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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 06:00

Macron, avec la complicité couarde de Hollande, a fait exploser une gauche qui tenait que par des bouts de ficelle. Les sympathisants se sont égaillés chez Macron, chez Mélenchon, et rien ne pourra les ramener au bercail car il n’y a plus d’union possible, ou celles qui  se révèleraient possible ne font pas le compte.

 

Il a aussi fait péter la droite avec le débauchage de Philippe, Le Maire et Cie, mais de ça je m’en fout ce n’est pas ma famille.

Les cinq candidats déclarés à gauche pour l'élection présidentielle de 2022 : Fabien Roussel (PCF), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Anne Hidalgo (PS), Arnaud Montebourg et Yannick Jadot (EELV). (AFP)

Les cinq candidats déclarés à gauche pour l'élection présidentielle de 2022 : Fabien Roussel (PCF), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Anne Hidalgo (PS), Arnaud Montebourg et Yannick Jadot (EELV). (AFP)

Election présidentielle 2022 : fragmentées, les gauches sont reléguées au second plan

Les résultats de l’enquête Ipsos-Sopra Steria pour le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et « Le Monde » confirment la fragmentation des gauches à un niveau historique et une somme d’intentions de vote aussi faible.

 

Par Martial Foucault (Directeur du Cevipof)

 

 

A la question qui lui était posée sur France Inter, l’ancien président socialiste François Hollande répondait, le 20 octobre, qu’à son sens, la gauche « faisait comme si » elle avait déjà perdu l’élection présidentielle à venir. Prophétie ou constat cinglant d’une pré-campagne qui voit les candidats de gauche à la peine ?

 

Les résultats de l’enquête Ipsos pour le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et Le Monde confirment la fragmentation des gauches à un niveau historique. Jamais, à six mois d’un scrutin présidentiel, la somme des intentions de vote pour les candidatures de ce côté de l’échiquier n’a atteint un si faible score : 28 % pour l’ensemble des gauches. Malgré la percée des Verts aux élections européennes et municipales et la résistance du Parti socialiste lors des élections régionales et départementales, seul un quart de l’électorat français juge aujourd’hui souhaitable que le pays soit dirigé par un leader de gauche. Les causes sont à la fois sociologiques et conjoncturelles.

 

Commençons par l’évolution de la sociologie du vote de gauche. Dans Clivages politiques et inégalités sociales (Seuil, 624 p., 25 euros), Thomas Piketty et ses coauteurs avancent l’argument d’une gauche de gouvernement qui a trahi son électorat naturel, celui qui est attentif à des programmes prônant davantage de justice et moins d’inégalités. Ils font le constat d’une gauche qui s’est embourgeoisée au gré de politiques faiblement distributives et de coalitions d’intérêts avec le capitalisme. Ce diagnostic n’est pas sans rappeler la note publiée en 2011 par le think tank Terra Nova suggérant une stratégie de conquête des classes moyennes supérieures comme clé de voûte de l’accès au pouvoir pour la gauche.

 

L’alignement du Parti socialiste sur cette stratégie a provoqué son affaissement et accéléré la transformation du vote de classe. La candidate Anne Hidalgo, créditée de 5 % d’intentions de vote, réalise ses meilleurs scores dans deux catégories socioprofessionnelles : les cadres supérieurs (7,6 %) et les professions intermédiaires (7,9 %). Les ouvriers (2,9 %) et les employés (4,4 %) lui préférant l’abstention ou l’extrême droite. La situation est semblable pour Yannick Jadot (9 % d’intentions de vote), qui séduit davantage les catégories supérieures (13,3 %) que les catégories défavorisées (7,7 %). Curieusement, il en va de même pour le candidat communiste Fabien Roussel, qui ne parvient pas à rallier le vote des ouvriers et des inactifs. Sur ce terrain, Jean-Luc Mélenchon entretient l’espoir d’un vote de classe qui semble de moins en moins objectivable par la seule condition sociale, mais davantage par la place des affects. La gauche semble avoir abandonné le vote des catégories sociales les plus malheureuses et insatisfaites, offrant à l’extrême droite un réservoir de suffrages.

 

Défaite sur le terrain des idées

 

D’autres causes sont conjoncturelles. L’impossibilité, à gauche, de s’entendre sur une seule candidature témoigne – au-delà des ambitions personnelles et partisanes – d’une défaite sur le terrain des idées et des priorités d’action publique. L’exemple le plus manifeste est celui du clivage entre les partisans de l’Etat-providence et ceux de l’économie de marché. Longtemps, cela a structuré l’opposition entre la droite et la gauche. La gestion de la crise sanitaire par le président de la République au nom du « quoi qu’il en coûte » a coupé l’herbe sous le pied de la gauche. Les filets de protection économique déployés durant la crise auraient pu être la colonne vertébrale d’un programme porté par ses candidats si l’exécutif n’avait pas réhabilité le rôle de l’Etat, certes le temps d’une crise. Le débat ne peut donc se construire entre une opposition au marché ou un soutien inconditionnel à l’Etat.

 

Sans boussole économique, l’électorat de gauche se déclare de plus en plus méfiant sur la capacité de l’Etat à les sortir, eux ou leur entourage, d’une condition figée. A cet égard, 60 % des électeurs socialistes (contre 53 % des électeurs écologistes et 45 % de La France insoumise) soutiennent une plus grande ouverture de la France sur le plan économique. La difficulté des candidats de gauche à prendre position sur les enjeux liés aux inégalités et aux diverses formes d’injustices réelles ou perçues (ciment de la défiance) accélère le désalignement entre deux électorats : l’un structurellement à gauche car épris d’égalité et de progrès social, et l’autre potentiellement de gauche qui dispose de capital social et économique plus tenté par une offre du centre ou de la droite pour préserver ses acquis (soit environ 25 % de l’électorat se positionnant à gauche).

 

Si, pour certains, les gauches sont irréconciliables, la présence d’un grand nombre de candidatures, réelles ou pressenties, pour ce scrutin offre un argument de maïeutique électorale susceptible de les réconcilier : le seuil de qualification au second tour diminue à mesure que l’offre s’enrichit.

L'interminable rupture de la gauche

L’interminable rupture de la gauche

Présidentielle 2022 : 64% des sympathisants de gauche ne croient pas à l'union de la gauche même s'ils sont une majorité à la souhaiter, selon notre sondage

Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et "Le Parisien-Aujourd'hui en France" publié vendredi, les deux tiers des sympathisants de gauche souhaitent tout de même une union de leur camp pour le premier tour de l'élection présidentielle.
 

 

Plus de sept Français sur dix (72%) pensent que les différentes sensibilités de la gauche n'arriveront pas à se réunir derrière un candidat commun pour le premier tour de l'élection présidentielle de 2022, révèle un sondage* Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien-Aujourd'hui en France, publié vendredi 22 octobre. Cette proportion est à peine moins importante chez les sympathisants de gauche, puisqu'ils sont 64% à estimer qu'un tel scénario ne peut pas se produire.

 

"Les électeurs de gauche sont réalistes et assez lucides sur la situation", analyse Matthieu Gallard, directeur de recherche chez Ipsos. "Ils voient bien qu'il y a un espace réduit de la gauche aujourd'hui dans les intentions de vote, à hauteur d'environ 30% et que, dans le même temps, il y a sept candidats étiquetés à gauche." Parmi ces sept candidats, Anne Hidalgo peine à s'imposerElle est jugée expérimentée mais trop parisienne, courageuse mais pas assez crédible, selon notre sondage.

Les Français divisés sur la nécessité d'une union

 

Si l'on considère l'ensemble des Français, une très courte majorité (51%) jugent toutefois "bon" que les différents partis de gauche soient chacun représentés par un candidat différent, afin que les électeurs puissent choisir quelqu'un qui corresponde bien à leurs idées. A l'inverse, 49% pensent qu'il vaut mieux que les différents partis de gauche soient rassemblés derrière un candidat commun, afin que ce camp de l'échiquier politique ait plus de chance de se qualifier pour le second tour. À gauche, les sympathisants sont 66% à souhaiter une telle union.

Jean-Luc Mélenchon, candidat favori

 

Dans l'hypothèse où il y aurait une candidature commune,  26% des sympathisants n'affichent pas de préférence pour un candidat ou une candidate, "pourvu qu'ils s'unissent". Parmi ceux qui font un choix, 25% souhaitent que l'insoumis Jean-Luc Mélenchon porte la bannière de l'union, 15% soutiennent la socialiste Anne Hidalgo et 14% poussent pour une candidature commune incarnée par l'écologiste Yannick Jadot.

 

 

 

 

Jean-Luc Mélenchon apparaît toutefois comme le candidat le moins capable de nouer des alliances avec ses concurrents. Ainsi, une majorité de Français juge qu'il a "des différences incompatibles" avec Anne Hidalgo (62%), Arnaud Montebourg (58%) et Yannick Jadot (57%). En revanche, 70% de Français pensent qu'Anne Hidalgo et Yannick Jadot ont "des différences, mais ne sont pas incompatibles" ou n'ont "pas tant de différences que cela".

 

 

 

 

"Le problème, bien compris par les électeurs de gauche, c'est que l'union est difficile à la fois pour des questions programmatiques mais aussi pour des questions de personnalités", ajoute Matthieu Gallard. Les personnes sondées "savent bien qu'un rapprochement est aujourd'hui difficile, même pour des partis considérés comme proches, tels que le parti socialiste et Europe Ecologie - Les Verts. De plus, on imagine mal que Jean-Luc Mélenchon se range derrière Anne Hidalgo ou inversement, compte-tenu de propositions incompatibles."


*Sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et Le Parisien/Aujourd'hui en France, réalisé sur Internet les 21 et 22 octobre 2021, sur un échantillon de 993 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

P
Des miettes ! Puisque la métaphore du monde du pain se poursuit allons y gaiement. La gauche, plus maladroite que jamais se prépare une succulente recette de pains perdus qui va régaler ses opposants.
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