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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 06:00
Emmanuel Bove et sa fille Nora au jardin du Luxembourg à Paris, vers 1924.

Emmanuel Bove et sa fille Nora au jardin du Luxembourg à Paris, vers 1924.

Rassurez-vous je ne suis pas en train de vous faire un coup de Jarnac même si le François, le fils de vinaigrier y est né, même si son parcours politique fut bien sinueux, pas toujours glorieux, on pourrait le qualifier de tordu, même s’il fut l’objet lui aussi victime de coups tordus « l’attentat de l’Observatoire », il n’en  reste pas moins vrai qu’il battit sur le fil, après deux tentatives infructueuses, le sémillant déplumé de Chamalières Valéry Giscard d’Estaing après avoir réduit en cendres Georges Marchais au premier tour.

 

Mais pourquoi diable lors de son second septennat l’a-t-on affublé du surnom de Tonton ?

 

« Le surnom Tonton a été donné à François Mitterrand par le Canard enchaîné. Il viendrait pour certains d'un nom de code que François Mitterrand aurait eu pendant la Seconde Guerre mondiale, pour d'autres de l'irruption télévisuelle de son neveu Frédéric Mitterrand, que Roland Topor caricaturera dans son émission Téléchat.

 

L'ancien conseiller en communication de François Mitterrand, Gérard Colé, explique dans son livre Le Conseiller du Prince que Tonton était le surnom donné au président par les agents chargés de sa sécurité personnelle, ce surnom a ensuite été diffusé dans le but de remplacer le surnom "le Vieux" qui était jusque-là généralement utilisé. Il fut repris ensuite par des sympathisants socialistes tels que Renaud qui donna ce surnom pour titre d'une chanson consacrée au président. Dans une récente émission, le publicitaire Jacques Séguéla a prétendu que ce surnom venait du publicitaire lui-même, qui était chargé de la campagne publicitaire des élections de 1981. »

 

La suite ICI 

 

D’accord me direz-vous mais qu’est-ce que vient faire Valéry Giscard d’Estaing dans cette galère ?

 

Voici la réponse ci-dessous :

 

« J’avais rendez-vous à deux heures sous la grande horloge de la gare du Nord. C’était un rendez-vous impérieux à cause du peu de temps qui le séparait de l’instant où il m’avait été donné. Et, sous une horloge, ç’avait en outre quelque chose de sérieux, d’autant plus que cette horloge était dans une gare.

 

Il avait été convenu que l’on manquerait les premières courses et, au fond, ce fut sage, car les chevaux que nous eussions joués ne sont pas arrivés.

 

Cette radieuse journée de printemps commença bien. Mon ami était là quand j’arrivai. Les guichets étaient déserts ; une pancarte nous mit, sans chercher, dans notre train et, à peine étions-nous assis qu’un employé vint soigneusement fermer la porte du wagon. Tout cela était de bon augure.

 

Les vitres baissées, nous traversâmes une campagne ensoleillée. Soit qu’il n’y eût pas de vent, soit que le train n’allât pas vite, la fumée de la locomotive montait toute droite dans le ciel bleu. On voyait, dans la prairie, son ombre qui passait avec facilité les ruisseaux, les fossés et les murs.

 

C’était la première fois que j’allais aux courses et mon ami, qui parlait avec connaissance des chevaux, avait toute ma confiance, j’étais seul à l’avoir et que nos voisins ne se donnaient pas la peine de noter les chevaux gagnants de de mon ami.

 

  • Nous reviendrons avec cinq mille francs, dit-il, après avoir pris des notes et consulté un journal sportif.

 

  • Pour nous deux ?

 

  • Non, pour chacun.

 

Bien qu’il jouât depuis des années, je ne le crus pas. J’eusse mieux aimé qu’il prédît un gain moins important mais plus sûr.

 

[…] je coupe car je ne peux reproduire intégralement la nouvelle. Ils perdent deux courses.

 

  • Nous allons tout mettre sur Tonton.

 

  • Et Isis ? …

 

  • Non, c’est Tonton qui va gagner. Il fera deux cents francs. Il n’y a pas à hésiter.

 

  • Et si Isis…

 

  • Non, nous jouons Tonton gagnant. Il gagne, Tonton, comme il veut.

 

[…] nouvelle coupure

 

Et si Tonton n’arrivait pas ?

 

  • On a joué Tonton, je te dis… C’est un grand cheval. Tu veux donc que nous perdions !...

 

Quelques minutes s’écoulèrent, puis une rumeur vint jusqu’à nous. Nous entendions crier : « Tonton ! »… « C’est Tonton !... Vive Tonton !... » On eût dit qu’une nuée de bourdons survolaient le champ de courses, Tonton avait gagné.

                                                                    *

                                                              *         *

Dans la nuit tombante, les phares de l’autocar éclairaient à peine. Les feuilles des arbres s’agitaient à notre passage. À un point inattendu de l’horizon la lune brillait. Elle nous apparaissait à chaque lacet de la route, tantôt à gauche, tantôt à droite. La tête contre la bâche de l’autocar, nous dévalions vers Paris. Et, au loin au-dessus de la ville, le ciel avait cette rougeur dont on a sis souvent parlé. »

 

Une journée à Chantilly Emmanuel Bove dans Petits contes ICI 

 

 

Fort bien me direz-vous, c’est un peu tiré par les cheveux mais quel rapport avec Valery Giscard d’Estaing ?

 

La réponse est ci-dessous :

 

Cher Monsieur,

 

J'espère que vous ne m'en voudrez pas de l'indiscrétion qui consiste à vous écrire sans vous connaître et qui est d'autant plus coupable qu'il s'agit de renseignements à vous demander. J'ai été intéressé récemment par la lecture de l'oeuvre d'Emmanuel Bove, qui a aujourd'hui complètement disparu, non seulement de la devanture mais de l'arrière-fond des librairies. J'imagine que vous avez eu l'occasion de le rencontrer, puisque l'essentiel de son oeuvre se situe à une époque où vous animiez les mouvements littéraires contemporains. Ce serait pour moi un grand privilège si vous pouviez me donner quelques renseignements à son endroit. Qui était-il ? Quelle était sa manière d'être ? Quelles traces a-t-il laissées ? J'ai appris que madame Bove vivait encore à l'heure actuelle. Avez-vous eu l'occasion de savoir où on peut la joindre ?  Vous serez surpris de cette curiosité qui n'entre pas dans l'exercice normal de mes fonctions, mais s'il est interdit au ministre des Finances d'avoir un coeur, du moins selon la réputation, il ne lui est pas interdit de s'intéresser à la littérature. » 

 

Valéry Giscard d'Estaing en 1972

Lettre adressée au surréaliste Philippe Soupault

 

Si je vous ai mis en appétit commencez donc par le premier roman de Bove, Mes Amis publié chez Flammarion. Les deux premières phrases sont un extrait sec du style bovien « Quand je m'éveille, ma bouche est ouverte. Mes dents sont grasses : les brosser le soir serait mieux, mais je n'en ai jamais le courage. »

 

 

Un autre beau texte de Bove, pour moi, est la nouvelle Bécon-les-Bruyères dont je possède l'édition originale. Il vient d’être rééditer.

 

Je vous en offre un petit extrait, pour le plaisir :

 

« Bécon-les-bruyères existe à peine. La gare qui porte pourtant son nom printanier prévient le voyageur, dès le quai, qu'en sortant à droite il se trouvera côté-Asnières, à gauche côté Courbevoie. Il est donc nécessaire, avant de parler de cette ville, de tirer à soi tout ce qui lui appartient, ainsi que les personnes qui rassemblent les objets qui leur appartiennent avant de les compter. L'enchevêtrement des communes de banlieue empêche d'avoir cette manie. Aucun accident de terrain, aucune de ces rivières qui suivent le bord des départements ne les séparent. Il y a tant de maisons que l'on pense être dans un vallon alors que l'on se trouve sur une colline... »

 

 

Le coup de Jarnac

 

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le coup de Jarnac était une expression synonyme d’habileté, d’ingéniosité et d’une parfaite loyauté.

 

Mais en 1771, deux cent vingt-quatre ans après le combat, le dictionnaire de Trévoux, œuvre des Jésuites fait évoluer la dernière définition du coup de Jarnac en rajoutant, à la définition de de Furetière datant de 1727 qui exprimait seulement que c’était un coup mortel et imprévu, « se prend toujours de mauvaise part. » Le mal était fait.

 

A noter que le dit dictionnaire est imprimé par des Jésuites et que les descendants de Guy Chabot ont fait acte de foi dans la R.P.R., la religion prétendue réformée, autrement dit le Protestantisme…

 

Larousse et Littré ont rectifié à la fin du XIXe siècle cette expression qui était dévoyée en écrivant: « le coup fut trouvé fort habile et fournit une expression proverbiale qui a pris un sens odieux; mais c’est un tort de l’usage, le coup de Jarnac n’eut rien de déloyal, c’est un coup loyal mais inattendu, inespéré ».

 

En vérité, cette botte secrète est un coup technique originaire d’Italie, alors inconnu en France au milieu du XVIe siècle, dont l’utilisation en plein duel a été décisive pour la victoire.

 

Le « coup de Jarnac » est bel et bien une expression synonyme d’habileté et d’ingéniosité.

 

L’histoire ICI 

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