, ainsi que leur mère. Né après sa sœur, Jacques est prioritaire dans l'ordre de succession en tant que garçon. Les bébés prennent les titres d'anciens fiefs de la famille Grimaldi: Jacques est marquis des Baux (en Provence) et Gabriella comtesse de Carladès (en Auvergne). »


Qui va alors monter sur le trône, Gabriella ou Jacques ? Il y a quelques mois, Nice Matin avait interrogé le prince Albert II pour connaître la réponse.


«En cas de jumelles ou de jumeaux, ce sera la première ou le premier qui verra le jour. Dans le cas d'un garçon et d'une fille, ce sera le garçon. Dans le cas de jumelles, et si un garçon venait agrandir notre famille par la suite, c'est à lui que reviendrait le titre de Prince héréditaire» avait expliqué Albert II. »


Grand merci au Grimaldi pour ce Jacques II...


Champagne !

 

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Jeudi 11 décembre 2014 4 11 /12 /Déc /2014 00:09

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Enfant, il était des aliments qui me faisaient zire, j’étais aziré… et donc j’étais un zirous.


Dans le dialecte poitevin-saintongeais mais aussi acadien issu du vieux français : faire zire exprime le dégoût.


Parmi mes dégoûts d’enfance, peu nombreux, la peau du lait boursouflée et jaunasse, la soupe de citrouille pour son odeur fade et son aspect de vomi, le blanc du poireau et les concombres pour leur inexistence gustative, la fraise de veau pour l’odeur, la tisane de tilleul et le thé sans doute parce que ça me semblait être le breuvage des grenouilles de bénitier.


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Les refus alimentaires se multiplient : lire ICI « Mangerons-nous encore ensemble demain ? » en voilà une vraie question.link


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Triomphe de l’apparence, une forme de beauté lisse, fabriquée, sans défaut apparent, sans odeurs désagréables, sans goût me direz-vous…


Même si certains promeuvent aujourd’hui les fruits moches je ne suis pas certain que vos enfants élevés avec des petits pots Nestlé et le Kiri apprécient la tête de veau et les fromages qui puent.


L’acceptation de l’apparence c’est un premier pas vers la reconnaissance de la différence entre les cultures alimentaires et le meilleur moyen de lutter contre l’uniformisation de notre alimentation.


Ça demande de notre part des efforts de présentation et de préparation des aliments laids, aux flaveurs puissantes, forts en goût donc en dégoûts… pour que nos chères petites têtes blondes acceptent d’y goûter en lieu et place des bâtonnets de poisson pané ou de leur pizza boursouflée…


L’incantation, les grands discours outrés, ne servent pas à grand-chose sinon à accentuer et à figer le refus.


Jouer de la transgression chère à la jeunesse constitue une stratégie bien plus opérante et efficace. Bref, se différencier est plus facile à admettre que de se rallier à la culture alimentaire de ses parents.


Le goût du vin échappe au goût et aux dégoûts d’enfance, il vient sur le tard avec l’âge adulte mais il doit lui aussi surmonter un obstacle majeur : le goût des connaisseurs. Certains s’y plient de bonne grâce, d’autres s’y refusent, cherchent la différence, transgressent, et les voilà qui se ruent sur les vins nus.


Horreur, malheur, excommunication, les statues de Commandeur se dressent à l’ombre des GCC, sonnent le tocsin traduit en toutes les langues, font rempart de leurs corps à ces déviances insupportables en organisant des masters class où coulent les grands vins.


Et moi, tout en dégustant mes brochettes de couilles d’agneau link, je me marre avant de boire un petit coup de Never Mind the Bollocks de Pascal Simonutti.


Tout ça pour vous dire que tous les chemins mènent au vin et foin des pharisiens qui n’aiment pas que l’on prenne une autre route qu’eux.


« La cuisine, c’est comme le rapport à l’autre, il ne faut pas se fier à l’apparence. Ce n’est pas parce que le poulpe fait peur avec des longs tentacules plein  de pustules, qu’il n’est pas succulent en salade ou en ragoût. Ce n’est pas parce qu’un fromage sent très fort les pieds, qu’il n’a pas un bon goût en bouche. Ce n’est pas parce que la simple idée de manger des tripes d’un animal dégoûte, qu’il ne faut pas y goûter. La nature regorge de produits bizarres, laids, biscornus, rabougris, puants, bref dégoûtants et malgré tout savoureux. Nous sommes souvent coupés dans nos élans gustatifs par de simples préjugés ou notre éducation, voire par notre milieu culturel. Les Français ne dégoûtent-ils pas d’autres peuples en se régalant d’escargots, de tripes de cochon ou de grenouilles, au même titre que les Chinois raffolent des chiens et des œufs fécondés ou les Cambodgiens d’insectes et d’araignées ? »


Qui m’aurait dit il y a quelques années que je me régalerais en mangeant du poisson cru que je ne l’aurais pas cru.


Alors, de grâce que les bonzes des grands vins encensés et leurs moinillons en Richelieu, le singulier serait plus pertinent mais nous approchons de Noël, me lâchent la grappe lorsque je mange le burger de Claire saucisse de Morteau sur un lit de choucroute sauce gribiche en me rinçant le gosier avec un verre de « la Part du Colibri » de Vincent Caillé…


Mais que voulez-vous « tous les sots sont périlleux… » Jacques Deval

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mercredi 10 décembre 2014 3 10 /12 /Déc /2014 00:09

Que les vignerons de Sauternes  et Barsac ne prennent pas ombrage de mon titre provocateur link il n’est là que pour évoquer un vieux projet évoqué en 1874 par un journaliste lors de la mise en service jusqu’à Soulac de la ligne du Médoc : planter des vignes en guise de haies sur les deux côtés des voies.


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La ligne du  MOB enchaîne ensuite plusieurs lacets qui la font s'élever rapidement à travers vignes et villas, tout en découvrant une vue de plus en plus large sur le lac Léman.

 

 

Le texte aurait enchanté les auditeurs de Vino Bravo « de cette vigne qui produit des vins si généreux : la Compagnie des Charentes en a fait l’essai en mélangeant de la vigne avec des arbres fruitiers en espalier ; elle n’a qu’à se féliciter du  résultat. Que la Compagnie du Médoc essaie, elle aura dans quelques années un revenu  assuré. La voie comprend 90 km de chaque côté à utiliser, soit 180 km, ce qui occasionnera une plantation de 180 000 à 200 000 pieds de vignes dans le Médoc. Quelle récolte lorsqu’elle viendra à bon terme ! »


L’idée, un peu farfelue, ne sera pas retenue mais elle inspira un commissaire de surveillance administrative des chemins de fer voisin, G.Domazant, dans une brochure « Les vignes en clôture de chemins de fer et l’influence de ce système au point de vue du phylloxéra »


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L’idée était de « compenser largement par la quantité, sinon par la qualité, toutes les pertes qui proviennent de l’invasion du phylloxéra. »


L’homme se livrait à de savants calculs : « Ainsi, en raisonnant sur des évaluations supposées, mais dont l’autorité supérieure obtiendrait facilement le chiffre exact et officiel, ne pourrait-on pas dire que si la France possède 40 000 km de chemins de fer, il s’ensuit une ligne de clôture de 80 000 km, dont il faudrait défalquer 10 000 km au plus pour les gares et les passages à niveau, ce qui porterait à une longueur de 70 000 km la superficie à mettre en culture… »


Notre homme fait fi des terroirs : de la vigne partout en France, un vrai précurseur des Vins de France.


C’était un productiviste :


-         « j’ai pu remarquer sur des portions de la ligne où ce système de clôture avait été appliqué, des treilles de raisin noir en quantité dix fois plus grandes que n’aurait produit une superficie égale cultivée en cépage ordinaire. »


-         « on devrait s’attacher, je pense, à  employer les variétés les plus fécondes et les plus susceptibles de mûrir en espalier comme en plein vent (la folle-blanche par exemple pour le blanc, et le balzat pour le noir). Ces deux espèces produisent même dans les lieux réputés impossibles aux vignobles. »


Il se voulait rassurant : « un déplacement d’air très fréquent, le passage et la trépidation des trains et la fumée des locomotives, ne pourraient-ils pas contribuer dans certains cas, à atténuer les effets de la gelée ou à prévenir l’invasion du phylloxéra. »


Mais là où il est très convaincant la vigne ferait bénéficier les exploitants des lignes de chemins de fer « d’un produit  considérable… » Quand on connaît la dette abyssale de RFF on est en droit de rêver.


Je plaisante bien sûr cette utopie « ferroviticole » ne pourrait voir le jour de nos jours : le système de distribution régionalisé des autorisations de plantations s’y opposerait.


Pensez-donc un Vin de France tout au long des voies ferrées de France quelle horreur !


Les vaches ne pourraient plus voir passer les trains…


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Les vaches pouvaient brouter tranquillement leur pâturage en regardant passer le train et se dire. « Tiens il est déjà 17h00, le René va pas tarder pour la traite »link

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 9 décembre 2014 2 09 /12 /Déc /2014 00:09

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J’aime le vocabulaire, ces mots ignorés ou oubliés d’une large majorité de nos concitoyens urbains. Ainsi, hormis les intéressés ou les initiés, qui peut dire ce que veut dire buter la vigne, la chausser, la déchausser, la griffer…


« On commence le griffage/buttage début mars, et on décavaillonne en avril/mai, quand l’herbe commence à pousser. Puis on recommence : on referme (griffer et butter) fin mai et on rouvre (décavaillonner) en juillet/août. »


Cet intermède culturel, indispensable pour satisfaire la tranche d’âge ad hoc, étant évacué je me porte vers des sujets plus terre à terre.


L’Administration, avec un grand A, dans notre vieux pays centralisé est réputée pour ériger des usines à gaz.


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J’en conviens aisément tout en faisant remarquer que les usines à gaz avaient une utilité : elle produisait du gaz alors que certaines règlementations, héritées du passé, n’ont souvent qu’une bien faible utilité.


Dans le domaine viti-vinicole c’est le cas pour des raisons, mainmise de l’administration fiscale, sur lesquelles je ne reviendrai pas afin de ne pas alourdir cette chronique.


Cependant, sans vouloir dédouaner – sans jeu de mots – les fonctionnaires je me permets de souligner que la bureaucratie privée, professionnelle, n’a rien à envier au zèle du public.


Deux exemples glanés sur le Net :


-         La nouvelle gestion des autorisations de plantation issue des débats entre professionnels (source Vitisphère) link


-   JE SUIS A JOUR DE MES FORMALITES blog d’Hervé Bizeullink


Dans le premier cas nous sommes face à un monument voulu par les représentants des OP, dans le second, vous pourrez faire le compte de ce qui revient aux exigences professionnelles.


Le choc de simplification, vous avez dit simplification, merci à tous de balayer chacun devant leur porte. La bureaucratie, publique ou privée, se nourrit essentiellement de ce qu’elle génère.


Vendredi 05 décembre 2014 - Edito

 

La fin du suspense

 

« Elle se profile à l'horizon, la fin du suspense sur les autorisations de plantation. Selon les informations qui ont circulé au cœur du salon Vinitech – Sifel, producteurs, négoce et Etat sont très proches de l'accord final. La logique sera celle d'une gestion régionale, comme on le pressentait depuis la publication d'une étude qui vente (sic) les mérites d'une telle décentralisation. Le jacobinisme français ne sera cependant pas mis aux oubliettes, FranceAgriMer et INAO poursuivront leur rôle de monsieur loyal. Toute décision régionale sera soumise ainsi à un arbitrage national. Chacun fera donc ce qu'il lui plaît, suivant sa stratégie : régions mixtes ou régions d'AOP poursuivront leurs logiques. Elles choisiront d'ouvrir plus ou moins grande la vanne des plantations nouvelles suivant le contexte économique avec plus ou moins d'outils d'intelligence économique (quoique certains semblent y avoir déjà pensé). Il n'est donc pas sûr, dans ces conditions, que la structuration de l'offre se rééquilibre dans l'entrée de gamme comme le préconise certains. L'originalité du nouveau système est d'accoucher de la création de structures représentants les producteurs de vins sans indication géographiques en région. Il est vrai que la filière manquait d'organisations syndicales... »


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« Je ne sais pas si un jour, le cannabis sera dépénalisé et sa culture autorisée. Si c’est le cas un jour, inutile de se casser la tête, il suffira de dupliquer les règles en vigueur dans le vin pour avoir un contrôle absolu sur les producteurs.


Je rappelle, pour ceux qui ne lisent pas ce blog régulièrement, la joyeuseté de la chose. C’est toujours un plaisir de recommencer, bien que je l’ai déjà écrit, je crois, il y a quelques années.


Il suffit au départ d’obtenir un numéro de Casier Viticole Informatisé auprès des autorités douanières.


Pour avoir ce numéro, il faut avoir une activité déclarée (donc un RC et un Siret) et lister des « lieux de risque » qui sont en fait tous les lieux où vous allez élaborer ou stocker du vin, en vrac ou en bouteilles.


Entre chaque lieu de risque, même entre vous et vous, il faudra faire un document, papier, parfois, et donc interne, souvent informatique.


Pour avoir ce  n°, il vous faudra avoir la caution de votre banque. Si vous ne payez pas vos droits de circulation, elle les paiera pour vous puis se retournera contre vous. C’est bien plus simple pour l’Etat, clairement. Tout cela est bien sûr facturé par la banque.


Une fois cela effectué, vous devrez obtenir un agrément auprès de Pro-Douane, le portail de la douane où vous pourrez effectuer ensuite toutes vos formalités. Oui, c’est le progrès, celui qu’on n’arrête pas, c’est vous qui faites le boulot, maintenant. Un agrément différent pour chaque « tranche » de formalités. Quand vous avez tout, vous pouvez démarrer. Là déjà, vous êtes heureux. C’est qu’une fois dans votre vie de vigneron.


Tout au long de l’année, vous avez modifié votre fiche d’encépagement, qui liste toutes les parcelles que vous cultivez. A chaque changement, vous devrez avertir le service des Douanes en fournissant la preuve de l’achat ou du fermage. A chaque plantation, à chaque arrachage, vous devrez remplir un ou plusieurs formulaires, pour la Douane mais aussi pour FranceAgrimer, afin de valider vos droits de plantation. Chaque arrachage est vérifié avant, chaque plantation après, accompagné de certificats du pépiniériste.


Cette fiche d’encépagement doit être transmise, sous un autre format et un autre type de formulaire, à votre syndicat d’appellation et à la mutualité sociale agricole. Aucun fichier n’est sous le même format, aucun n’est connecté. Vous devez aussi en tenir un quatrième sur le plan comptable, en cas de contrôle fiscal, puisqu’il doit être connecté à votre comptabilité. Il faut en tenir  un cinquième, sur le site de l’Europe, là, il est graphique lors du dépôt de votre déclaration de surface annuelle. Pour moi qui ait plus de 100 parcelles sur 5 communes, c’est un grand moment...

 

Hervé Bizeul

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 8 décembre 2014 1 08 /12 /Déc /2014 00:09

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Vendredi de la semaine passée se déroulaient deux rassemblements pour une forme de défense et illustration du vin, l’un à Dijon, Vino Bravo, et l’autre dans le Gers, Vinocamp.


J’ai assisté au premier épisode de Vino Bravo, à Bordeaux, et à une session de Vinocamp à Paris.


Grâce aux réseaux sociaux j’ai pu, dans mon fauteuil, suivre les deux rassemblements.


Cette chronique n’abordera pas le fond des débats mais se contentera d’un simple constat : d’un côté, en Bourgogne, les biens en place, très majoritairement masculin, d’un certain âge et de l’autre, en Armagnac, les qui cherchent leurs places, jeunes, fort pourcentage féminin. Je fais référence ici à ceux qui mènent le bal et non aux spectateurs.


D’un côté, chez les assis, il essentiellement question de la défense de la culture du vin, de l’autre, chez les qui bougent, plutôt du biseness via l’Internet. En facteur commun, l’exécration de la loi Evin.


Chacun reste dans son pré, aucune réelle passerelle n’est jetée entre ces deux mondes qui, sans s’ignorer, ne se confrontent jamais.


L’âge aidant, mais ça a toujours été chez moi un impératif : c’est pour cela qu’à certaines brèves périodes de ma vie j’ai enseigné, la transmission me semble essentielle.


Il va m’être rétorqué que celle-ci s’opère.


Oui, j’en conviens, mais à la française depuis des estrades où ceux qui savent dispensent leur savoir d’une manière magistrale à des gens bien sages et fort convaincus.


La transmission descendante est essentielle mais elle risque d’être inadaptée ou peu pertinente si une forme de capillarité ne peut s’instituer entre l’homme du pupitre et son public. Pour se comprendre il faut d’abord s’entendre, s’écouter. Alors pourquoi ne pas faire monter sur l’estrade des biens en place quelques spécimens des qui cherchent leur place, et réciproquement faire entrer une vieille barbe dans le cercle des petites poucettes (référence à Michel Serres pour marquer que la culture se niche là aussi).


En France nous nous délectons des colloques bien huilés, policés, mais un peu de spontanéité, un zeste de contradiction, ça apporterait j’en suis sûr un brin d’animation, et surtout beaucoup plus de compréhension.


Sans doute mon vœu restera pieu, c’est le lot de notre vieux pays qui s’écharpe en ce moment pour des crèches qui, dans ma Vendée confite de bondieuserie ne s’érigeaient que dans l’église paroissiale, Saint Jacques le majeur, et non à la Mairie.


Ma culture religieuse restant vive, même si je suis devenu un mécréant, j’ai rêvé un instant de publier ma chronique le jour des Saints-Innocents mais le calendrier en a décidé autrement puisque ce n’est que le 28 décembre.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Dimanche 7 décembre 2014 7 07 /12 /Déc /2014 07:00

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Après une rapide réflexion nous avions installé la cellule de veille de « l’opération Chartrons » au rez-de-chaussée d’une petite maison sur les hauteurs de Belleville que nous avait dégotté Émilie. Elle et moi avions décidés, lors d’un déjeuner du côté du métro Nationale, d’en être colocataires. La bâtisse tout en hauteur permettait d’aménager nos lieux de vie sans nous marcher sur les pieds. Au moins, ici, je la verrais vivre ce qui m’aiderait à survivre. Ça m’apaisait. Notre mariage en blanc attendrait que nous ayons mis en place l’équipement de notre cellule. Afin d’éviter la curiosité de nos voisins nous procédions comme des colocataires aménageant dans leur nouvel appartement. Mes coéquipiers se tenaient à l’écart. Dans ce quartier mêlé, bobos, dealers, jeunes à la ramasse, vieux résidents c’était assez facile de passer inaperçu en adoptant les codes des uns et des autres selon les circonstances. À la fin de la semaine tout était en place : les écrans, le matériel d’écoutes téléphoniques, les téléphones sécurisés… Une vraie caverne d’Ali-Baba que nous auraient envié nos petits camarades de la Sécurité Intérieure. Ça me rappelait les 3 Jours du Condor l’un de mes films-culte avec un couple de circonstances Robert Redford-Faye Dunaway, une Faye Dunaway pour une fois fragile et émouvante. Je suggérais à Émilie que nous fassions une petite séance ciné at home au cœur de la nuit. J’aime le cœur de la nuit lorsque la chape de silence tombe enfin sur la ville. Nous prenions notre café dans une petite cantine peuplée de couples bobos flanqués de leurs marmots. En plaisantant je suggérais à Émilie qu’il serait temps qu’elle fasse un enfant afin que je puisse lui offrir un magnifique landau Maclaren transformable en poussette. Elle haussa les épaules. J’adorais ses épaules, elles me rappelaient notre première rencontre au Pavillon des Canaux.


Avec mes coéquipiers nous suivions de l’extérieur comme de l’intérieur le ballet de séduction du président fraîchement élu. Il excellait, surjouait la grande réconciliation, embrassons-nous entre frais ennemis. Notre poulain Juppé, si je puis dire, jouait lui très fin. Mais c’est du côté des ex-trentenaires du gouvernement Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, soit en code Longueurs&Pointes et Le Fou du Puy pour reprendre une amabilité de François Baroin, que l’agité portait tous ses efforts. Très clairement notre cher Sarko confirmait sa ligne, n'avait pas dévié de son idée première, il avait choisi de confier à Wauquiez le poste stratégique de secrétaire général du parti, chargé de toutes les compétences opérationnelles : gestion des fédérations, préparation des élections, recrutement des adhérents et formation des élus. C’est là que que se dessinera la ligne politique de l'UMP pour les années à venir. Et c'est donc le député de Haute-Loire, pourfendeur de « l'assistanat » et nouveau converti à l'euroscepticisme, qui raflait la mise. Mais toujours aussi insoucieux de cohérence idéologie notre bateleur remasterisé, afin de ne pas subir à nouveau  les critiques sur une reprise en main de l'UMP par les partisans de la droite dure, n'avait pas ménagé ses efforts pour convaincre son ancienne porte-parole NKM d’en être. Celle-ci, comme son gros c... d’époux, a choisi une coquille vide, un plat de lentilles, un poste de vice-présidence la plaçant hiérarchiquement au-dessus du Fou du Puy. Carbonisée d’avance Longueurs&Pointes, sa liberté de parole ne servira qu’à faire briller son bel égo. Comme le note la grosse enflure de Gilbert Collard « Les électeurs se rendent bien compte que c'est une manœuvre pour essayer de récupérer un électorat qui a été maltraité, trahi, abandonné par Nicolas Sarkozy. C'est un moyen désespéré de prouver qu'il fera ce qu'il n'a pas fait » Notre Raff national l’a fort bien compris, cette droitisation sur la ligne Buisson, assumée par Laurent Wauquiez lui a permis de rallier en pantoufles la candidature d'Alain Juppé. « J’ai parlé de dérive droitière lors du discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble. Je ne change rien à ce que je pense. Si cette ligne politique devait revenir et s’il n’y avait pas une vraie ouverture globale à l’ensemble de la droite et du centre, l’UMP se condamnerait » si Nicolas Sarkozy voulait diviser pour mieux régner, c'est réussi.


Nous, dans notre fine équipe, nous bichions, l’incapacité de Sarko à trancher entre les deux lignes politiques fait le lit de notre poulain aux primaires ouvertes de l’UMP. De ce côté rien n’est joué, rien n’est gagné. Le monsieur primaire ce sera Thierry Solère «Nicolas Sarkozy m'a fait l'honneur d'accepter que ce soit moi, il a dit qu'il me faisait confiance. À nous tous, en rassemblant les représentants des différents candidats déjà déclarés à cette primaire, et ceux qui se déclareront aussi probablement un autre jour, de se mettre au travail». C’est son mentor Bruno Le Maire qui a soufflé son nom à l’oreille de Nicolas Sarkozy en proposant « de créer un poste d'organisateur, de coordinateur de l'organisation de la primaire, et que ce poste me soit confié». Les mauvaises langues, et y’en a beaucoup à l’UMP, racontent que, le nouveau monsieur 30%  a marchandé sa non-participation à la Primaire contre le poste de Premier ministre en 2017. Solère est assez consensuel, Sarko le connaît puisque lorsqu’il dirigeait les Hauts-de-Seine, Solère était conseiller général. En 2009, il avait pris la défense de son ami Jean Sarkozy lors de sa candidature à la tête de l’EPAD. Mais ce n’est pas pour autant un mouton. Lors des législatives de 2012, il se présente à Boulogne-Billancourt face à Claude Guéant, candidat désigné par l’UMP. Il propose à son adversaire une primaire (déjà!) pour les départager. Le bras droit de Sarkozy refuse, et sera finalement battu de 300 voix. Exclu un temps du parti, Thierry Solère est réintégré et investi secrétaire national en 2013. Il sait tenir des positions iconoclastes. Il fait partie des cinq députés UMP qui ont voté pour la loi limitant le cumul des mandats en 2014.  Thierry Solère s’est également opposé à l’abrogation du mariage homosexuel en cas de retour au pouvoir de la droite. Lorsque Najat Vallaud-Belkacem est victime d'attaques sexistes, il la défend. «C'est le summum de la beaufitude absolue, ça fait honte à toute la classe politique! [...] On n'entend pas l'UMP se démarquer de certains propos nauséabonds, on aurait intérêt à le faire.» Cerise sur le gâteau je connais bien sa sœur.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 7 décembre 2014 7 07 /12 /Déc /2014 00:09

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Rappelez-vous dans le film d’Andreï Tarkovski « Sacrifice » ce gamin qui arrosait un arbre mort, dans l’espoir de le faire revivre. « Eh bien les enfants, il faut les arroser, avant qu’en eux ne meure l’enfance. Arrosez les enfants, arrosez-les, bon sang ! De sécurité. D’insolence. De joie. » Fanny Ardant


Il est des jours sans où le doute s’insinue en moi en une capillarité venimeuse, je me dis à quoi bon aligner tant de mots sur mon écran, batailler, exister dans un monde si peu soucieux de son devenir, si oublieux de ses propres enfants.


Et pendant ce temps-là le jeune Téo lutte dans le silence blanc d’un univers froid où la vie, la sienne, ne tient plus qu’à un fil.


Alors, impuissant je feuillette et je trouve ce texte Champs Stériles écrit voilà 20 ans.


L’enfant, né aux confins d’une plaine autrefois plantureuse, au milieu d’un semis de tours jetées par une main anonyme à même la terre nue, hausse les yeux au plus près du ciel.


Le nez collé sur le carreau de sa fenêtre accrochée au flanc de ce triste lego, il guette la mort du soleil.


Au pied de la morne paroi, des ombres accotées aux arbustes rabougris, avant que la nuit n’engonce la cité de sa camisole de peur, trompent l’ennui.


Blocs affublés de noms de fleurs alors que fuitent des cuisines des parfums de Paic citron.


Mais où sont passés les glycines ?


L’enfant espère le dernier chant des oiseaux mais ce n’est que le ronron de la télévision qui lui répond.


Alors ouvrir en grand les deux battants, se laisser aller dans le vent comme un cerf-volant, loin, très loin, là où les champs portent encore de lourds épis jaune d’or, piquetés de coquelicots et de bleuets, cernés par de hautes et profondes haies.


Planté au milieu des blés, les bras grands ouverts et le chapeau de travers servir de perchoir à oiseaux.


Le chant des loriots.


À l’école que sont devenues les cartes de France où, en couleurs vives, s’étalaient la navette, l’œillette et la garance.


Les seules couleurs qui scintillent à l’horizon sont celles des néons accrochés au béton gris du  supermarché.


Reste pour s’échapper le territoire immense de son imaginaire, terre qui ne demande qu’à être fécondée.


Arrosez les enfants, arrosez-les, bon sang ! De sécurité. D’insolence. De joie.

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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